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	<title>Claudia URRU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Claudia URRU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROTA, Aladino e la lampada magica &#8211; Martina Franca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rota-aladino-e-la-lampada-magica-martina-franca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1926, l’année de la création de Turandot, Nino Rota a 15 ans et il compose un opéra, Il Principe porcaro* d’après un conte d’Andersen. C’est la manifestation d’un goût pour le fantastique qui ne le quittera pas, comme en témoignent Lo scoiatolo in gamba*, en 1959, sur un livret d’Eduardo di Filippo, et Aladino &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1926, l’année de la création de <em>Turandot</em>, Nino Rota a 15 ans et il compose un opéra, <em>Il Principe porcaro</em>* d’après un conte d’Andersen. C’est la manifestation d’un goût pour le fantastique qui ne le quittera pas, comme en témoignent <em>Lo scoiatolo in gamba*</em>, en 1959, sur un livret d’Eduardo di Filippo, et <em>Aladino e la lampada magica</em> créé en 1968 après deux années de composition – de 63 à 65 – suivies de retouches et de révisions jusqu’en 1967.<br />
Pourquoi un opéra et pourquoi choisir ce conte des Mille et une nuits ? Et pourquoi pas ? Le renom de Nino Rota comme compositeur de musiques pour le cinéma est tel qu’on ignore – en France – à peu près tout de sa contribution au genre lyrique. <em>Le chapeau de paille d’Italie</em> est considéré comme un heureux accident de parcours dans une carrière somme toute moins noble, car c’est un préjugé répandu qu’écrire pour le cinéma, c’est plus facile qu’écrire pour l’opéra. De là à penser que Nino Rota est un compositeur du second rayon il n’y a qu’un pas. Pourtant certains chefs d’orchestre se souviennent de leur confusion lorsque, appelés à diriger de la musique symphonique de Nino Rota sans avoir lu la partition, ils découvrirent la complexité de l’écriture.<br />
Car c’est une des découvertes que favorise la proposition du Festival de la Valle d’Itria, Nino Rota, à l’époque de la composition – et il semble que ce fut toujours vrai tout au long de sa vie de compositeur – n’a jamais suivi les modes, se bornant à écrire ce qui lui plaisait, prenant çà ou là des éléments à insérer dans son discours sans s’assujettir à une quelconque chapelle. Oui, on peut entendre tel fragment mélodique, tel accord, telle combinaison de timbres, qui vont rappeler Puccini, Gershwin, Bernstein ou Richard Strauss, mais on peut exclure l’intention d’imiter un filon. Plutôt, comme Rossini lui-même et plus tard Stravinsky, le réemploi de stylèmes dépourvus de signification intrinsèque mais adaptables à un contexte nouveau.<br />
Le découpage du conte donne une structure en trois actes. Au premier, Aladin est abordé par le mage maghrébin, qui lui raconte être son oncle et l’entraîne dans une quête mystérieuse au terme de laquelle le Génie d’un anneau magique aidera Aladin à échapper à la mort.  Au deuxième acte, alors qu’il va vendre la lampe pour se procurer de quoi subsister, sa mère la nettoie et un autre Génie apparaît, qui peut lui procurer tout ce qu’il peut désirer. Tombé amoureux de la fille du Roi il envoie sa mère la demander en mariage, et il aura satisfaction car le Génie de la lampe accumule les richesses exigées par le cupide souverain. Au troisième acte, alors qu’il est à la chasse, le méchant magicien revient dans l’intention de se rendre maître de la lampe. Il y parvient et transporte le palais et la princesse en Afrique. A son retour, Aladin désespéré invoque le Génie de l’anneau, qui le met en présence de la princesse, à laquelle il demande de séduire le magicien et de lui faire boire un narcotique. En fait il mourra, Aladin récupérera la lampe, et retournera avec son épouse au pays qui est le leur. Il reviendra au chœur d’enfants – dirigé par <strong>Angela Lacarbonara</strong> – qui avait ouvert la représentation de la refermer puisque le fil conducteur du spectacle est cet enfant qui s&rsquo;est attardé dans la bibliothèque à lire le conte d&rsquo;Aladin et qui s&rsquo;y retrouve quand il a lu tout le conte, environné des personnages auxquels sa lecture a donné vie.<br />
