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	<title>Sebastian WEIGLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sebastian WEIGLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Tannhaüser &#8211; Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Aug 2024 06:55:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme Parsifal quelques jours plus tôt, Munich propose ce soir la reprise d’une production wagnérienne créée quelques années plus tôt avec un distribution presqu&#8217;entièrement différente. En 2017, Romeo Castellucci exposait déjà plusieurs de ses tics (la gaze en guise de quatrième mur, les animaux, ou les textes pas toujours lisibles notamment) qui le font depuis progressivement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme <em>Parsifal</em> <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-munich/">quelques jours plus tôt</a>, Munich propose ce soir la reprise d’une production wagnérienne<em> </em>créée quelques années plus tôt avec un distribution presqu&rsquo;entièrement différente. En 2017, Romeo Castellucci exposait déjà plusieurs de ses tics (la gaze en guise de quatrième mur, les animaux, ou les textes pas toujours lisibles notamment) qui le font depuis progressivement glisser vers une caricature de lui-même. Toutefois il conserve ici une ambition graphique capable de séduire et faire oublier leur quête de sens aux spectateurs analytiques qui voudraient en trouver derrière tous ces signes, souvent plus sibyllins que polysémiques, tout cadre narratif semblant aboli. A défaut de<a href="https://www.slate.fr/story/266117/theatre-berenice-racine-romeo-castellucci-isabelle-huppert-mise-en-scene-tragedie"> tirade devant une machine à laver</a>, on commence tout de même par être agacé au point de vouloir fermer les yeux devant ce ballet d’amazones pendant l’ouverture et la bacchanale : les archères passent 20 minutes à décocher des flèches dans un œil géant en fond de scène, qui devient une oreille, qui devient une pomme. Plusieurs sens sont attaqués donc. Tannhäuser utilisera ensuite ces mêmes flèches comme une échelle pour grimper au Venusberg. On comprend ensuite vite que l’arc remplace la harpe, la flèche la note et Elisabeth ira jusqu’à en ficher une dans le dos du héros à la fin de l’acte II. L’inverse n’est pas vrai, ce sont bien des arcs que les chasseurs portent à la fin du premier acte, et qu’ils banderont pour menacer Tannhäuser à la fin du second. Cette introduction est donc en totale opposition avec la musique de la bacchanale, vouée au plaisir des sens. Le jeu des couleurs est plus lisible : à Venus le rouge, aux personnages de la Wartburg le blanc, aux pêcheurs le noir : intégral pour les pèlerins, une tache dans le dos pour Tannhäuser, qui semble possédé par une figure maléfique entièrement noire aussi. La lecture est néanmoins brouillée par le blanc adipeux des suivants de la déesse, et le noir que porte le fantôme d’Elisabeth au dernier acte. Laissons ici d’autres signes que certains, plus clairvoyants que nous, réussiront peut-être à assembler : la rosace peinte en direct avec le sang du cerf ; les pèlerins qui portent un gros rocher doré qu’ils rapportent de Rome en petits morceaux ; les pieds coupés ; Elisabeth qui devient gisante et dont le cadavre gonfle, puis tombe en poussière face à celui du chanteur (on a écrit le nom de l’interprète, Klaus, sur son tombeau, pour elle c’est plus simple, c’est le même) pendant le milliard de milliards de milliards (sic) d’années que l’on nous dit s’écouler (oui, Wagner, pour certains, c’est long, mais quand même !). Plus réussie est la scène du Venusberg avec ces nus féminins qui défilent dans l’oculus en fond de plateau, et surtout cet amas libidineux et animé dont Vénus émerge puis s’extirpe, et qui s’amincit au fur et à mesure que la séparation se confirme. Comme si le héros émergeait lui aussi d’une assemblée ensuquée par un plaisir charnel poisseux, ivre de chairs. On citera aussi les éclairages intenses et envoutants qui font de ce spectacle un objet photographique remarquable, ou les rideaux tournoyants qui structurent la grande salle de la Wartburg avec grâce, telles les anciennes toiles peintes, libérées de leur rigidité figurative.</p>
<p>Avec <strong>Sebastian Weigle</strong> l’orchestre trouve un chef solide capable d’une exécution sans coup de génie mais quasi impeccable (on ne trouvera guère à reprocher que des doubles croches en triolet des violons de l&rsquo;ouverture, un peu pesantes, alors que Wagner y voyait des « pulsions de vie ») à la tête d’une phalange qui semble jouer facilement ce monument symphonique. Plus remarquable encore est la prestation du chœur, d’une assurance et vivacité phénoménales, qui transforme les pèlerins en messagers sereins de l’apocalypse.</p>
<p>Parmi les seconds rôle, si Walther est un peu raide (comme la teneur de son discours, certes), et le landgrave d’<strong>Ain Ainger</strong> semble indisposé (vibrato incontrôlé et allemand mâchonné, insuffisamment masqués par la puissance de l&rsquo;émission et la profondeur du timbre), le Wolfram d&rsquo;<strong>Andrè Schuen</strong> a tout ce que l’on peut rêver d’un poète aux amours déçues : enthousiasme fraternel, simplicité de l’élocution, clarté de la diction, voix parnassienne. Il n’y a guère que dans l’effroi final qu’il nous semble plus limité. La Vénus de <strong>Yulia Matochkina</strong> est plus molle que sensuelle, y compris dans la diction, et intéresse difficilement malgré quelques aigus saillants.</p>
<p>Comme souvent, <strong>Klaus Florian Vogt</strong> préfère claironner le rôle que le jouer : à part au dernier acte ardemment investi, il semble réciter, de façon très détachée du drame. Certes le clairon est toujours admirable : puissance qui semble ne requérir que peu d’effort, diction au cordeau, timbre solaire, mais le souffle se raccourcit, le forçant à négliger ses fins de phrase. Sans compter le manque de nuances, et l’intonation des moments clés souvent prosaïque, voire à côté de la plaque (« Zu Ihr ! » plus énergique que fiévreux ; « Elisabeth ! » plus benêt qu’illuminé).</p>
