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	<title>Vittoriana DE AMICIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Vittoriana DE AMICIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, L&#8217;Italiana in Algeri &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-litaliana-in-algeri-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pesaro, Piazza Lazzarini, 19h30. Un combi Volkswagen coloré pousse son dernier souffle devant le Teatro Rossini. Dans un nuage de fumée, s’extirpent du véhicule au son d’ABBA (Dancing queen) quatre drag queens, suivies d’une cinquième coiffée d’un large chapeau : ce sont Isabella et ses girls, immédiatement appréhendées par la guardia civil. Le ton est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pesaro, Piazza Lazzarini, 19h30. Un combi Volkswagen coloré pousse son dernier souffle devant le Teatro Rossini. Dans un nuage de fumée, s’extirpent du véhicule au son d’ABBA (Dancing queen) quatre drag queens, suivies d’une cinquième coiffée d’un large chapeau : ce sont Isabella et ses girls, immédiatement appréhendées par la <em>guardia civil</em>.</p>
<p>Le ton est donné, la soirée sera haute en couleurs – couleurs de l’arc-en-ciel bien entendu ! Il faut d’ailleurs une certaine dose d’auto-dérision de la part de <strong>Daniela Barcellona</strong> pour camper une <em>Italiana</em> trans jouant de sa taille et de son physique, tel le regretté Terence Stamp dans <em>Priscilla folle du désert</em>.</p>
<p>« Tutti mi chiedono », chante l’héroïne de l’opéra buffa le plus déjanté qu’ait composé Rossini. <strong>Rosetta Cucchi</strong> l’a compris. Où qu’elle passe, Isabella crée l’émoi auprès de la gent masculine. Mustapha justement recherche une femme avec plus de caractère que son épouse actuelle. On lui a vanté les mérites des « Italiennes ». Et cette vision particulière de l’italianité sera célébrée dans un « Pensa alla patria » militant, tout à la fois hymne débridé à la diversité et rappel des combats pour les droits des minorités par le biais d’images d’archives projetées en fond de scène.</p>
<p>Le concept transgressif de départ aurait pu paraître déplacé, plaqué artificiellement sur l’œuvre comme dans bon nombre de mises en scène actuelles, mais ici le résultat est désopilant. Au-delà de l’idée de base – les drags qui font voler en paillettes le monde discriminant de Mustafa –, Rosetta Cucchi n’a pas oublié de truffer l’intrigue de gags, toujours en phase avec la musique. S’il n’en fallait retenir qu’un, ce serait assurément les « papataci » de douleur mugis par Mustafa lorsqu’en guise de cérémonie initiatique, une drag lui épile le torse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC6109-6-1294x600.jpg" />© Amati Bacciardi</pre>
<p>La distribution réunie ce soir est dominée par le Mustafa de <strong>Giorgi Manoshvili</strong>. On découvre à cette occasion le potentiel comique de la basse géorgienne, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-attila-fidenza/">Attila impressionnant à Parme en début de saison</a> et Assur proche de l’idéal dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-rouen/"><em>Semiramide</em> à Rouen en juin dernier</a>. Au-delà de sa <em>vis comica</em>, ce qui fascine chez ce chanteur c’est le timbre profond, homogène sur toute la tessiture, la souplesse, la puissance et surtout la probité stylistique qui n’est en aucun cas synonyme d’ennui – au contraire !</p>
<p>Moins orthodoxe, mais non moins excitante, est la performance de Daniela Barcellona, inénarrable en épigone de Divine (l’icône queer des années 1970). L’inégalité des registres est utilisée dans une juste mesure, avec suffisamment de parcimonie pour ne pas sombrer dans la vulgarité. « Per lui ch’adoro » voudrait plus d’onctuosité – ce que les italiens appellent « morbidezza », sans équivalent exact dans la langue française – mais l’agilité, exercée au contact répété du répertoire rossinien depuis près de trente ans, reste stupéfiante et vaut à son « Pensa alla patria » – et à son Isabella d’une manière plus générale – une ovation de la part du public.</p>