Une chose surprenante est la taille de l’orchestre. Nino Rota le voulait massif, et le spectacle de  l’effectif des musiciens du Teatro Petruzelli de Bari suscite chez notre voisin une exclamation : mais c’est berliozien ! Il faut également un chœur d’hommes, un chœur de femmes, un chœur d’enfants, autant dire que ce spectacle réclame beaucoup de moyens humains, ce qui influe sur le coût de la production. Est-ce pour cela que la mise en scène s’est privée d’outils techniques qui auraient pu rendre spectaculaires les épisodes de la caverne, les défilés à travers la ville ou le palais du Roi ? Et que les chœurs masculins et féminins restent invisibles dans les avant-scènes à jardin et à cour, une facilité pour la mise en scène, délivrée du souci de gérer les mouvements, et une économie pour les costumes ?<br />
Quand les fonds sont comptés l’inventivité doit seconder la sobriété. Conçu par <strong>Leila Fteita</strong>, un élément de décor unique percé de deux portes représente les rayons d’une bibliothèque publique entièrement garnis de livres du sol au plafond. Certains des panneaux de ce décor sont mobiles et permettront de dévoiler l’entrée de la caverne ou de révéler le palais magique. Au devant s’étend un plan incliné jusqu’à l’avant-scène qui sera l’espace de jeu. A jardin et à cour, deux espaces latéraux permettent l’apparition du chœur d’enfants, ou l’arrivée de personnages secondaires, les choristes adultes étant dans les caches aux deux extrémités de la scène.<br />
Des accessoires servent à caractériser les lieux et les étapes de l’action : tapis, cageots, pour la place du marché, meubles succincts pour le logis d’Aladin, baignoire et rideau tendu pour le bain de la princesse, coussins et tapis pour la palais du Roi. Petites déceptions,  pourquoi rassembler des brindilles, comme le demande le pseudo-oncle pour faire un feu qui ne s’enflamme pas ? Pourquoi les pierreries dont il est dit qu’elles sont énormes sont-elles invisibles ? Et pourquoi les plateaux précieux que l’orfèvre paie sans rechigner ne sont-ils pas plus grands et plus nombreux ? Le lecteur peut imaginer, mais le spectateur demande à voir !</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ALadino_Marco-Ciaponi_c-ClarissaLapollaph18092-1294x600.jpg" alt="" width="677" height="314" />
© Clarissa Lapolla</pre>
<p>Du récit de Shéhérazade l’adaptation a conservé l’essentiel, au prix d’ellipses qui peuvent déconcerter qui n’est pas informé des étapes du conte. Une bonne part de l’appréhension du récit par le public passe par les costumes. Leila Fteita renonce à l’option chinoise – le lieu où est censé se dérouler l’aventure –  et habille à l’orientale tous les personnages, avec des pantalons bouffants particulièrement réussis, et une touche d’excentricité particulière pour les deux génies, très colorés. Très réussie, grâce aux lumières de <strong>Francesco Siri</strong>, la première intervention du magicien maghrébin, qui fige les personnages par la puissance de son verbe.<br />
C’est <strong>Marco Filippo Romano</strong> qui l’incarne, donnant à sa voix la noirceur qui révèle celle de son âme, le mielleux du trompeur ou le rogue de l’autorité impatiente, jusqu’à la mièvrerie de l’amoureux berné ; s’il semble parfois à la corde pour les notes les plus basses, en revanche il est très à son aise dans le rôle du Roi, esclave de sa cupidité et de sa gourmandise, véritable marionnette du Grand Ministre. Cette versatilité confirme un talent bien connu.<br />
L’autre grand rôle est celui d’Aladin, incarné par le ténor <strong>Marco Ciaponi</strong>. Passée la légère déconvenue de ne pas voir l’adolescent espéré – car tel est le personnage du conte – on adhère à son engagement. L’écriture ne mettra vraiment en valeur l’étendue de sa voix que lors de ses effusions avec la princesse mais elle est homogène, la projection est bonne et les intentions expressives sont justes.<br />
