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	<title>John TURTURRO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>John TURTURRO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>John Turturro : « La musique est ce qui nous rapproche le plus de Dieu »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 05:09:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comédien mythique, complice des Frères Coen, John Turturro s&#8217;est vu confier en 2018 la mise en scène d&#8217;un Rigoletto aujourd&#8217;hui repris à Liège, après Turin. En pleine promotion de Batman, le comédien nous répond depuis New York, et nous fait part de son rapport intime et émotionnel avec la musique.  Depuis la production de 2018 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comédien mythique, complice des Frères Coen, John Turturro s&rsquo;est vu confier en 2018 la mise en scène d&rsquo;un <em>Rigoletto</em> aujourd&rsquo;hui repris à Liège, après Turin. En pleine promotion de Batman, le comédien nous répond depuis New York, et nous fait part de son rapport intime et émotionnel avec la musique. </p>
<hr />
<p><strong>Depuis la production de 2018 à Palerme, qui est reprise à Liège, votre vision de Rigoletto a-t-elle changé ?</strong></p>
<p>Vous savez, à l’opéra, quand vous avez devant vous le décor et les costumes, il est un peu difficile de changer complètement de conception. Cela me fait penser à Giacometti à qui on avait commandé une statue monumentale pour un vaste espace et qui, le jour venu, était arrivé avec une statuette qui tenait dans sa poche. C’est plus compliqué à l’opéra. Par ailleurs, pour ma première fois, je n’ai pas cherché la transposition dans le Berlin des années Trente ou le New York des années Soixante. Cependant, oui, je dois dire que si j’avais pu, j’aurais encore simplifié, retranché, d’autant que Liège est plutôt un de ces petits théâtres comme je les aime.</p>
<p><strong>Quand on vous a confié cette production, à quoi avez-vous donné la priorité ?</strong></p>
<p>Le plus important pour moi a été d’accorder ma sensibilité et celle des chanteurs. Sur une scène d’opéra, on chante fort, on projette la voix, mais en réalité c’est dans la subtilité et la délicatesse que tout se joue. C’est dans les nuances que se livre la vérité de l’œuvre. La difficulté est que, comme metteur en scène d’opéra, je ne suis pas responsable du casting qui est, au théâtre, 75% du travail. Quand on a trouvé ses acteurs, le chemin est presque fait.</p>
<p><strong>Selon vous, quel est le sens de cet opéra – est-il politique, moral, sentimental ?</strong></p>
<p>Oh pour moi, c’est d’abord l’histoire d’un rapport père-fille. Le personnage principal n’est assurément pas le Duc. C’est le père. Tout tient au clivage qui existe entre ce qu’il fait dans la vie – bouffon de cour – et ce qu’il est comme père et ce qu’il veut enseigner à sa fille. C’est un clivage très répandu, jusque dans nos vies modernes. Nous savons que nous faisons pour vivre des choses qui sont du divertissement, qui ne sont pas nourricières, alors que nos vraies valeurs sont ailleurs.</p>
<p><strong>C’est aussi le sujet de la série <em>Severance</em> où vous jouez un des rôles principaux !</strong></p>
<p>Oui, mais il y a tellement plus de beauté chez Verdi. Tellement plus. C’est pour cela que cela reste et perdure. C’est comme chez Primo Levi ou Samuel Beckett, ce mélange de vérité et de beauté est gage de durée. Mais avec la musique, c’est encore autre chose. Il y a cette nécessité profonde et cette spiritualité qui en font la chose la plus proche de la religion et de Dieu.</p>
<p><strong>Vous venez d’une famille très musicale et êtes un grand fan de musique : avez-vous un jour rêvé d’être chanteur d’opéra ?</strong></p>
<p>Oh oui ! J’ai même joué un chanteur d’opéra ! (dans <em>The Man who cried</em>, de Sally Potter, en 2000) Evidemment j’étais doublé mais j’ai travaillé avec un chanteur d’opéra et je chantais à tue-tête ! J’aurais adoré chanter « Di Quella Pira » ou Tosca. J’ai d’ailleurs chanté une fois sur scène dans Zorba. J’étais tellement nerveux. Heureusement ou malheureusement, ma mère n’était pas en vie pour voir ça !</p>
<p><strong>Votre rapport à la musique semble être profondément émotionnel…</strong></p>
