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	<title>Bruno VARGAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bruno VARGAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS, Elektra — Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/elektra-hambourg-musee-ou-parc-dattraction/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Oct 2015 21:31:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>August Everding aurait-il pu prévoir en 1973 que sa production d’Elektra resterait à l’affiche jusqu’à nos jours ? Cette production – donnée ensuite à Paris en 1974 et 1975 avec entre autres les illustres Nilsson, Ludwig, Rysanek, Varnay – survit encore au Staatsoper d’Hambourg. Choc du temps qui passe, le décor évoque moins aujourd’hui l’antiquité marmoréenne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>August Everding</strong> aurait-il pu prévoir en 1973 que sa production d’Elektra resterait à l’affiche jusqu’à nos jours ? Cette production – donnée ensuite à Paris en 1974 et 1975 avec entre autres les illustres Nilsson, Ludwig, Rysanek, Varnay – survit encore au Staatsoper d’Hambourg. Choc du temps qui passe, le décor évoque moins aujourd’hui l’antiquité marmoréenne voulue par le livret que les décors inventés depuis pour nos loisirs. Ce portique branlant fait penser à ceux des attractions du parc Astérix, et ce château tout en créneaux illuminés de braseros évoque plutôt certaines forteresses de superproductions hollywoodiennes adaptant Tolkien à l’écran. Ainsi, à la couche de poussière s’ajoute un verni laqué de grotesque. Nous sommes certainement chez des monstres de foire, que rendent parfaitement des costumes orientalisants et hideux, probablement déjà hors de propos en leur temps. S’il y eut une direction d’acteur, elle est depuis longtemps tombée dans les limbes. Restent les entrées et les sorties, et les talents variés des interprètes qui viennent visiter ce musée de l’art lyrique.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="439" src="/sites/default/files/styles/large/public/stueck-2532-original.png?itok=FFBz_12y" title="© Halina Ploetz (production originale)" width="468" /><br />
	© Halina Ploetz (production originale)</p>
<p>Il n’y a guère à se plaindre de ce côté. Dans cette production de répertoire, l’Opéra d’Etat de Hambourg aligne son directeur musical <strong>Kent Nagano </strong>qui conduit le Philharmoniker Hamburg dans les excès sonores et les raffinements coloristes de la partition. Flux et reflux de tension suivent les scènes. La valse finale crescendo porte l’épilogue à son juste climax. Les chanteurs et chanteuses de la troupe assurent la totalité des rôles secondaires, avec quelques étrangetés. Ainsi le jeune chilien <strong>Bruno Vargas </strong>doit incarner le vieux serviteur. Il y parvient sans mal, aidé par les frusques qui l’habillent, et une voix profonde. Ce soir-là, le niveau moyen global de l’institution l’emporte sur les pinailleries que l’on pourrait faire : une cinquième servante (<strong>Hellen Kwon</strong>) à la justesse pour le moins problématique ou encore <strong>Robert Künzli</strong> un peu court en Aegisth. <strong>Wihelm Schwinghammer</strong> en revanche, donne à entendre un Oreste impérial, au phrasé stylé. Son chant se déploie autour d’un timbre mat qui sied bien au personnage déterminé qu’il compose. Le trio de femme n’a pas à rougir. <strong>Ricarda Merbeth</strong> (Chrysothemis), <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/entre-freud-et-sophocle">déjà entendue à Paris dans ce même rôle</a>, semble peut-être plus en retrait, comme en service minimum dans cette soirée sans véritable enjeu. Son souffle et ses aigus souverains ne laissent pourtant pas de convaincre. <strong>Mihoko Fujimura</strong> rend honneur à toute la tessiture de Clytemnestre. Pas une note poitrinée dans toute sa scène, et des « warum » sonores et profonds caractérisent ce chant que seule une diction germanique peu idiomatique vient entacher. En Elektra, <strong>Linda Watson</strong> n’a pas à céder la préséance <a href="http://www.forumopera.com/elektra-zurich-ou-es-tu-elektra">devant certaine consœur peut-être plus médiatique mais parfois problématique</a>. L’américaine ne s&rsquo;abandonne jamais à la facilité du cri, même dans les moments les plus tendus, assume toute la tessiture et les tenues de note. Parfois au prix de menus accidents, là un aigu trop bas, ici une note qui bouge autour de sa juste fréquence. Qu’importe ! Cette Elektra inquiète, tempête, caresse… en un mot : elle émeut.</p>
<p>Au milieu de ces satisfactions diverses, un élément a su nous surprendre. On arpentait une antiquité – on n’ose pas dire épave –, on était en divertissement de répertoire, visité, revisité, et subtilement l’inattendu se produisit. Lors de la scène de Clytemnestre, alors qu’elle soliloque devant ses suivantes, l’orchestre chatoie et la petite harmonie pépie. Sur scène, les deux demoiselles murmurent sans cesse dans l’oreille de leur maitresse, distillant le poison du doute et du mépris avant qu’elles ne soient chassées séance tenante. Lien fut ainsi fait entre un détail de la composition et sa signification théâtrale, et ce, d’une manière encore inouïe à nos oreilles. Le musée, ce n&rsquo;est pas que poussière, vieux cadres et vieilles toiles. Parfois on y découvre quelque chose.</p>