Deux rôles féminins se détachent, celui de la mère et celui de la princesse, dans l’ordre de leur apparition. La première, incarnation de l’amour maternel, dévoué, indulgent et jamais tranquille avec un garnement comme Aladin, trouve en <strong>Eleonora Filipponi </strong>une interprète nuancée. La seconde, <strong>Claudia Urru, </strong>que la mise en scène soumet à une pantomime en ombre chinoise pour la scène du bain, révèle son lyrisme dans les scènes d’amour avec Aladin, l’écriture ne poussant jamais sa voix ronde dans ses retranchements.<br />
Les autres interprètes, <strong>Rocco Cavalluzzi </strong>en Grand Ministre et <strong>Omar Cepparolli</strong>, l’orfèvre, sont sans reproches, même si le second a semblé un peu fatigué. Bonnes prestations des compagnons de jeu d’Aladin, les trois ténors <strong>Pepe Hannan</strong>, <strong>Davide Zaccherini</strong> et <strong>Zachary McCulloch. </strong>Mention spéciale pour <strong>Anastasia Churakova </strong>dans le rôle de la servante agent momentané du destin de la lampe.<br />
Quant aux deux génies, leurs courtes interventions sont impeccables de tenue, tant pour <strong>Alexander Ilvakhin </strong>– l’anneau – que pour <strong>Giovanni Accardi – </strong>la lampe.<br />
Il serait particulièrement regrettable de ne pas mentionner les interventions chorégraphiques virtuoses d’ <strong>Emanuela Boldetti</strong> et <strong>Samuel Moretti </strong>; elles s’insèrent remarquablement dans le spectacle sans le moindre hiatus, ce n’est pas un mince exploit !<br />
<strong>Francesco Lanzillota</strong>, dont deux enfants chantent dans le chœur des voix blanches, aime manifestement cette partition, et c’est probablement le cas des instrumentistes, qui la font briller, des délicats accents de la harpe primitive aux accents menaçants et mystérieux aux abords de la grotte, cuivres étincelants qui annoncent le cortège de la princesse, brouhaha de la salle d’audience, solennité bruyante de la marche festive vers le palais, sombres accords de la tristesse de la princesse, le riche tissu mélodique et harmonique de la musique de Nino Rota est déployé avec amour.<br />
L’écriture vocale n’a pas pour objet de ressusciter le bel canto pas plus que l’écriture musicale ne cherche à reproduire le passé ou à se conformer à une actualité de son temps. Dans le conte, pour Nino Rota, le plus important n’est pas de dire quelque chose, mais de raconter. C’est pourquoi il est des niveaux de lecture différents, du divertissement pour enfants au récit initiatique à l’image de <em>La Flûte enchantée</em>, certains analysant les péripéties comme les étapes d’une initiation, une quête de vérité  libératrice car débouchant sur la lumière, à l’image d’Aladin qui retrouve le jour après être descendu aux Enfers. Quelle que soit la conclusion à laquelle on s’arrête, reste le plaisir d’avoir découvert l’intégralité d’une œuvre dont la France ne connaît encore que la version très largement abrégée qui fut donnée à Colmar, Mulhouse et Strasbourg à l’initiative de Vincent Monteil, ainsi qu’à Saint-Etienne et à l’Opéra-Studio – sauf erreur.</p>
<p><span style="white-space: pre-line;">*<em>Le Prince porcher / L&rsquo;écureuil astucieux</em></span></p>
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		<title>ROSSINI, La scala di seta — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-scala-di-seta-bad-wildbad-evviva-rossini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jul 2021 09:50:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Giulia, une jeune fille qui vit chez son tuteur Dormont, a épousé secrètement son amoureux Dorvil. Aussi les jeunes gens, contraints de dissimuler leur intimité conjugale, se rencontrent-ils nuitamment : il la rejoint par une échelle de soie qu’elle installe à son balcon. L’arrivée de Blansac, le prétendant au mariage que le tuteur destine à Giulia, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Giulia, une jeune fille qui vit chez son