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	<title>Enoch ZU GUTTENBERG - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Enoch ZU GUTTENBERG - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Cinq questions à Enoch zu Guttenberg</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2014 05:57:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2000, le chef d&#8217;orchestre bavarois Enoch zu Guttenberg est aussi le directeur artistique du Festival international d&#8217;Herrenchiemsee. Vous assumez les fonctions de directeur musical de ce festival depuis 2001. Pouvez-vous nous décrire le projet initial ? Le point de départ est un lieu exceptionnel, le château du roi Louis II dans une nature grandiose, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Depuis 2000, le chef d&rsquo;orchestre bavarois Enoch zu Guttenberg est aussi le directeur artistique du Festival international d&rsquo;Herrenchiemsee.</strong></p>
<hr />
<p><strong>Vous assumez les fonctions de directeur musical de ce festival depuis 2001. Pouvez-vous nous décrire le projet initial ?</strong></p>
<p>Le point de départ est un lieu exceptionnel, le château du roi Louis II dans une nature grandiose, un lac au pied des montagnes. Nous avons simplement cherché à réaliser une partie du rêve du roi, qui voulait, à l’image de ce que Louis XIV avait fait à Versailles, que son château serve d’écrin aux beaux arts, et principalement le premier d’entre eux, la musique. Nous nous sommes assez vite aperçus que ce lieu splendide représente surtout des contraintes logistiques lourdes : le bâtiment est entièrement classé, il n’y a pas d’infrastructure d’accueil sur l’île, le plus grand espace, la galerie des glaces ne peut asseoir plus de 600 personnes, etc… Il a fallu aussi trouver du financement, mais les responsables politiques ont assez vite adhéré au projet, et la Deutsche Bank a apporté son soutien. </p>
<p><strong>Quel avait été votre parcours avant d’accepter ces fonctions ? </strong></p>
<p>J’ai d’abord étudié la composition au conservatoire de Munich. Un jour, on m’a proposé au pied levé de diriger un chœur d’amateurs à Rosenberg dont le chef, qui était aussi pompier volontaire s’était blessé dans une intervention. C’est comme cela que je suis devenu chef de chœur ! Et il s’est avéré que ces amateurs étaient d’un excellent niveau car la pratique musicale est très répandue dans la région. Le chœur a été remarqué par Baumgartner qui l’a pris sous son aile, et c’est ainsi que l’aventure a commencé ! En 2000 j’ai rejoint l’orchestre KlangVerwaltung (littéralement gestion du son) dont le nom a été beaucoup moqué, ce qui a permis que tout le monde le retienne ! Cet orchestre, composé de membres d’autres phalanges prestigieuses comme les orchestres philharmoniques de Vienne, Berlin ou Munich, du Concertgebouw d’Amsterdam ou de chambristes renommés, a maintenant pris une existence indépendante du festival et fonctionne toute l’année, ce qui me réjouit beaucoup. Mon rôle de directeur musical ici à Herrenchiemsee se base donc sur cette double expérience de chef de chœur et de chef d’orchestre.</p>
<p><strong>A quel public vous adressez vous spécifiquement ? </strong></p>
<p>Nous n’avons que 600 places, ce n’est pas suffisant pour faire un grand événement populaire. Mais ce n’est pas une raison pour faire de l’élitisme social. Notre programmation s’adresse assez largement à tous les mélomanes ; on constate que le public est finalement assez international, sensible à la beauté des lieux. Nous pratiquons des prix identiques à ceux des grands concerts de saison à Munich, la ville la plus proche. Les musiciens font des efforts sur leur cachet, et nous offrent par exemple le concert de clôture. Nous aimerions, évidemment nous adresser à un public plus large, par le biais de retransmissions télévisées, mais les lieux ne s’y prêtent guère. Comment introduire dans la galerie des glaces des caméras de télévision, les éclairages qu’elles requièrent sans gêner le public sur place ? Nous nous contentons de quelques retransmissions radio. Nous faisons aussi des concerts dans le cadre plus intime de l’église, qui est particulièrement propice aux concerts de cantates de Bach ; ces concerts sont devenus une tradition à laquelle je tiens beaucoup.</p>
