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	<title>Giulio ZAPPA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Giulio ZAPPA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Concerto di belcanto, Adrian Sâmpetrean &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concerto-di-belcanto-adrian-sampetrean-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Aug 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un programme de récital avec piano qui annonce, dans le cadre du Festival Rossini, Haydn, Haendel, Mozart, Cimarosa, Donizetti, Mendelssohn puis Bellini et (enfin !) Rossini pourrait a priori rebuter… pourtant, le résultat, au sein du beau Teatro Rossini, est simplement remarquable ! Comme l’explique avec beaucoup de simplicité Adrian Sâmpetrean à l’issue du programme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un programme de récital avec piano qui annonce, dans le cadre du Festival Rossini, Haydn, Haendel, Mozart, Cimarosa, Donizetti, Mendelssohn puis Bellini et (enfin !) Rossini pourrait a priori rebuter… pourtant, le résultat, au sein du beau Teatro Rossini, est simplement remarquable !</p>
<p>Comme l’explique avec beaucoup de simplicité <strong>Adrian Sâmpetrean</strong> à l’issue du programme (et avant d’entamer des bis, composés de chansons roumaines, que le chanteur contextualise en quelques mots), il a souhaité proposer au public un voyage, avec pour ligne directrice le bel canto au travers des siècles, en mêlant les styles (opéra, cantates, mélodies) et les langues. Avec un tel guide, le public ne peut suivre qu’avec enthousiasme.</p>
<p>Ce concert, dédié par le chanteur à sa compatriote Ileana Cotrubaș, décédée ce jour, commence doucement avec un extrait de <em>Die Schöpfung</em>, bien mené, lui permettant de chauffer sa voix. Car la suite est d’un tout autre calibre : « Why do the nations so furiously rage together? », extrait du <em>Messie</em> de Haendel, sollicite immédiatement l’agilité de la basse roumaine. Accompagné par un <strong>Giulio Zappa</strong> complice, qui tutoie les mêmes cimes de virtuosité, le chanteur nous emporte par les chaudes couleurs de son baryton-basse et la fluidité des vocalises. L’air du catalogue de <em>Don Giovanni</em> nous emmène ensuite dans un autre univers : le pupitre disparaît et, pour ce rôle que le chanteur a interprété dans nombre de maisons d’opéra, c’est l’acteur qui est mis en avant, occupant l’espace comme dans une représentation mise en scène. Les mélodies de Donizetti mettent en valeur un français plus que correct et, ici encore, Adrian Sâmpetrean vit son chant, notamment dans le <em>Le renégat</em> aux allures de mini opéra. Il ne s’agit en aucun cas de cabotinage, mais d’une véritable intelligence interprétative. Le chanteur est d’ailleurs passionnant à observer : il emmène le spectateur dans son univers, par son corps, ses mains, son regard.</p>
<p>On pourrait attendre des couleurs plus automnales pour Giorgio dans le « Cinta di fiori » de <em>I Puritani</em> de Bellini. On rend pourtant les armes devant un legato remarquable, les moirures du timbre et surtout la tendresse infinie qui transpire de son chant. La salle est suspendue à ses lèvres.</p>
<p>Rossini, en bout de chemin, ne fait que confirmer la réussite incontestable de ce récital : l’animation du récitatif et la virtuosité de l’air d’Alidoro maintiennent cet état de grâce, qui découle également d’une vraie osmose avec Giulio Zappa. Que ce soit en soliste (sonates de Cimarosa ou <em>Lieder ohne Worte</em> de Mendelssohn) ou comme accompagnateur, le pianiste démontre, à l&rsquo;image de son comparse du jour, que la virtuosité n’exclut en rien une véritable sensibilité.</p>
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		<title>Concert Sara Blanch et Michael Spyres &#8211; Peralada</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-sara-blanch-et-michael-spyres-peralada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’affiche était pleine de promesses et le concert les a tenues. Sara Blanch et Michael Spyres ont comblé les auditeurs rassemblés dans la nef de l’église du Carme, pour ce quarantième anniversaire du festival de Peralada. Leur partenaire au piano était Giulio Zappa, que l’on ne présente plus, dans un programme qui panachait en trois &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’affiche était pleine de promesses et le concert les a tenues. Sara Blanch et Michael Spyres ont comblé les auditeurs rassemblés dans la nef de l’église du Carme, pour ce quarantième anniversaire du festival de Peralada. Leur partenaire au piano était Giulio Zappa, que l’on ne présente plus, dans un programme qui panachait en trois langues opéra français, opéra italien, zarzuelas et chansons, de nature à satisfaire un public aux goûts éclectiques et à mettre en valeur la palette expressive des deux voix.</p>
<p>Pas de raretés, donc, plutôt des « chevaux de bataille », airs d’autant plus à risque qu’ils sont connus, font partie du répertoire des interprètes et que ces derniers peuvent être comparés à eux-mêmes. Premier à ouvrir le feu après l’introduction brillantissime du piano, <strong>Michael Spyres</strong> chante la légende de Kleinzach et à peine a-t-il commencé qu’il nous a déjà ravis, emportés, la rondeur de la voix, la précision de la projection, la fermeté du timbre, l’expansion aigüe qui semble aller de soi, les diminutions ou augmentations du son, tout comble. Il est évidemment superflu de louer la qualité de la diction du français, excellente – et il en sera de même pour l’italien et l’espagnol – qui restitue les plus infimes nuances du texte.</p>