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		<title>BERLIOZ, Les Troyens — Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-hambourg-beaucoup-de-sang-pour-presque-rien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2015 05:51:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand le grandiose et l’opulence ne font pas partie de votre vocabulaire scénique, il vous faut trouver d’autres expédients pour donner vie à l’œuvre abordée. Les Troyens tels qu’imaginés par Michael Thalheimer, connu à Paris des spectateurs du théâtre de la Colline, se présentent donc sous un jour minimaliste. Le mur arrière de la scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand le grandiose et l’opulence ne font pas partie de votre vocabulaire scénique, il vous faut trouver d’autres expédients pour donner vie à l’œuvre abordée. <em>Les Troyens </em>tels qu’imaginés par <strong>Michael Thalheimer</strong>, connu à Paris des spectateurs du théâtre de la Colline, se présentent donc sous un jour minimaliste. Le mur arrière de la scène est une paroi qui pivote en son centre. Face pile, elle est en bois et complète un carré élégant et intemporel où vont se succéder les scènes, côté face elle semble d&rsquo;airain. A deux reprises, elle recevra une pluie de sang en référence à la mort spectaculaire de Laocoon puis lors de la prise de Troie. A Catharge, en deuxième partie, une véritable pluie ne parviendra pas à la laver. Une tâche présente à toute heure, et des spectres ensanglantés de sangs noirs depuis trop longtemps coagulés viennent raffermir la décision d&rsquo;Enée. En robe de mariée blanche (et comme prête pour la scène de la folie de Lucia), Cassandre elle-même a plongé ses bras dans du sang sacrificiel. Elle marque les visages de ceux qui périront à Troie. Elle laisse Ascagne et le fil de Vénus immaculés. Beaucoup de sang pour presque rien en définitive. Car tout le travail du Francfortois semble tenir dans ce « rien » : sa mise en scène se veut épure, premier jet, net comme ces billes de peinture rouge que Narbal jette sur les murs pendant la guerre contre les Numides. Servi par de belles ambiances lumineuses, l&rsquo;ensemble est élégant tout autant qu&rsquo;ennuyeux de statisme parfois. Il laisse aux talents divers des interprètes l&rsquo;art de camper leurs personnages et immobilise les chœurs en rang d&rsquo;oignons.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="316" src="/sites/default/files/styles/large/public/lestroyens7.jpg?itok=FniUIskt" title="© Simon Hallström" width="468" /><br />
	© Simon Hallström</p>
<p>Las, la distribution souffre d&rsquo;un défaut majeur : une diction française plus proche de la bouillie de voyelles que d&rsquo;un texte articulé. Cela nuit à la Cassandre de <strong>Catherine Naglestad</strong>. Si son chant ne cesse de convaincre, son personnage peine à vivre, emprisonné dans sa gangue linguistique. Défaut et qualité partagés avec <strong>Kartal Karagedik</strong>, qui lui donne la réplique en Chorèbe. Au wagnérien <strong>Torsten Kerl</strong> est confiée la charge d&rsquo;Enée, rôle considéré comme un des rares du répertoire français écrit pour ténor héroïque. L&rsquo;allemand paraît en porte-à-faux dans la première partie. Ses lignes musicales sont hachées, le timbre est nasal. L&rsquo;écriture des actes carthaginois le mettra plus en valeur. <strong>Petri Lindroos</strong> (Narbal) présente un chant pâteux qui nuit autant à sa diction qu’à la noblesse de son personnage. Satisfaction, nonobstant le français, pour <strong>Christina Gansch</strong> (Ascagne) et <strong>Katja Pieweck</strong> (Anna) aux beaux phrasés. <strong>Markus Nykänen</strong> (Iopas) n’a guère qu’un couplet pour séduire (la partition est amputée de près d’une heure de musique), quand le bel Hylas de <strong>Nicola Amodio</strong> est davantage préservé. Le chilien <strong>Bruno Vargas</strong> (Hector) fait frissonner de peur grâce à l’épaisseur de son timbre. Enfin, échappant au sabir général, <strong>Elena Zhidkova</strong> apporte elle aussi toute son intelligible rigueur, triplée d&rsquo;une présence scénique magnétique et d&rsquo;une parfaite maîtrise du rôle de Didon. Les chœurs sont parfaitement en place, de même que le reste des rôles distribués aux membres de la troupe.</p>
<p>	C&rsquo;est finalement de la fosse que viennent les structures principales qui portent la scène. Le nouveau directeur musical de l’Hamburgische Staatsoper <strong>Kent Nagano</strong> seconde le livret à chaque instant, souligne les détails de la partition, ou les évocations des pupitres. D’une scène à la suivante, les ambiances s’installent sans mal : angoisse et violence à Troie, obscurité lugubre des spectres, lyrisme et élégie dans les jardins carthaginois.</p>
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