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	<title>Wiard WITHOLT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Wiard WITHOLT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-streaming-bruxelles-la-monnaie-altinoglu-magistral-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de Tristan und Isolde à Bruxelles (visible jusqu&#8217;au 20 novembre 2020), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 2 mai 2019. C’est une mise en scène particulièrement peu invasive que proposent Ralf Pleger et ses équipes, pour ce très beau Tristan, une &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-streaming-bruxelles-la-monnaie-altinoglu-magistral-streaming/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Tristan und Isolde — Bruxelles (La Monnaie)</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em>Tristan und Isolde </em>à Bruxelles (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operavision.eu/en/library/performances/operas/tristan-isolde-la-monnaie#">visible jusqu&rsquo;au 20 novembre 2020</a>), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 2 mai 2019.</strong></p>
<hr />
<p>C’est une mise en scène particulièrement peu invasive que proposent <strong>Ralf Pleger</strong> et ses équipes, pour ce très beau <em>Tristan</em>, une des productions phares de la Monnaie pour cette saison. La conception du spectacle repose principalement sur trois décors, un pour chaque acte, qui ne définissent ni lieu ni époque, mais sont le siège du déroulement lent d’un spectacle sans action. La scène a été délibérément débarrassée de tout élément narratif : on ne verra donc pas le glaive de Tristan ni la coupe d’or de Brangäne, on ne verra pas les amants boire le philtre magique, la lance de Mélot blessera Tristan sans même le toucher etc… En langage contemporain, on appelle cela désencombrer le récit de la surface du réel ; chaque époque, chaque mode amène son lot d’inutile provocation. Le metteur en scène s’en remet entièrement au livret pour dérouler le mince fil de l’intrigue qu’il se contente de mettre en situation, d’évoquer par petites touches en créant des tableaux visuels plus ou moins réussis. De même, hormis par des costumes improbables, il ne définit pas ses personnages – le spectateur est supposé connaître tout cela – dont les mouvements sont particulièrement réduits, un peu dans la veine de ce que faisait Bob Wilson il y a vingt ou trente ans, mais avec moins de radicalité, et partant, moins d’impact.</p>
<p>Au premier acte, le décor figure un univers indéterminé (sans lien avec le bateau du livret) fait de structures de toile descendant des cintres, qui pourraient évoquer les stalactites d’une grotte, un environnement hostile et froid, un peu déroutant. Ce sont les éclairages qui donnent vie à ces structures sans en expliquer le sens pour autant. L’action s’y déroule de façon très statique, réduite au seul contact des mains des deux futurs amants au moment où ils seraient censés absorber le philtre qui scelle à la fois leur amour et leur destin fatal. Les colères d’Isolde tombent un peu à froid, le spectateur a du mal à entrer dans le récit.</p>
<p>La plus grande réussite du metteur en scène est incontestablement à chercher au deuxième acte. Le décor est à présent un grand arbre mort (cela pourrait aussi être un corail blanchi au fond de la mer) dont les branches dénudées par le temps vont petit à petit s’animer par la présence de douze danseurs parfaitement camouflés dans un premier temps, mais qui ensuite proposent une chorégraphie lente et sensuelle qui va servir d’illustration scénique au fantastique duo d’amour, un des plus longs de toute l’histoire de l’opéra, entre Tristan et Isolde. L’effet visuel est saisissant, d’une beauté à couper le souffle, en parfaite symbiose avec la musique et emporte le spectateur dans le rêve amoureux avec une remarquable efficacité. Tristan et Isolde ne se touchent ni ne s’étreignent (les danseurs le font pour eux…). La sensualité est pourtant bien présente tout au long du spectacle, mais c’est la musique qui la porte – et de quelle magistrale façon !</p>
