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	<title>Zachary McCULLOCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Zachary McCULLOCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WEINBERG, Die Passagierin (La Passagère) &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/weinberg-die-passagierin-la-passagere-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2026 09:47:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Première française attendue à Toulouse pour Die Passagierin (La Passagère), opéra en deux actes achevé en 1968 par Mieczysław Weinberg (mais qu’il n’a jamais pu entendre), livret d’Alexandre Medvedev d’après le roman Pasażerka, datant de 1962, écrit par la Polonaise Zofia Posmys (1923-2022) et dont, à notre connaissance, il n’existe pas de traduction française (les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Première française attendue à Toulouse pour <em>Die Passagierin</em> (<em>La Passagère)</em>, opéra en deux actes achevé en 1968 par Mieczysław Weinberg (mais qu’il n’a jamais pu entendre), livret d’Alexandre Medvedev d’après le roman <em>Pasażerka</em>, datant de 1962, écrit par la Polonaise Zofia Posmys (1923-2022) et dont, à notre connaissance, il n’existe pas de traduction française (les non-polonisants germanistes s’intéresseront à <em>Die Passagierin</em> dans la traduction de Peter Ball datant de 1969). L’œuvre fut créée en version de concert au Théâtre de musique de Moscou Stanislavski et Nemirovich-Danchenko le 25 décembre 2006 et connut sa première scénique au festival de Bregenz en 2010, dans la mise en scène de <strong>David Pountney</strong> et sous la direction de <strong>Teodor Currentzis</strong>.<br />
Weinberg (1919-1996) était un compositeur polonais ; on lui doit des musiques de film, de la musique de chambre, une vingtaine de symphonies, d’autres opéras dont <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lidiot-moscou-lidiot-en-cours/"><em>L’Idiot</em></a> avec toujours Medvedev comme librettiste. Réfugié en URSS pendant la Seconde guerre mondiale, il eut une amitié durable avec Dimitri Chostakovitch, qui lui fit du reste connaître Medvedev.<br />
L’œuvre présentée ce soir a déjà été reprise à Varsovie, Francfort, Chicago, Houston, Detroit, Graz, Innsbruck (qui coproduit le spectacle), Bregenz mais n’avait donc encore jamais été donnée dans l’hexagone. A noter qu’il existe de <em>La Passagère</em> une captation en <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-passenger-pouvoirs-de-labjection/">DVD enregistré en 2016</a> ainsi qu’un enregistrement audio datant de 2021, chez Capriccio, avec les Grazer Philharmoniker, sous la direction de <strong>Roland Kluttig</strong>.<br />
Un mot sur Zofia Posmysz, auteur du roman à l’origine du livret, et qui a son importance pour la genèse de l’opéra : elle fut elle-même prisonnière des camps d’Auschwitz et Ravensbrück, puis devint journaliste et écrivaine. En 1962, son récit <em>Pasażerka</em>, remarqué par Chostakovitch, fit l’objet d’adaptations radiophonique et cinématographique.<br />
<em>La Passagère</em> se déroule tantôt en 1960 sur un paquebot transatlantique, tantôt en 1943 dans le camp d’Auschwitz. Au premier acte, un couple d’Allemands, Lisa et son mari le diplomate Walter, traversent l’Atlantique pour gagner le Brésil. Le voyage prend cependant un tournant inattendu lorsque Lisa croit reconnaitre en une passagère une certaine Marta, femme polonaise qu’elle a jadis connue dans des circonstances particulièrement terribles : on apprend en effet que Lisa est une ancienne gardienne SS dans le camp de concentration d’Auschwitz. Marta serait, pense-t-elle, l’une des femmes qu’elle était alors chargée de surveiller… une prisonnière qui avait suscité son irritation en raison de l’extrême dignité dont elle ne se départait jamais. Lorsque Walter apprend le passé nazi de son épouse, une dispute éclate : la carrière du diplomate ne risque-t-elle pas d’être compromise ? Un membre du personnel, cependant, les rassure en leur apprenant que la passagère ne serait pas polonaise, mais britannique. Mais Lisa est peu à peu envahie par une vague de souvenirs liés à la guerre et au rôle qu’elle joua dans le camp d’Auschwitz.<br />
