<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Zachary WILDER - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/wilder-zachary/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/wilder-zachary/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 25 Feb 2026 05:25:59 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Zachary WILDER - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/wilder-zachary/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Beaune 2026, une édition riche en changements et en dépassements</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/beaune-2026-une-edition-riche-en-changements-et-en-depassements/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 16:39:58 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=208845</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Au-delà » : pour sa deuxième édition en qualité de délégué général du Festival de Musique Baroque de Beaune, qui se déroulera du 3 au 26 juillet, Maximilien Hondermarck a souhaité un mot d&#8217;ordre qui convoque le dépassement autant que la nouveauté. A l&#8217;issue d&#8217;une année 2025 qui a vu la fréquentation augmenter de près de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/beaune-2026-une-edition-riche-en-changements-et-en-depassements/"> <span class="screen-reader-text">Beaune 2026, une édition riche en changements et en dépassements</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/beaune-2026-une-edition-riche-en-changements-et-en-depassements/">Beaune 2026, une édition riche en changements et en dépassements</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Au-delà » : pour sa deuxième édition en qualité de délégué général du Festival de Musique Baroque de Beaune, qui se déroulera du 3 au 26 juillet, Maximilien Hondermarck a souhaité un mot d&rsquo;ordre qui convoque le dépassement autant que la nouveauté. A l&rsquo;issue d&rsquo;une année 2025 qui a vu la fréquentation augmenter de près de 15%, 2026 permettra d&rsquo;intensifier encore l&rsquo;ancrage du Festival : les week-ends autour desquels s&rsquo;organisaient traditionnellement les soirs de concert commenceront dorénavant vendredi pour se terminer lundi (et parfois mardi à la faveur du 14 juillet) et le théâtre de Beaune, dans lequel les musiciens avaient jusqu&rsquo;alors l&rsquo;habitude de répéter, comptera dorénavant comme un nouveau lieu de représentations, aux côtés de la Cour des Hospices et de la Basilique. La programmation, elle aussi, apportera son lot d&rsquo;innovations : premier opéra mis en scène dans l&rsquo;histoire du Festival, l&rsquo;<em>Avare </em>de Gasparini, témoin de l&rsquo;impressionnante influence de Molière dans l&rsquo;Italie des XVIIe et XVIIIe siècles, dirigé par <strong>Vincent Dumestre</strong> et mis en scène par <strong>Théophile Gasselin</strong>, investira justement les planches du Théâtre de Beaune, dans le cadre d&rsquo;une tournée qui débutera à Caen et passera également par Paris (l&rsquo;Athénée) et Versailles ; une première également que ce <em>Nicandro e Fileno </em>de Lorenzani, considéré en son temps comme le grand rival de Lully, et qui sera ressuscité par <strong>l&rsquo;Ensemble La Palatine</strong> dirigé par<strong> Marie Théoleyre et Guillaume Haldenwang</strong> ; une première encore, ce spectacle familial autour de Peau d&rsquo;âne, accessible dès 6 ans. Des quasi-premières, enfin, que ces retours particulièrement attendus à Beaune, celui de l&rsquo;<em>Ariodante</em> de Haendel dirigée ici par <strong>Christophe Rousset</strong> à la tête de ses <strong>Talens Lyriques</strong> et d&rsquo;une distribution réunissant <strong>Eve-Maud Hubeaux, Marie Lys, Michèle Bréant </strong>ou encore <strong>Nahuel di Pierro</strong>, celui de la Messe en si mineur de Bach selon l&rsquo;ensemble <strong>Vox Luminis</strong> et <strong>Lionel Meunier</strong>. « Au-delà » oblige, plusieurs <em>opera ultima </em>seront également au programme, à l&rsquo;image des <em>Boréades </em>de Rameau, dans lesquelles <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> accomplira le double exploit de chanter Abaris et de diriger le<strong> Choeur de chambre de Namur</strong> et l&rsquo;ensemble<strong> A nocte temporis</strong> ainsi qu&rsquo;un casting qui comptera <strong>Gwendoline Blondeel, Lisandro Abadie</strong> et <strong>Robert Gretchell</strong>, ou du <em>Stabat Mater </em>de Pergolèse (<strong>Julia Lezhneva</strong> et <strong>Carlo Vistoli</strong> sous la direction d&rsquo;<strong>Emmanuelle Haim</strong>). A l&rsquo;occasion des 400 ans de sa disparition, un hommage à John Dowland se déclinera enfin à travers trois concerts, dont un récital de <strong>Zachary Wilder</strong>.</p>
<p>Toutes les informations sont disponibles sur le site du Festival : <a href="https://festivalbeaune.com/programmation/">Programmation – Festival de Beaune</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/beaune-2026-une-edition-riche-en-changements-et-en-depassements/">Beaune 2026, une édition riche en changements et en dépassements</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>CAVALLI, La Calisto – Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 06:38:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=204144</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Calisto de Cavalli a longtemps eu la réputation d’être une rareté, alors qu’elle a pourtant joui de nombreuses programmations si l’on se penche d’un peu plus près sur ce chef-d’œuvre du xviie siècle, comme l’a fait l’Avant-Scène Opéra. C’est évidemment la version de Jacobs et Wernicke qui s’est installée dans les mémoires, mais celle &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-nantes/"> <span class="screen-reader-text">CAVALLI, La Calisto – Nantes</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-nantes/">CAVALLI, La Calisto – Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Calisto </em>de Cavalli a longtemps eu la réputation d’être une rareté, alors qu’elle a pourtant joui de nombreuses programmations si l’on se penche d’un peu plus près sur ce chef-d’œuvre du xvii<sup>e</sup> siècle, comme l’a fait l’<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/une-calisto-peut-en-cacher-une-autre/">Avant-Scène Opéra</a>. C’est évidemment la version de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/madeleine-coquine/">Jacobs et Wernicke</a> qui s’est installée dans les mémoires, mais celle qui est en train de faire le tour des salles cette triennale est en passe de devenir un classique et de contribuer à faire largement connaître l’un des opéras les plus érotiques qui soient. Créée à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/">Aix</a> au cours de l’été 2025, cette nouvelle production de <strong>Jetske Mijnssen</strong> a été immédiatement très admirée au festival tout comme elle l’a été à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/">Rennes</a> le mois dernier. Le succès est également au rendez-vous à Nantes (pour deux dates seulement, coupes budgétaires obligent) et l’on peut déjà présager un égal enthousiasme dans les prochains lieux : Angers, le TCE, Caen, Luxembourg et Avignon. On ne peut que saluer la réussite de cette impressionnante co-production dotée d’une bien belle distribution et d’une mise en scène intelligente et fascinante.</p>
