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	<title>Nicholas Lester FULLER - Auteur - Forum Opéra</title>
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	<title>Nicholas Lester FULLER - Auteur - Forum Opéra</title>
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		<title>Louis-Ferdinand Hérold and Romantic Opéra-Comique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<div>Le 15 décembre 1832, la première représentation du <em>Pré aux clercs</em> est un triomphe sans précédent et l&rsquo;œuvre atteindra sa 1000e représentation en 1871. C’est enfin le premier succès, immédiat et incontestable, de Ferdinand Hérold. Le public de l’Opéra-comique réclame à grands cris sa venue devant le rideau, mais le compositeur est trop malade pour venir saluer. Il meurt cinq semaines plus tard, le 19 janvier 1833, de la tuberculose qui le mine depuis de longues années. Il devait fêter ses 42 ans quelques jours plus tard, le 28 janvier. « Quelle malchance de mourir si jeune : je commençais seulement à comprendre quelle musique convenait au théâtre ».</div>
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<div>D&rsquo;origine alsacienne, Ferdinand Hérold était né dans une famille de musiciens. Dès l’âge de sept ans, il compose et joue du piano. Au Conservatoire de Paris, ses professeurs ont pour noms Louis Adam (père d&rsquo;Adolphe Adam), Charles Simon Catel, Rodolphe Kreutzer ou encore Étienne Nicolas Méhul. En 1810, il gagne le premier prix de piano, avec un morceau de sa composition, fait exceptionnel. Il est lauréat du Prix de Rome en 1812 et compose énormément en dépit d’une santé fragile. Dans le répertoire lyrique, il alterne quelques succès et pas mal d&rsquo;échecs. Après une première contrastée en 1831, <em>Zampa</em> devient toutefois progressivement un succès mondial. Puis viendra le triomphe du <em>Pré aux clercs</em>. Parallèlement, Hérold se consacre également au ballet, genre pour lequel il écrit une demi-douzaine de partitions dont on retiendra <em>La Somnambule</em>, dont l’intrigue a été reprise par Bellini, et la délicieuse et rafraichissante<em> Fille mal gardée</em> (adaptée toutefois de partitions existantes, notamment d’un ballet antérieur sur le même thème, mélangées à des pages de son crû). Ce ballet connaitra de multiples adaptations et inspirera plusieurs chorégraphes jusqu’à aujourd’hui.</div>
<div></div>
<div></div>
<div>Comme la musique d’Auber, celle d’Hérold est d’apparence enjouée, mais fondamentalement empreinte d’un je-ne-sais-quoi de tristesse nostalgique. Ses mélodies, raffinées, séduisent l’oreille sans jamais recourir à la facilité. Son orchestre est d’une complexité largement au dessus des standards de l’époque. On pourrait dire, même si cela peut avoir l&rsquo;apparence d&rsquo;un lieu commun, qu’il allie, dans une synthèse nouvelle pour son époque, la grâce française, la richesse germanique de l&rsquo;harmonie et l’énergie de l’opéra italien. Il servira ainsi de pont vers les compositeurs amenés à lui succéder. Dramatiquement, comme les compositeurs français de son temps, il privilégie d&rsquo;abord la mesure : son romantisme délicat n’a pas les débordements ultérieurs de Meyerbeer ou Berlioz (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/zapping/un-jour-une-creation-15-decembre-1832-jeune-comme-herold-1/">à qui on attribua longtemps le mea culpa de Jules Janin</a> : «  Certains critiques ont reproché à Berlioz d’avoir mal parlé d’Hérold et du <em>Pré aux Clercs</em>. Ce n’est pas Berlioz, c’est un autre, un jeune homme ignorant et qui ne doutait de rien en ce temps-là, qui, dans un feuilleton misérable, a maltraité le chef-d’œuvre d’Hérold. Il s’en repentira toute sa vie. Or cet ignorant s’appelait (j’en ai honte !) il faut bien en convenir… Monsieur, Jules Janin. »</div>
<div></div>
