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	<title>Monique ZANETTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Monique ZANETTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Idoménée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/idomenee-racine-sur-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2016 08:49:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mais qui est donc Antoine Danchet ? Entre Quinault pour Lully et Cahusac pour Rameau, l’opéra français put-il compter sur des librettistes de talent ? La réponse est oui, comme suffirait à le prouver le texte d’Idoménée mis en musique par Campra. S’il semble que les tragédies parlées de Danchet (1671-1748) n’aient jamais vraiment connu le succès, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mais qui est donc Antoine Danchet ? Entre Quinault pour Lully et Cahusac pour Rameau, l’opéra français put-il compter sur des librettistes de talent ? La réponse est oui, comme suffirait à le prouver le texte d’<em>Idoménée</em> mis en musique par Campra. S’il semble que les tragédies parlées de Danchet (1671-1748) n’aient jamais vraiment connu le succès, ses livrets d’opéra, dont plusieurs pour Campra, valent incontestablement le détour. <em>Tancrède</em>, bien plus joué (Aix en 1986, Tourcoing en 2000, Athènes en 2010, Avignon et Versailles en 2014), paraît pourtant bien faible dramatiquement comparé à la densité racinienne de cet <em>Idoménée</em>, où s’opposent deux princesses dignes de l’Eriphile d’<em>Iphigénie</em>. Et là où Varesco, pour Mozart, ramènera Ilia dans le moule de la gentille – lisez « fade » – jeune fille, l’Ilione de Danchet est un personnage tout aussi redoutable que sa rivale Electre. Face à ces deux femmes fortes, la tâche est rude pour le père comme pour le fils : Idamante succombe presque à une galanterie fatale, tandis qu’un Idoménée tourmenté est in extremis changé en héros romantique par son soudain accès de folie meurtrière. Sur ce poème, Campra a su composer une partition pleine d’urgence théâtrale et de divertissements majestueux, où l’on serait tenté de voir son chef-d’œuvre, et qu’on enrage de ne pas voir représenté, la seule véritable mise en scène récente ayant été proposée en 2004, sans grand succès.</p>
<p>Harmonia Mundi est donc fort bien inspiré de rééditer l’unique enregistrement existant à l’heure actuelle, sorti en 1992, dans la foulée d’une tournée de concerts donnés par les <strong>Arts Florissants </strong>en octobre 1991. On a pu critiquer la direction de <strong>William Christie</strong>, et d’autres chefs viendront peut-être, qui sauront emporter le drame dans un mouvement plus fébrile. En attendant, cette version correspond bien à une certaine idée de la tragédie lyrique française, faite d’équilibre et de grâce à l’orchestre, alors que les chanteurs tiennent un tout autre discours.</p>
<p>Si l’on fait abstraction d’un prologue assez mortellement ennuyeux, essentiellement parce qu’il est confié à des artistes de second plan guère inspirés par le prétexte mythologique, les cinq actes, eux, stupéfient par la force avec laquelle les solistes incarnent leur personnage. On pouvait s’attendre à ce que <strong>Sandrine Piau</strong> soit une Electre mémorable : elle l’est, mais en 1991, le pari n’était pas forcément gagné d’avance, car la soprano venait d’enregistrer le petit rôle de Zaïre dans <em>Les Indes galantes</em>, et rien ne laissait présager quelle tragédienne elle serait. Bénéficiant de quelques-uns des plus beaux airs conçus par Campra, Sandrine Piau est donc reine dans cet <em>Idoménée</em>. Pourtant, elle partage son trône avec <strong>Monique Zanetti</strong>, artiste très injustement sous-employée à l’époque où tous les premiers rôles allaient à Agnès Mellon : heureusement, William Christie eut l’excellente idée de lui confier Ilione, où sa voix sculpturale et sa diction incisive font merveille.</p>
