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	<title>Philip WALSH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Philip WALSH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BACH, La Passion selon Saint Jean &#8211; Belle-Île-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-la-passion-selon-saint-jean-belle-ile-en-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fondé en 1998, par le baryton-basse américain Richard Cowan, qui avait choisi Belle-Île comme lieu d’échanges culturels entre la Bretagne et les Amériques, le festival international Lyrique en mer, consacré en majeur partie à l’art lyrique, célèbre cet été, de belle manière, ses 25 ans. Il est aujourd’hui dirigé par l’Anglais Philip Walsh, son plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fondé en 1998, par le baryton-basse américain <strong>Richard Cowan</strong>, qui avait choisi Belle-Île comme lieu d’échanges culturels entre la Bretagne et les Amériques, le festival international Lyrique en mer, consacré en majeur partie à l’art lyrique, célèbre cet été, de belle manière, ses 25 ans. Il est aujourd’hui dirigé par l’Anglais <strong>Philip Walsh</strong>, son plus ancien chef d’orchestre attitré. Presque entièrement financé par du mécénat privé, il bénéficie, de longue date, du soutien de la région, du département, des communes et, enfin, depuis 2022, d’une subvention de la DRAC. Le bénévolat est essentiel et fait appel aux habitants et aux résidents temporaires qui s‘investissent avec passion dans sa réalisation. Quatorze soirées se succèdent ainsi entre le 26 juillet et le 12 août  (<em>La Passion selon Saint Jean</em> le 11 août à l&rsquo;église de Locmaria).</p>
<p>Le chœur, constitué de cinquante chanteurs amateurs, en majorité bellilois, répète régulièrement à partir du mois de janvier (des résidents temporaires font aussi les voyages pour s’adjoindre à eux). Denise, belliloise très populaire, s’enorgueillit, à l’âge de 85 ans, de n’avoir jamais manqué au rendez-vous depuis la création du festival.</p>
<p>Philip Walsh vient régulièrement de Londres et peut désormais compter sur son remarquable chef de chœur, le jeune<strong> Gérald de Montmarin</strong> originaire de la région.</p>
<p>D’autre part, l’Académie accueille des jeunes chanteurs venus d’Europe et des Etats-Unis. Ils participent aux master classes, renforcent le chœur et interprètent de petits rôles.</p>
<p>Enfin, sur le modèle britannique <em>All singing</em>, Philip Walsh fait appel à des candidatures spontanées pour intégrer, le 8 août, le chœur du <em>Gloria</em> de Vivaldi et <em>Zadok the Priest</em> de Haendel. Ces derniers arrivent le matin pour la répétition et le concert en fin d’après-midi. Pour l’occasion, l’ensemble compte alors 150 choristes.</p>
<p>Le 3 août avait lieu la première de la <em>Passion selon St Jean</em> de Jean-Sébastien Bach dans la belle église de Bangor dont l’acoustique est exceptionnelle grâce aux lambris de recouvrement des voûtes (comme ceux construits à travers la Bretagne par les charpentiers marins). Quand on sait la difficulté du premier chœur « <em>Herr, unser Herrscher</em> », on est immédiatement saisi par l’engagement des chanteurs, leur force d’expression, la mise en place sans faille et la couleur superbe de l’ensemble. L’homogénéité est le terme qui convient d’ailleurs pour l’interprétation de tous, sous la baguette précise de Philip Walsh, à la tête d’un ensemble de musiciens de premier rang, qui parvient à tenir l’attention du public de bout en bout. Le rôle de l’Évangéliste est tenu de manière touchante par le ténor Gallois <strong>William Searl</strong> aux beaux aigus <em>pianissimi</em> en voix mixte. Le baryton-basse ukrainien<strong> Ihor Mostovoi</strong>, né à Marioupol où vit toujours son père, est un Jésus poignant. Il déclame ses récits d’une voix veloutée pleine de nuances. C’est aussi le cas du ténor <strong>Stefan Sbonnik</strong>, membre de l’opéra studio de l’Opéra du Rhin. Le timbre est lumineux, la diction impeccable et il se joue de la tessiture tendue de « <em>Ach mein Sinn </em>» et de « <em>Erwäge</em> » grâce à une technique sans faille. A leurs côtés trois américains : la soprano<strong> Maria Koroleva</strong>, d’origine russe, belcantiste aux aigus brillants, le baryton <strong>Michael Kelly</strong> et la mezzo-soprano <strong>Blythe Gaissert</strong>, familière du Metropolitan Opera de New York, à la voix ample et étendue qui interprète avec sobriété et émotion contenue, le « <em>Es ist vollbracht</em> » final.</p>
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		<title>PURCELL, Didon et Enée &#8211; Belle-Île-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-didon-et-enee-belle-ile-en-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2023 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Premier grand spectacle lyrique de la 25e édition du Festival Lyrique-en-Mer de Belle-Île, l’opéra Didon et Enée de Purcell bénéficie d’une conception particulièrement réussie. Avec peu de moyens, la metteuse en scène Véronique Roire, parvient à créer un spectacle d’une réelle beauté. Elle a eu l’excellente idée de faire précéder l’opéra lui-même par un prologue &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Premier grand spectacle lyrique de la 25<sup>e</sup> édition du Festival Lyrique-en-Mer de Belle-Île, l’opéra <em>Didon et Enée </em>de Purcell bénéficie d’une conception particulièrement réussie. Avec peu de moyens, la metteuse en scène <strong>Véronique Roire</strong>, parvient à créer un spectacle d’une réelle beauté. Elle a eu l’excellente idée de faire précéder l’opéra lui-même par un prologue qui, sur des musiques de Purcell, conte, par des extraits de l’<em>Énéide</em> en voix off,  le départ d’Enée, avec ses enfants, de Troie à Carthage. Son errance est évoquée poétiquement par une sorte de théâtre d’ombres. Les chœurs interprétés par les jeunes stagiaires de l’Académie préludent à l’entrée en scène d’Énée, de Didon et sa servante Belinda chantant, chacun en sa solitude, des airs de divers opéras de Purcell. Le rideau tombe. Cette scène a fortement impressionné le public.</p>
