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	<title>Roger VIGNOLES - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Roger VIGNOLES - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Bernarda Fink &#8211; Musée d’Orsay — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bernarda-fink-musee-dorsay-paris-un-chant-europeen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2019 22:00:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au fil des ans, le Musée d’Orsay et son petit auditorium sont devenus l’étape parisienne la plus familière pour Bernarda Fink. L’intimité des lieux sied autant à un art tout en sobriété qu’à une voix accusant désormais une certaine fatigue et quelques blancheurs : les pièces de Schubert données en ouverture de programme au lieu de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au fil des ans, le Musée d’Orsay et son petit auditorium sont devenus l’étape parisienne la plus familière pour <strong>Bernarda Fink</strong>. L’intimité des lieux sied autant à un art tout en sobriété qu’à une voix accusant désormais une certaine fatigue et quelques blancheurs : les pièces de Schubert données en ouverture de programme au lieu de <em>l’Arianna a Naxos </em>de Haydn initialement prévue ménagent d’ailleurs un début en douceur, où l’instrument peut se chauffer sans s’éprouver. « Auf dem See », au contact de cet instrument mûri, ne nous plonge certes pas dans les affres d’un romantisme échevelé, pas plus qu’il ne faudra chercher, dans « Auf der Riesenkoppe », quelque illustration sonore du <em>Voyageur contemplant une mer de nuages </em>de Caspar David Friedrich. Ce Schubert qui tient la main à Mozart plus fermement qu’il n’ouvre la porte à Schumann s’épanouit dans « An die Nachtigall », superbe pièce de jeunesse qui rayonne ici dans tout l’éclat de son classicisme crépusculaire.</p>
<p>On aurait pu attendre un contraste total avec les pièces de Wolf programmées juste après ; c’est pourtant le mot « classicisme » qui, une fois de plus, s’impose quand il s’agit de décrire les plaintes énamourées de « Wunden trägst du » ou l’éveil sensuel de « Bedeckt mich mit Blumen », interprétés ici avec une économie de moyens sachant éviter toute tiédeur, quand elle révèle avec tellement d’évidence les trésors d’harmonie déployés par cette écriture incomparable. Si la souplesse de la voix est mise à l’épreuve dans les lignes heurtées « Die Ihr schwebet um diesen Palmen », les miniatures extraites de l’<em>Italienisches Liederbuch </em>dévoilent tout sans rien montrer, portées par un sens des mots comme celui-là, qui n’a rien besoin d’appuyer, pas même les effets comiques de « Mein Liebster hat zu Tische mich geladen ». Au piano, <strong>Roger Vignoles</strong> s’amuse en singeant les arpèges boiteux d’un piètre violoniste, mais qu’on ne s’y trompe : ce pianiste anticipe et épouse la moindre inflexion de la voix, seconde d’instinct chaque moirure du timbre, confirme en somme que les grands accompagnateurs sont inestimables.</p>
<p>Cet art de Bernarda Fink, celui de la sobriété et de l’universalité des œuvres, qui les embarque toutes dans une même esthétique faite de probité rigoureuse, ne risquait-t-il pas d’aplanir les pièces plus typiques prévues en deuxième partie ? Dvorak, Rodrigo et Ginestra, chantés ainsi, pourraient certes ressembler à de lointains cousins, unis par ce mélange de latinité et d’esprit germanique mâtiné d’influences slaves qui est peut-être l’incarnation d’un certain style européen. L’art, si maîtrisé, le goût, tellement exquis, restent incomparables : on guettera la prochaine étape parisienne !</p>
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		<title>Récital Marie-Nicole Lemieux — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marie-nicole-lemieux-montpellier-un-plaisir-contagieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Nov 2018 08:20:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Marie-Nicole Lemieux a ses fans à Montpellier et ils étaient au rendez-vous pour ce récital où, accompagnée par l’excellent Roger Vignoles, elle chantait Goethe et Baudelaire. La première partie s’ouvre et se referme sur le même poème,  « Kennst du das Land », d’abord mis en musique par Robert Schumann puis par Hugo Wolf. Ce pays lointain &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> a ses fans à Montpellier et ils étaient au rendez-vous pour ce récital