<p>Du côté des messieurs, <strong>Jean-Paul Fouchécourt</strong> est incontestablement ce qui se faisait de mieux en matière de haute-contre à la française il y a un quart-de-siècle. Peut-être d’autres interprètes aujourd’hui donneraient-ils un tour plus héroïque au personnage, mais Idamante est ici fort bien servi. Surprise, en revanche, avec <strong>Bernard Deletré</strong> en Idoménée, lui que l’on associe plus volontiers à la truculence des personnages ridicules, et que rappelle seul le rugissement expressionniste que pousse le roi possédé par la folie à la toute fin de l’œuvre : pour le reste, le baryton sait canaliser son tempérament, malgré quelques consonnes un peu trop articulées qui auraient mieux convenu à une figure comique. Autour de ce quatuor, divers chanteurs issu du chœur des Arts Florissants assurent les emplois secondaires. Si <strong>Jérôme Corréas </strong>fait toujours preuve d’une expressivité hélas assez limitée, <strong>Marie Boyer</strong> fait bonne impression en Vénus vengeresse, et <strong>Mary Saint-Palais </strong>est une charmante Crétoise.</p>
<p>Maintenant, l’urgence est une bonne mise en scène, et un DVD pour imposer <em>Idoménée</em> aux côtés d’<em>Idomeneo</em>.</p>
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		<title>Montéclair &#8211; La Mort de Didon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteclair-la-mort-de-didon-nostalgie-quand-tu-nous-tiens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jul 2016 05:57:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’était au temps béni des défricheurs, ces décennies 70-80 extraordinairement fécondes au cours desquelles les artistes exhumaient de nouveaux trésors chaque jour ou presque, partageant leur émerveillement devant les micros de producteurs audacieux pour un public avide de découvertes alors que les esprits chagrins moquaient ce qu’ils prenaient pour un engouement passager, une toquade passéiste. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’était au temps béni des défricheurs, ces décennies 70-80 extraordinairement fécondes au cours desquelles les artistes exhumaient de nouveaux trésors chaque jour ou presque, partageant leur émerveillement devant les micros de producteurs audacieux pour un public avide de découvertes alors que les esprits chagrins moquaient ce qu’ils prenaient pour un engouement passager, une toquade passéiste. Parallèlement à la publication du splendide <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/bien-que-lamour-airs-serieux-et-a-boire-leternel-printemps-des-arts-florissants">« Bien que l’amour »</a>, Harmonia Mundi met à profit le retour de <strong>William Christie</strong> et de son ensemble pour rééditer plusieurs gravures qui ont fait l’Histoire et n’ont pas pris une ride : Etienne Moulinié (<em>Le Cantique de Moÿse</em>), Marc-Antoine Charpentier (<em>Les Arts Florissants</em>), Luigi Rossi (<em>Il peccator pentito</em>, <em>O cecità </em>; <em>Oratorio per la Settimana Santa</em>), André Campra (<em>Cantates</em>), Jean-Philippe Rameau (<em>Pygmalion</em>, <em>Nélée et Myrtis</em>) et Michel Pignolet de Montéclair (1988). En vérité, le plus français des musiciens américains accompagnait déjà sa compatriote Judith Nelson en 1977 (Arion), soit deux ans avant la fondation des <strong>Arts Florissants</strong>, dans <em>La Badine </em>et <em>Pan et Syrinx</em> qui, avec son dessus de hautbois concertant et ses airs joyeux, a davantage séduit les chanteurs au point d’être à ce jour la cantate de Montéclair la mieux servie au disque. Si son nom demeure avant tout associé à sa tragédie biblique <em>Jephté </em>(1732) – que Christie dépoussiérera quatre ans plus tard pour le même label –, l’une des tragédies en musique les plus jouées au XVIIIe siècle, le compositeur incarne également, avec Campra, Rameau et Clérambault, l’âge d’or de la cantate en France.</p>
