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	<title>Christian Peter, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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	<title>Christian Peter, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Macbeth &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-macbeth-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 04:02:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra Royal de Wallonie ouvre sa saison avec une production spectaculaire de Macbeth réalisée par Stefano Poda qui, en plus de la mise en scène, a également signé les décors, les costumes, les lumières et la chorégraphie. Le rideau se lève sur un gigantesque mur blanchâtre qui occupe le fond du plateau. Flanqué de deux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra Royal de Wallonie ouvre sa saison avec une production spectaculaire de Macbeth réalisée par <strong>Stefano Poda</strong> qui, en plus de la mise en scène, a également signé les décors, les costumes, les lumières et la chorégraphie. Le rideau se lève sur un gigantesque mur blanchâtre qui occupe le fond du plateau. Flanqué de deux parois latérales et percé de sept ouvertures en forme de fenêtres, ce mur, orné de nombreux escaliers qui forment une sorte de labyrinthe, est constitués de corps humains grimaçants, empilés et entremêlés qui créent d&#8217;emblée un climat angoissant. Au centre du plateau, une vaste ouverture circulaire représente le chaudron des sorcières au premier acte. A l’acte suivant, cette ouverture est recouverte d’une paroi sur laquelle est tracé un triangle blanc, la pointe en bas, inscrit dans un cercle, sur laquelle est posée le trône de Macbeth. Ce symbole ésotérique qui préfigure la descente aux enfers de Macbeth, apparaitra de façon récurrente formé de néons suspendus dans les airs. Une cage métallique descend par moment des cintres pour enfermer un ou plusieurs personnages, Duncan mourant sur son trône par exemple. Au dernier acte un entrelacs de bâtons rougeâtres encercle Macbeth vaincu. La scène est le plus souvent plongée dans une semi-obscurité inquiétante, à l’exception du premier tableau éclairé de rouge, où l’on voit surgir les sorcières. Certaines occupent les escaliers, d’autres sont suspendues dans les airs, d’autres encore, rampent sur le sol dans une épaisse fumée blanche. Vêtus de costumes splendides aux teintes sombres, les personnages sont en perpétuel mouvement. La direction d’acteurs est extrêmement précise, Poda, qui sait ménager ses effets, ponctue le spectacle d’images fortes, comme le banquet du deuxième acte qui s’achève dans une orgie sanglante ou la scène du somnambulisme au cours de laquelle Lady Macbeth est assaillie par des hommes dénudés qui l’enveloppent au point de l’étouffer, autant de séquences parfois violentes qui impressionnent le public. Au salut final, le metteur en scène sera accueilli par une ovation méritée.</p>

<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" class="wp-image-220888" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Danse-c-J-Berger_ORW-Liege-1024x683.jpg" alt="" /></figure>

<p>La direction de <strong>Giampaolo Bisanti</strong> est en accord avec ce qui nous est montré. Le chef italien adopte des tempos contrastés, et impose aux musiciens un rythme soutenu, tel une course effrénée vers l’abîme. La partition adoptée est celle de la révision de 1865 pour Paris, ballet compris. Celui-ci, remarquablement chorégraphié par Poda s’intègre parfaitement dans la continuité de l’action. Saluons la prestation remarquable des chœurs préparés par <strong>Denis Segond</strong>.</p>
<p><strong>Bruno Silva Resende</strong>, <strong>Bernard Aty Monga Ngoy</strong> et <strong>Marc Tissons</strong>, tous trois membres du Chœur, livrent une prestation on ne peut plus honorable. <strong>Luca Dall’Amico</strong> est un médecin à la voix sonore et <strong>Alexandra Grigoras</strong> possède un joli timbre fruité que l’on aimerait réentendre dans un rôle plus important. <strong>Lorenzo Martelli</strong> ne démérite pas en Malcolm tandis que <strong>Matteo Desole</strong> rencontre quelques problèmes d’intonation dans son air « Ah la paterna mano », le trac de la première sans doute. <strong>Gianluca Buratto</strong> est un Banco de grande classe. Son timbre de bronze, sa voix puissante et homogène, son legato impeccable et l’émotion qu’il insuffle dans son chant font de son air « Come dal ciel precipita » un des grands moments de la soirée. Quant aux interprètes du couple maudit, ils font sur la scène du Théâtre royal de Wallonie des débuts éclatants. A la fois comédien, metteur en scène et chanteur, <strong>Luca Micheletti</strong> propose une interprétation théâtralement subtile et aboutie de Macbeth dès la lecture de la lettre au premier acte qui lui est