<p>En effet, Jetske Mijnssen a choisi d’oublier le merveilleux et les effets spéciaux des machineries de scène nécessaires pour remplir les premiers théâtres payants vénitiens en plein milieu du xvii<sup>e</sup> siècle. Elle ne se gargarise pas davantage de l’ambiance grivoise et des ressorts comiques de l’œuvre, mais préfère transposer l’intrigue dans un xviii<sup>e</sup> siècle qui évoque fort judicieusement les <em>Liaisons dangereuses</em> de Choderlos de Laclos et les jeux pervers de conquêtes amoureuses destructrices ainsi que de relations de pouvoir. Les costumes sont l’élégance même et le décor consiste en une salle qui n’est pas sans évoquer le langage raffiné d’un Giorgio Strehler. Le rococo est ici épuré à l’extrême, les boiseries xviii<sup>e</sup> siècle richement décorées se faisant sages lambris cérusés, sublimés par un dispositif scénique ingénieux, sous forme de rotonde tournante, qui cèle ou découvre les protagonistes. Mais la transposition ne s’arrête pas au Siècle des Lumières : le propos rappelle les heures sombres du xx<sup>e</sup> siècle au moment de l’épuration de la Libération et le meurtre de Jupiter par Calisto (vraie liberté par rapport à l’histoire) rend le propos ultra contemporain. Une scène en particulier est spécifiquement cruelle, d’un sadisme froid au possible, celle de la punition de la ravissante nymphe Calisto par Junon (qui préfère s’en prendre à la belle plutôt que de se venger directement de son époux volage). Au lieu de se voir métamorphoser en ourse, Calisto se fait tondre méthodiquement et froidement. Voilà de quoi éclairer sous un jour résolument moderne Ovide et donner à ce <em>dramma per musica</em> une résonance actuelle qui devrait toucher et interroger tout un chacun.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Calisto-©-Monika-Rittershaus-12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-204152"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est lui aussi de toute beauté : <strong>Lauranne Oliva</strong> est une Calisto ravissante qui dégage un charme irrésistible. Sa voix est idéalement timbrée, souple et nuancée. Ses émois tout comme ses désillusions nous vont droit au cœur. <strong>Alex Rosen</strong> est un superbe Jupiter/Diane, scéniquement très à l’aise en aristocrate à la Valmont mâtiné de Don Giovanni, convaincant dans tous les registres, y compris quand il utilise sa voix de fausset pour incarner Diane, à l’effet comique garanti. Tout aussi impériale, <strong>Giuseppina Bridelli</strong> sait rendre perceptibles les contradictions de son personnage : la chaste Diane qui, en réalité, est l’esclave de pulsions sexuelles totalement débridées. Tous les personnages de cette histoire sont d’ailleurs obsédés par le désir amoureux, bien souvent physique et sans issue. La direction d’acteurs fine et maîtrisée leur permet à tous d’en exposer clairement tous les aspects, entre flamme hypocrite et lubricité déchaînée, y compris dans les chorégraphies impayables de <strong>Dustin Klein</strong> qu’ils exécutent eux-mêmes avec brio. Seule Junon est véritablement frustrée et refroidie, quoique brûlante de jalousie vengeresse, ce qu’<strong>Anna Bonitatibus</strong> réussit à rendre avec grand art, de son bel instrument aux couleurs ambrées dont les éclats se font puissance déferlante ou douce plainte tout juste audible. D’abord houspillé puis triomphant, l’Endymion de <strong>Rémy Bres-Feuillet</strong> est tout de virtuosité et d’ornementations délicieuses à l’oreille. Le Mercure de <strong>Dominic Sedgwick</strong> n’est pas en reste, en parfait acolyte de Jupiter. Petit accroc à la distribution, <strong>Zachary Wilder</strong>, souffrant, se contentera de mimer son rôle sur scène, caché derrière un masque, tandis que <strong>Clément Debieuvre</strong> le remplace, au pied levé, vaillamment et efficacement dans la fosse. Les trois Furies complètent efficacement la distribution qui excelle dans le <em>parlar cantando</em> d’un grand naturel de déclamation tout comme dans les ensembles et dans les airs de bravoure.</p>
<p>La partition originale, prévue pour six musiciens, est efficacement arrangée par <strong>Sébastien Daucé</strong> pour son <strong>Ensemble Correspondances</strong> d’une quarantaine de musiciens. Le théâtre de Nantes leur propose un écrin idéal et l’on goûte les couleurs et la richesse de cet orchestre, dont on remarque avec bonheur le percussionniste, particulièrement virtuose ce soir. Un bien beau spectacle.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="[ LA CALISTO ] ENTRETIEN AVEC LE DIRECTEUR MUSICAL SÉBASTIEN DAUCÉ" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/Gpayb8nT1tE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-nantes/">CAVALLI, La Calisto – Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL, Alcina &#8211; Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-alcina-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=202969</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après avoir incarné avec brio Ruggiero voici plus de dix ans, Philippe Jaroussky devient le grand ordonnateur de la magie musicale d’Alcina. Avant Paris (TCE) et Barcelone, il nous offre l’aboutissement de sa longue expérience de l’ouvrage, au vaste Corum de Montpellier, dont le seul avantage sur la bonbonnière de l’Opéra Comédie, qui dispense les &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-alcina-montpellier/"> <span class="screen-reader-text">HAENDEL, Alcina &#8211; Montpellier</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-alcina-montpellier/">HAENDEL, Alcina &#8211; Montpellier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir incarné avec brio Ruggiero voici plus de dix ans, <strong>Philippe Jaroussky</strong> devient le grand ordonnateur de la magie musicale d’<em>Alcina</em>. Avant Paris (TCE) et Barcelone, il nous offre l’aboutissement de sa longue expérience de l’ouvrage, au vaste Corum de Montpellier, dont le seul avantage sur la bonbonnière de l’Opéra Comédie, qui dispense les chanteurs d’une projection constante, réside dans sa vaste capacité. La quatrième et ultime magicienne de Haendel a attiré la foule des auditeurs, d‘autant que l’affiche est prometteuse.</p>
<p>Oronte, le général, poursuit Morgana, sœur de la magicienne, qui n’a d’yeux que pour Ricciardo/Bradamante, elle-même éprise de son fiancé, Ruggiero, ensorcelé par Alcina. Melisso, précepteur du héros, cassera la chaîne pour l’inverser. Comme le public londonien du temps, oublions les péripéties d’un livret-prétexte pour les prouesses vocales (26 arias, dont 22 retenues ce soir, des récitatifs brefs, pertinents, qui sont du vrai théâtre), comme pour les scènes spectaculaires, composées pour permettre aux machineries performantes de <em>Covent Garden</em> de déployer leurs illusions (l’apparition puis l’écroulement du palais enchanté&#8230;). Bien que l’auditeur averti ait vainement cherché les noms du metteur en scène et de ses collaborateurs, en dehors du programme de salle, rien n’indiquait explicitement que c’était à une version de concert que nous étions convié. Donc exit la féérie, ses ballets et l’illustration visuelle d’une intrigue alambiquée, dont le principal intérêt, sinon l’unique, est de permettre à chaque chanteur d’offrir l’étendue de son talent, à travers des situations renouvelées.</p>
<p>Philippe Jaroussky fonda son ensemble <em>Artaserse</em> il y a plus de deux décennies, et il a pleinement intégré l’ouvrage de l’intérieur, le vivant à travers ses incarnations de Ruggiero. L’attention constante qu’il porte au chant comme à ses musiciens, l’énergie qu’il leur transmet, l’exigence des phrasés, des articulations, la précision, tout nous ravit. La seule réserve, mineure, que l’on puisse émettre à l’endroit de l’orchestre, agile, réactif, ductile, qui sait écouter, est sa sécheresse accentuée dans la vigoureuse ouverture. Ce travers s’estompera progressivement pour aboutir à une plénitude enviable. La Sinfonia qui ouvre normalement le III est enflammée, aux violons véloces.  les riches accompagnements qu&rsquo;Haendel écrit pour chacun des airs sont restitués avec une rare intelligence musicale. La basse continue, rassemblée autour du magnifique violoncelle solo (Ruth Verona) se signale par son théorbe (Miguel Rincon Rodriguez) aussi intelligent qu’inventif. A signaler également le superbe violon de Raul Orellana.</p>
