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	<title>Klaus Florian VOGT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Klaus Florian VOGT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Götterdämmerung – Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-milan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de donner deux séries de Ring complets à partir de mars, le Teatro alla Scala propose la création du dernier volet de sa nouvelle Tétralogie, et achève ainsi en beauté un cycle commencé en novembre 2024. Avec la Brünnhilde du Götterdammerung, Camilla Nylund trouve son meilleur emploi. Alors que sa voix naturellement claire semblait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Avant de donner deux séries de <em>Ring</em> complets à partir de mars, le Teatro alla Scala propose la création du dernier volet de sa nouvelle <em>Tétralogie, </em>et achève ainsi en beauté un cycle commencé en novembre 2024. Avec la Brünnhilde du <em>Götterdammerung, </em><strong>Camilla Nylund</strong> trouve son meilleur emploi. Alors que sa voix naturellement claire semblait a priori plus adaptée à celles de <em>Die Walküre</em> ou de <em>Siegfried</em>, nous n’avons pas ressenti ici le relatif manque de largeur des journées précédentes. La chanteuse est au contraire parfaitement à l’aise sur l’ensemble de la tessiture. Le bas médium et le grave, très sollicités, sont bien sonores. L’investissement dramatique du soprano finlandais est d’une incroyable intensité tout au long de la soirée. En particulier, la confrontation de la scène quatre de l’acte II, où Brünnhilde accuse Siegfried de trahison, est absolument saisissante, le soprano finlandais semblant véritablement possédé par la haine. Alors qu’elle donne tout au fil des actes, Nylund réussit à conserver l’essentiel de ses ressources pour la terrible scène finale, proprement époustouflante. Au-delà de cette incroyable endurance, on ne peut que saluer une performance artistique exceptionnelle qui soulève au final un torrent d’émotion. <strong>Klaus Florian Vogt</strong> semble (presque) se balader dans le rôle de Siegfried (à l’exception du contre-ut esquivé au dernier acte, mais il est vrai que <a href="https://www.youtube.com/watch?v=QeU8Pm9iyCs">peu s’y risquent avec succès</a>), plus à l’aise que lors de la journée précédente, avec un legato tout à fait satisfaisant et une belle projection. Le timbre nous est même apparu encore plus juvénile. Sa mort est chantée avec une belle poésie.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PAGE-GN1A7881-Groissbock-Vogt-e-Nylund-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-207640"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Photo : Brescia &amp; Amisano © Teatro alla Scala</sub></figcaption></figure>


<p>En Hagen, <strong>Günther Groissböck</strong> offre un impact scénique plutôt atypique, se démarquant des interprètes « monstrueux » par une interprétation assez fine. Vocalement, la voix manque un peu d’impact, avec des aigus un peu durs et blancs au premier acte. Toutefois, la puissance du chanteur va crescendo et le dernier acte est tout à fait satisfaisant. Le Gunther de <strong>Russell Braun</strong> manque un peu de puissance mais son interprétation, tant vocale que scénique, est plus intéressante que celles de maints chanteurs dans ce rôle souvent un peu sacrifié. Autre personnage souvent confié à des interprètes un peu falots, Gutrune est ici admirablement défendue par <strong>Olga Bezsmertna</strong>, à la voix à la fois lumineuse et charnue, formidablement engagée dramatiquement, au désespoir final intense. <strong>Johannes Martin Kränzle</strong> est un Alberich impeccable. <strong>Nina Stemme</strong> créée la surprise avec une Waltraute puissante et passionnée. Nulle trace de déclin dans cette voix, en dépit de ce que pouvait faire craindre ce changement de tessiture : le pari est relevé haut la main et le public saura lui faire une ovation méritée. L’ensemble des seconds rôles sont excellement tenus, avec certains familiers de Bayreuth (<strong>Christa</strong> <strong>Mayer</strong>, <strong>Lea-ann Dunbar</strong>). Pour l’anecdote, on précisera que <strong>Svetlina Stoyanova</strong> (Wellgunde) n’est apparentée ni au soprano Krassimira Stoyanova, ni au baryton Vladimir Stoyanov : la Bulgarie est décidément une prolifique terre de chanteurs !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="636" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/A-GN1A8054-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x636.jpg" alt="" class="wp-image-207630"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Photo : Brescia &amp; Amisano © Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Déjà excellente lors des précédentes journées, la direction d’<strong>Alexander Soddy</strong> touche cette fois à l’exceptionnel. À la tête d’un Orchestre de la Scala en apesanteur, aux couleurs somptueuses, le chef britannique impose une direction intensément dramatique mais jamais lourde, contrastée tout en restant dans la moyenne au niveau du minutage, culminant avec un troisième acte formidable. Certains passages donnent la chair de poule, comme la <em>Marche funèbre</em>, avec des timbales surexposées, obsédantes (mais, après tout, si Wagner a écrit pour elles ce passage, c&rsquo;est quand même bien parce qu&rsquo;il voulait qu&rsquo;on les entende !). La scène finale, appuyée par la mise en scène, arrache les larmes. Une direction d&rsquo;une incroyable maturité de la part de ce jeune chef qu&rsquo;on aimerait entendre plus souvent sur les grandes scènes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PAGE-GN1A8095-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-207642"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Photo : Brescia &amp; Amisano © Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p>Pour ce dernier opus, la mise en scène de <strong>David McVicar</strong> reste toujours aussi lisible et visuellement spectaculaire, avec une direction théâtrale très fine et un traitement ces chœurs et des figurants extrêmement efficace. Par rapport aux autres journées, la mise en scène contraste par la force des émotions qu&rsquo;elle dégage : on n&rsquo;oubliera pas de sitôt la mort de Siegfried qui voit Wotan s&rsquo;effondrer sur le corps du jeune homme, l&rsquo;immolation de Brünnhilde où la jeune femme est rejointe dans les flammes par son destrier, Wotan resté seul et désolé sur un Walhalla déserté, ou encore l&rsquo;or du Rhin figuré par un danseur qui entraine Alberich dans les flots&#8230; Toute une série de scènes fortes, et jamais gratuites, qui font de cette dernière journée un sublime moment de théâtre.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-milan/">WAGNER, Götterdämmerung – Milan</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Zürich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-zurich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On avait beaucoup aimé ce Ring, découvert épisode après épisode. Le retrouver en vidéo, à travers le regard du réalisateur Michael Beyer, c’est une tout autre expérience, moins immersive bien sûr, plus analytique, mais passionnante à nouveau.L’Opernhaus Zürich s’était fixé un objectif démesuré : monter en moins de deux saisons le Ring des Nibelungen de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On avait beaucoup aimé ce <em>Ring</em>, découvert épisode après épisode. Le retrouver en vidéo, à travers le regard du réalisateur <strong>Michael Beyer</strong>, c’est une tout autre expérience, moins immersive bien sûr, plus analytique, mais passionnante à nouveau.<br />L’<strong>Opernhaus Zürich</strong> s’était fixé un objectif démesuré : monter en moins de deux saisons le <em>Ring des Nibelungen</em> de Wagner. Sous la direction musicale de <strong>Gianandrea Noseda</strong> et dans la mise en scène d’<strong>Andreas Homoki</strong>, cette <em>Tétralogie</em>, aujourd’hui réunie dans un coffret DVD, propose une lecture de l’œuvre moins monumentale que lucide, moins spectaculaire que lisible. </p>
<p>Une mise en scène somme toute assez classique, qui n’oublie jamais qu’il s’agit de raconter une histoire, et le fait fort bien. Dans un théâtre de dimensions modestes, où chaque détail devient audible et visible, c’est un <em>Ring</em> d’analyse et de clarté.<br />La scénographie unique – de hauts lambris blancs, se combinant de soirée en soirée, à la fois semblables et toujours différents, au gré des mouvements incessants (et spectaculaires) d’un plateau tournant – ajoute à la cohérence d’ensemble. Cet appartement bourgeois, tantôt salle de conseil, tantôt tanière ou rocher, se transforme peu à peu en espace mental, en métaphore d’un monde clos sur lui-même. Au fil des quatre opéras, la blancheur se ternit : du miroitement doré du <em>Rheingold</em> à l’anthracite de <em>Siegfried</em>, jusqu’à la pâleur cendrée et défraichie du <em>Crépuscule</em>. C’est la lente désagrégation d’un univers, observée avec méthode et sans pathos.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/das_rheingold_135_c_monika_rittershaus.webp" alt="" class="wp-image-203107"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les Filles du Rhin © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Homoki s’inscrit dans la filiation de Patrice Chéreau, mais sans sa virulence politique : chez lui, la lecture reste distanciée, analytique, intimiste, décrivant la chute des dieux comme celle d’une famille de maîtres de forges. Wotan n’est plus le démiurge romantique, mais un capitaine d’industrie qui voit s’effondrer son système. Cette approche sobre, sans surcharge symbolique, privilégie les ressorts humains du drame. L’orchestre, sous la direction ferme et tendue de Noseda, souligne cette recherche de lisibilité : tempi clairs, plans sonores constamment lisibles, c’est un Wagner sans brouillard, où chaque motif retrouve sa fonction architecturale. où tous les détails de l’orchestration s’entendent à découvert.  La prise de son, le mixage rééquilibrent la balance des pupitres, tandis que les micros HF dont sont équipés les chanteurs modifient le rapport entre la scène et le plateau. La proximité des voix va de pair avec la proximité des visages. En d’autres termes, la réalisation de Michael Beyer souligne la précision, quasi cinématographique, de la direction d’acteurs, surenchérissant sur la rigueur analytique du duo Homoki-Noseda.</p>