où, accompagnée par l’excellent <strong>Roger Vignoles</strong>, elle chantait Goethe et Baudelaire. La première partie s’ouvre et se referme sur le même poème,  « Kennst du das Land », d’abord mis en musique par Robert Schumann puis par Hugo Wolf. Ce pays lointain est-il un souvenir ou une construction de l’imagination ? La voix qui s’élève est celle du désir, un désir que l’évocation toujours plus complète de cet univers merveilleux renforce au point qu’il deviendra, à la fin, une demande impérative. Cette gradation, Marie-Nicole Lemieux l’exprime avec une justesse dans la nuance qui ne se démentira pas de tout le concert et conjure aussitôt la crainte que l’interprète se laisse déborder, comme on a pu le lui reprocher parfois, par la générosité de son tempérament extraverti. Elle prend d’ailleurs soin de canaliser l’interaction avec le public en fixant les moments où l’auditoire pourra réagir et ainsi l&rsquo;aider à percevoir mieux la cohérence du programme.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="327" src="/sites/default/files/styles/large/public/marienicolelemieux_0.jpg?itok=9WKohGGJ" title="Marie-Nicole Lemieux © dr" width="468" /><br />
	Marie-Nicole Lemieux © dr</p>
<p>On qualifie souvent Goethe et Baudelaire de « romantiques » mais l’examen des titres retenus montre que l’adjectif recouvre des réalités bien différentes. Si le <em>Lied der Suleika</em> peut se rattacher directement à la vie du poète puisqu’il a été écrit par une femme qu’il a aimée, si <em>Wonne der Wehmut</em>, <em>Harfners Lied</em>, <em>Über allen Gipfeln ist Ruh</em>  sont peut-être l’expression directe de sentiments éprouvés, les autres textes sont des compositions dont les références, antiques ou médiévales, sont communes à l’auteur et à ses contemporains cultivés. En revanche tous les poèmes de Baudelaire sont le fruit de ses affects et se réfèrent exclusivement à sa vie personnelle, soit dans sa situation d’artiste incompris – <em>L’albatros </em>– soit à travers ses perceptions – <em>Chant d’automne </em>– soit à travers ses états d’âme – <em>Recueillement</em> – ou ses souvenirs transfigurés – <em>La vie antérieure</em>.</p>
<p>Marie-Nicole Lemieux sait faire siens les textes ; ainsi les moins personnels se chargent aussi de l’émotion que la musique a pour objectif de traduire et dont elle cherche à les parer. A cet égard, l’apport du lied d’Hugo Wolf est très éclairant, car aux élans calibrés de Robert Schumann répond une présence toujours plus perceptible du piano, dont la montée en puissance rend merveilleusement compte de celle du désir. Roger Vignoles dose en virtuose les ondes du crescendo jusqu’au débordement, sans compromettre l’impact de la voix. Il faut dire que les restes d’une bronchite, s’ils amènent la cantatrice à toussoter entre deux mélodies, n’altèrent en rien le moelleux du timbre, la souplesse de l’émission et la vigueur de la projection, qu’on a retrouvés intacts  dès les premiers instants. L’accord entre les deux artistes, immédiat, s’épanouit dans les trois lieder de Schubert, pour lesquels le pianiste impose des tempi indiscutables, pour l’enjoué <em>Der Musensohn</em> comme pour l’ambigu <em>Ganymede </em>et le passionné <em>Gretchen am Spinnrad</em>, dont Marie-Nicole Lemieux exalte la sensualité sur le rythme obsédant du piano. Cet accord est à nouveau éclatant pour <em>Die Trommel gerühret</em>, l’air où Claire imagine ce qu’elle ferait si elle pouvait suivre son bien-aimé au combat, avant de conclure : quel bonheur d’être un homme ! Le parti-pris d’en faire une revendication grondante de frustration et de colère est parfaitement soutenu, mais il prive l’air d’une ambigüité – est-ce sérieux ? est-ce parodique ? – qui nous semble préférable, à le remettre dans le contexte de la scène d’<em>Egmont</em>.  Indiscutable en revanche le charme prenant des deux mélodies de Fanny Hensel-Mendelssohn, où le chant se fait modulation suggestive, porteuse d’un aveu, d’un constat et d’une promesse équivoque.</p>