<p>Pour cette prise de rôle d’Alcina, on était curieux d’écouter la soprano américaine <strong>Kathryn Lewek</strong><strong>, </strong>qui change en or tout ce qu’elle chante, de Verdi à Mozart, en passant par Gounod, Offenbach et Haendel, dont elle est familière. Voix inqualifiable, universelle qui cumule les emplois allant de la colorature au soprano lyrique voire dramatique, elle fascine ce soir.  Amoureuse cruellement humiliée, héroïne tragique, Kathryn Lewek est <em>stupenda</em> (stupéfiante) de vérité. D’une aisance et d’un engagement absolus, aux moyens superlatifs dont elle use avec art, sans ostentation aucune, pour une émotion constante. De l’amoureuse inquiète (<em>Di’, cor moi</em>), sincère, émouvante (<em>Si son quella, </em>avec le superbe violoncelle solo), à ses peines cruelles (<em>Ah Ruggiero crudel</em>, puis<em> Ombre pallide</em>), le miracle se renouvelle à chacune de ses interventions. Après l’<em>accompagnato</em> poignant du II, aux longues vocalises, avec les suspensions interrogatives, l’ample plainte de <em>Ah cor mio,</em> l’emportement de la partie centrale avant le da capo, est un sommet, servi par un orchestre admirable. Une Alcina de très haut vol, que l&rsquo;on souhaite retrouver.</p>
<p>Familier du rôle (conçu pour le castrat Carestini) <strong>Carlo Vistoli</strong> nous vaut un Ruggiero fouillé, bien que peu défini par le livret, falot, soumis à Alcina au I, puis à Melisso, enfin à Bradamante au III. Outre ses qualités vocales et dramatiques d’exception, il réussit l’exploit de rendre son personnage attachant à travers son évolution. Le regard voilé lorsqu’il est sous l’emprise du charme d’Alcina, son jeu trahit l&rsquo;intensité avec laquelle il est Ruggiero. <em>Di te mi rido </em>suffirait à convaincre de l’étendue de l’art du chanteur : l’incroyable virtuosité, l’agilité, l’articulation, les couleurs d’une émission exemplaire fascinent. Sans oublier son intelligence des récitatifs, auxquels il donne une vérité et une intensité rares. Parfois superficiel, <em>La boca vaga , </em>virtuose, est ici superbe. Les deux ariosi du début du II, qui dérogent aux conventions, sont d’absolues réussites.<em> Mi lusingha</em>, ample, où il rêve à Bradamante, est magistral, d’une humanité touchante. Le <em>Mio bel tesoro</em>, disparaît (parce qu’il nécessitait 2 flûtes ?), dommage. Chacun attendait le <em>Verdi prati</em>, rondo où il fait ses adieux à l’île. La plénitude mélancolique, apaisée et rayonnante en est idéalement traduite. L’ample et vaillant<em> Ste nell’ ircana</em>, avec deux cors (malgré un accident de ces derniers) a tout le brio requis. Bradamante réputée, <strong>Katarina Bradić</strong>, a deux airs de fureur (<em>E gelosia</em>, puis <em>Vorrei vendicar mi</em>), et un ultime, moralisateur, au III (<em>All’ alma fedele</em>), avec hautbois. Sa technique exemplaire est au service d’une expression baroque de référence, la voix est généreuse, sonore, qui sait s’alléger, aux graves solides, expressive, colorée, dont les accents nous touchent. Un modèle de style servi par le plus beau des instruments. Non seulement les airs sont aussi remarquables les uns que les autres, mais aussi les récitatifs (ainsi celui de la reconnaissance amorcée de Bradamante par Ruggiero, avant le <em>Vorrei vendicar mi</em>, poignant). A signaler que, vêtue d’un pantalon sombre et d’une chemise blanche lorsqu’elle se fait passer pour Ricciardo, elle se mue en une belle figure féminine lorsqu’elle retrouve son identité, parée d’une robe séduisante. La classe. <strong>Lauranne Oliva</strong> (*) chante sa première Morgana. Son air d’entrée <em>O s’apre al riso</em> trahit un médium-aigu parfois serré (le trac ?), mais elle gagnera en confiance et imposera son personnage, avec une réelle pureté d’émission, un timbre riche et une conduite de la ligne exemplaire. Si la coquette minaude un peu dans son récitatif avec Oronte (<em>Audace Oronte</em>), c’est pour traduire le caractère de la jeune séductrice autoritaire. Le célèbre<em> Tornami a vagghegiar</em>, air de charme, aux ornements inventifs, est fort bien servi. Avec un violon solo admirable (quelle cadence !), le cajolant et virtuose<em> Ama sospira</em>, est remarquable. Le violoncelle obligé du <em>Credete al mio dolor</em>, se marie avec un égal bonheur à ce qui devient une grande voix. On ne présente plus <strong>Zachary Wilder</strong> aux amateurs de musique baroque (même s ‘il ne se cantonne pas dans ce répertoire). Le ténor américain francophile campe un Oronte viril, idéal pour l’emploi. Son personnage volontaire et désabusé, prend avec lui une épaisseur humaine. <em>E un folle</em>, aux traits virtuoses impressionnants, traduit bien la superficialité de son amour pour Morgana. Notre valeureux  ténor fait montre d’une tessiture très large, homogène, égale avec des <em>piani</em> superbes dans son dernier air (<em>Un momento di contento</em>) sensuel et galant. Un grand bravo ! S’il participe à de nombreux récitatifs, Melisso, n’a qu’un air en forme de sicilienne, pour exprimer ses reproches à Ruggiero (<em>Pensa a chi geme</em>). <strong>Nicolas Brooymans</strong>, basse à la voix ample, large, bien timbrée, stylée, malgré quelques inégalités, traduit avec bonheur l’autorité bienveillante du précepteur-magicien. Etrangement Haendel n&rsquo;a écrit aucun duo pour cette intrigue qui en appelait nombre. Mais son exceptionnel trio (<em>Non è amor, nè gelosia</em>), dont l’écriture illustre le conflit entre Alcina et le couple retrouvé, est un bonheur.</p>
<p>S’il est vrai que l’ajout tardif d’Oberto à l’intrigue conduit parfois, comme ce soir, à la suppression du rôle, ses trois airs (dont l’acrobatique air de bravoure <em>Barbara, io ben lo so</em>) n’ont rien à envier à ceux des autres personnages. Le découpage (charcutage ?) auquel se livrent la plupart des réalisateurs d’ouvrages écrits en trois (ou cinq) actes pour placer l’unique entracte au milieu surprend toujours. Placer maintenant celui-ci après le bouleversant <em>Ah cor mio</em> d’Alcina, ne dérange pas vraiment. Sinon la cohérence de l’architecture, qui perd son sens : il n’est pas indifférent que Haendel ait écrit son <em>Ombre pallide</em> pour terminer. Certes, on rafistolait, les aménagements apportés aux partitions étaient courants. On le fit à la redécouverte de ce répertoire, il y a plus de cinquante ans. Peut-on pour autant s’autoriser encore de telles pratiques ? L’argument de la durée n’est pas recevable : coupe-t-on <em>Götterdämmrung</em> ou <em>Parsifal</em> (**) ? Celui des moyens ne l’est guère davantage, sinon pourquoi n’avoir pas supprimé le dernier air de Ruggiero au motif que les 2 cors n’interviennent qu’à cette occasion ? Ce ne sont pas d’inintéressantes scories dont nous sommes privés : L’ouverture est amputée de la musette et du menuet qui suivent la partie fuguée. En dehors du bis, des quatre chœurs, seul subsiste <em>Dall’ orror di notte cieca</em>, confié au sextuor de solistes, alors que Haendel employait un vrai chœur à Londres. L’Opéra de Montpellier dispose d’une valeureuse formation, dirigée par Noëlle Gény. N’était-il pas possible, et bienvenu, de la solliciter pour les quatre numéros écrits à son intention ? Tous les ballets (écrits pour des danseurs français qui se trouvaient à Londres à ce moment) passent à la trappe  (***). Si les voix et l’orchestre nous ont enthousiasmé, le merveilleux, essentiel, était totalement absent. La bande-son d&rsquo;une bouleversante version digest d&rsquo;<em>Alcina.</em></p>
<p>Ebloui comme nous, le chaleureux public ne ménage pas ses ovations finales, pleinement méritées. On n’est pas passé loin du miracle&#8230;</p>
<pre>* Révélée aux Victoire de la musique 2024, on se souvient de sa formidable Calisto, à Aix. Auparavant, les  Montpellierains ont en mémoire son Aspasia du <em>Mitridate, rè di Ponto</em>, de Mozart, en avril dernier.

**  Sans plaisanterie douteuse ( ! )

*** En dehors de l’entrée et du tambourin précédant le chœur final donné en bis, il nous manque la totalité des pièces instrumentales (hormis l’ouverture des actes I et III) : gavotte-sarabande-reprise de la gavotte, menuet et nouvelle gavotte (après le premier chœur), les entrées des songes (après <em>Ombre pallide</em>), « agréables », puis « funestes», enfin « agréables effrayés ».


</pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-alcina-montpellier/">HAENDEL, Alcina &#8211; Montpellier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>CAVALLI, La Calisto &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=199603</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après une création remarquée cet été, en plein air, au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence, La Calisto entame à l&#8217;Opéra de Rennes – producteur délégué – une longue tournée en salle qui la mènera aux quatre coins de l&#8217;hexagone jusque fin 2027. Le rideau se lève sur un Prologue détourné : Les &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/"> <span class="screen-reader-text">CAVALLI, La Calisto &#8211; Rennes</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/">CAVALLI, La Calisto &#8211; Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une création remarquée cet été, en plein air, au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence"> Festival d’Aix-en-Provence</a>, <em>La Calisto</em> entame à l&rsquo;Opéra de Rennes – producteur délégué – une longue tournée en salle qui la mènera aux quatre coins de l&rsquo;hexagone jusque fin 2027.</p>
<p>Le rideau se lève sur un Prologue détourné : Les funérailles auxquelles nous assistons sont-elles celles de Calisto qui se voit promettre l&rsquo;éternité comme semble l&rsquo;indiquer le texte ? Que nenni, découvrirons-nous trois heures plus tard, il s&rsquo;agit de celles de Jupiter – décidément rien moins que divin puisque Calisto vient de l&rsquo;assassiner. Voilà qui tord assez brutalement le mythe et confirme les turpitudes fort humaines auxquelles sont confrontés les Dieux de l&rsquo;Olympe.</p>
<p>Ce choix dramaturgique questionne un peu inutilement le spectateur, alors que tout au long de la soirée, le cadre de l&rsquo;action respecte scrupuleusement la reconstitution historique : les lambris cérusés de <strong>Julia Katharina Berndt</strong> dévoilent alternativement toutes les pièces d&rsquo;une demeure aristocratique grâce à une tournette centrale du meilleur effet. Plus élégants encore, les costumes crées par <strong>Hannah</strong> <strong>Clark</strong> sont tout simplement éblouissants, déclinant des soies pastel d&rsquo;un suprême raffinement.<br />
Ceci dit, là encore, choix incongru, nous ne sommes pas en 1651 mais plus d&rsquo;un siècle plus tard dans un contexte totalement XVIIIe. Celui-ci convoque immédiatement les univers d&rsquo;un Mozart ou d&rsquo;un Choderlos de Laclos.</p>
<p>Il faut dire que les tribulations de Calisto ou d&rsquo;Endymion résonnent nettement des thèmes des <em>Liaisons Dangereuses</em> : les Grands s&rsquo;ennuient et se distraient entre cruauté et égoïsme, au détriment d&rsquo;êtres naïfs ou purs qu&rsquo;ils broient négligemment. Poignardant son subordonneur, Calisto, refuse de n&rsquo;être qu&rsquo;une Volanges ou une Tourvel avant l&rsquo;heure.<br />
Cette modernité projetée sur le mythe irrigue tous les choix de <strong>Jetske Mijnssen</strong> qui insuffle au livret une grande contemporanéité dans les thèmes abordés – harcèlement, consentement, fluidité des genres et des pratiques sexuelles … -.</p>
<p>Une fois acceptées, ces distorsions ne nuisent en rien au bonheur du spectateur. Car Si l’œil est charmé, l&rsquo;oreille l&rsquo;est plus encore par la remarquable qualité du plateau vocal. De <strong>Dominic Sedgwick</strong>, Mercure à la voix pleine à <strong>Théo Imart</strong> au timbre tout aussi séduisant en passant par le Pan si convaincant de <strong>Bastien Rimondi</strong>, le touchant Endymion de <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> ou la délicieuse Lymphée travestie de <strong>Zachary Wilder</strong>, sans oublier la Diane de haut vol de <strong>Giuseppina Bridelli</strong>, tous les rôles sont à la fête.<br />
Excellents comédiens, nourris par une direction d&rsquo;acteurs acérée, particulièrement variée, les chanteurs font montre d&rsquo;autant d&rsquo;élégance que de naturel, d&rsquo;une réjouissante intelligence dans le style comme dans l&rsquo;interprétation.</p>
<p>Dominant les autres artistes de son imposante stature, <strong>Milan Siljanov</strong> n&rsquo;a pas à forcer son naturel et l&rsquo;autorité naturelle de sa voix pour incarner Jupiter. Il est d&rsquo;autant plus à contre-emploi en Diane travestie, cabotinant avec une jubilation communicative en voix de fausset.</p>
<p>Jouisseur cynique, comme Valmont, il rend d&rsquo;autant plus touchante la merveilleuse Calisto de <strong>Lauranne Oliva</strong> qui profite de la somptuosité du timbre, de la richesse de la voix de poitrine, de l&rsquo;aisance des vocalises et d&rsquo;une incarnation sensible pour des extases sensuelles pleines de fraîcheur et des <em>Lamenti</em> bouleversants. La scène où les esprits sylvestres, aux ordres de Junon, lui imposent l&rsquo;humiliation d&rsquo;une tonsure est proprement saisissante.<br />
<strong>Anna Bonitatibus</strong> y foudroie tout autant en épouse bafouée dans un air somptueux qui murmure sans jamais détimbrer, éructe sans jamais se départir d&rsquo;un art idéalement maîtrisé.</p>
<p>Soutien sans faille de cette équipe de choc depuis la fosse, <strong>Sébastien Daucé</strong> retrouve avec une joie manifeste <strong>l&rsquo;Ensemble</strong> <strong>Correspondances</strong>. La complicité des musiciens est évidente dès l&rsquo;ouverture avec ce son rond qui se nuance d&rsquo;infinies couleurs tout au long de la soirée. La belle énergie de l&rsquo;orchestre souligne l&rsquo;acuité du travail rythmique et l&rsquo;art des atmosphères.</p>
<p>Faussement classique, superbement interprétée,<em> la Calisto</em> ne saurait dévier de son orbite glorieuse : à Angers-Nantes Opera les 22, 23 et 30 novembre prochains, au Théâtre des Champs Elysées du 4 au 6 mai 2026, au Théâtre de Caen les 20 et 21 mai 2026, aux Théâtres de la Ville de Luxembourg en octobre 2027 avant d&rsquo;achever sa course à l&rsquo;Opéra Grand Avignon les 13 et 14 novembre 2027.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/">CAVALLI, La Calisto &#8211; Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>CAVALLI, La Calisto &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=194224</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence donne l’occasion au lyricomane attentif aux mises en scène (c’est bien le jeu à Aix !) d’assister deux soirs de suite à deux transpositions des œuvres au programme. Une qui laisse sur sa faim (le Don Giovanni de Robert Icke) et l’autre pleinement réussie, celle que propose Jetzke Mijssen de La &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/"> <span class="screen-reader-text">CAVALLI, La Calisto &#8211; Aix-en-Provence</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/">CAVALLI, La Calisto &#8211; Aix-en-Provence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence donne l’occasion au lyricomane attentif aux mises en scène (c’est bien le jeu à Aix !) d’assister deux soirs de suite à deux transpositions des œuvres au programme. Une qui laisse sur sa faim (le <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-aix-en-provence/">Don Giovanni</a></em> de Robert Icke) et l’autre pleinement réussie, celle que propose <strong>Jetzke Mijssen</strong> de <em>La Calisto</em>, troisième opéra de Francesco Cavalli admis à la programmation à Aix (après <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/helene-et-les-garcons/">Elena</a></em> en 2013 et <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/erismena-aix-en-provence-nouveau-miracle-dalarcon/">Erismena</a></em> en 2017).<br />
Dans l’écrin incomparable d’un théâtre de l’Archevêché aéré d’une brise rafraichissante sans être dérangeante, nous voilà spectateurs d’une histoire de cœur savamment transportée dans le XVIIIe siècle aristocratique. Jetzke Mijssen prend le parti de « dé-diviniser » les personnages (la source littéraire étant le livre II des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide), et d’en faire les protagonistes humains, trop humains, d’un quasi-vaudeville qui va mal tourner et où toutes les conventions de la « bonne société » sont respectées. Ainsi aurons-nous droit à un décor astucieux (avec une scène circulaire tournante en son milieu) figurant un magnifique salon lambrissé avec son cortège de domestiques, des costumes (signés <strong>Hannah Clark</strong>) du meilleur goût rappelant les plus belles heures des salons chics, des danses de salon (réalisées par les chanteurs eux-mêmes) sur des musiques additionnelles de Cavalli mais aussi de Giacomo Arrigoni, Carlo Farina entre autres.<br />