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<div>Après leurs sommes consacrées à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fromental-halevy-and-his-operas-halevy-dense/">Fromenthal Halévy</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/adolphe-adam-master-of-the-opera-comique-1824-1856/">Adolphe Adam</a>, <strong>Robert Ignatius Letellier</strong> et <strong>Nicholas Lester</strong> <strong>Fuller</strong> nous proposent ici une monographie  complète sur ce compositeur encore trop négligé, en particulier dans son propre pays : sous le passionnant mandat de Jérôme Deschamps, l’Opéra-comique consacrait une large partie de ses saison à la résurrection de ce répertoire, offrant ainsi <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dossier/le-retour-de-zampa-dans-sa-maison/"><em>Z</em></a><em>ampa</em> en 2008 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/dossiers/zampa_retour_sommaire.html">voir ici le dossier de notre confrère Yonel Buldrini</a>), puis <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-pre-aux-clercs-paris-opera-comique-tous-ranges-sous-le-preau/"><em>Le Pré aux clercs</em> en 2015</a> (avec Michael Spyres, excusez du peu). Cette heureuse époque est bien loin désormais, et on attendra avec impatience la publication du livre-CD de <em>Zampa</em> produit par le Palazzetto Bru Zane, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/herold-zampa-ou-la-fiancee-de-marbre-munich-prinzregententheater/">et enregistré sur le vif… à Munich</a> (une fois de plus, nul n’est prophète en son pays). Comme dans leurs monographies précédentes, les auteurs proposent une biographie du compositeur, une description détaillée de chacun de ses ouvrages lyriques et chorégraphiques : résumé, créateurs, commentaires intégrant les réactions de l’époque, historique des représentations, bibliographie… Letellier et Fuller semblent avoir méticuleusement récolté à peu près tout ce qui était disponible. L’ouvrage comporte également un épais cahier central en couleurs reproduisant gravures, photos de productions récentes, extraits de partition&#8230;</div>
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<div>Les lecteurs effrayés par un ouvrage britannique peuvent se rassurer : si la première partie est rédigée en anglais (dans un style par ailleurs limpide et accessible), la seconde comprend un cahier de notes de près de 300 pages où l’on retrouve, en français cette fois, les documents complets cités partiellement en anglais dans la première partie : de sorte que l’ouvrage comporte plus de mots français (en petits caractères !) qu’anglais. Un ouvrage indispensable à la connaissance de ce répertoire et de ce compositeur.</div>
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		<title>Adolphe Adam, Master of the Opéra-comique (1824-1856)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/adolphe-adam-master-of-the-opera-comique-1824-1856/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Aug 2023 10:31:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Adolphe Adam est aujourd’hui essentiellement connu comme le compositeur du Postillon de Lonjumeau et de Giselle. On peut toutefois entendre au disque, et plus rarement à la scène, Le Toréador (avec ses délicieuses et spectaculaires variations sur « Ah vous dirais-je maman »), Si j’étais roi (en extraits) ou Le Chalet (enregistré pour la première &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Adolphe Adam est aujourd’hui essentiellement connu comme le compositeur du <em>Postillon de Lonjumeau</em> et de <em>Giselle</em>. On peut toutefois entendre au disque, et plus rarement à la scène, <em>Le Toréador</em> (avec ses délicieuses et spectaculaires variations sur « Ah vous dirais-je maman »), <em>Si j’étais roi</em> (en extraits) ou <em>Le Chalet</em> (enregistré pour la première fois en quasi-intégrale en… 2016 !). Ce dernier ouvrage fut pourtant le premier succès du compositeur et même l’un des plus grands. Côté ballet, on pourra aussi apprécier à la scène <em>Le Corsaire</em>, mais généralement avec des ajouts de Delibes, Pugni ou Drigo. Richard Bonynge, Andrew Mongrelia et Dario Salvi ont également enregistré quelques-unes de ses compositions pour la