<p>Le Taddeo de <strong>Misha Kiria</strong> (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-il-trittico-paris-bastille/">Gianni Schicchi à l’Opéra de Paris</a> en avril dernier) impressionne autant par le volume de sa voix que par sa stature. Tout juste regrettera-t-on dans les ensembles que cette voix de stentor écrase quelque peu ses camarades.</p>
<p>En revanche le Lindoro de <strong>Josh Lovell</strong> apparaît en méforme évidente. Fatigue de fin de festival (il s’agit de la dernière représentation de la série) ? Le ténor canadien chante comme sur des œufs, esquisse certaines ornementations et ne peut éviter quelques accidents.</p>
<p>On retrouve enfin en Elvira, Zulma et Haly les interprètes des <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-soirees-musicales-la-cambiale-di-matrimonio-pesaro/">Soirées musicales</a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-soirees-musicales-la-cambiale-di-matrimonio-pesaro/"> interprétées la veille</a> (<strong>Vittoriana de Amicis</strong>, <strong>Andrea Niño et Gurgen Baveyan</strong>), tels qu’en eux-mêmes : voix légères, en quête du caractère que leur apportera – souhaitons-le – la maturité et l’expérience de la scène.</p>
<p>Le chœur du Teatro Ventidio Basso, en version masculine, est invité comme les protagonistes à moult travestissements sans que ces changements de costume n’affectent la cohérence de l’ensemble.</p>
<p>De retour à Pesaro depuis quelques saisons (après avoir été un temps supplanté par les forces de la Rai), l’Orchestra del Teatro Comunale di Bologna s’ébat avec joie dans une partition qui ne l’épargne pourtant pas – l’exigence rossinienne de virtuosité s’étend aussi aux instrumentistes. En passant de la scène à la fosse, <strong>Dmitry Korchak</strong> ajoute une corde à son arc. Tempi capricieux, accélérations inopportunes sources de décalage, sans doute pour créer artificiellement une impression de folie (quand l’horlogerie rossinienne demande à ne pas être déréglée pour fonctionner au mieux), on avoue – pour le moment – être plus convaincus par le ténor que par le chef d’orchestre.</p>
<p>Antoine Brunetto / Christophe Rizoud</p>
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		<title>ROSSINI, Soirées Musicales / La cambiale di matrimonio &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-soirees-musicales-la-cambiale-di-matrimonio-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un drôle d’attelage que le Festival Rossini de Pesaro propose ce soir, en couplant Soirées Musicales (recueil de mélodies) avec Il cambiale di matrimonio (opéra en 1 acte). Les Soirées musicales sont un recueil de mélodies publié par Rossini en 1835, comportant 8 mélodies solo et 4 duos, n’ayant pas de lien entre elles, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div data-olk-copy-source="MessageBody">C’est un drôle d’attelage que le Festival Rossini de Pesaro propose ce soir, en couplant <em>Soirées Musicales</em> (recueil de mélodies) avec<em> Il cambiale di matrimonio</em> (opéra en 1 acte).</div>
<div></div>
<div>Les <em>Soirées musicales</em> sont un recueil de mélodies publié par Rossini en 1835, comportant 8 mélodies solo et 4 duos, n’ayant pas de lien entre elles, si ce n&rsquo;est les auteurs des textes, Pietro Metastasio et Carlo Pepoli. La plus célèbre d’entre elles est sans conteste la star des bis, <em>La danza</em>. Les formes sont d&rsquo;ailleurs variés, de la barcarole au bolero en passant par la tyrolienne ou la tarentelle.</div>
<div></div>
<div>La particularité de la proposition de ce soir (outre de les présenter en une seule traite) est d&rsquo;offrir  une version orchestrée de ces mélodies, accompagnées originellement au piano.</div>