Toutes les conditions sont donc réunies pour que le spectateur soit emporté par cette histoire qui convoque nombre de thématiques contemporaines dont Mijssen s’empare avec gourmandise : le consentement, le mouvement #MeToo, le victim-blaming, le harcèlement sexiste et sexuel, le culte de la chasteté, les nuances de l’amour, la fluidité des genres, ou encore l’amour lesbien. Autant de sujets que Cavalli et son librettiste Giovanni Faustini ne pouvaient évoquer en 1651, même dans une ambiance vénitienne très permissive, que sous le couvert de l’allégorie et de la fine allusion. Ici, l’allégorie, traditionnellement mise en scène dans le prologue, est  astucieusement contournée : lorsque le rideau se lève, la Nature, l’Eternité et le Destin prennent corps en Pan, Junon et Satyre : ils entourent le cercueil noir de Calisto et prédisent à celle-ci l’immortalité…dans leurs mémoires.<br />
Le premier acte nous renvoie au début de l’histoire et à ses développements : Jupiter accompagné de son fils Mercure est illuminé par la beauté de Calisto, la chaste nymphe compagne de chasse de Diane. Pour la séduire, il va prendre les traits de Diane, qui a conquis le cœur de Calisto. Mais lorsque Calisto, une fois séduite dans l’obscurité d’une grotte par Jupiter/Diane reverra la vraie Diane, celle-ci ne comprendra pas les avances délibérées de sa nymphe et en prendra ombrage. Ajoutons une Junon furieuse de la nouvelle infidélité de son époux Jupiter et qui, au lieu de lui en tenir rigueur, se vengera sur l’objet de sa flamme (Calisto donc), n’oublions pas quelques amourettes secondaires (le berger Endymion aime Diane et en est aimé secrètement, Pan est l’amoureux éconduit de Diane et tente de la reconquérir) et nous aurons tous les ingrédients d’un jeu amoureux qui va mal finir. Dans le livret original, Junon, pour se venger de Calisto, finit par la transformer en ourse et Jupiter, saisi de remords, décide de la changer en constellation (la Grande Ourse). Mijssen opère une ultime pirouette pour rendre la conclusion crédible : Calisto fait semblant de céder aux charmes de Jupiter – alors que son amour la porte décidément vers Diane – et finit par trucider celui qui a abusé d’elle. Bien vu l’artiste.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Calisto-—-Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_10-1294x600.jpg" alt="" width="624" height="289" />
© Monika Rittershaus</pre>
<p><strong>Sébastien Daucé</strong>, le directeur musical de l’Ensemble Correspondances a opéré un imposant travail éditorial pour adapter une partition prévue à l’origine pour… six musiciens et être donnée dans un théâtre (San Cassiano à Venise) avec une jauge d’une centaine de spectateurs. Ce soir, ce sont une quarantaine de musiciens qui œuvrent à proposer une version sans doute unique puisque délibérément adaptée aux lieux et au contexte. Le chef est astucieusement positionné au milieu des musiciens, quasiment en bordure de scène, ce qui permet une connivence de tous les instants entre chef et chanteurs.<br />
La distribution est sans défaut. Le rôle-titre est tenu par <strong>Lauranne Oliva</strong>, premier prix de <a href="https://www.forumopera.com/breve/lauranne-oliva-premier-prix-de-paris-opera-competition-2023/">Paris Opéra compétition en 2023</a>, qui figure une parfaite nymphe innocente. La pureté, la clarté et la douceur de la voix, toujours bien posée et capable de belles nuances, marqueront à coup sûr cette représentation. Jupiter est également remarquablement distribué : il fallait à la fois l’autorité d’une basse figurant un dieu/père/amant et la capacité de travestir la voix, lorsque Jupiter devient Diane. <strong>Alex Rosen</strong> se joue de ces nombreuses transpositions de registre, en utilisant la voix de tête (certes bien moins séduisante que la voix de poitrine) et en étant capable de changer fréquemment de registre, parfois dans la même phrase, ce qui n’a pas manqué d’ajouter un bel effet comique. La Diane de <strong>Giuseppina Bridelli</strong> sait rendre la complexité du personnage. Le soprano est souple, le timbre envoûtant. Mention spéciale pour <strong>Anna Bonitatibus</strong>, Junon presque démoniaque et qui nous sert un « Racconsolata e paga » au III, d’une rare intensité dramatique. L’Endymion de <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> est torturé à souhait, son haute-contre porte et s’emporte à souhait. Distribution sans défaut disions-nous, très bien complétée par <strong>Zachary Wilder</strong> en Linfea, <strong>David Portillo</strong> (Pan), <strong>Dominic Sedgwick</strong> (un Mercure qu’on adore détester), <strong>Théo Imart</strong> (Satyre) et le Sylvain de <strong>José Coca Losa</strong>.</p>
<p>Cette production sera donnée dès le mois d’octobre 2025 à Rennes, puis à ANO en novembre, ainsi que Caen et le Théâtre des Champs-Elysées en mai 2026.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/">CAVALLI, La Calisto &#8211; Aix-en-Provence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>RAMEAU, Platée (Tournet, Vidal, Lys&#8230;)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-platee-tournet-vidal-lys/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=192313</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Platée, ou Junon jalouse » était le premier titre. La pauvre grenouille prétentieuse sera la victime désignée par Cithéron et Mercure pour apaiser la colère de Junon, toujours trahie par son époux volage. Les siècles suivant la création avaient quelque peu oublié Platée, et l’image d’un Rameau acariâtre, théoricien sérieux et ennuyeux, s’était imposée. Six ans &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-platee-tournet-vidal-lys/"> <span class="screen-reader-text">RAMEAU, Platée (Tournet, Vidal, Lys&#8230;)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-platee-tournet-vidal-lys/">RAMEAU, Platée (Tournet, Vidal, Lys&#8230;)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Platée, ou Junon jalouse » était le premier titre. La pauvre grenouille prétentieuse sera la victime désignée par Cithéron et Mercure pour apaiser la colère de Junon, toujours trahie par son époux volage. Les siècles suivant la création avaient quelque peu oublié <em>Platée</em>, et l’image d’un Rameau acariâtre, théoricien sérieux et ennuyeux, s’était imposée. Six ans lui avaient été nécessaires pour digérer la bouderie de <em>Dardanus</em>, et il répondit favorablement à la demande pour offrir cette fable cruelle, un incontestable chef-d’œuvre (1), sept ans avant que <em>la Serva padrona</em> déclenche à Paris la Guerre des bouffons,</p>
<p>On l’a parfois oublié, « ballet bouffon », <em>Platée</em> outrepasse le genre de l’opéra ballet, étant la première œuvre lyrique de cette veine entièrement chantée de notre répertoire. Tous les canons de la tragédie lyrique sont ici ridiculisés : la puissance, la grandeur, l’héroïsme, etc. Les dieux n’y survivront pas. Ses clichés, de la pastorale à l’orage, ses procédés, les airs de colère ou de vengeance, les ariettes, les danses variées, la chaconne obligée seront le moyen pour Rameau de libérer son incroyable verve, en  accumulant toutes les facéties littéraires, allitérations, onomatopées, et musicales</p>
<p>Depuis qu’Aix-en-Provence, en 1956, nous a révélé le chef-d’œuvre, les enregistrements intégraux (ou presque) se comptent sur les doigts d’une main (Hans Rosbaud ; Jean-Claude Malgoire ; Marc Minkowski ; William Christie), aussi cette nouvelle gravure de <strong>Valentin Tournet</strong> (2) est-elle particulièrement bienvenue. D’autant que sa direction imprime une jeunesse, une verdeur comme une élégance qui en renouvellent l’approche. Son ensemble, <em>la Chapelle Harmonique</em>, et lui ne font qu’un, et chœur comme orchestre se montrent exemplaires : tempi, phrasés, articulation, dynamique servent remarquablement l’ouvrage et ses couleurs, avec un constant souci du chant, mais sans doute de façon moins théâtrale que Marc Minkowski. La vivacité constante, assortie d’une précision, d’une articulation, d’une sûreté admirables, emporte l’auditeur dans ce tourbillon savoureux, dépourvu de temps morts. Les nombreuses danses, toujours associées à l’action, sont jouées pour être chorégraphiées ; si l’orage est spectaculaire, la scène de la métamorphose, le charivari des oiseaux et batraciens sont un régal, comme la chaconne, démesurée, ou l’ascension de Jupiter et Junon réconciliés. Le chœur, toujours clair, se fait acteur, et les airs où il dialogue avec tel ou tel soliste sont également réussis. Chanteur dès son plus jeune âge, le chef réalise un subtil équilibre entre voix et instruments, et le résultat est confondant de justesse.</p>