Au second acte,  un concert se prépare dans le camp, au cours duquel Tadeusz, un prisonnier, devra jouer au commandant sa valse préférée. Or il se trouve que Tadeusz est fiancé à Marta, qu’il retrouve dans le camp. Lisa propose au couple de se revoir régulièrement en secret, espérant ainsi s’assurer une domination psychologique sur les deux amoureux. Mais Tadeusz refuse, préférant renoncer à voir Marta plutôt que se soumettre. Dans le tableau suivant qui se déroule à nouveau sur le paquebot, le steward dit à Lisa et Walter s’être trompé: la mystérieuse passagère est en fait bien polonaise et non britannique. Au cours de la soirée dansante, cette mystérieuse passagère demande que soit jouée une valse, et ce sera précisément la valse préférée du commandant du camp d’Auschwitz. Mais à Auschwitz, Tadeusz avait refusé de jouer cette valse sur son violon, il lui avait préféré la fameuse chaconne de la partita BWV 1004 de Bach, ce qui lui a coûté la vie.  Les derniers mots reviennent à Marta, qui dans un poignant monologue évoque le devoir de mémoire :  « Si un jour vos voix se taisent, alors nous sombrerons tous ».<br />
A noter que dans le roman de Posmysz, l’épilogue est différent ; Lisa veut en finir avec ses doutes sur l’identité de la passagère et choisit, au grand dam de son mari, de s’expliquer avec elle au moment du débarquement au Brésil. Les deux femmes se fixent des yeux et se dirigent l’une vers l’autre, mais la mystérieuse passagère, à l’ultime moment, contourne Lisa et poursuit son chemin. L’hypothèque ne sera jamais levée.<br />
Chaque personnage, dans le livret, s’exprime dans sa propre langue, on entend ainsi aussi bien du yiddish que de l’allemand, de l’anglais, du français, du polonais, et du russe.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_0854-1-1294x600.jpg" />© Mirco Magliocca</pre>
<p>Salle comble pour la première, c’est dire que les attentes étaient fortes. La découverte de la musique de Weinberg tout d’abord ; on retrouve, tout au long de la partition, des influences multiples du XXe siècle, Stravinsky, Zemlinski et surtout Chostakovitch ainsi que quelques touches de jazz mais aussi de puissants accents personnels avec des rythmes marqués par des percussions omniprésentes, une utilisation habile du <em>Sprechgesang</em>, particulièrement au premier acte. On note justement une césure complète à l’issue de la première partie, le second acte dépassant nettement le premier en intensité dramatique et lyrique (monologue de Marta et chanson <em>a cappella</em> de Katja). La mise en scène ensuite : comment rendre l’horreur du quotidien d’un camp de concentration, sans verser ni dans la caricature, ni dans le misérabilisme ? Le metteur en scène allemand <strong>Johannes Reitmeier</strong> qui a dirigé pendant onze ans le Tiroler Landestheater d’Innsbruck, a su éviter ce double écueil. Grâce à un habile décor en bois figurant d’un côté le pont supérieur du paquebot et la cabine de Walter et Lisa et, de l’autre côté, les baraquements du camp d’Auschwitz, on passe d’une ambiance à l’autre par simple rotation du plateau, les tableaux s’enchaînant ainsi sans interruption. Ces rotations fréquentes illustrent judicieusement la confusion dans l’esprit de Lisa qui, en évoquant devant son mari un passé qu’elle lui avait toujours caché, revit instantanément ces scènes qu’elle aurait voulu enfouir à jamais. La direction d’acteurs montre de très beaux moments, comme ces prisonniers qui s’avancent en chœur (remarquable travail à nouveau de <strong>Gabriel Bourgoin</strong> à la tête des voix d’hommes et de femmes) jusqu’à l’avant-scène pour dévoiler leurs avant-bras marqués à jamais de l’horreur. Très poignantes aussi les retrouvailles entre Tadeusz et Marta qui, dans un premier temps, ne se reconnaissent pas. Certes tout n’est pas réussi, les trois officiers SS ne sont guère effrayants, Lisa elle-même ne semble pas une surveillante bien redoutable, mais Reitmeier, avec une délicatesse qu’il faut louer, rend scrupuleusement l’ambiance des camps et, pour le dire autrement, sait transcender l’horreur pour la rendre visible à nos yeux de contemporains.<br />