<p>Terminons sur <strong>Elisabeth Teige</strong> : un chant légèrement vibré, intense quoique très intérieur, semblant honteuse de son emportement dans « Dich, teure Halle », c’est une amoureuse contrainte et contrite, jusque dans ce « Er kehret nich züruck », atone, suivant la stupéfaction muette. L’exact opposé du personnage éponyme. On peut préférer des héroïnes plus emportées, la prière de cette vierge protestante reste le plus beau moment de la soirée.</p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser &#8211; Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tannhauser-berlin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 May 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vous venez pour Tannhäuser (l’œuvre), vous espérez beaucoup du heldentenor, Vincent Wolfsteiner (dont vous avez entendu parler en bien) et de sa prise de rôle, vous êtes content(e) de découvrir (après les Heureux du monde à Bayreuth) l’Elisabeth de Lise Davidsen … et voilà que vous êtes cueilli(e) par les Chanteurs de la Wartburg et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vous venez pour <strong>Tannhäuser</strong> (l’œuvre), vous espérez beaucoup du heldentenor, <strong>Vincent Wolfsteiner</strong> (dont vous avez entendu parler en bien) et de sa prise de rôle, vous êtes content(e) de découvrir (après les Heureux du monde à Bayreuth) l’Elisabeth de <strong>Lise</strong> <strong>Davidsen</strong> … et voilà que vous êtes cueilli(e) par les Chanteurs de la Wartburg et en particulier par Wolfram von Eschenbach ! A lui seul en effet le Wolfram d’<strong>Andrè Schuen</strong> mérite le déplacement. Depuis quand n’avons-nous pas ressenti l’irrépressible joie de découvrir une précieuse nouvelle étoile (O Du mein holder Abendstern !) dans le ciel de la galaxie opératique ? Notons aussi la très bonne tenue de la Vénus de <strong>Marina Prudenskaya</strong> et tout ceci dans la reprise de la production de <strong>Sasha Waltz</strong> au Staatsoper Unter den Linden.</p>
<p>Andante maestoso, l’ouverture coule de la fosse. Le flot solennel s’enfle et grossit, aux clarinettes, aux cors et aux bassons. C’est le thème des Pélerins, sonnant trop charnu (pour ne pas dire épais et monochrome peut-être pour des oreilles françaises) qui s’élève jusqu’à la suite extraordinaire des notes répétées aux cordes. Petit frisson (on n&rsquo;en aura guère son content par manque d&rsquo;affektdirektion et pour cause de déficit de rubato, du moins avant le troisième acte).</p>
<p>Tout est cependant bien en place sous la baguette de <strong>Sebastian Weigle</strong> et les solistes de la <strong>Staatskapelle</strong> ont aujourd’hui trouvé un maître. Terminé les imprudences et folies de la veille avec <strong>Soddy</strong> (dans « Rosenkavalier »). Mais avec la Bacchanale, au tempo un peu trop alangui, l’orgie annoncée est un peu décevante et le manque de théâtre se fait sentir. Serait-ce l’imagination qui manque dans cette fosse ? Elle sera pourtant capable de très belles choses par la suite. Le thème de Tannhäuser sera en attendant lui aussi dangereusement étiré. Mais avec quelques roulements terribles des percussions, le public en aura pour son argent.</p>
<p>Le spectacle sur la scène a déjà commencé. Dans un puits contemplé depuis son tréfonds (ou est-ce l’iris d’un œil voyeur ?), les danseurs de la <strong>Compagnie Sasha Waltz</strong> se trémoussent, ondulent, miment de multiples fornications et malheureusement gênent notre écoute de l’ouverture. Que d’agitation superflue ! Cette bacchanale offre cependant de beaux changements de lumières et de couleurs. Quand apparaît la superbe Vénus de la mezzo russe à côté d&rsquo;un Tannhäuser tout de blanc vêtu, le combat peut commencer entre sainteté et souillure, aspiration à la pureté et entraînement irrémissible au péché.</p>
<p>Mais <strong>Vincent Wolfsteiner</strong> pèse peu face aux aigus (un peu trop) perçants (« Geliebter, komm… ») de <strong>Marina Prudenskaya</strong>, vraie furie démoniaque au chant d’acier. Elle fait peur, elle n’aguiche plus. Le ténor, quant à lui, rate sa prise de rôle dans les grandes largeurs. Il n’a pourtant pas été annoncé malade mais tout lui pose problème en déclamation comme en chant. On a droit hélas à d&rsquo;incessants chevrotements, à son impossibilité de tenir une ligne digne de ce nom, donc à des phrasés plus qu’incertains, à des détimbrages et déraillements dans les aigus qui font mal. Seule la puissance surnage parfois dans ce désastre. Il parviendra heureusement à sauver quelque peu son grand air de l’acte III, un peu moins désarticulé que les autres, car mieux négocié entre déclamation et arioso. C’est tant mieux car le sommet du rôle normalement, le récit du pèlerinage à Rome et le refus du pape d’absoudre les péchés de Tannhäuser («Inbrunst im Herzen»), est essentiel. Espérons que les problèmes du chanteur disparaissent pour les autres dates du mois de mai.</p>
<p>Un récit à l’acte trois vraiment attendu, après un deuxième acte qui a semblé plutôt interminable au spectateur, malgré le morceau de choix qu’est le concours de chant. La <strong>Staatskapelle Berlin</strong> uniformise un peu les changements de climats des scènes successives. En cause aussi entre autres, les chœurs, essentiels pourtant, qui ne nous saisissent pas toujours. Dilués dans des « ballets » (si ce mot convient encore ici) quasi incessants, obligés souvent de se déplacer, leur justesse en souffre. Ils réussissent d&rsquo;ailleurs davantage dans l’oratorio que dans l’épopée. En de fait on le craignait, cela devient clair, <strong>Sasha Waltz</strong> n’a pas grand chose à nous dire. Ses chorégraphies nous donnent souvent l’impression de remplir plutôt que de signifier.</p>