<p>Oui, dans <em>Rigoletto</em>, au moment du premier duo entre Rigoletto et Gilda, on ne peut pas retenir ses larmes. Au théâtre, on peut être ému, mais pleurer ainsi ? Où peut-on entendre à ce point le mélange de tragédie grecque et de délicatesse extrême ailleurs que dans l’interprétation de Gilda par Maria Callas ? Pour se rendre compte de la capacité émotionnelle de la musique, il suffit de se reporter à la musique dans les films : avec ou sans musique, cela change tout ; mais vous avez aussi cet art très spécial de concevoir une musique qui accompagne ou qui contredit l’image, de la caler au juste moment, ni trop tôt ni trop tard, comme une alchimie. Ma conviction est que l’oreille l’emporte sur l’œil, car l’oreille permet seule d’imaginer.</p>
<p><strong>Cette mise en scène de <em>Rigoletto</em> est une nouvelle étape dans ce qu’on pourrait appeler votre « quête italienne », liée à votre compagnonnage avec Francesco Rosi, votre film<em> Passione</em>, votre rôle dans La série <em>Le Nom de la Rose</em>… Est-ce une quête de vos origines ?</strong></p>
<p>C’est une manière de me rendre compte combien je suis « mélangé ». Aller en Italie, dont mes deux parents proviennent, c’est percevoir toute une complexité, tout une étrangeté, et cependant me dire : « je comprends cela, je ressens cela ». C’est une manière pour moi de savoir qui je suis. Cette quête est loin d’être terminée.</p>
<p> </p>
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		<title>VERDI, Rigoletto — Palerme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-palerme-traditionnel-mais-pas-ringard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Oct 2018 05:00:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les références d&#8217;un chef-d&#8217;œuvre rabâché sont si nombreuses qu&#8217;on s&#8217;interroge sur le moyen d&#8217;en renouveler l&#8217;approche. John Turturro, brillant acteur et réalisateur américain d&#8217;ascendance sicilienne, signe ici sa première mise en scène d&#8217;opéra. Aucune surprise, aucune provocation, le familier de l&#8217;ouvrage comme celui qui le découvre y trouveront leur compte. La salle du palais ducal, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les références d&rsquo;un chef-d&rsquo;œuvre rabâché sont si nombreuses qu&rsquo;on s&rsquo;interroge sur le moyen d&rsquo;en renouveler l&rsquo;approche. <strong>John Turturro</strong>, brillant acteur et réalisateur américain d&rsquo;ascendance sicilienne, signe ici sa première mise en scène d&rsquo;opéra. Aucune surprise, aucune provocation, le familier de l&rsquo;ouvrage comme celui qui le découvre y trouveront leur compte. La salle du palais ducal, le bouge de Sparafucile et de sa sœur, la maison où est recluse Gilda, tout est planté, y compris les troncs de trois arbres magnifiés durant l&rsquo;orage. Les costumes, bien dessinés et caractérisés, relèvent de la même volonté de fidélité humble. Nul doute que la riche carrière d&rsquo;acteur de John Turturro l&rsquo;ait conduit à focaliser l&rsquo;attention sur le jeu des chanteurs. Le travail de direction d&rsquo;acteurs, des solistes, des danseurs, des choristes et figurants est particulièrement abouti. Chaque mouvement, chaque geste paraissent justes, naturels, bien que porteurs de sens. Les ensembles sont soignés, tableaux vivants qui renvoient à la peinture du XVIIe S. La participation du corps de ballet est bienvenue, naturelle, avec des figures qui ne sentent jamais l&rsquo;artifice ou l&rsquo;exercice d&rsquo;école. Il fait le choix d&rsquo;approfondir le drame plus que de rechercher la nouveauté. La sobriété, le dépouillement, le refus du baroque, un déroulé sans rupture, voilà qui nous rappelle le réalisateur de films. Avec chacun des tableaux enchaîné au précédent, en jouant sur les espaces et les éclairages, un seul changement à vue, la continuité et le rythme sont soutenus, avec pour seule concession les applaudissements saluant tel air ou tel ensemble.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/ayon_rivas_enkhbat_cfranco_lannino_img_9967.jpg?itok=_sLLjKPG" width="468" /><br />
	© DR</p>
