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	<title>Pavel YANKOVSKI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pavel YANKOVSKI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-la-dame-de-pique-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2024 06:58:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième production du festival de Lyon après la La fanciulla del West, La Dame de pique confirme la qualité globale du cru 2024. En cheville ouvrière comme la veille, Daniele Rustioni fait entendre dès l’ouverture toutes les clés de l’interprétation qu’il donnera du chef-d’œuvre de Tchaïkovski : une lecture romantique, assise sur des cordes soyeuses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deuxième production du festival de Lyon <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-la-fanciulla-del-west-lyon/">après la <em>La fanciulla del West</em></a>, <em>La Dame de pique</em> confirme la qualité globale du cru 2024. En cheville ouvrière comme la veille, <strong>Daniele Rustioni</strong> fait entendre dès l’ouverture toutes les clés de l’interprétation qu’il donnera du chef-d’œuvre de Tchaïkovski : une lecture romantique, assise sur des cordes soyeuses et compactes, élégamment surpiquée d’un rubato discret. A ce grand geste classique, il oppose le mordant des attaques, des ruptures de rythmes qui viennent scander la course vers l’inéluctable. Irréprochable, l’orchestre se pare de justes couleurs et se transforme tant en toile de fond du drame qu’en commentateur informé : des mélodies mozartiennes aux danses russes, de l’ambiance enfumée du tripot à l’apparition du fantôme de la Comtesse. Tout cela génère un prodigieux théâtre musical qui épouse le plateau vocal et le soutient autant qu&rsquo;il le stimule.</p>
<p>Les Chœurs et la Maitrise de l’Opéra national de Lyon excellent dès le premier tableau tant dans l’engagement scénique que vocal. En dehors, des rôles secondaires, bien tenus par des membres des chœurs ou par des solistes du studio (<strong>Giulia Scopelliti</strong>), les rôles principaux sont distribués majoritairement à des slavophones. <strong>Alexei Botnarciuc</strong> (Sourine) et <strong>Sergei Radchenko</strong> (Tchekalinski) imposent leur personnage principalement par les décibels. <strong>Pavel Yankovsky</strong> (Tomski) dispose de davantage de notes et d’arguments pour faire valoir un métal assez clair, forgé dans une ligne élégante. A l’aise en scène, il s’attèle à présenter les deux facettes du Comte : celle badine dans le secret de la caserne ou encore en Plutus, et celle plus cérémoniale dans les rapports avec la vieille Comtesse. Pauline est un rôle payant pour son interprète et <strong>Olga Syniakova</strong> ne fera pas exception que ce soit dans le duo, où son élégant phrasé s’entremêle parfaitement à celui de sa comparse, ou dans sa triste romance où les couleurs crépusculaires de son timbre s’accordent à ce moment suspendu. Il en va de même pour le rôle de Eletski où <strong>Konstantin Shushakov</strong> se rallie la salle le temps d’une déclaration amoureuse toute en douleur rentrée. On ne présente plus <strong>Elena Zaremba</strong> dont la Comtesse a dû hanter toutes les scènes du monde. Le rôle que lui confie la mise en scène la sort heureusement de celui de cadavre ambulant auquel on peut réduire le personnage un peu facilement. Elle s’y ingénie et inquiète bien davantage par un chant autoritaire et composition scénique roide. Raide c’est aussi ainsi que <strong>Dmitry Golovnin</strong> interprète Hermann : raide dingue comme le lui demande le metteur en scène – rarement a-t-on vu un jeune officier si peu amoureux – raide vocalement. Toutes les notes sont là, l’engagement scénique impressionne et pourtant le timbre gris voire acide à l’occasion, une émission souvent coincée entre le mezzo forte et le forte lui font dessiner un personnage d’un bloc, détestable comme il le faut. Depuis les représentations milanaises de mars 2022, <strong>Elena Guseva</strong> s’est imposée comme la Lisa évidente du circuit. Ses moyens vocaux, sa solide technique lui permettent d’insuffler toute la passion nécessaire dans le duo avec Hermann, ou encore de naviguer avec aisance dans une dernière scène angoissée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaDameDePique3G┬®JeanLouisFernandez022-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-158281"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>©</sup> <sup>Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>La