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	<title>Michael WILMERING - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Michael WILMERING - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Breda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Nov 2019 05:04:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que La Flûte enchantée soit l’un des opéras les plus misogynes du répertoire, on le concède volontiers. Dès lors, on peut concevoir qu’une metteuse en scène souhaite en donner une lecture féminine, sinon féministe, quitte à gommer certains aspects pour en souligner d’autres. Jorinde Keesmaat avait signé en 2015 à Montpellier une production de La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Que <em>La Flûte enchantée</em> soit l’un des opéras les plus misogynes du répertoire, on le concède volontiers. Dès lors, on peut concevoir qu’une metteuse en scène souhaite en donner une lecture féminine, sinon féministe, quitte à gommer certains aspects pour en souligner d’autres. <strong>Jorinde Keesmaat</strong> avait signé <a href="https://www.forumopera.com/la-clemenza-di-tito-montpellier-titus-et-sa-clemence-du-bluff">en 2015 à Montpellier</a> une production de <em>La Clémence de Titus</em>, pour la fin de règne de Jean-Paul Scarpitta. Pour l’autre ouvrage scénique conçu par Mozart dans la dernière année de sa vie, c’est Pamina qu’elle met en avant, dans un univers abstrait où les cartes attribuant les rôles sexués ont été rebattues. Les personnages apparaissent dans des cabines de plexiglas montées sur roulettes, un peu comme les créatures du harem de l’acte des Fleurs dans <em>Les Indes galantes</em> <a href="https://www.forumopera.com/les-indes-galantes-paris-bastille-rameau-dans-lere-du-vide">version Clément Cogitore</a> ; aux trois figures féminines (Pamina, Papagena, la Reine de la nuit) répondent trois personnages masculins (Papageno, Sarastro, Tamino). Les hommes portent le bermuda ou la jupe plissée – le pantalon est réservé à Pamina. Sarastro arbore carrément une jupe-culotte à paniers, par-dessus laquelle son sporran, sacoche accompagnant le kilt, prend des allures de cache-sexe ou d’étui pénien. Les abdominaux sont dessinés sur le spencer de Tamino, tandis que le blouson aux pectoraux rembourrés de Papageno dévoile son  nombril. Les signes extérieurs de féminité sont eux aussi surlignés : si la reine de la Nuit est une sorte de vamp des années 1930, les courbes de Papagena sont renforcées par des coussins, et les trois dames ont revêtu des tenues à protubérances disgracieuses inspirées de la collection dessinée en 1997 par Rei Kawakubo pour Comme des Garçons. Echange des rôles aussi pour la première scène : pas de serpent, mais le prince est malmené par les dames comme une femme seule pourrait l’être par trois machos. Pourquoi pas, mais le problème est que, passé ce démarrage en force (l’ouverture elle-même avait été interrompue par Pamina déclamant un long extrait des <em>Cahiers de jeunesse</em> de Simone de Beauvoir), la réflexion sur le féminin/masculin tourne court. Pamina est tout sauf une malheureuse victime, son rapport avec Monostatos le montre avec humour, mais à force de supprimer des éléments, on ne comprend plus très bien à quoi servent les différents personnages. Le prince et l’oiseleur ne sont que deux gamins qui jouent avec les voitures téléguidées offertes par les trois dames ; Sarastro est un mage sentencieux mais dont on voit mal ce qu’il vient faire dans l’histoire ; Papagena est présente dès les premiers instants, et sans déguisement de vieille femme. Après le triomphe final, les principaux protagonistes se mettent en sous-vêtement, comme à la fin de <em>La Flûte enchantée </em>montée par Robert Carsen, mais leur geste n’a pas ici un sens très clair.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/die_zauberflote_opera_zuid_1_joost_milde.jpg?itok=m5pBIvda" title=" © Joost Milde" width="468" /><br />
	 Tamino, Papageno et les trois Dames (plus Papagena) © Joost Milde</p>
