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	<title>James VALENTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>James VALENTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-londres-roh-cio-cio-san-cest-zhang/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jul 2011 07:53:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De Paris à Los Angeles en passant par Torre del Lago, Bordeaux, Barcelone, Berlin, New York… comme ici au Royal Opera de Londres, Liping Zhang* s’avère une Cio-Cio-San différente des autres. Non qu’elle soit insurpassable, mais parce qu’elle est incomparable au sens propre. Plus encore qu’une interprète vocalement admirable, la soprano chinoise est une incarnation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          De Paris à Los Angeles en passant par Torre del Lago, Bordeaux, Barcelone, Berlin, New York… comme ici au Royal Opera de Londres, <strong>Liping Zhang*</strong> s’avère une Cio-Cio-San différente des autres. Non qu’elle soit insurpassable, mais parce qu’elle est incomparable au sens propre. Plus encore qu’une interprète vocalement admirable, la soprano chinoise est une incarnation du personnage. Quand elle chante « un bel di vedremo » l’air ne résonne d’aucune sentimentalité occidentale, il n’est qu’un élan d’espoir confiant. L’artiste en chair et en os et l’héroïne de fiction se fondent. Avec Liping Zhang, la spontanéité, la passion, la fidélité naïve de Butterfly, nous y croyons. Le désespoir qui la conduit à préférer la mort à la honte pour assurer l’avenir de son fils, nous le vivons.</p>
<p> </p>
<p>Les qualités visuelles de cette coproduction de Covent Garden et du Liceu, créée il y a huit ans — ce soir filmée en 3 D pour une prochaine sortie au cinéma —contribuent à sa réussite. Efficacité de la scénographie, justesse de la direction d’acteurs, décors et costumes de bon ton, somptueux éclairages… Si la mise en scène de <strong>Patrice Caurier</strong> et <strong>Moshe Leiser</strong> a pu être jugée conventionnelle voire kitsch par certains, elle exhale la poésie et l’émotion de la tragédie cruelle sans grandiloquence que Puccini avait pris le temps de remanier afin d’atteindre la perfection qui en a fait de nos jours le deuxième opéra le plus représenté au monde après <em>Carmen</em>. </p>
<p> </p>
<p>L’élégant ténor américain <strong>James Valenti</strong> est physiquement fort convaincant en Pinkerton. Dans le fameux duo d’amour, il sait rendre son timbre caressant pour exprimer son trouble devant la jeune geisha avec une sincérité propre à la séduire. Mais dans les moments d’exaltation qui font appel au registre aigu, la voix manque de puissance et d’éclat. Sans faire davantage d’étincelles, le baryton anglais <strong>Anthony Michaels-Moore</strong> chante correctement le rôle de Sharpless. Dans le duo du premier acte comme dans la lecture à Cio-Cio-San de la lettre de Pinkerton, le personnage demeure en retrait. <strong>Helene Schneiderman</strong> assure sa partie avec compétence ; de même qu’à Paris en 2009, sa Suzuki attentive et discrète est attachante. Les nombreux <em>comprimari </em>se montrent bien chantants et tous caractérisés à souhait. Une mention particulière pour <strong>Jeremy White</strong> dans le rôle du Bonze.</p>
<p> </p>
<p>Sous la direction d’<strong>Andris Nelsons,</strong> l’excellent <strong>Orchestre du Royal Opera</strong> propose une exécution raffinée de cette partition colorée, délicate et sensuelle, tout en lui confèrant son lyrisme spécifiquement puccinien assorti d’un parfum d’Asie subtilement dosé pour nos oreilles occidentales. Il sait ciseler chaque thème, captiver sans pathos dans les moments de tendresse, d’émotion et de violence… Avec le tutti orchestral brisé qui achève le drame, les musiciens rendent le dernier soubresaut de Butterfly absolument insupportable. </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>* La soprano américaine Patricia Racette ayant dû déclarer forfait, trois cantatrices se sont relayées pour la remplacer lors de cette nouvelle série estivale de sept représentations : Kristine Opolais, Liping Zhang et Amarilli Nizza.