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	<title>Azer ZADA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Azer ZADA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MASCAGNI / LEONCAVALLO, Cavalleria rusticana / Pagliacci &#8211; Montpellier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2025 06:07:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une reprise qui ouvre la saison 2025-26 à l’Opéra Orchestre National Montpellier ; la production du dyptique Cavalleria Rusticana/Pagliacci qui nous est proposée avait été créée à Chateauvallon (dans la cadre de la saison toulonnaise) à l’été 2024 et elle avait enthousiasmé Yvan Beuvard. Deux représentations seulement à l’Opéra Berlioz-Le Corum cette fois-ci et une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une reprise qui ouvre la saison 2025-26 à l’Opéra Orchestre National Montpellier ; la production du dyptique <em>Cavalleria Rusticana</em>/<em>Pagliacci</em> qui nous est proposée avait été <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-cavalleria-rusticana-leoncavallo-i-pagliacci-toulon/">créée à Chateauvallon</a> (dans la cadre de la saison toulonnaise) à l’été 2024 et elle avait enthousiasmé Yvan Beuvard. Deux représentations seulement à l’Opéra Berlioz-Le Corum cette fois-ci et une prise de rôle attendue, celle de Santuzza par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/marie-andree-bouchard-lesieur-dans-mezzo-soprano-il-y-a-mezzo-et-soprano/">Marie-Andrée Bouchard Lesieur</a>.<br />
<strong>Silvia Paoli</strong> se fait un nom dans la mise en scène d’opéras ; l’actrice florentine, ancienne assistante de Damiano Michieletto à Pesaro, Zurich ou Vienne, s’est fait remarquer par ses propositions engagées (<em>Tosca</em> à Nancy, Toulon, Angers, Nantes et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-rennes/">Rennes</a>, <em>La traviata</em> à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-rennes/">Tours</a>) qui vont toutes dans le sens d’une lecture actualisée des conflits qui se jouent sur scène et notamment des rapports de domination entre les hommes et les femmes.<br />
L’un des points forts de sa proposition pour ce Cav/Pag est la tentative réussie de relier les deux intrigues, séparées ici de deux années. Le personnage de Lucia (<em>Cavalleria rusticana</em>) traverse ainsi furtivement la scène de <em>Pagliacci</em>, des accessoires de décors (comme la valise du spectacle du Paillasse) se retrouvent dans les deux pièces. C’est donc presque une seule et même œuvre qui nous est proposée, une seule lecture en tous cas des conflits qui se jouent au milieu d’une société qui fait tout pour ne pas les voir. Cette société (nous, les spectateurs, en l’occurrence) est figurée dans un cas par les villageois (le chœur) enferrés dans une pratique religieuse bornée (l’action se situe à Pâques) et qui empêche tout discernement, dans l’autre par les spectateurs de la pièce, montée par Canio &amp; Co (l’action se situe aux fêtes de l’Assomption), qui assistent, impuissants, à un drame (la jalousie qui devient folie meurtrière) qui pourrait toucher chacun d’entre nous ; ainsi, après l’assassinat de Nedda par Canio, les spectateurs assis dans l’amphithéâtre détournent-ils leurs visages qui se retrouvent alors affublés du nez rouge d’un clown. Ce clown, donc, ce n’est pas seulement Canio, mais bien les spectateurs, qui, par effet de miroir, deviennent de potentiels et redoutables acteurs principaux.<br />
L’action se situe clairement en Italie du Sud, mais dans l’Italie des années 2020 (le réflexe qu’ont les spectateurs de filmer le féminicide avec leurs téléphones). Un amphithéâtre de béton brut, typique des années 1980-1990, d’une grande laideur (vérisme oblige !), des inscriptions en italien (« Piange anche la Madonna » ) et toujours des figures symboliques religieuses : une croix de lumière en lieu et place d’église, un graffiti représentant le <em>Christ à la colonne</em> d’Antonello da Messina surplombant l’espace de Mamma Lucia ou encore ces danseurs presque nus qui chorégraphient le chemin de Croix du Christ (avec le haut des marches comme Calvaire ?) et culminant en scène de la Pietà, d’un bel effet esthétique. On saluera aussi l’excellente conduite d’acteurs de Silvia Paoli, qui a fort à faire dans une pièce dans laquelle les plages orchestrales sont nombreuses.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MG4_6280_redimensionner-1294x600.jpg" /> © Marc Ginot-OONM</pre>