<p>Cette maîtrise d’orfèvre, on la retrouve dans l’air d’entrée de Figaro du <em>Barbiere di Siviglia</em>, poussée à un tel point, quand Figaro contrefait les diverses voix qui le sollicitent, qu’ elle frôle le maniérisme, mais à ce degré de qualité on ne se donnera pas le ridicule de faire la moue. La vigueur de la voix est celle de la vitalité du personnage, la volubilité ébahit, et les mimiques qui accompagnent cet autoportrait ont la malice qui désarme et conquiert. L’air suivant « No puede ser » n’ a pas le brillant de celui de Rossini, mais ce n’est pas ce que cet extrait de la zarzuela  <em>La tabernera del puerto </em>requiert de l’interprète. Dans cette effusion douloureuse, le personnage exprime sa souffrance née du doute : la femme qu’il aime n’a pas pu le trahir, l’utiliser comme un pion dans une trame criminelle ! Il repousse cette idée, énumérant des arguments qui prouvent qu’elle est innocente dont il perçoit, au fond, la fragilité mais sans lesquels il ne pourrait vivre. L’air est propice à renchérir sur le pathétique, mais Michael Spyres nous en prive heureusement, et son chant vibre de l’ardeur des sentiments sans lui permettre de déborder, une sobriété qui respecte exactement l’élégance morale du personnage sans nous frustrer de l’étendue vocale de cet épanchement.</p>
<p>La qualité de la prononciation du français est très haute aussi dans les airs choisis par <strong>Sara Blanch, </strong>de la Juliette de Gounod à la jeune fille de Roberto Chapi en passant par la Lauretta de Puccini, dans la première partie du concert. On n’avait aucun doute sur les ressources vocales et techniques du beau soprano entendu pour la première fois à Bad Wildbad. Elle fait front et assure, tant les exigences de la tessiture que le contenu expressif, particulièrement touchant dans « O mio babbino caro » où la voix a un velouté nettement plus perceptible que dans la valse de Juliette, velouté qu’on savoure à nouveau dans la romance « Carceleras » extraite de la zarzuela comique <em>Las hijas del Zebedeo</em>, en français <em>Les filles de la guinguette</em>, chantée avec un mélange d’aplomb et de grâce des plus séduisants.</p>
<p>La première partie du concert se termine sur le duo Nemorino-Adina qui précède le trio avec Belcore. Il engendre l’euphorie du public, car la drôlerie de la situation et l’effervescence de la musique sont restitués par les mimiques et la vivacité vocale des chanteurs. Les voix se marient bien et cette séquence parait bien courte tant elle est agréable.</p>
<p>En deuxième partie du concert, le plan sera le même : du français avec deux extraits d’<em>Hamlet </em>d’ Ambroise Thomas, de l’ italien avec deux romances, et de l’espagnol avec une chanson et deux extraits de zarzuelas. Que font les chanteurs pendant les entractes ? La question se pose à nous parce que quand Michael Spyres attaque « O vin dissipe la tristesse » le charme immédiat qui nous avait saisi dans Offenbach n’opère pas ; rien n’altère sensiblement la qualité de l’émission mais pourquoi n’éprouve-t-on pas le même effet magique ? Ce n’est pas « Serenata » qui le renouvelle, cette chanson popularisée par Caruso nous semble réclamer surtout un étalage de puissance sonore, que Michael Spyres assure crânement. Le charme se reproduira pourtant avec le « tube » <em>Granada</em>, la chanson écrite par un Mexicain, comme si le timbre avait retrouvé alors son aura magnétique.</p>
<p>Quels échanges ont eu lieu pendant l’entracte ? Le piano de Giulio Zappa, au couvercle entièrement levé, déferlait parfois en vagues somptueuses menaçant d’engloutir la voix de Sara Blanch ; en deuxième partie l’intensité sonore de l’instrument est plus mesurée, il se fait moins protagoniste et davantage accompagnement et soutien. Y a-t-il un lien ? C’est une interprétation diaprée à l’impact émotif de plus en plus prégnant  que le soprano catalan nous distille de « A vos jeux mes amis », restituant la fragilité d’Ophélie, et accomplissant en même temps une pantomime à l’aide d’un bouquet de fleurs blanches qu’elle distribue çà et là avant de déchiqueter les dernières. Quand sa déambulation lui fait quitter le chœur pour la nef, la voix gagne aussitôt en puissance et en résonance, ce qui souligne éloquemment la difficile acoustique du lieu selon la place qu’on occupe. Et c’est victorieusement que Sara Blanch enchaîne les ascensions dans l’aigu qui font le succès de l’air.</p>
<p>Avec la romance « Musica proibita » elle retrouve une mélodie qui, comme celle de Lauretta, réclame le moelleux du timbre et de l’émission, et conquiert en douceur. Pour l’extrait de la zarzuela <em>El barbero de Sevilla</em>, un mélodrame sur fond de rivalités de cantatrices, elle arbore sa troisième tenue de la soirée – après deux robes blanches dont la première avait un bustier impressionnant projeté comme une proue – une robe à fleurs ornée d’un volant  pour l’air de la Primorosa, héroïne aussi gracieuse que coquette, à l’en croire, et à se laisser prendre à ses volutes vocales de séductrice.</p>
<p>Comme la première, la seconde partie se termine par un duo, extrait du drame <em>El gato montès. </em>Rafael se prépare à toréer et demande à Solea de l’aider à nouer sa cravate. Ils font assaut de compliments, lui loue sa beauté, elle exalte sa bonté, et leur exaltation ne cesse de croitre jusqu’à une fusion au paroxysme. La version originale implique une diction «  à l’andalouse » qui avale certaines voyelles et déforme certaines consonnes. Mais qui s’en soucie, quand l’ intensité croissante de l’ardeur entre les protagonistes et la sensualité de la danse esquissée par Sara Blanch, comme le prescrit le livret, ont fait des auditeurs des aficionados inconditionnels ?</p>