<p>Le troisième acte, qui devrait être le point culminant de l’élaboration dramatique, ne tient pas tout à fait les promesses du deuxième ; le dispositif scénique est moins riche, fait d’ombres portées sur une immense toile de fonds entée de tubulures en plexiglas, et les changements de lumière paraissent abrupts et un peu arbitraires. L’émotion retombe au cours du long dialogue entre Kurwenal et Tristan, en costume d’empereur romain et le visage couvert d’une feuille d’or, mourant dans l’attente d’Isolde. Elle revient néanmoins à la fin (l&rsquo;émotion&#8230;), portée par la musique encore une fois car, au plan visuel, Isolde meurt dans un univers vide et glacé. Ce vide sidéral serait il alors la représentation de l’élément cosmique de la passion amoureuse ? L’impression générale du spectacle génère un sentiment très juste de grande nostalgie, bien propice à la délectation morose, et par là, sans doute fort conforme aux humeurs et aux desseins du compositeur.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="283" src="/sites/default/files/styles/large/public/tristan_isolde_acte_ii_a._petersen_isolde_b._register_tristan_dancers_c_van_rompay_segers_0.jpg?itok=ZDP_vWap" title="Ann Petersen (Isolde), Bryan Register (Tristan) et les danseurs © van Rompay - Segers" width="468" /><br />
	Ann Petersen (Isolde), Bryan Register (Tristan) et les danseurs © van Rompay &#8211; Segers</p>
<p>Un des avantages du parti pris par le metteur en scène et de son caractère peu interventionniste, est qu’il permet à la musique de s’épanouir pleinement, et aux chanteurs, très peu sollicités scéniquement, de se concentrer sur la ligne de chant et sur leur performance vocale. Et c’est tant mieux car au plan strictement musical, la production jouit d’un casting de très haut niveau, dominé par l’Isolde de <strong>Ann Petersen</strong>. Grande par la taille, très grande par la voix, la soprano danoise familière des grands rôles wagnériens ou straussiens livre ici une prestation remarquable, dominant le rôle sans aucune faiblesse, avec une assurance et un professionnalisme épatants, donnant énormément de caractère au personnage, qui en devient par moment presque terrifiant. Le Tristan de <strong>Bryan Register</strong>, dont la voix n’est pas tout à fait aussi large, joue plutôt – avec succès – la carte de l’émotion que celle de l’ampleur sonore. C’est assez conforme au livret, il subit ses passions plus qu’il ne les choisit, emporté, submergé par des sentiments dont il n’est pas le maître. Tristan ici n’est pas le guerrier invincible, il est un homme éperdu, bousculé par le destin, qui ne comprend pas ce qui lui arrive, terriblement émouvant. Kurwenal (<strong>Andrew Foster-Williams</strong>) nous a paru assez froid, légèrement en retrait du reste de la distribution, un peu aux limites de ses capacités vocales au troisième acte, c’est là qu’il est le plus sollicité. Très bonne surprise en revanche, <strong>Nora Gubisch</strong> qu’on n’attend pas spécialement dans le répertoire wagnérien mais dont la voix convient finalement très bien au rôle, est une Brangäne pleine de caractère, assez éloignée des archétypes du personnage. <strong>Franz-Josef Selig</strong> campe le meilleur roi Marke qu’on puisse rêver : l’instrument est splendidement sombre, magnifiquement timbré, sa diction est parfaite et il met dans son interprétation hiératique la juste distance entre ses sentiments et la majesté de son personnage. <strong>Wiard Witholt</strong> prête sa haute taille et sa noble voix au court rôle de Mélot, moins impliqué peut-être qu&rsquo;<strong>Ed Lyon</strong>, parfait lorsqu’il entonne avec émotion les premières phrases de la partition.</p>