</p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/glacee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jan 2011 05:34:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaît bien cette production de Madama Butterfly créée en 1993 et reprise de nombreuses fois depuis. C’est donc sans surprise que l’on s’immerge une nouvelle fois dans l’univers immuable de Bob Wilson, ses décors dénudées (ici un simple quadrilatère parqueté symbolisant la maison et un chemin tortueux), ses éclairage froids et sophistiqués (à dominantes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          On connaît bien cette production de <em>Madama Butterfly</em> créée en 1993 et reprise de nombreuses fois depuis. C’est donc sans surprise que l’on s’immerge une nouvelle fois dans l’univers immuable de <strong>Bob Wilson</strong>, ses décors dénudées (ici un simple quadrilatère parqueté symbolisant la maison et un chemin tortueux), ses éclairage froids et sophistiqués (à dominantes blanches et bleues), ses costumes et attitudes empruntées au kabuki.</p>
<p>On en retire de belles images : les personnages arrivant par le fond de scène, se détachant comme des ombres chinoises, ou encore le décor plongé dans la pénombre au début du second acte d’où ne ressort que le visage blafard d’une Butterfly endormie. De même, la gestuelle lente et syncopée s’intègre plutôt bien à cet univers aux apparences feutrées mais où la violence affleure en permanence. Le risque est cependant grand, comme toujours chez le metteur en scène américain, qu’à force de recherche esthétique et de distanciation, les scènes soient vidées de leur impact émotionnel. Il faut donc une distribution de braise pour animer cet univers réfrigérant.</p>
<p>Et l’affiche est plutôt alléchante : une chanteuse italienne aux moyens imposants qui nous avait séduits en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1390&amp;cntnt01returnid=64">Madeleine de Coigny</a> la saison dernière, un ténor fringant qui nous ne avait pas laissé insensible en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1655&amp;cntnt01returnid=54">Alfredo</a> au MET, et un baryton à la carrière déjà longue et prestigieuse. Cette équation prometteuse ne tient malheureusement pas toutes ses promesses.</p>
<p><strong>Micaela Carosi </strong>(Madama Butterfly) se taille un joli succès aux saluts. Ils viennent récompenser un tempérament dramatique qui trouve à s’exprimer à partir de son tête à tête avec Sharpless au milieu du second acte et qui culmine avec une scène finale bien caractérisée. Cela en fait-il pour autant une Butterfly ? Comment expliquer qu’un jour d’avril dernier l’on sorte d’une représentation de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1640&amp;cntnt01returnid=54"><em>Madama Butterfly</em> au New York City Opera</a>, reniflant, lunettes de soleil sur le nez, alors que ce soir rien, ou si peu : une brisure dans le « No : non ditemi nulla » murmuré par la jeune fille qui découvre brusquement qu’on l’a trompée dès le début. Mais ailleurs, à New-York une Yunah Lee inconnue, avec peut-être le quart des moyens vocaux de Madame Carosi nous faisait chavirer, et ce soir rien… Cela se joue dès l’entrée en scène de l’héroïne : nous parvenant des coulisses, la voix, puissante, se détache du chœur de ses compagnes, mais fait entendre un lourd vibrato qui ne s’effacera jamais totalement au cours de la représentation. La chanteuse aura beau alléger, minauder, on ne croit guère à cette frêle japonaise de quinze ans, et l’on cherche vainement trace de fraicheur ou de fragilité. Le portrait ne devient crédible que lorsque la femme bafouée prend le dessus sur la jeune fille, mais trop tard.</p>
<p>Son Pinkerton a la silhouette longiligne de <strong>James Valenti</strong>, drapée d’un manteau blanc. On retrouve ce que l’on avait apprécié chez lui à New York : un medium joliment timbré, une véritable élégance et un chant nuancé. Malheureusement ces qualités sont bien vite éclipsées par une projection et une vaillance déficientes : le ténor américain est systématiquement couvert dès que l’orchestration se fait un peu dense. De plus le registre aigu manque ce soir singulièrement d’éclat. Méforme ? Choix de répertoire inadapté (il chante pourtant ce rôle un peu partout dans le monde) ? Incompatibilité avec la salle ? Le contraste avec sa prestation au MET huit mois auparavant est en tout cas troublant1.</p>
<p> </p>