<p>Leur enthousiasme sera récompensé de trois bis, chacun soulevant à nouveau des vagues d’approbation et de remerciements : un « La donna è mobile » à laisser  béat, suivi d’un « Quando m’en vo » où l’autocélébration de Musetta est idéalement veinée d’incertitude, et le duo père-fille de <em>Rigoletto </em>« Addio, addio » dont l’ardeur emporte et donne l’estocade décisive ! Quand c&rsquo;est bon, c&rsquo;est toujours trop court !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Un partenariat inédit autour de Donizetti</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-partenariat-inedit-autour-de-donizetti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 06:38:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La saison 2025-26 marque le début d’un partenariat inédit entre Opera Rara et le Donizetti Opera Festival de Bergame. Sur trois ans et six concerts, près de 200 mélodies de Donizetti seront interprétées par de jeunes chanteurs issus du programme Bottega Donizetti, dirigé par le pianiste Giulio Zappa. Aux côtés du musicologue Roger Parker, Zappa &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison 2025-26 marque le début d’un partenariat inédit entre Opera Rara et le Donizetti Opera Festival de Bergame. Sur trois ans et six concerts, près de 200 mélodies de Donizetti seront interprétées par de jeunes chanteurs issus du programme Bottega Donizett<strong>i</strong>, dirigé par le pianiste <strong>Giulio Zappa</strong>. Aux côtés du musicologue Roger Parker, Zappa a conçu des programmes qui mêleront pages rares et œuvres nouvellement découvertes.</p>
<p>Dès les 16 et 30 novembre prochains, six artistes présenteront une sélection de romances et d’ensembles inédits, dont trois créations mondiales, dans le Ridotto Gavazzen<strong>i</strong> du Teatro Donizetti. Pour Riccardo Frizza, directeur artistique du Festival, cette collaboration illustre la volonté de renforcer l’internationalisation et de replacer Gaetano Donizetti au centre du répertoire.</p>
<p>Ce projet s’inscrit aussi dans une dynamique de transmission, les jeunes chanteurs bénéficiant d’une immersion au cœur du style belcantiste. L’événement s’ajoute à une saison riche pour Opera Rara, couronnée « Label de l’année » par Gramophone en 2024, et qui prépare également une <em>Rondine</em> de Puccini dans sa version définitive, au Barbican de Londres en décembre.</p>
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		<title>Récital Hasmik Torosyan &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-hasmik-torosyan-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 06:47:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hasmik Torosyan fait une entrée remarquée sur la scène du Teatro Rossini de Pesaro, parée d’une robe de satin écarlate rehaussée de sequins noirs. Et la surprise continue lorsque la chanteuse d’origine arménienne entonne les premières notes de « Oh quante volte », d’une voix plutôt charnue, inhabituelle dans le répertoire belcantiste. La soprano, peu connue en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Hasmik Torosyan</strong> fait une entrée remarquée sur la scène du Teatro Rossini de Pesaro, parée d’une robe de satin écarlate rehaussée de sequins noirs. Et la surprise continue lorsque la chanteuse d’origine arménienne entonne les premières notes de « Oh quante volte », d’une voix plutôt charnue, inhabituelle dans le répertoire belcantiste.<br />
La soprano, peu connue en France (elle a chanté une Clorinda de <em>La Cenerentola</em> au Théâtre des Champs Elysées en 2018), a mené jusque-là une carrière relativement discrète mais internationale, chantant des rôles variés, de la Reine de la nuit à Gilda en passant par quelques rôles rossiniens (Fiorella du <em>Turco in Italia</em> ou Amenaide de <em>Tancredi</em>, qu’elle interprétera à Rome en mai prochain, sous la direction de Michele Mariotti). Elle n’est d’ailleurs pas une totale inconnue à Pesaro, étant passée par l’Accademia Rossiniana en 2014, avant de revenir en Lisette de <em>La gazetta</em> en 2015.<br />
Le programme proposé cet après-midi est le reflet de cette versatilité, combinant bel canto romantique, mélodies françaises et, évidemment, Rossini.<br />
La variété du programme ne peut cependant cacher une certaine monotonie, qui sourd tout au long du concert.<br />
Chez Bellini (<em>I Capuleti</em> et <em>La somnambula</em>) ou Donizetti (<em>Maria Stuarda</em> et la mélodie<em> La bohémienne</em>, qui fait beaucoup penser à <em>Don Pasquale</em>), les notes sont là, ce qui est déjà impressionnant pour ce type de voix, bien éloigné du soprano léger.<br />
Pourtant, est-ce l’effet du stress, l’attitude de la chanteuse semble plutôt figée, un peu caricaturale, un bras replié et les mains comme des griffes. Cette dureté, bien éloignée des caractères d’Amina ou de Giulietta, se ressent également dans le chant, en force, en manque de souplesse. Surtout la chanteuse varie peu, colore rarement les mots, appliquant un style uniforme à tous les personnages et répertoires.<br />
On retrouve d’ailleurs parfois ce manque de <em>legato</em> dans l’accompagnement, par ailleurs attentif et expressif, de <strong>Giulio Zappa</strong>, en particulier dans les œuvres belcantistes, avec un jeu trop percussif à la main droite. Les <em>Trois Romances sans paroles</em> de Fauré sont en revanche très réussies.<br />
Les mélodies françaises et l’air de Leila sont, elles, malheureusement gâchés par un français totalement inintelligible.<br />
La carapace se fissure en bis avec deux chansons arméniennes qui font enfin ressortir une intériorité et une sincérité indéniables. Et l’on se demande au final si l’impression mitigée de ce concert ne provient pas notamment du choix de répertoire (ou est-ce simplement la libération de la fin de concert ?), car la valse de Musetta proposée en dernier rappel met en valeur les qualités indéniables de la soprano : pulpe nourrie du timbre, projection et là, enfin, une véritable interprétation.</p>
