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	<title>Giovanna SPARACELLO - Auteur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Giovanna SPARACELLO - Auteur - Forum Opéra</title>
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		<title>Verdi/Wagner : images croisées 1813-2013. Musique, histoire, histoire des idées, littérature et arts</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jul 2018 09:03:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cinq ans après leur double bicentenaire, les lenteurs de l’édition universitaire française nous permettent de trinquer encore une fois à la santé de Giuseppe et Richard, avec la publication des actes d’un important colloque organisé à Rennes en février 2013. Les deux compositeurs nés deux cents ans auparavant y sont délibérément rapprochés, un peu comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cinq ans après leur double bicentenaire, les lenteurs de l’édition universitaire française nous permettent de trinquer encore une fois à la santé de Giuseppe et Richard, avec la publication des actes d’un important colloque organisé à Rennes en février 2013. Les deux compositeurs nés deux cents ans auparavant y sont délibérément rapprochés, un peu comme l’avait brillamment fait l’un des responsables de cette manifestation, <strong>Timothée Picard</strong>, dont on avait alors salué l’ouvrage paru chez Actes Sud. Trente-quatre articles explorent ici des domaines variés, de la musicologie « dure » jusqu’à la présence de Verdi et de Wagner dans les bandes dessinées, afin d’offrir « <em>une cartographie de la création et des idées inspirées par nos deux auteurs</em> » ; ne manque finalement, pour justifier pleinement le sous-titre qui précise « et arts », qu’une prise en compte de la présence verdienne et surtout wagnérienne dans les beaux-arts. Mais ce n’est qu’un détail, qui ne retirer rien à la richesse de cet épais volume où chacun devrait trouver de quoi faire son miel. </p>
<p>Pour rapprocher « les deux jumeaux de 1813 », ainsi que les appelle <strong>Emmanuel Reibel</strong>, l’histoire de la musique a déjà beaucoup fait, mais un peu à sens unique. Il a longtemps été communément admis que Verdi avait accompli dans ses dernières décennies créatrices un gros effort de wagnérisation, mais cette idée est aujourd’hui contestée, y compris dans les pages du présent livre. Il ne fut pas le seul : Boito ayant délibérément cherché à « assombrir le bleu limpide » du ciel méditerranéen par une infusion de « brouillards septentrionaux » (cité par <strong>Fabio Vittorini</strong>). L’accusation était commune au XIX<sup>e</sup> siècle : qui voulait noyer son compositeur l’accusait de wagnérisme, et le tour était joué. Mais <strong>Philipp Gossett</strong> signale « <em>la méprise de ceux qui ont voulu affirmer que Verdi a imité Wagner dans son utilisation de l’orchestre, fondée sur l’oubli total des moments magiques de Rossini, Bellini, Donizetti et Verdi lui-même avant ses dernières œuvres </em>»<em>. </em> </p>
<p>Evidemment, rien n’indique que Wagner, lui, ait jamais verdisé, malgré l’intérêt qu’il manifesta dans sa jeunesse pour la musique italienne. D’autres similitudes se dégagent pourtant : pour chacun, deux œuvres comiques dont l’une en tout début de carrière (<em>Das Liebesverbot</em> <em>/</em> <em>Un giorno di regno </em>; article de <strong>Matthieu Cailliez</strong>) ; deux œuvres politiques que compare <strong>Stéphane Pesnel </strong>(<em>Rienzi / Simon Boccanegra</em>) ; deux opéras inspirés par la figure du troubadour (<em>Tannhäuser / Le Trouvère </em>; voir l’article de <strong>Jean-François Candoni</strong>).</p>
<p>Les rapprochements proposés ici peuvent être pointus – voir le texte de <strong>Michel Lehmann</strong> sur « l’interjection lyrique », d’une rare pertinence – ou plus larges – la notion d’anti-héros analysée par <strong>Chantal Cazaux</strong>, jusque dans les mises en scène contemporaines. <strong>Céline Frigau Manning</strong> échafaude une intéressante opposition entre l’acteur verdien et l’acteur wagnérien selon les vœux formulés par les deux compositeurs en matière d’équilibre entre déploiement vocal et investissement dramatique.</p>
<p>L’étude de la réception de leurs œuvres passe par l’examen des réactions de la presse, de la programmation des salles (en Allemagne, à Paris ou à Strasbourg). L’on en vient à songer à la réaction du maître de philosophie qui, dans <em>Le Bourgeois gentilhomme</em>, est sommé d’arbitrer la querelle survenue où le maître de musique et le maître à danser affrontent le maître d’armes : « Et que sera donc la philosophie ? » <em>Mutatis mutandis</em>, on peut s’exclamer : « Et que sera donc la musique française ? » La critique du XIX<sup>e</sup> siècle avait trouvé une façon de renvoyer dos à dos l’Italien et l’Allemand, incarnations de « divertissement latin et sérieux germanique », comme le résume <strong>Philippe Gumplowicz</strong>, en invoquant la troisième voie qu’incarnait la musique française, représentée par Gounod, Bizet, Ambroise Thomas, ou même résumée par Massenet, ainsi que le rappelle <strong>Jean-Christophe Branger</strong>. Même le tandem Verdi/Wagner n’est apparu que sur le tard, et à l’auteur de <em>Tanhaüser </em>la critique opposait plutôt Rossini.</p>
<p>Et quand ce n’est pas la musique française que l’on dressait contre les deux « menaces » italienne et allemande, c’étaient les écoles nationales, comme le montrent <strong>Walter Zidari</strong><strong>č</strong> dans un article qui rappelle opportunément combien Verdi eut maille à partir avec la censure (<em>Nabucco</em> devenant <em>Nino</em>, <em>Macbeth</em> transformé en <em>Sivard le Saxon</em> et <em>La traviata </em>en <em>Giovanna di Guzman</em> !) et <strong>Paulo F. de Castro</strong> autour de la fascinante notion de « réception imaginaire » d’une musique germanique en fait pratiquement jamais jouée au Portugal mais forcément préférable à l’immoralité de l’opéra italien. Aujourd’hui encore, les deux compositeurs sont au cœur de débats politiques, comme le souligne <strong>Alexandre Lhâa</strong> à propos d’Israël, où Wagner est honni, on le sait, mais où Verdi fait figure de héros, non seulement avec son <em>Nabucco</em> mais aussi grâce à son <em>Requiem</em>, « prière laïque parfaite » adoubée par son interprétation au camp de Terezin.</p>
<p>C’est aussi l’ambiguïté de traitement des deux compositeurs que ce volume met en avant, par exemple lorsque <strong>Yves Landerouin</strong> souligne que, même dans les films où le <em>Ring</em> est associé au nazisme, une bande-son wagnérisante accompagne aussi les moments d’émotion : « <em>Esthétiquement, [la musique de Wagner] s’impose toujours dans ce genre de cinéma ; idéologiquement elle y représente toujours le mal absolu</em> ». </p>
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