<h4><strong>Un Or du Rhin ludique</strong></h4>
<p>Le prologue du cycle pose d’emblée la grammaire de ce Ring. La tournette s’anime dès les premières mesures : le monde tourne, littéralement. Dans cette esthétique mobile, presque cinétique, Homoki s’amuse d’abord à jouer le second degré, la comédie grinçante.  Les Filles du Rhin, blondes en pyjamas de soie, sont autant de Jean Harlow ; les Géants sont des maçons des Abruzzes, Donner et Froh ont l’air de joueurs de cricket qui s’ennuient ; Fricka (<strong>Claudia Mahnke</strong>) ressemble (bien sûr) à Cosima ; Alberich, en capitaliste malmené, auquel sa pelisse donne l’allure d’un ours mal léché, est à la fois effrayant, son fouet à la main, et pathétiquement libidineux. Dans le rôle, <strong>Christopher Purves</strong> allie diction exemplaire et violence contenue ; jouant d’une présence scénique imposante et de sa voix la plus noire, il dessine un Nibelung à la fois repoussant et douloureux, tyrannisant le Mime craintif et touchant de <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong>, et ses Nibelungen terrifiés.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="651" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/das_rheingold_153b_c_monika_rittershaus.0x800-1024x651.jpg" alt="" class="wp-image-203108"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Face à lui, <strong>Tomasz Konieczny</strong> en soyeuse robe d’intérieur campe un Wotan roublard, satisfait de ses manigances : la voix d’acier, plus claire que profonde, sied bien à ce dieu aussi cynique que pragmatique. La caméra s’attarde sur son visage, et son œil de verre, un détail peu visible de la salle, mais qui prend ici toute sa force étrange. Mais elle capte aussi son trouble quand apparaît, élégante et insaisissablement séduisante dans sa robe blanche, l’Erda aux yeux bandés de <strong>Anna Danik</strong>. Le lent mouvement du décor blanc illustre alors le désarroi, le vertige de Wotan. <br />Un dieu manipulé par le drolatique Loge de <strong>Matthias Klink</strong>, qui tel un nouvel avatar de Jack Sparrow bondit d’un lieu à l’autre comme un démiurge en gants rouges, et tire tout<br />On perçoit jusque dans la gestion des transitions le soin porté au théâtre : la direction nerveuse de Noseda se veut narratrice, tout autant que la mise en scène d’Homoki : la théâtralité se fait joueuse, l’humour est constant. Au gré des mouvements de la tournette, apparaissent un tas d’or ou le Walhalla sous forme d’un vaste tableau dans un cadre doré (que l’on verra prendre feu à la fin du <em>Crépuscule</em>) sur lequel se juchent Fasolt et Fafner ; le ton reste celui d’une comédie grinçante, sardonique à l’image de Loge ; ces Dieux désœuvrés s’installent dans leur château, fatigués avant même d’avoir régné. Tout est déjà joué.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="672" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/das_rheingold_035_c_monika_rittershaus.0x800-1-1024x672.jpg" alt="" class="wp-image-203105"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Loge (Matthias Klink) © Monika Ritterhaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong><em>Die Walküre</em> : une tragédie intime</strong></h4>
<p>Changement de climat. Les lambris immaculés de <em>Rheingold</em> virent au blanc mat, presque administratif. La grande table dorée trône toujours au centre, vestige d’un conseil d’administration déchu. Homoki déplace le regard vers le drame des sentiments : <em>Die Walküre</em> devient tragédie domestique, oscillant entre mélodrame et confession.<br />L’ouverture du premier acte, dans sa montée progressive des cordes, trouve sous la baguette de Noseda une intensité contrôlée : on sent la tension, sans débordement. <br />Mais d’abord, tel un démiurge, Wotan déjà dans son costume de Wanderer, assiste en témoin muet à la rencontre de Siegmund et Sieglinde (tendresse du violoncelle) et c’est lui qui tend à sa fille le philtre d’amour…<br /><strong>Eric Cutler</strong> est un superbe Siegmund lyrique et lumineux, un personnage tendre derrière sa solidité très terrienne un peu hirsute ; le récit de son parcours, ponctué par un orchestre attentif, est particulièrement beau. Sa voix longue, charnue, se marie bien à celle d’abord moins séduisante de la Sieglinde de <strong>Daniela Köhler</strong> qui construira intelligemment le progression dramatique du rôle – timbre d’abord grisé, puis irradié d’émotion à mesure que la femme s’affranchira.<br />Un immense tronc (le frêne) envahit la scène. L’impressionnant Hunding de <strong>Christof Fischesser</strong>, belle basse au grain profond, installe une violence sourde, entouré de son effrayante tribu. Magnifique progression de ce premier acte, portée par un orchestre tour à tour chambriste et ardent, et un Siegmund magnifique (les « Wälse » de Cutler !), jusqu’à un chant du printemps exaltant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="764" height="430" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die_walkuere_251_c_monika_rittershaus.1024x0-edited.jpg" alt="" class="wp-image-203334"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Dans le second acte, la confrontation Fricka/Wotan prend la forme d’un règlement de comptes conjugal ; Claudia Mahnke, assez discrète dans <em>L’Or du Rhin</em>, y acquiert une tout autre stature. En grande comédienne, tour à tour amère, véhémente, éloquente, usant de moyens vocaux puissants, elle parvient à dominer et retourner un Wotan qui se décompose à bout d’arguments, et Konieczny exprime physiquement l’effondrement du dieu abasourdi sous l’assaut. Sa longue narration à Brünnhilde – presque un monologue intérieur – devient un moment de théâtre dépouillé : grand comédien, allant jusqu’au <em>sprechgesang</em> (il semble se souvenir là de Thomas Stewart), il dessine un Wotan désemparé, dont les gros plans scrutent la désagrégation. Le dieu se sait vaincu, Alberich rumine sa vengeance, seule sa fille préférée peut le comprendre. Qu’il menace pourtant dès qu’elle fait mine de résister.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="563" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/xxl_die_walkuere_290_c_monika_rittershaus.1024x0-edited.jpg" alt="" class="wp-image-203336"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Tomasz Konieczny et Claudia Mahnke © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Les rotations de la tournette révèlent une sinistre forêt sous la neige aux troncs noircis, le lieu d’un duo très passionné entre Brünnhilde et Siegmund sur le leitmotiv obsédant de la mort en arrière-plan. <strong>Camilla Nylund</strong>, dans sa première Brünnhilde, montre toutes ses qualités : si la véhémence initiale des « Hojotoho ! » l’a mise à l’épreuve, elle va gagner en couleur au fil du drame, et surtout en humanité. Sur le leitmotiv obsédant de la mort, on la voit déchirée entre la compassion pour les fuyards et la trahison de son père. Si elle semble parfois toucher aux limites de sa voix, peu importe, tant son engagement convainc.</p>
<p>La fin de l’acte sera saisissante, comme Wagner les aime ! C’est Wotan (et non pas Hunding !) qui transpercera de sa lance son propre fils, avant d’anéantir Hunding d’un seul geste de sa min.<br />Le troisième acte, centré sur l’affrontement entre Wotan et sa fille, est un autre sommet de cette première journée. D’abord avec la révolte des Walkyries (très bel ensemble) prenant le parti de Sieglinde (Daniela Köhler à son sommet) puis la fureur de Wotan (Tomasz Konieczny d’une noirceur grandiose) et sa douleur (fascinants gros plans durant cette paradoxale scène d’amour père-fille).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/der-speer-ist-bereit-denn-der-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-203113"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Camilla Nylund © Monika Ritterhaus</sub></figcaption></figure>


<p>Les adieux, « Leb&rsquo; wohl, du kühnes, herrliches Kind », atteignent une émotion rare, et encore davantage pour leur deuxième partie sur le rocher, « Der Augen leuchtendes Paar ». L’étreinte par laquelle Wotan retire sa divinité à Brünnhilde est bouleversante. Devenu vieux d’un seul coup, le dieu redescend et s’effondre sur le sol. Noseda suspend le temps.<br />Puis alors que les Traités résonnent à l’orchestre, Wotan réveille les flammes, le rocher rougit de l’intérieur. Épuisé, le dieu vaincu s’éloigne à petits pas, traverse son salon, pose sa lance et enfile son costume de Wanderer.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die_walkuere_348_c_monika_rittershaus.0x800-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-203147"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong><em>Siegfried</em> : black is black</strong></h4>