<p>Autre problème : ces décisions dramaturgiques ont un effet sur la musique. On a déjà parlé de l’ouverture coupée en deux, il faut ici signaler la disparition de la flûte non seulement sur scène (Tamino joue de la petite voiture) mais aussi en fosse pendant l’air « Wie stark is nicht dein Zauberton ». Le souci d’égalité des sexes amène à récrire non seulement le texte du duo Pamina-Papageno (pour inclure les couples « Mann und Mann, und Weib unnd Weib ») mais aussi la musique, l’oiseleur se voyant gratifié d’une vocalise dans le couplet alors que Mozart les réservait à la voix féminine. L’ajout d’une épreuve de l’air, pendant laquelle les initiés luttent contre une soufflerie, conduit à emprunter un passage de <em>Thamos, roi d’Egypte</em>. L’ordre des morceaux est modifié à la fin, le duo Papageno-Papagena étant avancé pour prendre place bien avant les épreuves. Bref, un joyeux tripatouillage dont on ne comprend pas toujours bien les raisons. C’est dommage, car <strong>Benjamin Bayl</strong> à la tête du Philharmonia Zuidnederland semble tout à fait apte à rendre justice à la partition telle que Mozart l’a écrite.</p>
<p>Si Pamina est ce soir la figure centrale de l’œuvre, ce n’est pas seulement à cause de la mise en scène, mais bien grâce aux qualités que fait valoir <strong>Lilian Farahani</strong>. Celle qui était Papagena dans la <a href="https://www.forumopera.com/la-flute-enchantee-aix-en-provence-si-humaine-si-magique">dernière reprise aixoise de la <em>Flûte</em></a> montée par Simon McBurney monte en grade et devient une pétillante princesse, presque à l’étroit dans son personnage, et l’on imagine qu’elle s’épanouira davantage en Suzanne à Nancy en janvier dans la production de James Gray. <strong>Peter Gijsbertsen</strong> est probablement dans un mauvais soir, car les aigus de son Tamino trahissent l’effort. La Reine de la nuit de <strong>Lisa Mostin </strong>surprend d’abord par sa capacité à traduire la véhémence du personnage ; revers de la médaille, des vocalises savonnées et un aigu incertain pour le premier air, mais le second la trouve beaucoup plus assurée. De Sarastro, <strong>Bart Driessen</strong> a les graves, mais la couleur du timbre est trop claire, ou du moins le serait dans un spectacle où le personnage serait plus cohérent. <strong>Michael Wilmering </strong>est un Papageno sympathique, mais les coupes sombres opérées dans les dialogues parlés ne lui permettent pas non plus de donner une vraie consistance à son oiseleur. A noter, le choix – compréhensible pour une production qui change de ville chaque soir ou presque – de confier les trois Enfants non à des jouvenceaux mais à une soprano et à deux contre-ténors qui remplissent très bien leur contrat.</p>
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		<title>BERNSTEIN, A Quiet Place — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/a-quiet-place-luxembourg-exhumation-peu-convaincante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Nov 2018 07:02:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les anniversaires constituent d’excellentes opportunités pour découvrir des œuvres oubliées. A l’occasion du centenaire de la naissance de Leonard Bernstein, les équipes néerlandaises de Opera Zuid présentaient donc au Grand-Théâtre de Luxembourg une production très originale de A quiet place, le seul véritable opéra que Bernstein ait composé, œuvre composite et tardive qui mérite sans &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les anniversaires constituent d’excellentes opportunités pour découvrir des œuvres oubliées. A l’occasion du centenaire de la naissance de Leonard Bernstein, les équipes néerlandaises de Opera Zuid présentaient donc au Grand-Théâtre de Luxembourg une production très originale de <em>A quiet place</em>, le seul véritable opéra que Bernstein ait composé, œuvre composite et tardive qui mérite sans doute qu’on s’y attarde un peu. Chef d’orchestre d’une incomparable stature, pédagogue hors pair dont la télévision garde des traces très précieuses, Bernstein compositeur apparaît, avec le recul, surtout comme l’auteur de « musicals » et de grandes pages orchestrales, dont la popularité est toujours bien vivace. Au nombre de ses comédies musicales figure <em>Trouble in Tahiti</em>, écrite en 1951 au cours de sa lune de miel, avant donc les énormes succès que seront <em>Candide</em> et <em>West Side Story</em>, sur un livret du compositeur lui même. C’est l’histoire du mariage un peu bancal d’un jeune couple suburbain dans l’Amérique naïve des années 50, curieux sujet pour une lune de miel. De nombreuses années plus tard, Bernstein reprit cette partition dans le but de composer un opéra plus ambitieux, en lui adjoignant un début et une fin, dans une écriture plus travaillée, davantage marquée par le modernisme pour en faire <em>A Quiet Place</em>, opéra à part entière, composé en 1983 et créé à Milan en 1984. L’œuvre connut quelques coupures et des remaniements – Bernstein en tira aussi une suite d’orchestre –, mais n’atteignit jamais une grande notoriété, sans doute en raison du caractère hybride de l’écriture musicale.</p>