<div></div>
<div>Dans ces mélodies, le ténor <strong>Paolo Nevi</strong> et la soprano <strong>Vittoriana de Amicis</strong> se partagent les mélodies solo, n’étant rejoints brièvement par <strong>Gurgen Baveyan</strong> (baryton) et <strong>Andrea Niño</strong> (mezzo) que pour les duos.</div>
<div></div>
<div>Parmi la distribution réunie ce soir, composée de jeunes chanteurs intervenant par ailleurs dans d’autres œuvres programmées cette année par le festival (on retrouvait les trois derniers le lendemain dans <em>L’Italiana in Algeri</em>), <strong>Paolo Nevi</strong> est celui qui fait la plus forte impression: déjà remarqué la veille dans ses brèves interventions en Eacide dans <em>Zelmira,</em> le ténor semble souvent contenir ses moyens conséquents dans les miniatures proposées. Voilà un chanteur prometteur ! La soprano, elle, est piquante, mais nous avouons préférer une voix de ténor dans la fameuse <em>danza</em>.</div>
<div></div>
<div>Après l’entracte, changement d’ambiance total avec la farce en un acte <em>La cambiale di matrimonio</em>, premier opéra créé par Rossini en 1810 à Venise.</div>
<div></div>
<div>Il s’agit de la reprise d’une production imaginée par <strong>Laurence Dale</strong> en 2020, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/giovanna-darco-la-cambiale-di-matrimonio-pesaro-un-decor-envahissant/">déjà décrite avec force détails par Maurice Salles</a> lors de sa création (mais avec un couplage différent). Nous renvoyons d’ailleurs à son article pour la description détaillée de l’intrigue, on ne peut plus simple : par intérêt financier, un barbon (Tobia Mill) veut marier sa fille soprano (Fanny) à un baryton arrivant du Canada (Slook), alors qu’elle est amoureuse d’un ténor (Milfort).</div>
<div></div>
<div>La façade de la demeure victorienne qui accueille le spectateur est pleine de surprises, s’ouvrant, dévoilant différentes pièces, et animant avec une certaine maestria le spectacle. Nous ne serons pas aussi sévère que notre confrère sur les ajouts du metteur en scène et avouerons avoir souri aux facéties du plantigrade arrivé avec le sieur Slook du Canada. De même le jeu est très enlevé, profitant des qualités comiques indéniables des chanteurs, en particulier de <strong>Pietro Spagnoli</strong> (Tobia Mill), qui illumine le spectacle par sa verve communicative et sa science de chant rossinien. C’est drôle, superbement bien chanté, en un mot, irrésistible.</div>
<div></div>
<div>Il trouve un partenaire et adversaire à sa taille avec <strong>Mattia Ollivieri</strong> (Slook). Au-delà d’une silhouette élancée et d’un physique fort agréable (ce dont joue la mise en scène), le baryton campe un canadien dont les premiers abords un peu rustres cachent intelligence et empathie. La voix claire et puissante sait se plier aux circonvolutions vocales chères au maître de Pesaro.</div>
<div></div>
<div>On est moins séduits par la Fanni de <strong>Paola Leoci</strong>, non pas à cause d’une quelconque défaillance, la tessiture et la technique belcantiste étant sans conteste parfaitement maîtrisées. Il manque cependant un zeste de charme, de volupté dans le timbre de cette jeune fille amoureuse. <strong>Jack Swanson</strong> a bien peu à se mettre sous la dent en amoureux transi (Milfort), mais il le fait très bien, avec un moelleux fort appréciable.</div>
<div></div>
<div>Le couple de domestiques (<strong>Ramiro Maturana</strong> et <strong>Inés Lorans</strong>) est charmant, cette dernière interprétant avec beaucoup de pétulance son aria « Anch’io son giovane ».</div>
<div></div>
<div>Après un concert Pertusi qui nous avait inquiétés, la Filarmonica Gioachino Rossini semble transfigurée ce soir, que ce soit au niveau de la virtuosité ou de la couleur des instruments soli. La direction dynamique mais jamais précipitée de <strong>Christopher Franklin</strong> se coule avec aisance que ce soit dans les mélodies ou dans la farce.</div>
