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	<title>Christophe GHRISTI - Auteur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Christophe GHRISTI - Auteur - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Les Tragédiennes de l&#039;Opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-divas-dans-toute-leur-splendeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Sep 2011 13:59:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voici Marthe Chenal enveloppée dans le drapeau français, qui chante la Marseillaise sur les marches du Palais Garnier en 1918, le soir de l’Armistice. Sa beauté contribua tout autant que sa voix à sa célébrité. Sur la page en regard, sa Floria Tosca plus années folles qu’Empire, est couronnée, royale, d’un chapeau-cloche que surmontent deux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Voici Marthe Chenal enveloppée dans le drapeau français, qui chante la Marseillaise sur les marches du Palais Garnier en 1918, le soir de l’Armistice. Sa beauté contribua tout autant que sa voix à sa célébrité. Sur la page en regard, sa Floria Tosca plus années folles qu’Empire, est couronnée, royale, d’un chapeau-cloche que surmontent deux plumes comme deux ailes de papillon. En Mlle Lange dans <em>La fille de Madame Angot</em>, elle exhibe un décolleté d’albâtre où l’on devine sous l’étoffe du corsage la pointe du sein. Anna Netrebko n’a rien inventé (cf. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2662&amp;cntnt01returnid=34">la brève du 10 juin dernier</a>). La voyant monter sur le bucher dans <em>La Sorcière Zoraya</em>, un opéra de Camille Erlanger, le compositeur Charles Koechlin aurait plaisanté : « A songer que l’inquisition a commis le crime affreux de brûler des sorcières aussi belles que Marthe Chenal, on n’est pas fier de l’humanité ».</p>
<p> </p>
<p>Voici, tout aussi séduisante, Lina Cavalieri que l’on disait « la plus belle femme du monde », coquette en Nedda le doigt sur une bouche en cœur, souveraine puis sainte en Thais qu’elle refusa de chanter parée de ses célèbres bijoux, ne voulant éblouir le public parisien que par les seuls artifices d’une voix que l’on suppose brillante (elle comptait aussi à son répertoire Gilda et Manon). Elle épousa un milliardaire puis un ténor, ouvrit un salon de beauté après avoir mis fin à sa carrière en 1922 et périt auprès de son quatrième mari en essayant de sauver ses fameux bijoux durant le bombardement de Florence en 1944.</p>
<p> </p>
<p>Voici sa rivale, Mary Garden, dont la courte carrière à l’Opéra serait due à sa liaison malheureuse avec André Messager. Plus d’un demi-siècle avant Marylin, sa robe dans <em>Aphrodite</em> d’Erlanger semble avoir été cousue sur elle. En Salomé de Strauss, elle garde la poitrine fière même si la taille s’est épaissie. La postérité a d’abord retenu une Mélisande – dont elle assura la création – au teint de porcelaine. Qui croirait en la voyant ainsi colorisée, modeste et délicate, qu’elle dirigea d’une main de fer l’Opéra de Chicago et fit ses adieux à la scène en interprétant Carmen (ce qui vocalement n’était pas forcément une bonne idée) ?</p>
<p> </p>
<p>Voici, sur deux pages, couchée à terre, suppliante et prophétesse, le bras tendu, les yeux fermés, le buste dressé dans un dernier élan, Lucy Arbell la dernière égérie de Massenet, et sans doute son dernier amour, interprétant en 1912 le rôle de Posthumia dans <em>Roma</em>. Par testament, l’auteur de <em>Manon</em> lui avait réservé les rôles de Cléopâtre et d’Amadis. Son épouse, jalouse, en décida autrement. A défaut, elle créa la Colombe de <em>Panurge</em> et triompha dans <em>Werther</em> sur la scène de l’Opéra-Comique.</p>
<p> </p>
<p>Voici en long en large et en travers Lucienne Bréval qui savait prendre la pose comme un mannequin et dont la carrière embrassa les rôles les plus héroïques du répertoire, à commencer par Brünnhilde qu’elle n’hésita pas à brandir sur scène dès l’âge de 24 ans.</p>