danse. L’enregistrement de <em>Giselle</em> par Richard Bonynge restitue d’ailleurs la partition originale, sans les altérations ultérieures de Friedrich Bergmuller, Ludwig Minkus ou Boris Asafiev. Avec Adam, la musique de ballet, qui jusque-là n’était qu’un simple accompagnement taillé sur mesure pour des numéros prévus par le chorégraphe, devenait un élément dramatique essentiel, cohérent avec l’ensemble de l’ouvrage. Cette composition, qui nous semble classique aujourd’hui, revêt en fait une certaine modernité (l’ouvrage utilise d’ailleurs le leitmotiv). Saint-Saëns louait les qualités musicales de <em>Giselle</em>. Tchaïkovski en étudiait la partition avant de s’attaquer à la composition d’un ballet. Ces quelques titres sont à peu près tout ce que la postérité a retenu d’un auteur fécond, mort prématurément à l’âge de 52 ans. Adam ne fut pourtant rien moins que l’auteur de 44 ouvrages lyriques, d’un vaudeville (à l’époque, une pièce parlée comprenant quelques airs, initialement ancêtre de l’opéra-comique) et de 14 compositions pour le ballet, dont un opéra-ballet. Contrairement à ses contemporains Auber et Hérold, Adam produisit peu pour l’Opéra de Paris, avec seulement 3 ouvrages. Il est également l’auteur de 150 pièces pour piano et d’innombrables mélodies dont le fameux <em>Minuit chrétien</em> qui a le don de hérisser la mitre des évêques modernes (1).</p>
<p><strong>Robert Ignatius Letellier</strong> et <strong>Nicholas Lester Fuller</strong> nous proposent ici une monographie indispensable sur ce compositeur. Le premier volume est centré sur les compositions lyriques, le second sur celles pour le ballet. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fromental-halevy-and-his-operas-halevy-dense/">Comme pour leur travail précédent sur l’œuvre de Halévy</a>, les auteurs passent en revue l’ensemble des titres : conditions de la création, principaux personnages et créateurs, résumé, commentaire des auteurs, réception de l’ouvrage, historique des principales reprises, enregistrements, sources, critiques de l’époque ordonnancées par numéros, et d’abondantes notes. Ces dernières comprennent lesdites critiques dans leur intégralité. L’ouvrage est rédigé en anglais, mais la plupart des notes sont en français : comme la partie anglaise ne réclame pas une connaissance particulièrement pointue de la langue de Shakespeare, l&rsquo;ouvrage est tout à fait accessible à un public raisonnablement anglophone. Le premier volume comporte également une biographie rédigée par les auteurs, une autre… par Adam lui-même, sous la forme d’une lettre au Dr Véron (non destinée à la publication et rédigée un an avant sa mort). Rappelons que Louis-Désiré Véron fut, entre autres multiples activités, directeur de l’Opéra de Paris lors des premières créations de Meyerbeer. Enfin, une dernière biographie est cette fois due à la plume de Fromental Halévy à l’occasion d’une communication à l’Académie quelques années après la mort du compositeur. Les commentaires sur chacun des titres peuvent également comprendre des éléments venant compléter ces biographies. Enfin, l’ouvrage inclut un article d’Adam sur Donizetti, où l’auteur témoigne avec émotion des années parisiennes du compositeur bergamasque et de sa triste fin. Pour l’anecdote, signalons que le livret du <em>Chalet</em> inspira à Donizetti son opéra <em>Betly</em> (par un étonnant retournement, en 1853, Adam adaptera l’ouvrage de Donizetti pour l’Opéra). Chaque volume contient également une incroyable iconographie sous la forme d’un cahier central sur papier glacé d’environ 100 pages pour chacun des volumes. L&rsquo;ouvrage est d&rsquo;une remarquable exhaustivité, d&rsquo;une lecture agréable, précis sans être austère, facile à consulter pour y trouver des références. On louera les auteurs pour avoir contribué de manière essentiel à la réévaluation de la place de ce musicien, et du genre opéra-comique en général, l&rsquo;un et l&rsquo;autre injustement peu considérés aujourd&rsquo;hui.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-138362 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Adam-ballet-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300"></p>
