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	<title>Michael TALHEIMER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Michael TALHEIMER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Otello — Anvers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/otello-verdi-anvers-symphonie-de-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Feb 2016 07:10:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Visages noirs, décors noirs, costumes noirs, éclairages très parcimonieux : c’est à un véritable festival du sombre que convie Michael Talheimer dans Otello à l’opéra de Flandre. Comme le metteur en scène est un esthète doué, cela fonctionne plutôt bien, et entre en résonance avec nombre d’éléments du livret : noirceur du cœur de Iago, couleur de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Visages noirs, décors noirs, costumes noirs, éclairages très parcimonieux : c’est à un véritable festival du sombre que convie <strong>Michael Talheimer</strong> dans <em>Otello</em> à l’opéra de Flandre. Comme le metteur en scène est un esthète doué, cela fonctionne plutôt bien, et entre en résonance avec nombre d’éléments du livret : noirceur du cœur de Iago, couleur de peau d’Otello, sombre jalousie qui s’immisce partout, nuit d‘amour qui enlace les amants à la fin du premier acte,… Ce parti pris révèle cependant ses limites au fur et à mesure qu’on avance dans l’action. Tant d’ascétisme finit par lasser, et on regrette que les superbes ensembles du III soient aussi platement illustrés, avec un minimalisme qui frise le monacal. Il y a incontestablement plus dans <em>Otello </em>que ce que Talheimer a voulu nous en montrer.</p>
<p class="rtejustify">L’avantage d’une mise en scène aussi simple est qu’elle laisse libre cours à la musique. Et là, on est à la fête : <strong>Alexander Joel</strong> a à peine 40 ans, mais il mériterait d’être cité parmi les meilleures baguettes d’opéra en activité. Ce qu’il parvient à tirer comme sève de l’orchestre de l’opéra de Flandre tient du prodige. La fosse se transforme sous sa direction en un volcan d’où émergent tonnerre, grondements, soupirs, cris, chuchotements. Dès l’ouverture et sa tempête, on est pris à la gorge par une intensité sonore et dramatique qui ne se relâchera plus, deux heures durant. Quadrature du cercle : cette orgie sonore ne se fait jamais au détriment des chanteurs, que Joel couve jalousement, veillant à conserver entre le plateau et les instrumentistes une cohésion pas une seule fois prise en défaut. Dans une œuvre aussi difficile qu’<em>Otello</em>, un tel résultat relève de l’exploit.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="264" src="/sites/default/files/styles/large/public/otello1_2.jpg?itok=HojXJtWK" width="468" /><br />
	© Opera Vlaanderen</p>
<p class="rtejustify">Libérés des soucis de la mise en scène, admirablement soutenus par un orchestre qui les porte tel un tapis volant, les chanteurs donnent le meilleur d’eux-mêmes. En l’occurrence, c’est beaucoup. <strong>Ian Storey</strong> manque un peu d’<em>italianita</em>, mais les ressources vocales sont bien là, prêtes à exploser dans les moments de fureur, dès un « Esultate » pris de pleine force, lorsque tant de ténors entrent sur la pointe des pieds. Pas question d’économie ici, et le chanteur se dépense, vocalement et scéniquement, avec une enthousiasme qui frise la défonce. Face à lui, la Desdémone de <strong>Corinne Winters</strong> joue à merveille du contraste, avec l’immobilité de poupée que lui impose le metteur en scène. Une fixité qui n’empêche pas la voix de se déployer avec une maturité et une chaleur rares à cet âge. Aucun intervalle n’est escamoté, et la soprano parvient à survoler les masses chorales du III avec l’aisance d’une colombe. Cassio, incarné par le jeune britannique <strong>Adam Smith</strong>, membre de la troupe locale, est idéalement le séducteur un peu creux voulu par Verdi et Boito. Voix brillante mais moins timbrée que celle d’Otello, capacité à dérouler de belles lignes belcantistes, physique de militaire amateur de conquêtes (dans toutes les acceptions du terme) : la crédibilité est totale ! Seule petite déception : le Iago de <strong>Vladimir Stoyanov</strong> remplit certes son contrat musical avec honnêteté, mais son personnage fait un peu trop méchant de cinéma, alors que tant de barytons verdiens ont apporté un relief supplémentaire à cette figure du mal. Les seconds rôles sont tous bien tenus, et les chœurs suivent la battue du chef comme si leur vie en dépendait. On aura compris que l’<em>Otello</em> offert en ce moment à Anvers (et à Gand à partir du 5 mars) compte parmi les temps forts de l’année lyrique en Belgique.</p>