<p><strong>Comment choisissez vous votre répertoire ?</strong></p>
<p>Nous voulons rester un orchestre généraliste, ce qui n’est pas facile car cela va complètement à l’encontre de la tendance actuelle des musiciens de se spécialiser toujours davantage. Je revendique de faire le répertoire que j’aime, c’est entièrement subjectif. Je dois aussi tenir compte des contraintes de temps, les répétitions avec l’orchestre sont comptées, et de la composition de l’orchestre, qui comprend beaucoup de jeunes musiciens ; tout cela entraine que nous travaillons un répertoire limité, mais que nous faisons un travail en profondeur. Et à ceux qui objecteront que nous faisons peu de musique contemporaine, je répondrai, en effet, que je trouve qu’il y en a peu d’intéressante – j’ai moi même étudié la composition, je sais de quoi je parle – et que la musique écrite aujourd’hui est fort déconnectée du public, ce qui est une difficulté supplémentaire. Je laisse volontiers ce champ à d’autres, il n’est pas nécessaire de tout faire partout.</p>
<p><strong>Quelle place tient l’opéra dans tout cela ?</strong></p>
<p>Nous avons fait dans le passé des productions de concert d’opéras de Mozart qui ont rencontré beaucoup de succès. Nous montons cette année un<em> Fidelio</em>, et sans dévoiler trop la programmation, je peux vous dire qu’il y aura encore un opéra l’an prochain. Je ne pense pas qu’il serait très conforme à l’esprit de Louis II de monter ici un opéra de Verdi ou de Puccini ; c’est une toute autre esthétique. En revanche, je rêve depuis longtemps – mais sans avoir encore trouvé le moyen de réaliser ce rêve, de rendre ici un hommage à Wagner… Peut-être devrions nous envisager des représentations en plein air, mais la météo d’un lac de montagne est parfois capricieuse et imprévisible…</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Brandauer époustouflant à Herrenchiemsee</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/brandauer-epoustouflant-a-herrenchiemsee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2014 04:50:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les nombreux festivals de l’été bavarois, il en est un qui a retenu notre attention par la magie du lieu qu’il occupe : le château « copie de Versailles » que Louis II s’est fait construire sur une île d&#8217;Herrenchiemsee, lieu à la fois sublime et dérisoire, inachevé, asphyxié sous les ors, annonçant la tragédie d’un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les nombreux festivals de l’été bavarois, il en est un qui a retenu notre attention par la magie du lieu qu’il occupe : le château « copie de Versailles » que Louis II s’est fait construire sur une île d&rsquo;Herrenchiemsee, lieu à la fois sublime et dérisoire, inachevé, asphyxié sous les ors, annonçant la tragédie d’un monde sur sa fin, soucieux de mourir avec splendeur.</p>
<p>Au sein d’une programmation diversifiée mais quand même largement consacrée au grand répertoire, ce festival proposait jeudi dernier, après une septième de Beethoven un peu fade, <em>Le Songe d’une nuit d’été </em>de Mendelssohn, dans une version scénarisée par <strong>Klaus Maria Brandauer</strong>, un des plus célèbres comédiens allemands, véritable monstre sacré d’outre Rhin. Avec truculence, humour, énergie et virtuosité il nous raconte les tribulations de Puck, d’Oberon et de Titania, de sorte que la partition de Mendelssohn, indemne sinon tout à fait intacte se voit vite transformée en mélodrame, ce qui ne lui va pas si mal. Ce rappel du programme littéraire et des sources shakespeariennes donne en effet un relief bienvenu à l’oeuvre musicale qui ressort de l’aventure plutôt revigorée, plus théâtrale que jamais, certainement pas trahie même si elle se voit aussi considérablement allongée.</p>
<p>A côté de l’engagement scénique du comédien, dont la présence balaie tout sur son passage, les autres interprètes de la soirée paraissent un peu ternes. Même si les deux chanteuses, <strong>Sarah Frede</strong> et <strong>Susanne Bernhard</strong> assument très correctement leur partie, même si le choeur des femmes du Chorgemeinschaft Neubeuern s’épanche voluptueusement, même si l’orchestre KlangVerwaltung se fait léger et ductile sous la baguette d’<strong>Enoch zu Guttenberg</strong>, le comédien retient toute l’attention, attire tous les regards avec une maestria prodigieuse et remporte tous les suffrages du public.</p>