<p>Si la postérité ne fut pas tendre avec Adam, la vie ne le fut pas vraiment et on compatit au récit de ce qui semble n’avoir jamais cessé d’être que des années de galères, en dépit des succès du compositeur. Adam nait à Paris dans une famille d’origine alsacienne. Son père, Jean-Louis Adam, compositeur, professeur de musique et pianiste virtuose, est considéré comme l’un des fondateurs de l’école française de piano. Il est l’auteur de deux ouvrages <em>Méthode, ou Principe général du doigté pour le forté-piano</em> et <em>Méthode du piano du Conservatoire</em>. L’enfant nait sous le premier empire et reçoit bien sûr des leçons de piano, celles-ci étant d’ailleurs dispensées par des maîtres extérieurs. Les affaires paternelles périclitent avec la chute de l’empereur. Toutefois, son père ne veut surtout pas que son fils se lance dans une carrière théâtrale. Le jeune Adolphe étudie la musique en cachette, au détriment de ses humanités. Au terme de celles-ci, le père, qui ne sait rien de l’école buissonnière filiale, accepte qu’il se présente comme auditeur libre au Conservatoire. Il y étudie l’orgue. Adam, qui se passionne pour cet instrument, fait des remplacements dans les paroisses. Il étudie le contrepoint auprès d’un professeur misérable, joue de l’orgue et du piano, improvise, réalise des transposition pour piano (celle de <em>La Dame blanche</em> par exemple) mais il a du mal à déchiffrer. Une place de professeur de théorie de la musique se libère à l’Institut, et il saisit l’opportunité : sans que personne ne s’en rende compte, il n’aura jamais que quelques leçons d’avance sur ses élèves et apprend en même temps qu’eux ! Son père, qui a fini par se rendre compte des manœuvres filiales, lui coupe les vivres, tout en continuant toutefois à l’héberger. Il va jusqu’à cesser de lui adresser la parole. Rien n’y fait. Adam est contaminé par le démon du théâtre. Toutefois, il n’a pas les moyens de s’offrir des places de spectacle. Au Gymnase, il accepte d’être dans la fosse pour jouer… du triangle : la place lui a été octroyée sous réserve de reverser son salaire à celui qui l’a mis à ce poste. Cela lui permet de découvrir le monde du théâtre lyrique sans payer un sou. Adam compose quelques mélodies qu’il vend quelques dizaines de francs aux théâtres de vaudeville. A la mort de son « protecteur », il est officiellement engagé comme percussionniste puis chef de chœur. Son professeur, Boïeldieu l’apprécie, quoique doutant de son avenir au théâtre, mais n’arrive pas à lui faire obtenir un premier prix de l’Institut. Il rencontre Scribe en Suisse. Celui-ci lui propose d’illustrer musicalement un livret de vaudeville. Créé le 14 mars 1826 au Gymnase, <em>L’Oncle d’Amérique</em> est un succès. Adam est tellement heureux qu’il refuse de se faire payer par Scribe pour sa contribution musicale. Scribe, qui n’est pas un ingrat, lui confie le livret d’un opéra-comique en un acte, <em>Le mal du pays, ou la batelière de Brientz</em>, créé en décembre 1827 au Gymnase. En février 1829, toujours sous la plume de Scribe, il crée sa première œuvre pour l&rsquo;Opéra-Comique de Paris, <em>Pierre et Catherine</em>. Sa crainte d’un échec est telle qu’il promet à Sarah Lescot, une choriste du vaudeville avec laquelle il est en ménage, de l’épouser en cas de succès. L’ouvrage connait 80 représentations&#8230; et il lui faut tenir sa promesse. Le mariage sera malheureux : Lescot ne semble l’avoir épousé que pour son nom, la famille Adam ne veut pas recevoir la jeune femme et une partie de ses relations refusent de fréquenter le couple. Au bout de quelques années, les époux se sépareront. Les premiers ouvrages d’Adam sont généralement bien accueillis et on ne peut ici les citer tous. Le 26 juillet 1830, il crée aux Nouveautés <em>The White Cat</em>, une sorte de pantomime à l&rsquo;anglaise. La révolution de 