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	<title>Taeksung KWON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>GOUNOD, Roméo et Juliette &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 04:01:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Confiée à la metteuse en scène Julia Burbach et à la cheffe d’orchestre Valentina Peleggi, deuxième production de la saison à la Monnaie, ce Roméo et Juliette était vu par beaucoup comme un test pour la nouvelle direction. Dans un décor unique et sobre, dont le principal élément est un ensemble de structures faites de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Confiée à la metteuse en scène<strong> Julia Burbach</strong> et à la cheffe d’orchestre <strong>Valentina Peleggi</strong>, deuxième production de la saison à la Monnaie, ce <em>Roméo et Juliette</em> était vu par beaucoup comme un test pour la nouvelle direction.</p>
<p>Dans un décor unique et sobre, dont le principal élément est un ensemble de structures faites de textile tendu sur des arceaux horizontaux qui descendent des cintres et où domine le blanc, très généreusement éclairés, la mise en scène restera très proche du texte, ménageant quelques très beaux tableaux et des images à caractère poétique, entre des scènes plus mouvementées et nettement moins réussies.</p>
<p>Les costumes sont magnifiques, dans un camaïeu de pourpre, de carmin et de rose, avec un luxe éblouissant de matières et de formes.</p>
<p>Parmi les réussites visuelles de la soirée, on retiendra tout spécialement le long vol dans les airs de Juliette (c’est une doublure qui réalise cette performance) pendant le monologue de Roméo, devenu scène du balcon sans balcon, ou le long duo des adieux : le grand lit qui voit la réunion des amants se transforme ensuite en barque que les danseurs poussent sur un miroir d’eau. Hormis ces éléments, la mise en scène est relativement statique, les mouvements peinent à faire sens.  Cela est particulièrement sensible dans la scène du bal où les danseurs tournent bêtement en rond, ou dans les scènes de bagarres, peu crédibles, peut-être par crainte de montrer la violence des combats, qui se font sans arme. Derrière tous ces tableaux, on ne perçoit rien de plus qu’une mise en images du récit. Le dédoublement du personnage de Juliette à partir du moment où elle a avalé la potion qui lui donne l’apparence de la mort est certes une proposition intéressante, mais qui n’est pas développée outre mesure.</p>
<p>La distribution très internationale souffre globalement d’un gros défaut de diction française, principalement une grande confusion en ce qui concerne la couleur des voyelles ou des diphtongues. On peine à croire qu’un coach de langue ait participé à l’élaboration du spectacle.</p>
<p>Juliette, voix très puissante avec un vibrato assez large et des couleurs relativement corsées, est interprétée par <strong>Jeanine</strong> <strong>de</strong> <strong>Bique</strong>, qui comme la plupart de ses collègues fait ici ses débuts à la Monnaie. Cette voix présente bien des qualités et une technique irréprochable – là n’est pas la question – mais elle évoque d’avantage Lady Macbeth que Juliette, jeune fille certes pleine de tempérament, mais à peine sortie de l’enfance et qui tombe amoureuse pour la première fois ; c’est un rôle qu’on confie généralement à des voix bien plus légères avec moins de vibrato et davantage de spontanéité, ou au moins qui en donnent l&rsquo;apparence. Les vocalises sont éblouissantes mais les aigus sont envoyés sans délicatesse et la performance vocale prend sans cesse le pas sur l’expression des émotions. Erreur de casting, nous semble-t-il.</p>
<p>Autre problème de distribution, le ténor <strong>Ismael</strong> <strong>Jordi</strong> possède un physique de jeune premier, mais l’instrument n’a ni le caractère ni le niveau pour chanter Roméo dans une maison comme la Monnaie. La voix est sans cesse trop tendue, le chanteur est en lutte avec son rôle, les aigus sont poussés avec force au lieu d’être négociés et abordés en légèreté pour conserver souplesse et diversité des couleurs, dans la précieuse tradition des ténors français. Les sons <em>un</em>, <em>in</em> ou <em>on</em> sont complètement indifférenciés, idem pour <em>é</em>, <em>è</em> ou <em>eu</em>, sans parler des <em>e</em> muets, les <em>i</em> se confondent avec les <em>u</em>, au point qu’il faille en permanence suivre les surtitres pour comprendre le texte.</p>
<p><strong>Florence</strong> <strong>Losseau</strong> (Stéphano et Manuela) s’en tire beaucoup mieux, voix agréable et très bien timbrée. <strong>Rehanna</strong> <strong>Thelwell</strong> (Gertrude) réussit à composer un personnage de nourrice un peu caricatural, mais dévoué et attachant. Les autres rôles secondaires, <strong>Travon D. Walker</strong> (Tybald), <strong>Michael</strong> <strong>Arivony</strong> (Mercutio) ou <strong>Taeksung</strong> <strong>Kwon</strong> (Benvolio) donnent globalement plus de satisfaction que les rôles principaux. <strong>Werner</strong> <strong>van</strong> <strong>Mechelen</strong>, dont la voix a beaucoup perdu en couleur et qui présente aujourd’hui un vibrato très large évoquant un vieillissement prématuré, se voit confier le rôle du Comte Capulet, le père de Juliette. Le jeune <strong>Leander</strong> <strong>Carlier</strong> prète sa voix au comte Pâris, qu’il compose avec grand soin, et <strong>Sam</strong> <strong>Taskinen</strong> chante avec délectation le rôle du Duc de Vérone, dont la metteuse en scène a décidé de faire une sorte de drag-queen dans l’exagération la plus débridée. <strong>Maxim</strong> <strong>Kuzmin</strong>&#8211;<strong>Karavaev</strong> campe un frère Laurent très réussi, et semble plus familier que ses collègues avec les couleurs de la langue. <strong>Oleg</strong> <strong>Volkov</strong> (Grégorio) et <strong>Nadiia</strong> <strong>Lys</strong> (Pepita) complètent la distribution.</p>
<p>Autre grande déception, la direction d’orchestre de Valentina Peleggi ne propose guère qu’une lecture cursive de la partition, avec des tempi relativement rapides et pas assez de respirations, très peu de nuances, un goût immodéré pour les grands élans romantiques qui sont systématiquement donnés en force, sans élaboration préalable de la ligne dramatique. On ne reconnait pas l’orchestre d’Alain Altinoglu, qui fut si subtil dans un répertoire voisin début août à Salzbourg, et y rencontra un vif succès avec Benjamin Bernheim dans le <em>Werther</em> de Massenet en version de concert. Peu de couleur dans les cordes, encore moins de relief dans les interventions des vents, aucun frémissement dans les passages où l’écriture de Gounod ménage du suspens ou de l’effroi, bref un manque cruel de soin dans les détails. Il en ressort un rendu de la partition particulièrement plat, sans étagement des plans sonores, les nuances piano faisant largement défaut et où les limites du bon goût sont souvent dépassées. Les chœurs en revanche ont été très bien préparés, leurs interventions sont précises et percutantes.</p>
<p>En synthèse, la déception est considérable : cette production semble issue d’un théâtre de banlieue qui aurait tout d’un coup eu trop d’argent, et à ce titre ferait impression. Ce n’est pas vraiment ce qu’on attend d’une maison comme la Monnaie si elle veut maintenir son rang parmi les toutes grandes scènes lyriques européennes.</p>
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