Plateau irréprochable dominé par la Lisa omniprésente d’<strong>Anaïk</strong> <strong>Morel</strong> ; son allemand est quasi parfait, l’ampleur de la voix et sa vraie-fausse dureté font merveille même si, nous l’avons dit, la femme déchirée entre son passé et son amour pour Walter nous semble plus convaincante que la vicieuse Kapo d’antan. <strong>Nadja</strong> <strong>Stefanoff</strong> est une merveilleuse découverte : elle est une Marta sans concession, sa scène au début du II (« Würde er mich rufen, Gott der Herr » ) est soufflée avec les tripes et elle sait entretenir le mystère sur sa vraie identité. Plaisir de retrouver en <strong>Céline</strong> <strong>Laborie</strong> une Katja solide : elle délivre un « Du, mein Teil », chanson de son enfance, <em>a cappella</em> et à haut risque avec une belle maîtrise dans les notes perchées. Plateau féminin parfaitement complété par <strong>Victor Bunel</strong> (Krystina), <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> (Vlasta), <strong>Sarah Laulan</strong> (Hannah), <strong>Julie Goussot</strong> (Yvette), <strong>Janina Baechle</strong> (Bronka), <strong>Ingrid Perruche</strong> en vieille femme et <strong>Manuela Schütte</strong> en Kapo. Casting réussi également pour les deux rôles masculins principaux : <strong>Mikhail Timoshenko</strong> déploie un baryton somptueux et qui ne demande qu’à chanter, quant à <strong>Airam Hernández</strong>, il est un Walter puissant, sûr de lui, mais que Lisa réussit à faire vaciller.<br />
Ce soir c’est le sicilien <strong>Francesco Angelico</strong> qui est dans la fosse devant les musiciens de l’orchestre national du Capitole, qu’il avait déjà conduits dans <em>Mefistofele</em> en 2023. Direction soignée, précise. Il le faut car la partition est complexe avec de multiples changements d’ambiance.<br />
Justice est donc enfin rendue à une partition qui doit désormais trouver sa place sur les affiches françaises.</p>
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		<item>
		<title>BELLINI, Norma &#8211; Martina Franca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-martina-franca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jul 2024 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né en 1975 &#160;le Festival de la Valle d’Itria célèbre ses cinquante ans en remettant à l’affiche Norma. Un jeune lecteur qui saurait que ce festival a bâti sa réputation sur la résurrection de titres rares pourrait s’en étonner. Précisons donc à son intention d’abord que le chef-d’œuvre de Bellini n’avait pas été donné à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1975 &nbsp;le Festival de la Valle d’Itria célèbre ses cinquante ans en remettant à l’affiche <em>Norma. </em>Un jeune lecteur qui saurait que ce festival a bâti sa réputation sur la résurrection de titres rares pourrait s’en étonner. Précisons donc à son intention d’abord que le chef-d’œuvre de Bellini n’avait pas été donné à Martina Franca depuis 1977, ensuite que, comme alors, il est proposé dans la version originale pour deux sopranos. Et cerise sur le gâteau, une nouvelle édition critique a été réalisée par l’éminent musicologue Roger Parker.</p>
<p>Ce dernier dans le programme de salle, se pose la question&nbsp;: pourquoi une nouvelle édition critique&nbsp;?&nbsp;Non sans humour il constate que la vogue ininterrompue de l’œuvre depuis sa création ne doit rien aux musicologues. Puis il avance l’argument selon lequel les partitions «&nbsp;traditionnelles&nbsp;» s’éloignent des intentions originelles du compositeur. Dans le cas de <em>Norma</em> il n’y croit guère. Il pense plutôt que, comme c’est une impression du début des années 1900 qui a donné sa forme définitive à la partition « traditionnelle », elle correspond aux décisions éditoriales de cette époque, ce qui justifie qu’on les révise aujourd’hui. Et il ajoute aussitôt : « pour autant qu’une nouvelle édition puisse proposer les infinies variations proposées par Bellini, elles ne devraient pas être vues comme prescriptives » car la partition autographe montre clairement les indécisions du compositeur quant à fixer une forme définitive. D’où sa conclusion : qui cherche à produire une version ultime « approuvée par le compositeur » qui serait la seule à pouvoir être représentée le fait contre l’évidence historique.</p>