<p>Mais comme toujours chez Wagner, c’est à l’orchestre et au chef qu’il revient de donner vie et sens à la partition. Dès les premières notes du prélude, on sent le travail intense que le chef a réalisé avec son orchestre, la couleur des cordes est magnifique, même si on entend peu les contrebasses (est-ce un effet acoustique ?). Le même enchantement prévaut par exemple à l’entame de l’acte III, où les somptueuses nuances de l’orchestre créent à elles seules tout un décor. Et cette grande qualité sonore prévaut aussi pour les solos instrumentaux, avec une mention toute spéciale pour le cor anglais de <strong>Nieke Schouten</strong>. Mais le grand art d’<strong>Alain Altinoglu</strong> n’est pas seulement dans la couleur, il est aussi dans la façon très énergique qu’il a de faire avancer l’orchestre, et avec lui tout le déroulement de l’œuvre. Sa vision analytique de la partition sert de base à une véritable construction dramatique, particulièrement élaborée, très cohérente, perceptible dès les premières mesures et qui ne faiblira pas jusqu’à la conclusion tragique de l’œuvre. C’est finalement lui, bien plus que le metteur en scène, qui est le grand artisan enthousiaste de cette belle réussite, les propositions sonores l’emportant largement sur les propositions visuelles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-streaming-bruxelles-la-monnaie-altinoglu-magistral-streaming/">WAGNER, Tristan und Isolde — Bruxelles (La Monnaie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-et-isolde-bruxelles-la-monnaie-altinoglu-magistral/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 May 2019 09:36:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une mise en scène particulièrement peu invasive que proposent Ralf Pleger et ses équipes, pour ce très beau Tristan, une des productions phares de la Monnaie pour cette saison. La conception du spectacle repose principalement sur trois décors, un pour chaque acte, qui ne définissent ni lieu ni époque, mais sont le siège du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une mise en scène particulièrement peu invasive que proposent <strong>Ralf Pleger</strong> et ses équipes, pour ce très beau <em>Tristan</em>, une des productions phares de la Monnaie pour cette saison. La conception du spectacle repose principalement sur trois décors, un pour chaque acte, qui ne définissent ni lieu ni époque, mais sont le siège du déroulement lent d’un spectacle sans action. La scène a été délibérément débarrassée de tout élément narratif : on ne verra donc pas le glaive de Tristan ni la coupe d’or de Brangäne, on ne verra pas les amants boire le philtre magique, la lance de Mélot blessera Tristan sans même le toucher etc… En langage contemporain, on appelle cela désencombrer le récit de la surface du réel ; chaque époque, chaque mode amène son lot d’inutile provocation. Le metteur en scène s’en remet entièrement au livret pour dérouler le mince fil de l’intrigue qu’il se contente de mettre en situation, d’évoquer par petites touches en créant des tableaux visuels plus ou moins réussis. De même, hormis par des costumes improbables, il ne définit pas ses personnages – le spectateur est supposé connaître tout cela – dont les mouvements sont particulièrement réduits, un peu dans la veine de ce que faisait Bob Wilson il y a vingt ou trente ans, mais avec moins de radicalité, et partant, moins d’impact.</p>
<p>Au premier acte, le décor figure un univers indéterminé (sans lien avec le bateau du livret) fait de structures de toile descendant des cintres, qui pourraient évoquer les stalactites d’une grotte, un environnement hostile et froid, un peu déroutant. Ce sont les éclairages qui donnent vie à ces structures sans en expliquer le sens pour autant. L’action s’y déroule de façon très statique, réduite au seul contact des mains des deux futurs amants au moment où ils seraient censés absorber le philtre qui scelle à la fois leur amour et leur destin fatal. Les colères d’Isolde tombent un peu à froid, le spectateur a du mal à entrer dans le récit.</p>
<p>La plus grande réussite du metteur en scène est incontestablement à chercher au deuxième acte. Le décor est à présent un grand arbre mort (cela pourrait aussi être un corail blanchi au fond de la mer) dont les branches dénudées par le temps vont petit à petit s’animer par la présence de douze danseurs parfaitement camouflés dans un premier temps, mais qui ensuite proposent une chorégraphie lente et sensuelle qui va servir d’illustration scénique au fantastique duo d’amour, un des plus longs de toute l’histoire de l’opéra, entre Tristan et Isolde. L’effet visuel est saisissant, d’une beauté à couper le souffle, en parfaite symbiose avec la musique et emporte le spectateur dans le rêve amoureux avec une remarquable efficacité. Tristan et Isolde ne se touchent ni ne s’étreignent (les danseurs le font pour eux…). La sensualité est pourtant bien présente tout au long du spectacle, mais c’est la musique qui la porte – et de quelle magistrale façon !</p>