<p>Quand commence l’opéra lui-même, la rencontre et l’amour entre Enée et Didon prennent dès lors tout leur sens. Un jeu raffiné de lumières dans des décors simplement suggérés, une direction d’acteurs précise et l’intervention pleine d’humour d’un jeune enfant – lutin malin et facétieux – créent une atmosphère propice au rêve. Dans la scène des sorcières, interprétée par les jeunes stagiaires, la jeune soprano maltaise, <strong>Raisa Marie Micallef,</strong> fait un début remarqué.</p>
<p>La reine de Carthage est interprétée, en grande tragédienne, par la soprano afro-américaine<strong> Jazmin Black Grollemund</strong>. Sa voix au timbre riche et puissant rayonne dans l’air final « Remember me ».</p>
<p>A ses côtés la soprano <strong>Maria Koroleva</strong> est une Belinda touchante. Le baryton américain <strong>Michael Kelly</strong>, au timbre particulièrement émouvant, trouve dans Enée un rôle à sa mesure. Son interprétation tout en nuances allie la puissance aux pianissimi les plus intimes. Poète et acteur à ses heures, il est bouleversant d’humanité dans les adieux d’Enée.</p>
<p>Le Festival a commencé par l’ensemble Roots dirigé par l’exubérant violoniste Nemanja Radulovic, et les concerts vont se succéder jusqu’à l’hommage à Sarah Bernhardt à la Pointe des Poulains, face à l’océan, et le récital final de la pianiste Anne Quéfellec et de son fils Gaspard Dehaene.</p>
<p>Le public, enthousiaste, est à tous les rendez-vous. Un défi brillamment relevé par le Festival.</p>
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		<title>Le Festival Lyrique de Belle-Île-en-Mer —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-festival-lyrique-de-belle-ile-en-mer-les-voix-et-locean/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Aug 2021 05:31:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Philip Walsh, Lauren Urquhart, Fabienne Marsaudon et Michaël Martin-Badier à la Pointe des Poulains le 1er août (Photo Lauren Pasche) De tout temps, Belle-Île-en-Mer a eu un lien fort avec l’Amérique du Nord (50% des Bellîlois sont d’ailleurs d’origine acadienne). Rien de plus  naturel, donc, que ce soit le célèbre baryton-basse Richard Cowan qui a eu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/reynaldo_hahn_lauren_pasche-01_0.jpg?itok=4QfY9XKS" title="Philip Walsh, Lauren Urquhart, Fabienne Marsaudon et Michaël Martin-Badier à la Pointe des Poulains le 1er août (Photo Lauren Pasche)" width="468" /><br />
	Philip Walsh, Lauren Urquhart, Fabienne Marsaudon et Michaël Martin-Badier à la Pointe des Poulains le 1er août (Photo Lauren Pasche)</p>
<p>De tout temps, Belle-Île-en-Mer a eu un lien fort avec l’Amérique du Nord (50% des Bellîlois sont d’ailleurs d’origine acadienne). Rien de plus  naturel, donc, que ce soit le célèbre baryton-basse <strong>Richard Cowan</strong> qui a eu l’idée d’y créer un Festival d’Art Lyrique en 1997. Cette année-là il chante à Berlin et décide de prendre des vacances en Bretagne. A Belle-Île, il visite la citadelle Vauban, et rencontre André et Anna Larquetoux à qui le domaine public a vendu un monument en péril et qui l’ont restauré de manière remarquable. Cowan chante pour eux et les convainc d’y organiser <em>Le Festival Lyrique de Belle-Île-en-Mer</em> dont ils seront ainsi les premiers mécènes. En 1998 les deux premiers récitals ont attiré jusqu’à 600 personnes. Chaque année Cowan est parvenu, grâce au public et aux donateurs, à monter un opéra et de grandes œuvres pour solistes, chœur et orchestre (en petit effectif). En 2001, il fait appel au pianiste britannique <strong>Philip Walsh</strong> comme chef de chant et chef d’orchestre. À sa mort en 2015 c’est ce dernier qui reprend la direction artistique du festival. Le public est toujours aussi fidèle et la billetterie représente aujourd’hui 35% du budget allié à un mécénat à plus de 50%. C’est assez exceptionnel et ce courage mérite d’être soutenu davantage. Cet été, suite à la crise sanitaire, il n’y a pas d’opéra. Mais l’imagination et le talent sont au rendez-vous. Après une Soirée Cabaret, le public est convié le 1er août  à assister a un concert littéraire <em>Un été chez Sarah Bernhardt à Belle-île</em> qui évoque les séjours, chez elle, du compositeur Reynaldo Hahn. Le cadre choisi est sublime : la falaise de la Pointe des Poulains qui domine le fortin de la comédienne. Ce récital en plein air réunit, autour du piano de Philip Walsh, le comédien <strong>Michaël Martin-Badier</strong> et la soprano américaine <strong>Lauren Urquhart</strong> (en saison au Volksoper de Vienne) qui a remplacé au pied levé la cantatrice prévue. Un exploit car elle appris le répertoire en 36 heures. Le résultat est époustouflant. Elle nous fait comprendre chaque mot, et porte la musique au sommet. Sa voix de soprano léger au timbre lumineux distille avec justesse les poèmes choisis par Reynaldo Hahn parmi ceux de Verlaine, Hugo, Leconte de l’Isle, et bien d’autres. Dans<em> l’Air du départ</em>, sur le texte de Sacha Guitry, son interprétation rappelle même Yvonne Printemps sa dédicataire. A ses côtés, le comédien Michaël Martin-Badier est un élégant complice avec ce qu’il faut de douce ironie et d’humour. Le texte que Fabienne Marsaudon a écrit à partir des lettres et récits de Reynaldo Hahn est d’une sensibilité à fleur de peau et évoque la belle amitié du compositeur et de la comédienne avec une justesse et un sens de la théâtralité qui captive l’auditeur. Philip Walsh donne une grandeur insoupçonnée à plusieurs mélodies et souligne ainsi la filiation qui unit Hahn à Poulenc. Il joue plusieurs fois en soliste notamment l’accompagnement du <em>Tango habanera</em> qui vaut d’être entendu sans la ligne de chant. Il est rare d’entendre un récital entièrement consacré à Reynaldo Hahn. Grâce soit rendue aux interprètes de nous en avoir exprimé la véritable envergure. A la fin, sur les dernières phrases du piano, la chanteuse et le comédien se tournent, face à l’océan mordoré, vers le fortin de Sarah Bernhardt, alors qu’un soleil couchant éblouissant les illumine. Quand les artistes et l’écrivaine quittent la scène, ils se mêlent au public qui leur fait, très ému, une véritable haie d’honneur sur la lande.</p>