réplique de Tchekalinski au récit des trois cartes de Tomski à la première scène s’applique bien à la proposition scénique de <strong>Timofei Kouliabine</strong> : si ce n’est pas tout à fait l’histoire de<em> La Dame de pique</em>, c’est bien trouvé et surtout cela fonctionne. Celui-ci recourt principalement à un parallèle. La Vénus moscovite devient ici une autre figure historique de la fin de l’ère soviétique, Juna Davitashvili, qu’une note, heureusement incluse dans le programme et reproduite sur le site web de l’Opéra, nous décrit comme une sorte de gourou de la médecine douce de son époque, grande spécialiste des traumas des anciens combattants et récompensée par le régime pour ses bons et loyaux services, entendez propagande. Ni une, ni deux, toute la narration de l’œuvre passe au filtre de cette situation. La balade au parc devient une représentation à la gloire des armées dans une obscure république sœur, où la Vénus magnétise quelques blessés. En coulisses, Hermann déraille et aurait grand besoin de ses soins, pendant que ses officiers s’amusent de ces mises en scène destinées à remonter le moral d’une population en état de siège. L’orage se matérialise d’ailleurs par les sirènes et alarmes anti-bombardement. Le mariage arrangé de Lisa, en costume d’époque, n’est qu’une supercherie où la Comtesse incarnera elle-même Catherine. Au fil des actes, on voit bien que cette fausse thaumaturge et ces mises en scènes soviétiques n’ont pas d’effet sur le réel. La société se dérègle, la défaite approche. Lisa &#8211; complice tout du long de Hermann mais qui ne croit pas à ce conte de cartes à jouer et préfère s’emparer des bijoux de sa grand-mère &#8211; ne se jette pas dans la Neva. Elle s’enfuie en train avec des réfugiés (dans une scène au réalisme saisissant) après avoir tenté de convaincre une dernière fois Hermann de la suivre plutôt que de jouer. Le Prince Eletski, homosexuel refoulé, l’affronte et y perd la vie quand il revendique la victoire avec la fameuse dame de pique. On le voit, les écarts sont nombreux mais font parfaitement sens dans l’uchronie proposée et dresse d’étranges ponts avec notre actualité. Ils sont surtout accompagnés d’une direction d’acteur fantastique qui les rend possible. Par exemple, quand Lisa feint devant Macha d’accuser Hermann d’avoir tué la Comtesse par maintenir les apparences et rendre possible sa fuite. Cette proposition se suit sans aucun mal, rend absolument tout ce qu’elle propose lisible et anime les sept tableaux de l’œuvre d’un grand souffle théâtral.  </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-la-dame-de-pique-lyon/">TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PROKOFIEV, Le Joueur — Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-joueur-gand-enigmatique-epileptique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jun 2018 13:13:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour monter à Gand et Anvers Le Joueur, dont Bruxelles avait jadis accueilli la création mondiale, Aviel Kahn a fait appel à une spécialiste de Dostoïevski, pour ainsi dire, puisque Karin Henkel a adapté pour le théâtre Crime et châtiment, à Hambourg, et L’Idiot, à Cologne. Pour ses premiers pas à l’opéra, la metteuse en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour monter à Gand et Anvers <em>Le Joueur</em>, dont Bruxelles avait jadis accueilli la création mondiale, Aviel Kahn a fait appel à une spécialiste de Dostoïevski, pour ainsi dire, puisque <strong>Karin Henkel</strong> a adapté pour le théâtre <em>Crime et châtiment</em>, à Hambourg, et <em>L’Idiot</em>, à Cologne. Pour ses premiers pas à l’opéra, la metteuse en scène allemande se trouve donc néanmoins en terrain connu. Trop connu, peut-être, puisqu’elle introduit dans l’œuvre de Prokofiev des éléments issus d’autres textes du romancier russe, principalement l’épilepsie, dont est atteint le prince Mychkine et dont Dostoïevski souffrait lui-même. Elle décide aussi de faire de l’intrigue un récit rétrospectif, dont le narrateur est dédoublé entre un chanteur et un danseur. Le tout dans un décor couleur tapis vert, cadre unique de l&rsquo;action, ou plutôt triple, puisqu’il représente une chambre, qui contient une chambre identique, qui contient elle-même une troisième chambre identique. L’action se déroule à une époque indéterminée, les costumes parcourant un large spectre allant de 1866 (l’année où le roman fut écrit) aux années 1970. Malgré ce feuilletage de niveaux de lecture, ou peut-être à