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	<title>Lluis VILAMAJÓ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>HAENDEL, La resurrezione — Paris (Philharmonie)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Mar 2016 05:52:53 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant toute chose, il nous faut saluer l’heureuse initiative de La Philharmonie de Paris qui, après <em>La Passion selon saint Matthieu</em> dirigée par John Eliot Gardiner le Vendredi Saint, sortait des sentiers battus – aussi magnifiques soient-ils – en programmant samedi la flamboyante <em>Resurrezione </em>de Haendel. Cet oratorio, le second de style italien, témoigne d’une maturité exceptionnelle chez un musicien de vingt-trois ans dont l’invention sans cesse renouvelée tient du prodige. Le Saxon semble se griser de ses propres dons et nous en met plein les oreilles, avec un mélange d’exubérance et de hardiesse irrésistible. Commanditaire de ce chef-d’œuvre qui sera créé avec de fastueux décors dans son palais romain le 8 avril 1708, le marquis Francesco Maria Ruspoli met à la disposition de Haendel un orchestre de plus de 45 musiciens dont le concertino de violons, emmené par Corelli, aligne à lui seul une vingtaine d’archets &#8211; des moyens faramineux dont il ne bénéficiera quasiment plus jamais au cours de sa carrière. Le compositeur s’en donne à cœur joie, imaginant un air avec quatre parties de violons, un autre mêlé d’un <em>concerto grosso</em> avec hautbois quand il ne convoque pas, en sus des cordes, un <em>traverso</em>, une gambe et un théorbe pour accompagner la voix du ténor&#8230;</p>
<p><strong>Jordi Savall</strong> renonce à cette abondante section de cordes et <strong>Le Concert des Nations</strong> ne comporte, tous pupitres confondus, que vingt-six instrumentistes. D’autres chefs avant lui ont abordé <em>La Resurrezione </em>avec un effectif comparable, mais rien ne laissait présager l’approche, résolument chambriste et même intimiste, du Catalan qui bouscule nos habitudes d’écoute et l’empêche aussi d’embrasser la diversité des <em>affetti</em> superbement caractérisés par Haendel. Minée par un casting qui nous plonge dans des abimes de perplexité, la joute spectaculaire de l’Ange et de Lucifer ne pouvait que tourner court. Alors qu’on cherche en vain les ailes du premier, campé par le soprano, d’une tenue impeccable, mais si charnel et impérieux d’<strong>Emöke Baráth</strong>, le clair et doux baryténor de <strong>Furio Zanasi</strong> doit assumer l’ambitus de Lucifer, basse longue et ductile, avec un résultat, hélas, prévisible : les graves se dérobent et privé de substance, l’Archange de lumière n’est plus qu’une silhouette inoffensive. </p>
<p>La fougue, l’éclat de certains mouvements n’inspirent guère Jordi Savall, d’une humeur trop égale pour rendre justice à ces pages extraverties. Ses options en matière de <em>tempo</em> ou de dynamique se révèlent plus d’une fois déroutantes, quand elles n’entrent pas en contradiction avec le texte poétique et musical. Si des limites techniques au sein du Concert des Nations peuvent éventuellement expliquer certains choix, tout n’est pas une question de virtuosité. Ainsi, pourquoi atténuer les traits descendants des violons dans l’air de saint Jean « Così la tortorella », où ils doivent, au contraire, jouer <em>forte </em>et muscler leurs coups d’archet pour nous surprendre et suggérer « l’oiseau féroce » et menaçant qui fond sur le nid de la tourterelle ? Le geste parfois s’affermit et Savall imprime un bel élan à son orchestre (« Naufragando va per l’onde » de Marie-Cleofas), mais alors c&rsquo;est la soliste, vocalise molle et projection confidentielle, qui n’est pas au rendez-vous. A sa décharge, <strong>Marta Fumagalli</strong> (Marie-Cleophas) assure un remplacement de dernière minute, lequel explique sans doute aussi qu’elle prive de poids les mots du sublime « Piangete, sì, piangete ».</p>
<p>En revanche, quand il s’agit de peindre l’affliction de Marie-Cleophas et de Marie-Madeleine ou encore d’incarner la foi rayonnante de saint Jean, Jordi Savall déploie des trésors de délicatesse et des phrasés de rêve où le naturel de la respiration épouse les moindres inflexions du discours. Destinée au soprano plutôt central de Margherita Durastanti, créatrice notamment du rôle-titre d’<em>Agrippina </em>dont les contemporains louaient le tempérament dramatique, la partie de Marie-Madeleine hérite ici de l’organe très frais, mais fragile de <strong>Hanna Bayodi-Hirt</strong>, laquelle, toutefois, rivalise de sensibilité avec <strong>Lluís Vilamajó, </strong><em>ténorino </em>évanescent et a priori égaré en saint Jean (« Ecco il sol ch’esce dal mar »), mais orfèvre habile et captivant (« Caro figlio »). Tout le lait de la tendresse humaine : c’est ce que Jordi Savall semble avoir voulu retenir de <em>La Resurrezione</em> et qu’il exprime sans doute mieux que personne. Peut-être est-ce également la raison de l’accueil triomphal qu’un public nombreux réserve aux artistes à l&rsquo;issue du concert, d&rsquo;ailleurs couronné d&rsquo;un <em>bis </em>choral.</p>
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