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	<title>Kieran WHITE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Kieran WHITE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VIVALDI, La fida ninfa</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vivaldi-la-fida-ninfa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La fida ninfa (1732) ouvre la dernière décennie active de Vivaldi, qui s’épanouira en une série de chefs-d’œuvre influencés par le style napolitain (L’Olimpiade, La Griselda, Catone in Utica), dans lesquels l’efflorescence des airs, très développés et ornementés, prime sur la densité théâtrale. Les circonstances de sa création n’ont pas été sans incidences sur sa &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La fida ninfa</em> (1732) ouvre la dernière décennie active de Vivaldi, qui s’épanouira en une série de chefs-d’œuvre influencés par le style napolitain (<em>L’Olimpiade, La Griselda, Catone in Utica</em>), dans lesquels l’efflorescence des airs, très développés et ornementés, prime sur la densité théâtrale. Les circonstances de sa création n’ont pas été sans incidences sur sa forme : l’ouvrage devait inaugurer le vaste Teatro filarmonico de Vérone, dessiné par Francesco Galli da Bibbiena, dont la construction avait duré treize ans et dont le principal mécène était le marquis Scipione Maffei, académicien et auteur de la plus célèbre des tragédies italiennes, <em>Merope</em> (1713). Pour cette circonstance solennelle, Maffei imposa sa propre mise en scène et un texte de sa plume : un livret élaboré près de vingt ans plus tôt… qui ne témoigne guère de sa familiarité avec le genre !</p>
<p>Difficile de résumer ce salmigondis : des pirates ont enlevé deux jeunes bergers qu’ils élèvent dans l’île de Naxos sous de nouvelles identités – l’un porte désormais le prénom de l’autre : Osmino. Bien des années plus tard, les mêmes pirates traînent dans la même île deux nymphes, dont l’une, Licori, était promise à Osmino. Licori demeurera-t-elle fidèle à l’Osmino d’autrefois ou à celui qui s’appelle désormais ainsi ?&#8230;</p>
<p>Si <em>La fida ninfa</em> ne compte pas aujourd’hui parmi les opéras les plus connus du Prêtre roux (en partie à cause de son déficient livret), il fut pourtant le premier à être enregistré : dès 1958, par le précurseur Angelo Ephrikian, dans une version raisonnablement complète mais où les rôles de castrats avaient été transposés à l’octave. Il fallut attendre 2008 et la gravure de Jean-Christophe Spinosi (Naïve) pour disposer d’une intégrale digne de ce nom.</p>
<p>Le présent enregistrement ne peut s’y comparer, notamment en raison des nombreuses coupures : deux rôles épisodiques, une dizaine d’airs et plusieurs da capo passent ici à la trappe ! Mais ce n’est pas à l’aune d’une production de studio qu’il faut juger cet écho d’un spectacle donné au Festival d’Innsbruck de 2023 – capté sur le vif, mais en plusieurs soirées et sans public, ou avec un public réduit au silence, étant donné qu’aucun applaudissement intempestif n’est à déplorer. Cette production a été victime des restrictions budgétaires qui frappent le monde artistique : la scénographie semble avoir été minimale, les chanteurs peu connus, l’orchestre réduit. Cependant, économie ne rime pas toujours avec médiocrité et cette parution a le mérite de nous faire découvrir une équipe attachante.</p>
<p>Certes, cinq violons et un seul violoncelle (auxquels s’ajoutent deux cors, deux flûtes, trompette, percussions et un continuo limité à trois instruments), c’est peu, pour un ouvrage de ce prestige, qui s’achève sur une trépidante tempête. Mais <strong>Chiara Cattani</strong>, se prenant moins au sérieux que Spinosi, qui tendait à tout sur-dramatiser, opte pour une direction à la mesure de son excellent petit ensemble (scindé en <em>due cori</em> pour le Concerto en Fa tenant lieu d’ouverture) : souple, alerte, fine et claire dans ses intentions, très vivante dans les ensembles (les deux délicieux duos, le fameux trio et son contrepoint à plusieurs sujets), privilégiant l’esprit et la drôlerie sur le pathos – un choix qui se discute mais s’avère parfaitement assumé.</p>