<p>La distribution réunit des chanteurs dont la familiarité à ce répertoire n’est plus à démontrer. Ainsi, <strong>Matthias Vidal</strong> s’est souvent baigné dans la mare, au pied du Mont Cithéron (des airs de Thepsis publiés en 2020) : sa Platée, aux égarements outranciers et émouvants, est d’une absolue justesse, coquette, vaniteuse, comme pathétique. D’une constante intelligibilité, le chant n’appelle que des éloges : coloré, projeté et soutenu, inspiré. Notre vaillant ténor est bien la grenouille nymphomane convaincue de sa séduction auprès de Jupiter. Sans caricaturer outrageusement la batracienne, il lui donne une vie constante, à travers ses attentes, ses vœux, ses interrogations, comme ses souffrances. A cet égard, son lamento (« Jupiter, mes cris sont superflus »), en écho à Armide et à toutes les amoureuses trahies, est un bonheur, avant que sa colère éclate. La riche palette des affects est illustrée avec maestria, Matthias Vidal se jouant des passages virtuoses, admirable comédien de surcroît. Le bref désespoir final de Platée, drôle et pathétique, ne laissera aucun auditeur insensible. Après Thalie, dans le Prologue, <strong>Marie Lys</strong> endosse les habits de la Folie, rôle écrasant par les moyens vocaux requis, sans compter l’incarnation. Sa grande scène est sans doute la plus fréquemment illustrée au concert, spectaculaire en diable, hors du commun. Or, on le sait, la virtuosité, le registre le plus large ne suffisent pas à traduire la démesure, la fougue, la fureur attendues. Jennifer Smith (avec Minkowski), Patricia Petibon (en concert) étaient folles à lier. Marie Lys, éblouissante, se hisse à leur niveau pour nous offrir, dès son apparition (à la fin du II) la plus séduisante des Folies. Son ariette, « Aux langueurs d’Apollon, Daphné se refusa », « Lance tes traits Amour », tout comme les récitatifs enchaînés, nous réjouissent pleinement. Le rusé Mercure, dont l’art de tirer les ficelles est connu, est confié à <strong>Zachary Wilder</strong>, après qu’il ait incarné l’ensommeillé Thespis, ordonnateur du divertissement. L’aisance de notre ténor vif-argent y est constante, à la roublardise réjouissante. Avec l’autorité vocale, la voix bien timbrée et les graves qu’on lui connaît – ce qu’appelle le rôle &#8211; <strong>Alexandre Duhamel</strong> campe un Jupiter souverain et l’on regrette que Rameau ne lui ait pas réservé de véritable air. Convaincante est la Junon de <strong>Juliette Mey</strong>, qui brille dans son air de colère « Haine, dépit, jalouse rage ». Cithéron, le complice de Mercure, est <strong>David Witczak</strong>, solide basse qui impose son personnage avec l’assurance attendue. L’ Amour, puis Clarine, sont fort bien servies par l’émission fraîche de<strong> Cécile Achille</strong>. Enfin <strong>Cyril Costanzo</strong>, en Momus (travesti en Amour ensuite) n’appelle que des éloges.</p>
<p>La majesté désuète de Rosbaud, la blague bouffonne de Malgoire sont réunies dans cette lecture inspirée, d’une fidélité convaincante, qui se démarque de celle de Minkowski par son exigence musicale constante et son refus de l’outrance, pour une comédie désopilante et cruelle. Une réalisation attendue qui devrait contribuer à la connaissance de l’ouvrage et donner un plaisir renouvelé à son écoute.</p>
<pre>(1) Rousseau applaudit (« le chef-d’œuvre de Monsieur Rameau et le plus excellent morceau de musique qui jusqu’ici ait été entendu sur notre théâtre ») alors que Voltaire dénigre (« un très mauvais ouvrage : c’est le comble de l’indécence, de l’ennui et de l’impertinence... »).
(2) qui poursuit ainsi son ambitieux projet d’intégrale des œuvres lyriques de Rameau. L’enregistrement fait suite à un concert donné à Versailles en avril 2024.</pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-platee-tournet-vidal-lys/">RAMEAU, Platée (Tournet, Vidal, Lys&#8230;)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MONTEVERDI, Vespro della Beata Vergine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-vespro-della-beata-vergine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=186443</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après un Orfeo et un Retour d’Ulysse fort réussis, on s’attendait à ce qu’I Gemelli enregistrent le Couronnement de Poppée. Raté : ce sont les Vêpres qui paraissent. Emiliano Gonzalez Toro justifie ce choix sans détour dans l’entretien liminaire : « il était important que je puisse graver les Vêpres, une œuvre dans laquelle la place du ténor &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-vespro-della-beata-vergine/"> <span class="screen-reader-text">MONTEVERDI, Vespro della Beata Vergine</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-vespro-della-beata-vergine/">MONTEVERDI, Vespro della Beata Vergine</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un <em>Orfeo</em> et un <em>Retour d’Ulysse</em> fort réussis, on s’attendait à ce qu’I Gemelli enregistrent le <em>Couronnement de Poppée</em>. Raté : ce sont les <em>Vêpres</em> qui paraissent. <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong> justifie ce choix sans détour dans l’entretien liminaire : « il était important que je puisse graver les <em>Vêpres</em>, une œuvre dans laquelle la place du ténor est centrale, à un moment où je pouvais encore le faire » (dans <em>Poppée</em>, on le sait, le ténor est cantonné aux rôles de caractère).</p>
<p>Le projet a été soigneusement répété et élaboré durant deux ans, donnant lieu à une parution somptueuse : un livre-disque de près de 300 pages, riche d’une quinzaine d’essais dus à la plume érudite de <strong>Mathilde Étienne</strong> (mezzo, cofondatrice et codirectrice de l’ensemble), relevé de superbes enluminures et lettrines dues au pinceau inspiré de Natacha Lockwood.</p>
<p>Quant au contenu musical, il tient sur un seul disque, Toro ayant fait le choix de ne pas enrober les treize pièces de Monteverdi dans l’apparat liturgique que certains lui adjoignent et qui, souvent, encombre l’écoute.</p>
<p>Quelques mots encore sur les choix interprétatifs, eux aussi résumés dans la passionnante interview ouvrant le livre. Toro insiste sur le caractère vocal, lyrique de ce <em>Vespro</em> qu’il souhaite confier à une « assemblée d’individus » : une équipe de solistes chevronnés, pour la plupart bien connus des amateurs d’opéra. Si cette vision s’oppose aux lectures les plus résolument chorales (Herreweghe, Schneidt, McCreesh, Pickett, Pichon, etc.), elle ne va pas jusqu’à l’ascèse d’un Alessandrini, limitant strictement l’interprétation à une voix par partie – à douze chanteurs seulement. Ici, on en compte le double, pour un ensemble instrumental à peu près équivalent dans les deux cas (18/19 interprètes).</p>
<p>Reste la question du diapason, compliquée par le fait que le <em>Magnificat</em> et le <em>Lauda</em> <em>Jerusalem</em>, notés en <em>chiavette</em>, supposent une transposition, généralement une quinte plus bas (que Pichon choisissait de ne pas effectuer). Toro opte pour l’abaissement d’une tierce de ces pièces, interprétant l’ensemble à un diapason relativement élevé (465 Hz), censé préserver son caractère festif.<br />
Si nous nous sommes attardé sur ces options, un peu barbantes pour les néophytes, c’est qu’elles conditionnent bien évidemment le caractère de la lecture. Sur le papier, elles nous ont toutes, sans exception, parues pertinentes. À l’écoute, le bilan est plus mitigé.</p>
<p>Commençons par les motifs de satisfaction, surtout réservés par les <em>concerti</em> pour solistes, ce qui n’étonnera personne. Des deux grands soli pour ténor, le premier, <em>Nigra sum</em>, a été confié à la voix incisive, claire et légèrement vibrée de <strong>Zachary Wilder</strong>, le second, <em>Audi Coelum</em>, au timbre plus chaud et velouté de Toro lui-même (auquel Wilder sert d’écho) : tous deux caressent l’oreille par un chant riche en couleurs et nuances – et une diction superlative. Superbement réussi s’avère aussi le duo de sopranos <em>Pulchra es</em>, où la lumineuse <strong>Nurial Rial</strong> se marie à l’ombreuse <strong>Éléonore Pancrazi</strong>.</p>
<p>Le caractère bondissant, la ferveur dansante conférés aux pages « chorales » que sont le <em>Laudate pueri</em> à huit voix et le <em>Nisi Dominus</em> à dix emportent également les suffrages : chaque « identité vocale » s’y voit préservée sans que, pour autant, la cohérence structurelle n’éclate.</p>