<p>Le troisième acte, qui devrait être le point culminant de l’élaboration dramatique, ne tient pas tout à fait les promesses du deuxième ; le dispositif scénique est moins riche, fait d’ombres portées sur une immense toile de fonds entée de tubulures en plexiglas, et les changements de lumière paraissent abrupts et un peu arbitraires. L’émotion retombe au cours du long dialogue entre Kurwenal et Tristan, en costume d’empereur romain et le visage couvert d’une feuille d’or, mourant dans l’attente d’Isolde. Elle revient néanmoins à la fin (l&rsquo;émotion&#8230;), portée par la musique encore une fois car, au plan visuel, Isolde meurt dans un univers vide et glacé. Ce vide sidéral serait il alors la représentation de l’élément cosmique de la passion amoureuse ? L’impression générale du spectacle génère un sentiment très juste de grande nostalgie, bien propice à la délectation morose, et par là, sans doute fort conforme aux humeurs et aux desseins du compositeur.</p>
<p>Un des avantages du parti pris par le metteur en scène et de son caractère peu interventionniste, est qu’il permet à la musique de s’épanouir pleinement, et aux chanteurs, très peu sollicités scéniquement, de se concentrer sur la ligne de chant et sur leur performance vocale. Et c’est tant mieux car au plan strictement musical, la production jouit d’un casting de très haut niveau, dominé par l’Isolde de <strong>Ann Petersen</strong>. Grande par la taille, très grande par la voix, la soprano danoise familière des grands rôles wagnériens ou straussiens livre ici une prestation remarquable, dominant le rôle sans aucune faiblesse, avec une assurance et un professionnalisme épatants, donnant énormément de caractère au personnage, qui en devient par moment presque terrifiant. Le Tristan de <strong>Bryan Register</strong>, dont la voix n’est pas tout à fait aussi large, joue plutôt – avec succès – la carte de l’émotion que celle de l’ampleur sonore. C’est assez conforme au livret, il subit ses passions plus qu’il ne les choisit, emporté, submergé par des sentiments dont il n’est pas le maître. Tristan ici n’est pas le guerrier invincible, il est un homme éperdu, bousculé par le destin, qui ne comprend pas ce qui lui arrive, terriblement émouvant. Kurwenal (<strong>Andrew Foster-Williams</strong>) nous a paru assez froid, légèrement en retrait du reste de la distribution, un peu aux limites de ses capacités vocales au troisième acte, c’est là qu’il est le plus sollicité. Très bonne surprise en revanche, <strong>Nora Gubisch</strong> qu’on n’attend pas spécialement dans le répertoire wagnérien mais dont la voix convient finalement très bien au rôle, est une Brangäne pleine de caractère, assez éloignée des archétypes du personnage. <strong>Franz-Josef Selig</strong> campe le meilleur roi Marke qu’on puisse rêver : l’instrument est splendidement sombre, magnifiquement timbré, sa diction est parfaite et il met dans son interprétation hiératique la juste distance entre ses sentiments et la majesté de son personnage. <strong>Wiard Witholt</strong> prête sa haute taille et sa noble voix au court rôle de Mélot, moins impliqué peut-être qu&rsquo;<strong>Ed Lyon</strong>, parfait lorsqu’il entonne avec émotion les premières phrases de la partition.</p>