<p>L’équipe vocale, à l’unisson, se caractérise d’abord par son excellente élocution. Le contre-ténor <strong>Nicolo Balducci</strong> qui, au disque, ne nous a pas toujours convaincu, a rarement paru aussi inspiré et se montre fort émouvant dans la sicilienne venue d’<em>Orlando</em> <em>furioso</em>. Sans pouvoir vraiment se mesurer à Sandrine Piau, la soprano <strong>Chelsea Zurflüh</strong> affronte crânement le pyrotechnique « Alma oppressa » et, tout comme le poignant sopraniste <strong>Vojtech Pelka</strong> (parfois mis en difficulté par des tempi frénétiques), campe un personnage juvénile, combatif et crédible. Le ténor <strong>Kieran White</strong> séduit par un timbre suave (de haute-contre à la française), mais paraît tétanisé par l’exigence de ses grands airs, tandis qu’au contraire la basse <strong>Yevhen Rakhmanin</strong> abuse de sa grosse voix un peu grinçante (mais, après tout, il s’agit d’un pirate) et que l’agréable mezzo <strong>Eline Welle</strong> n’a plus grand-chose à chanter.</p>
<p>L’ensemble n’offre donc pas à l’ouvrage une référence discographique : il constitue plutôt une jolie carte de visite pour des interprètes tout à fait prometteurs.</p>
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		<title>LULLY, Atys</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-atys/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jan 2024 08:25:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un euphémisme que de dire que les versions enregistrées d’Atys se comptent malheureusement sur les doigts d’une main&#160;: seuls William Christie en 1987 et Hugo Reyne en 2010 se sont attelés à la tâche. Ces deux enregistrements ont l’avantage d’être quasiment diamétralement opposés et constituent les deux pôles d’un spectre allant de l’interprétation la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un euphémisme que de dire que les versions enregistrées d’<em>Atys</em> se comptent malheureusement sur les doigts d’une main&nbsp;: seuls William Christie en 1987 et Hugo Reyne en 2010 se sont attelés à la tâche. Ces deux enregistrements ont l’avantage d’être quasiment diamétralement opposés et constituent les deux pôles d’un spectre allant de l’interprétation la plus majestueuse à la plus sobre, voire frugale. Là où William Christie offrait une version grandiose et solennelle, Hugo Reyne mise sur le minimalisme et l’épuré.</p>
<p><strong>Christophe Rousset</strong>, qui était d’ailleurs l’assistant de William Christie en 1987 lors sa recréation à l’Opéra-Comique, réussit le tour de force de se situer certes dans le sillage du maître américain, avec une vision résolument dynamique et chatoyante, tout en proposant néanmoins un son très différent. Cela tient d’abord au choix de la partition retenue, le chef ayant privilégié un retour aux sources, soit le manuscrit de Valenciennes, le livret de la création et l’édition Ballard posthume. On trouvera donc des passages en supplément (à l’entrée et la sortie de l’acte IV) ou en moins (la dernière portée du divertissement du Sommeil). La présence bien plus régulière du clavecin contribue à la fois à démarquer Rousset de Christie (dont le Sommeil est dépourvu de clavecin) mais aussi à créer un effet d’opulence. Enfin, les trilles, ornements et maniérismes vocaux sont extrêmement fréquents et généralisés à l’ensemble du plateau vocal, au contraire de la version de Christie qui n’en comporte quasiment pas. Nous sommes certes loin de la vision de Lully qui prohibait la fantaisie (« ventrebleu, point de broderie »), mais d’une part, cette différence crée une signature singulière qui distingue immédiatement la version Rousset des deux autres. Et d’autre part, c’est tout à fait exquis à l’oreille et cela n’apparaît jamais kitsch ou tape-à-l’œil grâce à un subtil jeu de nuances.</p>