<p>Le solo de flûte puis le chant du jeune berger (<strong>Regina Koncz</strong>) sont heureusement magnifiques, qui accueillent le héros après la première disparition du Venusberg. Face aux graves insuffisances du Tannhäuser de <strong>Wolfsteiner</strong>, le spectacle recèle en effet bien des merveilles pour nous consoler. Le Landgrave de la basse russe <strong>Grigory Shkarupa</strong> a la noblesse attendue et le tournoi des chanteurs nous passionne, dans l’atmosphère d’un bal de cour des années 30. On avouera avoir un peu craint à ce stade de ne pouvoir échapper à la lecture nazie. Mais non, heureusement. Si <strong>Lise Davidsen</strong> fait encore la preuve de ses moyens exceptionnels (quel dommage qu’elle ne soit que si rarement émouvante malgré ses efforts pour nuancer son chant), le spectateur se régale durant le défilé des Minnesänger.</p>
<p>Après un salut joyeux du chœur («Freudig begrüssen wie») très allègre, marqué par une cohésion sans faille cette fois et l’éloge racé des « refrains » heureux des trouvères par le Landgrave de Thuringe, Wolfram (<strong>Andrè Schuen</strong>) peut d’ores et déjà faire la démonstration de son art du lied, subtil, supérieurement expressif. Il se montre exceptionnel diseur, tout en sentiment lyrique (« Blick ich umher in diesem edlen Kreise ») et notre cœur s’embrase aussi. Le Walter von der Wogelweide du ténor sud-africain <strong>Siyabonga</strong> <strong>Maqungo</strong> exalte le sacrifice de la sensualité de Tannhäuser en un chant clair et lumineux comme la fontaine qu’il cite. Les autres Minnesänger tiendront leur rang avec éclat dans ce tournoi où seul Tannhäuser peine ici à affirmer la réalité de la ferveur de ses penchants déréglés. La suite se traîne un peu alors que ce passage devrait être de la plus haute intensité, avec l’intervention d’Elisabeth pour sauver la vie de l&rsquo;impétrant &#8211; un passage dans lequel l’orchestre et la soprano nous ont laissé de marbre.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-130722 alignright" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Tannhauser@credits.Bernd-Uhligwww.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_204_2480b7ab9e86f4b3a9512c7e765f4af5_TannhC3A4user_71-1-300x187.jpg" alt="" width="300" height="187"></p>
<p>Au troisième acte, à l’ambiance post-apocalyptique (scène vide, fumées et lumières rougeâtres de la déréliction métaphysique), après un beau prélude d&rsquo;abord méditatif, les pupitres dialoguent pour retracer le passé et annoncer le futur. Après la splendide lave en fusion des voltes et élans d&rsquo;une grave intensité, voici le retour nu du thème de Tannhäuser. Quelques tableaux nous mèneront en une heure bien construite musicalement et scéniquement vers la conclusion tragique de l’opéra. Un acte convaincant de toute la hauteur de vue de la fosse, avec l’intervention finale pleine d’espérance du chœur des jeunes pèlerins. Bien plus que des alléluias ultimes, on se sera entre-temps délecté du stratosphérique moment offert par <strong>A. Schuen</strong>, jeune baryton italien à la voix d’or raffinée, un Wolfram livrant ici un chant sublime, éthéré, après sa scène avec Elisabeth, une tentative inutile pour sauver la nièce du Landgrave du désespoir. Accompagné de la harpe, son appel à la Nuit, tout à la fois « prémonition funèbre » et hymne à l’étoile du Berger, nous enlève littéralement dans les cieux de l’Idéal. C’est ce qu’avait adoré <strong>Baudelaire</strong>, et c’est bien ce qu’on appelle être ravis.</p>
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		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov — Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/boris-godounov-vienne-staatsoper-la-beaute-du-tsar-infanticide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 May 2022 17:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Passons vite sur la mise en scène de Yannis Kokkos. Comme souvent à Vienne, c’est joliment littéral, ça ne propose pas grand-chose et ça s’oublie vite. Les costumes sont modernes (sans que l’on comprenne bien ce que cela apporte), la direction d’acteur est correcte, voire brouillonne (les chœurs semblent plus encombrants qu’autre chose) et c’est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Passons vite sur la mise en scène de <strong>Yannis Kokkos</strong>. Comme souvent à Vienne, c’est joliment littéral, ça ne propose pas grand-chose et ça s’oublie vite. Les costumes sont modernes (sans que l’on comprenne bien ce que cela apporte), la direction d’acteur est correcte, voire brouillonne (les chœurs semblent plus encombrants qu’autre chose) et c’est surtout à la scénographie que le soin est apporté : escalier sortant des dessous, immense statue, grande tenture découpée pour y laisser apparaitre un crucifix penché ou la reproduction géante d’un visage de Christ en croix sur des toiles de scène plus ou moins déroulées.</p>
<p>C’est la première version en 7 tableaux qui est jouée et l’Orchestre du Staatsoper sait rendre hommage à sa brillante violence. Les cordes surtout sont parfaites, denses et souples, jusque dans les pizzicati d’un angoissant unisson pendant la scène du couronnement. La direction de <strong>Sebastian Weigle</strong> est efficace et propre, notamment dans les ensembles très bien réglés.</p>
<p>Le protagoniste de cette œuvre, c’est d’abord son chœur pléthorique. Ne parlant nous-mêmes pas russe, nous ne saurions juger de la qualité de leur prononciation, mais il nous a tout de même semblé entendre distinctement de nombreuses consonnes bien découpées, au lieu de la bouillie chuintante servie trop souvent, y compris par des chœurs d’autres grands opéras internationaux en dehors de Russie. Qualité supérieure, les contrastes entre les différents chœurs (peuple, boyards, pèlerins) sont parfaitement audibles, si bien que les dialogues entre ces masses ou les interventions isolées d’un de ses membres sont limpides. Cela facilite grandement l’émotion, tout comme la compréhension des forces en puissance et de leurs motivations.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="336" src="/sites/default/files/styles/large/public/borisgodunow_dsc0481_tsymbalyuk_kowaljow.jpg?itok=EJk6SNmz" title="© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn" width="468" /><br />
	© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn</p>
<p>Drame politique et social, <em>Boris Godounov</em> contient une multitude de rôles secondaires dont dépend l’animation de plusieurs scènes. Tous sont très investis et certains émergent particulièrement. Si le Nikitich d’<strong>Evgeny Solodovnikov </strong>peine à se faire entendre, on remarque notamment : le Mitioukha de <strong>Marcus Pelz</strong>, agitateur de foule très saillant ; l’excellent et théâtral Varlaam d’<strong>Ilja Kazakov</strong> dont la chanson fut un des grands moments de la soirée, tout comme sa lecture laborieuse de la lettre, même si sa santé vocale éclatante fait totalement oublier que le personnage est censé avoir la cinquantaine ; l’aubergiste de <strong>Stephanie Maitland</strong> est un mezzo moiré et profond, à la voix parfaitement projetée, qui ferait sans doute une très digne Marfa ; le Chouïski de <strong>Thomas Ebenstein</strong> était habile à signaler sa fourberie par un timbre volontairement aigre contenu dans un chant policé, tout comme le fou innocent d’<strong>Andrea Giovannini</strong> s’autorisant davantage de légères dissonances avec une égale justesse ; on citera enfin le Chtchelkalov très intéressant de <strong>Sergey Kaydalov</strong>. </p>
<p><strong>Vitalij Kowaljow</strong> semblait d’abord plus sage que sentencieux en Pimène, mais son retour dans la dernière scène le montre bien plus solaire ; la voix très claire et le jeu très fébrile de <strong>Dmitry Golovnine </strong>conviennent parfaitement à Grigory, sa façon de jouer en silence l’inquiétude avant la fuite est également très convaincante. Enfin <strong>Alexander Tsymbalyuk </strong>a d’abord déçu pendant la scène du couronnement, mais avouons que rares sont les basses capables de transpercer le mur sonore spectaculaire érigé par Moussorgski pour cette scène. Heureusement, les autres scènes le trouvent fin diseur, surtout sa dernière prière et ses hallucinations bien sûr. Le timbre est splendide et l’acteur très racé, presque trop élégant, voire séduisant, pour vraiment répugner. Son Boris penche davantage vers l’anti-héros, père aimant pétri de regrets appelant une forme de sympathie, que vers le méchant tsar infanticide et autoritaire, deux facettes qui coexistent dans le livret.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Francfort 2022-23 : l&#8217;avant-dernière saison de Sebastian Weigle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/francfort-2022-23-lavant-derniere-saison-de-sebastian-weigle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 May 2022 10:00:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la saison 2022-23, l’Opéra de Francfort reste fidèle à ses traditions. Tout d’abord, l’essentiel des distributions est constitué par la troupe et il y a forcément peu de noms très célèbres à trouver dans les programmes ; par ailleurs on retrouve une programmation équilibrée entre grandes œuvres du répertoire, opéras baroques et œuvres contemporaines. Voici &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la saison 2022-23, l’Opéra de Francfort reste fidèle à ses traditions. Tout d’abord, l’essentiel des distributions est constitué par la troupe et il y a forcément peu de noms très célèbres à trouver dans les programmes ; par ailleurs on retrouve une programmation équilibrée entre grandes œuvres du répertoire, opéras baroques et œuvres contemporaines. Voici donc ce qu’il faut retenir de la saison dévoilée ces jours-ci par <strong>Bernard Loebe</strong>, le directeur.</p>
<p>11nouvelles productions dont <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em> qui avait fait la réouverture de la maison en 1951, deux baroques (<em>Orlando</em> et <em>Hercules</em>), une création mondiale (<em>Blühen</em> de Vito Žuraj) et quelques raretés (comme <em>The Prodigal Son</em> de Britten). A noter aussi une nouvelle production de <em>Elektra</em> par <strong>Claus Guth</strong>.</p>
<p>14 reprises sont également proposées dont <em>Le vin herbé</em> de Frank Martin, <em>Xerxes</em> avec <strong>Lawrence Zazzo</strong> en Arsamene (on retrouvera Zazzo dans le rôle-titre de <em>Tamerlano</em>), un <em>Don Giovanni</em> mis en scène par <strong>Christof Loy</strong>, <em>Der ferne Klang</em> de Franz Schreker, <em>Werther</em> dans la mise en scène de <strong>Willy Decker</strong>, <em>Capriccio</em> mis en scène par<strong> Brigitte Fassbaender </strong>avec<strong> Maria Bengtsson </strong>en Madeleine.</p>
<p>A noter qu’il s’agira de l’avant-dernière saison de <strong>Sebastian Weigle</strong>, le directeur musical, puisque la venue de <strong>Thomas Guggeis</strong>, actuel Staatskapellmeister du Staatsoper unter den Linden est confirmée pour 2023-24 et une durée de 5 ans.<br />