<p>Mais comme toujours chez Wagner, c’est à l’orchestre et au chef qu’il revient de donner vie et sens à la partition. Dès les premières notes du prélude, on sent le travail intense que le chef a réalisé avec son orchestre, la couleur des cordes est magnifique, même si on entend peu les contrebasses (est-ce un effet acoustique ?). Le même enchantement prévaut par exemple à l’entame de l’acte III, où les somptueuses nuances de l’orchestre créent à elles seules tout un décor. Et cette grande qualité sonore prévaut aussi pour les solos instrumentaux, avec une mention toute spéciale pour le cor anglais de <strong>Nieke Schouten</strong>. Mais le grand art d’<strong>Alain Altinoglu</strong> n’est pas seulement dans la couleur, il est aussi dans la façon très énergique qu’il a de faire avancer l’orchestre, et avec lui tout le déroulement de l’œuvre. Sa vision analytique de la partition sert de base à une véritable construction dramatique, particulièrement élaborée, très cohérente, perceptible dès les premières mesures et qui ne faiblira pas jusqu’à la conclusion tragique de l’œuvre. C’est finalement lui, bien plus que le metteur en scène, qui est le grand artisan enthousiaste de cette belle réussite, les propositions sonores l’emportant largement sur les propositions visuelles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-et-isolde-bruxelles-la-monnaie-altinoglu-magistral/">WAGNER, Tristan und Isolde — Bruxelles (La Monnaie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>AUBER, Manon Lescaut — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manon-lescaut-liege-labbe-prevost-a-la-bnf/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Apr 2016 05:14:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Liège, les Manon se suivent et ressemblent. Si Stefano Mazzonis faisait se dérouler celle de Massenet dans un livre géant, Paul-Emile Fourny place la Manon Lescaut d’Auber dans une bibliothèque (pour Puccini, ce sera peut-être une librairie), décor dont les principaux traits architecturaux viennent tout droit des salles conçues par Labrouste pour l’ancienne Bibliothèque &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/manon-lescaut-liege-labbe-prevost-a-la-bnf/"> <span class="screen-reader-text">AUBER, Manon Lescaut — Liège</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A Liège, les <em>Manon</em> se suivent et ressemblent. Si Stefano Mazzonis faisait se dérouler <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/manon-liege-annick-massis-nous-doit-thais">celle de Massenet</a> dans un livre géant, <strong>Paul-Emile Fourny</strong> place la <em>Manon Lescaut</em> d’Auber dans une bibliothèque (pour Puccini, ce sera peut-être une librairie), décor dont les principaux traits architecturaux viennent tout droit des salles conçues par Labrouste pour l’ancienne Bibliothèque nationale ou pour Sainte-Geneviève. Outre le fait que ce genre de traitement pourrait s’appliquer à tous les nombreux opéras inspirés d’une œuvre littéraire, on voit mal ce que ce concept apporte au spectacle, en dehors des économies permises par la un décor unique, puisque, sitôt passée une ouverture située de nos jours, avec étudiant(e)s en uniforme anglo-saxon qui viennent, munis de cartables et d’ordinateurs, consulter les ouvrages et draguer ou tomber amoureux, on en revient à une vision tout à fait traditionnelle, avec de fort beaux costumes d’époque. Et quand le metteur en scène explique dans le programme de salle qu’il s’est efforcé de transcender le premier degré auquel se limite le livret de Scribe, on ne peut manquer de s’interroger. Certes, on commence par juger l’intrigue assez désolante de niaiserie, puisqu’il ne fallait rien montrer sur la scène de l’opéra-comique qui puisse faire rougir une jeune fille : loin d’être une gourgandine, Manon devient simplement une gentille paresseuse, dont le parcours est opposé à celui de la très vertueuse Marguerite, un peu sur le modèle de la série de gravures de Hogarth opposant la destinée de l’Apprenti industrieux à celle de l’Apprenti oisif. Pourtant, les paroles chantées ne manquent pas toujours d’humour et Scribe, qui avait déjà adapté le roman de l’abbé Prévost en ballet-pantomime pour Halévy en 1830, prête à ses personnages une ironie que le spectacle aurait pu souligner. Quand Des Grieux est surpris avec Manon par le marquis d’Hérigny, celui-ci s’exclame : « Me voler ma maîtresse et mon amour, d’accord / Mais mon souper, Monsieur… Ah vraiment, c’est trop fort ! »). Et même si les années 1850 n’y entendaient pas malice, n’y avait-il rien à tirer de cet invraisemblable chœur qui, au troisième acte, en Louisiane, chante : « Quand esclave avoir bon maître / Bon maître il aime à servir ! / Le défendre et le servir / Est un plaisir » ? Encore aurait-il fallu