confiée. Vocalement les moyens sont solides, et si le baryton s’est montré prudent au cours du premier tableau, adoptant un chant sans beaucoup de nuances, il a livré une scène finale particulièrement bouleversante. <strong>Ewa</strong> <strong>Plonka</strong> est la grande triomphatrice de la soirée, elle possède les moyens exacts du rôle qu’elle habite avec une conviction remarquable. La voix est large, les aigus sont percutants, le souffle inépuisable. La cabalette de son air d’entrée tout comme son brindisi, témoignent d’une maîtrise parfaite du chant orné, les vocalises sont précises, le trille impeccable. Sa scène du somnambulisme, couronnée d’un contre-ré piano, est interprétée avec un legato irréprochable. Théâtralement enfin, son personnage se révèle on ne peut plus convaincant. </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-macbeth-liege/">VERDI, Macbeth &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-paris-bastille-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 04:00:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est avec Le Barbier de Séville conçu par Damiano Michieletto que l’Opéra Bastille ouvre sa nouvelle saison. Créée en 2010 à Genève, puis à Paris en 2014, cette production a été accueillie d’emblée avec un enthousiasme qui ne s’est jamais démenti au fil des diverses reprises. Celle-ci ne fait pas exception si l’on en juge &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est avec <em>Le Barbier de Séville</em> conçu par <strong>Damiano Michieletto</strong> que l’Opéra Bastille ouvre sa nouvelle saison. Créée en 2010 à Genève, puis à Paris en 2014, cette production a été accueillie d’emblée avec un enthousiasme qui ne s’est jamais démenti au fil des diverses reprises. Celle-ci ne fait pas exception si l’on en juge par l’ovation qui a salué l’ensemble des protagonistes au rideau final. Il faut dire que le spectacle, qui n’a pas pris une ride, repose sur une idée toute simple : l’unique décor, réalisé par <strong>Paolo Fantin</strong>, est constitué de trois immeubles gigantesques disposés face au public. Celui du centre, le plus large, est placé sur une tournette, ce qui permet, lorsqu’elle se met en marche, de dévoiler la cage d’escalier et l’intérieur des différentes pièces. Au rez-de-chaussée de l’immeuble côté jardin se trouve un bar à tapas avec une terrasse. Le metteur en scène italien a transposé l’action dans l’Espagne contemporaine et plus particulièrement à l’époque de la Movida, soit au début des années 80 comme en témoigne le poster de Robert Redford qui orne l’un des murs de la chambre de Rosine. Les personnages, quand ils ne sont pas dans la rue ou attablés au bar, sont en perpétuel mouvement, courant d’un lieu à un autre au rythme de la musique, grimpant ou descendant les escaliers avec une précision métronomique qui rappelle les films burlesques de années 30 tandis qu’il règne dans ce quartier une ambiance qui n’est pas sans évoquer les premiers films de Pedro Almodovar.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/31302-Albert_Facelly_-_OnP-Le-Barbier-de-Seville-26-27-Albert-Facelly-OnP-20-1-2-1024x682.jpg" alt="" width="1024" height="682" />© Albert Facelly</p>
<p>Pour cette sixième reprise, c’est une équipe entièrement renouvelée, à l’exception de Nicola Alaimo déjà présent en 2015, qui nous est proposée, essentiellement constituée de jeunes chanteurs à l’orée d’une carrière prometteuse. Membres de la troupe lyrique de l’Opéra, <strong>Amin Ahangaran</strong> et <strong>Isobel Anthony</strong> tirent leur épingle du jeu dans leurs rôles respectifs. Lui, campe un Fiorello à la voix sonore, elle, une Berta déjantée qui, lorsqu’elle ne se fait pas coiffer par Figaro, se fait lutiner dans sa chambre par un bellâtre rencontré au bar. Son air « Il vecchiotto cerca moglie » chanté avec un humour réjouissant lui vaut une belle ovation. En revanche <strong>Adolfo Corrado</strong> campe un Basilio beaucoup trop sérieux dont on aimerait qu’il « se lâche » davantage sur le plateau d’autant que sur un plan vocal sa prestation est remarquable. Sa « Calunnia », très applaudie, met en valeur son timbre superbe, son registre grave solide et son legato impeccable. Etoile montante du chant Rossinien, <strong>Jack Swanson</strong> fait des débuts prometteurs à Paris. Il aborde avec prudence son air d’entrée « Se saper voi bramate » qui le cueille à froid mais acquiert de l’assurance tout au long de la soirée jusqu’au redoutable « Cessa di più resistere » où sa virtuosité sans faille, la précision et l’aisance de ses vocalises ainsi que son art des nuances provoque l’enthousiasme d’un public conquis. <strong>Lea Desandre</strong> reprend le rôle de Rosine qu’elle avait abordé avec succès en 2019 à Rouen. Depuis, sa voix a gagné en rondeur et en volume ce qui lui permet de se