tuteur Dormont, a épousé secrètement son amoureux Dorvil. Aussi les jeunes gens, contraints de dissimuler leur intimité conjugale, se rencontrent-ils nuitamment : il la rejoint par une échelle de soie qu’elle installe à son balcon. L’arrivée de Blansac, le prétendant au mariage que le tuteur destine à Giulia, crée une situation d’alerte pour les amoureux. Germano, un serviteur stupide, croit comprendre que Giulia a donné à Blansac un rendez-vous nocturne et pour faire l’informé il le dit à ce dernier, que sa fatuité pousse à n’en pas douter. A minuit donc Blansac se présente et comme Giulia ne lui répond pas il insiste. Le bruit attire le tuteur qui découvre la présence de Dorvil, le mariage de Giulia déjà consommé et s’y résigne, d’autant que Blansac accepte d’épouser Lucilla, disponible et disposée. Ainsi l’amour sincère et la jeunesse ont triomphé des calculs de l’âge mûr.</p>
<p>Cette intrigue est aussi vieille que le théâtre et depuis l’antiquité ces personnages sont devenus des types, y compris celui du serviteur dont les maladresses entraînent des catastrophes. C’est le cas de Germano, une sorte de factotum au service du tuteur que ses hormones mâles doivent travailler parce qu’il est prompt à s’échauffer et se rêve en séducteur irrésistible. Quand Dorvil évoque la réputation d’homme à femmes de Blansac, Germano décide aussitôt de se faire voyeur pour apprendre sur le vif. L’effet comique est garanti, d’autant qu’il est redoublé par le personnage de Lucilla, cousine de Giulia, elle aussi fort désireuse de s’instruire par l’exemple. Le substrat érotique sous-jacent est indéniable.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="336" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_scala_ppp_2845_0.jpg?itok=TKdFvGPG" title="Eugenio Di Lieto (Blansac) et Claudia Urru (Giulia) © Patrick Pfeiffer" width="468" /><br />
	Eugenio Di Lieto (Blansac) et Claudia Urru (Giulia) © Patrick Pfeiffer</p>
<p>Fallait-il pour autant le rendre manifeste et systématique ? Ainsi dans la scène d’ouverture Germano attribue la nervosité de sa patronne à la proximité du mariage. Le ton se veut apaisant et sentencieux, comme l’avis d’un homme expérimenté sur le sujet, ce qu’il n’est pas et c’est la première manifestation de sa sottise. Certes le texte se prête à équivoque, mais c’est ce qui en fait le sel ; on s’en prive en montrant Germano qui se déhanche en jouant avec la fermeture éclair de sa salopette tel un Chippendale confirmé. Ne peut-on faire confiance aux spectateurs, qui ont l’aide des surtitres de Reto Müller ? Germano est puceau, il le confirmera en évoquant son échec avec Tognetta. Et Lucilla, elle aussi curieuse des choses de l’amour – entendre : ignorante – doit-elle être aussi entreprenante, avec Blansac ? Ces deux exemples pour asseoir notre affirmation : <strong>Stefania Bonfadelli</strong>,  responsable de la mise en scène, des costumes et des décors, ne fait pas dans la dentelle. Un dernier : Dormont surgit dans la nuit armé d’un revolver qu’il gardera pointé sur tous les autres, et qu’il déchargera alors que tout est résolu et que les lumières s’éteignent. L’effet pour l’effet.</p>
<p>A scène ouverte elle a conçu et expose l’intérieur d’un appartement probablement en réfection car deux hommes en salopette vont et viennent au milieu d’un désordre hétéroclite,  l’un a peut-être des plans en main, qu’il consulte de temps à autre, l’autre donne çà et là des coups de pinceau. En fond de scène une jeune fille en pantalon arrose on ne sait trop quoi, tandis qu’une autre va et vient dans le décor sans que l’on comprenne pourquoi. Un homme âgé en fauteuil roulant survient et semble examiner le chantier ; d’après ses gestes il n’est pas content. Cette agitation perpétuelle est probablement destinée à  soutenir l’intérêt du spectateur, car elle dure aussi longtemps que l’ouverture. Faut-il une fois encore dire que ce parti pris est une erreur, sinon une faute ? Qu’il ne révèle rien à un néophyte ? Et qu’il ne peut pas combler les informés qui voudraient savourer sans perturbations inutiles l’inventivité de Rossini ?</p>