<div></div>
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		<title>ROSSI, La casa disabitata &#8211; Fano</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossi-la-casa-disabitata-fano/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Aug 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Il Birraio di Preston, de Luigi Ricci, et Cecchina suonatrice di ghironda, de Pietro Generali, &#160;la troisième édition du «&#160;Festival Nazionale&#160; Il Belcanto ritrovato » propose cette année un opéra de Lauro Rossi, La casa disabitata, en français La maison inhabitée. Créée en 1834 à La Scala l’œuvre fut remaniée en 1844 pour Turin&#160; &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Il Birraio di Preston</em>, de Luigi Ricci, et <em>Cecchina suonatrice di ghironda, </em>de Pietro Generali, &nbsp;la troisième édition du «&nbsp;Festival Nazionale&nbsp; <em>Il Belcanto </em>ritrovato » propose cette année un opéra de Lauro Rossi, <em>La casa disabitata</em>, en français <em>La maison inhabitée.</em> Créée en 1834 à La Scala l’œuvre fut remaniée en 1844 pour Turin&nbsp; et sous le titre <em>I falsi monetari </em>– <em>Les faux monnayeurs </em>– resta au répertoire pour une cinquantaine d’années.</p>
<p>Ecrite par Jacopo Ferretti, le librettiste de Rossini pour <em>La Cenerentola</em>, l’intrigue dérive de plusieurs sources, de l’antique <em>Mostellaria </em>de Plaute à la farce de Giovanni Giraud, dramaturge italien d’origine française, créée en 1808 à Rome. Des faux monnayeurs, installés par leur chef dans la cave d&rsquo;une maison à louer dont le malfaiteur est l&rsquo;intendant, sont sûrs d&rsquo;y être tranquilles car ils ont fait à cette demeure la réputation d’être une maison hantée et personne ne veut y habiter. Le sujet était porteur puisque Scribe l’avait utilisé en 1832 pour Auber – <em>Le serment ou Les faux-monnayeurs</em> – et la princesse Amélie de Saxe en tira un opéra en un acte en 1835.</p>
<p>La farce de Giraud s’intitulait <em>Eutichio e Sinforosa ossia La casa disabitata. </em>On retrouve chez Ferretti ces deux personnages comiques ; lui est un versificateur raté mais imbu de lui-même que sa femme, mûre et d’autant plus jalouse que le temps a flétri ses charmes, tient en laisse. A un autre duo est réservé l’effusion sentimentale : le propriétaire de la maison, Don Raimondo, qui se fie naïvement à son intendant, et éperdument amoureux d&rsquo;Annetta, qui vient hélas de disparaître. Les spectres y sont-ils pour quelque chose? En fait la beauté de la jeune fille a subjugué le chef des malfaiteurs. Il l&rsquo;a enlevée et la retient prisonnière.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/la_casa_disabitata_ibr_generale_22ag2024_ph_luigi_angelucci_110-1-1294x600.jpg">© Luigi Angelucci</pre>
<p>Au premier acte, les faux-monnayeurs chantent en chœur leur satisfaction de s’enrichir à l’abri de cette maison, mais ils s’inquiètent de la morosité de leur chef Isidoro : il explique lui-même qu’il est amoureux, et qu’elle lui résiste, et en effet le spectateur peut constater qu’Annetta le traite sans ménagement. La scène suivante est au marché : Eutichio et Sinforosa arrivent, sans le sou et sans domicile, puisqu’ils viennent d’être expulsés du leur. Les victuailles exposées font saliver Eutichio, et Sinforosa lui fait une scène car elle l’accuse de tourner autour des vendeuses. A la vue du panneau qui propose de louer gratuitement une maison, Eutichio exulte. Malgré les mises en garde relatives aux fantômes qui hanteraient les lieux, cette solution l’enchante et il s’installe. L’acte se termine par l’irruption de Sinforosa, qui n’a pas voulu dormir là par crainte des apparitions mais qui est venue vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une ruse de son mari pour la cocufier. Entretemps un duo a mis aux prises la captive et son geôlier, elle inébranlable dans sa résistance et lui dans une surenchère de menaces de mort qu’il se sait incapable de concrétiser.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/la_casa_disabitata_ibr_generale_22ag2024_ph_luigi_angelucci_123-1294x600.jpg">© Luigi Angelucci</pre>