<p>A sa décharge il est peu aidé par <strong>Maurizio Benini</strong> qui semble davantage préoccupé à faire sonner son orchestre aux couleurs brillantes qu’à soutenir les chanteurs. La direction, par ailleurs solide, manque un peu de raffinement, les détails instrumentaux étant trop souvent noyés dans la masse.</p>
<p> </p>
<p>Restent alors les personnages secondaires pour se consoler. Une Suzuki (<strong>Enkelejda Shkosa</strong>) qui sonne un peu mégère de prime abord, mais finalement s’avère sonore et touchante. Un Sharpless usé par la vie : <strong>Anthony Michaels-Moore</strong>, au timbre désormais bien gris, insuffle au consul une humanité qui transcende l’aspect purement vocal. Enfin un Goro (<strong>Carlo Bosi), </strong>à la projection exemplaire, parfait entremetteur, obséquieux et roué.</p>
<p> </p>
<p>Mais l’on ressort le cœur à peine réchauffé par ce mélo que l’on aurait rêvé plus flamboyant.</p>
<p> </p>
<p>1 La projection ne nous avait en tout cas pas parue confidentielle dans cette salle plus grande que Bastille.</p>
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		<title>La traviata — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/naufrage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 10:15:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Un seul être vous manque et tout est dépeuplé&#160;». Prendre des billets pour une représentation affichant Angela Gheorghiu est devenu, depuis quelques années, un pari audacieux. Personnellement, avant cette représentation, j’avais failli voir la soprano roumaine dans deux soirées différentes de Traviata&#160;: les deux fois, sa participation fut annulée au dernier moment. Notre confrère Antoine &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Un seul être vous manque et tout est dépeuplé&nbsp;». Prendre des billets pour une représentation affichant Angela Gheorghiu est devenu, depuis quelques années, un pari audacieux. Personnellement, avant cette représentation, j’avais failli voir la soprano roumaine dans deux soirées différentes de <em>Traviata</em>&nbsp;: les deux fois, sa participation fut annulée au dernier moment. Notre confrère Antoine Brunetto fut plus heureux puisqu’en s’y prenant à deux fois il eut la chance de l’entendre à New-York (cf. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,print,0&amp;cntnt01articleid=1655&amp;cntnt01showtemplate=false&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">son compte-rendu</a> ). Plein d’espoir, j’attendais moi aussi la récompense&nbsp;de ma patience&nbsp;; mais c’était avant d’avoir remarqué que la dernière de <em>Traviata</em> (le 17 juillet) était dangereusement rapprochée de la première de <em>Simon Boccanegra</em> à Madrid (le 22). Sans grande surprise, la chanteuse s’est découvert une maladie la contraignant à annuler in extremis cette dernière représentation de la série&nbsp;: on imagine sans peine que la diva amplement reposée assurera une première mémorable à Madrid (pour les autres représentations, c’est déjà moins sûr et les paris restent ouverts&nbsp;; ah&nbsp;! pardon&nbsp;: on m’annonce dans l’oreillette son annulation pour la soirée du 25 et ce serait bien parti pour le 28 également).</p>
<p>En programmant une cantatrice «&nbsp;à risque&nbsp;», le Royal Opera aurait pu au moins prendre deux précautions&nbsp;: la première était de l’entourer d’une distribution irréprochable afin que tout ne soit pas perdu au moment probable de sa défection&nbsp;; la seconde, d’investir dans une doublure de qualité puisque celle-ci aurait toute chance de se produire à la place de la chanteuse programmée. Hélas, aucunes de ces deux conditions ne furent réunies pour l’occasion. L’annonce du remplacement, faite devant le rideau, amène quelques huées sonores mais isolées. Originaire de Lettonie, <strong>Marina Rebeka</strong> nous est présentée pendant l’annonce comme la future Reine de la Nuit de la saison à venir, ce qui au premier abord peut sembler prometteur. Hélas, après quelques minutes, il faut bien se rendre à l’évidence&nbsp;: voilà une doublure qui ne risquait à aucun moment de faire de l’ombre à sa lunatique consœur. Elle est l’exemple même d’une honnête troupière, capable de chanter toutes les notes, mais sans la moindre imagination. Le timbre est assez agréable, clair et lyrique, la projection convenable, mais les variations de couleurs sont totalement inexistantes, les pianis rares (le «&nbsp;tutto e fini&nbsp;» de «&nbsp;Addio del passato&nbsp;» est terminé <em>forte</em>), le «&nbsp;Sempre libera&nbsp;» est un peu laborieux (on s’étonne au passage qu’une future Reine de la Nuit n’offre pas le mi-bémol, mais à l’écoute de ce qui précède, ce n’est finalement pas si surprenant que cela)&nbsp;; devant tant de monotonie, on finit par sombrer dans un ennui total. Le public londonien lui fera néanmoins un beau succès, largement immérité&nbsp;: peut-être s’agissait-il au fond de se convaincre que l’on n’avait pas totalement perdu sa soirée.</p>
