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	<title>Ceri WILLIAMS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ceri WILLIAMS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DOVE, Marx in London — Bonn</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/marx-in-london-bonn-steampunk-kapital/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Dec 2018 02:46:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des créations mondiales dont on ressort tout guilleret, avec l’envie de revoir très vite l’œuvre dont on a assisté à la première, voilà qui n’est pas si courant. Le fait qu’il s’agisse d’une comédie n’y est peut-être pas pour rien : on meurt beaucoup à l’opéra, encore aujourd’hui, et il n’est pas désagréable d’assister parfois à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Des créations mondiales dont on ressort tout guilleret, avec l’envie de revoir très vite l’œuvre dont on a assisté à la première, voilà qui n’est pas si courant. Le fait qu’il s’agisse d’une comédie n’y est peut-être pas pour rien : on meurt beaucoup à l’opéra, encore aujourd’hui, et il n’est pas désagréable d’assister parfois à un spectacle qui se termine bien. Souriant, oui, mais pas niais, et pour ce nouvel opus, Jonathan Dove s’est tourné, comme certains de ses collègues, vers un personnage historique connu de tous, dont on fête cette année le bicentenaire de la naissance. Comme Philip Glass avec Walt Disney ou John Adams avec Robert Oppenheimer, le compositeur britannique a mis Karl Marx au centre de son opéra, mais ainsi qu&rsquo;il l’expliquait <a href="https://www.forumopera.com/actu/jonathan-dove-lopera-moderne-manque-de-comedies">en interview en juin dernier</a>, un Karl Marx en proie à des problèmes domestiques qu’il est à peine besoin de romancer pour en tirer un bon livret d’opéra-bouffe. C’est ce qu’a su faire Charles Hart sur la suggestion de Jürgen R. Weber. Avec un résultat bien moins sérieux que ses confrères américains, Jonathan Dove n’en écrit pas moins une musique souvent proche de la leur, de John Adams en particulier : quand la fille de Karl Marx entonne son air « My father is… », avec sa pulsation obstinée, ses phrases coupées et répétées, et ses envolées dans l’aigu, on pense par exemple à « I am the wife of Mao Tse-Tung » dans <em>Nixon in China</em>, impression que confirmeront par la suite les superbes pages destinées au chœur (notamment l’impressionnant « Awake, Karl Marx », vers la fin du premier acte, interprété avec force par le chœur du Theater Bonn), même si l’on savait déjà, grâce au <em>Monstre du labyrinthe</em>, combien l’écriture chorale réussit à Dove. Ceux qui connaissent <em>Flight</em>, l’opéra qui lui a valu la célébrité, savent que la comédie lui va aussi fort bien, et c’est ainsi que s’explique la présence de <strong>David Parry</strong> dans la fosse : ce spécialiste du bel canto, qui a beaucoup enregistré Donizetti et Offenbach pour le label Opera Rara, sait tenir un orchestre jusqu’au bout d’une intrigue, avec sa résolution comique, qui passe entre autres choses par un ensemble où chaque personnage se croit pris de folie, rappelant les grandes réussites de Rossini dans ce domaine. On regrettera seulement que Jonathan Dove n’ose pas toujours aller jusqu’au bout de son audace, alors que le public le suivrait certainement même si le duo d’amour du couple de jeunes premiers sonnait moins comme une comédie musicale.</p>
<p>Pour évoquer celui qui a longuement réfléchi sur les conséquences de la Révolution industrielle, <strong>Jürgen R. Weber</strong> place sa mise en scène sous le signe des machines et de la vapeur. Dans un décor proche des assemblages de Louise Nevelson, qui peut se transformer en atelier et d’où jaillissent régulièrement des jets de fumée, des plates-formes mobiles ne cessent d’apparaître, poussées par six figurants mimant les damnés de la terre. Sur ces plateaux évoluent les membres de la famille Marx, en cette folle journée du 14 août 1871 durant laquelle se déroule tout l’opéra. Si l’on ajoute que la famille Marx est espionnée par un agent du gouvernement survolant le domicile à bord d’un aérostat, et que l’un des personnages se déplace dans un fauteuil roulant équipé de tuyaux et d’engrenages, on aura compris que le spectacle se situe résolument dans le courant« steampunk », cette tendance qui revisite le XIX<sup>e</sup> siècle sous l’angle de la technologie. Ces plates-formes qui entrent et sortent de scène finissent par être un peu répétitives, mais c’est une solution pour évoquer la multiplicité des lieux de l’action. Le <em>happy end</em> partiel – puisque les deux amoureux découvrent in extremis qu’ils sont en fait demi-frère et demi-sœur – est moins béat qu’il n’y paraît, puisque les figurants se munissent finalement de pistolets pour en menacer les protagonistes.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/marx2.jpg?itok=K6w5FY5i" title=" © Thilo Beu" width="468" /><br />