<p>D’autant que sous la direction à la fois sûre et légère de <strong>José Miguel Pérez-Sierra </strong>les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Cracovie sont ce soir exemplaires. Verve, mystère, brillant, tendresse, agitation, rien ne manque à la gamme des émotions suggérées par l’écriture musicale selon les conventions de l’époque, régénérées par la sève d’un compositeur de vingt ans. L’équilibre est quasi parfait avec le plateau, et la jointure idéale avec la vigilante présence de <strong>Gianluca Ascheri </strong>qui assure le continuo des récitatifs secs au pianoforte avec la volubilité et la précision qui contribuent à la vie du discours. Tout tombe à pic musicalement et réalise pour notre plaisir l’agencement d’horlogerie conçu par Rossini.</p>
<p>De la distribution émergent les jeunes premiers et le serviteur balourd. <strong>Claudia Urru</strong> gère bien une voix aussi longue et agile que le rôle le réclame, assez ronde, homogène, et si sa composition scénique semble parfois un peu appliquée, ou l’apparent encombrement scénique la gêne, elle s’efforce d’exprimer le malaise du personnage. <strong>Michele Angelini</strong>, que le Corrado nous avait révélé, a conservé sa projection ferme, la voix sa remarquable étendue et son agilité propice aux vocalises rapides. Il a aussi conservé son goût du risque car il n’hésite pas à tenter le diable en cherchant à s’élever plus que nécessaire. Nous comprenons la tentation, mais quand le chant est perçu comme un défi aventureux est-on encore dans le bel canto ? Mais l’effet est certain sur le public, qui apprécie et le fait savoir bruyamment. <strong>Emmanuel Franco</strong>, qui accomplit un tour de force car il a appris le rôle en quelques jours, confirme les dons que de précédentes éditions avaient révélés : une voix sonore, homogène,  bien projetée, une <em>vis comica</em> certaine et une présence scénique de premier plan, soutenue par force mimiques expressives. Dans les rôles mineurs de Lucilla, <strong>Meagan Sill </strong>chante joliment son air et se montre très désinvolte en scène, tandis que <strong>Remy Burnens</strong> campe le Dormont mal en point et colérique conçu par la mise en scène. Reste le cas de Blansac. Des principaux personnages il est le seul à n’avoir pas d’air. Depuis l’initiative d’Alberto Zedda de lui attribuer un air pour basse écrit par Rossini à la même époque, au motif qu’en remplaçant un mot par un autre il irait comme un gant à Blansac, cet air est souvent inséré dans l’œuvre. Tel a été le choix à Bad Wildbad, où il sert de carte de visite au personnage qui l’interprète dès son entrée. Alberto Zedda insistait sur les difficultés de ce morceau tripartite. Pour nous, elles excèdent les capacités d’<strong>Eugenio di Lieto </strong>; le timbre n’est pas des plus séduisants, la projection est modeste et manque l’éclat de l’esprit conquérant. Il en vient à bout grâce au contrôle du chef sur l’accélération et la puissance. Passé cet écueil, il s’engage dans l’incarnation de ce pâle Don Giovanni avec conviction.</p>
<p>Des insuffisances, donc, des irritations, mais que pèsent-elles quand la musique pure enchante, quand les airs ont le brio, le ton, l’esprit espéré, quand les ensembles – le quatuor dont la dernière partie annonce les futurs délires collectifs – sont parfaitement exécutés ? On les balaie et on remercie, comme l’ont fait très longuement les spectateurs conquis. Evviva Rossini !</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>
	 </p>