<p>En effet, il faut souligner l’incroyable travail de détails que Rousset imprime à la partition. Presque chaque portée est animée d’une intention et aucun tempo ne semble choisi au hasard. «&nbsp;Atys est trop heureux&nbsp;» est plus que jamais un véritable <em>lamento</em>, le quiproquo entre les protagonistes à l’acte IV est bouillonnant d’intensité avant de se conclure dans un « Je jure, je promets » qui n’a jamais été aussi murmuré. Et que dire de la révélation de l’amour entre Atys et Sangaride de l’acte I, d’une lenteur et d’une densité proprement sidérantes ? Chaque hésitation est retranscrite et l’émotion n’éclate jamais comme un débordement mais semble toujours retenue, conformément à l’esthétique classique qui promeut le minimum de moyens pour le maximum d’effet. Le divertissement du sommeil est joué sur un tempo plus rapide qu’à l’accoutumé (proche de la version d’Alarcón en version scénique de 2022), mais cela permet d’en faire moins un endormissement lénifiant qu’un cauchemar éprouvant. Rousset y maintient ses chanteurs dans un registre <em>piano</em>, créant un superbe effet de contraste entre rythme et volume.</p>
<p>Nous pourrions multiplier les exemples, mais en un mot, le travail accompli est tout simplement phénoménal. C’est bien sûr possible grâce aux excellents <strong>Talens Lyriques</strong>, dont la précision, l’énergie, la souplesse et la gravité sont toujours aussi redoutables. Le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> est incisif et remporte le défi haut la main, tant dans les moments de magnificence que de tragique.</p>
<p>Le plateau de vocal est pour l’essentiel de haute volée. <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> livre un Atys complet, alliant la force du jeune premier à l’épaisseur du héros tragique, artisan final de sa chute. La texture de la voix est moelleuse comme un nuage et restitue une ample palette d’émotions. Il sait montrer les muscles lorsque c’est nécessaire et à l’inverse, prononce certaines portées du bout des lèvres, comme pour le «&nbsp;Vous m’aimez et je meurs&nbsp;» final. De son côté, <strong>Marie Lys</strong> est rayonnante d’élégance et de finesse. Sa Sangaride est tout ce qu’il faut d’énergique et de désespérée lorsque le livret l’impose. La clarté de l’émission et une diction irréprochable parachève ce succès. L’alchimie vocale entre van Mechelen et Lys est évidente, notamment lors du duo « Je jure, je promets » particulièrement poignant !</p>
<p><strong>Ambroisine Bré</strong> est une sublime Cybèle. Loin d’être monolithique, elle retranscrit à merveille les différentes facettes de cette personnalité divine et hors norme. La voix, servie par une solide maîtrise du souffle et de la puissance, déchirante dans « Espoir si cher et si doux », sait aussi prendre la texture sombre de cette adversaire machiavélique. En exprimant avec tant d’engagement les remords de la déesse dans le dernier acte (« Atys n’est plus coupable… »), la mezzo-soprano érige cette antagoniste redoutable en une héroïne tragique. <strong>Philippe Estèphe</strong> déploie un baryton profond agrémenté d’un vibrato bien mesuré. Son Célénus en ressort à la fois tout aussi royal que naïf, à la fois vigoureux et vulnérable.</p>
<p><strong>Gwendoline Blondeel</strong> et<strong> Apolline Raï-Westphal </strong>incarnent d’excellentes Doris et Mélisse (ainsi que Iris et Melpomène)&nbsp;: les voix sont aussi souples que cristallines. Les duos sont systématiquement réussis et leur présence illumine ce casting&nbsp;! L’Idas de <strong>Romain Bockler</strong> fonctionne très bien. Le baryton sait retranscrire l’intensité des moments intrigants («&nbsp;Atys&nbsp;! Ne craignez plus&nbsp;») et propose une performance impeccable dans chacun de ses duos («&nbsp;Quoi&nbsp;! Vous pleurez&nbsp;?&nbsp;»).</p>
<p><strong>Kieran White</strong>, <strong>Nick Pritchard</strong> et <strong>Antonin Rondepierre </strong>et<strong> Olivier Cesarini</strong> sont majestueux durant un divertissement du Sommeil de haute voltige. La délicatesse remarquable du chant et les <em>piani</em> disséminés ici et là créent cette atmosphère de torpeur. On peut seulement regretter le choix d’un baryton pour Phobétor et non d’une basse, car les graves d’Olivier Cesarini ne sont pas toujours audibles malheureusement. Mais la qualité de ce défaut est de créer un effet de chuchotement particulièrement logique pour une scène de sommeil… Le Songe Funeste de <strong>Vlad Crosman</strong> complète efficacement cette belle distribution&nbsp;!</p>