	M. Morouse, D. Yang © Thilo Beu</p>
<p>La distribution réunie à Bonn a elle aussi sa part dans cette réussite. Parfaitement grimé de manière à ressembler aux portraits les plus connus de Karl Marx, le baryton américain <strong>Mark Morouse</strong> réalise une performance dans le rôle-titre : l’auteur du <em>Capital</em> est ici plus comique qu’autre chose, même si son monologue dans une taverne parvient à convaincre les ouvriers du bien fondé de créer le parti communiste, envers et contre l’anarchiste Melanzane (fort ténor qui transforme chaque mot en vocalise), et avec les fonds généreusement offerts par un certain « Franz ». L’autre personnage-clef de <em>Marx in London</em> est la fille de Marx, Jenny pour l’état-civil et surnommée Tussy (pour la distinguer de sa mère, également prénommée Jenny). La soprano allemande <strong>Marie Heeschen</strong> y est délicieusement primesautière et émet des sons stratosphériques avec une aisance tout à fait déconcertante. Dans le rôle ingrat de l’épouse délaissée, alcoolique et neurasthénique, la Canadienne <strong>Yannick-Muriel Noah</strong> fait valoir un chant dramatique mais que la partition sollicite aussi beaucoup dans l’aigu. Le timbre somptueusement grave de <strong>Ceri Williams </strong>ne saurait laisser indifférent, pas plus que sa savoureuse composition en servante-maîtresse de Karl Marx. Habitué à Tamino ou Alfredo, le ténor <strong>Christian Georg </strong>n’a aucun mal à séduire, même sans air. Engels joue ici un peu les utilités, mais <strong>Johannes Mertes</strong> s’en accommode fort bien, le mot de la fin revenant au cocasse espion de <strong>David Fischer</strong>.</p>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto — Bonn</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/giulio-cesare-bonn-ave-terry-wey/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2017 18:59:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi dernier, entre deux représentations de Don Giovanni, l’Opéra de Bonn reprenait Giulio Cesare dans une version de concert étrennée les 1er et 7 janvier, sous la conduite de Wolfgang Katschner. En têtes d’affiche, Terry Wey (Cesare), l’un des secrets les mieux gardés de la planète baroque, et Sumi Hwang (Cleopatra), éblouissant Premier Prix du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi dernier, entre deux représentations de <em>Don Giovanni</em>, l’Opéra de Bonn reprenait <em>Giulio Cesare </em>dans une version de concert étrennée les 1<sup>er</sup> et 7 janvier, sous la conduite de <strong>Wolfgang Katschner</strong>. En têtes d’affiche, <strong>Terry Wey</strong> (Cesare), l’un des secrets les mieux gardés de la planète baroque, et <strong>Sumi Hwang</strong> (Cleopatra), éblouissant <a href="http://www.forumopera.com/actu/reine-elisabeth-2014-retour-sur-un-concours-a-nul-autre-pareil">Premier Prix</a> du Concours International Reine Elisabeth en 2014. Il n’en fallait pas davantage pour exciter notre imagination et motiver un bref aller-retour dans l’ancienne capitale allemande. A dire vrai, nous n’avions même pas prêté attention au nom des autres chanteurs, sans lesquels, pourtant, la fête belcantiste ne pouvait être pleinement réussie…</p>
<p>Les exemples ne sont pas légion, certes, mais n’en déplaise aux intégristes, ce n’est pas mission impossible : un orchestre sur instruments modernes, bien calibré et préparé, peut, chez Haendel comme chez Rameau, se hisser au niveau d’excellence des meilleurs ensembles spécialisés. En formation réduite, le <strong>Beethoven Orchester Bonn </strong>détachait un de ses violoncellistes, <strong>Grigory Alumyan</strong> – qui, sous l’œil complice de quelques spectateurs restés dans la salle pendant l’entracte, se dégourdira les doigts dans des extraits des suites de Bach –, pour assurer le continuo en compagnie de <strong>Gerd Amelung </strong>au clavecin et <strong>Andreas Nachtsteim</strong> au luth, deux musiciens avec lesquels Wolfgang Katschner a l’habitude de travailler. Même avec un effectif de chambre, les sonorités paraissent d’abord relativement épaisses, le choix d’un <em>tempo</em> fort lent dans l’ouverture n’arrangeant rien à l’impression de lourdeur qui s’en dégage, mais les textures tendent à s’alléger en cours de soirée. Familier des opéras du Saxon, notamment à la tête du Lautten Compagney Berlin qu’il a fondé en 1984, le chef connaît son affaire et, stylistiquement, sa lecture se révèle impeccable. Revers de la médaille, elle apparaît aussi trop égale, dépourvue d’élan, de contrastes et d’urgence dramatique.</p>