<p>La seconde journée plonge la scène dans l’obscurité. Homoki conserve le même espace, mais repeint tout en noir : le sol, les lambris, les portes, les vieux meubles surdimensionnnés (Mime est un nain). D’un bout à l’autre, tout sera admirable dans ce Siegfried.<br />Les premiers roulements de timbales pianissimo, presque imperceptibles, installent le climat : nocturne, envoûtant, parfois étouffant. Ce sera un conte nocturne, une rêverie sombre sur l’enfance et la désillusion.<br />Dans cet univers resserré, <strong>Klaus Florian Vogt</strong> trouve un rôle à sa mesure. Son timbre clair s’accorde à la candeur du personnage : Siegfried n’est pas un conquérant, mais un innocent préservé du monde, un enfant prolongé, encore vêtu de culottes courtes, qui joue avec son ourson apprivoisé et se querelle avec un Mime à la fois bonasse et mesquin. Un enfant qui veut désespérément savoir d’où il vient.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/siegfried_ah_311_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-126796"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke et Klaus Florian Vogt © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke dessine son père nourricier avec malice et faconde. Amer et candide, pathétique jusque dans ses ruses. De plus en plus noir à mesure qu’on avancera, il ira, en grand comédien, jusqu’au sordide<br />Au début s’adressant au public, introduisant une distanciation de comédie : non pas brechtisme, mais clin d’œil théâtral. À cette légèreté (qui ne durera pas) répond la direction de Noseda. Dans l’acoustique limpide de Zurich, la moindre nuance devient lisible, une clarinette basse, un basson distillant le malheur des Wälsungen. Un Wagner analytique – d’abord presque chambriste.</p>
<p>Jusqu’à l’arrivée du Wanderer dont les réponses aux questions de Mime réveillent trombones et tuba (et Konieczny déploie ses plus beaux graves). « Seul celui qui n’a jamais connu la peur reforgera Notung », c’est la conclusion de leur échange violent. Noseda détaille toutes les fluctuations de la conversation en musique wagnérienne, avant le formidable crescendo de la forge de l’épée. Déchaînement de rythmes et de couleur dans la fosse, morceau de bravoure éclatant ! Voix claire de Vogt. Siegfried passe de l’enfance à l’adolescence. Flammes rouges dans la nuit. Le tuba annonce Fafner.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="870" height="489" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/das_rheingold_201_c_monika_rittershaus-1000x600-1-edited.jpg" alt="" class="wp-image-203337"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Christopher Purves et Wolfgang Ablinger-Sperrhacke © Monika Ritterhaus</sub></figcaption></figure>


<p>Le deuxième acte installe son <em>héroïc fantasy</em> dans l’appartement délabré de Mime. Dans le noir, c’est un festival de voix graves. D’abord celle de Christopher Purves, Alberich fatigué, dont la pelisse élimée évoque plus un clochard céleste qu’un démon. Sa brève scène avec le Wanderer de Konieczny – voix toujours d’une projection insolente – confronte deux personnages du passé et trois noirceurs, la leur et celle de l’orchestre. Puis une quatrième, celle de Fafner mué en dragon (Brent Michael Smith, aux graves telluriques), dont on n’aperçoit d’abord que la queue dans une embrasure.</p>
<p>Vogt, lui, reste au centre : parmi les murmures de la forêt il s’interroge sur ses origines. Ondulations des cordes, volutes d’une flûte et d’une clarinette, l’oiseau de la forêt (<strong>Rebeca Olvera</strong>) apparaît et l’embrasse de ses ailes (belle image), une touche de merveilleux dont Noseda souligne la grâce. Sonnant à la cantonade, les appels du cor réveillent le dragon, réjouissante apparition fulminante et caoutchouteuse que le héros transperce sans coup férir, et sans peur. <br />À peine Siegfried aura-t-il récupéré les trésors de Fafner, le Tarnhelm et l’anneau, que Mime essayera de lui subtiliser le Ring. Moment où Wolfgang Ablinger-Sperrhacke atteint au grandiose dans la vilenie, avant de finir trucidé par Notung, un geste par lequel Siegfried devient adulte. L’oiseau peut alors lui révéler que Brünnhilde attend son héros sans peur.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/siegfried_ah_340_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="Rebeca Olvera, Christopher Purves et Wolfgang Ablinger_Sperrhacke ©Monka Ritterhaus" class="wp-image-126800"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Mime, Alberich, le dragon et l&rsquo;oiseau © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Le troisième acte, écrit dix ans après les deux premiers, change de ton. Wagner a traversé <em>Tristan</em> et <em>Les Maîtres chanteurs</em>, et cela s’entend. L’orchestre se fait plus proliférant, plus polyphonique, dès le prélude à l’ostinato anxiogène.<br />Émouvante première scène, tellement et paradoxalement humaine, entre le Wanderer et Erda, qui enfanta pour lui les Walkyries : Wotan admet sa défaite, sait déjà que c’en sera bientôt fini des Dieux. <br />D’ailleurs voilà le jeune homme. Même s’il est toujours en culottes courtes, son ascendant sur son grand-père saute aux yeux : « Qui es-tu donc pour t’opposer à moi ? » a-t-il le front de lui demander. Au paroxysme de leur querelle, c’est sur la table dorée du conseil d’administration de la maison Walhalla que Siegfried d’un seul coup de Notung brise la lance qui assassina son père. Image et lieu chargés de symboles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/siegfried_ah_366_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="Tomasz Konieczny et Klaus Florian Vogt © Monika Ritterhaus" class="wp-image-126802"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Tomasz Konieczny et Klaus Florian Vogt © Monika Ritterhaus</sub></figcaption></figure>


<p>Autre démonstration de la qualité du Philharmonia Zürich, l’interlude symphonique illustrant l’arrivée de Siegfried au pied du rocher, avec de superbes arrière-plans de violons derrière sa voix (longues phrases préfigurant <em>Parsifal)</em> avant le fortissimo accompagnant le « Das ist kein Mann ». <br />Stupéfait, il redescend du rocher, tombe à terre, appelle sa mère. L’allure juvénile de Vogt, son timbre si clair rendent plausibles ce désarroi enfantin.<br />Joli détail : le brin de sapin avec lequel jouait machinalement Wotan durant les adieux (un très gros plan l’avait révélé) est devenu un arbre fier veillant sur Brünnhilde endormie.</p>
<p>L’éveil de Brünnhilde pousse Camilla Nylund aux limites de sa voix actuelle, mais le chant reste d’une grande probité au fil de ces longues phrases tendues d’une difficulté surhumaine. C’est à partir de « Ewig war ich », partie plus élégiaque de la scène (sur le thème de <em>Siegfried Idyll</em>) qu’elle rayonnera vraiment.<br />Si Vogt est d’une solide santé vocale, on ne peut qu’être admiratif de leur manière de lancer leurs dernières forces dans leur ultime unisson, dans une scène qui dépasse sans doute les moyens des wagnériens d’aujourd’hui.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/siegfried_ah_372_c_monika_rittershaus-1024x576.jpeg" alt="SPECTACLE : WAGNER, Siegfried - Zürich" class="wp-image-126803"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>L&rsquo;éveil de Brünnhilde © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong><em>Götterdämmerung</em> : le désenchantement</strong></h4>
<p>La tournette tourne encore, mais les murs se craquellent. Homoki referme son cycle sur une vision d’épuisement : les Dieux, les héros, le décor, tout semble à bout de souffle. <br />Les lignes de l’orchestre dès le prélude à la scène des Nornes sonnent clair comme jamais, au détriment du mystère. Filmées de trop près, les trois prophétesses n’en ont guère non plus. En robes immaculées analogues à la blancheur de la robe blanche d’Erda, dans une demi-pénombre bleutée, elles étirent leur fil autour du rocher de Brünnhilde (où le sapin perd ses aiguilles), comme pour tisser un dernier lien avec le passé des Dieux.   </p>
<p>Brünnhilde et Siegfried s’éveillent dans un lit doré – substitut du rocher –, tableau d’aurore amoureuse presque ironique. Scène ambiguë : Klaus Florian Vogt, voix toujours d’une lumière enfantine, tire le rôle du côté de la candeur plus que de l’héroïsme ; Camilla Nylund, au chant plus libre, plus stable que dans les Adieux ou le Réveil, d’une stature physique quasi maternelle, prend l’ascendant sur un Siegfried gamin qui enfile la tête de Grane et sautille comme un jeune poulain.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/goetterdaemmerung_ah_c_monika_rittershaus_211-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-149955"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Camilla Nylund, Klaus Florian Vogt © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p><strong>Daniel Schmutzhard</strong> (Gunther) compose un personnage falot, physiquement instable (mais vocalement solide), <strong>Lauren Fagan</strong> (Gutrune) semble plus équilibrée, elle prête à son rôle la sincérité d’un soprano à la voix longue et de belles lignes de chant. Duo un peu décavé en smokings rouges, meublé chez Knoll, le frère et la sœur font piètre figure auprès d’un Hagen qui semble surgi des tréfonds du Nibelung, l’impressionnant <strong>David Leigh</strong>, silhouette interminable et glaciale, voix d’une noirceur sinistre, diction rigoureuse, autorité immédiate. Il sera superbe dans la « veille », rivalisant avec trombones et tuba.<br />Il suffit de cette seule voix pour rendre à ce théâtre sa dimension mythique : il ourdit son piège, restaurer le prestige de la maison Gibichung en mariant ses pâles descendants au duo Siegfried-Brünnhilde (et à l’or du Nibelung). Un nouveau philtre d’amour fera le travail. <br />Il n’empêche, c’est un de ces moments où, quels que soient les mérites des chanteurs, l’on reste gêné par la disproportion entre l’ampleur du récit légendaire et le dérisoire de sa restitution sur le théâtre. Le sublime se réfugie à l’orchestre : Noseda fait du prélude à la scène de Waltraute un poème symphonique d’une lumineuse poésie, de surcroît subtilement filmé.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/goetterdaemmerung_ah_c_monika_rittershaus_226-1024x768.jpeg" alt="Lauren Fagan, David Leigh, Daniel Schmutzhard © Monika Rittershaus" class="wp-image-149956"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lauren Fagan, David Leigh, Daniel Schmutzhard © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Mais d’autres moments sont forts dans leur simplicité : la silhouette du Wanderer accablé à sa table tandis que <strong>Anna Werle</strong> (Waltraute) évoque son désespoir ; la dispute des deux sœurs dans l’appartement désert, Nylund superbe dans l’orgueil de son bonheur, puis brisée par la trahison de Siegfried apparaissant sous les traits de Gunther (on s’y perd un peu, entre Tarnhelm et voix échangées…) ; ou le sépulcral échange entre Alberich et Hagen : Purves revient brièvement, vaincu mais démoniaque, pour transmettre à son fils le fardeau du ressentiment. Au pied du frêne, dans la nuit, leur dialogue résume l’obsession du pouvoir (et de l’anneau) qui traverse toute la Tétralogie. </p>