<p>Il nous reste à remercier Christophe Rousset pour cet ajout signifiant à la discographie lullienne. Son apport est indéniable et les passionnés d’<em>Atys </em>ont maintenant à leur disposition et pour leur plus grand plaisir, trois versions différentes de cette œuvre fascinante.</p>
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		<item>
		<title>LULLY, Atys &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jan 2024 07:12:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Christophe Rousset poursuit le cycle Lully entamé il y a maintenant plusieurs années et s’est donc logiquement attelé à Atys, certainement non sans fébrilité puisqu’il était l’assistant de William Christie en 1987 lors de sa recréation à l’Opéra-Comique. Le chef s’est depuis lors laissé le temps de peaufiner sa vision de l’œuvre, qu’il livre à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Christophe Rousset</strong> poursuit le cycle Lully entamé il y a maintenant plusieurs années et s’est donc logiquement attelé à <em>Atys</em>, certainement non sans fébrilité puisqu’il était l’assistant de William Christie en 1987 lors de sa recréation à l’Opéra-Comique. Le chef s’est depuis lors laissé le temps de peaufiner sa vision de l’œuvre, qu’il livre à la fois ce soir en version concert et sous la forme d’un enregistrement CD, avec peu ou prou la même distribution, aux exceptions très notables des rôles de Sangaride et de Cybèle.</p>
<p>Disons le d&#8217;emblée, la soirée est réussie s&rsquo;agissant de la direction musicale de Christophe Rousset mais décevante au niveau du plateau vocal. Le chef développe une version différente de ce qu’on a pu entendre ailleurs, notamment chez Christie : le clavecin est bien plus omniprésent, certains passages sont ajoutés, par exemple en début et fin d’acte IV ou retranchés (la fin du divertissement du Sommeil). Cela ne change pas radicalement l’œuvre, mais Christophe Rousset apporte en tout état de cause sa propre patte grâce à un fin travail des contrastes, très appréciés (même si ce point est encore plus abouti dans l&rsquo;enregistrement CD !). On relèvera ainsi le ralentissement du rythme dans la dernière partie du divertissement du Sommeil (« souviens-toi que la beauté, quand elle est immortelle »), des effets de sourdine dans les répétitions de portées ou encore des ornements, au plan vocal, récurrents mais toujours élégants. </p>
<p>Les <strong>Talens Lyriques</strong> sont fidèles à leur tradition d’excellence baroque et la qualité du son est comme à l’accoutumée exceptionnelle, l’œuvre étant jouée sur instruments d’époque. Le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> est en très grande forme et brille tant dans les séquences grandioses que dans le registre pathétique de l’acte final.</p>
<p>Le plateau vocal est assez inégal et constitue une certaine déception. <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> séduit toujours nécessairement par la beauté de la voix, d’une superbe douceur de coton qui enveloppe le spectateur d’un volume crémeux. Son interprétation est toutefois insuffisamment nuancée, le haute-contre n’oscillant qu’entre l’excitation et la colère, sans palette d’émotion entre les deux. La mort du héros ne lui laisse pas d’autre choix que le <em>piano</em> mais c’est alors un peu tard… Etonnante posture, qui là aussi contraste fortement avec celle que Reinoud déploie au sein de l’enregistrement de l’opus. De son côté, <strong>Céline Scheen</strong> a d’indéniables atouts, au premier desquels figurent, justement, d’émouvants <em>pianissimi</em>. Mais c’est la diction qui pèche, certains mots étant véritablement inintelligibles. C’est en soi problématique mais cela l’est encore plus pour l’opéra baroque français, où le parler est essentiel.</p>
