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	<title>Jean-Luc CARON - Auteur - Forum Opéra</title>
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	<title>Jean-Luc CARON - Auteur - Forum Opéra</title>
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		<title>Dimitri Chostakovitch</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Thuriféraires et détracteurs – quelles que soient les œillères idéologiques – s’accordent pour reconnaitre que Chostakovitch aura marqué durablement la musique du XXe siècle. L’avant-gardiste prometteur traversera la terreur stalinienne, annoncée dès 1933, et deviendra le jouet du tyran et de ses conseillers, Jdanov et Mikoyan à partir de 1936. Déclaré « ennemi du peuple », livré à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Thuriféraires et détracteurs – quelles que soient les œillères idéologiques – s’accordent pour reconnaitre que Chostakovitch aura marqué durablement la musique du XXe siècle. L’avant-gardiste prometteur traversera la terreur stalinienne, annoncée dès 1933, et deviendra le jouet du tyran et de ses conseillers, Jdanov et Mikoyan à partir de 1936. Déclaré « ennemi du peuple », livré à l’arbitraire des services répressifs, abandonné de la plupart des musiciens, sauf quelques courageux – tels Prokofiev, Kabalevsky et, plus tard, Mravinsky – il sera dépressif durant l’essentiel de sa vie. <em>Lady Macbeth</em>, honnie par Staline, aura fait une autre victime. Mravinsky, crée sa 5<sup>ème</sup> symphonie, Chostakovitch obtient le prix Staline pour son quintette avec piano en 1941, l’année suivante, sa 7<sup>ème</sup> symphonie « Leningrad » est un triomphe international… En 48, la persécution reprend, conduite par Khrennikov. Il perd son poste, son honneur (Maxime, son fils, est contraint de le désavouer), mais résiste, dans la mesure où il le peut. La mort de Staline, en 53, ne sera pas suivie d’une quelconque libéralisation, tant s’en faut, mais son œuvre conquiert progressivement le monde. Réhabilité en 1958, sous Khrouchtchev, il lui faudra encore attendre un an pour retrouver confiance en lui : son concerto pour violoncelle, créé par Rostropovitch sera le signe du renouveau. Sa production demeure intense et riche, mais sa santé se détériore et il disparaît en 1975.</p>
<p>La riche et inégale collection « Horizons », qui approche la centaine de titres, s’enrichit d’un volume original consacré à Dimitri Chostakovitch. <strong>Jean-Luc Caron</strong> s’était surtout intéressé jusqu’à présent aux musiciens scandinaves. Il élargit maintenant son horizon au « jouet de Staline », à propos duquel nous disposions déjà, en français, de plusieurs ouvrages (*). En quoi ce nouveau livre enrichit-il l’approche d’un des plus grands compositeurs soviétiques ?</p>
<p>D’une plume alerte, l&rsquo;auteur réalise une synthèse bienvenue, riche et claire, destinée au grand nombre des mélomanes conquis par tel quatuor ou telle symphonie, et désireux de mieux connaître l’homme et son œuvre. L’entreprise était risquée, tant est complexe la personnalité du compositeur, ballotté dans les pires circonstances imaginables, dans une Union soviétique dominée par un tyran et ses affidés, durant la plus monstrueuse guerre qu’ait connu son pays. Le compositeur dut se battre pour sa survie physique comme artistique, et composer avec l’adversité. Opportuniste par nécessité impérieuse, Chostakovitch nous laisse une œuvre abondante, où l’humour, la satire, le grotesque comme la gravité, la puissance et le lyrisme se conjuguent. Inégale, pour part alimentaire ou de survie, elle est pour l’essentiel sincère, puissante et habitée et originale. Après une introduction concise, l’auteur entreprend de retracer sa biographie, en relation étroite avec ses créations. Les œuvres essentielles sont présentées avec simplicité, de sorte que chacun des lecteurs puisse y accéder. Les notes marginales renvoient aux ouvrages signalés dans la bibliographie. Un tableau synoptique permet de mettre en parallèle la vie du compositeur, la vie musicale, artistique et littéraire ainsi que les autres événements majeurs. Deux index (noms et œuvres) complètent utilement le volume, en facilitant sa consultation. Quelques pistes discographiques sont esquissées. L’iconographie, souvent