1830, dite des <em>Trois glorieuses</em>, se déclenche dès le lendemain et les théâtres ferment. Adam est amené à s’exiler en Grande-Bretagne ou son beau-frère, Pierre-François Laporte, ancien acteur du Vaudeville, est directeur du Royal Opera. Quoique ne parlant pas un mot d’anglais (malade, il trouve plus simple de converser en latin avec un pharmacien), Adam y compose deux opéras (<em>His first campaign</em> et <em>The Dark diamond</em>) aux succès modérés. Pour le King’s Theatre, il crée un ballet intitulé <em>Faust</em> (ce qui est quand même plus facile qu’un opéra dans une langue qu’on ne comprend pas). Adam revient définitivement en France. Il y connait son premier triomphe avec<em> Le Chalet</em> en 1834 (millième en 1873), puis son premier ballet pour l’Opéra de Paris, <em>La Fille du Danube</em> (septembre 1836), avec Marie Taglioni. Pour ce ballet, son écriture est plus personnelle, comme libérée plus tôt de la tutelle de Boïeldieu et de l’influence rossinienne. La première du <em>Postillon de Lonjumeau</em>, en octobre 1836, est un triomphe éclatant. Parallèlement, Marie Taglioni a accepté un engagement à Saint-Pétersbourg sous la condition expresse qu’Adolphe Adam compose pour elle un nouveau ballet. La ballerine assure la création locale de <em>La Fille du Danube</em>, puis celle de son nouvel ouvrage, <em>L&rsquo;écumeur de mer</em> (février 1840) qui connait un grand succès. Entre temps, Adam, que le climat rend très malade, revient vers Paris (il refuse même au tsar le poste de directeur musical dont le titulaire vient de mourir). Sur le chemin du retour, il compose pour Berlin son opéra-ballet <em>Die Hamadryaden</em>. Le souverain assiste à la générale. Sur le coup, l’accueil lui parait un peu froid mais une partie du public vient, aux flambeaux, en chanter quelques couplets le soir même sous ses fenêtres. Infatigable, Adam est également l’auteur d’une nouvelle orchestration pour la résurrection du <em>Richard Cœur-de-lion</em> de Grétry (reprise à l&rsquo;Opéra-comique de 1841). Il achève le<em> Lambert Simnel</em> (1843) de Louis Hippolyte Mompou, décédé à seulement 37 ans en 1841 (encore du travail pour le Palazetto Bru Zane). En 1844, Adam se fâche avec Alexandre Basset, le nouveau directeur de l&rsquo;Opéra-Comique. Qu’à cela ne tienne : il va s’offrir sa salle, pas seulement pour lui-même mais aussi pour accueillir les ouvrages d’autres compositeurs qu’il juge injustement négligés. <em>Gastibelza ou Le fou de Tolède</em> (1847), drame lyrique de Louis-Aimé Maillart, inaugurera le nouveau théâtre (de Maillart, on ne peut guère entendre aujourd’hui que l&rsquo;ouverture et quelques airs de son grand succès, <em>Les Dragons de Villars</em> (1856)). Adam s’est endetté lourdement pour racheter le bail du Cirque-Olympique, boulevard du Temple, qu’il renomme <em>Opéra-National</em>. Mais il est entouré d’associés peu fiables et supporte l’essentiel des coûts : quand une nouvelle révolution éclate, celle de 1848, Adam est rapidement ruiné et le théâtre devra fermer. Adam vend tous ses biens (droits d’auteurs, meubles, argenterie…) ou les confie au Mont-de-Piété. Il est tellement pauvre qu’il n’a plus d’argent pour régler l’enterrement de son père (une subvention du Conservatoire viendra l’aider). Il se lance dans une carrière de journaliste musical, obtient par l’intercession du nouveau président du conseil des ministres, le général Eugène Cavaignac la création d’une 4e place de composition au Conservatoire, et continue à produire pour le théâtre. Ecrit en 6 jours, <em>Le Toréador</em> (1849) est un nouveau succès. Les ouvrages se succèdent, notamment à l’Opéra-comique après le départ de Basset, mais les gains ne servent qu’à rembourser les dettes, Adam vivant avec 100 francs par mois (environ 300 euros actuels). En 1850, il perd son épouse dont il était séparé depuis 16 ans et se remarie l’année suivante avec Chérie Couraud avec qui il partageait sa vie, et qui l&rsquo;avait soutenu, y compris financièrement, pendant les moments