<p><strong>Judith Van Wanroij</strong> campe une Cybèle qui ne se hisse jamais au rang de véritable antagoniste. Curieusement assez détachée, sa Cybèle franchit les étapes de son évolution sans vraiment développer l’ethos d’une grande tragédienne. La voix est volumineuse et Judith Van Wanroij parvient toutefois à émouvoir dans son « Espoir si cher et si doux », mais le spectateur restera un peu sur sa faim. <strong>Philippe Estèphe</strong> n’est pas des plus convaincants en Célénus, d’abord peut-être en raison de son âge qui ne le destine pas immédiatement au rôle du roi. Le timbre ressort assez souvent nasalisé et son approche théâtrale fait du roi un personnage éteint et défaitiste dès le commencement, ce qui est contestable au vu du livret.</p>
<p>Les seconds-rôles sont également inégaux. <strong>Gwendoline Blondeel</strong> et <strong>Apolline Raï-Westphal</strong> réalisent toutes deux un sans-faute et plus encore&nbsp;: elles sont rayonnantes, l’émission est pure et le phrasé parfait. Investies, animées par le bon dosage d’émotion, elles sont évidemment promises à un brillant avenir baroque. Il faudra confier Sangaride à Gwendoline Blondeel dans un avenir proche&nbsp;! <strong>Romain Bockler</strong> ne semble pas des plus à l’aise en Idas. Son vibrato raisonne de manière parfois saccadée, même si cela se ressent moins dans les parties en duo.</p>
<p>Le divertissement du Sommeil est une réussite de par l’excellente performance de <strong>Kieran White</strong>, <strong>Nick Pritchard</strong> et <strong>Antonin Rondepierre. L</strong>a douceur de leurs aigus permet à l’enchantement d’opérer et la solennité, la retenue ainsi que la sobriété du jeu en font un vrai moment de grâce. Le baryton <strong>Olivier Cesarini</strong> laisse en revanche le spectateur plus sceptique. La partition est à l’évidence trop grave pour lui et ce n’est pas surprenant puisque le rôle de Phobétor fonctionne mieux lorsqu’il est chanté par une basse. Le Songe Funeste de <strong>Vlad Crosman</strong> n’a qu’une ou deux portées et s’en sort sans difficulté.</p>
<p>L&rsquo;année 2024 est une fastueuse pour les passionnés d’<em>Atys&nbsp;</em>puisque ce n’est pas une mais deux productions qui sont proposées au public. Après Christophe Rousset à Versailles, c’est Alexis Kossenko et ses Ambassadeurs qui prennent le relais à partir du mois de mars, à Avignon, Tourcoing et Paris (Théâtre des Champs-Elysées). Qui gagnera donc la guerre des Atys&nbsp;?</p>
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		<title>10e Concours international de Chant baroque  de Froville — Froville</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/10e-concours-international-de-chant-baroque-de-froville-froville-continuite-et-renouvellement-a/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Sep 2021 04:07:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le chant s’est-il mieux porté que de nos jours ? Il est permis d’en douter, tant l’abondance des jeunes chanteurs que leurs qualités nous rassurent quant à la pérennité de l’art lyrique. L’observation est générale, et se confirme au fil des concours, dont le niveau d’exigence ne cesse de croître. Ainsi, les finalistes, quels que soient &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le chant s’est-il mieux porté que de nos jours ? Il est permis d’en douter, tant l’abondance des jeunes chanteurs que leurs qualités nous rassurent quant à la pérennité de l’art lyrique. L’observation est générale, et se confirme au fil des concours, dont le niveau d’exigence ne cesse de croître. Ainsi, les finalistes, quels que soient les règlements propres à chaque compétition, se signalent-ils le plus souvent par des CV impressionnants, ayant déjà glané des récompenses couronnant des formations riches et de très haut niveau, mais aussi par un début de carrière réjouissant.</p>
<p>Ceux du Concours international de chant baroque de Froville ne dérogent pas. Les six finalistes – une soprane et une mezzo, deux contre-ténors, un ténor et un baryton – ont déjà le pied à l’étrier, voire se sont déjà signalés au travers de productions et d’enregistrements remarqués. Fait rare : les hommes y sont majoritaires.</p>