<p>De quel poids ont été ces remarques dans les représentations de cette année ? Sans doute les changements étaient peu perceptibles, même pour des oreilles exercées, car alors qu’à l’entracte les passions se déchaînaient sur les voix et la direction, aucun commentaire n’évoquait les nouveautés de cette édition. Entrons dans l’arène : la direction de <strong>Fabio Luisi</strong> &nbsp;a été pour nous une source presque constante de jouissance, la restriction étant liée à la prière de Norma, dont le rythme a probablement été choisi avec l’interprète, d’une lenteur qui en faisait une berceuse plus qu’un appel vibrant à la divinité. Pour le reste, c’est le mot&nbsp;de transparence qui nous vient à l’esprit, tant ses indications inlassablement précises ont éclairé les rapports des timbres, les plans sonores, dans une maîtrise souveraine des tempi et des rythmes, qui fait chatoyer les couleurs et purge les marches de tout soupçon de «&nbsp;pompiérisme&nbsp;» grâce au concours raffiné des musiciens de l’Opéra de Bari.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/XXX02830ClarissaLapollaph-e1722249924166.jpg?&amp;cacheBreak=1722250232652"></p>
<p>.Le dispositif scénique est le même que celui conçu par <strong>Leila Fteita </strong>pour <em>Aladino e la lampada magica</em>, à ceci près que nous voyons l’arrière du bloc central qui représentait les bibliothèques. A nos yeux s’offre un mur incurvé percé de deux portes rectangulaires et couvert d’un enduit rouge pompéien dont les craquelures deviendront fissures. Il est le support de projections, des flammes dévorantes à la fin de l’ouverture et au final, et un arbre immense pour la rencontre de Pollione et d’Adalgisa à l’abri des regards. Le plateau reste nu, et des accessoires apparaissent et disparaissent selon les nécessités : une faucille, un bandeau pour les yeux, des sièges curules, un ballon. Le matelas sur lequel reposent les enfants endormis sera disposé à jardin dans l’espace scénique latéral au plateau central. Comme la veille ces espaces latéraux permettent la circulation de personnages, tel Oroveso, et l’apparition des chœurs masculins et féminins quand la mise en scène les fait sortir de leurs cages transparentes. Comme la veille, les artistes du chœur de l’Opéra de Bari confirment leur excellente préparation.</p>
<p>Elèves de l’Académie, <strong>Saori Sugiyama </strong>et <strong>Zachary McCulloch </strong>campent honorablement leurs seconds rôles. Elle est affublée d’une improbable perruque blonde de style afro quand il apparaît crâne rasé, un accessoire semble-t-il. Leur voix est bien projetée et leur tenue scénique satisfaisante.</p>
<p>L’entrée en scène d’Oroveso n’augure pas le meilleur, tant l’émission semble incertaine et la diction pâteuse. Ce n’est qu’au fil de la représentation que <strong>Goran Juric </strong>retrouvera une voix conforme aux exigences du rôle, sans toutefois que le personnage atteigne à la grandeur qu’on lui accorde généralement. Mais dans une Gaule que le décor, les costumes et les accessoires représentent largement romanisée, les projets belliqueux de ce chef et de ses guerriers semblent un combat d’arrière-garde perdu d’avance et on peut admettre que ce manque d’envergure est dans la logique des données de l’œuvre.</p>
<p><strong>Airam Hernandez </strong>se tire avec les honneurs, selon nous, du rôle ingrat de Pollione, car il le chante et le joue avec suffisamment de nuances pour échapper aux caricatures qui en grossissent les traits. Ni vocalement ni dramatiquement il ne surjoue pour chercher l’effet, et c’est cette probité musicale qui nous séduit.</p>
<p>Cette probité on la retrouve chez <strong>Valentina Farcas</strong>, qui&nbsp; prête sa jolie voix de soprano à Adalgisa et réussit, tant vocalement que scéniquement, à représenter la jeune fille bouleversée par un coup de foudre auquel elle n’a pu résister. Le dilemme entre cette passion et sa fidélité à ses engagements religieux, que sa vénération pour Norma aggrave d’un sentiment de trahison, son exaltation quand elle cède à la pression de Pollione, son épanchement auprès de Norma, son effroi quand elle découvre la vérité, autant de nuances qu’elle exprime avec justesse et une réelle maîtrise vocale.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/XXX03133ClarissaLapollaph-1-scaled-e1722250033155.jpg?&amp;cacheBreak=1722250232652"></p>