<p>J’attendais beaucoup de l’américain <strong>James Valenti</strong>, précédé d’une réputation flatteuse sur certains forums lyriques américains. Là encore, la déception est grande&nbsp;: timbre impersonnel et blanc, projection limitée, le chanteur se bat avec les notes à plus d’une reprise&nbsp;: la cabalette «&nbsp;O mio rimorso&nbsp;» met ainsi les oreilles au supplice, le chanteur ne cherchant même plus à prononcer les consonnes ou les voyelles pour pousser les aigus à répétitions de «&nbsp;Quest&rsquo;onta lavero&nbsp;» ; étonnamment, le ténor conclut son air par un minuscule contre-ut venu d’on ne sait où. Théâtralement, l’acteur est d’une grande gaucherie, promenant un sourire ahuri plaqué sur un faciès gominé à la Buster Keaton. Fatigue passagère&nbsp;? A moins que la fréquentation en parallèle de rôles plus lourds (Pinkerton est, avec Alfredo, son cheval de bataille) n’ait fait évoluer prématurément la voix&nbsp;(de même, les derniers Alfredo de l’excellent Jonas Kaufmann n’avaient rien d’exceptionnels).</p>
<p>Avec une entrée passablement vociférante, <strong>Zeljko Lucic </strong>n’est guère rassurant&nbsp;: sommes-nous à une représentation de <em>Chénier</em> à Vérone&nbsp;? Fort heureusement, les choses s’améliorent assez rapidement, avec un chant plus maitrisé à défaut d’être techniquement parfait. Là encore, on ne sort presque jamais de la routine de troupe et seul un «&nbsp;Di Provenza&nbsp;» très bien exécuté viendra contrebalancer une participation relativement indigne de cette salle.</p>
<p>Les nombreux seconds rôles n’ont pas toujours une diction très italienne, les plus doués étant de jeunes asiatiques comme <strong>Ji-Min Park </strong>ou<strong> Changhan Lim</strong>, aux voix fraiches et séduisantes. L’ensemble est toutefois de grande qualité, très homogène et chacun est finalement attachant par son investissement dramatique&nbsp;: <strong>Sarah Pring </strong>finit par émouvoir en Annina «&nbsp;mère-poule&nbsp;» profondément attachée à Violetta, de même que l’attentionné Grenvil de <strong>Richard Wiegold</strong>. Saluons également un <strong>Chœur du Royal Opera</strong> au sommet de sa forme.</p>
<p>Riccardo Muti ou Claudio Abbado ont su démontrer par le passé qu’un grand chef peut faire des miracles, y compris avec un plateau moyen. Mais Londres n’est pas Milan et encore moins Lourdes, et<strong> Yves Abel</strong> passe hélas totalement à côté du drame en offrant une direction dépourvue de tension&nbsp;: c’était bien la première fois que je voyais une filiation entre le bouleversant «&nbsp;Addio&nbsp;» du dernier acte et l’aimable «&nbsp;Il faut partir&nbsp;» de <em>La Fille du Régiment</em>&nbsp;! Reconnaissons au moins au chef canadien le mérite de suivre convenablement ses chanteurs.</p>
<p>Nous ne reviendrons pas sur l’excellente mise en scène de <strong>Richard Eyre</strong> maintes fois chroniquée dans la revue et qui semble à chaque fois retravaillée jusque dans les moindres détails&nbsp;: une valeur sûre, mais qui ne suffit pas à sauver la soirée.</p>
<p>Il est des naufrages en pleine mer proprement historique, des «&nbsp;Titanic&nbsp;» musicaux&nbsp;; ce soir hélas, nous avons sombré à quai.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, La traviata — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/looking-for-violetta/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 06:20:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un discret panneau accueillait les spectateurs de la soirée du 13 avril au Met, informant qu’Angela Gheorghiu souffrante était remplacée par Hei-Kyung Hong (initialement prévue pour ne chanter que la dernière Traviata de la série, le 24 avril 2010). Aucune annonce n’était faite au lever de rideau, renforçant ainsi encore notre frustration… Mais revenons au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Un discret panneau accueillait les spectateurs de la soirée du 13 avril au Met, informant qu’Angela Gheorghiu souffrante était remplacée par Hei-Kyung Hong (initialement prévue pour ne chanter que la dernière Traviata de la série, le 24 avril 2010). Aucune annonce n’était faite au lever de rideau, renforçant ainsi encore notre frustration…</p>