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		<title>Récital Lawrence Brownlee et Levy Sekgapane &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-lawrence-brownlee-et-levy-sekgapane-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Sep 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ça tient un peu du combat de coqs. Un jeune coq pétulant et un coq dans sa belle maturité, bien décidé à ne pas céder un pouce de sa basse-cour… Le spectateur compte les points, compare, se laisse emporter par le feu du jeune trentenaire, grisé de sa vaillance, et convaincre par la sagesse rayonnante &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ça tient un peu du combat de coqs. Un jeune coq pétulant et un coq dans sa belle maturité, bien décidé à ne pas céder un pouce de sa basse-cour… Le spectateur compte les points, compare, se laisse emporter par le feu du jeune trentenaire, grisé de sa vaillance, et convaincre par la sagesse rayonnante du jeune quinquagénaire, qui semble se détacher des acrobaties de naguère (mais il a de beaux restes !) pour aller vers quelque chose de plus profond, de plus grave (à tous les sens du mots). Et le spectateur s’amuse de cette rivalité, cachée derrière une bonne humeur si affichée qu’on en viendrait à la trouver fabriquée… Quoi qu’il en soit, ça pétarade !</p>
<p>Ils ont beaucoup de choses en commun, et d’abord cette voix de ténor léger, souple, agile, aux aigus généreux, aux contre-ut qui semblent faciles, et puis un répertoire qu’ils se partagent, Almaviva, Ramiro, tous les rôles illustrés dans un passé récent par les Luigi Alva, Rockwell Blake ou Juan Diego Flóres…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="723" height="499" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Browlee-et-Sekgapane-a-Gaveau.jpg" alt="" class="wp-image-141783"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Browlee et Sekgapane à Gaveau © D.R.</sup></figcaption></figure>


<p>Leur récital à deux est déjà bien rodé, il a été donné ici et là, à Gaveau, au Capitole de Toulouse. Quelques mélodies-friandises de Rossini, de Donizetti, Verdi, Bellini pour se chauffer la voix, musique de salon charmeuse, avant de passer à des airs et duos d’opéra où ils pourront rutiler à loisir.</p>
<h4><strong>Deux timbres très différents</strong></h4>
<p>Il ne faudra qu’une strophe de <em>La promessa</em> de Rossini pour que <strong>Levy Sekgapane</strong> trouve son altitude de croisière, un registre supérieur très clair, une projection insolente, mettant en valeur un timbre ensoleillé, des notes hautes éclatantes de santé, beaucoup de limpidité, un mini-vibrato charmant à l’occasion, comme dans <em>La lontananza</em>, tranquille barcarolle qu’il ponctuera d’un <em>si</em> de belle tenue, et c’est là aussi que culminera, avec autant de facilité, la romance <em>Le Sylvain</em> à laquelle il parviendra à donner un je ne sais quoi de dramatique, malgré un texte affligeant (de l’obscur Emilien Pacini). Surtout le dosage de la dynamique, l’homogénéité de la voix, et une ligne vocale toute en nuances transcenderont la paresseuse banalité de ce <em>Péché de vieillesse</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="522" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sekgapane-Don-Pasquale-Hamburg-22-1536x783-1-1024x522.jpg" alt="" class="wp-image-141789"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Levy Sekgapane dans Don Pasquale à Hambourg © D.R.</sup></figcaption></figure>


<p>Dès les premières notes de <strong>Lawrence Brownlee</strong>, on sera étonné de la différence de timbre entre les deux ténors, et des couleurs plus sombres, plus riches, acquises par le chanteur américain. La voix s’est arrondie, elle a perdu de sa légèreté pour acquérir une profondeur, une intensité expressive nouvelles. Dès « Il sospiro » de Donizetti, on entendra ce legato, ce soin de la ligne vocale, dont il ne se départira jamais au fil du récital. Plus léger, d’une insouciance à la napolitaine, « Me voglio fa’ ‘na casa », lui donnera l’occasion de notes hautes, moins insolemment faciles que celles de son partenaire, mais qu’importe, l’art du chant, un chant mûri, y suppléera à nouveau dans <em>L’amor funesto</em> où la maîtrise du souffle autorisera de longues phrases expressives, une expressivité très belcantiste s’appuyant sur un contrôle impeccable de la qualité sonore et d’un timbre désormais plus cuivré.</p>
<h4><strong>Un ténor di grazia devenu ténor lyrique ?</strong></h4>
<p>Un peu plus tard <em>La ricordanza</em> de Bellini, superbe mélodie qui reprend presque textuellement le «&nbsp;O rendetemi la speme&nbsp;» d’Elvira dans <em>I Puritani</em>, sera l’un des plus beaux moments de la soirée : on n’est plus là dans la musique de salon, c’est le grand lyrisme mélancolique du pur bel canto, et on se prend à penser que Brownlee est devenu un ténor lyrique, sûr de ses aigus toujours, mais jouant avec sensibilité d’un registre grave solide (qui à d’autres moments deviendra prétexte à un jeu avec Sekgapane, assorti de mimiques comme pour dire : «&nbsp;Moi, j’ai aussi ça !&nbsp;»)<br>Dans le registre de la comédie, Levy Sekgapane se sera, lui, offert un très joli numéro avec <em>Le spazzacamino</em> (Le ramoneur) de Verdi, d’une faconde espiègle irrésistible, avec roulements d’yeux et trilles insolents, jouant de l’escarpolette sur les notes hautes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5dd297d3c5a7ed0543639a86_Lawrence-Brownlee_Alessandro-Corbelli_THE-BARBER-OF-SEVILLE_Lyric-Opera-of-Chicago_LYR190925_484_c.Todd-Rosenberg-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-141796"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Brownlee en Almaviva du Barbier de Séville à Chicago © Todd Rosenberg</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Un Rossini sur mesure</strong></h4>