<p> </p>
<p>Voici, droite et massive, Ketty Lapeyrette qui fut le mezzo-soprano principal de l’Opéra de Paris durant plus de 30 ans.</p>
<p> </p>
<p>Voici, plus connue, Emma Calvé, dont le nom reste indissociablement lié au rôle de Carmen.</p>
<p> </p>
<p>Voici Sybil Sanderson, la reine du contre-sol.</p>
<p> </p>
<p>Voici Gabrielle Krauss, Marie Delna, Hélène Bouvier, Agnès Borgo et d’autres encore.</p>
<p> </p>
<p>Voici ces cantatrices qui hantèrent et enchantèrent le Palais Garnier, de l’inauguration du bâtiment en 1875 à la réorganisation des théâtres lyriques nationaux en 1939.</p>
<p> </p>
<p>Voici celles qu’aujourd’hui on appelle les tragédiennes de l’opéra, drapées de triomphes et de scandales, ornées de pierres précieuses et d’anecdotes, réunies par Albin Michel en un seul volume qui est bien plus que le catalogue d’une exposition temporaire*, bien davantage qu’une galerie de portraits, plaisamment documentés, richement illustrés et intelligemment préfacés. Non pas un dictionnaire, fût-il amoureux ; non pas un ouvrage littéraire ou musicologique mais le témoignage d’une époque révolue où les chanteuses d’opéra n’avaient pas encore été supplantées dans le coeur du public par les stars de cinéma et les vedettes de télévision. Les derniers rayons d’un âge d’or ; l’inestimable lumière des étoiles mortes.</p>
<p> </p>
<p><strong>Christophe Rizoud</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>* </strong>Exposition « Les Tragédiennes de l’Opéra (1875-1939) » au Palais Garnier du 7 juin au 25 septembre 2011. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/Saison_2010_2011/Convergences/Expositions/Exposition_Divas_de_l_Opera.php?lang=fr">Plus d’informations</a></p>
<p> </p>
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		<title>Hommage à Régine Crespin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/deux-en-une/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Jun 2010 16:17:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les feux du purgatoire n’auront pas consumé longtemps Régine Crespin. Moins de trois ans après sa disparition (le 5 juillet 2007), l’Opéra de Paris et la BNF unissent leurs archives pour lui rendre hommage sous forme d’une exposition, à découvrir au Palais Garnier du 19 juin au 30 septembre 2010. Hubert Nyssen, fondateur d’Actes Sud, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Les feux du purgatoire n’auront pas consumé longtemps Régine Crespin. Moins de trois ans après sa disparition (le 5 juillet 2007), l’Opéra de Paris et la BNF unissent leurs archives pour lui rendre hommage sous forme d’une exposition, à découvrir au Palais Garnier du 19 juin au 30 septembre 2010. Hubert Nyssen, fondateur d’Actes Sud, ne pouvait laisser passer cette occasion d’associer une nouvelle fois sa maison d’édition à celle dont il est un grand admirateur, de la voix comme de la personnalité1. C’est donc sous le label arlésien que parait le catalogue de l’exposition. Livre plutôt que catalogue d’ailleurs par son format à la française et sa couverture cartonnée. Et objet d’art plutôt que livre quand on découvre en le feuilletant la place qu’occupent les photographies par rapport au texte. Ce dernier se résume en effet à une courte préface dans laquelle Hubert Nyssen fait la part de Régine et de Crespin, suivie d’un article d’André Tubeuf qui joue aussi sur la dualité entre la femme et l’artiste avant de retracer dans les grandes lignes le parcours de la chanteuse. Moins de dix pages en tout. Du bon Tubeuf cependant, inspiré comme toujours, non pas embrouillé comme parfois, qui donne à entendre quelques fragments d’une voix unique. Des notes – ce fameux <em>la</em> bémol « exquisément flotté » – une chair, une force, une âme et un cœur, Régine et Crespin à la fois. Les crédits photographiques et une chronologie détaillée de sa carrière, de 1949 à 1990, recomposée par Inès Piovesan, constituent en fin de volume l’unique documentation. Pourquoi tant de laconisme ? Peut-être pour ne pas faire double emploi avec <em>A la scène, à la ville</em> qui proposait déjà en annexe une discographie ainsi que la liste exhaustive des rôles d’opéras chantés, des compositeurs abordés, des récompenses reçues, des villes, des théâtres et des festivals fréquentés.</p>