<p>Mais revenons au spectacle lui-même. Au nom de Zeffirelli on s’attendait à un spectacle traditionnel… et l’on fut servi. Les décors sont d’une richesse inouïe, un salon empire surchargé au premier acte (aucun bibelot ne manque à l’appel), une grande véranda au premier tableau du II, de superbes effets de drapés dans le salon de Flora. Le plus impressionnant reste cependant le décor du dernier acte : la scène débute dans la chambre de Violetta et se termine dans le salon de l’acte 1, un étage plus bas, après que l’ensemble de l’immeuble fut comme aspiré vers les cintres. L’effet est saisissant ! Les costumes (d’époque évidemment !) sont également somptueux, redingote et lavallière pour Alfredo, robes soyeuses et parures scintillantes pour Violetta. D’aucuns frôleront l’indigestion face à cette débauche de luxe ! Malheureusement le côté tradition se retrouve également dans la direction d’acteur, déficiente voire inexistante, laissant deviner la reprise de routine… Reste que la « routine » du Met pourrait faire rêver toute autre salle dans le monde, notamment en ce qui concerne la distribution.</p>
<p><strong>James Valenti</strong> possède le physique idéal pour Alfredo, mais il en a également la jeunesse et la flamme, mêlées à une certaine gaucherie. Le chant est châtié, jamais avare de nuance, capable de beaux éclats. Pour ne rien gâcher, la voix est chaudement colorée, sans tension dans l’aigu&#8230; Une vraie révélation. On connaît mieux le Germont de <strong>Thomas Hampson</strong>. La voix plus que jamais grisonnante semble donner chair à ce personnage vieillissant, à la rigueur et à la morgue mortifères, tour à tour caressante ou tonnante, insinuante ou désespérée ; il nous apporte un peu de cette émotion qui manque par ailleurs à cette soirée.</p>
<p>Belle direction d’orchestre également d’<strong>Yves Abel</strong>, bien équilibrée, attentive au plateau… mais qui pèche parfois par des tempi précipités, notamment dans la confrontation entre Germont père et Violetta du début de l’acte 2, gommant ainsi le pathos de la scène.</p>
<p>Malheureusement la Traviata de <strong>Hei-Kyung Hong</strong> n’est pas tout à fait au niveau de cet écrin. La chanteuse d’origine coréenne est honorable dans le premier acte. Elle assure même son contre mi bémol à la fin du « Sempre libera »… mais au prix d’aigus du type « tête d’épingle » &#8211; le timbre déjà peu coloré s’amincissant à l’excès dans les suraigus &#8211; et pas toujours justes ! Le manque d’onctuosité de la voix se fait plus encore ressentir au deuxième acte, la chanteuse pourtant engagée ne parvenant jamais à faire passer le frisson. Il faut dire à sa décharge que l’absence de direction d’acteur l’oblige à se réfugier dans un jeu à la limite de la caricature. Le troisième acte la trouvera plus à son aise, délivrant un « addio del passato » enfin poignant… <em>E tardi</em> !</p>
<p>Ajoutons encore que le reste du cast ne brille guère, avec notamment une Annina vibrante et poitrinante comme rarement entendu.</p>
<p>Mais qu’attendre d’une <em>Traviata</em> en mal de Violetta ? Le contraste quelques jours plus tard, n’en est que plus cruel… Car le 21 avril, la diva roumaine était enfin remise… Dès son entrée sur scène, une évidence: Angela Gheorghiu connaît son héroïne verdienne sur le bout des doigts… Certes le premier acte, dans lequel où elle n’évite pas certaines minauderies, accuse les limites de sa voix (quelques vocalises savonnées ou aigus tirés… et pas de contre-note conclusive dans le « sempre libera » !). Mais pour le reste, elle habite littéralement par son chant moiré et un sens inné du drame la demi-mondaine parisienne. Et l’on ne sait que retenir, d’un « Amami Alfredo » frémissant, des duos avec un James Valenti galvanisé, ou d’un « Addio del passato » à faire pleurer les pierres&#8230; La chanteuse reçoit une ovation méritée aux saluts, d’un public ému aux larmes. On a retrouvé Traviata !</p>
<p> </p>
<p> </p>
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