<p>Felix Mendhelsson : <em>Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;été</em>. Ouverture (op.21) et musique de scène (op.61) pour la comédie éponyme de Shakespeare dans une adaptation de August Wilhelm Schlegel.<br />
Adaptation du texte : Klaus Maria Brandauer. Créé dans sa version définitive le 14 octobre 1843 à Postdam.<br />
Susanne Bernhard (Soprano), Sarah Frede (Mezzo soprano), Klaus Maria Brandauer (Récitant). Frauenchor der Chorgemeinschaft Neubeuern. Orchester der KlangVerwaltung. Enoch zu Guttenberg (Direction musicale )<br />
Herrenchiemsee, jeudi 17 juillet  2014, 19h00<br />
 </p>
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		<title>VAN BEETHOVEN, Fidelio — Herrenchiemsee</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fidelio-herrenchiemsee-beaucoup-denergie-peu-de-couleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2014 05:12:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pièce de résistance de la programmation de l&#8217;édition 2014 du Festival d’Herrenchiemsee, cette production concertante de Fidélio ne manquait pas d’originalité. S’écartant volontairement de la version originale, le chef a résolu de supprimer tous les textes parlés et de les remplacer par le récit d’un comédien, incarnant Jean-Nicolas Brouilly, l’auteur du livret. Celui-ci nous raconte &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pièce de résistance de la programmation de l&rsquo;édition 2014 du Festival d’Herrenchiemsee, cette production concertante de <em>Fidélio</em> ne manquait pas d’originalité. S’écartant volontairement de la version originale, le chef a résolu de supprimer tous les textes parlés et de les remplacer par le récit d’un comédien, incarnant Jean-Nicolas Brouilly, l’auteur du livret. Celui-ci nous raconte l’histoire vraie d’Elisabeth Mercier s’introduisant, sous la terreur, au sein de la prison qui retient son mari enfermé, et réussit à le faire libérer des griffes d’un horrible geôlier, le scénario même qui a inspiré les rédacteurs du livret retenu par Beethoven. Cette version racontée, même si elle est peu orthodoxe, tient parfaitement la route et constitue – pourquoi pas – une alternative valable au livret original, dont les dialogues sont si souvent massacrés par des chanteurs peu familiers de la langue de Goethe. L’auteur de ce texte, <strong>Klaus Jörg Schönmetzler </strong>qui en est aussi le récitant, y met beaucoup de relief et de subtilité, suffisamment d’humour et de charme pour emporter une totale adhésion.</p>
<p>Hors ce rôle parlé, pas de mise en scène donc, les lieux ne s’y prêtent guère :  nous sommes dans la galerie des glaces du château que Louis II, roi de Bavière a fait construire en 1878, fidèle copie du corps central du château de Versailles, mais qu’il ne parvint jamais à achever. Pas de théâtre, donc pas de fosse, mais une galerie toute en longueur (98 mètres !), dégoulinant sous les ors et ouvrant sur un parc magnifique avec la tombée du jour pour décor. C’est donc sur la partie purement musicale que nous concentrerons notre propos.</p>
<p>La distribution réunit une équipe de bons chanteurs locaux, certes pas des vedettes internationales, mais d’honnêtes musiciens qui connaissent leur métier, ont le bagage technique nécessaire et assument leur rôle avec énergie et conviction. On remarquera surtout le Rocco de <strong>David Steffens</strong>, jeune baryton au timbre déjà riche, qui fait preuve d’une belle maturité malgré la verdeur de la voix. A ses côtés, la Léonore de Susanne Bernhard, voix un peu dure et monochrome mais aux aigus puissants, assume son rôle avec ardeur et engagement, mais ne suscite guère d’émotion. Jörg Dürmüller qui chante Florestan offre lui aussi plus de puissance que de réelle beauté vocale, mais en fin musicien il parvient à donner une belle consistance dramatique à son personnage qui, il est vrai, attire naturellement la sympathie. Impressionnant de vigueur et de puissance vocale, le Pizzaro de <strong>Jochen Kupfer</strong> s’impose naturellement. <strong>Sibylla Rubens</strong> chante Marcelline en minaudant un peu et est souvent couverte par l’orchestre, mais la voix est agréable. <strong>Daniel Johannsen</strong> accentue le caractère un peu ridicule du personnage de Jaquino, qu’il campe par ailleurs avec aisance. <strong>Falco Hunisch</strong>, dans le court rôle de Don Fernando qu’il a repris au pied levé, apporte ce qu’il y faut de majesté et d’autorité naturelle.</p>