cause de lui, le spectacle met du temps à décoller. En dépit de quelques épisodes oniriques assez réussis – la chambre du narrateur envahie par les joueurs qui ont laissé tous leurs effets personnels au mont de piété, l’enterrement prématuré de la Baboulinka – il faut attendre la scène du casino pour que l’attention soit enfin captivée, avec cette pluie de jetons qui s’abat sur le danseur chaque fois que le héros gagne à la roulette, au milieu de joueurs affublés de troubles obsessionnels compulsifs les plus variés. On sera plus réservé quant à l’insertion de citations du roman lues en russe, et surtout de séquences muettes où un bruit de fond interrompt le déroulement de la partition tel que l’avait prévu Prokofiev : c’est devenu une des très mauvaises habitudes de Claus Guth, et il est fâcheux de voir sa compatriote s’en emparer dès sa première mise en scène lyrique.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="217" src="/sites/default/files/styles/large/public/capture_decran_2018-06-14_15.23.31.png?itok=wY6nZ0Ze" title=" © DR" width="468" /><br />
	 © DR</p>
<p>Vocalement, la prestation de <strong>Ladislav Elgr</strong> ne parvient pas tout à fait à convaincre. Certes, le rôle est écrasant, puisqu’il impose au personnage de rester présent en scène pratiquement d’un bout à l’autre de l’œuvre, avec quelques aigus particulièrement tendus, mais la voix du ténor tchèque sonne parfois très engorgée et peine à se projeter dans la salle. Par ailleurs, le dédoublement de son personnage l’autorise à se fier au danseur pour en exprimer la folie et semble le dispenser d’une partie de l’expressivité qu’on pourrait attendre. Autour de lui, en revanche, la distribution est particulièrement brillante. La Pauline d’<strong>Anna Nechaeva</strong> séduit par l’opulence de son timbre, avec des graves somptueux et un jeu scénique totalement investi. <strong>Eric Halfvarson</strong> joue à fond la carte de la comédie, et trouve avec le général un rôle qui lui permet de déployer des talents comiques plus rarement exploités dans les « méchants » auxquels il est habitué. <strong>Renée Morloc</strong> est la plus truculente des Baboulinka ; on regrettera seulement qu’elle paraisse ici nettement plus jeune que le neveu qui guette son héritage.  Blanche offre à <strong style="font-size: 14px">Kai Rüütel</strong> de quoi exprimer son talent bien davantage que <a href="https://www.forumopera.com/falstaff-gand-windsor-morne-plaine">Mrs Page en début d’année</a>. <strong>Michael J. Scott</strong> est un marquis superbe d’insolence, avec une voix plus fraîche que les habituels ténors de caractère, et <strong>Pavel Yankovsky</strong> donne à Mr Astley tout le poids qui convient à l’un des personnages « normaux » de cette histoire. Pour le reste, les artistes issus des chœurs ou de Jeune Ensemble complètent dignement la distribution.</p>
<p>Tandis que son grand frère Vladimir dirige <em>Boris Godounov </em>à Paris, <strong>Dmitri Jurowski</strong> officie dans la fosse à Gand, où l’on avait déjà pu l’entendre dans <a href="https://www.forumopera.com/mazeppa-anvers-100-000-volts"><em>Mazeppa</em> en 2009</a> ou, plus récemment, <a href="https://www.forumopera.com/sadko-gand-cest-pas-lhomme-qui-prend-la-mer">dans <em>Sadko</em></a>.  S’il dirige admirablement une partition qui, à travers un discours presque constamment satirique, déchaîne à quelques moments clefs toute sa puissance d’émotion, on regrette qu’il n’ait pas pu s’opposer au parasitage sonore évoqué plus haut.</p>
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		<title>RIMSKI, Sadko — Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sadko-gand-cest-pas-lhomme-qui-prend-la-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jun 2017 17:21:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Montrer que les opéras russes les moins joués en Occident peuvent parfaitement toucher un très vaste public est une entreprise louable. Faut-il pour autant supprimer toute référence à la Russie ? Tel est en tout cas le traitement radical que Daniel Kramer fait subir à ce qui est sans doute un des meilleurs opéras de Rimski-Korsakov, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Montrer que les opéras russes les moins joués en Occident peuvent parfaitement toucher un très vaste public est une entreprise louable. Faut-il pour autant supprimer toute référence à la Russie ? Tel est en tout cas le traitement radical que <strong>Daniel Kramer</strong> fait subir à ce qui est sans doute un des