<p>Oserons-nous l’avouer ? Les vers de Baudelaire contiennent pour nous tant de musique que même les compositions les plus célèbres nous laissent souvent sur notre faim, tant les moyens déployés nous semblent échouer à enrichir encore ces textes merveilleux. Hormis une <em>Mort des amants </em>signée Gustave Charpentier, où le compositeur déploie une emphase qui nous semble hors de propos avec la confidence chuchotée dont le poète nous fait témoins, et le rare <em>Les Hiboux </em>pour lesquels Déodat de Séverac a su trouver une sobriété qui s’accorde à l’inspiration pascalienne, les autres compositions sont devenues des classiques. N’empêche que même Gabriel Fauré nous semble passer à côté du <em>Chant d’automne</em>, une autre confidence, ou un soliloque qui devrait éviter toute grandiloquence, alors qu’il y recourt justement pour <em>Hymne, </em>où immortalité rime avec éternité. <em>L’Albatros </em>est une déclaration, sinon une proclamation, où Baudelaire se dépeint, et les artistes maudits avec lui, à travers l’oiseau métaphorique. Ernest Chausson le fait voler sans boursouflure, et Marie-Nicole Lemieux conserve la mesure même dans la pantomime de l’oiseau sur le pont. Lui succèdent deux Debussy qui révèlent chez lui une profonde compréhension des textes. Le sens latent du poème <em>Le jet d’eau</em> a été depuis longtemps décrypté, avec sa charge érotique que la version alternative du refrain a peut-être contribué à éclaircir ; la tension permanente, la répétition, l’épanouissement progressif, autant d’ingrédients que la cantatrice rend sensibles par la fermeté de la voix, la recherche des couleurs et l’exaltation sonore. La réussite est au même niveau pour le sublime sonnet <em>Recueillement</em>, où le musicien s’applique humblement à épouser non seulement le sens des vers mais aussi leur construction, et à faire de sa musique l’écho de celle du poète. Le récital s’achève sur deux adaptations célèbres de Henri Duparc, <em>L’invitation au voyage </em>et <em>La vie antérieure</em>. Le premier texte boucle la boucle avec le pays lointain et désiré, chanté en début du concert, aussi aurait-on vu sa place en dernier. La mélodie est assez connue pour faire partie de ces airs qu’on a retenus ; mais elle ne nous a jamais vraiment subjugué, peut-être parce qu’elle s’enfle aux dimensions du vaste tableau de la deuxième strophe – la troisième du poème – comme si l’invitation était de regarder un paysage réel, alors qu’il s’agit pour nous, là encore, d’un discours peut-être chuchoté, comme on berce, pour orienter l’imagination et la rêverie vers un paradis où vivre ensemble. Marie-Nicole Lemieux, évidemment, enfle la voix comme prescrit, elle n’en peut mais. Curieusement du reste le paysage évoqué dans <em>La vie antérieure </em>pourrait s’accompagner d’envolées puissantes, car le vocabulaire suggère immensité et puissance, au moins dans les deux premières strophes. Mais pour sonore qu’il soit, le mouvement des houles s’enroule sur lui-même et la musique s’apaise pour mourir avec la confidence énigmatique qui clôt le poème.</p>
<p>Au public majoritairement enthousiaste deux bis : <em>Le flacon</em>, de Baudelaire sur une musique de Léo Ferré, dont marie-Nicole Lemieux reproduit le phrasé et les inflexions, et, pour rester dans le programme, la version française de <em>Kennst du das Land</em> « Connais-tu le pays où fleurit l’oranger ». C’est dans l’émotion que les artistes saluent : ce concert était le dernier de leur mini-tournée. On est heureux de voir que la lauréate du Concours Reine Elisabeth de Belgique a renoué avec son premier amour. Son plaisir était contagieux !</p>
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		<title>Křenek &#8211; Reisebuch aus den österreichischen Alpen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/krenek-reisebuch-aus-den-osterreichischen-alpen-des-alpes-en-manque-de-relief/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Nov 2016 07:07:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Être compositeur de Lieder en Autriche après Schubert et Mahler est loin d&#8217;être une mince affaire, et Ernst Křenek est le premier à s&#8217;en rendre compte. « Nous pouvons apprendre de lui (Schubert) la plus grande vivacité, c&#8217;est à dire une constante variabilité et une subtile finesse dans l&#8217;expression avec la plus grande économie de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Être compositeur de Lieder en Autriche après Schubert et Mahler est loin d&rsquo;être une mince affaire, et Ernst Křenek est le premier à s&rsquo;en rendre compte. « <em>Nous pouvons apprendre de lui (Schubert) la plus grande vivacité, c&rsquo;est à dire une constante variabilité et une subtile finesse dans l&rsquo;expression avec la plus grande économie de moyens. Une modulation en mineur est chez Schubert tout de même un évènement musical décisif</em> », écrit le compositeur tchèque installé à Vienne. Aussi, il n&rsquo;est pas étonnant d&rsquo;apprendre que ce dernier rédigera sa thèse avec pour postulat le fait que l&rsquo;atonalité ne passe pas nécessairement par un constat de l&rsquo;épuisement du langage tonal. Cette assertion est d&rsquo;autant moins étonnante quand on sait que Křenek aura flirté toute sa vie avec des modes d&rsquo;expressions aussi divers que la polyphonie de la Renaissance, le Lied allemand (le cas ici), le dodécaphonisme le plus strict ou encore le jazz et la musique de cabaret. </p>