<p>Puissante aussi, l’arrivée des Vassaux comme autant de clones menaçants (longues chevelures noir corbeau) de Hagen (formidable <strong>Chœur de l&rsquo;Opernhaus Zürich</strong>), précède le double mariage. La querelle (certes longuette, malgré sa violence) autour de l’anneau n’est pas ce qu’Homoki a le mieux réussi. La scène n’est sauvée de l’ennui que par la flamme désespérée de Brünnhilde, seule à être lucide dans cette mascarade, face à un Siegfried grotesque en veste blanche. Nylund, déchaînée, incandescente, clame sa colère devant la trahison, « Verrat ! Verrat ! » </p>
<p>Beaucoup plus saisissante, la scène suivante où elle laissera éclater la douleur, qu’utilisera Hagen le machiavélique, manipulant le flageolant Gunther. Contraste explosif et archi-théâtral entre le décor (murs décrépis, meubles Sécession de Hoffmann), le Gibichung piteux en smoking de velours bordeaux, l’étrangeté maléfique de Hagen et la fureur vengeresse de Brünnhilde. La déferlante de cuivres que commande Noseda est au diapason de leur rage (et de l’engagement des trois chanteurs) : Siegfried mourra ! Et Hagen récupèrera l’anneau…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="483" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/goetterdaemmerung_ah_c_monika_rittershaus_365-1024x483.jpeg" alt="" class="wp-image-149580"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La fin d&rsquo;un monde et le retour au silence</strong></h4>
<p>Le troisième acte s’ouvre sur un instant d’une trompeuse légèreté: la rencontre de Siegfried avec les Filles du Rhin, ces trois blondes pimpantes en pyjama de soie blanche, comme au début de Rheingold. Elles courent de pièce en pièce, gamines espiègles, figures d’un passé qu’on croyait aboli. Mais cette grâce ne dure pas.</p>
<p>Tout s’assombrit dès que Hagen reparaît, escorté de ses sbires, pour une chasse dont Siegfried sera le gibier. <br />Le récit du jeune homme, sollicité par Hagen, où Klaus Florian Vogt évoque l’oiseau, la forge, l’épée, la femme endormie, constitue peut-être son plus beau moment : la clarté du timbre, le rayonnement, l’émotion qui affleure sans pathos. Derrière lui, les leitmotivs défilent comme autant de souvenirs délicats.<br />Lorsque la lance de Hagen frappe, le geste paraît presque banal, comme si le drame s’accomplissait depuis longtemps. Aux cordes graves, le thème de la marche funèbre s’annonce, mais alors que Siegfried agonise en évoquant Brünnhilde, c’est la musique du Réveil (avec les arpèges de harpe) qui retentit. Effet de remémoration bouleversant.<br />Siegfried s’effondre sur le lit doré des amours passées, dans un silence presque gêné. La marche funèbre qui suit est magnifique d’ampleur, de respiration, de couleur, d’intelligibilité. Mention spéciale au pupitre de cuivres, somptueux. Prise de son impeccable. Et c’est passionnant de voir l’orchestre et le chef en action dans une pénombre dorée.</p>
<p>Retour au palais décati des Gibichungen. Sous un drap le corps de Siegfried. Lauren Fagan est magnifique de puissance dans l’expression du désespoir de Gutrune, Hagen avoue avec morgue être le meurtrier, Gunther qu’on n’imaginait pas si vaillant le menace et réclame l’anneau : d’un coup de lance Hagen le foudroie.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/goetterdaemmerung_ah_c_monika_rittershaus_179-1-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-149577"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Alors apparaît Brünnhilde.  <br />Camilla Nylund, désormais souveraine, conduit son grand monologue avec une autorité magnifique. Sa voix, plus centrée, trouve ici un équilibre rare entre éclat et sobriété.  Bientôt le plateau tournant va révéler Siegfried, mort sur le lit de leurs amours, comme on l’avait laissé.  Et tandis qu’elle chantera – « Alles, alles, alles weiss ich – Tout devient clair pour moi ! » – on verra Siegfried se redresser, émanation de son rêve peut-être, retirer l’anneau de son doigt et l’offrir à Brünnhilde. « Bague maudite, anneau effroyable ! » Elle fait le geste de le rendre aux Filles du Rhin alors apparues.  Et puis non, elle le met à son doigt : « Vous le retirerez de mes cendres… »</p>
<p>La suite, sur la sublime péroraison orchestrale, ce sera une succession d’images, comme des flashs : Brünnhilde dans une fumée rouge envahissant la scène, puis les Filles du Rhin, toujours ravissantes, basculant Hagen par une fenêtre (thème du Rhin à l’orchestre), puis le Wanderer contemplant l’incendie du Walhala (le tableau vu jadis dans <em>L’Or du Rhin</em>), enfin l’appartement désert, tournant inlassablement.  <br />L’orchestre reprend inlassablement le thème de la rédemption par l’amour. Mais à quoi bon ? Tout est vide. Les Dieux ne sont plus là. Et les hommes non plus. <br />Ou pas encore ?</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-zurich/">WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Zürich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Klaus Florian Vogt ne connaît pas la peur !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/klaus-florian-vogt-ne-connait-pas-la-peur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 10:21:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 3 novembre 2025 à 19h, le Deutsche Oper Berlin présentera en avant-première un film documentaire de 90 minutes consacré à Klaus Florian Vogt. C’est la réalisatrice allemande Astrid Bscher qui est à l’origine de ce documentaire. Celle-ci s’intéresse de longue date au monde lyrique : on lui doit entre bien d’autres des moyens-métrages sur &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 3 novembre 2025 à 19h, le Deutsche Oper Berlin présentera en avant-première un film documentaire de 90 minutes consacré à <strong>Klaus Florian Vogt</strong>.<br />
C’est la réalisatrice allemande <strong>Astrid Bscher</strong> qui est à l’origine de ce documentaire. Celle-ci s’intéresse de longue date au monde lyrique : on lui doit entre bien d’autres des moyens-métrages <em>sur Les Maîtres Chanteurs de Nüremberg</em>, sur  <strong>Günther Groissboeck</strong> ou encore sur le monde des ténors.<br />
Entre janvier 2024 et mars 2025, Astrid Bscher a suivi KFV à Zürich, Berlin, Dresde ou Bayreuth dans le but de réaliser ce film intitulé « Hier kennt einer das Fürchten nicht » (« Voilà quelqu’un qui ne connaît pas la peur ! » parole prononcée par les prêtres au premier acte de <em>La Flûte enchantée</em> ).<br />
Klaus Florian Vogt sera présent au DOB le 3 novembre pour cette avant-première, qui sera suivie d’une discussion animée par Harald Schmidt.</p>
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		<title>Bayreuth 2026 : demandez – déjà – le programme !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2026-demandez-deja-le-programme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 09:42:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A peine les portes de l’édition 2025 se sont-elles refermées sur le Festspielhaus que les regards se tournent vers l’édition du Jubilé. En 2026, Bayreuth célèbrera les 150 ans d’existence des Bayreuther Festspiele et le programme vient d’en être communiqué. Après le désormais traditionnel (et gratuit) Festspiel Open-Air, l’édition s’ouvrira le 25 juillet avec la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A peine les portes de l’édition 2025 se sont-elles refermées sur le Festspielhaus que les regards se tournent vers l’édition du Jubilé.<br />
En 2026, Bayreuth célèbrera les 150 ans d’existence des Bayreuther Festspiele et le programme vient d’en être communiqué.<br />
Après le désormais traditionnel (et gratuit) Festspiel Open-Air, l’édition s’ouvrira le 25 juillet avec la <em>IXe symphonie</em> de Beethoven (<strong>Thielemann</strong> / <strong>van den Heever</strong>, <strong>Mayer</strong>, <strong>Beczala</strong>, <strong>Zeppenfeld</strong>).<br />
Puis <em>Rienzi</em> sera donné pour la première fois <em>in loco</em> (cast non encore connu). Il y aura cette année trois cycles complets d’un <em>Ring</em> mis en scène par l’IA, sous le patronnage de <strong>Christian Thielemann </strong>(<strong>Vogt</strong>, <strong>Volle</strong>, <strong>Nylund</strong>, <strong>Kissjudit</strong>, van den Heever, <strong>Kares</strong>). <em>Der</em> <em>fliegende</em> <em>Holländer</em> (avec la Senta d&rsquo;<strong>Asmik</strong> <strong>Grigorian</strong>) et <em>Parsifal</em> (<strong>Schager</strong>, Volle, Zeppenfeld) sont également à l&rsquo;affiche.<br />
Tout le programme est à <a href="https://www.bayreuther-festspiele.de/programm/spielplan/">découvrir sur le site du Festival</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dernière journée, voici venu le crépuscule des dieux et de la soif de puissance. Le public retrouve l’appartement qu’on croyait destiné à Siegmund et Sieglinde (avec les rideaux bleu blanc rouge) mais finalement dévolu à Brünnhilde et Siegfried. Dans la proposition de Valentin Schwarz, les désaccords opposent les amants : il y a de l’eau &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dernière journée, voici venu le crépuscule des dieux et de la soif de puissance.<br />
Le public retrouve l’appartement qu’on croyait destiné à Siegmund et Sieglinde (avec les rideaux bleu blanc rouge) mais finalement dévolu à Brünnhilde et Siegfried. Dans la proposition de <strong>Valentin Schwarz,</strong> les désaccords opposent les amants : il y a de l’eau dans le gaz. Siegfried veut partir vers d’autres aventures, qu’on sait non héroïques, car il porte un costume banal. Il abandonne donc femme et enfant – cette petite blonde issue de leur union, une des incarnations de l’or du Rhin, qu’on se dispute depuis le début de la tétralogie. La proposition de V. Schwarz poursuit ici son œuvre de rapetissement du chef-d’œuvre, sans davantage parvenir dans cette dernière journée à apporter du sang neuf à l’exégèse wagnérienne (si on excepte une belle conclusion).<br />