<p> Le 3 août rendez-vous dans la magnifique église de Locmaria (XIe siècle), pour le concert traditionnel de musique sacrée composé cette fois (actualité oblige!) autour du thème du Choral du Veilleur « Wachet auf » écrit par un compositeur du XVIe siècle, au temps de la peste, et repris par Bach et Mendelssohn. Le jeune chef<strong> David Jackson</strong> est à l’orgue. Il a réalisé la réduction pour un petit ensemble qu’il dirige : sept musiciens venus de partout en Europe dont l’excellent premier violon anglo-serbe <strong>Nemanja Ljubinkovič</strong>. Le quatuor vocal interprète les récits, airs et chœurs. Dommage qu’il soit peu homogène. Le ténor et le baryton, dans un répertoire qui leur convient mal, peinent à s’accorder au magnifique duo de Lauren Urquhart toujours aussi rayonnante et de la mezzo française Eléonore Gagey à la voix veloutée et l’émission franche et assurée. L’engagement de tous attire la sympathie du public, notamment dans les extraits du <em>Paulus</em>  de Mendelssohn.</p>
<p>Le lendemain c’est l’imposante citadelle de Vauban qui accueille les chanteurs pour un gala d’opéra. Le public a rempli la grande salle, lieu mythique du Festival. <strong>Eléonore Gagey</strong> est excellente dans l’air de Rosine du <em>Barbier de Séville</em> de Rossini et particulièrement émouvante dans l’air d’<em>Ariodante</em> de Haendel. Lauren Urquhart est à nouveau acclamée par le public notamment dans l’air de Morgane d<em>’Alcina</em> de Haendel et « O mio Babbino Caro » de <em>Gianni Schicchi</em> de Puccini. Sa technique exemplaire lui permet une égalité d’émission sur toute la tessiture, du grave sonore à l’aigu ample et brillant. Une vraie révélation !  Le ténor <strong>Peter Tantsits</strong>, très exubérant dans l’air de <em>Gianni Schicchi</em>, donne libre cours à des aigus très appuyés. Mais la ligne vocale et la justesse sont souvent hasardeuses. Un appui constant du souffle lui permettrait un meilleur legato et une diction vocalique plus précise. Le jeune baryton polonais <strong>Lukas Klimczak</strong> a une voix sonore et percutante. Son chant gagnerait à être plus nuancé car son timbre est magnifié quand il se permet des mezza-voce. Il est excellent dans l’air de <em>Die Tote Stadt</em> de Korngold et dans celui d’<em>Eugène Onéguine</em> de Tchaikovski.</p>
<p>Au piano <strong>David Jackson</strong> est tellement habité que le public lui fait une ovation. Durant les deux semaines du festival, c’est lui qui fait travailler le chœur d’enfants avec un talent rare de pédagogue. L’année prochaine il retrouvera le chœur de musique sacrée, formé par des amateurs de l’île et par les jeunes artistes en résidence. Car il y aura de l’opéra ! La beauté de ce festival (qui se poursuit cette année jusqu’au 12 août) tient aussi au fait que c’est le festival du peuple de Belle-Île et qu’il en est fier. </p>
<p> </p>
<p>
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		<title>Concerts d’été au Festival Lyrique-en-Mer — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concerts-dete-au-festival-lyrique-en-mer-belle-ile-en-mer-isola-lyrica/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2020 02:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Il était inenvisageable de ne pas proposer d&#8217;édition 2020 du festival Lyrique-en-Mer » martèle Marie-Françoise Morvan, la présidente du festival. « Les conditions en sont inédites, très contraintes, mais nous avons la chance de pouvoir proposer cinq programmes originaux, cet été à Belle-Ile ». Nous avons pu assister à trois de ces soirées: À deux pas de la mer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Il était inenvisageable de ne pas proposer d&rsquo;édition 2020 du festival Lyrique-en-Mer </em>» martèle <strong style="font-size: 14px">Marie-Françoise Morvan</strong>, la présidente du festival. « <em>Les conditions en sont inédites, très contraintes, mais nous avons la chance de pouvoir proposer cinq </em><em>programmes originaux, cet été à Belle-Ile</em> ». Nous avons pu assister à trois de ces soirées:</p>
<p><em>À deux pas de la mer qu&rsquo;on entend bourdonner,</em><br /><em>Je sais un coin perdu de la terre bretonne</em><br /><em>Où j&rsquo;aurais tant aimé, pendant les jours d&rsquo;automne,</em><br /><em>Chère, à vous emmener !&#8230; </em></p>
<p>Cet extrait de « Paysage » d&rsquo;André Theuriet aurait pu servir de point de départ au programme Reynaldo Hahn, évocation musicale de l&rsquo;été 1912, imaginé par <strong>Philip Walsh</strong>, le directeur artistique pour la soirée d&rsquo;ouverture du festival. Tous les adeptes de Belle-Ile le savent, la Chère – Sarah Bernhardt – en fut une prestigieuse estivante qui investit avec bonheur la Pointe des Poulains où elle accueillit ses intimes, dont le brillant compositeur.</p>
<p><strong>Fabienne Marsaudon</strong>, venue en voisine, a crocheté un bien joli patchwork de textes à partir de la correspondance des artistes afin d&rsquo;articuler une proposition généreuse de dix-neuf mélodies, exercice d&rsquo;endurance pour la vaillante soprano <strong>Jazmin Black -Grollemund</strong> qui relève le défi avec grâce et sensibilité, une grande justesse dans l&rsquo;émotion, soutenue par l&rsquo;accompagnement attentif, plein de délicatesse et d&rsquo;esprit de Philip Walsh. L&rsquo;artiste américaine avait découvert la Bretagne lors d&rsquo;une académie d&rsquo;été du festival qui accueille chaque été de jeunes artistes venus d&rsquo;outre-Atlantique ; elle n&rsquo;est jamais repartie et se trouve particulièrement bien placée pour vanter les charmes de l&rsquo;île d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle profite de beaux graves charnus dignes d&rsquo;une mezzo, de pianis raffinés, d&rsquo;un joli legato même si elle a tendance à détimbrer ses médiums dans ce répertoire. Mention spéciale pour « A Chloris », pour le « tango Habarena sous l&rsquo;oranger »  ainsi que pour « Paysage ». </p>
<p><strong>Michael Martin-Badier</strong> prête sa voix à l&rsquo;épistolier Reynaldo Hahn et évoque avec autant de retenue que de finesse la beauté de l’île, les promenades à pied ou en bateau, les soirées pluvieuses au coin du feu ou encore les somptueux couchers de soleil. S&rsquo;installe alors un effet d&rsquo;écho assez délicieux entre les silhouettes évoquées (Reynaldo Hahn, Sarah Bernhardt mais également Marcel Proust, Catulle Mendes ou encore Sacha Guitry et Yvonne Printemps), les trois artistes sur scène et enfin le public qui, tous, résident à Belle-Ile et connaissent parfaitement les lieux et les moments décrits.</p>
