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	<title>Marie-Noëlle VIDAL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Marie-Noëlle VIDAL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine — Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-rouen-debauche-dactions-parasites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 May 2019 06:35:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Venant de composer Eugène Onéguine en état de grâce, Tchaïkovski écrivait dans sa correspondance : Mon opéra s’est écrit tout seul, l’on y trouve rien de voulu, de peiné, aucun casse-tête » et il donne pour la mise en scène une recommandation : qu’elle soit sans luxe et corresponde rigoureusement à l’époque. Cherchant, à l’instar de Tcherniakov, à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Venant de composer <em>Eugène Onéguine</em> en état de grâce, Tchaïkovski écrivait dans sa correspondance : <em>Mon opéra s’est écrit tout seul, l’on y trouve rien de voulu, de peiné, aucun casse-tête </em>» et il donne pour la mise en scène une recommandation :<em> qu’elle soit sans luxe et corresponde rigoureusement à l’époque</em>.</p>
<p>Cherchant, à l’instar de Tcherniakov, à s’emparer du livret pour en illustrer le sous-jacent,  <strong>Marie-Ève Signeyrole</strong> se montre prolifique ! En dépit du souhait du compositeur, l’idée de transposer l’action entre 1999 et 2003 dans une Russie partagée entre opulence et indigence, qui oblige les pauvres à vivre entassés dans des appartements communautaires fonctionne plutôt bien. En revanche, montrer simultanément autant de saynètes périphériques muettes ajoutées, tant de personnages secondaires surjouant comme le grand fils de Filippievna, chargé de porter la lettre, se trémoussant  constamment dans l&rsquo;appartement. Autant d’habillages et de déshabillages&#8230; Et  même, à grand renfort de vidéos, des copulations (Onéguine et Olga) ou de masturbation dans la pénombre (Tatiana), relève d’une boulimie de donner à voir et à penser. Cette surabondance va bien au delà d’un travail de mise en scène d’une œuvre lyrique. La direction d’acteurs de Signeyrole est toutefois excellente. Elle vise – et réussit – à captiver un public qui pourrait –  le croit-elle peut-être à raison – s’ennuyer sans cette débauche d’ajouts visuels, voire auditifs (une chanson de variété russe sur le thème « Je veux un amant comme Poutine », <em>Les Yeux noirs</em> chanté par Filippievna entre le premier et le deuxième acte).</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="336" src="/sites/default/files/styles/large/public/eugene-oneguine-c-marc-ginot-1-854x613.jpg?itok=M0obRcP8" title="© Marc Ginot" width="468" /><br />
	© Marc Ginot</p>
<p>Présentée à Rouen dans une distribution presque entièrement nouvelle, après sa création à <a href="https://www.forumopera.com/eugene-oneguine-montpellier-lennui-naquit-un-jour-dun-excedent-didees">Montpellier </a>en 2014 et sa reprise à <a href="https://www.forumopera.com/eugene-oneguine-limoges-oligarques-de-tous-les-pays-unissez-vous">Limoges</a> en 2016, déjà critiquées dans nos colonnes, nous n’insisterons pas sur l’impressionnant décor ni sur la scénographie embrouillée, si ce n’est pour dire combien ces actions parasites et ces incursions musicales soudaines perturbent le spectateur – y compris dans des moments aussi importants que la scène où Tatiana écrit sa fameuse lettre et dans celui, par ailleurs très bien construit, de la mort tragique de Lenski à la roulette russe.</p>
<p>Du lent prélude introduisant le thème de Tatiana à la poignante scène finale en passant par les passages folkloriques bien dansés, <strong>l’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie </strong>sous la direction du dynamique chef néerlandais <strong>Antony Hermus</strong>, parvient à faire entendre l’expressivité d’une partition évoquant la fluctuation des sentiments dans une parfaite continuité musicale. L’exécution en est très correcte, même si on pourrait souhaiter un supplément « d’âme russe ».</p>
<p>Sans être marquante, la distribution vocale est de bon niveau. Citons d’emblée – car il la domine de loin – l’excellent ténor lyrique <strong>Dovlet Nurgeldiyev</strong>, membre de l’Opéra de Hambourg, qui tient le rôle de Lenski. Dans le fameux air du deuxième acte, il subjugue aussi bien par la beauté de son timbre que par sa puissance émotionnelle. Le rôle titre est servi avec élégance et sobriété par le baryton russe <strong>Konstantin Shushakov. </strong>Le ténor <strong>François Piolino</strong> assure ce qui reste de Monsieur Triquet car le rôle est coupé. Quant à <strong>Wladimir Felyauer, </strong>il est un Prince Grémine assez bien chantant et émouvant avec une voix de basse profonde.  </p>
<p>Côté féminin, deux chanteuses françaises peu mises en valeur dans leurs scènes respectives – <strong>Svletana Lifar</strong> (Madame Larina) et <strong>Marie-Noël Vidal</strong> (Filippievna) – assument sans grand relief leurs parties de mezzos dans les ensembles et les solos. <strong>Evgeniia Asanova</strong> exécute consciencieusement une Olga nymphomane pas vraiment crédible.<strong> </strong>Dans le deuxième acte où on a enfin une mise en scène lisible,<strong> Anzhelika Minasova</strong>, Tatiana à la voix lumineuse et claire, révèle ses réelles qualités de chanteuse et d&rsquo;actrice. </p>