<p style="text-align: left;"><strong>Yoel Gamzou</strong> dirige un orchestre national Montpellier Occitanie en bonne forme. Il sait faire émerger toutes les couleurs de cette musique opulente, sans pour autant faire ruisseler les cordes de pathos ! C’est un équilibre que le chef trouve remarquablement. Il aurait pu toutefois rythmer davantage les longs tunnels orchestraux au début de <em>Cavalleria rusticana</em>, alors que sur scène les figurants ou les danseurs s’activaient pour occuper l’espace. Chœur d’hommes et de femmes fourni (une cinquantaine de choristes), chœur d’enfants enthousiaste. C’est un travail solide qu’ont réalisé <strong>Noëlle</strong> <strong>Gény</strong>, <strong>Anas</strong> <strong>Ismat</strong> et <strong>Albert</strong> <strong>Alcaraz</strong>.<br />
Prise de rôle de Santuzza réussie pour <strong>Marie-Andrée Bouchard Lesieur</strong>, qui ajoute une belle ligne à son répertoire. Fortement sollicitée par la mise en scène (elle apparaît enceinte jusqu’au cou, fille un brin désorientée et qui doit rester sur scène une bonne partie du temps, y compris durant l’intermezzo), c’est sa force de conviction qui impressionne, portée par de splendides médiums (« Voi lo sapete »), des aigus précis et solides et surtout une capacité à livrer la puissance aux bons endroits. Voilà qui lui sied déjà parfaitement et qui pourrait lui ouvrir de nouvelles perspectives dans des rôles plus dramatiques (sa Waltraute de novembre prochain à Paris sera observée).<br />
Pour <em>Cavalleria rusticana </em>encore <strong>Julie Pasturaud </strong> est une vraie bonne mamma italienne, qui ne s’en laisse pas conter et <strong>Reut Ventorero</strong> ajoute à son personnage de Lola une authenticité bienvenue. L’Alfio de <strong>Tomasz Kumiega</strong> que l’on retrouvera dans <em>Pagliacci </em>(Tonio) est une bien belle découverte. Le port fier, « à l’italienne », il dispose d’un baryton quasi baryton-Verdi, qui brille moins peut-être par la puissance que par l’expressivité et la couleur bronzée du timbre. La puissance n’est pas non plus l’atout premier d’<strong>Azer</strong> <strong>Zada</strong>, dont le timbre clair et plaisant n’est pas en cause, ni même l’ambitus d’un ténor solide. Clairement les deux rôles qui lui sont confiés ce soir et qui sont les rôles masculins principaux (Turiddu et Canio) ne le servent pas, ni ne servent la représentation. Zada doit en permanence déployer des efforts sans doute appréciables et méritants pour passer la rampe et un orchestre qui ne se laisse pas faire, mais dans les ensembles, la rupture d’équilibre des voix est patente. Dans une salle aussi vaste que celle de Opéra Berlioz-Le Corum (plus de 2000 places), la voix court le risque de se perdre.<br />
Dans <em>Pagliacci</em>, c’est à l’évidence la Nedda de <strong>Galina Cheplakova</strong> que nous retiendrons ; elle livre une partition expressive, toujours juste et nous dévoile un soprano moins naïf que le personnage pourrait laisser entrevoir. Tout est solide et bien maîtrisé. Enfin <strong>Maciej Kwaśnikowski</strong> est un Beppe pervers à souhait et le Silvio de <strong>Leon Kim</strong> réussit sa partition aussi brève qu’intense.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca — Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-sanxay-e-piovevan-le-corde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Aug 2018 05:25:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le lot de tous les festivals de plein air, même après des semaines de canicule : la pluie peut venir tout perturber. A Sanxay, pour la première des trois représentations de Tosca, de retour après une première apparition in loco en 2004, le public a bien failli devoir rentrer chez lui. 30 minutes avant le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le lot de tous les festivals de plein air, même après des semaines de canicule : la pluie peut venir tout perturber. A Sanxay, pour la première des trois représentations de <em>Tosca</em>, de retour après une première apparition <em>in loco</em> en 2004, le public a bien failli devoir