<p>C&rsquo;est une Jazmin Black Grollemund rayonnante que nous retrouvons dans le cadre prestigieux de la citadelle pour incarner avec toujours autant d&rsquo;intelligence expressive, Mimi, Chimène et – plus inattendu mais parfaitement réussi – Carmen. Cette soirée de Gala réunit six artistes lyriques, tous passés par l&rsquo;académie du festival, autour du piano sensible de<strong> David Jackson</strong> au toucher rond et généreux. Les jeunes pousses prometteuses, sont désormais des professionnels confirmés. Les « hits » du lyriques se succèdent, que le public retrouve avec le plaisir d&rsquo;une madeleine après tant de mois de sevrage musical.</p>
<p><strong>Andrew Nolen</strong> est un formidable Leporello qui mâtine son catalogue d&rsquo;un soupçon d&rsquo;espièglerie. Comédien jusqu&rsquo;au bout des ongles, il fait tant que « la piccina » semble vraiment là, face à nous. Son timbre rond et sensuel s&rsquo;enrichit de mille nuances que l&rsquo;on retrouve dans un somptueux extrait de <em>Macbeth</em> (« Come dal ciel precipita », Verdi, rôle de Banco).</p>
<p>Le tout jeune ténor<strong> Jean Miannay</strong> ravit par une émission claire et rayonnante, joliment ancrée et une présence pleine d&rsquo;innocence qui donne beaucoup de fraîcheur à son Don Ottavio (<em>Don Giovanni </em>de Mozart, « Dalla sua pace ») et une émotion singulière au « Kuda, Kuda » de Lensky dans<em> Eugène Onéguine</em>.</p>
<p>Les deux hommes sont entourés de quatre femmes aux tempéraments aussi différents que brillants, choisies, elles aussi par Philip Walsh avec le talent qu&rsquo;on lui connaît.</p>
<p><strong>Eléonor Gagey</strong>, qui a découvert le chant lyrique enfant, au festival, est une magnifique <em>Cenerentola </em>(« Nacqui all&rsquo;affanno e al pianto », Rossini). L&rsquo;unité des registres est remarquable, tout comme la richesse des harmonies qui fait également merveille dans le rôle de Sesto (« Parto, parto »<em>, la Clémence de Titus</em> de Mozart) où la redoutable vocaliste fait montre alors de beaucoup de sensibilité.</p>
<p>Les vocalises sont également simples formalités pour<strong> Louise Pingeot</strong> et <strong>Lauren Urquhart</strong> qui « coloraturent » à étourdir. La première ouvre le bal d&rsquo;un « Salut à la France » (<em>la fille du</em> <em>régiment </em>de Donizetti) qui résonne comme une invitation à renouer avec le bonheur de la musique « live » après tant de mois de streaming imposé. Elle relève surtout le défi de nous faire entrer dans l&rsquo;âme d&rsquo;une Ophélie déboussolée <em>(</em>« à vos jeux mes amis »<em>, Hamlet </em>d&rsquo;Ambroise Thomas), avec une émission d&rsquo;un grand naturel, des aigus glorieux et une diction impeccable tout au long de cet air si exigeant.</p>
<p>La seconde impose avec<em> Linda di Chamounix </em>(« O luce di quest&rsquo;anima », Donizetti) l&rsquo;évidence d&rsquo;une projection tout en brillant et en lumière avant de clore la soirée en Musetta (<em>La Bohème</em>, Puccini), un rôle qui va comme un gant à sa présence mutine.</p>
<p>Le lendemain, David Jackson triple sa casquette de chef de chant accompagnateur de celle de concepteur d&rsquo;une belle Schubertiade qui associe le compositeur viennois et ses successeurs admiratifs, de Louise Farrenc à Brahms en passant par Schumann. Autour du piano et d&rsquo;un quintette à cordes de belle tenue, certains chanteurs sont moins à l&rsquo;aise que dans le répertoire de la veille. On retiendra toutefois le poignant «<em>Dicheterliebe </em>(Schumann) de Jean Mianney ; les intenses « Doppelgänger » et « Der Tod und das Mädchen » (Schubert) d&rsquo;Andrew Nolen ; les belles qualités de musicienne de Lauren Urquhart dans « Oh quand je dors » (Liszt) et accompagnée au violon par <strong>Nemanja Ljubinkovic</strong> pour « Der Hirt auf dem Felsen » (Schubert).</p>
<p>Un concert de musique sacrée en église ainsi qu&rsquo;une programme jeune public commémorant les 250 ans de la naissance de Beethoven complètent cette programmation « covid compatible » à applaudir jusqu&rsquo;à la mi-août.</p>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-belle-ile-en-mer-la-belle-lumiere-de-lile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Aug 2019 22:31:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la 21e édition de Lyrique-en-mer, Philip Walsh, directeur artistique du festival, propose sa première Lucia di Lammermoor, une œuvre exigeante et un défi pour l’équipe artistique de Belle-Île qui relève le gant avec talent. A Londres, il y a deux ans, Katie Mitchell avait proposé une Lucia partageant l’espace en deux par le milieu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la 21e édition de Lyrique-en-mer, <strong>Philip Walsh</strong>, directeur artistique du festival, propose sa première <em>Lucia di Lammermoor</em>, une œuvre exigeante et un défi pour l’équipe artistique de Belle-Île qui relève le gant avec talent.</p>
<p>A Londres, il y a deux ans, Katie Mitchell avait proposé une <a href="https://www.forumopera.com/lucia-di-lammermoor-londres-roh-donizetti-version-gore"><em>Lucia</em></a> partageant l’espace en deux par le milieu avec un succès apparemment mitigé.<strong> Denise Mulholland</strong>, quant à elle, divise son plateau du proscenium au fond de scène comme autant de strates du réel. L’espace y est donc indéterminé – fontaine champêtre à l’avant, chambre à l’arrière alors qu’un espace indéterminé occupe le centre du plateau. La chambre de Lucia, dont le lit est la métonymie hautement signifiante reste donc visible pendant tout le spectacle. L’idée est pertinente puisque le mariage et la fidélité de la jeune fille sont bien l’enjeu du drame. Ce parti pris aurait toutefois acquis une plus parfaite cohérence si la nuit de noces y avait été également évoquée puisque cette dernière se déroule paradoxalement hors scène. L’utilisation d’un cyclo y compose, quoi qu’il en soit, de touchantes ombres chinoises, en particulier à la mort de Lucia qui accompagne celle d’Edgardo.</p>