	Le programme en détail sur le <a href="https://oper-frankfurt.de/de/spielplan/">site</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Londres 2022-23 : 20 nouvelles productions au ROH</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/londres-2022-23-20-nouvelles-productions-au-roh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2022 09:28:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La saison 2022-23 du ROH Covent Garden est sortie et elle est fidèle à sa tradition d’ouverture, de diversité et d’invités de marque. Pas moins de 20 nouvelles productions vont jalonner une saison qui s’étend du 8 septembre (Don Giovanni) au 23 juillet 2023 (La Traviata). Pour les nouvelles productions notons l’Aida de Robert Carsen &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison 2022-23 du ROH Covent Garden est sortie et elle est fidèle à sa tradition d’ouverture, de diversité et d’invités de marque. Pas moins de 20 nouvelles productions vont jalonner une saison qui s’étend du 8 septembre (<em>Don Giovanni</em>) au 23 juillet 2023 (<em>La Traviata</em>). Pour les nouvelles productions notons l<em>’Aida</em> de <strong>Robert Carsen</strong> avec <strong>Elena</strong> <strong>Stikhina</strong>, <strong>Francesco</strong> <strong>Meli</strong> , <strong>Elīna</strong> <strong>Garanča</strong> et <strong>Ludovic</strong> <strong>Tézier</strong>, <em>Alcina</em> en co-production avec le Met et <strong>Lisette</strong> <strong>Oropesa</strong> dans le rôle-titre, <em>Rusalka</em> dirigée par <strong>Semyon</strong> <strong>Bychkov</strong> avec <strong>Asmik</strong> <strong>Grigorian</strong>, l’entrée au répertoire de <em>Innocence</em> de Kaija Saariaho avec <strong>Sandrine</strong> <strong>Piau</strong> dans le rôle de Patricia, le rare <em>Arminio</em> de Haendel, <em>Wozzeck</em> (<strong>Pappano</strong>&#8211;<strong>Warner</strong>/<strong>Gerhaber</strong>, <strong>Kampe</strong>), <em>Il</em> <em>Trovatore</em> avec <strong>Rachel</strong> <strong>Willis-Sørensen</strong>, <strong>Yusif</strong> <strong>Eyvazov</strong> et <strong>Ludovic</strong> <strong>Tézier.</strong></p>
<p>Pour les reprises, remarquons la <em>Salome</em> de <strong>David</strong> <strong>Mc</strong><strong>Vicar</strong> (<strong>Malin</strong> <strong>Byström</strong> dans le rôle-titre), <em>Madama</em> <em>Butterfly</em> (avec <strong>Maria</strong> <strong>Agresta</strong>), <em>La</em> <em>Bohème</em> avec <strong>Juan Diego Flórez</strong> et la Musette de <strong>Daniele</strong> <strong>de Niese</strong>, <em>Die Zauberflöte</em> mise en scène par David McVicar avec <strong>Anna</strong> <strong>Prohaska</strong> (Pamina) et <strong>René</strong> <strong>Pape</strong>, <em>Tannhäuser</em> dirigé par <strong>Sebastian</strong> <strong>Weigle</strong>, avec l’Elisabetta de <strong>Lise</strong> <strong>Davidsen</strong> (aussi présente à l&rsquo;été en Elisabetta de <em>Don Carlo</em>) et le Wolfram de <strong>Gerald</strong> <strong>Finley</strong>, <em>Turandot</em> (<strong>Pappano</strong>/<strong>Pirozzi</strong>), <em>Werther</em> avec <strong>Jonas</strong> <strong>Kaufmann</strong>, <em>Le Nozze di Figaro</em> (<strong>Stéphane</strong> <strong>Degout</strong> en Almaviva).</p>
<p>Pour le détail de toutes les productions, rendez-vous sur le <a href="https://www.roh.org.uk/news/announcing-the-2022-23-season">site du ROH Covent Garden</a>.</p>
<p> </p>
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		<title>Un jeune prodige à Francfort !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-jeune-prodige-a-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Oct 2021 14:16:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Francfort, fréquemment récompensé dans les prix internationaux décernés par la presse, vient de se choisir son prochain directeur musical : le jeune Thomas Guggeis succédera à Sebastian Weigle à partir de la saison 2023/24. En France, on a surtout pu l&#8217;entendre dans des programmes symphoniques à la Philharmonie de Paris ou encore à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr" id="docs-internal-guid-3337a658-7fff-a3fb-a70e-a79fd148139d">L’Opéra de Francfort, fréquemment récompensé dans les prix internationaux décernés par la presse, vient de se choisir son prochain directeur musical : le jeune<strong> Thomas Guggeis</strong> succédera à <strong>Sebastian Weigle</strong> à partir de la saison 2023/24. En France, on a surtout pu l&rsquo;entendre dans des programmes symphoniques à la Philharmonie de Paris ou encore à la Halle aux Grains. Mais un rapide coup d’oeil sur son agenda permet de constater que le répertoire lyrique occupe une part importante de ses engagements : à Francfort bien sûr (<em>Ariadne auf Naxos</em> l’année passée) et surtout à Berlin où le Staatsoper unter den Linden lui confiera le bâton à nouveau, cette fois à deux occasions pendant son prochain festival de printemps (<em>Jenůfa</em> et <em>Elektra</em>). Souhaitons au jeune chef de 28 ans la même carrière que son illustre prédécesseur, régulièrement invité à Bayreuth.</p>
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		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/boris-godounov-new-york-en-direct-du-met-le-sacre-de-pape/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Oct 2021 05:24:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 29 février 2020 le Metropolitan Opera diffusait Agrippina de Haendel dans les cinémas. Quelques jours plus tard, la saison s’arrêtait brusquement pour cause de pandémie. Par la suite, Peter Gelb, le directeur de la première scène New-yorkaise, annonçait l’annulation pure et simple de toute la saison 2020-21. Ce samedi 9 octobre marquait donc le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 29 février 2020 le Metropolitan Opera diffusait <em>Agrippina</em> de Haendel dans les cinémas. Quelques jours plus tard, la saison s’arrêtait brusquement pour cause de pandémie. Par la suite, Peter Gelb, le directeur de la première scène New-yorkaise, annonçait l’annulation pure et simple de toute la saison 2020-21.</p>
<p>Ce samedi 9 octobre marquait donc le retour sur les écrans des retransmissions du Met pour la plus grande joie des amateurs venus nombreux regarder <em>Boris Godounov</em> dans la production que <strong>Stephen</strong> <strong>Wadsworth</strong> avait signée en 2010, avec une différence cependant : à l’époque c’est la version remaniée de 1872 qui avait été donnée, cette fois, le Met a opté pour celle de 1869 -sans l’acte polonais ni le ballet- qui semble connaître depuis quelques années un regain de faveur puisque l’Opéra de Paris l’avait proposée en 2018 ainsi que tout récemment l’Opéra de Monte-Carlo.</p>