<p>Mais venons en au sujet de ce <em>Reisebuch aus den österreichischen Alpen</em> (en français <em>Carnet de voyage dans les Alpes autrichiennes</em>). Il est la réaction directe du compositeur à un voyage effectué en juin 1929, qualifié par lui même de « <em>pèlerinage aux sanctuaires de la nature et de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Autriche</em> ». Composé en à peine vingt jours, le cycle comporte vingt numéros divisés en quatre parties. Ce sont autant de petites miniatures livrant les impressions de Křenek sur ce qui l&rsquo;entoure : les montagnes, les camions de la poste, la pluie, les auberges ou les touristes. Nous le disions avant, le langage utilisé ici est volontairement dérivé de celui de Schubert, selon le principe d&rsquo;une mélodie accompagnée. Cependant, Křenek se plaît à nous rappeler qu&rsquo;il est un homme de son temps, usant de la dissonance, du pastiche ou de la musique de cabaret à des fins comiques. </p>
<p>Avec ce cycle, c&rsquo;est comme si l&rsquo;auditeur lisait les cartes postales du compositeur. Tout sent bon les sapins et les bonbons au miel, on imagine très bien le petit village d&rsquo;Hallstatt déposé à même la montagne au bord du lac, on se laisse bercer par le doux mouvement du train et on s&rsquo;endort. </p>
<p>Sans vouloir qualifier l&rsquo;œuvre de Křenek soporifique, on regrette de temps à autre un manque de poigne ou d&rsquo;inventivité dans l&rsquo;écriture. Bien sûr, quelques pages font sourire voir même franchement rigoler (<em>Verkehr</em> ou <em>Alpenbewohner</em> qui fait l&rsquo;effet d&rsquo;une anticipation du film <em>Les bronzés font du ski</em>), d&rsquo;autres sont déjà plus différenciées (<em>Friedhof im Gebirgshof</em>, un glaçant <em>Politik</em> qui anticipe le conflit à venir ou un très curieux <em>Epilog</em>), mais rien ne semble génialement original. On se souvient alors avec nostalgie des œuvres scéniques telles que <em>Schwergewicht</em>, <em>Das geheime Königreich</em> et bien sûr l&rsquo;éclectique <em>Johnny spielt auf</em>. </p>
<p>Que penser ensuite de ces quatre mélodies de Zemlinsky ? Elles sont très charmantes mais arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe tant elles ont peu de rapport avec l&rsquo;esthétique du compositeur précédent. De plus, elles ne sont pas non plus ce que Zemlinsky a écrit de mieux. La littérature vocale de Křenek est tout de même suffisamment abondante que pour compléter ce <em>Reisebuch</em> de manière cohérente, non?</p>
<p>La musique est servie par deux interprètes de qualité. D&rsquo;un côté, le baryton <strong>Florian Boesch</strong> nous offre une lecture propre et précise de l&rsquo;œuvre. On distingue chaque mot et le chanteur use même de son accent autrichien pour souligner le côté champêtre de certaines pièces (<em>Unser Wein</em>, un hommage direct à Schubert). Sa tessiture n&rsquo;étant pas mise à rude épreuve (tous les lieder sont transposés), l&rsquo;émission n&rsquo;est jamais tendue et le son est toujours agréable. Il en va de même pour son acolyte <strong>Roger Vignoles</strong>, dont le jeu est agréablement distingué. Mais les deux interprètes accusent le même défaut que le compositeur, ou plutôt soulignent ce que nous regrettions déjà. Ici non plus, rien de foudroyant dans l&rsquo;interprétation. Ce n&rsquo;est certes pas le but du cycle, mais l&rsquo;escalade des rares audaces du compositeurs semble être abordée à reculons. On en vient à se demander si ce n&rsquo;est pas la prise de son qui a atténué les contrastes sonores. </p>
<p>Malgré toute leur classe et leur chic, ces Alpes autrichiennes manquent encore un peu de relief pour combler pleinement nos attentes.</p>
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