<p>Malgré son parti-pris où – hormis dans les dernières minutes –  le romantisme est étouffé, cette production est chaleureusement applaudie par le public rouennais qui aura apprécié à juste titre l’étonnant travail visuel et l’engagement des artistes.</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-rennes-on-en-redemande/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Feb 2016 05:37:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La mise en scène d&#8217;opéra est un art éphémère – et parfois cela vaut mieux. Mais certaines créations sont si joliment en adéquation avec l&#8217;oeuvre qu&#8217;elles servent qu&#8217;il serait dommage de ne pas les proposer à un maximum de spectateurs. Eugène Onéguine crée à l&#8217;opéra National de Lorraine il y a presque vingt ans, déjà &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La mise en scène d&rsquo;opéra est un art éphémère – et parfois cela vaut mieux. Mais certaines créations sont si joliment en adéquation avec l&rsquo;oeuvre qu&rsquo;elles servent qu&rsquo;il serait dommage de ne pas les proposer à un maximum de spectateurs. <em>Eugène Onéguine</em> crée à l&rsquo;opéra National de Lorraine il y a presque vingt ans, déjà repris à Rennes en 2000, est une réussite totale qui conserve une fraicheur et un charme intacts.</p>
<p><strong>Alain Garichot</strong> a longtemps travaillé à la Comédie Française et sa proposition sert la matière première de l&rsquo;oeuvre avec une scrupuleuse fidélité qui n&rsquo;est pas sans évoquer la manière de la grande Maison. Il dépouille la scène au maximum pour se concentrer sur les émotions intimes de ses personnages dont les portraits sont brossés avec une grande délicatesse. Il faut dire, qu&rsquo;outre ses activités de metteur en scène, Alain Garichot a un goût très vif pour l&rsquo;enseignement et cela se sent dans sa direction d&rsquo;acteur, d&rsquo;un naturel confondant. Ainsi, l&rsquo;innocence de certains personnages pourrait être un écueil qui les enferme dans une certaine mièvrerie. Les deux sœurs, Tatiana et Olga, nous touchent au contraire par leur pureté des élans de leur jeunesse.</p>
<p>Les deux chanteuses font honneur à l&rsquo;école lyrique française ; la mezzo marseillaise <strong>Lucie Roche</strong> a des graves charnus, jamais écrasés qui séduisent particulièrement l&rsquo;oreille et <strong>Marie-Adeline Henry</strong> est tout simplement magnifique, offrant une humanité poignante à cette jeune fille pleine de droiture. Les graves sont toujours aussi soyeux, et, si l&rsquo;artiste a apparemment longtemps lutté avec sa tessiture par le passé, l&rsquo;ensemble du registre est désormais à l&rsquo;avenant, avec des aigus somptueux, des piani délicats et une grande intelligence de la ligne vocale. La scène de la lettre est un moment de grâce porté également par le très joli travail des vents de l&rsquo;Orchestre de Bretagne sous la baguette fine et engagée de Roland Kluttig. (Ailleurs les cordes semblent toujours en réglage, c&rsquo;est bien dommage.)</p>
<p>Lenski est l&rsquo;autre personnage menacé d&rsquo;angélisme par le livret, or <strong>Suren Maksutov </strong>s&rsquo;y révèle profondément attachant. Il connait très bien la partition qu&rsquo;il porte sur de nombreuses scènes européennes, On lui reprochera peut-être en lever de rideau des finales lâchées trop vite, peut-être en raison du trac de cette première, mais que d&rsquo;émotion et de justesse lorsque plus tard – avec des nuances d&rsquo;un grand raffinement- Lenski évoque son enfance !</p>
<p>Face à ces figures de l&rsquo;innocence, l&rsquo;Eugène Onéguine d&rsquo;<strong>Armando Noguera </strong>promène sa sombre mélancolie avec une remarquable élégance. La transformation du dandy indolent en homme dévoré par la passion est particulièrement convaincante, tant scéniquement, avec un jeu qui passe de la retenue à l&rsquo;émotion la plus palpable, que vocalement, grâce à un instrument ductile, franc et parfaitement stable.</p>
<p>Le reste de la distribution sert le propos avec fidélité. <strong>Svetlana Lifar </strong>campe une Madame Larina au timbre charpenté et séduisant, la belle basse pleine de prestance de <strong>Johan Schinkler</strong> remporte également tous les suffrages et <strong>Georges Gautier</strong> joue de sa <em>French touch</em> avec charme tandis que la nourrice de <strong>Marie-Noële Vidal</strong> appellera notre seul bémol.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_0232.jpg?itok=SolCJGXP" title="© Laurent Guizard" width="468" /><br />
	© Laurent Guizard</p>
<p>Dans sa correspondance, Tchaïkovsky appelait de ses vœux « une mise en scène sans luxe, mais qui corresponde rigoureusement à l’époque ». Les costumes très réussis de <strong>Claude Masson</strong> nous plongent donc dans les années 1820, l&rsquo;époque du roman de Pouchkine. Les choeurs de l&rsquo;opéra de Rennes se glissent avec beaucoup d&rsquo;aisance dans ces oripeaux, tout comme ils relèvent le défi de la diction russe.</p>
<p>L&rsquo;action de déroule effectivement dans un décor dépouillé mais puissamment évocateur : pour le premier acte de larges troncs scandent l&rsquo;espace et se perdent dans les cintres ; ils sont un parfait terrain de jeu pour les lumières magnifiques de <strong>Marc Delamézière</strong>. Le second acte n&rsquo;offre plus qu&rsquo;un plateau vide où la lune s&rsquo;impose, résumant d&rsquo;une image pertinente la fatalité à laquelle Tchaïkovsky croyait si fort. Jamais le destin des héros ne semble dans leurs mains, ils en sont les jouets impuissants. De la scénographie à la direction d&rsquo;acteur, des choeurs à l&rsquo;orchestre en passant par le plateau vocal, tout concourt à cette douloureuse prise de conscience avec une maestria enthousiasmante.</p>
<p> </p>
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