<p>Les décors de <strong>Ferdinand Wögerbauer</strong> sont à la fois sobres et grandioses, une place, l’entrée d’une cathédrale, un trône de profil dans une grande salle de réception et des toiles peintes où dominent l’or et le pourpre. Au sol, un livre gigantesque que feuillette Pimène, symbolise sans doute l’histoire en marche. Les costumes somptueux qui se déclinent en rouge pour les soldats, jaune, bleu et brun pour le peuple, évoquent l’iconographie russe. Les mouvements de foule sont impeccablement réglés, la direction d’acteurs souligne avec subtilité les rapports entre les personnages.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/ain_anger._david_butt_philip.jpg?itok=A2cEJZVo" title="Ain Anger, David Butt Philip © Marty Sohl / Met Opera" width="468" /><br />
	Ain Anger © Marty Sohl / Met Opera</p>
<p>La distribution est dominée par l’exceptionnelle prestation de <strong>René Pape</strong>, déjà présent en 2010, qui trouve là l’un de ses meilleurs rôles. Aucun des affects de ce personnage complexe ne lui échappe, Tour à tour autoritaire et inquiet, père aimant et Tsar tourmenté, sa voix bien projetée, capable de cris désespérés au début du monologue final parvient à se faire tendre et feutrée lors de ses adieux à son fils. C’est une ovation amplement méritée qui accueille ce Boris halluciné lors des saluts. Face à lui, <strong>Ain Anger</strong> n’est pas en reste, il incarne Pimène avec une voix d&rsquo;airain, dotée de graves somptueux, un legato parfaitement maîtrisé et de subtiles nuances. Son personnage calme et posé tout de blanc vêtu contraste avec celui de Boris habillé de noir et rongé par le remord lors de leur première entrevue. Le Varlaam sonore de <strong>Ryan</strong> <strong>Speedo Green</strong> capte sans peine l’attention tandis qu’<strong>Alexey Bogdanov</strong> complète avec bonheur ce quatuor de clé de fa. <strong>Maxim Paster</strong> campe avec délectation un Chouiski sournois et fourbe tandis que <strong>David Butt Philipp</strong> dont ce sont les débuts au Met, fait valoir une voix de ténor solide et bien timbrée  en Dimitri. On a reproché à cette version l’absence d’un rôle féminin important, néanmoins <strong>Megan Marino</strong> parvient à tirer son épingle du jeu dans les quelques apparitions de Feodor grâce à sa voix de mezzo brillante et son aisance sur le plateau.  <strong>Miles Mikkanen</strong>, dans sa brève intervention, brosse un portrait poignant de l’innocent. Les autres seconds rôles sont tous impeccables comme toujours au Met.</p>
<p>Saluons les remarquables interventions des chœurs, protagonistes à part entière dans cet ouvrage.</p>
<p>Au pupitre <strong>Sebastian Weigle</strong> propose une direction intense et contrastée qui souligne les aspects les plus sombres de la partition sans pour autant négliger les scènes spectaculaires.</p>
<p>Le samedi 23 octobre,  le Metropolitan Opera diffusera dans les cinémas du réseau Pathé Live, <em>Comme un feu dévorant renfermé dans mes os</em>, un opéra du célèbre musicien de jazz Terence Blanchard. </p>
<p>      </p>
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		<title>Schreker : Der Ferne Klang</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/schreker-der-ferne-klang-schreker-a-domicile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Sep 2021 04:19:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La postérité de Schreker est à l&#8217;image de sa carrière : oscillant entre succès phénoménaux et oubli le plus total, on peine aujourd&#8217;hui à l&#8217;imposer sur les scènes lyriques, malgré quelques productions triomphales. Il faut l&#8217;ardeur de l&#8217;Opéra de Francfort qui vit naître plusieurs de ses opéras pour restaurer au compositeur sa juste place. Dernière restitution &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La postérité de Schreker est à l&rsquo;image de sa carrière : oscillant entre succès phénoménaux et oubli le plus total, on peine aujourd&rsquo;hui à l&rsquo;imposer sur les scènes lyriques, malgré quelques productions triomphales. Il faut l&rsquo;ardeur de l&rsquo;Opéra de Francfort qui vit naître plusieurs de ses opéras pour restaurer au compositeur sa juste place. Dernière restitution en date : un enregistrement live du <em>Ferne Klang</em> produit in loco en 2019.</p>
<p><em>Der ferne Klang</em> est une œuvre contrastée à bien des égards. Entamé au tout début du siècle, il n&rsquo;est achevé et présenté qu&rsquo;en 1912, après une période de gestation de plus de dix ans. On ne s&rsquo;étonnera donc pas de l&rsquo;aspect disparate d&rsquo;une partition qui reste un opéra de jeunesse. Quelques moments de grâce orchestrale s&rsquo;enchaînent à des maladresses d&rsquo;exécution, et la musique évolue entre le wagnérisme finissant et la modernité façon Strauss, voire Debussy.<br />
	Ces contrastes, on les retrouve dans le livret du compositeur. S&rsquo;il renferme un fort potentiel musical, il n&rsquo;est pas exempt de complications inutiles et invraisemblables. Pire encore, le compositeur semble parfois pris au piège de son propre texte, piétinant dans des récits peu inspirés. Mais quand l&rsquo;imagination prend le dessus, c&rsquo;est un monde sonore tout particulier qui se dégage, et que l&rsquo;on retrouvera transformé dans les opéras futurs du compositeur.</p>
<p>La production était largement dominée par la Grete de <strong>Jennifer Holloway</strong>, mezzo ayant récemment succombé aux charmes des grands rôles de soprano dramatique. Sa voix conserve une richesse de timbre tout au long de la partition, pourtant exigeante. Sa bonne compréhension de l&rsquo;allemand et de la musique est également manifeste dès les premières mesures. A côté d&rsquo;une telle performance, <strong>Ian Koziara</strong> n&rsquo;existe que difficilement. On sent un musicien poétique, au timbre plutôt sombre, précis d&rsquo;intonation, mais qui a du mal à se faire aux difficultés vocales du rôle.</p>
