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	<title>James VAUGHAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>James VAUGHAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SCHUBERT, Die Winterreise — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/winterreise-rennes-loeuvre-au-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2020 05:20:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce premier soir de couvre-feu, l&#8217;Opéra de Rennes propose un Winterreise chorégraphié par Angelin Preljocaj. Pour Matthieu Rietzler, le directeur de l&#8217;institution qui prend la parole avant le lever de rideau, cette représentation relève « d&#8217;un petit miracle » : celui d&#8217;une série annulée au printemps dernier pour cause de confinement et reprogrammée, petit miracle du travail &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce premier soir de couvre-feu, l&rsquo;Opéra de Rennes propose un <em>Winterreise</em> chorégraphié par <strong>Angelin Preljocaj</strong>. Pour Matthieu Rietzler, le directeur de l&rsquo;institution qui prend la parole avant le lever de rideau, cette représentation relève « d&rsquo;un petit miracle » : celui d&rsquo;une série annulée au printemps dernier pour cause de confinement et reprogrammée, petit miracle du travail des danseurs, parvenant à se plier à des protocoles complexes. Petit miracle enfin de ces deux représentations aux horaires covid compatibles&#8230;</p>
<p>C&rsquo;est le <em>Teatro alla Scala de Milan</em> qui a eu la magnifique idée de commander ce spectacle dans le cadre d&rsquo;un cycle de créations alliant danse et musique de chambre. Le chorégraphe dit s&rsquo;être laissé imprégner par la musique, délaissant l&rsquo;illustration au profit de l&rsquo;évocation, cherchant la « résonance entre la danse et la musique, de la même manière que Schubert lui -même ne cherche pas de correspondance étroite entre texte et expression musicale. ». Il ajoute une poignante poésie visuelle à celle des Lieder superbement interprétés par <strong>Thomas Tatzl</strong>.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="300" src="/sites/default/files/styles/large/public/winterreise_teatro_alla_scala_ballet_company_c_brescia_e_amisano_teatro_alla_scala_4_0.jpg?itok=UTDnoSnE" title="Winterreise © Brescia e Amisano Teatro alla Scala " width="468" /><br />
	Winterreise © Brescia e Amisano Teatro alla Scala </p>
<p>Le chanteur autrichien en propose une version à la fois dense et retenue. Un demi-sourire flotte sur ses lèvres dès le premier Lied, colorant son <em>Gute Nacht</em> d&rsquo;une ironie douce-amère qu&rsquo;il convoque à plusieurs reprises au cours du cycle : le voyageur ne semble pas dupe de ses émotions. L&rsquo;émission est franche, bien ancrée, les graves verticalisés, le timbre riche et charnu, le legato caressant. Quelques aigus se révèlent très légèrement tendus, comme dans <em>Gefror’ne Tränen</em>, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;un détail ; la diction ciselée jubile en consonnes percussives, voyelles pleines et finales précises, même lorsque le texte se fait très exigeant en terme d&rsquo;articulation, comme dans un <em>Rückblick</em> notoirement vivant.</p>
<p>Surtout, dans cette œuvre au noir où se dissout son être, Thomas Tatzl incarne le voyageur avec une suprême élégance, une palette émotionnelle aussi riche que raffinée, de la puissance rageuse d&rsquo;un <em>Stürmische Morgen</em>, au renoncement déchirant du <em>Leiermann</em> en passant par l&rsquo;expressivité douloureuse d&rsquo;<em>Einsamkeit</em>.</p>
<p>Il est en parfaite osmose avec le pianiste<strong> James Vaughan</strong> qui accompagne d&rsquo;une écoute fine et sensible, s&rsquo;impliquant pleinement dans un Irrlicht tout en délicatesse ou encore des Nebensonnen éblouissants.</p>
<p>Ce travail remarquable ne tient pourtant pas le centre de la scène ; les deux artistes sont installés dans la fosse d&rsquo;orchestre puisque c&rsquo;est la danse qui s&rsquo;épanouit sur le plateau, comme la projection d&rsquo;une intériorité torturée. Angelin Preljocaj se joue de la grammaire de la danse classique avec la virtuosité dont il est coutumier pour composer une fresque intense, sensible et pourtant non dénuée d&rsquo;humour, comme dans <em>Im Dorfe</em> où défilent des villageois zombies ou encore dans <em>Die Post</em>, où de simples feuilles noires figurent à la fois la lettre n&rsquo;arrivant pas, le cœur torturé qui l&rsquo;attend mais permettent également à chaque danseur d&rsquo;examiner avec intérêt la radiographie de son partenaire. Car même le chagrin le plus noir n&rsquo;est pas monolithique, à l&rsquo;exemple des costumes crées par le chorégraphe qui jouent des noirs mats et brillants en justaucorps minimalistes, en pourpoints de contes de fées ou en larges jupes japonisantes, comme de toutes les couleurs de l&rsquo;automne.</p>