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		<title>ROSSINI, Il viaggio a Reims — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-viaggio-a-reims-pesaro-merci/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2020 02:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Osera-t-on l&#8217;avouer ? Au moment de retourner sur la place centrale de Pesaro convertie en auditorium à l&#8217;air libre, l&#8217;enthousiasme nous faisait défaut. Un ènième Viaggio a Reims sans têtes d&#8217;affiche prestigieuses, dans une production vue et revue puisque reprise année après année depuis 2001, et pas de chanteurs à découvrir puisque la distribution a été composée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Osera-t-on l&rsquo;avouer ? Au moment de retourner sur la place centrale de Pesaro convertie en auditorium à l&rsquo;air libre, l&rsquo;enthousiasme nous faisait défaut. Un ènième <em>Viaggio a Reims </em>sans têtes d&rsquo;affiche prestigieuses, dans une production vue et revue puisque reprise année après année depuis 2001, et pas de chanteurs à découvrir puisque la distribution a été composée en recrutant des interprètes dans les cuvées des dernières années de l&rsquo;Accademia Rossiniana et du festival.</p>
<p>Première bonne surprise, l&rsquo;affluence est supérieure à ce qu&rsquo;elle était la veille. Tout n&rsquo;a pas été vendu, mais en dépit du respect des mesures de distanciation on a l&rsquo;impression d&rsquo;une foule, où l&rsquo;on peut repérer des visages connus, d&rsquo;Italie ou d&rsquo;ailleurs, et ces rencontres de hasard réconfortent, comme autant de témoignages d&rsquo;une volonté commune de participer à la survie du spectacle vivant. Mais comme la veille, peu d&rsquo;autochtones, sinon des piliers historiques que le temps a jusqu&rsquo;ici épargnés et encore capables de se mouvoir de façon autonome.</p>
<p>Deuxième bonne surprise, un jeune chef d&rsquo;orchestre inconnu de nous, <strong>Giancarlo Rizzi</strong>. Est-il apparenté à son homonyme maintes fois présent à Pesaro ? A en croire son curriculum, sa pratique de la direction d&rsquo;opéra est embryonnaire. Pourtant il suffit qu&rsquo;il donne le signal du départ et en quelques secondes la beauté de cette musique qu&rsquo;on croyait avoir trop entendue revient nous captiver : Rossini l&rsquo;enchanteur vient nous faire honte d&rsquo;avoir douté de lui. S&rsquo;il sera moins convaincant après l&rsquo;entracte, ce jeune chef a manifestement un sens aigu des moments musicaux et de leurs relations. La cohérence n&rsquo;est pas absolue mais régler cette œuvre à numéros relève de l&rsquo;horlogerie de haute précision ; disons que les intentions sont indéniablement les bonnes et le résultat des plus prometteurs, en termes de contrôle de la dynamique et souci de faire chanter l&rsquo;orchestre.</p>
<p>Troisième plaisir, la participation de l&rsquo;Orchestre Symphonique G.Rossini, qui assure à l&rsquo;exécution la propreté, la netteté et la fluidité qu&rsquo;elle exige.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="262" src="/sites/default/files/styles/large/public/tutti_1.jpg?itok=8yCLJr-Y" title="Faute d'aller à Reims on festoie à Plombières © amati" width="468" /><br />
	Faute d&rsquo;aller à Reims on festoie à Plombières © amati</p>
<p>En somme, dira peut-être le lecteur agacé, c&rsquo;était la soirée bons points ? Ce serait une conclusion hâtive, il reste à parler des chanteurs. Ils ont semblé se prêter à cette opération sauvetage du ROF – car, pour la précision, il était essentiel qu&rsquo;une édition ait lieu sous peine de perdre l&rsquo;importante contribution annuelle de l&rsquo;Etat – avec la meilleure bonne volonté et aucun, fût-ce dans les plus petits rôles, n&rsquo;a démérité. Sans doute tous n&rsquo;ont pas brillé du même éclat mais pour certains c&rsquo;est la conduite d&rsquo;acteurs qui a pu le ternir. Ainsi la comtesse de Folleville de <strong>Claudia Muschio</strong> affiche bien le ramage nécessaire à camper la Parisienne narcissique et frivole, mais elle outre constamment son jeu de scène au point que le contraste comique qui la fait passer sans transition du désespoir parodique à l&rsquo;excitation emphatique est à peine perceptible. Il est sans doute difficile de trouver le juste équilibre entre le trop et le pas assez, mais d&rsquo;un personnage croqué avec une ironie tendre elle fait une caricature, et c&rsquo;est dommage. <strong>Matteo Roma</strong>, qui chante Belfiore sans problème particulier, tend lui aussi à très vite forcer le trait, dans la scène