<p>Moins convaincantes sont les performances de l’orchestre et de son chef : masquant un réel manque de couleurs par un volume très souvent excessif, des tempo rapides et une énergie un peu fébrile, <strong>Enoch zu Guttenberg</strong> présente une vision sans transparence de la musique de Beethoven, additionnant les voix, les lignes musicales les unes aux autres dans une grande surenchère sonore qui aboutit rapidement à la saturation. Les choeurs, fort nombreux et très enthousiastes renforcent encore ce sentiment. Si on ajoute à cela le fait que les solistes sont placés très à l’avant scène, hors du champs de vision du chef qui est d’ailleurs surtout concentré sur l’orchestre, on comprendra que le résultat final manque d’homogénéité sonore et surtout de cohérence dramatique. Les subtilités de la partition restent bien souvent cachées sous un volume sonore excessif. Le public, visiblement très enthousiaste, s’en satisfait néanmoins et applaudit généreusement l’ensemble de la performance.</p>
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		<title>Le festival de Herrenchiemsee, la possibilité d’une île</title>
		<link>https://www.forumopera.com/le-festival-de-herrenchiemsee-la-possibilite-dune-ile/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 05:37:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Herrenchiemsee désigne une île au sud de la Bavière sur laquelle le roi Louis II a édifié un château dans le style de Versailles. Depuis 2001, ce palais demeuré inachevé abrite en été un festival d’art lyrique qui, sans prétendre rivaliser avec ses colosses voisins – Salzbourg, Munich et Bayreuth – mérite qu’on s’y arrête. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>	<strong>Herrenchiemsee désigne une île au sud de la Bavière sur laquelle le roi Louis II a édifié un château dans le style de Versailles. Depuis 2001, ce palais demeuré inachevé abrite en été un festival d’art lyrique qui, sans prétendre rivaliser avec ses colosses voisins – Salzbourg, Munich et Bayreuth – mérite qu’on s’y arrête. Entretien avec son fondateur – et toujours directeur &#8211; Enoch zu Guttenberg. </strong></p>
<p>	<strong> </strong></p>
<p align="center">
	 </p>
<p>	Quand on demande à Enoch zu Guttenberg pourquoi il a voulu implanter une nouvelle manifestation lyrique dans une région qui déjà n’en manque pas, la réponse vient, immédiate : «  <em>Parce que nous disposons de deux sites exceptionnels qu’il serait regrettable de ne pas faire vivre en musique : le monastère de Frauenchiemsee et le Palais de Herrenchiemsee avec sa phénoménale galerie des glaces ». </em>Le premier est un couvent fondé par le duc de Bavière en 780, le second est un de ces rêves de pierre que Louis II essaima dans son royaume : une tentation de Versailles qui ne fut jamais achevée en raison de sa démesure. Avec une longueur de 98 mètres, la seule galerie des glaces dépasse de 25 mètres son royal modèle. La figure romantique de Louis II de Bavière habite en toute logique le festival de musique fondé il y a dix ans par Enoch Zu Guttenberg : « <em>Nous avons un devoir de mémoire vis-à-vis de ce “genius loci” ; nous essayons de l’accomplir au travers d’un concept élaboré de programme qui veut, avec les meilleurs artistes possible, honorer notre histoire et notre pays</em>. <em>Cette année d’ailleurs, le Festival célèbre le cent-vingt-cinquième anniversaire de la mort du Roi. Une exposition intitulée</em> Le Crépuscule des dieux <em>rappellera la vie et l’influence de ce monarque remarquable. Le propos de la manifestation n’est pas de servir la légende mais d’évoquer la figure singulière d’un souverain à la pointe des changements et des innovations de son temps</em> ». </p>