faire entendre sans peine dans le grand vaisseau de Bastille. Très à l’aise sur le plateau, elle campe une Rosine espiègle et volontaire qui respire la jeunesse et la joie de vivre. Vocalement son interprétation témoigne d’une technique sans faille, vocalises et trille irréprochables, longueur du souffle, art de la nuance, magnifiés par un timbre au charme irrésistible. Elle retrouve en <strong>Huw Montague-Rendall</strong> un partenaire avec qui elle a partagé la scène à plusieurs reprises notamment la saison dernière au Théâtre des Champs-Elysées pour un récital à deux voix, consacré à Mozart et Rossini. Tout au long de la soirée, leur complicité est évidente. Le baryton anglais que l’on a pu applaudir en juin dernier à Garnier dans Cenerentola, domine le plateau par son indéniable présence et l’aisance avec laquelle il occupe la scène, courant, montant et descendant les étages dans une course effrénée, sans jamais paraître fatigué. Sa voix chaude et bien projetée, sa maîtrise de la grammaire belcantiste et la subtilité de son incarnation, constituent un régal de chaque instant. Quant à <strong>Nicola Alaimo,</strong> il reprend avec bonheur l’un des rôles qui ont fait sa gloire. L’ampleur de sa voix, la virtuosité éblouissante avec laquelle il affronte les difficultés de sa partie, son extraordinaire maîtrise du chant syllabique mené à vive allure lui permettent de livrer une prestation de haut vol. A cet égard son interprétation ébouriffante de « A un dottor della mia sorte » met la salle en délire. On admire également sa diction impeccable et la subtilité de ses récitatifs. Son Bartolo, quasiment sans rival aujourd’hui, parvient à être truculent sans être ridicule. Une grande leçon. Saluons enfin la prestation irréprochable des chœurs, préparés par <strong>Alessandro Di Stefano</strong>.<br />
Au pupitre,<strong> Jader Bignamini</strong> propose une direction fluide et nuancée avec des tempos contrastés. Son ouverture, sans effets faciles, est un modèle de bon goût. Toujours attentif aux chanteurs qu’il veille à ne jamais couvrir, il accélère subtilement le rythme lors des finals, notamment celui du premier acte mené à un train d’enfer.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, La Vie parisienne &#8211; Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-la-vie-parisienne-paris-chatelet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 06:17:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre du Châtelet a choisi d’achever sa saison avec La Vie parisienne, un spectacle fastueux coproduit avec la Comédie-Française. Suivant l’exemple de La Fontaine dans ses fables et surtout de Grandville dans Les Métamorphoses du jour, qui se livrent à une satire de la société en passant par des animaux  anthropomorphe, Valérie Lesort, tout &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Théâtre du Châtelet a choisi d’achever sa saison avec <em>La Vie parisienne</em>, un spectacle fastueux coproduit avec la Comédie-Française. Suivant l’exemple de La Fontaine dans ses fables et surtout de Grandville dans <em>Les Métamorphoses du jour</em>, qui se livrent à une satire de la société en passant par des animaux  anthropomorphe, <strong>Valérie Lesort</strong>, tout en situant l’action dans son époque, transforme les protagonistes en animaux civilisés à l’aide de prothèses, notamment des groins, des oreilles de phacochères et une queue en tire-bouchon pour les hommes, des becs et des plumes  pour les femmes, ce qui nous vaut des personnages hauts en couleur qui déclenchent l’hilarité du public dès leur apparition, comme le baron de Gondremark et son épouse, elle en grue emplumée, lui en goret. De plus, les comédiens ont suivi au préalable un stage animalier afin de rendre crédibles leurs gestes et leurs postures. Enfin, les dialogues ont été légèrement modifiés afin d’y inclure des allusions à la condition animale des personnages. <strong>Vanessa Sannino</strong> a habillé toute la troupe avec des costumes aux couleurs chatoyantes, ceux des femmes en particulier, à dominante jaune, orange, rose ou Fuschia. Enfin <strong>Eric Ruf</strong> a conçu quatre décors magnifiques adaptés à chacun des actes : un hall de gare bleuâtre au premier, un appartement, somme toute modeste, au deux, un salon teinté de bleu au trois, le même en rouge au quatre. Les éclairages astucieux de <strong>Pascal Laajili</strong> donnent l’illusion qu’un seul décor évoque deux lieux différents. La direction d’acteurs est extrêmement précise, les gags s’enchainent sans aucune baisse de tension, le comique de situation alterne avec le comique de langage, parfois savoureux, pour la plus grande joie du public, le tout est ponctué par les chorégraphies entraînantes de Rémy Boissy, en particulier le cancan qui clôt le troisième acte. Enfin, la pièce se termine par une grande scène d’orgie à laquelle participe toute la troupe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="377" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Vie-parisienne-Theatre-du-Chatelet-cThomas-Amouroux-5-1024x377.jpg" alt="" class="wp-image-215200"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Thomas Amouroux</sup></figcaption></figure>