<p>L’autre bonne idée de mise en scène est la présence silencieuse du fantôme de la fiancée assassinée de Ravenswood, évoquée par l&rsquo;héroïne au premier acte. Elle accompagne l’action de sa déambulation spectrale et prémonitoire allant jusqu’à s’unir à Edgardo dans la mort, résonance tragique entre sa triste fin et celle des amants sacrifiés. Là encore, si l’on voulait chipoter l’on pourrait déplorer que cet esprit disparaisse pendant les scènes du contrat de mariage et de la folie alors qu’il aurait pu y trouver une place légitime.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="264" src="/sites/default/files/styles/large/public/luccia36.png?itok=4P2x2F37" title="©festival Lyrique en mer" width="468" /><br />
	© festival Lyrique en mer</p>
<p>Les costumes oscillent d’un Moyen Âge fantasmé au cuir contemporain en passant par le XVIIIe siècle. L’unité est assurée par des écharpes en tartan et un joli travail de teintes.</p>
<p>Le raffinement dans le travail des couleurs se retrouve plus encore dans la fine direction de Philippe Walsh : les tempi sont toujours au service de l&rsquo;expressivité des chanteurs soutenus sans faille. La réduction orchestrale de Francis Griffin pour 14 instruments est remarquablement efficace, mettant en valeur les talents de chambriste de chaque musicien. Il faut dire que la configuration de la salle place l’orchestre en pleine lumière, devant la scène. A vrai dire, cela pourrait nuire à la plongée du spectateur dans l’histoire, heureusement, la qualité du plateau scénique évite cet écueil par une implication exemplaire. La direction d’acteur de Denise Mulholland apporte beaucoup de justesse et d’émotion aux différents protagonistes de la tragédie. Le couple des amoureux s’avère à cet égard tout à fait poignant. La jeune soprano maltaise <strong>Nicola Said</strong> est une épatante Lucia : unité des registres, richesse du timbre, aigus souverains, vocalises souples et faciles, elle pourrait sans doute améliorer encore la tenue du souffle pour des finales plus soignées mais ce n’est qu’un détail au vu d’une prestation profondément émouvante. L’actrice n’est pas moins touchante que la chanteuse, rendant crédible l’égarement de la jeune femme déchirée entre devoir et sentiments.</p>
<p>Si le spectateur a la gorge serrée c’est également grâce à la très belle performance d’<strong>Aaron Short</strong>, Edgardo sincère à l’émission équilibrée, simple, pure, à la projection sans faille dont les duos amoureux tout comme la fin tragique s’avèrent assez bouleversants.</p>
<p>Face aux amants sacrifiés, <strong>Christian Bowers</strong> campe un Ashton de belle prestance à la voix pleine, aux riches couleurs, au timbre généreux tandis que <strong>Colin Ramsey</strong>, pour sa part, compose un Raimondo à la voix un peu engorgée mais très impliqué scéniquement.</p>
<p>Le chœur rassemble les 14 jeunes chanteurs de l’académie d’été du festival dont l’effectif se partage équitablement entre artistes français et américains. Ils forment un ensemble engagé et vaillant, à la pâte sonore riche et ronde. Il aura son heure de gloire en soliste le 11 août prochain avec une version prometteuse de <em>Passionnement</em>, d’André Messager.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-belle-ile-en-mer-floria-la-belle-en-lile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Aug 2018 05:42:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hors saison, à Belle-Ile, vous aurez peut-être la surprise d&#8217;entendre d’étonnantes discussions : ici, ce sont deux dames qui, à la poissonnerie, échangent sur les difficultés rythmiques du Sanctus de la Messe Nelson de Haydn ; là, ce sont deux enfants dont les conciliabules, devant la boulangerie, évoquent moins le mérite comparé des crocodiles et des carambars, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Hors saison, à Belle-Ile, vous aurez peut-être la surprise d&rsquo;entendre d’étonnantes discussions : ici, ce sont deux dames qui, à la poissonnerie, échangent sur les difficultés rythmiques du Sanctus de la <em>Messe Nelson</em> de Haydn ; là, ce sont deux enfants dont les conciliabules, devant la boulangerie, évoquent moins le mérite comparé des crocodiles et des carambars, que les démêlés tragiques de Tosca et Scarpia. Telle n’est pas la moindre réussite du Festival Lyrique-en-mer, qui depuis vingt ans, fédère les iliens autour d’un projet lyrique d’envergure. Bénévoles et amateurs se révèlent les rouages indispensables permettant la création de 26 opéras et 73 concerts de musique sacrée en deux décennies. Autre charme propre aux festivals d’été, le public des soirées mêle complaisamment îliens et intelligentsia parisienne en vacances. Tous célèbrent ce soir le destin déchirant de Tosca dans une mise en scène sobre mais efficace de <strong>Stephanie Havey</strong> qui utilise fort intelligemment les trois courtes semaines de répétition tout comme la faible ouverture de scène dont elle dispose. Quelques éléments de décors mobiles campent l’église puis les créneaux du château Saint-Ange et sa geôle tandis qu’un grand crucifix s’abat un peu plus à chaque acte, à l’image des espoirs de Tosca. Des aspirations piétinées comme cette croix qui lui sert de rampe pour le saut final.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/enfant_0.jpg?itok=trweKoGz" title="© Lauren Pasche" width="468" /><br />
	© Lauren Pasche</p>
<p>L’harmonie en doré et noir qui unifie costumes et décor est d’une élégante sobriété. Elle est réveillée par des touches de rouge comme ces simples rubans appliqués sur des costumes de ville qui créent une mystérieuse hiérarchie militaire et résonnent du sang des victimes du tyran romain. Scarpia, justement, est superbement incarné par <strong>Tyler Simpson</strong>, un pilier du festival. Fort d’une projection percussive, d’une excellente diction, il s’enorgueillit surtout d’une belle prestance à la dureté retenue, au sourire glaçant. Face à lui s’épanouit la formidable Tosca de <strong>Natalya Romaniw</strong>, à la présence déchirante d’une grande justesse, à la voix longue dotée un beau legato, de médiums et graves soyeux, d’aigus larges, puissants et solaires. Elle confirmera cette convaincante prise de rôle à l&rsquo;Opéra National d&rsquo;Ecosse la saison prochaine. On aurait aimé l’entendre dans Tatyana ou Jenůfa, deux rôles qu’elle a récemment interprétés outre-Manche. Son amoureux de théâtre, <strong>Adorján Pataki</strong>, appelle un jugement plus nuancé. Si le timbre est glorieux et les médiums fermement campés, les aigus, en revanche, décrochent trop souvent. <strong>John Paul Huckle </strong>propose un Angelotti convaincant, à la voix charnue, que l’on souhaiterait entendre plus longuement ; <strong>Christian Bowers</strong> incarne un sacristain enjoué à la projection très naturelle. Le chœur d’enfants du festival ainsi que les jeunes artistes en formation complètent avantageusement la distribution.</p>