<p>Au deuxième acte, Don Raimondo, qui a enfin compris que son homme de confiance Isidoro a abusé de sa bienveillance, feint de partir en voyage pour oublier la disparition de sa bien-aimée Annetta. Celle-ci, qui nous a exposé son plan – se montrer plus douce pour endormir la méfiance du ravisseur et réussir à s’échapper – parvient à se libérer. Elle rencontre alors Eutichio qui la prend pour un spectre comme ceux qui viennent de l’assaillir et de l’épouvanter. A grand peine elle lui fait comprendre que son corps est bien réel et la mystification imaginée par les faussaires. Mais comment s’enfuir quand la maison a été cadenassée par Sinforosa ? Soudain Isidoro surgit et les menace, ils sont dans la nasse, mais l’irruption de Don Raimondo et de la population met un terme à la vie du bandit et à son entreprise. Eutachio et Sinforosa ont désormais le couvert et le vivre, car le généreux Don Raimondo y pourvoira, et quand ce dernier se déclare enfin à Annetta, pour les deux couples tout est bien qui finit bien !</p>
<p>La curiosité était vive de découvrir cette œuvre sortie du répertoire depuis près de cent-vingt ans, et elle a été satisfaite, même si on aurait aimé savoir pourquoi la révision a porté sur la version de Turin et non sur celle de Milan, la première. La musique de Rossi, comme l’écrit la musicologue Paola Ciarlantini, est « brillante et communicative ». Il sait créer des atmosphères, par le jeu des rythmes et des timbres, et une prédilection prononcée pour les sources espagnoles, comme en témoigne l’air d’Annetta dans l’avant-dernière scène de l’acte I. L’Espagne – où est située l’action – ou du moins sa zone d’influence en Amérique latine, a tenu une place importante dans la vie du compositeur, qui fut chef d’orchestre à Mexico, où il adapta <em>La casa disabitata </em>en espagnol, et directeur de théâtre à Cuba.</p>
<p>Cet exil avait été un choix après l’échec à Naples, où l’appui de Donizetti avait favorisé son engagement, de <em>Amelia ossia Otto anni di costanza, </em>malgré la présence de la Malibran dans la distribution. Cette amitié et probablement l’estime et l’admiration de Lauro Rossi pour son aîné se ressentent à plusieurs reprises, tant comme un hommage que comme la preuve de l’habileté de Rossi à capter les rythmes et les timbres porteurs dans les compositions de ses contemporains. Comment ne pas penser à Bellini dans la mélodie de l’air «&nbsp;Qui la vidi&nbsp;»&nbsp;? A défaut d’originalité forte on en retient une impression de maîtrise des volumes, des effets, et une séduisante fluidité mélodique. La leçon rossinienne du chant <em>sillabato</em> s’entend au deuxième acte dans la plainte du poète, que l’apparition des spectres accompagnés des trombones du Commandeur a paralysé dans sa tentative grotesque de réécrire le final du <em>Don Giovanni </em>de Mozart, la mélodie à la scansion donizettienne adoptant le phrasé rossinien. Mozart apparaît en filigrane dans le duel vocal Annetta-Sinforosa, qui pourrait être celui entre Susanna et Marcellina, si celles-ci avaient lâché la bride pour s&rsquo;injurier à qui mieux mieux.</p>
<p>Musicalement, donc, la découverte a été heureuse, servie magistralement par la direction de <strong>Enrico Lombardi</strong>, véritable Argus, et un orchestre manifestement sur les dents. Vocalement, aucun mouton noir ne défigure la distribution, même si la voix acidulée de <strong>Jennifer Turri </strong>ne nous a pas séduit dans le court rôle d’Inès. Présenté comme basse, <strong>Martin Csölley </strong>est efficace dans le rôle d’Alberto, au service du propriétaire de la maison mais complice des malandrins qu’Isidoro, l’homme de confiance, y a introduits.</p>