<p>Pour cette dixième édition, les candidats extra-européens furent peu nombreux, mais la soixantaine de postulants a permis à ces six élus de rivaliser de talent et d’engagement pour accéder aux récompenses. Nouveauté bienvenue, la finale s’est déroulée avec <em>le Concert de l’Hostel-Dieu</em>, formation fidèle à Froville, dont le chef n’est autre que le président du concours, <strong>Franck-Emmanuel Comte</strong>, auquel la fonction a interdit toute intervention avec ses musiciens. Il était assisté de deux directeurs d’opéra (<strong>Mathieu Dussouliez</strong> et <strong>Mathieu Ritzler</strong>, Nancy et Rennes), d’<strong>Anaïs Bertrand</strong>, 1er prix du concours de 2018, et de <strong>Charlotte Blin</strong>, en charge du <em>Jardin des Voix</em>, à Thiré.</p>
<p>Le règlement de la finale imposait aux candidats le choix de trois œuvres (une de Bach, une de Vivaldi ou Haendel, un air du XVIIe siècle anglais ou italien). <strong>Floriane Hasler</strong>, mezzo de 27 ans, emporte le premier prix. Voix d’exception, sonore, colorée de l’irisation aux accents les plus puissants, aux graves aisés et solides, conduite avec la plus grande intelligence musicale, nous avons là une belle promesse. En attendant sans doute Elektra d’ici quelques années, elle nous a gratifiés d’une Didon poignante (celle de Purcell), les traits, la virtuosité, la projection étant illustrés magistralement dans un air de l’<em>Orlando furioso</em> de Vivaldi. C’est par le « Vergnügte Ruh » qui ouvre la cantate BWV170 de Bach qu’elle acheva sa prestation, dans la lumière sereine, évidence de la béatitude. Le tirage au sort l’avait placée en première position. Chacun de ses successeurs s’efforcera de relever le défi, et aucun de déméritera. <strong>Kieran White</strong>, ténor anglais, qui passera le dernier, fera forte impression lui-aussi. Le « Deposuit » du <em>Magnificat</em> de Bach a-t-il été aussi bien chanté ? Il est permis d’en douter. La plénitude radieuse du « O quam pulchra » de Monteverdi (SV 317), où la voix est soutenue par la basse continue, est touchante. Enfin, « Every Valley », du <em>Messie</em>, confirme le talent du chanteur. L’émission, bien timbrée, puissante, le soutien, la longueur de voix, l’articulation, tout est là, avec une appropriation du texte digne des plus grands. Il sera récompensé par le deuxième prix. Le troisième, tant dans l’ordre de passage qu’au palmarès, est <strong>Nicolas Kunzelmann</strong>, jeune contreténor français, au timbre coloré. Il se joue des traits de l’<em>Orlando furioso</em>, déjà illustré par la première candidate. Autre contre-ténor, à l’émission d’une rare pureté, le Belge <strong>Logan Lopez Gonzales </strong>rafle le prix du public, pleinement mérité, voix large, égale, agile, avec un sens dramatique exceptionnel, toujours juste. Un nom à retenir. Sans vouloir énumérer les mérites de chacun, il faut mentionner la prestation d’une soprano allemande, <strong>Johanna Pommranz</strong>. La maitrise technique, servie par une voix au riche ambitus, et un tempérament indéniable nous auront valu un spectaculaire « In furore » de Vivaldi (RV 626), suivi de la plus rare <em>Canzonetta</em> de Barbara Strozzi. Beau programme, illustré avec maestria, qui aurait pu lui valoir un accès au podium…  <strong>Imanol Iraola</strong>, beau baryton de 25 ans, ne démérita pas davantage, mais c’est le propre de tout concours de sélectionner.</p>
<p>Le nombreux public, enthousiaste, ne ménagea pas ses ovations, et le bonheur de cette cuvée, comme de la formule de l’accompagnement grandeur réelle, était unanime. Quant au prochain festival, qui soufflera ses vingt-cinq bougies, il se déroulera du 21 mai au 2 juillet 2022.</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/10e-concours-international-de-chant-baroque-de-froville-froville-continuite-et-renouvellement-a/">10e Concours international de Chant baroque  de Froville — Froville</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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