originale, n’est pas seulement décorative. Mais le curieux de l’œuvre vocale, considérable, restera sur sa faim : les conditions de l’écriture et de la diffusion sont citées, cependant, à la différence des œuvres instrumentales majeures, celles faisant appel à la voix sont simplement mentionnées (<em>Lady Macbeth de Mzensk</em>, <em>le Nez</em>, <em>Les Joueurs</em>, les chœurs patriotiques, la vingtaine de recueils de mélodies, sans oublier nombre de films). L’abondance de la production et le format réduit de l’ouvrage interdisent tout approfondissement, mais <em>Lady Macbeth de Mzensk</em> ne méritait-elle pas davantage qu’un titre parmi d’autres ?</p>
<p>(*) Michel-Rostislav Hofmann avait signé l’un des tout premiers ouvrages en français, en 1963, chez Seghers (<em style="color: rgb(102, 102, 102); font-size: 0.8em;">Musiciens de notre temps</em>) ; Solomon Volkov a publié, outre les « Mémoires » (Albin Michel, 1980), un ouvrage oublié de la bibliographie (<cite style="color: rgb(102, 102, 102); font-size: 0.8em;">Chostakovitch et Staline : L&rsquo;artiste et le tsar</cite>, Le Rocher, 2004) ; Bertrand Dermoncourt, chez Actes Sud, nous a offert son <em style="color: rgb(102, 102, 102); font-size: 0.8em;">Chostakovitch</em> en 2006 ; entretemps, Fayard nous offrait celui de Krzysztof Meyer, la référence. Le <em style="color: rgb(102, 102, 102); font-size: 0.8em;">Chostakovitch</em> de Martinov, diffusé par Moscou (Le Chêne), garde son intérêt comme rémoignage de la propagande stalinienne d&rsquo;alors (1946).</p>
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		<title>Camille Saint-Saëns</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/camille-saint-saens-saint-saens-100-ans-de-purgatoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2021 05:06:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le centenaire, en décembre prochain, de la mort de Camille Saint-Saëns, est l’occasion pour la riche collection de monographies consacrées à de nombreux compositeurs des éditions Bleu-Nuit, « Horizons », de rééditer celle que Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau ont consacrée au compositeur en 2014. Le premier est plutôt spécialiste des compositeurs nordiques – en particulier Nielsen &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le centenaire, en décembre prochain, de la mort de Camille Saint-Saëns, est l’occasion pour la riche collection de monographies consacrées à de nombreux compositeurs des éditions Bleu-Nuit, « Horizons », de rééditer celle que Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau ont consacrée au compositeur en 2014. Le premier est plutôt spécialiste des compositeurs nordiques – en particulier Nielsen et Sibelius – tandis que le second changeait alors de registre après avoir écrit pour cette même collection sur Rossini, Wagner et les compositeurs véristes.</p>
<p>Parmi les nombreux grands anniversaires de 2021, ce centenaire n’est pas celui qui passe le plus inaperçu dans le monde musical. Plusieurs opéras oubliés de Saint-Saëns ont été enregistrés ces dernières années et l’indispensable Fondation Palazzetto Bru Zane nous annonce une prochaine <em>Princesse jaune</em> captée à Toulouse ces jours-ci. Et son abondante œuvre lyrique n’est pas la seule à retrouver les chemins des studios ou des captations de concert. Ses mélodies, certaines de ses pages orchestrales ou religieuses sont également redécouvertes, tandis que restent au firmament ses plus grands chefs-d’œuvre, de <em>Samson et Dalila </em>à la <em>Symphonie pour orgue</em>, sans parler du <em>Carnaval des animaux</em>, pochade à moitié sérieuse dont il avait refusé qu’on la publiât de son vivant.</p>
<p>Le premier mérite de ce petit ouvrage est, par le portrait qu’il dresse, de proposer une explication à la double interrogation que constitue pour les uns l’étonnement devant ce regain d’intérêt pour celui qui était certes universellement considéré comme l’un des plus grands musiciens de son temps (pas seulement en tant que compositeur, d’ailleurs) mais d’un académisme jugé dépassé ; et pour les autres l’incompréhension qu’il ait fallu attendre si longtemps pour le reconnaître. L’ouvrage explique ainsi comment, sans renoncer à l’originalité ni à des formes revisitées, ce conservateur assumé et convaincu que « l’Art, c’est la forme » est non seulement passé à côté de la modernité incarnée en France par un Debussy qui ne l’aimait guère et de toute la génération qui suivra, de Ravel à Stravinsky ; mais qu’il l’a de surcroît condamnée, rabrouée, rabaissée avec une violence et un mépris qu’un Pierre Boulez, autre spécialiste de l’anathème, n’aurait pas reniés. </p>