<p>Angelin Preljocaj a trouvé une alliée de choix en la personne de <strong>Constance Guisset</strong>, designer d&rsquo;objets mais également scénographe d&rsquo;expositions (au MAD, au Musée du Quai Branly) et de spectacles. Un compagnonnage privilégié l&rsquo;unit au chorégraphe pour lequel elle avait déjà réalisé les scénographies du <em>Funambule</em> en 2009, des <em>Nuits</em> en 2013 ou encore de <em>la Fresque</em> en 2017. Elle convoque ici des images puissantes à l&rsquo;exemple de ces cendres noires qui recouvrent le plateau et se font neige lorsqu&rsquo;elles tombent des cintres dans les superbes lumières d&rsquo;<strong>Éric Soyer</strong>. Tout n&rsquo;est plus que cendres dans le paysage intérieur du voyageur et pourtant, musique et danse y tissent la délicatesse infinie des intermittences du cœur : les figures féminines naissent des cendres pour mieux y retourner, deviennent pantins entre les mains de leurs partenaires, tels des souvenirs obsessionnels que l&rsquo;amant délaissé convoquerait sans fin. De magnifiques duos sont doublés par des individus esseulés mimant les même gestes mais n&rsquo;étreignant que le vide&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY">Comme l&rsquo;écrit Marguerite Youcenar dans son <em>Œ</em><em>uvre au noir</em>, ce <em>Winterreise </em>propose de « dilater le cœur humain à la mesure de toute la vie ».</p>
<p align="JUSTIFY">Rennais, nantais et avignonnais pourront retrouver Thomas Tazl dans une nouvelle production de <em>Fledermaus</em> de J. Strauss au printemps prochain, tandis qu&rsquo;il est à souhaiter que <em>Winterreise</em> puisse poursuivre sa tournée en novembre à la Grande Halle de la Villette à Paris ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;Opéra Royal du Château de Versailles puis à Rouen, Mulhouse, Reims, Créteil et Marseille l&rsquo;an prochain.</p>
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		<title>Récital Pretty Yende — Verbier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-pretty-yende-verbier-we-feel-pretty/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2014 06:00:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du concours Operalia en 2011 à ce premier concert au Festival de Verbier, il y a plusieurs étapes que Pretty Yende a su franchir en un sourire, ce même sourire qu&#8217;elle affiche après une entrée dont l&#8217;hésitation n&#8217;est due qu&#8217;aux platform shoes dont elle est chaussée. Quelle drôle d&#8217;idée de s&#8217;être perchée sur des talons &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du concours Operalia en 2011 à ce premier concert au Festival de Verbier, il y a plusieurs étapes que <strong>Pretty Yende</strong> a su franchir en un sourire, ce même sourire qu&rsquo;elle affiche après une entrée dont l&rsquo;hésitation n&rsquo;est due qu&rsquo;aux <em>platform shoes</em> dont elle est chaussée. Quelle drôle d&rsquo;idée de s&rsquo;être perchée sur des talons de plus de 10 centimètres qui la condamnent à l&rsquo;immobilité sous peine de perdre l&rsquo;équilibre ou de se tordre la cheville. L&rsquo;interprétation s&rsquo;en trouve inévitablement entravée tant corps et chant sont indissociables.</p>
<p>Passons outre ces chaussures de diva, si contraire à son tempérament. Pretty Yende sourit et ce sourire, simple, franc bien que timide attire la sympathie et la retient. Le programme du jour visite quatre langues – l&rsquo;italien, le français, l&rsquo;anglais et l&rsquo;espagnol – comme si Pretty Yende voulait montrer sa polyvalence, avec plus ou moins de succès d&rsquo;ailleurs. L&rsquo;italien, l&rsquo;anglais coulent naturellement quand les mots en français sont souvent incompréhensibles. Le sens ici n&rsquo;a pas d&rsquo;importance. Pretty Yende chante tout un peu pareil, c&rsquo;est là son plus grand défaut. Mais la voix a suffisamment d&rsquo;éloquence pour qu&rsquo;on lui pardonne cette faiblesse d&rsquo;expression. Ses affinités n&rsquo;en sont que plus affirmées. Les <em>songs </em>de Victor Herbert, petites mélodies du bonheur, la montrent soudain plus animée. Bellini et Donizetti aiment aussi les couleurs chatoyantes de son soprano et sa longueur de souffle. Rossini, bien que varié, s&rsquo;impose avec moins d&rsquo;évidence. Peut-être parce qu&rsquo;il nécessite plus d&rsquo;imagination que d&rsquo;âme. Puccini, le quatrième Italien de l&rsquo;histoire, n&rsquo;était pas prévu au programme et pourtant s&rsquo;affirme sans  conteste malgré une sévère concurrence. Rarement « O mio babbino caro », magnifié par ce souffle et ce timbre dont nous relevions précédemment la qualité, n&rsquo;a brillé d’autant de feux. Où est la rengaine que nous accueillons habituellement d&rsquo;un bâillement intérieur. Soudain la supplication au « petit Papa chéri » se fait chair, et c&rsquo;est beau !</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/28.07.14-yende-c-alinepaley_0613.jpeg?itok=LET07bf7" title="Pretty Yende © Aline Paley" width="468" /><br />
	Pretty Yende © Aline Paley</p>
<p>Pretty Yende sourit au public qui en fin de concert se lève pour l’acclamer, à son pianiste <strong>James Vaughan</strong>, dont le jeu, intelligent, accompagne autant qu&rsquo;il le peut cette promenade d&rsquo;un langage à l&rsquo;autre. Le français et l&rsquo;espagnol réclament la vocalise mais Pretty Yende, si elle a le suraigu brillant, n&rsquo;est pas une colorature. L&rsquo;agilité et les notes les plus extrêmes marquent la limite de son territoire. Ses forces sont ailleurs, dans une étoffe soyeuse, tissée de plusieurs fils, dans une musicalité naturelle, dans une fraîcheur que l&rsquo;on peut porter au crédit de sa jeunesse et dans ce sourire qui, le récital terminé, continue d&rsquo;éclairer, telles ces étoiles qui, une fois mortes, illuminent encore le ciel.</p>
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