difficiles. Il perd son fils de 20 ans et un enfant en bas âge conçu avec sa seconde épouse. Il lui reste une fille de son premier mariage. Il a de nouveau des signes de maladie, similaires à ceux qu’il avait ressenti en Russie : le travail effréné semble le sortir de ses affections. <em>Si j&rsquo;étais roi</em> (1852) est le dernier de ses grands succès qui soit quelque peu passé à la postérité. Pour cet ouvrage important qui inaugure sa nouvelle saison, le Théâtre-lyrique met en place deux distributions en alternance. Son dernier ouvrage, <em>Les pantins de Violette</em> est créé le 29 avril 1856 aux Bouffes-Parisiens, quatre jours avant sa mort. La veille de celle-ci, il avait tenu à être présent auprès de ses élèves afin de les encourager pour le concours du Conservatoire qui se tenait le lendemain. Adam meurt, exténué par le travail, ayant payé tous ses créanciers. Ses écrits ont été réunis posthumément sous les titres de <em>Souvenirs d’un musicien</em> et <em>Derniers souvenirs d’un musicien</em>.<br />
Né il y a tout juste 120 ans, le 24 juillet 1803, Adolphe Adam n’a fait l’objet d’aucune célébration officielle notable cette année.</p>
<pre>(1) En décembre 1990, Jessye Norman donna un concert de Noël à Notre-Dame, concert diffusé sur la place de la cathédrale et qui fut par la suite disponible en CD. Le clergé ne donna son autorisation à la mise à disposition de Notre-Dame qu’à la condition que <em>Minuit chrétien</em> soit retiré du programme.</pre>
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		<title>Fromental Halévy and his operas</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fromental-halevy-and-his-operas-halevy-dense/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jun 2021 04:02:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 17 mars 2022, nous commémorerons les 160 ans de la disparition de Fromental Halévy. Cet événement n&#8217;a pas particulièrement ému les responsables de théâtres français, puisqu’aucune insititution ne semble avoir prévu de programmer un opéra du compositeur la saison prochaine. Une fois de plus, se vérifie le vieil adage, Nul n’est prophète en son &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 17 mars 2022, nous commémorerons les 160 ans de la disparition de Fromental Halévy. Cet événement n&rsquo;a pas particulièrement ému les responsables de théâtres français, puisqu’aucune insititution ne semble avoir prévu de programmer un opéra du compositeur la saison prochaine. Une fois de plus, se vérifie le vieil adage, <em>Nul n’est prophète en son pays,</em> grâce à deux auteurs britanniques : l’ouvrage de <strong>Robert Letellier</strong> et <strong>Nicholas Lester Fuller </strong>vient en effet à point pour apporter un éclairage inédit sur l’œuvre et la carrière de ce musicien, compositeur oublié aujourd’hui tandis qu’il jouissait de l’estime unanime de ses pairs et collectionnait les succès de son vivant.</p>
<p>Halévy était vu par ses contemporains comme l’exemple même de l’école française, Meyerbeer représentant l’école allemande et Donizetti l’italienne (pour leurs ouvrages en français). Halévy était même considéré, avec Auber, comme le plus grand musicien français depuis Rameau, et qualifié de <em>Rubens de la musique</em>. Pourtant, Halévy avait son art en trop grande estime pour chercher à plaire (Auber non plus, mais il y arrivait naturellement grâce à son génie mélodique). Halévy était donc d’abord le musicien des musiciens. Wagner, qui arrangea une transcription pour piano de <em>La Reine de Chypre<sup>1</sup> </em>lui consacra deux longs articles (donnés in extenso dans les annexes) et déclarait apprécier son énergie passionnée et l’intensité de sa pensée. Contrairement à Meyerbeer, Halévy ne fut d’ailleurs jamais la cible de propos antisémites de la part du compositeur allemand. On peut sentir son influence, par exemple au début des <em>Meistersinger von Nürnberg</em> ou dans le motif des enclumes des Nibelung. Toujours à propos de <em>La Reine de Chypre,</em> Hector