<p>Les réserves arrivent avec les pièces mixtes, celles qui font le plus évidemment alterner sections virtuoses pour solistes et pages pour tutti. Le <em>Magnificat</em> (à 7 voix, celui à 6, alternatif, n’ayant pas été retenu) – sans doute la pièce la plus opératique du corpus – s’en tire assez bien, même si les passages contemplatifs (« Esurientes », « Suscepit ») nous semblent plus inspirés que les passages véhéments. On trouve déjà ici un surcroît d’hédonisme, proche du style de Garrido, qu’on peut juger émollient. Ce défaut se retrouve amplifié dans le <em>Dixit Dominus</em> et le <em>Laetatus sum</em>, qui pâtissent d’une alternance un peu mécanique, qu’on pouvait déjà reprocher à l’ancienne version Corboz – notons d’ailleurs que Toro dédie son enregistrement à ce grand précurseur des lectures montéverdiennes. Dans ces psaumes, on souhaiterait percevoir davantage la présence d’un chef, capable de mettre en valeur l’architecture et de soutenir la tension (/l’attention).</p>
<p>Enfin, il faut déplorer deux (presque) ratages. Celui de la <em>Sonata sopra Sancta Maria</em> est peut-être dû à une prise de son morcelée ainsi qu’au charisme limité des cornistes/sacqueboutiers (on a entendu tellement mieux, par exemple chez Savall, qui reste notre référence).</p>
<p>Celui du <em>Duo Seraphim</em> est plus surprenant, eu égard au talent des trois ténors (<strong>Nicholas Scott</strong> se joignant à Toro et Wilder). Dans cette pièce que beaucoup considèrent comme l’acmé des <em>Vêpres</em>, la sauce ne prend à aucun moment, faute d’une réelle théâtralité, d’un jeu plus affirmé sur les contrastes et retards, faute d’assumer ce caractère de « duel vocal » que soulignait à l’envi la première version de Gardiner (par ailleurs si datée).</p>
<p>Plastiquement très séduisante mais un peu lisse, cette lecture des <em>Vêpres</em> pâtit, en somme, d’un certain refus de parti pris, de l’absence d’une « vision ». En ce sens, elle nous paraît finalement moins attachante que le récent et audacieux enregistrement de La Tempête (Alpha, 2019), dont les oripeaux orientalisants pouvaient agacer. Car, dans ce corpus éminemment disparate que sont les <em>Vêpres</em>, un rien d’artifice, voire de folie, n’est pas superflu…</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-vespro-della-beata-vergine/">MONTEVERDI, Vespro della Beata Vergine</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BACH, Passion selon Saint Matthieu &#8211; Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-matthieu-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2024 06:19:51 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=159248</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après Rennes, c’est à Nantes que Damien Guillon fait escale avec ses troupes du Banquet Céleste et le chœur de chambre Mélisme(s). Ils auront troqué l’acoustique intime de l’Opéra de Rennes pour celle ample et remarquable de la Cité des Congrès de la cité des Ducs de Bretagne. Des conditions idéales et un public venu &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-matthieu-nantes/"> <span class="screen-reader-text">BACH, Passion selon Saint Matthieu &#8211; Nantes</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-matthieu-nantes/">BACH, Passion selon Saint Matthieu &#8211; Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Après Rennes, c’est à Nantes que Damien Guillon </a>fait escale avec ses troupes du Banquet Céleste et le chœur de chambre Mélisme(s). Ils auront troqué l’acoustique intime de l’Opéra de Rennes pour celle ample et remarquable de la Cité des Congrès de la cité des Ducs de Bretagne. Des conditions idéales et un public venu en nombre pour assister à trois heures d’excellence musicale et interprétative.</p>
<p>La formation du jeune chef jouit d’une préparation sans faille, couronnée d’une exécution irréprochable qui donne à entendre un Bach sans ostentation, dans toutes ses dimensions. L’évidence frappe dans la juste balance des <em>tempi</em>, du contrepoint, des volumes et des masses qui transforme tour à tour cette <em>Passion</em> en pieuse cérémonie et en opéra baroque haut en couleurs. Le Banquet Céleste compte parmi ses rangs des solistes hors pair dont le dialogue permanent avec le plateau participe à cette interprétation protéiforme. Le chœur de chambre Mélisme(s) et la Maîtrise de Bretagne s’installent dans l&rsquo;ensemble avec la même évidence et la même capacité à suivre Damien Guillon dans les méandres de l’œuvre et de ses stations : la véhémence du peuple avide de sang ou les louanges des suiveurs du Christ.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Passion_selon_saint_Matthieu_Rennes_6©Laurent_Guizard-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-158667"/><figcaption class="wp-element-caption">© Laurent Guizard</figcaption></figure>


<p>A une exception près, ce sont les mêmes chanteurs qu&rsquo;à Rennes qui se présentent devant les Nantais. <strong>Zachary Wilder</strong> remplace au pied levé Juan Sancho en Evangéliste sans qu’il n’y paraisse rien. Il déploie un récit limpide, assis sur une diction précise, qui vient se colorer d’affects discrets au service de la scansion du drame. <strong>Edward Grint</strong> sert le Christ d’un timbre plutôt clair et d’une sobriété tout à propos. <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> marque le plateau d’un sceau particulier : projection remarquable, technique chevronnée et qualités interprétatives variées font de chacune de ses interventions des moments suspendus qu’il tisse dans la trame narrative. <strong>Marco Saccardin</strong> passe de Pierre à Pilate avec une aisance confondante : la foi et les doutes du premier sont évoqués dans un des accents timides quand la morgue du second trouve son assise dans un volume généreux et un timbre sombre et mat. Chez les dames, <strong>Céline Scheen</strong> tient le soprano le plus exposé avec brio : le phrasé est élégant, le timbre fruité. <strong>Maïlys de Villoutreys</strong> et <strong>Blandine de Sansal</strong>, toutes deux très sensibles, complètent élégamment la distribution.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-passion-selon-saint-matthieu-nantes/">BACH, Passion selon Saint Matthieu &#8211; Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MONTEVERDI, Il Ritorno d&#8217;Ulisse in Patria &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Dec 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=151953</guid>

					<description><![CDATA[<p>Elle voyage, elle voyage cette belle production du Retour d’Ulysse. Après Toulouse, la voici pour un soir au Palais des Beaux-arts de Bruxelles. Et reconstituer un opéra de Monteverdi dans l’atmosphère art-déco du grand vaisseau bruxellois n’est pas chose facile. Si la disposition des lieux permet un déploiement des troupes sensiblement plus large qu’à Toulouse, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/"> <span class="screen-reader-text">MONTEVERDI, Il Ritorno d&#8217;Ulisse in Patria &#8211; Bruxelles</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/">MONTEVERDI, Il Ritorno d&rsquo;Ulisse in Patria &#8211; Bruxelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Elle voyage, elle voyage cette belle production du <em>Retour d’Ulysse</em>. Après Toulouse, la voici pour un soir au Palais des Beaux-arts de Bruxelles. Et reconstituer un opéra de Monteverdi dans l’atmosphère art-déco du grand vaisseau bruxellois n’est pas chose facile. Si la disposition des lieux permet un déploiement des troupes sensiblement plus large qu’à Toulouse, si j’en crois mon collègue Thierry Verger  (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/">MONTEVERDI, Il Ritorno d’Ulisse in Patria – Toulouse</a>), l’absence de décor nécessite que les interprètes redoublent d’imagination communicative pour imposer leur propos. La magie opère pourtant bel et bien, et la mise en espace conçue par <strong>Mathilde Etienne</strong> se révèle parfaitement efficace : les mouvements suggérés, les attitudes et les mimiques de chacun suffisent à évoquer toutes les situations du récit, la magie narrative de Monteverdi fait le reste. Tous sont mis à contribution, les membres de l’orchestre se joignent aux chanteurs pour former le chœur, certains instrumentistes cumulent plusieurs instruments comme certains chanteurs cumulent plusieurs rôles, de sorte que c’est une véritable troupe, très cohérente, unie, qui se présente à nous. Le grand avantage de ces mises en espace peu invasives, c’est qu’elles laissent au spectateur le soin d’imaginer lui-même les éléments manquants, que le propos n’est jamais dévoyé et que toute l’énergie est concentrée sur la musique, dont la pureté n’a peut-être jamais été aussi sensible.</p>