<p>Parmi la foule de seconds rôles, mentionnons tout d&rsquo;abord le Comte de <strong>Gordon Bintner</strong> qui livre une Ballade de la Couronne d&rsquo;Or sombre et poignante. Le Schmierenschauspieler de <strong>Iurii Samoilov</strong> fort en voix et le Doktor Vigelius de <strong>Dietrich Volle</strong> complètent honorablement la distribution d&rsquo;une touche « maison ».</p>
<p><strong>Sebastian Weigle</strong> est le candidat idéal pour la musique de Schreker. Outre son intérêt prononcé pour le répertoire germanique du tournant du siècle, sa qualité de directeur musical de l&rsquo;Opéra le rend plus légitime que quiconque pour mener à bien une telle entreprise. Le pari et réussi avec l&rsquo;Orchestre de l&rsquo;Opéra de Francfort, qui surmonte les difficultés et maladresses d&rsquo;orchestration d&rsquo;un jeune Schreker pour livrer une interprétation vibrante et colorée de cette musique. Préparé par <strong>Tilman Michael</strong>, le Chœur de l&rsquo;Opéra n&rsquo;est pas en reste dans un deuxième acte qui le sollicite énormément.</p>
<p>S&rsquo;il venait à l&rsquo;Opéra de Francfort l&rsquo;idée de poursuivre cette résurrection de Schreker, on ne saurait trop leur recommander de joindre à leur nouvelles production un enregistrement maison tel que celui-ci.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; color: rgb(0, 0, 0); font-size: medium;"> </p>
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		<title>STRAUSS, Die Liebe der Danae — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-liebe-der-danae-streaming-berlin-deutsche-oper-pluie-dor-ne-fait-pas-le-bonheur-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2020 04:29:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de Die Liebe der Danae au Deutsche Oper Berlin (visible jusqu&#8217;au 1er mai 2020 à minuit, nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 9 avril 2016. Les années passent et les problèmes demeurent. En cette fin semaine Strauss, la Deutsche Oper Berlin &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em><a href="https://www.deutscheoperberlin.de/en_EN/home">Die Liebe der Danae</a></em><a href="https://www.deutscheoperberlin.de/en_EN/home"><em> </em>au Deutsche Oper Berlin</a> (visible jusqu&rsquo;au 1er mai 2020 à minuit, nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 9 avril 2016.</p>
<hr />
<p>Les années passent et les problèmes demeurent. En cette fin semaine Strauss, la Deutsche Oper Berlin reprend la production de Kirsten Harms de <em>Die Liebe der Danae</em> (<a href="http://www.forumopera.com/dvd/les-adieux-dun-dieu" style="text-decoration: none">dont Laurent Bury commentait ici la captation au DVD en 2011</a>), l&rsquo;avant-dernier opéra du compositeur. Las, avec une distribution largement reconduite, les limites déjà évoquées par notre collègue béent toujours.</p>
<p style="quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 14px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;margin-bottom: 1.2em;margin-left: 0px;margin-right: 0px;margin-top: 0px;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none">Timbre rugueux et en panne d’aigu, <strong>Manuela Uhl</strong> défend avec l’intégrité de ses moyens le rôle, notamment un monologue pour soprano et orchestre à la mode straussienne au troisième acte. Si elle n’a pas toute la tessiture de Danae, tout au moins s’efforce-t-elle de lui donner vie et couleurs, aidée en cela par un charisme scénique naturel. <strong>Mark Delevan</strong> n’est visiblement pas plus à l’aise dans son entrée qu’en 2011. Bien au contraire, à l’exception d’un deuxième-acte où le chanté-parlé le ménage et met en avant son talent de comédien, ses aigus l’abandonnent systématiquement, les phrases musicales peinent à se dessiner et l’interprète s’efface trop souvent derrière l’orchestre. Drôle d’adieux pour un dieu. <strong>Raymond Very</strong>, annoncé souffrant, n&rsquo;en laisse rien paraitre tant le style et l&rsquo;intelligence du chanteur sont au service de ce Midas. Malgré ses courses ailées, Mercure n’a pas changé. <strong>Thomas Blondelle</strong> s’amuse avec ce rôle comique trop court pour mettre en avant toute ses qualités : style, aisance et rondeur. <strong>Adriana Ferfezka</strong> marque les esprits : Xanthe ne compte qu’une brève scène  en duo avec Danae, et dans ce laps de temps, la soprano surpasse avec aisance sa partenaire. Un vrai nectar pour les oreilles en comparaison du Pollux nasal et vibré d’<strong>Andrew Dickinson</strong>. Le tableau serait incomplet si l’on oubliait d&rsquo;évoquer les sœurs de Danae, héritières des dryades et des nymphes des œuvres straussiennes, qui charment ou font sourire selon les situations. Grande satisfaction à l’orchestre, où <strong>Sebastien Weigle</strong> prend la suite d’Andrew Litton (<a href="http://www.forumopera.com/die-agyptische-helena-berlin-la-belle-helene-degypte" style="text-decoration: none">entendu la veille dans <em>Die ägyptische Helena</em></a>), parvenant à donner couleurs et contrastes.</p>
<p>	<strong>Kirsten Harms </strong>suit le livret à la lettre même si les costumes sont modernes et que les mythes semblent transposés à un époque bien plus proche de la nôtre. Pourquoi un panneau de sortie « EXIT » réglementaire coiffe-t-il la porte arrière ? Pourquoi un extincteur est-il à la disposition des chanteurs ? On ne sait pas. La saisie des biens de Pollux dès la scène d&rsquo;ouverture, ira jusqu’à son piano que l’on renverse et qui passera toute la représentation à pendre dans les cintres.</p>