Auparavant, au prologue, trois Nornes déguisées en boule stroboscopique disco ne nous ont guère intéressés. Leurs voix magnifiques ne sont pas en cause, ni l’importance de leurs récits révélant passé, présent et avenir (le crime de Wotan avant <em>Rheingold,</em> les traités, les exploits de Siegfried, le Walhalla prêt à brûler, et même déjà en feu, « Zu End’ ewiges Wissen », (L’éternelle Science touche à sa fin). La direction de <strong>Simone Young</strong> aux tempi toujours étirés dans certaines scènes, aux motifs épelés, donne l’impression que le Prologue se prolonge au-delà du nécessaire (l&rsquo;acte I dépasse largement les deux heures). L’orchestre peine en effet à nous envoûter, avec une texture souvent trouée. Des arrière plans parfois poétiques surgissent ; mais le discours musical déploie quelquefois des plans sonores peu architecturés (depuis <em>Rheingold)</em> qui laisse penser que la cheffe australienne soigne certes les détails mais ne propose peut-être pas une vision. Wagner voulait certes faire disparaître l’orchestre, le vouer à une fonction illustratrice, mais on est en droit de ne pas le prendre trop au sérieux, puisque l’écriture musicale déploie uniment ses sombres prestiges. Alors que retentit la page symphonique du « Voyage de Siegfried sur le Rhin » (beau travail des cordes, des bois puis des cuivres avec la « Fanfare de l’or »), le décor du château des Gibichungen glisse du fond du plateau jusqu’au milieu de scène pendant que l’appartement bourgeois disparaît dans les cintres. C’est le début de l’acte premier. Gunther <strong>(Michael Kupfer-Radecky,</strong> parfait en faible, pantin cocaïné et peroxydé) et son demi-frère Hagen <strong>(Mika Kares</strong> dans le costume du jumeau de Siegfried de la précédente journée), duo des plus divertissants, traînent leur ennui dans une villa où domine une immense photo d’Alberich avec eux enfants, posant devant le cadavre d’un zèbre (qu’ils ont abattu à la chasse) – et dont la peau désormais orne le sol. A la fascination de la mort des fils Nibelungen répond la vulgarité de Gutrune (décolleté proéminent, ensemble vert anis très voyant, perruque de peep show, pauvre <strong>Gabriela Scherer,</strong> rôle caractérisé dans la fosse par les bois aigus) signale sans doute l’impossibilité de l’aimer sans breuvage magique (qui va se trouver être le sang de l’un d’entre eux). Ce sont des gosses de riches, oisifs et tarés, complètement manipulés par Hagen, leur proposant des fiançailles. Après le toast éclatant de <strong>Klaus Florian Vogt</strong> à Brünnhilde, ce dernier se lie par pacte avec un Gunther inconséquent et comique. Lors de sa veille, le soliloque sinistre de Hagen <strong>(Mika Kares</strong> monstrueusement talentueux) trouvera des accents d’une force rare dans son « Wachtgesang », aussi inquiétant que pathétique (« Hier sitz‘ ich zur Wacht »). Il dynamite le théâtre de boulevard de V. Schwarz.<br />
Dans la dernière scène, après le face à face avec Waltraute (valeureuse <strong>Christa Mayer),</strong> la Brünnhilde de <strong>Catherine Foster</strong> (une des toutes premières Brünnhilde de notre époque) montre quelques signes de fatigue avec un vibrato peu agréable, une rondeur de timbre parfois gâchée par un registre aigu un peu acide, mais qui ne cède rien ni en projection ni en puissance expressive, alors que Siegfried la trahit et que Gunther la viole. La mise en scène a viré à nouveau au reality show. On enlèvera la pauvre Walkyrie avec sa fille, trésor du Rhin.<br />
Avec ses chœurs, l’acte deux mis en scène sur un plateau unique, nu, encadré de panneaux lumineux, offre ses scènes de foule bienvenues. Mais auparavant, Hagen, un personnage noble, torturé de jalousie et amoureux de Brünnhilde, jumeau malheureux de Siegfried dans cette production, s’entraîne sur un punching-ball quand Alberich survient et le rappelle à ses noirs desseins (puissant <strong>Olafur Sigurdarson).</strong> Après l’appel magnifique du cor dans la fosse, Siegfried s’explique auprès de la Gutrune de <strong>Gabriela Scherer,</strong> au chant bien orné dénotant la superficialité du personnage.<br />
Le chœur des vassaux répondra à l’appel extraordinaire du Hagen (avec ses « Hoïho » d’une tonalité très sombre, d’une puissance délectables). Le tableau est sobre, la pénombre servant le dramatisme de la scène. Deuxième et belle intervention du chœur des vassaux pour sommer Siegfried de jurer sur son honneur que Hagen a menti. Les imprécations de Brünnhilde, qui suivront, coupent le souffle. Elle a pris lentement conscience de l’oubli et de la trahison de son héros. Après des accents d’une impressionnante véhémence, la Walkyrie devenue femme révèle le défaut d’invincibilité de Siegfried et embrasse Hagen, dont le plan de vengeance et de mort est en train de réussir. Là sera la grandeur du misérable, alors que la noce de Gutrune et Siegfried offre des scènes de fête déjantée (vues cent fois ailleurs).<br />
De vieilles ondines aguicheuses au début de l’acte trois s’élancent après la sonnerie des cors de toute beauté. Mais les appels des Filles du Rhin restent lettre morte alors que Siegfried est en pleine partie de pêche. Le piège de Hagen (avec son breuvage rendant la mémoire) donnera l’occasion à <strong>Klaus Florian Vogt,</strong> un des plus merveilleux interprètes du rôle décidément, de nous offrir un récit fabuleux du passé de Siegfried, plein d’une allégresse puis d’un lyrisme qui suspendent le temps.<br />
La <em>Trauermarsch</em> est d’une très belle pâte, dont on savoure les coups fatals aux cordes graves et aux timbales, la solennité des trompettes et des cors. Quels pupitres ! Quel crescendo ! Nous voilà emportés sur les cimes de l’épopée. Un morceau de bravoure que réussit la cheffe australienne. La tragédie peut toucher à sa fin. Le Finale grandiose de l’immolation de Brünnhilde (« Starke Schreite ») témoignera encore des moyens colossaux de <strong>Catherine Foster</strong> (jusqu’aux hautes notes de sa tessiture) mais ne communiquera que peu d’émotions. Mise en scène dans un cul de basse fosse censé abriter le Rhin (un lieu ici réservé aux marginaux et aux maudits pourchassés depuis le début de l’acte), surmonté de barrières de chantier, Brünnhilde s’aspergera d’essence. Un geste qui ne signale guère l’humanité du personnage.<br />
Un mur parsemé de néons (le Walhalla) monte aux cintres en fond de plateau (Wotan s’est pendu) alors que la fosse flambe en un tutti éblouissant.<br />
L’enfant de Brünnhilde et Siegfried prend le chapeau texan de sa mère devant leurs cadavres. Incarne-t- elle l’espoir d’une victoire de l’amour sur le désir de puissance (sexuelle et matérialiste chez <strong>V. Schwarz</strong>) ? Pas vraiment, car elle ne sort pas de la fosse. Alors que la musique chante la paix retrouvée, la vidéo finale rime par antithèse avec celle du Prologue de <em>Rheingold.</em> Au terme de plus de quinze heures de musique les bébés s’enlacent tendrement dans l’utérus maternel. Grâce au sacrifice de Brünnhilde, les descendants d’Alberich et Wotan, de Hagen et Siegfried ne seront plus frères ennemis. Ce finale ouvre alors une échappée lumineuse : l’amour se conjugue au futur.</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième journée du Ring et voici l’opus magnum Siegfried sévèrement revu par l’éprouvante vacuité de la proposition de Valentin Schwarz. On retrouvera la cape couverture indienne dévolue aux sauveurs, mystérieusement abandonnée chez Mime, la casquette du garçonnet mal élevé du Prologue, le manteau mité et rouillé de Siegmund sur le dos de Siegfried et l’inévitable &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deuxième journée du Ring et voici l’opus magnum <em>Siegfried</em> sévèrement revu par l’éprouvante vacuité de la proposition de <strong>Valentin Schwarz</strong>.<br />
On retrouvera la cape couverture indienne dévolue aux sauveurs, mystérieusement abandonnée chez Mime, la casquette du garçonnet mal élevé du Prologue, le manteau mité et rouillé de Siegmund sur le dos de Siegfried et l’inévitable antre du nain (dans le genre d’un taudis de l’Ost Berlin vers 1970). On y trouve des marionnettes et un petit théâtre avec rideau de velours où chacun va tenter d’imposer sa vison de l’histoire près de l’étage où se situe une chambre d’enfant – dans laquelle Mime se masturbe consciencieusement après avoir déployé un calendrier dit de charme avec femmes dénudées, alors que Siegfried explique comment il va tuer le dragon Fafner, gardien de l’or. Bref la vulgarité est toujours au rendez-vous dans la suite de cette proposition pleine d’absurdités. Citons pêle-mêle « l’épée » Notung forgée à partir d’une canne de blessé (symbolisant sans doute l’échec de Siegmund), un Wotan toujours en complet beurre frais flanqué d’hommes de mains en visite chez Mime, entre autres. Bref, on se moque comme d’une guigne du narratif du metteur en scène autrichien puisqu’il ne nous parle pas. L’essentiel est heureusement ailleurs avec un orchestre sans génie mais en phase avec les climats de ce premier acte : la noirceur initiale des desseins de Mime, puis son monologue fou, le leitmotiv du dragon, l’arrivée héroïque de Siegfried, entre autres motifs. Mime, c’est encore l’excellent <strong>Ya-Chung Huang</strong>, qui compose un personnage burlesque, naïf, malmené par Siegfried et par toutes les contorsions sur scène auxquelles l’a condamné V. Schwarz. Le Siegfried de <strong>Klaus Florian Vogt</strong> est tout simplement parfait (tel qu’attendu) ; non seulement doté du physique idéal (sans perruque) mais aussi de la vocalité héroïque idoine. Si les chants de la forge et de la fonte sont ridiculisés dans la mise en scène, Siegfried enflamme les spectateurs du Festspielhaus avec un chant à la projection aisée, jamais forcée, d’une rondeur sonore délectable. Dans son cantabile (qui en a déjà laissé plus d’un en chemin par le passé) Klaus Florian Vogt fait preuve d’endurance et d’une parfaite tenue des registres éprouvants tels qu’écrits sur la partition. Le temps semble n’avoir décidément pas de prise sur ce superbe chanteur : nul ne pourrait douter en effet que son personnage ignore la peur. Le Wotan de <strong>Tomasz Konieczny</strong> s’impose sans peine (malgré quelques défauts déjà relevés) mais le vibrato y est moins envahissant et il fait preuve d’une solennité mystérieuse qui ne dessert pas le Wanderer. Le jeu des questions avec Mime est ici brillant, tenant éloigné des fadaises du récit schwarzien.<br />