<p>Les rôles les plus exposés, Ulysse (<strong>Emiliano Gonzales Tores</strong>) et Pénélope (<strong>Fleur Barron</strong>) sont vocalement très solides : lui avec une voix très bien placée qui permet beaucoup de nuances de couleur et une grande clarté du récit, elle avec un timbre bien sombre, presque envoûtant, une sorte de mélancolie naturelle dans la voix particulièrement bien utilisée dans ce rôle. Le fait qu’il assume également la direction musicale du spectacle – à laquelle contribue aussi grandement<strong> Violaine Cochard</strong>, infatigable continuiste qui passe avec aisance du clavecin à l’orgue, renforce encore la cohérence de la troupe au sein de laquelle on donnera également une mention spéciale au jeune berger Eumée (<strong>Nicholas Scott</strong>), à la candeur très émouvante.</p>
<p>La jeunesse des chanteurs, leur enthousiasme, mais aussi leur belle connaissance du style contribue à la fluidité du spectacle, (un petit bémol pourtant pour le Télémaque de <strong>Zachary Wilder</strong>, excellent chanteur, mais qui semble avoir deux fois l’âge de son père – ou est-ce l’Ulysse d’Emiliano Gonzales Toro dont le physique paraît trop jeune pour le rôle ? Toujours est-il que le rapport scénique entre eux deux est peu crédible). Les trois prétendants de Pénélope ( <strong>Anders Dahlin</strong> (Pisandre), <strong>Nicolas Broymaans</strong> (Antinoüs) et <strong>Juan Sancho </strong>(Amphinome)) sont très bien différenciés, caricaturaux à souhait dans le genre macho infatués, faisant ressortir le côté comique des scènes auxquelles ils participent. Tout cela vous a un petit côté <em>Commedia dell&rsquo;Arte</em> avant la lettre, l’émotion filtre à travers les scènes comiques, l’énergie circule d’un climat à l’autre, contribuant à la délicieuse légèreté du spectacle tout en soutenant la narration. La nourrice Euryclée (<strong>Alix Le Saux</strong>) est parfaitement voluptueuse et les autres rôles ne déméritent pas, au sein d’une distribution très homogène, même si globalement, les humains sont plus convaincants que les Dieux.</p>
<p>La partie instrumentale d’une grande diversité de couleurs, très attentive à soutenir les chanteurs, est pleinement intégrée au spectacle, dont on ressort revigoré, à la fois ému et heureux. Vieille de presque 400 ans, la partition n’a pas pris une ride !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/">MONTEVERDI, Il Ritorno d&rsquo;Ulisse in Patria &#8211; Bruxelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MONTEVERDI, Il Ritorno d&#8217;Ulisse in Patria &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Nov 2023 09:54:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=150843</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après Bordeaux, Angers et La Corogne et avant le Bozar à Bruxelles puis Madrid pour terminer, l’ensemble I Gemelli a posé ses valises à Toulouse pour deux représentations mises en espace du Ritorno d’Ulisse in Patria. Un rythme de représentations serré qui ne restera pas sans conséquence pour Mathilde Etienne, victime la veille d’un accident &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/"> <span class="screen-reader-text">MONTEVERDI, Il Ritorno d&#8217;Ulisse in Patria &#8211; Toulouse</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/">MONTEVERDI, Il Ritorno d&rsquo;Ulisse in Patria &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Bordeaux, Angers et La Corogne et avant le Bozar à Bruxelles puis Madrid pour terminer, l’ensemble I Gemelli a posé ses valises à Toulouse pour deux représentations mises en espace du <em>Ritorno d’Ulisse in Patria</em>. Un rythme de représentations serré qui ne restera pas sans conséquence pour<a href="https://www.forumopera.com/mathilde-etienne/"> <strong>Mathilde Etienne</strong></a>, victime la veille d’un accident de scène à l’Opéra de La Corogne, mais qui tient tout de même sa place à Toulouse au prix d’une mobilité plus que réduite puisque celle qui réalise la mise en espace et tient le rôle de Melanto doit être littéralement portée sur scène lors de chacune de ses apparitions ; défection par ailleurs de <strong>David Hansen</strong>, pour le &#8211; petit &#8211; rôle de la Fragilité Humaine. C’est <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong>, à la direction musicale et titulaire du rôle-titre, qui reprend au débotté cette partie.<br />
Mise en espace donc, sur une avant-scène réduite (les décors imposants du <em>Boris Godounov</em> se jouant pendant cette même période, sont cachés derrière le rideau de scène). Les quinze instrumentistes de l’ensemble I Gemelli sont placés aux extrémités cour et jardin. Au milieu trône l’imposant clavecin posé sur l’orgue positif de <strong>Violaine Cochard</strong>, magnifique continuo, seule à tourner le dos au public. Reste un espace étroit mais suffisant pour qu’évoluent les 19 (!) personnages de la pièce, qui tantôt slaloment entre les instruments ou autour du clavecin, tantôt se posent sur l’estrade en fond de scène lorsqu&rsquo;ils ne s&rsquo;assoient pas à trois sur le siège de la continuiste ! Quelques accessoires seulement pour Ulysse : une cape et un bâton de vieillard et, au deuxième acte, le fameux arc qui révélera son identité.</p>
<pre>                   <img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR1186-1294x600.jpg" alt="" width="716" height="332" />
</pre>
<pre style="text-align: center;">© Mirco Magliocca</pre>
<p>Emiliano Gonzalez Toro à la tête de son ensemble reprend à peu de choses près la distribution qui figure dans l’enregistrement réalisé entre 2021 et 2023, et sorti cet automne.<br />
Il semble évident, à voir les protagonistes évoluer, se chercher et se trouver toujours, que le spectacle est bien rôdé. Les complicités se font jour, les ensembles tombent toujours juste, point n’est besoin d’une battue explicite pour être dans le bon tempo. Ajoutons à cela un parfait équilibre des voix et un accompagnement instrumental sans faille. A noter que certains instrumentistes sont également convoqués comme choristes lors des rares interventions collectives.<br />
La distribution vue ce soir n’est pas exactement celle du CD, notamment pour ce qui est du rôle de Pénélope, tenue ici par <strong>Fleur Barron, </strong>toute de noir vêtue. Une occasion pour la mezzo singapouro-britannique (dont la tessiture flirte avec l’alto) de briller dans ce rôle qu’elle porte magnifiquement. C’est la belle surprise de la soirée. Le port est superbe, altier comme il se doit, et la présence vocale captivante. Le public est à juste titre sensible aux couleurs chaudes et pleines, du bas au sommet de la gamme. On se régale, on se noie dans ses lamentations du III, avant que ses yeux enfin se décillent.<br />
Emiliano Gonzales Toro est un Ulysse aussi convaincant sur scène qu’au disque ; on devine, en plus d’une voix capable d’emprunter de multiples facettes (dont celles d’un vieillard) avec quelques nasalités qui rappellent dans les <em>forte</em> le ténor de Rolando Villazón, un acteur heureux de se mouvoir sur scène.<br />
Il n’y a en fait pas de point faible dans cette distribution. <strong>Zachary Wilder</strong> figure un Télémaque prudent puis revigoré lorsqu’il reconnaît son père. <strong>Fluvio Bettino</strong>, formidable acteur qui fait de Iros un parasite que l’on adore détester. <strong>Juan Sancho</strong> n’a peut-être pas le physique de Jupiter mais la carrure vocale est là ; de même pour le Neptune de <strong>Christian Immler</strong> dont le monologue du I reste en mémoire. Le trio des prétendants, <strong>Anders Dahlin</strong> (Pisandre), <strong>Nicolas Broymaans</strong> (Antinoos) et <strong>Juan Sancho</strong>, le même qui tient aussi Jupiter (Amphinome) propose un manège bien huilé et une belle complicité. Il ne faudrait pas passer sous silence, l’Eurimée d’<strong>Alvaro</strong> <strong>Zambrano</strong> et le berger Eumée de <strong>Nicholas Scott</strong> tous deux à l’enthousiasme contagieux. Enfin quelques belles voix féminines qui n’avaient pas besoin de puissance pour faire passer toutes les émotions : outre Mathilde Etienne, n’oublions surtout pas <strong>Emöke Barath</strong> (Minerve et la Fortune) l’Euryclée touchante d’<strong>Alix</strong> <strong>Le Saux</strong> et <strong>Lisa Menu</strong> en Junon/l’Amour.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/">MONTEVERDI, Il Ritorno d&rsquo;Ulisse in Patria &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