<p>La réduction d’orchestre réalisée par <strong>Philip Walsh</strong> fait la part belle aux instruments à vents – clarinette et basson tout particulièrement – qui souffrent moins que les cordes, éprouvées en cette soirée caniculaire. L’effectif – regroupant une quinzaine d’instrumentistes – n’en demeure pas moins efficace. La direction engagée du chef britannique permet une intensité dramatique intacte, une précieuse utilisation des couleurs, des nuances, enrichies d’un travail de chambriste remarquable pour les musiciens souvent seuls à assurer leur pupitre. L’équipe de bénévoles – très investie – a grand mérite de créer ainsi des œuvres du grand répertoire dans ce paradis bellilois ! Comme souvent dans les festivals bretons, la proximité des spectateurs avec la scène est porteuse d’une émotion toute particulière dont les estivants auraient tort de se priver.</p>
<p> </p>
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		<title>DONIZETTI, L&#039;elisir d&#039;amore — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lelisir-damore-belle-ile-en-mer-un-sacre-coup-de-jeune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2017 06:18:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée à Malte en 2015, sous la direction musicale de Philip Walsh, cette joyeuse production du chef d’œuvre de Donizetti par Denise Mulholland, correspondait idéalement à ce que Belle-Île souhaitait présenter à la salle Arletty pour cette saison inscrite sous le signe de l’amour. Metteur-en-scène d’origine écossaise et chanteuse, formée à Londres, détentrice de nombreuses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée à Malte en 2015, sous la direction musicale de <strong>Philip Walsh</strong>, cette joyeuse production du chef d’œuvre de Donizetti par <strong>Denise Mulholland</strong>, correspondait idéalement à ce que Belle-Île souhaitait présenter à la salle Arletty pour cette saison inscrite sous le signe de l’amour. Metteur-en-scène d’origine écossaise et chanteuse, formée à Londres, détentrice de nombreuses récompenses et riche d’une carrière internationale, Denise Mulholland est actuellement directrice du Théâtre national de la Jeunesse à Malte. Avec elle, le livret de Felice Romani inspiré de celui d’Eugène Scribe pour <em>Le Philtre</em> d’Aubert prend un sacré coup de jeune. On saute du XIX<sup>e</sup> siècle aux années 1950, en plein boom économique et on quitte la campagne pour une villégiature de rêve sur la côte amalfitaine. Cela n’est pas sans conséquences sur l&rsquo;impact des personnages et sur leur relations. La propriétaire d’une pension au bord de la mer (Adina) ne se conduit pas  exactement comme une fermière. Un ancien escroc du marché noir (Dulcamara) n’agit pas tout à fait comme un camelot de village. Un bel officier de marine arrogant (Belcore) n’a pas la même force comique qu’un sergent entreprenant. Avec la bousculade d’une folle jeunesse entourant Giannetta devenue femme de chambre, la séance de lecture de <em>Tristan et Iseult </em>par Adina et les apparitions hilarantes de Belcore et de Dulcamara ont une portée moindre. En revanche, où qu’il se trouve et quoi qu’il fasse, le personnage de Nemorino demeure exclusivement habité par sa passion amoureuse.</p>
<p>Depuis l’ouverture gazouillante et dansante, la musique avec son alternance de gaité et de mélancolie, ses chœurs guillerets, ses morceaux de bravoure, ses duos et ses cavatines conserve tout son charme. Donizetti a parfaitement réussi la synthèse entre l’opéra <em>buffa</em> italien et l’opéra comique français. Finement mais fermement conduit par Philip Walsh, le petit orchestre est éblouissant. Notons qu’au deuxième acte quelques effets scéniques surprenants réglés au cordeau et bien en phase avec la musique font mouche.</p>
<p>Si les <strong>Jeunes artistes du festival</strong> s’en donnent à cœur joie sous la houlette de <strong>Lauren Urqhart</strong> (Giannetta), la jeune soprano <strong>Adéline Le Mer</strong> tire timidement son épingle du jeu dans le rôle d’Adina. Elle ne manque ni d’élégance ni de qualités vocales mais il faut attendre son dernier air « Prendi, per mi sei libero » pour qu’elle dévoile son potentiel. Le Belcore du baryton américain <strong>Jonathan Meyer,</strong> confirme ses qualités déjà appréciées dans <a href="https://www.forumopera.com/cosi-fan-tutte-belle-ile-en-mer-jubilatoire-avec-les-moyens-"><em>Cosi fan tutte </em>l’an dernier</a> : prestance, projection, articulation. Quant au baryton italien, <strong>Emilio Marcussi</strong>, il démontre ici sa familiarité avec le style rossinien acquis notamment à l’Académie de Pesaro. Il possède la faconde et la technique du chant syllabique nécessaires pour camper un solide Dulcamara aussi bien dans sa cavatine « Udite, udite » que dans la barcarolle avec Adina « Io son ricco e tu sei bella ». Reste à dire combien nous avons apprécié le ténor américain <strong>Tyler Nelson</strong>. Velouté du timbre, puissance, phrasé impeccable&#8230; et surtout, engagement dramatique de chaque instant. Depuis son air d’entrée « Quanto è bella, quanto è cara » jusqu’à la fameuse romance « Una furtiva lagrima », sans le moindre cabotinage, Nelson se montre exceptionnel dans ce rôle qui lui va vraiment comme un gant. Les applaudissements enthousiastes qu’il reçoit à la fin du spectacle démontrent que le public en est conscient.</p>
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		<title>Gloria&#124;Requiem — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gloria-de-vivaldi-et-requiem-de-mozart-belle-ile-en-mer-double-plaisir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Aug 2017 05:59:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En cette douce soirée d’été, après avoir fait vibrer les charmantes églises de Locmaria et de Bangor, le Chœur et l’Orchestre du Festival de Belle-Île ont conquis le public de sa « capitale » administrative . Grâce à un travail assidu, ils ont produit des interprétations intenses auxquelles les fidèles amis et les soutiens d’une manifestation lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En cette douce soirée d’été, après avoir fait vibrer les charmantes églises de Locmaria et de Bangor, le Chœur et l’Orchestre du Festival de Belle-Île ont conquis le public de sa « capitale » administrative . Grâce à un travail assidu, ils ont produit des interprétations intenses auxquelles les fidèles amis et les soutiens d’une manifestation lyrique à vocation internationale devenue incontournable, se montrent de plus en plus sensibles. Alors que le soleil n’est pas encore couché, ce public se presse pour emplir entièrement la belle église de Palais, remarquable pour ses mosaïques originales et ses vitraux colorés.</p>