<p>Huit représentations en neuf jours (avec deux, voire trois distributions différentes), dans le plus vaste théâtre à l&rsquo;italienne&#8230;d&rsquo;Italie, traduisent bien la passion que les Palermitains éprouvent pour l&rsquo;opéra. Un public fervent et bruyant se presse pour ce <em>Rigoletto</em> dont on retiendra avant tout la distribution, valeureuse. Les trois premiers rôles ont en commun la jeunesse, la familiarité de leur rôle, l&rsquo;engagement, les moyens et le style, mais aussi leur origine étrangère, même si rien ne le trahit dans leur chant. <strong> Amartuvshin Enkhbat</strong> est un splendide baryton verdien. Le jeune chanteur mongol, prix Sutherland, prix Placido Domingo, chante en alternance avec George Petean et l&rsquo;inoxydable Leo Nucci. Familier du rôle sur les grandes scènes italiennes, il impose son personnage, avec toutes sa richesse psychologique, servi par une voix puissante, colorée, dont les accès de colère comme de tendresse sont remarquablement rendus. Une maîtrise constante, des récitatifs exemplaires, des ensembles équilibrés pour culminer au dernier acte, l&rsquo;émotion est là. Un mois après l&rsquo;avoir chanté à Florence, le Péruvien <strong>Ivan Ayon Rivas</strong> campe un Duc de Mantoue pleinement convaincant. La voix est puissante, jeune, lumineuse, aux aigus insolents et ronds, mais sait aussi déployer toute la panoplie du séducteur désinvolte. En dehors des attributs du pouvoir, son physique de jeune premier suffirait à tourner les têtes de toute la gent féminine. De « Questa o quella » au quatuor du dernier acte, c&rsquo;est un constant régal. <strong>Ruth Iniesta</strong>, après son prix au concours Monserrat Caballé en 2014, a entamé une belle carrière internationale. « Figlia, mio padre » surprend par ses couleurs métalliques. Mais le chant va s&rsquo;épanouir ensuite dans un médium frais et tendre et des aigus aériens. Dès le «  Caro nome  », elle trouve les accents juvéniles et ardents, ses variations sont exemplaires de précision, de légèreté et de naturel. Le duo final est bouleversant. Le spadassin bourguignon, Sparafucile, et sa sœur, Maddalena, sont remarquables en exécuteurs des basses œuvres. <strong>Luca Tittoto</strong> a la voix ample, profonde, tranchante et agile, sa large tessiture lui permet une aisance constante dans tous les registres. Beau contralto, <strong>Martina Belli</strong>, a le timbre chaud , corsé, de la séductrice vénale dont elle a le physique, dépourvue de scrupules, sans une once de vulgarité. Le trio de la tempête, puis le quatuor du troisième acte nous en révèlent les graves, puissants sans être appuyés. Les qualités du chant de <strong>Sergio Bologna</strong>, Monterone, sont manifestes. Mais le rôle souffre de la comparaison avec celui de Rigoletto. Les autres solistes, Borsa, Marullo, les Ceprano ne déparent pas une remarquable distribution. Le choeur, nombreux et puissant, sollicité aux deux premiers actes, tant vocalement qu&rsquo;au plan dramatique, est réactif, précis, coloré. Son aisance et son naturel méritent d&rsquo;être soulignés. </p>
<p><strong>Stefano Ranzani</strong> impose une direction attentive à chacun, fouillée, précise et avant tout dynamique, avec des tempi généralement rapides, des contrastes accusés. Puissance, brillant sans clinquant, élégance et sens dramatique, c&rsquo;est un grand chef verdien qui s&rsquo;est imposé chez lui, mais aussi du Met au Staatsoper de Berlin. Familier de l&rsquo;orchestre, dont il obtient le meilleur, il construit les progressions, maintient la tension, joue dans les nuances les plus ténues, fait chanter la flûte ou le hautbois. Le bal, avec le menuet et la périgourdine, pastiche de <em>Don Giovanni</em>, est merveilleusement conduit, clair, raffiné à souhait. Le chef ne fait qu&rsquo;un avec le plateau : il articule toutes les parties, ostensiblement, tout en modelant les lignes, d&rsquo;une attention constante au chant. Egalement soucieux de donner tout son souffle à l&rsquo;oeuvre, de dépasser les découpages, il résistera ainsi à la reprise du «  Vendetta, si trema vendetta  », malgré les « bis » sonores venant de partout, attendant que ceux-ci s&rsquo;amenuisent pour poursuivre.</p>
<p>Travail d&rsquo;une équipe cohérente, soudée, engagée, ce <em>Rigoletto</em> traditionnel, visible sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operavision.eu/en/library/performances/operas/rigoletto-teatro-massimo-palermo#">Opera Vision</a> (avec George Petean, Stefan Pop et Maria Grazia Schiavo) n&rsquo;appelle que des éloges.</p>
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