<p>Le naïf Don Raimondo ne pense pas à mal et peut-être ne pense-t-il pas beaucoup, sinon à sa chère Annette, auprès de laquelle il tarde à se déclarer, à la fois timide et tendre. Une fois chauffée, la voix d’<strong>Antonio Mandrillo</strong>, si elle n’est pas de celles dont le timbre et l’étendue captivent, retient par la musicalité avec laquelle il en use pour de jolies demi-teintes. Le rôle de sa bien-aimée Annetta, la deuxième dame selon l’usage du temps, puisqu’aussi bien le titre ne la mentionne pas, est échu à <strong>Tamar Ugrekhelidze</strong>, mezzosoprano récente vainqueur du prix Anita Cerquetti ; la voix est ronde, homogène, souple, étendue, et l’interprète rend sensible tant le désarroi que l’inflexible volonté de cette cousine de l’Isabella rossinienne. <strong>Matteo Mancini </strong>incarne de toute l’autorité de sa voix éclatante le chef de bande auquel son énergie brutale ne sert à rien quand il s’agit de se faire aimer. C’est un plaisir renouvelé de réentendre cette voix si bien placée et bien projetée. (CF Martina Franca et Sienne)</p>
<p>Restent les interprètes de Eutichio et de Sinforosa, <strong>Giuseppe Toia </strong>et <strong>Vittoriana De Amicis</strong>, a priori le couple vedette puisque souvent ces noms ont constitué le titre de l’œuvre. Il est difficile d’apprécier le travail de ces deux chanteurs, car si vocalement l’un comme l’autre ils ont été irréprochables, la virtuosité du soprano s’épanouissant dans les acrobaties correspondant aux foucades de Sinforosa, et justifiant l’insertion de l’œuvre dans ce festival, dramatiquement le compte n’y est pas. Ce couple de morts-de-faim où l’homme est la marionnette de la femme, où un raté s’illusionne sur son génie et où une ancienne belle étale ses charmes décatis, appartient par nature au genre bouffe. A lire le résumé de l’action on avait imaginé un cousin du poète de <em>Matilde di Shabran</em>, aussi comique, et une mégère guère apprivoisée. La représentation nous a montré des personnages dépourvus&nbsp; de l’aura comique espérée. Peut-être faut-il incriminer la mise en scène, à parler franchement peu marquante ou peu convaincante, qui semble avoir renoncé à l&rsquo;adjuvant du maquillage, et laisser la bride sur le cou à Sinforosa dans la scène du marché où elle coquette avec les vendeurs alors qu’elle devrait couver jalousement Eutichio?</p>
<p>Peut-être aussi l’œuvre a-t-elle ses défauts. Le propre des œuvres <em>semi-serie</em>, comme <em>Matilde di Shabran, </em>est le mélange du dramatique et du comique. Mais ici la scène entre Don Raimondo et Don Isidoro, où ils se jouent mutuellement la comédie, semble provenir d’un opera seria, et traîne en longueur. Et les scènes qui devraient être franchement comiques, avec l’agressive Sinforosa ou le peureux Eutichio, ne le sont guère. Qui est le responsable&nbsp;? Le compositeur, qui exploite une situation et la développe tant qu’il finit par alourdir le rythme général&nbsp;? Ou une mise en scène timorée&nbsp;?</p>
<p>Manifestement les moyens matériels disponibles pour la réalisation étaient minces. Signalons l’idée du film générique qui permet au spectateur de découvrir la distribution et les changements de lieu successifs, les toiles de fond qui suggèrent les engrenages des machines des faux monnayeurs, et la maison sur la colline, où nous avions vu la demeure de<em> Psychose</em> quand il s’agirait du manoir d’<em>Edouard aux mains d’argent</em>. Et déplorons que ce manque de moyens ait réduit à l’os la représentation des apparitions spectrales. Le public s’est néanmoins montré très chaleureux au rideau final, en particulier et à juste titre envers le chœur, dont les membres ont fourni eux-mêmes leurs costumes. Sponsors, à vos marques…</p>
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