<p>Pour commencer, nous baignons dans la joie avec un magnifique <em>Gloria</em> de Vivaldi dirigé par <strong>David Jackson.</strong> Pianiste, compositeur, chef de chant à la Maîtrise de Notre Dame de Paris ainsi qu’aux conservatoires de Versailles et de Meudon — également depuis plusieurs années au festival lyrique de Belle-Île — il fait ici brillamment ses débuts au pupitre. Sa lecture dynamique et rigoureuse veillant à faire ressortir toutes les couleurs instrumentales et à bien détacher les plans sonores des douze parties de l’œuvre est  d’une précision admirable. Avec leurs voix diaphanes et lumineuses, les trois sopranos et les deux mezzos solistes intégrées au chœur, ne tombent à aucun moment dans la théâtralisation. C’est beau, c’est poétique, c’est fervent, tout en demeurant absolument vivaldien. On retiendra  en particulier  « <em>In terra Pax », </em> « <em>Domine Deus </em>» et, surtout, le superbe « <em>Qui sedes ad dexteram Patris » </em>! </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/requiem_palais_2017_web-5829.jpeg?itok=n10__clV" title="Gloria © Léonor Matet" width="468" /><br />
	Gloria © Léonor Matet</p>
<p>Après l’entracte, avec le célèbre <em>Requiem</em> de Mozart, l’heure est beaucoup plus grave. Sous la baguette experte de <strong>Philip Walsh,</strong> directeur artistique du Festival, les mêmes forces orchestrales et chorales comprenant comme précédemment les<strong> Jeunes artistes </strong>et avec la participation d’un quatuor vocal opératique, interprètent cette œuvre ultime dont la genèse obscure a fait l’objet de bien des suppositions et controverses. Aujourd’hui, le travail de plusieurs générations de musicologues a permis d’établir que si la composition a bien eu lieu dans des conditions tragiques nécessitant l’intervention maladroite de l’entourage du <em>divin</em> Mozart, l’authenticité de l’inspiration et des intentions de ce <em>Requiem, </em>conçu face à la mort, ne fait aucun doute.</p>
<p>La solide voix de baryton basse assortie d’une excellente articulation de <strong>Tyler Simpson,</strong> résonne avec force ; alors que, sans démériter, le ténor et la soprano — peut-être surmenés ? — manquent quelque peu de conviction. Quoi qu’il en soit, la majesté d’«<em> Introitus </em>», la fureur de « <em>Dies irae </em>», la lourde menace  de « <em>Tuba mirum </em>», la piété résignée de « <em>Lacrimosa </em>»,  la joie de « <em>Domine Jesu </em>», la solennité  de « <em>Sanctus</em> » sont parfois en dessous de ce qu’on attend du prodigieux génie mozartien. Cependant en dépit du rafistolage de la partition maintes fois dénoncé, nous sommes submergés par une profonde émotion. Et comme le souhaite Philip Walsh dans son introduction à ce bouleversant requiem, nous le ressentons comme « <em>une invitation optimiste à l’éternité, et pas uniquement comme la fin terrifiante et tumultueuse de la vie de ce grand compositeur</em>».</p>
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		<title>Belle-Île Festival : Philip Walsh désormais Maître à bord</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/belle-ile-festival-philip-walsh-desormais-maitre-a-bord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jun 2017 14:44:09 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/belle-ile-festival-philip-walsh-desormais-maitre-a-bord/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quand nous avons découvert en 2012 le Festival lyrique de Belle-Île, né du coup de foudre du baryton américain, metteur-en-scène et pédagogue, Richard Cowan, décédé l’an dernier, c’était déjà sa 15e édition. Son fondateur avait mis au point une formule magique pour en faire un moment unique. Au programme, un chef-d’œuvre de musique sacrée exécuté &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand nous avons découvert en 2012 le Festival lyrique de Belle-Île, né du coup de foudre du baryton américain, metteur-en-scène et pédagogue, Richard Cowan, <a href="https://www.forumopera.com/breve/belle-ile-hommage-mozartien-a-richard-cowan">décédé l’an dernier</a>, c’était déjà sa 15<sup>e</sup> édition. Son fondateur avait mis au point une formule magique pour en faire un moment unique. Au programme, un chef-d’œuvre de musique sacrée exécuté dans les églises de l’île, des opéras mis-en-scène avec les moyens du bord mais d’une qualité professionnelle indéniable, un programme pédagogique convivial et exigeant. À la manœuvre, un orchestre de chambre constitué de solistes confirmés, plus un Chœur local préparé avec soin tout au long de l’année, des artistes lyriques prometteurs en début de carrière internationale, des jeunes chanteurs en formation.</p>
<p>Cet hiver, à la suite de luttes intestines entraînant la démission en bloc du conseil d’administration, l’aventure a failli prendre fin <a href="https://www.forumopera.com/breve/lyrique-en-mer-echouage-et-remise-a-leau">une fois de plus</a><a href="https://www.forumopera.com/breve/lyrique-en-mer-echouage-et-remise-a-leau">.</a> Grâce au soutien de ses fidèles sponsors, un nouveau conseil d’administration restreint a pu se constituer. Il a nommé le talentueux chef britannique <strong>Philip Walsh </strong>(directeur musical depuis 2001) Directeur Artistique du Festival. Pour sa 20<sup>e</sup> édition, qu’il a voulu « sous le signe de l’amour » Philip Walsh a programmé le <em>Gloria </em>de Vivaldi, le <em>Requiem </em>de Mozart, <em>L&rsquo;elisir d’amore</em> de Donizetti dans une mise en scène de <strong>Denise Mulholland Ains</strong>, acclamée à Malte en 2015. Le14 août, il y aura à la citadelle Vauban un concert d’Orchestre avec soprano sur le thème des Nuits d’été. Sans oublier, paraît-il à la demande des chanteurs, deux soirées cabaret Lyrique en Jazz à la salle Arletty. Plus d&rsquo;informations sur <a href="http://www.lyrique-belle-ile.com/">lyrique-belle-ile.com </a>.</p>