<p style="quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 14px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;margin-bottom: 1.2em;margin-left: 0px;margin-right: 0px;margin-top: 0px;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none">Faut-il voir dans cette pluie d’or devenue partition de musique une allégorie de ce qui fait la richesse véritable ? Une forme d’hommage au génie de Strauss, alors qu’il s’apprête lui aussi à se retirer de la scène du monde.</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-francfort-la-croisiere-ne-samuse-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jan 2020 10:49:43 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/la-croisire-ne-s-amuse-plus/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle production de Tristan und Isolde dans un théâtre allemand revêt toujours un certain enjeu, a fortiori quand l’institution en question a été désignée à plusieurs reprises « opéra de l’année ». Francfort a fait appel à Katharina Thoma et son regard de metteuse en scène pour l’occasion. Proposer une lecture innovante de l’œuvre s’avère d’autant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle production de <em>Tristan und Isolde</em> dans un théâtre allemand revêt toujours un certain enjeu, a fortiori quand l’institution en question a été désignée à plusieurs reprises « opéra de l’année ». Francfort a fait appel à <strong>Katharina Thoma</strong> et son regard de metteuse en scène pour l’occasion. Proposer une lecture innovante de l’œuvre s’avère d’autant plus compliqué que de Berlin à Bayreuth, la tragédie des amants a connu toutes les adaptations possibles. Aussi Katharina Thoma arpente les traces des metteurs en scène symboliques au travers d’un dispositif somme toute assez simple. Le rectangle blanc de la scène est surpiqué d’une frise de néons qui s’allumeront à l’envie pour créer les ambiances nocturnes et diurnes qui charpentent le livret. A chaque acte, un esquif noir ou blanc vient symboliser la barque sur laquelle dérivait Tristan, là où l’amour naquit. La direction d’acteur reste soutenue et offre une lecture évidente et traditionnelle de leurs relations. Pour autant, Katharina Thoma s’offre quelques trouvailles : le prélude est l’occasion d’une pantomime qui représente ce qu’Isolde narrera à l’acte I – l’entaille dans l’épée, son désir de vengeance aussitôt étouffé par le coup de foudre ; le philtre qu’on ne boit pas puisque l’on prend l’apéritif et que l’on sait déjà que le seul solde à régler est celui de la passion dévorante ; enfin une métamorphose d’Isolde lors de la « Liebestod » où le personnage reste seul en scène dans ce rectangle à la luminosité croissante, à tout jamais transfigurée par cette expérience de l’amour mais bel et bien vivante. On comprend moins pourquoi Marke se promène en chapeau melon ou encore pourquoi Brangäne est attifée comme une hôtesse de la défunte Panam et transporte ses filtres dans une boîte en bois importée de l’EIRE, ou pourquoi Isolde se comporte comme une adolescente attardée avant d’éteindre la torche au deuxième acte. Péchés véniels car le travail global est d’une qualité constante, à l’esthétique léchée.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/4203_tristanundisolde21_gross.jpg?itok=TURZEt7A" title="© Barbara Aumüller" width="312" /><br />
	© Barbara Aumüller</p>
<p>Ce haut niveau se retrouve également dans la fosse et chez les membres de la troupe mobilisés pour ces représentations. Le directeur musical de l’Oper Frankfurt mène ses troupes avec une complicité évidente. Aussi, le son de l’orchestre s’avère assez translucide et chaque pupitre répond avec agilité aux demandes de nuances ou de couleurs que <strong>Sebastian Weigle</strong> formule. Si la vision globale de l’œuvre n’a rien de très personnelle, la facture globale laisse vivre tout le théâtre et souligne efficacement les ressorts de l’œuvre.</p>
<p>Le plateau faire la part belle à la troupe, qui tutoie l’excellence ce soir là. <strong>Tianji Li</strong>, venu du Studio de jeunes artistes maison, se révèle un berger sensible. Pour une fois présent en scène, le marin (<strong>Michael Porter</strong>) peut toiser et moquer Isolde au moyen d’une chanson riche de nuances et d’inflexions qui nous change des habituelles phrases lancées depuis la coulisse. <strong>Ian MacNeil</strong>, qui vient d’intégrer la troupe, croque un Melot hargneux à souhait. Enfin et non des moindre, <strong>Andreas Bauer Kenabas</strong> incarne un Marke tout en douleur et en rage rentrées. La voix sombre et puissante se coule dans des accents lancinants qu’une prosodie irréprochable vient encore magnifier. Nul doute que ce Roi Marke sera appelé à briller sur bien d’autres scènes.</p>
<p>Quatre chanteurs joignent leur force à cette troupe exceptionnelle. <strong>Christoph Pohl</strong>, anciennement à Dresde, propose un Kurwenal loin de l’histrionisme dans lequel certains barytons le plongent trop rapidement. Cette sobriété alliée à la séduction du timbre suffisent à construire un personnage aussi bravache que dévoué. <strong>Claudia Mahnke</strong> offre une Brangäne luxueuse au timbre crémeux, au souffle infini et à l’intelligence scénique et théâtrale formée sur les plus grandes scènes. Elle illumine les appels du deuxième acte. Ce sont finalement Tristan et Isolde que l’on trouve en deçà de leurs accompagnants. Certes non pas du fait d’un engagement moindre. <strong>Vincent Wolfsteiner </strong>se consume en scène&#8230; ce qui n’est pas sans accident, à chacun des actes, où l’aigu se dérobe à plus d’une reprise. Imperturbable, il parvient à incorporer cette fragilité dans un troisième acte halluciné. Le reste de la performance n’appelle pas de réserve : la voix est saine, le timbre claironnant et la présence scène convaincante. <strong>Rachel Nicholls</strong> enfin, a muri son incarnation d’Isolde depuis <a href="https://www.forumopera.com/tristan-et-isolde-paris-tce-tristan-et-isolde-illustres">ses débuts aux Théâtre des Champs-Elysées</a>. Elle possède désormais l’endurance pour soutenir les trois actes de manière égale et colore bien davantage les phrases pour montrer les facettes du personnage.</p>
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