<p> </p>
<p>Priorité à l’image donc selon un découpage qui hésite entre chronologie et thématique : Enfance, adolescence et débuts ; La wagnérienne ; Ambassadrice du chant français ; Grands rôles, grands personnages ; Scènes du monde ; Portraits ; Dernières apparitions. Sept chapitres qui rassemblent près de cent-vingt photos essentiellement en noir et blanc. Seules trois ou quatre osent la couleur, une Carmen brune, une Santuzza blonde – la dualité toujours ! – et, hors scène, un portrait sur fond de mer bleue, en vacances à Majorque, les traits reposés, les yeux mi-clos et un sourire de Joconde qui donnent au visage un air d’éternité. Ainsi quelques instantanés dévoilent la femme derrière la diva, Régine derrière Crespin, selon la rhétorique chère aux auteurs.</p>
<p>Régine enfant, la silhouette longue mais l’ovale du menton déjà dessiné, l’adolescente au sourire hésitant ou la jeune fille du Midi, la pose effrontée, les cheveux sauvages. Régine encore, plus tard, méconnaissable en robe noire, très Danielle Darrieux dans <em>Madame de.</em> Régine surprise en ménagère au pied du four, Régine pensive, cadrée de près, sous un chapeau blanc.</p>
<p>Et face à Régine : Crespin, encore plus nombreuse. Crespin la sainte : Elisabeth de <em>Tannhäuser</em> votive et couronnée ; madame Lidoine également enturbannée pour la création française des <em>Dialogues des Carmélites</em>. Crespin la vierge, que la jeunesse des traits teinte d’une pureté troublante : Helmwige, une des Walkyries à Paris en 1951 ; Marguerite de <em>Faust </em>aux lourdes paupières dont on imagine, à la regarder, la douceur songeuse de son « Roi de Thulé » ; Elsa à Mulhouse en 1950, deux nappes blondes sur le corsage comme deux ruisseaux de larmes. Desdemona à la même époque affirme déjà dans la moue une sensualité qui annonce Carmen et préfigure cette Giulietta des <em>Contes d’Hoffmann</em> que Paris hua et qui derrière un éventail de dentelles abrite un décolleté trop sage pour être honnête. Crespin l’aguicheuse, Crespin la charmeuse et puis évidemment, Crespin la tragédienne : défigurée par la peur en Comtesse de <em>La Dame de Pique ;</em> première prieure terrifiante et terrifiée ; Didon possédée, les mains tendues vers Enée déjà disparu ; Iphigénie pétrifiée ; Kundry hébétée ou illuminée ; Gioconda dont le regard cerclé de noir suggère le geste irréparable. Crespin royale en Fedra à Milan en 1959 ; en Maréchale poudrée, une mouche noire sur le méplat ; et, d’une certaine manière, en Grande Duchesse à Bobino en 1974. Crespin surprenante en Marina dans Boris Godounov, redevenue <em>Madame de</em>, un bouquet de plumes blanches à la main. Crespin en répétition avec Wieland Wagner, en concert à l&rsquo;ORTF ou chez elle avenue Frochot, enseignant le chant à un jeune Philippe Rouillon. Crespin la lionne, bien entendu, qui rugit sa colère dans la célèbre <em>Tosca</em> photographiée en 1960 à Monte-Carlo. Et tant d’autres Crespin encore. Jusqu’à ce portrait magnifique, page 115, choisi aussi pour la couverture – ce n’est pas un hasard – qui donne à contempler Régine et Crespin en un seul visage. Réconciliées. Eternelle.</p>
<p> </p>
<p> <strong>Christophe Rizoud</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>1 C’est déjà Actes Sud qui avait publié les mémoires de Régine Crespin, <em>A la Scène, à la ville</em>, dont on recommande vivement la lecture</p>
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