pouvoir entendre davantage le livret parlé, qui est ici coupé au-delà du raisonnable, mais le moyen de faire autrement, avec une distribution en grande partie non francophone ? Se pose alors la vraie question : pour remonter ce type d’ouvrage, dans un pays où l’on en parle la langue, n’est-il pas indispensable de s’appuyer sur des artistes également capables de dire un texte de théâtre de manière fluide ? Il est permis d’abréger un texte bavard, mais de là à supprimer par nécessité presque tous les dialogues… On sait qu’à l’opéra de Paris, des chanteurs bosniaques ou pakistanais tiennent les plus petits rôles mais est-il impossible à Liège aussi de confier les personnages même les plus épisodiques à des chanteurs capables d’articuler le français avec naturel ? Est-ce rendre service à Auber que de représenter ses œuvres dans ces conditions ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="304" src="/sites/default/files/styles/large/public/manon_lescaut_ensemble_lorraine_wauters_-_opera_royal_de_wallonie-26.jpg?itok=PwZ58wla" title="@ Lorraine Wauters - Opéra Royal de Wallonie" width="468" /><br />
	@ Lorraine Wauters &#8211; Opéra Royal de Wallonie</p>
<p>Par chance, la musique, assez décevante au premier acte, prend peu à peu plus de substance. Manon reste longtemps une simple machine à roucoulades, apparemment dénuée de toute vie intérieure, et Des Grieux n’a guère l’occasion d’exister en tant que personnage, mais la partition s’étoffe fort heureusement, et se conclut par un long et beau duo lors de la mort de l’héroïne. Le chef <strong>Cyril Englebert</strong> semble, lui, avoir pris l’œuvre au sérieux et évite de la tirer vers l’opérette. Tandis que l’opéra contemporain lui ouvre ses portes – elle fut une exceptionnelle Madame Mao à Paris dans <em>Nixon in China</em> –, <strong>Sumi Jo</strong> persiste et signe dans son exploration du répertoire auquel la destine sa virtuosité : après <em>Fra Diavolo</em> du même Auber, qu’elle a chanté <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/pas-tres-comique">à Paris</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/a-vau-leau">à Liège</a>, <em>Manon Lescaut</em> s’imposait sans doute, même si l’artiste n’a plus la transparence cristalline de ses aigus, ce que ne compense pas tout à fait l’entrain scénique dont elle fait preuve. Fidèle à sa politique de recrutement, l’Opéra royal de Wallonie continue à aller chercher ses ténors en Italie, mais les Des Grieux aubérien d’<strong>Enrico Casari</strong> est une bien meilleure pioche que le Des Grieux massenétien d’Alessandro Liberatore. Vu régulièrement dans de petits rôles à Strasbourg, Rouen ou Limoges, Enrico Casari trouve ici un rôle finalement assez peu exposé, où il peut faire valoir une fort jolie voix, malgré une articulation encore perfectible. Même remarque concernant l’accent de <strong>Denzil Delaere</strong>, jeune ténor flamand au timbre un peu pointu. En marquis d’Hérigny, le baryton néerlandais <strong>Wiard Witholt</strong> a le français aussi raide que sa démarche (accident survenu pendant les répétitions ou choix du metteur en scène ?), mais la voix est opulente, à défaut d’avoir toute la souplesse attendue dans les passages vocalisants. Qu’il est rafraîchissant d’entendre à leurs côtés la diction parfaite de <strong>Roger Joakim</strong> en Lescaut ! A chacun de ses interventions, on comprend comment pourrait, devrait sonner un opéra-comique français car, indépendamment des qualités vocales des uns et des autres, la composante théâtrale du genre devrait sinon passer au premier plan, du moins être à égalité avec la musique, ce dont on est hélas très loin, sauf avec le Renaud qui permet à <strong>Patrick Delcour</strong> de composer un personnage délicieusement abject. La Marguerite de <strong>Sabine Conzen</strong> est elle aussi une des rares à s’exprimer dans une français limpide, au contraire de la Bancelin de <strong>Laura Balidemaj</strong>.</p>
<p>Avis donc aux directeurs de théâtre, aux metteurs en scène et aux chanteurs : il y a encore du travail à faire pour nous restituer cette <em>Manon</em> d’Auber.</p>
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