Le deuxième acte se situe dans la villa de Fafner, vieillard malfaisant et lubrique, en lit médicalisé. Est-ce à cause de cette trouvaille ridicule qu’on aura attendu en vain un fortissimo un peu plus éclatant dans la fosse au Prélude ? <strong>Tobias Kehrer</strong> est un magnifique Fafner, aussi impressionnant dans ce rôle que dans celui de Titurel la veille – où on l’a entendu dans le <em>Parsifal</em> de Jay Scheib. Ce vieillard est soigné par son aide ménagère, l’Oiseau de la forêt. Le grave caverneux, abyssal (même chantant de dos) de Tobias Kehrer est décidément formidable, accompagné du tuba et de la contrebasse de l’orchestre. L’Alberich d’<strong>Olafur Sigurdason</strong> convainc à nouveau mais le Mime grimaçant de <strong>Ya-Chung Huang</strong> est absolument exceptionnel dans sa scène de révélation. Il joue des riches ressources de son baryton dans tous les registres de sa tessiture pour livrer un personnage tantôt grotesque tantôt inquiétant, une performance très chaleureusement saluée par le public (qui offrira de longues ovations méritées à tous). Siegfried offre évidemment un moment de pur bonheur avec son aria « Dass der Mein Vater nicht ist» après le lyrisme délicat venu de la fosse des Murmures de la Forêt. Durant la soirée, sa maitrise du rôle et de ses nuances est un plaisir de chaque instant. Alors que l’Oiseau de la Forêt a rendu son tablier d’aide soignante et flirté avec le héros (<strong>Victoria Randem</strong> en fait un oiseau de paradis) qui brûle bientôt pour lui en retour, le dialogue entre Fafner mourant et Siegfried tient toutes ses promesses, mais Wotan ici ne semble guère avoir compris la leçon d’humilité que le livret lui réserve. Nul doute que cette histoire de lutte des classes qu’on veut nous asséner n’en soit responsable, dans cette proposition scénique, vainement philistine dans ses foisonnantes et vaines péripéties. Un figurant (adulte) représentant (nous dit-on) Hagen enfant n’apporte strictement rien au récit. La signification de sa disparition avec Siegfried, tous deux crevant un tableau (dans le goût de Klimt) en passe-muraille en fin d’acte demeurera un mystère, qui ne nous hantera pas.<br />
A l’Acte III en lieu et place du défilé montagneux de la première scène et du rocher encerclé de flammes où dort Brünnhilde, Siegfried se retrouve dans la maison en ruines de Wotan, ce dernier muni du chapeau texan de la Walkyrie rebelle et d’une valise. Sa dernière scène dans le Ring n’aura pas la grandeur tragique attendue même si l’intervention de l’Erda d’<strong>Anna Kissjudit</strong> est de nouveau superbe, déployant un timbre sombre et ambré évoquant sans peine les ressorts cachés du destin. Dommage qu’elle soit déguisée en SDF. Son duo avec Wotan <strong>(Tomasz</strong> <strong>Konieczny</strong> très investi) semble dénoter qu’elle-même a aussi été violée par lui. Un tel goût pour l’obscène dans la mise en scène interroge.<br />
Dans le deuxième tableau, le duo se fait immense entre Brünnhilde et Siegfried, à la hauteur des enjeux de l’œuvre, grâce à ces deux très grands chanteurs, au sommet de leurs moyens. On essaie d’oublier qu’elle est de retour d’une clinique esthétique, y ayant été obligée comme ses sœurs dans la Première journée. <strong>Catherine Foster</strong> livre un hymne de toute beauté, plein de noblesse, avec une justesse admirable (sans les hurlements que nous assènent parfois ses consœurs dans « Heil Dir, Sonne, heil dir, Licht »). Siegfried, lui, effrayé par la femme parvient à grandir et s’imposer contre Grane, l’assistant personnel (souvenez-vous) de la Walkyrie, et contre ses scrupules de déesse. Malgré un son un peu trop fondu venu de la fosse, <strong>Simone Young</strong> ayant enfin donné la part belle aux pupitres graves depuis le début de la soirée, mais un peu moins aux belles échappées des cordes, la représentation de ce lundi soir d’août du deuxième cycle du Ring 2025 est de haute volée grâce à un plateau vocal d’exception.</p>
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		<title>Bayreuth 2026 : premières annonces</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2026-premieres-annonces/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 14:59:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la veille de l’ouverture du Festival de Bayreuth (Die Meistersinger von Nürnberg), le service de communication donne, via le réseau social Instagram, les premières indications sur l’édition 2026 qui marquera le 150e anniversaire. Et elles sont intéressantes. Rienzi, troisième opéra de jeunesse de Wagner, sera donné exceptionnellement dans le cadre du Festival. Andreas Schager &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la veille de l’ouverture du Festival de Bayreuth (<em>Die Meistersinger von Nürnberg</em>), le service de communication donne, via le réseau social Instagram, les premières indications sur l’édition 2026 qui marquera le 150<sup>e</sup> anniversaire. Et elles sont intéressantes.<br />
<em>Rienzi</em>, troisième opéra de jeunesse de Wagner, sera donné exceptionnellement dans le cadre du Festival. <strong>Andreas Schager</strong> tiendra le rôle-titre, <strong>Gabriela Scherer</strong> sera Irene, <strong>Jennyfer Holloway</strong> Adriano. La mise en scène, les décors et les costumes seront signés <strong>Magdolna Parditka</strong> et <strong>Alexandra</strong> <strong>Szemeredy</strong>. C’est une autre femme, <strong>Nathalie Stutzmann</strong>, qui sera dans la fosse.<br />
Quant à l’annonce du Ring, elle est assez énigmatique : « Ring 1001011 – vom Mythos zum Code » (« du mythe à l’encodage ») : l’intelligence artificielle est en effet explicitement annoncée comme partie intégrante de la saga des Nibelungen. C’est <strong>Christian Thielemann</strong> qui dirigera cette tétralogie.<br />
Concernant la distribution, <strong>Michael Volle</strong>, sans surprise, sera Wotan/Der Wanderer, et <strong>Camilla Nylund</strong> incarnera Brünnehilde. <strong>Anna Kissjudit</strong>, habituée au rôle d’Erda, sera cette fois-ci Fricka, <strong>Mika Kares</strong> est toujours incontournable en Hunding. Sieglinde sera tenue par <strong>Elza van den Heever</strong>. A noter que c’est le même chanteur, à savoir <strong>Klaus-Florian Vogt</strong>, qui incarnera Loge dans <em>Rheingold</em>, Siegmund, puis Siegfried – le seul donc à être présent dans les quatre pièces de la tétralogie, ce qui, en soi, s’annonce comme une performance. On nous annonce également un <em>Fliegender Holländer</em> de très haute volée : <strong>Oksana Lyniv</strong> dirigera Mika Kares (Daland), <strong>Nicolas Brownlee</strong> (Holländer) et…<strong>Asmik Grigorian</strong> (Senta). <em>Parsifal</em> ne sera pas en reste ; <strong>Pablo Heras-Casado</strong> dirigera <strong>Volle</strong> (Amfortas), <strong>Zeppenfeld</strong> (Gurnemanz), Schager (Parsifal), <strong>Shanahan</strong> (Klingsor) et <strong>Miina</strong>&#8211;<strong>Lisa</strong> <strong>Värelä</strong> (Kundry).<br />
A titre exceptionnel, la <em>IXe symphonie</em> de Beethoven sera interprétée dans le cadre du Festival. C’est encore Thieleman qui dirigera et le quatuor de chanteurs sera composé de van den Heever, <strong>Christa</strong> <strong>Meyer</strong>, <strong>Beczala</strong> et Zeppenfeld.</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-milan-scala/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>David McVicar poursuit son nouveau Ring wagnérien avec un Siegfried encore plus littéral que les &#160;Rheingold et Walküre précédents, parti pris qui séduira les tenants d’un certain traditionalisme mais qui ne comblera certainement pas les amateurs de relectures modernistes. Cette option était sans doute la plus à même de séduire le public scaligère, d’autant qu’elle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/035_096A3227-Vogt-e-Ablinger-Sperrhacke-ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-192819"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sub></figcaption></figure>