<p>C’est <strong>Jacquelyn Wagner</strong> qui incarne le rôle-titre. Nous ne l’avions plus entendue depuis une lointaine Fiordiligi à Genève. L’état de sa voix, intacte, démontre la prudence avec laquelle elle contrôle son instrument. Est-ce cette prudence qui lui fait adopter cette lenteur dans la prière à la lune où nous aurions aimé sentir un frémissement plus marqué ? Par la suite, les tempi nous paraîtront justes, et l’émission idoine aux intentions et aux exigences du rôle. La Norma de Jacquelyn Wagner apparait à la fin de l’ouverture : sa haute taille lui donne de la prestance mais son attitude révèle un trouble profond et elle finit par s’écrouler. Quand elle reviendra en scène, escortée par les suivantes qui la parent pour la séance de divination, elle aura le maintien hiératique de la prêtresse, dont la coiffure en hauteur évoque irrésistiblement Leyla Gencer. Sans doute peut-on préférer des voix plus corsées, mais nier la qualité stylistique de cette interprétation relèverait de l’outrance.</p>
<p>Dans <em>Norma</em>, les duos Adalgisa-Norma constituent évidemment les ruminations belliniennes les plus grisantes. Les deux artistes nous ont comblé, mais c’est l’ensemble de l’interprétation vocale et musicale qui a tressé le piège délicieux de ces ressassements dont la reprise indéfinie, quand elle est réussie, crée chez l’auditeur une addiction profonde. Cette <em>Norma </em>nous a grisé.</p>
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		<title>ROTA, Aladino e la lampada magica &#8211; Martina Franca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rota-aladino-e-la-lampada-magica-martina-franca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1926, l’année de la création de Turandot, Nino Rota a 15 ans et il compose un opéra, Il Principe porcaro* d’après un conte d’Andersen. C’est la manifestation d’un goût pour le fantastique qui ne le quittera pas, comme en témoignent Lo scoiatolo in gamba*, en 1959, sur un livret d’Eduardo di Filippo, et Aladino &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1926, l’année de la création de <em>Turandot</em>, Nino Rota a 15 ans et il compose un opéra, <em>Il Principe porcaro</em>* d’après un conte d’Andersen. C’est la manifestation d’un goût pour le fantastique qui ne le quittera pas, comme en témoignent <em>Lo scoiatolo in gamba*</em>, en 1959, sur un livret d’Eduardo di Filippo, et <em>Aladino e la lampada magica</em> créé en 1968 après deux années de composition – de 63 à 65 – suivies de retouches et de révisions jusqu’en 1967.<br />
Pourquoi un opéra et pourquoi choisir ce conte des Mille et une nuits ? Et pourquoi pas ? Le renom de Nino Rota comme compositeur de musiques pour le cinéma est tel qu’on ignore – en France – à peu près tout de sa contribution au genre lyrique. <em>Le chapeau de paille d’Italie</em> est considéré comme un heureux accident de parcours dans une carrière somme toute moins noble, car c’est un préjugé répandu qu’écrire pour le cinéma, c’est plus facile qu’écrire pour l’opéra. De là à penser que Nino Rota est un compositeur du second rayon il n’y a qu’un pas. Pourtant certains chefs d’orchestre se souviennent de leur confusion lorsque, appelés à diriger de la musique symphonique de Nino Rota sans avoir lu la partition, ils découvrirent la complexité de l’écriture.<br />
Car c’est une des découvertes que favorise la proposition du Festival de la Valle d’Itria, Nino Rota, à l’époque de la composition – et il semble que ce fut toujours vrai tout au long de sa vie de compositeur – n’a jamais suivi les modes, se bornant à écrire ce qui lui plaisait, prenant çà ou là des éléments à insérer dans son discours sans s’assujettir à une quelconque chapelle. Oui, on peut entendre tel fragment mélodique, tel accord, telle combinaison de timbres, qui vont rappeler Puccini, Gershwin, Bernstein ou Richard Strauss, mais on peut exclure l’intention d’imiter un filon. Plutôt, comme Rossini lui-même et plus tard Stravinsky, le réemploi de stylèmes dépourvus de signification intrinsèque mais adaptables à un contexte nouveau.<br />