<p>Les cinq œuvres retenues par le chef ressortissent aussi bien à la veine arcadienne, plus légère (<em>Il Dispetto in Amore</em>), sinon proche des airs à boire (<em>Le Triomphe de l’Amour</em>), qu’à celle des cantates dramatiques (<em>La Mort de Didon</em>, <em>Morte di Lucretia</em> et <em>Pyrame et Thisbé</em>, seule cantate à trois voix) où, à l’imitation de leurs modèles italiens, Montéclair et ses contemporains livrent de véritables scènes d’opéra. William Christie ne s’intéressait pas encore à la prononciation restituée et osait confier <em>Il Dispetto in amore </em>à un falsettiste,  hérésie aux oreilles des puristes puisque ce type de voix peu prisé à l’époque n’était toléré que dans les chœurs, mais qu’importe le flacon en regard de l’ivresse que nous procure le contre-ténor ambré et si riche de <strong>Gérard Lesne</strong> dans un répertoire dont il fera son miel au gré d’un parcours jalonné de réalisations magistrales (Haendel, Caldara&#8230;). Le bien nommé <em>Adagio e affetuoso </em>« Dolce in vista, ei par ch’aletti », dont il sublime le dolorisme ambigu, nous replonge dans la quintessence d’un art qui reste inégalé. La nostalgie nous étreint pareillement lorsque « <em>le Dieu de la tendresse au Dieu de la vendange dispute l’empire des cœurs </em>» et que sous les inflexions caressantes de la plus aérienne et de la plus subtile des hautes-contre (<strong>Jean-Paul Fouchécourt</strong>), « <em>tout languit, tout devient amant </em>».</p>
<p>L’émouvante fraicheur, l’innocence du timbre d’<strong>Agnès Mellon </strong>ne cadrent pas vraiment, a priori, avec la figure de Didon et l’instrument paraît fort gracile pour endosser sa fureur (« Tyrans de l’empire de l’Onde »), mais l’interprète, frémissante et habitée, dissipe nos préventions, en particulier dans la plainte de la reine de Carthage (« Ô toi déesse de Cythère ! »), introduite par un solo de <em>traverso</em> extrêmement suggestif confié ici à l’excellent <strong>Marc Hantaï</strong>. On ne sait à peu près rien du séjour de Montéclair dans le Milanais, au service de Charles Henri de Lorraine, ignorant par exemple quels musiciens il a pu fréquenter ; toujours est-il qu’il a parfaitement intégré le style italien, l’exacerbation des passions et ses contrastes, ses ruptures abruptes, à l’instar de l’âpreté soudaine qui vient innerver la lamentation de Lucrèce (« Dove vai, crudo spietato ? ») à qui <strong>Monique Zanetti</strong> prête un beau tempérament et une étoffe autrement dense.</p>
<p>L’agonie de la patricienne, où voix et violon déploient les mêmes chromatismes avant d’expirer dans un même souffle, compte parmi les joyaux de cette anthologie au même titre que le duo de Pyrame (Jean-Paul Fouchécourt) et Thisbé (Monique Zanetti) « Que d’alarmes ! Quels sorts pour nos cœurs ! », à la ligne haletante et imprévisible. Au sein de cette vaste cantate, la plus longue que Montéclair ait jamais écrite, « moitié épique, moitié dramatique » comme il la qualifie lui-même, l’« historien » assume l’essentiel du discours, soit plus de soixante-dix lignes de récitatif narratif mais également quatre airs et ariettes, qui sollicitent abondamment les ressources expressives d’un <strong>Jean-François Gardeil</strong> heureusement en verve et empathique à souhait à l’endroit des infortunés amants. Puisse cette réédition faire des émules, car des vingt-quatre cantates qui forment le legs de Montéclair, seule une poignée a été gravée, sans parler des concerts, dont le programme se cantonne encore trop souvent aux mêmes pages de Clérambault ou de Rameau.</p>
<p> </p>
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