<p>Il faudra attendre la fin de la première partie pour entendre enfin les deux voix ensemble dans le duo «&nbsp;Donala a questo core&nbsp;» de <em>Ricciardo e Zoraide</em>. Rossini le composa sur mesure pour les deux ténors d’exception dont il disposait : Giovanni David, au timbre fin et argenté, et Andrea Nozzari, à la voix plus musclée, mais non moins agile, et au timbre plus grave (nous reprenons ici les mots de Christopher Park, qu’on pourrait appliquer respectivement à Sekgapane et Brownlee).<br>Moment spectaculaire avec des unissons virils à souhait et où Brownlee pourra, dans la section <em>Maestoso</em>, entre une kyrielle de notes hautes, des <em>la</em> à foison et des <em>si</em>, placer quatre ou cinq contre-<em>ut</em> (de poitrine bien sûr) qui évidemment soulèveront la salle, puisqu’ils sont faits pour ça.</p>
<h4><strong>Chemins escarpés</strong></h4>
<p>C’est à l’opéra que la deuxième partie sera consacrée. Et c’est avec beaucoup de bravoure, sinon beaucoup de sentiment que Levy Sekgapane entonnera l’air de Gennaro dans <em>Lucrezia Borgia</em>, « T’amo qual s’ama un angelo », plus soucieux de faire du beau son que d’interpréter le personnage et la situation. Mais pour ce qui est du beau son on sera servi… Des broderies légères sur la fin du récitatif, un aria extérieur mais brillant comme un feu d’artifice, tout cela un peu creux (selon nous), mais la voix est là ! La reprise sera ornée d’insolentes variations et avancera vers un contre-<em>ut</em> annoncé par un contre-<em>ré</em> bémol un peu strident.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="522" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Levy-Sekgapane-Cenerentola-Zurich-2023-1-1536x783-1-1024x522.jpg" alt="" class="wp-image-141788"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Levy Sekgapane et Cecila Bartoli à Zurich dans Cenerentola © D.R.</sub></figcaption></figure>


<p>On restera sur ces terres escarpées avec le spectaculaire «&nbsp;Seul sur la terre&nbsp;» extrait de <em>Dom Sebastien, roi de Portugal</em> de Donizetti, déploration de style soutenu, où Brownlee montrera là encore sa maitrise de longues phrases lyriques, mais il n’esquivera pas le contre-<em>ré</em> bémol et les trois contre-<em>ut</em> de cette page à hauts risques.<br>Particulièrement ravissant, l’air de Narciso «&nbsp;Tu seconda il mio disegno&nbsp;» du <em>Turco in Italia</em> mettra en valeur la lumière qui fait le charme de la voix de Levy Sekgapane. De belles vocalises très naturelles sur la partie adagio, un agitato particulièrement éclatant, avec notes piquées et coups de glotte comme en se jouant, puis dans la reprise des coloratures aériennes et jubilantes, jusqu’à un contre-<em>ut</em> final longuement tenu, tout cela avec beaucoup de chic et surtout ce timbre juvénile et clair très personnel.</p>
<h4><strong>Un lyrisme profond</strong></h4>
<p>L’air d’Almaviva, «&nbsp;Cessa di piu resistere&nbsp;», extrait du <em>Barbier de Séville</em>, pilier depuis toujours du répertoire de Lawrence Brownlee, montre bien l’évolution de sa voix. Le récitatif initial est d’une émouvante chaleur de timbre, et les vocalises sur «&nbsp;più non trionferà&nbsp;» sont à la fois fermes et charnues, et on ne peut qu’aimer sa manière de timbrer la mélodie, d’une pleine et riche matière sonore, qui amènera à une cabalette d’une agilité préservée, même si moins précise que naguère, tout cela faisant grand effet sur le public. Mais peut-on encore parler d’un ténor <em>di grazia</em> ? La clarté s’est estompée, remplacée par un lyrisme, une profondeur de timbre et d’incarnation, qui séduisent pour d’autres raisons, moins frivoles peut-être, moins insouciantes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="750" height="500" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lawrence-Brownlee-I-Puritano-Chicago.jpg" alt="" class="wp-image-141787"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Lawrence Brownlee dans I Puritani à Chicago © D.R.</sup></figcaption></figure>


<p>Les deux ténors ne cessent de se congratuler l’un l’autre, avec moult étreintes, <em>hugs</em> et serrements de mains, confraternité un peu surjouée, de même qu’avec le pianiste <strong>Giulio Zappa</strong>, qui s’accommode avec professionnalisme de transcriptions pour piano bien plates. L’un des chanteurs accentue son côté juvénile et sautillant, tandis que l’autre, dont la silhouette s’est arrondie, sort de sa manche des contre-<em>ut</em> percutants, comme pour dire «&nbsp;Je te passerai sans doute le flambeau le moment venu, mais pour l’heure il te faudra patienter…&nbsp;»</p>
<h4><strong>Marina Viotti en guest star</strong></h4>
<p>Pour le moment, on les entendra pétarader ensemble dans le duo «&nbsp;Ah, Vieni ! Nel tuo sangue&nbsp;» de l’<em>Otello</em> de Rossini, virevoltant et spectaculaire, démonstration quasi sportive (et vaguement fastidieuse) de notes trompétantes, idéale pour susciter des bis, ce qui ne manquera pas : un joli <em>Danny Boy</em> par Levy Sekgabane et un spiritual que Lawrence Brownlee ornera d’émouvants mélismes en voix de tête, qu’il dédiera à son fils lointain. « C’est ce que j’aurai chanté de plus haut ce soir », avait-il glissé en préambule, avant d’ajouter « et pourtant, j’ai eu hier la générale du <em>Barbier</em> et j’étais un peu fatigué… » &#8211; honnêtement, on n’avait rien constaté de tel…</p>