rentrer chez lui. 30 minutes avant le début de la représentation, une averse copieuse s’est abattue sur les gradins, mais les spectateurs trempés ne sont pas laissés décourager pour si peu, et la soirée a pu malgré tout se dérouler comme prévu, avec un peu de retard seulement, car il a d’abord fallu éponger le plateau pour éviter que les chanteurs y dérapent. Malgré tout, peut-être les instruments n’auront-ils guère apprécié ce repli précipité auquel la pluie les a contraints : de fait, sous la baguette pourtant experte d’<strong>Eric Hull</strong>, l’orchestre ne paraît pas tout à fait dans son élément durant le premier acte. Faux départs, cordes pas tout à fait ensemble, et il faudra attendre après le premier entracte pour que le son retrouve un certain moelleux, dans l’acoustique hors-pair de ce lieu.</p>
<p>Les chanteurs, eux, ne semblent pas décontenancés par cette humidité soudaine. A moins que, précisément, l’uniformité dont pâtit le chant d’<strong>Azer Zada</strong> soit à mettre sur le compte des intempéries, mais cela paraît peu probable. Le ténor azéri n’en est pourtant pas à son premier Cavaradossi, rôle qu’il interprètera même prochainement à La Fenice, mais il paraît avant tout désieux d’émettre des décibels, et son chant massif semble exclure toute nuance et ne guère se soucier d’expressivité. C’est seulement au dernier acte que le désespoir de Mario l’obligera à ranger les muscles pour se montrer un rien plus concerné par l’action. Heureusement, ce n’est pas le cas des deux autres membres du trio central. <strong>Carlos Almaguer </strong>est un Scarpia tour à tour haineux, fielleux, caressant, efficace même si les ficelles sont assez visibles – chaque mot trahissant la noirceur de l’âme du personnage est soudain nasal et appuyé ; la voix possède tout l’éclat souhaitable et la souplesse suffisante pour éviter un chef de la police monolithique. Et surtout, il y a <strong>Anna Pirozzi</strong>, l’une des meilleures artistes que l’Italie compte actuellement pour tout ce répertoire, qui revient à Sanxay après une mémorable Abigaille en 2014. La soprano napolitaine séduit par la netteté d’une diction qui exprime à merveille le sens de chaque réplique, la voix est belle et jamais brutalisée, même dans la véhémence de l’affrontement avec Scarpia.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/sanxay_envoi036.jpg?itok=EdmG_tZt" title="© Pascal Lavaud" width="468" /><br /><font color="#000000">© </font>Patrick Lavaud</p>
<p>Hélas, sur le plan scénique, on ne se situe pas à la même hauteur. <strong>Stefano Vizioli</strong> opte pour un décor d’une grande sobriété : deux parois noires luisantes qui se percent d’ouvertures variées, et devant lesquelles quelques accessoires suffisent à évoquer un lieu. La Madeleine peinte par Cavaradossi se réduit même à un gigantesque œil bleu, mais en compensation de cette audace, les costumes ancrent l’intrigue dans son époque historique. Encore faudrait-il que les acteurs soient un peu dirigés, et que l’action soit un peu plus rondement menée : l’évasion d’Angelotti est singulièrement pataude, par exemple, et les personnages se retrouvent régulièrement assis sur un fauteuil quand on ne sait trop quoi leur faire faire, ou allongés à terre dès qu’ils se disent des mots doux. Les Soirées lyriques de Sanxay, qui fêteront l’an prochain leur vingtième anniversaire, ont su fidéliser leur public et s’imposer en tête des festivals français, essentiellement grâce aux grandes et belles voix qu’on y entend depuis près de deux décennies, mais peut-être serait-il temps de passer à la vitesse supérieure en matière de mise en scène, surtout pour un opéra comme <em>Tosca</em>, où il est impossible de se rabattre sur l&rsquo;opulence des scènes de foule (en dehors de la fin du premier acte, le nombre de personnes sur le plateau est forcément limité) ou sur un déploiement de faste décoratif pour compenser d&rsquo;éventuelles lacunes dans le jeu théâtral. Sans attendre de révélations sur ce plan, le plein air n’excuse pas tout, et comme le théâtre de Sanxay n&rsquo;a pas le gigantisme d&rsquo;autres lieux d&rsquo;opéra à ciel ouvert, l’on devrait pouvoir, sans moyens colossaux, se montrer plus inventif ou plus subtil.</p>
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