où il s&rsquo;efforce de séduire Corinna, si bien qu&rsquo;on ne perçoit pas la progression comique qui voit le personnage s&rsquo;enferrer jusqu&rsquo;à dramatiser ridiculement sa situation. <strong>Pietro Adaini</strong>, qui n&rsquo;est pas passé par l&rsquo;Accademia Rossiniana et a de faux airs de José Cura, semble en proie à une colère permanente et donne l&rsquo;impression de chanter en force, à l&rsquo;opposé de l&rsquo;orthodoxie du chant rossinien. Sans être exceptionnelles, les participations de <strong>Claudia Urru</strong> (Madama Cortese) <strong>Chiara Tirotta </strong>(Marchese Melibea) et <strong>Nicolo Donini</strong> (Lord Sidney) sont irréprochables.</p>
<p>La cerise sur le gâteau, pour nous, reste <strong>Maria Laura Iacobellis</strong>, déjà Corinna dans la promotion 2018  de l&rsquo;Accademia, même si l&rsquo;approche du personnage nous semble pouvoir évoluer. Sans tourner autour du pot, disons les choses simplement : cette chanteuse a été dotée par la nature du physique qui depuis des décennies a propagé l&rsquo;image de la femme italienne comme un condensé de sensualité. Or le personnage de Corinna, la poétesse qui improvise sur le sujet qu&rsquo;on lui propose après avoir vaticiné sur le triomphe de la Croix sur le Croissant, semble d&rsquo;abord flotter au-dessus des passions terrestres, au désespoir de Lord Sidney. Il faudrait donc que l&rsquo;interprète réussisse à alléger sa voix pour faire exister cette intellectuelle. Maria Laura Iacobellis y parvient magistralement dans la dernière intervention de Corinna, moins nettement auparavant, peut-être handicapée par une direction d&rsquo;acteurs qui la fait partenaire de Belfiore dans la scène de séduction alors qu&rsquo;en fait elle ne cesse de se dérober car ces manoeuvres lui sont étrangères.</p>
<p>Mais le lecteur aura compris que nous coupons les cheveux en quatre, et le public s&rsquo;est borné à l&rsquo;essentiel, exprimer longtemps et avec force sa satisfaction et sa reconnaissance à tous les artistes.</p>
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		<title>BELLINI, Il pirata — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-pirata-monte-carlo-faire-surtout-du-son/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2020 23:28:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La version de concert d’Il Pirata donnée à l’auditorium Rainier III de Monaco, si elle ne convainc pas absolument, n’en est pas moins très excitante et on peut espérer que dimanche la salle fera le plein. Premier motif d’intérêt, la direction de Giacomo Sagripanti, qui empoigne l’œuvre avec une fermeté qui ne se démentira pas. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La version de concert d’Il<em> Pirata </em>donnée à l’auditorium Rainier III de Monaco, si elle ne convainc pas absolument, n’en est pas moins très excitante et on peut espérer que dimanche la salle fera le plein. Premier motif d’intérêt, la direction de <strong>Giacomo Sagripanti</strong>, qui empoigne l’œuvre avec une fermeté qui ne se démentira pas. Cette énergie n’est ni raide ni uniforme, et laisse chanter l’orchestre quand il le faut, et à cet égard on ne peut que louer les musiciens, dans leur ensemble et dans leur particulier pour les parties solistes. Mais tandis que l’on avance dans l’œuvre on se prend à se demander si l’on écoute Bellini ou Donizetti ; après tout, rien de plus normal puisque dans le contexte de l’époque l’imprégnation, involontaire ou non, faisait partie du métier. Comment reprocher à un compositeur cherchant à se faire une place au soleil d’être à l’écoute des succès de ses contemporains ? Mais cette direction, si attentive aux effets orchestraux créés par les variations de l’intensité, a-t-elle capté la dynamique du rythme qui caractérise, pour nous, l’écriture de Bellini ? Les personnages principaux, quels qu’ils soient, sont en proie à des tourments affectifs de type obsessionnel, ce qui les amène à s’exprimer sur des phrases musicales où scansions, modulations et accélérations révèlent dans l’instant leur trouble intérieur. Les reprises de tradition deviennent, et c’est la signature de Bellini, la suite inévitable de ce désordre et la preuve en direct de l’engrenage dont ils sont prisonniers. C’est la montée de cette tension implacable que nous n’avons pas assez perçue. Mais peut-être le chef a-t-il manqué de temps pour peaufiner l’interprétation et sa lecture, sans nous convaincre totalement, mérite le respect. Un mot encore pour dire que si la richesse de la pâte sonore comble elle tend par moments à noyer les chanteurs dont émergent seules les harmoniques aigües.</p>