<p>Le cadeau-surprise de ce récital festif, ce fut l’arrivée en <em>guest star</em> de <strong>Marina Viotti</strong>, amie des deux artistes depuis qu’elle a chanté au Liceu de Barcelone le <em>Barbier de Séville</em> avec Levy Sekgabane et <em>Il Viaggio a Reims</em> avec Lawrence Brownlee. On les vit alors se lancer dans une version à trois du duo «&nbsp;Al barbaro rigore&nbsp;» du <em>Viaggio</em>, les deux ténors se partageant la partie de Libenskoff, une phrase à toi une phrase à moi, et Marina Viotti assurant avec autant de brio que de virtuosité celle de Melibea.</p>
<p>Public en liesse, bien sûr.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="680" height="322" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lawrence-Brownlee-et-Levu-Sekgapane-au-Capitole.jpg" alt="" class="wp-image-141786"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Lawrence Brownlee et Levy Sekgapane au Capitole de Toulouse, avec Giulio Zappa ©&nbsp;D.R.</sup></figcaption></figure>
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		<title>La Grande Canarie à Alfredo Kraus reconnaissante</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-grande-canarie-a-alfredo-kraus-reconnaissante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2022 14:41:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alfredo Kraus aurait eu 95 ans aujourd’hui, jeudi 24 novembre. Un concert dans l’auditorium qui porte son nom à Las Palmas de Gran Canaria – sa ville natale – marquera la date. Le ténor  mexicain Arturo Chacón Cruz, accompagné au piano par Giulio Zappa, interprètera des airs d&#8217;opéra et des romances de zarzuela extraites du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alfredo Kraus</strong> aurait eu 95 ans aujourd’hui, jeudi 24 novembre. Un concert dans l’auditorium qui porte son nom à Las Palmas de Gran Canaria – sa ville natale – marquera la date. Le ténor  mexicain <strong>Arturo Chacón Cruz</strong>, accompagné au piano par <strong>Giulio Zappa</strong>, interprètera des airs d&rsquo;opéra et des romances de zarzuela extraites du répertoire de son illustre aîné. Lors d’une cérémonie commémorative préalable, Rosa Kraus, la fille d’Alfredo, a rappelé que son père était très fier de ses origines canariennes et demandé que son héritage perdure puisque grâce à lui, la Grande Canarie n’est pas un petit morceau de terre perdu dans au milieu de l&rsquo;océan mais un véritable foyer de vie  culturel.</p>
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		<title>Ariettes à l&#039;ancienne (Melody Louledjan, Giulio Zappa)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ariettes-a-lancienne-melody-louledjan-giulio-zappa-a-tout-peche-misericorde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 May 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Révélés dans leur ampleur par la Fondation Rossini au tournant des années 1950 – quatorze volumes, plus de 150 pièces –, les Péchés de Vieillesse connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt. Pourquoi ? A vrai dire, on s’interroge. Leur variété. Leur facilité. Leur humour, souvent. Leur poésie, soit. Leur ambiguïté, admettons. De là à les placer en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Révélés dans leur ampleur par la Fondation Rossini au tournant des années 1950 – quatorze volumes, plus de 150 pièces –, les <em>Péchés de Vieillesse</em> connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt. Pourquoi ? A vrai dire, on s’interroge. Leur variété. Leur facilité. Leur humour, souvent. Leur poésie, soit. Leur ambiguïté, admettons. De là à les placer en orbite dans une « galaxie de musique » comme le suggère Roberta Pedrotti dans le livret d’accompagnement trilingue de ce nouvel album de <strong>Melody Louledjian</strong> et <strong>Giulio Zappa</strong>, il y a un fossé à franchir, ou pas. A tout péché, miséricorde, dit le proverbe.</p>
<p>Composées entre 1857 et 1868  par Rossini, ces pièces ne nous semblent pas avoir eu d’autres ambitions que de divertir les habitués de ses salons parisiens. Le programme en retient quinze, représentatives de la diversité du corpus, de la simplicité bucolique des ariettes sur les textes de Jean-Jacques Rousseau, à l’humeur potache de La Chanson du bébé – « Atchi ! Papa, maman, caca ». Est-ce assez pour nous convaincre de leur valeur musicale ? Pas forcément. Mais suffisamment distrayant pour que leur écoute procure un indiscutable bien-être musical. Que demander de plus ?  </p>
<p>Melody Louledjian place au service de ces partitions la pulpe d’un soprano lyrique et, de son propre aveu, le <em>rubato</em> nécessaire pour en traduire la fantaisie – par <em>rubato</em>, comprendre une certaine liberté rythmique destinée à donner « l’illusion d’une musique quasi-improvisée ». Au piano, Giulio Zappa explique rechercher, par une utilisation modérée de la pédale, un son plus proche de celui de Mendelssohn, Schubert ou Weber que de Schumann ou Liszt, « d’une théâtralité discrète, suggéré et jamais déclaré ». C’est dire que sous couvert de légèreté, cet enregistrement ne laisse rien au hasard.</p>
<p>La principale difficulté pour la chanteuse reste de concilier bel canto et diction – le français comprend 16 voyelles phonétiques, contre sept pour l’italien, rappelle Melody Louledjian. La recherche de rondeur et d’homogénéité s’exerce parfois au détriment du texte et de sa couleur, avec à la longue une inévitable impression de monotonie. C’est pourquoi certains labels préfèrent confier l’interprétation de ces mélodies à différents interprètes afin d’en varier le ton et les effets. A l’écoute de cet album, si scrupuleusement réalisé soit-il, il est difficile de ne pas leur donner raison.</p>
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		<item>