Le découpage du conte donne une structure en trois actes. Au premier, Aladin est abordé par le mage maghrébin, qui lui raconte être son oncle et l’entraîne dans une quête mystérieuse au terme de laquelle le Génie d’un anneau magique aidera Aladin à échapper à la mort.  Au deuxième acte, alors qu’il va vendre la lampe pour se procurer de quoi subsister, sa mère la nettoie et un autre Génie apparaît, qui peut lui procurer tout ce qu’il peut désirer. Tombé amoureux de la fille du Roi il envoie sa mère la demander en mariage, et il aura satisfaction car le Génie de la lampe accumule les richesses exigées par le cupide souverain. Au troisième acte, alors qu’il est à la chasse, le méchant magicien revient dans l’intention de se rendre maître de la lampe. Il y parvient et transporte le palais et la princesse en Afrique. A son retour, Aladin désespéré invoque le Génie de l’anneau, qui le met en présence de la princesse, à laquelle il demande de séduire le magicien et de lui faire boire un narcotique. En fait il mourra, Aladin récupérera la lampe, et retournera avec son épouse au pays qui est le leur. Il reviendra au chœur d’enfants – dirigé par <strong>Angela Lacarbonara</strong> – qui avait ouvert la représentation de la refermer puisque le fil conducteur du spectacle est cet enfant qui s&rsquo;est attardé dans la bibliothèque à lire le conte d&rsquo;Aladin et qui s&rsquo;y retrouve quand il a lu tout le conte, environné des personnages auxquels sa lecture a donné vie.<br />
Une chose surprenante est la taille de l’orchestre. Nino Rota le voulait massif, et le spectacle de  l’effectif des musiciens du Teatro Petruzelli de Bari suscite chez notre voisin une exclamation : mais c’est berliozien ! Il faut également un chœur d’hommes, un chœur de femmes, un chœur d’enfants, autant dire que ce spectacle réclame beaucoup de moyens humains, ce qui influe sur le coût de la production. Est-ce pour cela que la mise en scène s’est privée d’outils techniques qui auraient pu rendre spectaculaires les épisodes de la caverne, les défilés à travers la ville ou le palais du Roi ? Et que les chœurs masculins et féminins restent invisibles dans les avant-scènes à jardin et à cour, une facilité pour la mise en scène, délivrée du souci de gérer les mouvements, et une économie pour les costumes ?<br />
Quand les fonds sont comptés l’inventivité doit seconder la sobriété. Conçu par <strong>Leila Fteita</strong>, un élément de décor unique percé de deux portes représente les rayons d’une bibliothèque publique entièrement garnis de livres du sol au plafond. Certains des panneaux de ce décor sont mobiles et permettront de dévoiler l’entrée de la caverne ou de révéler le palais magique. Au devant s’étend un plan incliné jusqu’à l’avant-scène qui sera l’espace de jeu. A jardin et à cour, deux espaces latéraux permettent l’apparition du chœur d’enfants, ou l’arrivée de personnages secondaires, les choristes adultes étant dans les caches aux deux extrémités de la scène.<br />
Des accessoires servent à caractériser les lieux et les étapes de l’action : tapis, cageots, pour la place du marché, meubles succincts pour le logis d’Aladin, baignoire et rideau tendu pour le bain de la princesse, coussins et tapis pour la palais du Roi. Petites déceptions,  pourquoi rassembler des brindilles, comme le demande le pseudo-oncle pour faire un feu qui ne s’enflamme pas ? Pourquoi les pierreries dont il est dit qu’elles sont énormes sont-elles invisibles ? Et pourquoi les plateaux précieux que l’orfèvre paie sans rechigner ne sont-ils pas plus grands et plus nombreux ? Le lecteur peut imaginer, mais le spectateur demande à voir !</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ALadino_Marco-Ciaponi_c-ClarissaLapollaph18092-1294x600.jpg" alt="" width="677" height="314" />
© Clarissa Lapolla</pre>
<p>Du récit de Shéhérazade l’adaptation a conservé l’essentiel, au prix d’ellipses qui peuvent déconcerter qui n’est pas informé des étapes du conte. Une bonne part de l’appréhension du récit par le public passe par les costumes. Leila Fteita renonce à l’option chinoise – le lieu où est censé se dérouler l’aventure –  et habille à l’orientale tous les personnages, avec des pantalons bouffants particulièrement réussis, et une touche d’excentricité particulière pour les deux génies, très colorés. Très réussie, grâce aux lumières de <strong>Francesco Siri</strong>, la première intervention du magicien maghrébin, qui fige les personnages par la puissance de son verbe.<br />