meilleurs opéras de Rimski-Korsakov, à cent lieues de la production ultra-traditionnelle (reconstituant les décors de Korovine) que Valery Gergiev avait montrée au Théâtre des Champs-Elysées en décembre 1994. En même temps que tout le folklore russe, le spectacle gantois se débarrasse aussi d’un élément pourtant au cœur de la partition et de l’intrigue : la mer. On sait l’attachement qui unissait à l’océan le compositeur, officier de marine, mais il est vrai que représenter la mer sur une scène est toujours un défi, et plus encore le fonds de celle-ci, où est censé se dérouler tout le sixième tableau. Tournant résolument le dos à la Russie, Daniel Kramer propose donc l’Amérique et… la terre. Le décor, dont le livret prévoit qu’il chante à chaque tableau, se réduit ici à une vaste étendue de terre, à un fond noir et à un écran suspendu de guingois, les vidéos projetées se chargeant de caractériser le lieu de l’action. Les marchands de Novgorod deviennent ici de petits bourgeois matérialistes et xénophobes abrutis par la télévision ; maniant le micro sur pied plutôt que la gousli, Sadko est un chanteur un peu minable qui les rejoindra en faisant fortune grâce à l’aide d’une mystérieuse créature. Et c’est là que le bât blesse, car si les scènes de foules « réalistes » sont tout à fait réussies et reflètent bien la brutalité obtuse des marchands (la scène où Sadko est ridiculisé vire carrément au passage à tabac), le féerique est ici le parent – délibérément ? – pauvre. Affublées de longs voiles et de longs bec, les choristes-cygnes se trémoussent au son des chants de Sadko. Le roi de la mer semble en être en même temps la reine, être hermaphrodite conformément à l’idée de Daniel Kramer selon laquelle Sadko écoute alors la part de féminin en lui. Au lieu de l’entraîner au fond de l’océan, c’est dans la tombe que Volkhova conduit le chanteur, et cette fois personne ne danse, alors que dans le livret la danse de toutes les créatures marines suscite alors une tempête.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/sadko_productiebeeld_10_mg_1245_cannemieaugustijns.jpg?itok=web_9WiB" title=" © Annemie Augustijns" width="468" /><br />
	 © Annemie Augustijns</p>
<p>Heureusement, les oreilles sont bien plus à la fête que les yeux. Du côté des dames, <strong>Victoria Yarovaya</strong> domine le plateau par la pure splendeur de sa voix : cette artiste, qui s’est beaucoup fait entendre en France dans Rossini fait de Lioubava un personnage fort et attachant, loin du cliché de l’épouse légitime-enquiquineuse éplorée. Autre voix superbe, <strong>Raehann Bryce-Davis</strong>, membre du jeune ensemble de l’Opéra des Flandres, impose des graves d’une générosité éblouissante, avec un personnage retaillé sur mesure, le jeune barde Niéjata devenant ici une pulpeuse chanteuse de jazz. Volkhova est un rôle difficile car il exige de combiner la virtuosité de la fée avec l’ampleur vocale nécessaire à tenir tête au rôle-titre dans les duos : <strong>Betsy Horne </strong>ne réussit que partiellement sur les deux tableaux, avec un volume un peu insuffisant et un certain manque de séduction dans les vocalises. Du reste, comment être de taille face à <strong>Zurab Zurabishvili</strong>, authentique ténor héroïque comme le veut la partition ? S’il n’a pas tout à fait le brillant du jeune Vladimir Galouzine d’il y a un quart de siècle, le chanteur géorgien manifeste une vaillance et un abattage à tout épreuve qui lui permettent d’arriver sans fatigue apparente au terme d’une représentation où il ne se ménage pourtant guère. Les années se sont montrées cruelles pour <strong>Anatoli Kotcherga</strong>, réduit à parler le rôle du roi des mers plutôt qu’à le chanter. Des trois marchands, c’est le vénitien qui impressionne le plus, l’excellent <strong>Pavel Ynakovski </strong>; <strong>Till Faveyts </strong>est néanmoins un Varègue au bien beau timbre grave et, même s’il est un hindou bien chantant, <strong>Adam Smith </strong>ne peut lutter contre le souvenir de prédécesseurs plus ensorcelants. Il faut aussi saluer la prestation du chœur, qui se distingue particulièrement à chacune de ses interventions, tant par sa cohésion que par l’engagement de son jeu scénique. En fosse, <strong>Dmitri Jurowski </strong>sait également faire chanter une œuvre pleine de lyrisme, dont il garantit l’unité par-delà sa fragmentation en tableaux, et en nous faisant entendre cette mer et cette Russie absentes de la scène.</p>
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