<p><strong>David McVicar</strong> poursuit son nouveau <em>Ring</em> wagnérien avec un <em>Siegfried</em> encore plus littéral que les &nbsp;<em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-milan-scala/">Rheingold</a></em> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/__trashed-2/"><em>Walküre</em></a> précédents, parti pris qui séduira les tenants d’un certain traditionalisme mais qui ne comblera certainement pas les amateurs de relectures modernistes. Cette option était sans doute la plus à même de séduire le public scaligère, d’autant qu’elle est associée à une approche visuelle spectaculaire, renforcée par une excellente direction d&rsquo;acteurs, ciselée dans les moindres détails et souvent d’une grande justesse. A l’acte I, on verra donc Siegfried en tablier limer l’épée brisée, faire fondre la limaille dans un creuset rougeoyant, la faire couler dans un moule, actionner le soufflet de forge, sortir Nothung chauffée au rouge, la plonger dans un bain refroidissant au milieu des vapeurs, faire des étincelles avec son marteau de forge, etc… C’est d’ailleurs assez réjouissant, d’autant que la touche de second degré est apportée par un Mime qui virevolte et sautille, surexcité, tout en tentant de préparer la soupe sur le même foyer (et en s’y brulant le fessier). Les autres décors sont variés et somptueux. A l’acte II, on découvrira ainsi une forêt mystérieuse dont les troncs d’arbres sont comme des humanoïdes fossilisés. Le dragon est une marionnette géante (à la manipulation bruyante), sorte de squelette de King-Kong. Au dernier acte, on retrouvera bien entendu le décor de <em>Die Walküre</em>, avec, d’abord endormie, Grane, le cheval de Brunehilde (un artiste déguisé monté sur des sortes d’échasses à ressort). Au global, un spectacle lisible et esthétique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/050_GN1A0214.ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-192820"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p>Le Mime de <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong> domine le premier acte. Certes, le ténor autrichien est un habitué du rôle (il incarnait Mime <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jaime-le-son-du-cor-le-soir-au-fond-des-bois/">lors de la précédente production parisienne de Günter Krämer à Bastille par exemple</a>), mais nous ne l’avions jamais vu à ce point déchaîné, avec une composition histrionique absolument phénoménale, un peu à la limite de<em> La Cage au Chaste Fol</em> il faut bien le dire. Ce Mime irrésistible est même attendrissant dans son délire monomaniaque, et on finit par se sentir triste de le voir éliminer par cette brute de Siegfried. À ses côtés, <strong>Klaus Florian Vogt</strong> fait un peu pâle figure, d’autant que les projections vocales sont assez similaires. La technique du ténor allemand est bien connue, avec notamment une émission du registre aigu constamment mixée entre voix de tête et voix de poitrine. Inutile donc d’attendre les aigus <em>spinto</em> fracassants d’un authentique <em>heldentenor</em> (1) : les notes sont bien là, et avec ce qu’il faut de volume, mais elles ne sont jamais percutantes. Son entrée le voit d&rsquo;ailleurs en difficultés : si l’on en entend bien le début de celle-ci (« Hoi-ho! Hoi-ho! Hau&rsquo;ein! hau’ein! »), les seize notes qui suivent (répétées en piqués sur « Ha! » ) sont inaudibles depuis la salle, à l’exception d’une ou deux plus aiguës, la clarté du timbre permettant alors au chanteur de surmonter la masse orchestrale. Enfin, la voix est toujours trop claire, même si elle a gagné en largeur de timbre : elle peut convenir à un Lohengrin évanescent, voire à un Siegmund, mais peine a traduire la dimension héroïque du personnage. Le chant est toutefois moins haché que par le passé, avec un meilleur <em>legato</em>. Au final, on admirera la performance et l’engagement dramatique du ténor allemand, même s’il nous laisse quelque peu notre faim. Le Wanderer est ici en capuche plutôt que coiffé du traditionnel chapeau (c’est dire le niveau de disruption de la mise en scène) : <strong>Michael Volle</strong> y fait un pas de plus dans la légende, et les mots peinent à rendre compte de l’intensité et de l’intelligence de son chant. Son interprétation du Wanderer est fine et complexe, exprimant à la fois, le désarroi, la révolte, les velléités de puissance ou de grandeur, et la résignation… Du grand art. La voix est puissante, d’une belle fraicheur, superbement articulée : à 65 ans et dans ce répertoire, cela tient du miracle. L’Alberich d&rsquo;<strong>Ólafur Sigurdarson</strong> est ici moins exposé que dans le <em>Rheingold</em>. Le baryton islandais confirme toutefois ses grandes qualités, avec un chant posé, d’une certaine noblesse, composant un personnage qui semble un peu revenu de tout (un discret haussement d’épaules tandis qu’il disparait suffit à exprimer avec finesse cette résignation). <strong>Anna Kissjudit</strong> remplaçait Christa Mayer souffrante. La voix est belle, avec un timbre rare de contralto, mais la projection est insuffisante pour la Scala, et elle ne peut assumer l’ampleur tellurique exigée. C’est une Erda discrète, sans mystère. <strong>Ain Anger</strong> est à nouveau Fafner, voix correcte mais sans grand relief et à l&rsquo;impact limité.&nbsp; <a href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-francesca-aspromonte/">Appréciée dans le répertoire baroque</a>, <strong>Francesca Aspromonte</strong> est un oiseau à la voix bien projetée mais à l&rsquo;aigu un peu tendu. <strong>Camilla</strong> <strong>Nylund</strong> avait presque réussi à nous convaincre dans <em>Die Walküre</em>. La deuxième journée la voit davantage à la peine. La prudence la pousse d&rsquo;ailleurs à se ménager : la seconde partie du grand duo, « Ewig war ich, ewig bin ich », démarre ainsi avec un simple filet de voix à peine audible, puis le soprano donne de plus en plus de puissance pour terminer sur un contre-ut lumineux et mieux projeté. Surtout, la voix, dépourvue de largeur de timbre, manque de chaleur, d’ampleur et d’opulence. La musicalité est réelle, mais le soprano finlandais ne peut offrir que des moyens de soprano lyrique quand on attend ceux d&rsquo;un authentique soprano dramatique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/164_GN1A0615.ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-192828"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Alexander Soddy</strong> confirme sa maîtrise du discours wagnérien avec une direction lumineuse sans être chambriste, une grande attention au plateau (sans compromis sur l&rsquo;exigence musicale toutefois). Le chef d&rsquo;orchestre britannique choisit par ailleurs d&rsquo;exposer davantage certains pupitres aux sonorités plus aiguës, produisant une pâte sonore plus claire qu&rsquo;à l&rsquo;ordinaire. Son <em>Siegfried</em> est ainsi moins sombre, moins oppressant, plus dynamique, assez original et tout à fait cohérent. L&rsquo;Orchestre de la Scala de Milan est en état de grâce. Certains pupitres sont tellement excellents qu’on croit parfois entendre des solistes alors que la phalange est simplement à l’unisson. L’introduction orchestrale de l’acte III, vibrante et contrastée, est l&rsquo;un des sommets de la soirée.</p>
<p><a href="https://www.teatroallascala.org/en/ring-des-nibelungen.html">Rappelons que la Scala proposera deux <em>Ring</em> complets en mars 2026</a>, le premier sous la baguette d’Alexander Soddy et le second sous celle de Simone Young.</p>
<pre>(1) On se gardera toutefois de trop grandes généralités historiques : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=WGRIjzHw1ws">les extraits de Jean de Reszke</a>, référence wagnérienne à son époque, enregistrés sur le vif en 1901, semblent évoquer une voix plus près de celle de Vogt que ce celle de Lauritz Melchior.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-milan-scala/">WAGNER, Siegfried &#8211; Milan</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Milan (Scala)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/__trashed-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=183453</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Scala de Milan poursuit son nouveau Ring, le premier depuis dix ans, avec une nouvelle production de Die Walküre par David McVicar. Après un Prologue qui nous avait laissé une impression mitigée, le metteur en scène nous offre cette fois une première journée pleinement aboutie et convaincante, visuellement spectaculaire et théâtralement fouillée. Les amateurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die-walkure-der-ring-des-nibelungen-8--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183657"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p>La Scala de Milan poursuit son nouveau <em>Ring</em>, le premier depuis dix ans, avec une nouvelle production de <em>Die Walküre</em> par David McVicar. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-milan-scala/">Après un Prologue qui nous avait laissé une impression mitigée</a>, le metteur en scène nous offre cette fois une première journée pleinement aboutie et convaincante, visuellement spectaculaire et théâtralement fouillée. Les amateurs de relectures décapantes dussent-ils s’en arracher les cheveux, le metteur en scène britannique choisit, comme à son habitude, de laisser s’exprimer naturellement le drame wagnérien au travers d’une proposition assez littérale. On ne trouvera donc ici ni costumes-cravate, ni attaché-case, ni autres accessoires traditionnels de la mise en scène contemporaine. Le parti &nbsp;visuel se réfère moins à l’univers des mangas que le précédent <i>Rheingold </i>mais reste très spectaculaire et plus homogène, et moins audacieux que celui du prologue.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-6-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183678"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">La <a href="https://www.youtube.com/watch?v=oTCtRpIaL6c"><em>Chevauchée des Walkyries</em></a>&nbsp;est ici particulièrement réussie, avec jeunes hommes torses nus montés sur des sortes d’échasses à ressort qui simulent de manière étonnante des chevaux piaffant d’impatience. On verra même Fricka apparaitre tirée par des béliers, comme le prévoit le livret, occurrence presque aussi rare que des éléphants dans <em>Aida</em> (1). Contrairement au <em>Rheingold</em>, les éclairages sont cette fois moins violents et contribuent à une atmosphère un brin oppressante. Le dernier décor présente une gigantesque tête (celle d’Erda ?) qui s’entrouvre pour accueillir le sommeil de Brünnhilde au milieu de flammes. Après avoir fait quelques tours du rocher, le cheval de la Walkyrie s’arrête pour l’attendre fidèlement, tandis que Wotan revêt l’habit « traditionnel » du Wanderer, image proprement sublime tant elle se marie idéalement avec la musique. Outre les « chevaux », de nombreux figurants animent le plateau : Hunding fait ainsi irruption au premier acte comme le chef de meute qu’il est, entouré de ses acolytes, aussi déjantés que lui-même. Certains pourront justement regretter que la mise en scène ne creuse pas le mythe, mais elle n’en demeure pas moins d’une grande efficacité et d’une superbe beauté plastique, adaptée à un public moins familier de l&rsquo;ouvrage.