C’est <strong>Marco Filippo Romano</strong> qui l’incarne, donnant à sa voix la noirceur qui révèle celle de son âme, le mielleux du trompeur ou le rogue de l’autorité impatiente, jusqu’à la mièvrerie de l’amoureux berné ; s’il semble parfois à la corde pour les notes les plus basses, en revanche il est très à son aise dans le rôle du Roi, esclave de sa cupidité et de sa gourmandise, véritable marionnette du Grand Ministre. Cette versatilité confirme un talent bien connu.<br />
L’autre grand rôle est celui d’Aladin, incarné par le ténor <strong>Marco Ciaponi</strong>. Passée la légère déconvenue de ne pas voir l’adolescent espéré – car tel est le personnage du conte – on adhère à son engagement. L’écriture ne mettra vraiment en valeur l’étendue de sa voix que lors de ses effusions avec la princesse mais elle est homogène, la projection est bonne et les intentions expressives sont justes.<br />
Deux rôles féminins se détachent, celui de la mère et celui de la princesse, dans l’ordre de leur apparition. La première, incarnation de l’amour maternel, dévoué, indulgent et jamais tranquille avec un garnement comme Aladin, trouve en <strong>Eleonora Filipponi </strong>une interprète nuancée. La seconde, <strong>Claudia Urru, </strong>que la mise en scène soumet à une pantomime en ombre chinoise pour la scène du bain, révèle son lyrisme dans les scènes d’amour avec Aladin, l’écriture ne poussant jamais sa voix ronde dans ses retranchements.<br />
Les autres interprètes, <strong>Rocco Cavalluzzi </strong>en Grand Ministre et <strong>Omar Cepparolli</strong>, l’orfèvre, sont sans reproches, même si le second a semblé un peu fatigué. Bonnes prestations des compagnons de jeu d’Aladin, les trois ténors <strong>Pepe Hannan</strong>, <strong>Davide Zaccherini</strong> et <strong>Zachary McCulloch. </strong>Mention spéciale pour <strong>Anastasia Churakova </strong>dans le rôle de la servante agent momentané du destin de la lampe.<br />
Quant aux deux génies, leurs courtes interventions sont impeccables de tenue, tant pour <strong>Alexander Ilvakhin </strong>– l’anneau – que pour <strong>Giovanni Accardi – </strong>la lampe.<br />
Il serait particulièrement regrettable de ne pas mentionner les interventions chorégraphiques virtuoses d’ <strong>Emanuela Boldetti</strong> et <strong>Samuel Moretti </strong>; elles s’insèrent remarquablement dans le spectacle sans le moindre hiatus, ce n’est pas un mince exploit !<br />
<strong>Francesco Lanzillota</strong>, dont deux enfants chantent dans le chœur des voix blanches, aime manifestement cette partition, et c’est probablement le cas des instrumentistes, qui la font briller, des délicats accents de la harpe primitive aux accents menaçants et mystérieux aux abords de la grotte, cuivres étincelants qui annoncent le cortège de la princesse, brouhaha de la salle d’audience, solennité bruyante de la marche festive vers le palais, sombres accords de la tristesse de la princesse, le riche tissu mélodique et harmonique de la musique de Nino Rota est déployé avec amour.<br />
L’écriture vocale n’a pas pour objet de ressusciter le bel canto pas plus que l’écriture musicale ne cherche à reproduire le passé ou à se conformer à une actualité de son temps. Dans le conte, pour Nino Rota, le plus important n’est pas de dire quelque chose, mais de raconter. C’est pourquoi il est des niveaux de lecture différents, du divertissement pour enfants au récit initiatique à l’image de <em>La Flûte enchantée</em>, certains analysant les péripéties comme les étapes d’une initiation, une quête de vérité  libératrice car débouchant sur la lumière, à l’image d’Aladin qui retrouve le jour après être descendu aux Enfers. Quelle que soit la conclusion à laquelle on s’arrête, reste le plaisir d’avoir découvert l’intégralité d’une œuvre dont la France ne connaît encore que la version très largement abrégée qui fut donnée à Colmar, Mulhouse et Strasbourg à l’initiative de Vincent Monteil, ainsi qu’à Saint-Etienne et à l’Opéra-Studio – sauf erreur.</p>
<p><span style="white-space: pre-line;">*<em>Le Prince porcher / L&rsquo;écureuil astucieux</em></span></p>
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