<p>En troupe depuis 2014 à l’Opéra de Bonn où, cette saison, elle a déjà interprété Mimi et Donna Anna, Sumi Hwang demeure, elle aussi, à la surface d’un rôle qui aurait dû mettre en valeur sa musicalité raffinée comme son tempérament. En outre, sur le plan strictement vocal, sa prestation minimaliste nourrit notre perplexité, voire notre inquiétude. Le timbre n’a rien perdu de ses chatoiements ni l’aigu de sa liquidité et la ligne s’éploie voluptueusement dans le <em>cantabile</em> (« V’adoro, pupille »), mais les pages enlevées trouvent le soprano d’abord hésitant (« Non disperar chi sà »), puis appliqué (« Tutto può ») et si la vocalisation s’affermit au fil des numéros (« Da Tempeste »), l’indigence des variations ne laisse pas d’étonner. Plusieurs brèves interruptions de l’émission – un défaut d’accolement des cordes vocales, selon les spécialistes, déjà observé lors du Concours Reine Elisabeth et attribué alors au stress – nous amènent à penser que Sumi Hwang ne manque peut-être pas d’idées, mais qu’un problème technique entrave sa liberté et lui interdit de prendre des risques.</p>
<p>Si le <em>canto fiorito </em>déçoit, le pathétique ne nous comble pas davantage. Nous attendons impatiemment la reprise de « Per piètà », en espérant que l’artiste sorte enfin de sa réserve, or celle-ci passe carrément à la trappe ! Rien ne peut justifier pareil contresens rhétorique, qui vient briser net le <em>crescendo </em>émotionnel. Quitte à limiter la durée du concert, Wolfgang Katschner aurait été bien avisé de couper quelques récitatifs et surtout l’air de Nireno, ânonné par une remplaçante de dernière minute. Un monde sépare le « Piangerò » littéral et totalement impersonnel de Sumi Hwang de l’« Aure per pietà », profondément incarné, de Terry Wey. Avec lui, la musique raconte enfin quelque chose, en particulier les magnifiques <em>accompagnati </em>dont Haendel gratifie le héros (« Alma del gran Pompeo », «  Dall’ondoso periglio »). Nous ne nous expliquons pas la carrière discrète de ce contre-ténor trop souvent cantonné dans des emplois secondaires – <a href="/rinaldo-bruxelles-bozar-lopera-en-concert-ca-marche">Eustazio</a> (<em>Rinaldo</em>) ou <a href="/giulietta-e-romeo-niccolo-antonio-zingarelli-schwetzingen-kangmin-justin-kim-un-romeo-visceral">Gilberto</a> dans <em>Giulietta e Romeo </em>(Zingarelli) –, à qui Cesare donne enfin la possibilité de déployer ses ailes et de nous montrer l’étendue de ses ressources.</p>
<p>Il en va des timbres comme des goûts et des couleurs, aussi nous chercherions en vain à objectiver la séduction que le sien, frais et moelleux, exerce sur nous. En revanche, la partie de Cesare devrait permettre à tout un chacun d&rsquo;admirer l’homogénéité et la flexibilité de l&rsquo;instrument qui s&rsquo;envole avec une insolente facilité vers la stratosphère. La rondeur et la puissance de l’aigu nous grise, quant à l’admirable <em>messa di voce </em>sur laquelle s’ouvre le <em>Da Capo </em>d’ « Aure per pietà », quintessence du <em>bel canto</em>, elle tient du miracle et nous nous prenons à rêver qu’elle se renouvelle indéfiniment. Le chant pourrait être plus incisif, plus percutant dans les passages virtuoses («  Al lampo dell’ armi »), mais nous n’avons jamais connu dans les airs de Cesare une ornementation aussi hardie et inventive (« Va tacito e nascosto », « Se in fiorito »), Terry Wey renchérissant dans la difficulté avec un plaisir manifeste et contagieux.</p>
<p>Avec Cornelia et Sesto, le retour sur terre s’apparente à une chute vertigineuse et brutale. Voix terriblement rugueuse, registres disjoints et <em>legato </em>en berne, <strong>Ceri Williams</strong> semble constamment marcher sur des œufs et joue aussi avec nos nerfs. « Priva son d’ogni conforto » est expédié en un laps de temps record et hormis un « Deh piangete » mieux senti où l’émotion commence de poindre, le reste est à l’avenant. Le mezzo étriqué et sans pulpe de <strong>Kathrin Leidig</strong> manque cruellement de soutien, il se montre incapable de nourrir la ligne et d’insuffler la moindre énergie aux éclats de colère qui animent l’adolescent. Sans surprise, mère et fils se cherchent sans jamais se rejoindre (« Son nata a lagrimar ») et nous en arrivons à accueillir avec soulagement la suppression de « Care speme » et surtout à nous réjouir des interventions d’<strong>Owen Willetts</strong>, Tolomeo générique et sans véritable relief, mais dont l’alto sain et bien construit nous réconforte. Enfin, pour terminer sur une note positive, force est de reconnaître qu’Achilla ne possède pas souvent l’étoffe et le charisme d’un Don Giovanni. Le baryton de <strong>Giorgos Kanaris</strong> n’a sans doute pas toute la souplesse requise, mais il ne craint pas d’affronter ses limites pour bomber le torse et confère à son personnage une réelle épaisseur.</p>
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