<p>	On pense qu’Enoch zu Guttenberg fait allusion ici à la passion de Louis II pour la musique de Richard Wagner mais c’est un autre exemple que le directeur de l’Herrenchiemsee Festspiele donne : « <em>Voyez l’architecture de ce palais : d’un côté vous avez une réplique légèrement plus grande du Château de Versailles et de l’autre un bâtiment avec le chauffage central et un toit de verre et d’acier qu’un système hydraulique permet de soulever. Autrement dit, les technologies du 20<sup>e</sup> siècle ont été utilisées avant l’heure pour réaliser les rêves du 17<sup>e</sup></em>. <em>C’est cette tension interne, cette divergence, que nous avons voulu exprimer à travers notre exposition et non pas l’image stéréotypée et réductrice d’un wagnerolâtre</em>. <em>N’attendez pas de nouvelles révélations sur Louis II même si son orientation sexuelle, sa santé mentale et sa mort continuent de faire l’objet de vaines spéculations. Nous voulons en revanche souligner les découvertes de ces vingt dernières années. Par exemple, les efforts du Roi pour la protection des monuments historiques ou l’importance de la Bavière et de son Souverain dans la création de l’Empire Germaniqu</em>e. <em>Celui que l’on considère comme un rêveur détaché des réalités était en réalité un travailleur minutieux qui a passé plus de temps qu&rsquo;aucun autre monarque de son époque, à son bureau à étudier des dossiers. L’étendue de ses connaissances était stupéfiante. Les citations qui émaillent sa correspondance nous en disent long sur la manière dont il exprimait sa pensée à travers la littérature, la musique et l’art. La méticulosité et la rationalité avec lesquelles il poursuivait ses projets de châteaux ne sont pas celles d’un caractère chimérique. C’est pourquoi Ludwig fascine et continue de fasciner.</em> ». </p>
<p>	 </p>
<p>	Polarisé par Louis II, l’entretien oublie son objet premier ; ce Festival d’Herrenchiemsee qui depuis 2001 mobilise toute les énergies. « <em>Difficile de dire combien de personnes travaillent ici. Il y a les chanteurs, les musiciens, les choristes… Mais il y a aussi le service administratif du Château, les organisateurs, la billetterie, la compagnie fluviale de Chiemsee</em> [NDLR : il faut emprunter un bateau pour traverser le lac et accéder au Château]. <em>Bien sûr, il y a le personnel permanent – cinq personnes au total – l’équipe technique autour de Heinz Baumgartner, le conseiller dramatique Jörg Schönmetzler, le conseiller artistique, Josef Kröner… Tous contribuent à faire de cet événement un succès.</em> ». Modeste, Enoch zu Guttenberg oublie de se nommer. Pourtant, quand il ne veille pas au bon déroulement des festivités, il occupe, à la tête de son Orchestra KlangVerwaltung, un tiers de la programmation. La manifestation cette année s’étale sur deux semaines, du 11 au 24 juillet : quatorze soirs qui font la part belle à la musique vocale dont trois représentations de <em>Die Zauberflöte</em> et deux de <em>Falstaff</em>, l’une et l’autre semi-scéniques. La configuration des lieux et le budget du festival n’autorisent pas plus de faste. « <em>Il faut environ un million d’euros chaque année pour qu’un projet de cette envergure puisse fonctionner. Avec une capacité maximale de moins de 600 places par soir, la vente des billets ne suffit pas à rassembler cette somme</em> (NDLR : le prix des billets varie entre 15 et 95€). <em>Nous sommes donc très reconnaissants à la Deutsche Bank d’être notre sponsor exclusif. Sans leur soutien, le festival n’existerait pas,</em> <em>d’autant que nous ne faisons pas appel au mécénat individuel</em>. <em>Nous en étions assez fiers les premières années. Maintenant que nous avons démontré que le festival pouvait fonctionner sans la générosité du public, il est très difficile de faire machine arrière. </em>». </p>
<p>	Un faux pas qui, à l’exemple des tentatives infructueuses d’organisation de concerts en plein air, a contribué à façonner le caractère de la manifestation. Tel est du moins l’avis d’Enoch zu Guttenberg : « <em>Si c’était à refaire, je ne pense pas que nous changerions quoi que ce soit. Nos quelques rares erreurs nous ont aidé à grandir</em> ».</p>
<p>	 </p>
<p>	<strong>Propos recueillis, traduits et réunis par Christophe Rizoud</strong></p>
<p>	 </p>
<p>	Plus d’informations sur le <a href="http://www.herrenchiemsee-festspiele.de/">http://www.herrenchiemsee-festspiele.de</a></p>
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