Berlioz écrivit : « La musique de M. Halévy n’est pas de celles qu’on puisse gouter et apprécier à sa valeur de prime-abord ; elle a des beautés intimes et complexes, sans que sa forme, cependant, manque de grandeur, ni son expression de spontanéité, qu’on admire et qu’on n&rsquo;aime qu’après un examen attentif ». De son côté, Gustav Mahler considérait <em>La Juive </em>comme « l’un des  plus grands opéras jamais créés » (remarquons au passage que ni Halévy ni Mahler ne se sont offusqué d&rsquo;un quelconque antisémitisme dans cet ouvrage). L’investissement intime de Fromental Halévy était total : il était régulièrement ému en composant, lorsqu’il mettait en musique des situations dramatiques qu’il ressentait profondément, et on l’a vu pleurer plusieurs fois dans ce type d’occasions. Cette inclination pouvait le mener à des sortes de dépressions, telles qu’il en connut pour<em> La Juive </em>et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/_xsHO6RmPL4?t=1104"><em>Charles VI</em>.</a> Le public en revanche n’appréciait pas toujours d’emblée ces beautés musicales et, même<em> La Juive</em> ne fut un succès qu’au bout d’un certain temps. On peut supposer que la magnificence de la production encouragea le public à y retourner pour le spectacle des yeux, les oreilles finissant par s’apprivoiser les fois suivantes. Toutefois, de nombreux airs de <em>La</em> <em>Juive</em> sont passés à la postérité et ont été préservés dès les débuts de l’enregistrement, sur cylindre ou 78 tours, preuve que l&rsquo;ouvrage avait fini par être fort apprécié pour sa musique. Outre le célébrissime air d’Eléazar (avec parfois sa cabalette), on peut entendre l’air de la Pâques Juive (« Dieu que ma voix tremblante »), la cavatine ou la <em>Malédiction</em> de Brogni, le brillant <em>Boléro</em> d’Eudoxie comme l’air de Rachel, « Il va venir », d’une émouvante simplicité, mais aussi des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/_2dx6bo_5LA">ouvrages moins connus</a>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/466px-fromental_elie_halevy00.jpg?itok=zzBzbq7b" width="364" /></p>
<p>Mais Halévy n’était pas l’homme d’un unique chef-d’œuvre. L’ouvrage de Letellier et Fuller passe en revue et dans le détail les 31 partitions écrites pour le théâtre par le compositeur (beaucoup d’ouvrages lyriques et quelques ballets, sans compter 4 cantates) : créateurs, synopsis, sources, commentaires généraux, analyse musicale, réception (chaque scène est passée en revue au crible des critiques de l’époque), créations locales, discographie (quand elle existe) et bibliographie. Chaque titre est suivi d’un impressionnant appareillage de notes, notamment les commentaires cités en anglais dans le cœur du chapitre et repris de manière intégrale et en français, ce qui rend la lecture aisée, même lorsque l’on ne possède pas complètement la langue de Shakespeare. On découvre un Halévy qui aura touché à des genres très divers : outre le grand opéra français, le ballet (avec peu de succès, ce qui se comprend : la musique savante n’étant pas nécessairement la plus indiquée pour cet art), l’opéra-comique ou l’opéra-bouffe. Rares sont les ouvrages remontés ces dernières années toutefois. <em>L’Eclair</em>, une comédie à quatre personnages, qui serait particulièrement facile à donner à Favart (je dis ça comme ça), fut écrite dans la foulée de<em> La Juive</em> et obtint un un succès&#8230; du tonnerre (on peut en trouver un enregistrement sur le vif en allemand). En 2008, l&rsquo;infatigable <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/dvd/clari-quand-bartoli-celebre-la-malibran">Cecilia Bartoli defendit <em>Clari </em>à Zurich</a>, mais contrairement aux habitudes de l&rsquo;époque, l&rsquo;ouvrage ne fut pas repris à Pleyel dans la foulée. La résurrection en 2012 du <em>Dilettante d’Avignon</em>, avec sa parodie de l’opéra italien et son final loufoque, reçut un excellent accueil (l’enregistrement commercial sur le vif préserve d&rsquo;ailleurs le bis pour lequel la salle