<p>Telle qu’elle se présente à nous aujourd’hui, la partition est composée de trois actes : l’enterrement de Dinah décédée dans un accident de voiture, un flashback de 30 ans sur sa vie de famille mouvementée (c’est là qu’est repris <em>Trouble in Tahiti</em>) et un troisième acte en guise d’épilogue montrant les tentatives de sa fille Dede pour renouer un fil au sein de cette famille délitée. La structure de <em>Trouble in Tahiti</em>, faite de numéros assez brillants et souvent comiques, s’accorde mal avec l’écriture cursive, déstructurée des deux actes extrêmes et leur propos infiniment plus sombre.</p>
<p>Le livret nous montre des personnages complexes et tourmentés, en proie à des troubles identitaires ou carrément psychotiques, souvent émouvants ; mais la mise en scène, par manque de dramaturgie, peine à établir une cohérence dans l’évolution et le fonctionnement des personnages. <strong>Orpha Phelan</strong> raconte l’histoire, montre le livret sans prendre aucun parti et ne contribue pas à resserrer la cohérence de la partition, laissant le soin à chaque chanteur d’affirmer (ou non…) l’identité de son personnage. Un décor unique, volontairement inesthétique, sert les deux époques sans effet de contraste, balayé par des lumières blafardes et sans charme.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/a_quiet_place_c_joost_milde_3.jpg?itok=uFsvM8wF" title="Turiya Haudenhuyse (Dinah) et le trio jazz © Joost Milde" width="468" /><br />
	Turiya Haudenhuyse (Dinah) et le trio jazz © Joost Milde</p>
<p>La distribution est assez homogène, dominée par <strong>Lisa Mostin</strong> qui chante Dede, très joli timbre, voix facile et claire et <strong>Turiya Haudenhuyse</strong> qui donne beaucoup de consistance au rôle de la mère, à la fois lucide et émouvante. Du côté masculin, <strong>Hubert Claessens</strong>, baryton néerlandais lauréat du concours Reine Elisabeth il y a trente ans mais dont la voix paraît un peu usée et l’émission assez dispersée, montre peu d’impact dramatique et fait du personnage de Sam, le père, un être insaisissable, c’est peut-être délibéré. Junior (le fils psychotique) est particulièrement bien défendu par <strong>Michael Wilmering</strong>, jeune baryton néerlandais qui habite son personnage avec beaucoup d’intensité. François, le mari de Dede (mais c’est aussi l’ancien amant de Junior – rien n’est simple !) est chanté par le jeune ténor italien <strong>Enrico Casari</strong>, voix légère et pleine de charme, tandis que le jeune Sam (il n’intervient que dans le deuxième acte) est chanté par <strong>Sebastià Peris, </strong>baryton espagnol encore un peu vert mais bon comédien. Toutes ces voix s’accordent fort bien ensemble, créant un effet de troupe assez agréable, auquel il faut ajouter le trio jazz – trois personnages déjantés, dont toutes les interventions sont chorégraphiées, introduisant une note d’humour décalé et de dérision très bienvenue dans le deuxième acte et qui sont très bien incarnés par <strong>Veerle Sanders, Jeroen De Vaal </strong>et <strong>Rick Zwart, </strong>créant l’effet comique souhaité.</p>
<p>Le chœur, que Bernstein a voulu intégré à l’orchestre, et donc non visible des spectateurs, nous a paru un peu faible, de même que la direction d’orchestre, le chef <strong>Karel Deseure</strong> ne parvenant pas à donner corps à la partition, il est vrai fort disparate. En effet, l’écriture de la partie centrale, conforme à ce qu’on attend de Bernstein, grande richesse mélodique et inspiration jazzy à la clé, est très différente des deux autres actes où le compositeur s’essaye à une écriture déstructurée, un discours musical articulé sur le texte, lui même essentiellement composé de phrases inabouties, de fragments de discours, sans cesse interrompu dans ses élans. Tout cela est infiniment périlleux à mettre en place et souffre de décalages et d’approximations, d’un manque de couleurs orchestrales aussi, de sorte que la partition n’en ressort ni grandie ni plus lisible.</p>
<p> </p>
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