<p>Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau dressent dès lors le portrait sans fard et parfois assez antipathique d’un artiste aux multiples talents, à la curiosité universelle, reconnu, célébré, mais toujours plus renfrogné et vivant dans l’incompréhension des évolutions du monde musical au tournant du siècle. Un portrait dont pointent les paradoxes : de plus en plus nationaliste après la défaite de 1870, il est à l’origine de la création de la Société nationale de musique, vouée à la défense d’œuvres françaises. Il militera même durant la Première guerre mondiale, au contraire de Ravel, pour l’interdiction pure et simple en France du répertoire germanique qu’il avait pourtant aimé profondément dans sa jeunesse et auquel il doit beaucoup de sa propre inspiration. <em>Samson et Dalila</em> avait d’ailleurs été créé d’abord à Weimar grâce au soutien indéfectible et bienveillant de son ami Liszt. </p>
<p>De même, ce patriote devenu chauvin était un globe-trotter, curieux du monde entier et qui voyageait encore jusqu’aux Etats-Unis à plus de 80 ans. Ce conservateur nationaliste était dreyfusard et hermétique à l’antisémitisme alors en vogue. Cet ancien croyant était peu à peu devenu profondément athée tout en  restant tolérant envers les religions. Cet homme public exposé et comblé d’honneurs a eu une vie privée complexe qui n’a pas été exempte de drames, de secrets et de frustrations. </p>
<p>Le second mérite de cette monographie est de nous plonger, souvent avec de riches détails, dans l’œuvre même de Saint-Saëns, selon une approche thématique et chronologique assez traditionnelle et caractéristique d’un ouvrage dont la vocation n’est pas l’exhaustivité. Lucides sur les joyaux comme sur les limites de ces partitions, les auteurs s’attardent ainsi sur certaines d’entre celles considérées comme importantes et se contentent de survoler le reste, mais sans le taire pour autant. On se remémore ainsi que Saint-Saëns a été le véritable importateur du poème symphonique de style lisztien en France ; qu’il a été dans son pays un grand symphoniste dans un genre négligé par ses collègues, mais aussi un pianiste et un organiste de très grand renom ; que ses mélodies ont eu une très grande influence sur la vie musicale de son pays, tout comme sa musique de chambre. Et surtout, les lyricomanes apprendront ou se souviendront qu&rsquo;il a écrit une grosse douzaine d&rsquo;opéras et pas seulement <em>Samson</em>.</p>
<p>Avec précision et objectivité, les auteurs donnent à voir tout ce que nous avons oublié de ce compositeur ; tout ce que nous en connaissons et tout ce que nous devrions redécouvrir. On pardonnera donc volontiers les maladresses et les redites que les choix induits par cette présentation, que l’on retrouve dans les autres opus de cette admirable collection, rendent plus ou moins inévitables. Notons enfin que la « discographie sélective » l’est peut-être un peu trop et mériterait d’être revisitée et complétée, ce qu&rsquo;aurait dû permettre une réédition, qui aurait pu aussi être une relecture.</p>
<p>Saint-Saëns peut-il enfin sortir de son purgatoire et être redécouvert pour ce qu’il est ? Le  conservatisme et le refus des langages nouveaux n’en fait pas un mauvais musicien pour autant. Laissons ainsi le dernier mots aux auteurs : « N’ayant à être frappé ni d’adulation ni d’exclusion, victime d’un siècle de malentendus, notre musicien retrouve aujourd’hui la place qui lui revient tout naturellement, celle d’un grand compositeur, français par hasard, classique par tempérament, universel par nature. »</p>
<p>De quoi sortir, peut-être, du purgatoire… Nul doute alors que ce petit ouvrage fort intéressant, mais aussi objectif, sera une pièce importante pour le dossier de la défense.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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