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		<title>MOZART, Così fan tutte — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-belle-ile-en-mer-jubilatoire-avec-les-moyens-du-bord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Aug 2016 10:02:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’action se passe de nos jours sur une île imaginaire inspirée de Belle-Île dans une ambiance tout ce qu’il y a de bon enfant. Au milieu du plateau, un poteau indicateur avec trois directions fictives : « Citabelle », « Château Fouquet » et «  Ma plage ». À l’évidence, c’est L’école des amants, sous-titre de l’œuvre pris au pied de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’action se passe de nos jours sur une île imaginaire inspirée de Belle-Île dans une ambiance tout ce qu’il y a de bon enfant. Au milieu du plateau, un poteau indicateur avec trois directions fictives : « Cita<em>b</em>elle », « Château Fouquet » et «  Ma plage ». À l’évidence, c’est <em>L’école des amants,</em> sous-titre de l’œuvre pris au pied de la lettre, qui a orienté <strong>Neta Amit Moreau </strong>vers cette mise-en-scène fringante et ludique. Astucieuse option pour représenter, avec un budget limité, un opéra sur la scène d’une salle municipale dépourvue de machinerie. </p>
<p>Au lever du rideau, un simple guéridon et quelques sièges suffisent à évoquer le bar où Ferrando et Guglielmo vont accepter de relever le défi de Don Alfonso. Puis, vêtues comme des écolières (nous y voilà&#8230;) Fiordiligi et Dorabella, assises côte-à-côte à un pupitre de classe primaire, échangent des confidences amoureuses avant de dire adieu à leurs fiancés déguisés en marins. Quant à la fameuse parade « Bella vita militar », elle se déploie en sandales, shorts ou jupettes multicolores, chemises à fleurs, châles en fausse dentelle. Force lunettes de soleil, agitation de bannières et de longues étoffes bleues figurant la mer&#8230; On ne saurait décrire par le menu l’ambiance délurée qui règne ensuite sous les parasols et derrière les serviettes de plage durant les nombreux changements de scènes de ces deux actes endiablés où les bonnes idées théâtrales foisonnent. Loin des comédies brutalement érotiques qui font aujourd’hui florès<em>, </em>on apprécie une direction d’acteurs limpide, amusante, sensuelle, jamais vulgaire. Solos, duos, ensembles&#8230; incroyables moments de grâce, notamment le délicieux trio « soave il vento », moments forts où le ciel tourne à l’orage, moments de doute ou même de révolte&#8230; Le tout s’enchaîne au rythme de la musique.</p>
<p>Sous la houlette de <strong>Philip Walsh</strong> aussi minutieux qu’enthousiaste, l’Orchestre du Festival se limite à treize  musiciens. C’est avec une volupté évidente que — de l’ouverture au finale — cette phalange restreinte, emmenée bon train par son chef, se délecte à faire jaillir les mille et une nuances d’une partition qui passe de l’ironie à l’émotion, voire de la bouffonnerie à la tragédie dans une conversation mozartienne incessante entre instrumentistes et chanteurs. À défaut de pouvoir citer ces treize talentueux solistes à part entière, nommons leur brillantissime et facétieux premier violon : <strong>Nemanja Ljubinković.</strong></p>
<p>Le sextuor des principaux chanteurs satisfait les exigences vocales de chaque personnage. Tous ont déjà été applaudis ici et on peut constater les progrès accomplis. Après son succès l’an dernier dans <em>I Pagliacci</em>, <strong>Jazmin Black Grollemund</strong> — participe depuis 2009 au Festival de Belle-Île où elle vit désormais — est aujourd’hui Fiordiligi, héroïne passionnée à plusieurs facettes. Après le délicieux  duo « A guarda, sorella » tout en légèreté, elle sera ensuite capable de réussir sans trébucher aussi bien les longs passages coloratures que les incursions dans l’extrême grave de sa tessiture. Au deuxième acte, elle chante de manière plus intériorisée mais non moins intense le grand air « Per pietà, ben mio, perdona ». C’est avec plaisir qu’on retrouve <strong>Karin Mushegain</strong>, entendue en 2012 dans le rôle titre de <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/une-mise-en-scene-bondissante-et-bien-plus"><em>La Cenerentola</em> </a> et en 2013 dans Rosine du <a href="/spectacle/sexy-ludique-jamais-barbant"><em>Barbier de Séville</em></a>. La mezzo californienne dont la carrière commence à s’épanouir aux États-Unis a notamment chanté Dorabella à l’opéra de Memphis. Sa voix au timbre agréable et naturel s’est étoffée et stabilisée. « Smanie implacabili » est chanté avec aplomb sans pour autant basculer dans le tragique. La question rieuse de Despina avec « In uomini, in soldati, sperare fedelta ? » nous ramène d’ailleurs sans tarder à la comédie. Pivot de l’action, le couple complice Despina &#8211; Don Alfonso est particulièrement cocasse. Dans son rôle de soubrette, vive et espiègle, qui lui va comme un gant, la soprano française <strong>Louise Pingeot</strong> fait énormément rire. Le baryton basse <strong>Tyler Simpson</strong> semble lui aussi comme un poisson dans l’eau dans un personnage qu’il chante avec compétence et joue avec finesse. Quant aux amants pris au piège, ils sont tous deux convaincants. Le baryton états-unien <strong>Jonathan Beyer</strong> a acquis beaucoup d’assurance depuis son Escamillo bellilois en 2013. Sa voix bien projetée aux excellents graves, sa diction soignée et son talent de comédien lui permettent de nous donner un Guglielmo brillant, ardent, très bien campé. Dans Ferrando, <strong>Tyler Nelson</strong>, met sa sensibilité au service d’un personnage plus ambigu et dont la sincérité n’est pas toujours évidente. Si son timbre caressant séduit dans le fameux air « Un’aura amorosa » chanté correctement, le ténor surprend davantage par le bel engagement dramatique qu’il démontre dans la cavatine « Tradito, schernito » rageuse à souhait.</p>
<p>En ce soir de première, la salle archicomble (plusieurs rangées de chaises ont été ajoutées) fait un triomphe à une équipe artistique hardie, soudée par la passion.</p>
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