applaudit en rythme). Recréés à Compiègne aux temps bénis de Pierre Jourdan, <em>Charles VI </em>et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/dvd/noe-jouissif"><em>Noé</em></a> (ouvrage tardif terminé par Bizet) furent également de grands succès. On peut certes oublier la représentation de <em>La Reine de Chypre</em> donnée au Théâtre des Champs-Elysées, concert maintenu malgré l&rsquo;absence d&rsquo;un ténor pour chanter l&rsquo;un des rôles principaux, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/la-reine-de-chypre-dubois-dont-on-fait-les-heros">mais son enregistrement par Palazzetto Bru Zane est très satisfaisant</a>. Les excellentes représentations du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/le-guitarrero-paris-ah-la-morgue-espagnole"><em>Guitarrero</em></a> sont malheureusement passées inaperçues, faute de promotion. Tout cela donne envie d’entendre les ouvrages les plus estimées à leur création, tels que <em>Les Mousquetaires de la Reine,</em> par exemple. Chanter ces ouvrages n&rsquo;est toutefois pas à la portée de n&rsquo;importe qui.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="877" src="https://www.youtube.com/embed/MIrVkLSfxys" title="YouTube video player" width="1280"></iframe></p>
<p>L’ouvrage de Letellier et Fuller retrace bien entendu la vie de Halévy, republie plusieurs monographies contemporaines (Fétis, Sainte-Beuve&#8230;), et offre également un passionnant choix de lettres (une centaine) qui permettent de nous pénétrer du climat musical de l&rsquo;époque au travers des relations du compositeurs avec ses contemporains : collègues, librettistes, critiques, chanteurs, directeurs, famille&#8230; Un chapitre est consacré aux innovations orchestrales introduites par le compositeur, à l’époque considérées comme du même niveau que celles de Meyerbeer et Berlioz, et notamment son intérêt pour des instruments rares (les cors de basset qui introduisent l’air d’Eléazar, souvent remplacés par des cors anglais, le mellophone utilisé dans <em>La Reine de</em> <em>Chypre</em>&#8230;). Cette somme en deux volumes, totalisant plus de mille pages de texte, contient également de nombreuses annexes : l’intégralité des deux articles de Richard Wagner mentionnés plus haut, une analyse du contexte théologique de <em>La Juive, </em>une bibliographie où Forum Opéra et l’auteur de ces lignes sont fugitivement mentionnés (c&rsquo;est dire sa qualité !). Cerise sur le gâteau, ou plutôt <em>icing on the cake</em>, l&rsquo;éditeur propose une riche iconographie avec de magnifiques cahiers centraux en couleurs et sur papier glacé, de plus de 150 pages supplémentaires chacun, au milieu des deux volumes (les iconographies des autres ouvrages du même auteur dans cette collection étaient jusqu&rsquo;à présent en noir et blanc) : tableaux, photos, extraits de partitions, dessins de costumes, maquettes de décors, vignettes publicitaires&#8230; On y trouve également un splendide portrait d&rsquo;Halévy qui appartient aux collections du Musée de la Musique&#8230; mais qui n&rsquo;y est pas exposé. Enfin, en dépit de son érudition, l’ouvrage se lit facilement tant son style est clair et agréable.</p>
<p>Ces deux volumes remarquables constituent à l&rsquo;évidence la référence absolue pour la redécouverte de Fromental Halévy, et permettent de compléter le panorama de la scène lyrique française commencé avec les précédents volumes consacrés à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/robert-letellier-il-faut-redecouvrir-la-modernite-de-meyerbeer">Meyerbeer</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/auber-le-grand-oublie">Auber</a> : une belle manière de renouveler l’Entente cordiale, en attendant un futur où ces ouvrages retrouveront les scènes.</p>
<p>1. Le livret de <em>La Reine de Chypre</em> a été repris par Donizetti pour sa <em>Caterina Cornaro</em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ailleurs d&rsquo;un épisode historique.<br />
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