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183673" width="913" height="608"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Nous l’avons écrit par le passé,<strong> Camilla Nylund</strong> n’a pas exactement la projection vocale des grandes wagnériennes. Bénéficiant ici de l’acoustique favorable de la Scala, le soprano voit en revanche ses qualités propres particulièrement mises en valeur. Le timbre est agréable, moiré, le soprano colorant intelligemment l’émission en fonction du texte. La musicalité est impeccable. La voix est d’une belle fraîcheur, sans vibrato intempestif. L’interprétation est intelligente et sensible, d’une grande finesse. Nylund crée un vrai personnage, bien à elle, accentuant ici le côté « jeune fille » par rapport à celui de « guerrière » plus souvent mis en avant, notamment par des interprètes plus matrones. Sur ce dernier aspect, l’ardeur de Brünnhilde apparait ainsi davantage comme l’effet de la juvénilité plutôt que d’une force sauvage mal maitrisée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die-walkure-der-ring-des-nibelungen-5--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183665"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">À 65 ans, <strong>Michael Volle</strong> force l’admiration avec un Wotan proprement anthologique, même si la voix n’a plus la même souplesse (ce Wotan a des heures de Volle&#8230;) : l’aigu est parfois un peu moins projeté, la projection est économe à certaines occasions, quand l’orchestre est moins présent (par exemple, dans le duo avec Brünnhilde à l’acte II), ce qui d&rsquo;ailleurs sied à l&rsquo;intériorisation des sentiments du personnage. Toutes les notes sont toutefois bien en place, le, chanteur est parfaitement audible et il sait déployer l’énergie attendue dans les moments les plus dramatiques et les plus exposés. Mais l’essentiel est ailleurs. Volle offre un art du chant qui est d’abord le fruit d’années d’expérience, une double leçon de maîtrise vocale et d’interprétation, les deux étant ici intimement liées. Le baryton allemand sait transmettre les émotions les plus intimes et les plus diverses du personnage par l&rsquo;articulation du texte d&rsquo;une part et, sur le plan vocal, grâce à toute une gamme de colorations : du clair-obscur exprimant le désarroi du dieu, à l’émission franche, claire et nette exprimant au contraire sa puissance. Son duo final avec Camilla Nylund et ses <em>Adieux</em> sont proprement poignants.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die-walkure-der-ring-des-nibelungen-6--1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-183659" width="911" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">On ne reviendra pas sur la sempiternelle question de l’adéquation de <strong>Klaus Florian Vogt</strong> au répertoire wagnérien héroïque. Avec son timbre haut perché et ses graves discrets, il n’est pas le <em>Heldentenor</em> que l’on attend typiquement dans ce rôle. Mais le chanteur a aussi progressé. On appréciera ainsi une voix dont le spectre est devenu plus large (seuls les graves de la dernière scène de l’acte II lui font encore défaut). Sans être particulièrement vaillant, l’aigu répond toujours à l’appel, en un peu moins brillant. Le <em>legato</em> s’est également beaucoup amélioré, avec une émission plus déliée, et une parfaite maîtrise de l’émission forte et de la voix mixte. La puissance est au rendez-vous et le chanteur tient sans problème la distance. La composition dramatique est intéressante, celle d’un jeune homme innocent, manipulé, en proie à des enjeux qui le dépassent. </p>

<p style="font-weight: 400;">Pour ses débuts dans le rôle, <strong>Elza van den Heever</strong> choisit d’offrir une Sieglinde victime expiatoire de bout en bout. Son chant sait superbement exprimer cette longue souffrance. Actuellement dans la plénitude de ses moyens, le soprano remplit l’auditorium de sa voix percutante, homogène sur toute la tessiture. Musicalement on pourra toutefois préférer des voix plus amples et plus fruitées, au timbre moins pincé, mais le soprano nous convainc d’abord par la justesse de son interprétation.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-3-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183676"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Le Hunding de <strong>Günther Groissböck</strong> est particulièrement réjouissant. On sent un peu d’effort dans les notes les plus aiguës, mais le grave est puissant et l’émission homogène. Scéniquement, de par son physique impressionnant, Groissböck campe un parfait bad boy, à la fois attirant et tête-à-claque, de par l’affichage d’une masculinité débridée et décomplexée, renforcée d’ailleurs par la mise en scène (Sieglinde est ici clairement destinée au « repos du guerrier »).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-5-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183677"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">La Fricka d’<strong>Okka von der Damerau </strong>nous a davantage convaincu ici que dans le <em>Rheingold</em>. La voix est toujours aussi magnifique mais l’interprétation plus fouillée. C’est ici une Fricka toujours amoureuse qui peut fendre l’armure à l’occasion. Les Walkyries sont globalement correctes.</p>

<p style="font-weight: 400;"><strong>Alexander Soddy</strong> offre une approche cohérente de l’ouvrage dont il maintient tout du long l’arc dramatique, sans chutes de tension. Il opte plutôt pour un tempo assez vif (un peu moins de 3h40 de musique, soit 5 minutes de moins que Simone Young qui dirigeait les premières représentations), ce qui vient apporter un supplément de dynamique à l’ouvrage, <em>Die Walküre</em> étant peut-être la journée la plus statique du cycle. Nous aurions toutefois préféré une battue plus retenue dans les passages les plus désespérés, en particulier dans les <em>Adieux de Wotan</em>, un peu menés au pas de charge, alors qu’on voudrait que le temps y soit comme suspendu. Le chef britannique est également un authentique chef de théâtre, attentif au plateau. Sachant qu’Alexander Soddy n’a que 42 ans, il sera intéressant de voir évoluer sa conception de l’ouvrage au fil des années, en espérant que les théâtres aient l’intelligence de lui en donner l’opportunité.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/center-8-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183680"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano</sup></figcaption></figure>


<p>L’orchestre est souvent somptueux, avec une sonorité toujours unique. On en regrette d’autant plus une sérieuse baisse de régime côté cuivres à la fin de l’acte II, pendant tout l’échange entre Siegmund et Brünnhilde, pollué par de nombreux accrocs.</p>
<p><a href="https://www.teatroallascala.org/en/ring-des-nibelungen.html">La Scala proposera deux <em>Ring</em> complets en mars 2026</a>, le premier sous la baguette d&rsquo;Alexander Soddy et le second sous celle de Simone Young (l&rsquo;alternance se faisait jusqu&rsquo;à présent dans l&rsquo;ordre inverse pour <em>Rheingold</em> et <em>Die Walküre</em>).</p>
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<pre>Sauf erreur de notre part, à Bayreuth, même Peter Hall avait renoncé à faire figurer des béliers dans sa production littérale de 1983, laquelle succédait à celle de Patrice Chéreau avec l’ambition de revenir au respect strict du livret. En ce qui concerne les éléphants dans <em>Aida</em> en revanche, c’est comme les baisses d’impôts : tout le monde en parle pour s'en plaindre mais personne ne les a jamais vus.</pre>
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		<title>Oper! Awards 2025</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/oper-awards-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Feb 2025 09:24:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 21 février dernier, La Monnaie a accueilli la cérémonie des Oper! Awards, seul prix international multidisciplinaire allemand dédié à l’art lyrique, alors que le pays compte – proportionnellement – le plus grand nombre de maisons d’opéra au monde. Comme de tradition, c’est dans les murs de la lauréate de la catégorie « Bestes Opernhaus/Best Opera &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Le 21 février dernier, La Monnaie a accueilli la cérémonie des Oper! Awards, seul prix international multidisciplinaire allemand dédié à l’art lyrique, alors que le pays compte – proportionnellement – le plus grand nombre de maisons d’opéra au monde.</p>
<p style="font-weight: 400;">Comme de tradition, c’est dans les murs de la lauréate de la catégorie « Bestes Opernhaus/Best Opera House » que se déroulait la soirée. La qualité des productions de La Monnaie a été soulignée, de même que l’innovation portée par la maison et son implication dans la société, par exemple par la diversification des publics. Le prix sonne comme une consécration pour Peter de Caluwe qui, après près de vingt ans, s’apprête à passer la main.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Corine Winters</strong> s’est vue remettre le « Beste Sängerin/Best Female Singer » Award, tandis que <strong>Klaus Florian Vogt</strong> a été nommé au « Bester Sänger /Best Male Singer » Award. <strong>Pablo Heras-Casado</strong>, <strong>Tobias Kratzer</strong>, l’<strong>Ensemble Pygmalion</strong>, <strong>Christophe Coppens</strong>, <strong>Maayan Licht</strong>, <strong>Peter Konwitschny</strong> et <strong>François Duplat</strong> ont également été récompensés. Du côté des productions, <em>Die Jüdin von Toledo</em> au Semperoper de Dresde a été sacrée « Beste Uraufführung/Best World Premiere » et <em>Der Idiot</em> au Festival de Salzbourg « Best Aufführung/Best Production ».</p>
<p style="font-weight: 400;">L’ensemble des catégories et des lauréats est repris dans le <a href="https://www.oper-awards.com/wp-content/uploads/2025/02/OPER-AWARDS-2025-Programmheft.pdf">livret de la soirée</a>. La cérémonie est <a href="https://www.oper-awards.com/oper-awards-2025-en/">disponible en streaming</a>.</p>
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