		<title>Melody Louledjian, deux albums sinon rien</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/melody-louledjian-deux-albums-sinon-rien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Mar 2022 05:50:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chants de l’Aube et du Soir, le dernier album de Melody Louledjian en mars 2021, vagabondait entre variété et musique classique sur des chemins balisés par des mélodies de Cyril Achard. La soprano française poursuit sa promenade mélodique avec deux albums à paraître dans les prochaines semaines. Sous le label Alpha, le premier la réunit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/chants-de-laube-et-du-soir-singulier-et-pluriel"><em>Chants de l’Aube et du Soir</em></a>, le dernier album de <strong>Melody Louledjian </strong>en mars 2021, vagabondait entre variété et musique classique sur des chemins balisés par des mélodies de Cyril Achard. La soprano française poursuit sa promenade mélodique avec deux albums à paraître dans les prochaines semaines. Sous le label Alpha, le premier la réunit à l&rsquo;Orchestre Philharmonique, la Maîtrise et le Chœur de Radio France dirigés par <strong>Mikko Franck</strong> dans un programme consacré à Debussy. Melody Louledjian interprète <em>La Damoiselle Elue</em> aux côtés d&rsquo;<strong>Emanuela Pascu</strong>. Le second, chez Klarthe Records, raconte son coup de foudre amical et musical avec le pianiste <strong>Giulio Zappa</strong>, sous forme de quinze mélodies de Rossini, choisies pour illustrer la rencontre de leur deux cultures. Les deux artistes offriront un avant-goût de ce programme au Bal Blomet, le mardi 15 mars à 20h (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.balblomet.fr/evenement/klarthe/">plus d’informations</a>).</p>
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		<title>Arcano, songs of Francesco Paolo Tosti</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/arcano-songs-of-francesco-paolo-tosti-impressionisme-tostien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 May 2021 04:01:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La musique de chambre n’est pas aussi ancrée en Italie en tant qu’expression vocale à part entière que peuvent l’être la mélodie en France et le Lied en Allemagne. Peu de compositeurs s’y sont dédiés, à l’exception de Puccini qui a écrit quelques belles pièces (auxquelles Plácido Domingo avait consacré un album chez Sony Classical &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La musique de chambre n’est pas aussi ancrée en Italie en tant qu’expression vocale à part entière que peuvent l’être la mélodie en France et le Lied en Allemagne. Peu de compositeurs s’y sont dédiés, à l’exception de Puccini qui a écrit quelques belles pièces (auxquelles Plácido Domingo avait consacré un album chez Sony Classical sous le titre <em>Unknown</em> <em>Puccini</em>) et bien sûr <strong>Francesco Paolo Tosti</strong>. C’est de la collaboration de ce dernier avec le poète Gabriele D’Annunzio, que sont nées ces romances <em>tipicamente italiane  </em>pour voix et piano qui ont traversé le temps et font désormais partie du patrimoine musical italien.</p>
<p>C’est ce répertoire que le baryton <strong>Franco Vassallo</strong> a choisi d’explorer à son tour dans ce disque intitulé Arcano, paru le 23 avril dernier, et qu’il définit comme « riche en suggestion profonde, humanité, inventivité mélodique ». Ces adjectifs résument l’univers musical et vocal de Tosti, imprégné d&rsquo;une sentimentalité bourgeoise qui se réfugie tant dans la nostalgie des jours passés que dans le frisson d&rsquo;une joie de vivre jaillissante. Après une carrière principalement consacrée à l&rsquo;opéra, du belcanto à Verdi, Franco Vassallo se lance à cœur vaillant dans Tosti, accompagné d’un musicien de grande valeur, <strong>Giulio Zappa</strong>, l&rsquo;un de ces pianistes accompagnateurs dont tous les chanteurs rêvent, capable de respirer avec la voix, de la suivre et de la soutenir avec une attention scrupuleuse. Autant dire que l&rsquo;auditeur n&rsquo;a plus qu’à se laisser porter dans un programme qui ne brille pas par son originalité et un tantinet longuet (près de 75 minutes), mais servi à merveille par deux artistes qui savent donner corps à tous ces soupirs dont est empreinte cette musique&#8230;</p>
<p>Le baryton milanais chante ici ces pièces comme s’il était sur une scène d’opéra et nous donne à entendre un théâtre musical, avec une certaine dramaturgie dans le verbe, bien plus que de la musique de salon tourné vers une certaine intériorité, une introspection en clair-obscur. L&rsquo;artiste fait davantage dans la démonstration vocale que dans la nuance de l’interprétation. Il faut toutefois lui reconnaître  un certain talent pour habiter les textes et insuffler beaucoup d’humanité chargée de passion par un instrument séduisant qui occupe l’espace et donne de l’épaisseur aux mots.</p>
<p>Le  piano alerte de Zappa sied à merveille cette voix de baryton riche et puissante. Dans une belle synergie, ils savent tous deux donner corps tant à la charmante ironie « Buon capo d’anno » que passer ensemble avec brio la ligne sournoise de « E morto Pulcinella ! ». Ici, curieusement, Vassalo sait insuffler plus justement les nuances qui font un tantinet défaut par ailleurs, dans une intonation plus mélancolique que pathétique. Dans les spirales émotionnelles de ces mélodies, chant et piano dialoguent, trouvant dans cette compréhension mutuelle, une synthèse parfaite à ce voyage d’une « profondeur exquisément humaniste », pour reprendre les paroles du chanteur.</p>