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		<title>BERLIOZ, Les Troyens — Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-hambourg-beaucoup-de-sang-pour-presque-rien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2015 05:51:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand le grandiose et l’opulence ne font pas partie de votre vocabulaire scénique, il vous faut trouver d’autres expédients pour donner vie à l’œuvre abordée. Les Troyens tels qu’imaginés par Michael Thalheimer, connu à Paris des spectateurs du théâtre de la Colline, se présentent donc sous un jour minimaliste. Le mur arrière de la scène &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand le grandiose et l’opulence ne font pas partie de votre vocabulaire scénique, il vous faut trouver d’autres expédients pour donner vie à l’œuvre abordée. <em>Les Troyens </em>tels qu’imaginés par <strong>Michael Thalheimer</strong>, connu à Paris des spectateurs du théâtre de la Colline, se présentent donc sous un jour minimaliste. Le mur arrière de la scène est une paroi qui pivote en son centre. Face pile, elle est en bois et complète un carré élégant et intemporel où vont se succéder les scènes, côté face elle semble d&rsquo;airain. A deux reprises, elle recevra une pluie de sang en référence à la mort spectaculaire de Laocoon puis lors de la prise de Troie. A Catharge, en deuxième partie, une véritable pluie ne parviendra pas à la laver. Une tâche présente à toute heure, et des spectres ensanglantés de sangs noirs depuis trop longtemps coagulés viennent raffermir la décision d&rsquo;Enée. En robe de mariée blanche (et comme prête pour la scène de la folie de Lucia), Cassandre elle-même a plongé ses bras dans du sang sacrificiel. Elle marque les visages de ceux qui périront à Troie. Elle laisse Ascagne et le fil de Vénus immaculés. Beaucoup de sang pour presque rien en définitive. Car tout le travail du Francfortois semble tenir dans ce « rien » : sa mise en scène se veut épure, premier jet, net comme ces billes de peinture rouge que Narbal jette sur les murs pendant la guerre contre les Numides. Servi par de belles ambiances lumineuses, l&rsquo;ensemble est élégant tout autant qu&rsquo;ennuyeux de statisme parfois. Il laisse aux talents divers des interprètes l&rsquo;art de camper leurs personnages et immobilise les chœurs en rang d&rsquo;oignons.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="316" src="/sites/default/files/styles/large/public/lestroyens7.jpg?itok=FniUIskt" title="© Simon Hallström" width="468" /><br />
	© Simon Hallström</p>
<p>Las, la distribution souffre d&rsquo;un défaut majeur : une diction française plus proche de la bouillie de voyelles que d&rsquo;un texte articulé. Cela nuit à la Cassandre de <strong>Catherine Naglestad</strong>. Si son chant ne cesse de convaincre, son personnage peine à vivre, emprisonné dans sa gangue linguistique. Défaut et qualité partagés avec <strong>Kartal Karagedik</strong>, qui lui donne la réplique en Chorèbe. Au wagnérien <strong>Torsten Kerl</strong> est confiée la charge d&rsquo;Enée, rôle considéré comme un des rares du répertoire français écrit pour ténor héroïque. L&rsquo;allemand paraît en porte-à-faux dans la première partie. Ses lignes musicales sont hachées, le timbre est nasal. L&rsquo;écriture des actes carthaginois le mettra plus en valeur. <strong>Petri Lindroos</strong> (Narbal) présente un chant pâteux qui nuit autant à sa diction qu’à la noblesse de son personnage. Satisfaction, nonobstant le français, pour <strong>Christina Gansch</strong> (Ascagne) et <strong>Katja Pieweck</strong> (Anna) aux beaux phrasés. <strong>Markus Nykänen</strong> (Iopas) n’a guère qu’un couplet pour séduire (la partition est amputée de près d’une heure de musique), quand le bel Hylas de <strong>Nicola Amodio</strong> est davantage préservé. Le chilien <strong>Bruno Vargas</strong> (Hector) fait frissonner de peur grâce à l’épaisseur de son timbre. Enfin, échappant au sabir général, <strong>Elena Zhidkova</strong> apporte elle aussi toute son intelligible rigueur, triplée d&rsquo;une présence scénique magnétique et d&rsquo;une parfaite maîtrise du rôle de Didon. Les chœurs sont parfaitement en place, de même que le reste des rôles distribués aux membres de la troupe.</p>
<p>	C&rsquo;est finalement de la fosse que viennent les structures principales qui portent la scène. Le nouveau directeur musical de l’Hamburgische Staatsoper <strong>Kent Nagano</strong> seconde le livret à chaque instant, souligne les détails de la partition, ou les évocations des pupitres. D’une scène à la suivante, les ambiances s’installent sans mal : angoisse et violence à Troie, obscurité lugubre des spectres, lyrisme et élégie dans les jardins carthaginois.</p>
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