<p>Evidemment la masse des chœurs, admirablement préparés comme de coutume par <strong>Stefano Visconti</strong>, n’a pas ce problème. Pour les solistes, les seconds rôles méritent un satisfecit global. Aussi bien <strong>Claudia Urru</strong>, qui prête à la suivante Adèle une voix ronde et bien timbrée, qu&rsquo;<strong>Alessandro Spina</strong>, l’ancien soldat devenu ermite, dont la basse chantante a la dignité qu’on attend, et <strong>Reinaldo Macias </strong>dans le rôle d’Itulbo, le second de Gualtiero prompt à intervenir pour empêcher que ce dernier n’aille à sa ruine, dont la voix a conservé toute sa fraîcheur après une carrière de plusieurs décennies.</p>
<p>Des louanges appuyées iront au baryton <strong>Vittorio Prato </strong>venu au pied levé pour remplacer George Petean : on craignait que cet interprète raffiné manquât un peu de la hargne d’Ernesto, dont il faut rappeler qu’il a chassé Gualtiero de Sicile, l’a dépouillé de ses biens et a épousé de force la femme que ce dernier aimait. Les accents initiaux nous rassurent : le mordant nécessaire est là, et comme l’extension dans l’aigu, la souplesse et la longueur de souffle sont aussi remarquables que dans nos souvenirs, on peut s’abandonner à la délectation d’une interprétation où la musicalité commande le théâtre. Bel entraînement pour la prise de rôle scénique à Palerme en juin prochain.</p>
<p>Gualtiero est donc ce noble déchu qui rêve depuis dix ans de reprendre pied en Sicile et d’y retrouver son rang et sa bien-aimée. A l’égard de cette dernière il semble dépourvu de la moindre imagination : pas un instant il ne doute qu’elle ne l’ait attendu. La scène où il découvre qu’elle a épousé son ennemi et lui a donné un fils serait risible, tant les deux personnages semblent engagés dans une surenchère du genre « le plus malheureux c’est moi », mais elle attriste tant cet homme réagit en enfant buté. Cet emportement forcené, <strong>Celso Albelo </strong>ne nous fait pas languir et l’installe dans son chant dès son entrée, où il s’élance dans des aigus claironnants et démontre ainsi qu’il possède les cartes nécessaires. Peut-être devrait-il s’économiser davantage au premier acte, parce qu’après l’entracte des nasalités fugitives trahissent peut-être la fatigue, mais l’ensemble de la prestation témoigne en faveur d’une gestion saine des moyens. On connaît des interprétations plus nuancées, plus élégantes. Mais celle de Celso Albelo mérite le respect.</p>
<p>Qu’aurait-il pu faire d’autre, du reste, face à l’Imogène d’<strong>Anna Pirozzi</strong> ? La cantatrice est manifestement en voix et délivre dès son entrée des décibels à laisser pantois. On s’attendait à voir apparaître une femme dolente, on subit la puissance d’un volcan. Sans doute est-ce pour l’interprète sa façon d’exprimer le désarroi du personnage, mais l’énergie vocale avec laquelle elle projette des aigus tels des uppercuts nous empêche de ressentir la détresse et la fragilité du personnage. On voit le problème : peut-on se plaindre de ce torrent où brillent des pierreries ? La scène finale ranimera le regret : alors que le délire d’Imogène pourrait favoriser bien des excès, c’est avec une sobriété pour nous de grand prix qu’Anna Pirozzi dompte son émission et atteint à la musicalité qui fait nos délices. Qu’en sera-t-il dimanche ? Le matériau est somptueux, la technique est solide, l’enjeu sera-t-il de faire surtout du son ?</p>
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