<p>L&rsquo;enregistrement est techniquement de belle facture, et le graphisme de la couverture conçue par Alessandra Privato donne un air impressionniste du <em>Déjeuner sur l’herbe</em> de Claude Monet à ce voyage Tostien, qui ravira ceux qui aiment ce répertoire, même s&rsquo;il n’apportera rien de neuf aux afficionados du genre, si ce n’est le plaisir d’un ensoleillement italien dans un printemps naissant.</p>
<p> </p>
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		<title>Récital de belcanto — Martina Franca</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-belcanto-martina-franca-un-soir-de-fete-a-martina-franca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Aug 2020 08:17:57 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/un-soir-de-fte-martina-franca/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Du belcanto, La traviata ? Et pourquoi pas Tosca ?»   A cette remarque sarcastique entendue après les bis généreux offerts par Xabier Anduaga et Jessica Pratt, le texte de présentation  de ce concert contenu dans le programme de salle répondait à l&#8217;avance. Son auteur, Giancarlo Landini, réputé critique italien, rappelle le rôle essentiel tenu par Rodolfo Celletti – et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Du belcanto, <em>La traviata </em>? Et pourquoi pas <em>Tosca </em>?»   A cette remarque sarcastique entendue après les bis généreux offerts par <strong>Xabier Anduaga</strong> et<strong> Jessica Pratt</strong>, le texte de présentation  de ce concert contenu dans le programme de salle répondait à l&rsquo;avance. Son auteur, <strong>Giancarlo Landini</strong>, réputé critique italien, rappelle le rôle essentiel tenu par <strong>Rodolfo Celletti</strong> – et donc par le festival de<strong> Martina Franca</strong> dont il fut le premier directeur – dans la renaissance du belcanto. Mais alors que pour ce dernier cet art du chant meurt avec les opéras de Rossini, quand le romantisme prétend rechercher une « vérité » dramatique, Landini soutient que le belcanto a perduré sur la plus grande partie du dix-neuvième siècle, même en se chargeant de « sensiblerie » (sic). Il incombe aux artistes à l&rsquo;affiche, un ténor et une soprano, d&rsquo;en faire la démonstration. Si elle est réussie, les spectateurs auront pu constater combien, par-delà les types de voix considérées, les difficultés techniques – trilles, roulades, notes piquées –  sont les vecteurs polyvalents de l&rsquo;expressivité. Ainsi, au-delà de la succession de pages devenues célèbres, ce concert est une occasion de méditer sur la notion même de belcanto.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/clarissalapollaphakk_7903_pratt_1.jpg?itok=ImhV2br3" title="Giulio Zappa et Jessica Pratt © clarissa lapolla" width="468" /><br />
	Giulio Zappa et Jessica Pratt © clarissa lapolla</p>
<p>La réaction citée en tête le montre, l&rsquo;habileté rhétorique de Giancarlo Landini n&rsquo;a pas forcément convaincu les intégristes, mais ils n&rsquo;ont pas terni l&rsquo;euphorie du public qui a fêté longuement les interprètes, en particulier <strong>Jessica Pratt</strong>, par ailleurs la Zerbinetta de la version italienne d&rsquo;<em>Ariadne auf Naxos,</em> à peine créée à Martina Franca. Nous ne décortiquerons pas les airs qu&rsquo;elle a chantés. En ce soir de résurrection, dans l&rsquo;espace de la cour dépouillée de sa tribune, où les chaises isolées semblent des pièces sur un échiquier géant, notre esprit est à la communion, non à l&rsquo;intransigeance. Cela ne nous rend pas sourd à quelque savonnage ou à quelques fugaces stridences, mais ce serait marchander petitement notre admiration à une prestation de très haute volée. La voix de la chanteuse, peut-être grâce au repos forcé des derniers mois, semble avoir recouvré pleinement la fraîcheur rayonnante de ses débuts, avec des aigus presque tous purs et lumineux. Cocasse et virtuose Olympia, dans un français très intelligible, Adina piquante mais nuancée, Comtesse Adèle ciselée à l&rsquo;humour irrésistible, Amina d&rsquo;abord pitoyable, puis triomphante, Elvira vibrante et passionnée, Jessica Pratt illustre magistralement la thèse de Landini : les interprètes actuels, aux caractéristiques vocales souvent très différentes de celles des créateurs, sont nos passeurs vers le labyrinthe du belcanto.</p>
<p>Son partenaire, <strong>Xabier Anduaga</strong>, ne démérite pas. Certes, la contrenote à peine effleurée dans le duo des <em>Puritani </em>ne le sert pas, alors qu&rsquo;il aurait pu la chanter comme à la création en voix de tête, mais peut-elle ruiner un « Cessa di più resistere » de qualité, un « Ah mes amis » émis avec vigueur et brillant, un Nemorino justement sensible et un Arturo aiguillonné par l&rsquo;urgence ? Assurément non. Simplement, et encore une fois le texte de Landini nous y invite, revenir aux origines des rôles permet de mieux apprécier l&rsquo;apport des interprètes contemporains au phénomène du belcanto.</p>
<p><strong>Giulio Zappa</strong> est  assez connu des amateurs pour que son nom soit un label de qualité pour une présence pianistique qui est un partenariat à part entière. Il confirme évidemment cette réputation et recueille lui aussi un très vif succès aux saluts. L&rsquo;insistance du public lui vaudra trois bis : la tarentelle de Rossini aussi brillante que possible par le ténor, l&rsquo;air de Violetta « Follie» avec en coulisse un Alfredo des plus sonores et enfin le Brindisi de <em>La traviata</em>.  La discussion reste ouverte : ces bis étaient-il pertinents compte tenu de l&rsquo;intitulé du concert ? Peu importait au public, dont la joie bruyante et communicative amenait les artistes rayonnants à renoncer à la distanciation. Ah mes amis, quel soir de fête ! </p>
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