<p>Ce spectacle permet aux comédiens français d’exploiter toutes les facettes de leur talent. Conformément au vœu d’Offenbach qui souhaitait des comédiens chanteurs et non des chanteurs qui jouent la comédie, tous rendent justice à la partition avec un réel bonheur et une diction irréprochable. C’est d’ailleurs une tradition pour cette troupe d’aborder régulièrement des ouvrages qui comportent des parties chantées, on se souvient de <em>L’Opéra de quat’sous</em> à Aix en 2023 ou d’une autre <em>Vie Parisienne</em>, salle Richelieu en 1997.</p>
<p>Les voix des chanteurs sont valorisées par une sonorisation discrète. <strong>Melissa Polonie</strong> est impeccable dans son double rôle d&rsquo;Urbain et d&rsquo;Employée, tout comme <strong>Sefa Yeboah</strong> (Joseph/ Alphonse) et <strong>Nicolas</strong> <strong>Lormeau</strong> (Prosper/Gontrand). <strong>Véronique Vella</strong> est une Pauline accorte et <strong>Yoann Gasiorowski,</strong> habilement travesti, est impayable en baronne de Gondremark. Dans le rôle de son époux, <strong>Christian Hecq</strong> ressemble à un porc libidineux. Tout au long de la soirée sa prestation désopilante réjouit le public. <strong>Serge Bagdassarian</strong> campe un Brésilien truculent et démonstratif dans le final du dernier acte. On lui pardonnera quelques décalages dans son air d’entrée qui le cueille à froid. <strong>Jérémy Lopez</strong> et <strong>Marie Oppert</strong> forment un duo tout à fait irrésistible, lui incarne un bottier au timbre rocailleux, elle, dotée d’une authentique voix de soprano léger, campe une Gabrielle malicieuse et pleine d’humour. Son air « Je suis veuve d’un colonel » est chanté avec brio et un sens aigu du second degré. <strong>Elsa Lepoivre</strong>, récemment récompensée lors de la dernière cérémonie des Molière, fait une forte impression en proposant une Métella sensuelle et provocante au timbre délicatement ambré. <strong>Baptiste Chabauty</strong> forme une paire de « frères ennemis » tout à fait réjouissante avec <strong>Benjamin Lavernhe</strong>. Celui-ci, encore tout auréolé de son récent triomphe dans <em>Le Cid</em> au Théâtre de la Porte Saint-Martin, incarne avec un même bonheur un personnage diamétralement opposé au héros cornélien. Son Raoul de Gardefeu, jouisseur inventif et dynamique, mène la danse avec brio tout au long de la soirée.   </p>
<p>Saluons enfin les prestations irréprochables du chœur Ensemble La Marquise et des danseurs.</p>
<p>A la tête de l’Orchestre de chambre de Paris, <strong>Alexandra Cravero</strong> propose une direction alerte et contrastée en dépit de quelques décalages qui s’estomperont au fil des représentations.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-la-vie-parisienne-paris-chatelet/">OFFENBACH, La Vie parisienne &#8211; Paris (Châtelet)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Rigoletto &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour conclure sa saison, l’Opéra de Marseille propose une reprise de Rigoletto, dans la production de Charles Roubaud, créée en juin 2019, avec une distribution presque entièrement renouvelée dont la qualité première, au-delà des performances individuelles, est l’homogénéité. Aucun point faible dans cette équipe, chaque artiste, jusque dans les plus petits rôles, assume parfaitement sa &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour conclure sa saison, l’Opéra de Marseille propose une reprise de <em>Rigoletto</em>, dans la production de Charles Roubaud, créée en juin 2019, avec une distribution presque entièrement renouvelée dont la qualité première, au-delà des performances individuelles, est l’homogénéité. Aucun point faible dans cette équipe, chaque artiste, jusque dans les plus petits rôles, assume parfaitement sa partie. Ainsi <strong>Ana Escudero</strong> est un page au timbre frais et clair qui ne passe pas inaperçu, <strong>Laurence Janot</strong> et <strong>Jean-Marie</strong> <strong>Delpace</strong>, seuls rescapés des représentations de 2019, campent un couple Ceprano tout à fait idoine, elle minaudant auprès du Duc, lui contenant sa jalousie. En Giovanna, <strong>Marie Lenormand </strong>cache sa duplicité derrière une apparente discrétion. <strong>Alfred Bironien</strong> et <strong>Gilen Coicoechea</strong>, grands habitués des lieux, possèdent des voix sonores et suffisamment de métier pour incarner avec conviction Borsa et Marullo, ces deux courtisans machiavéliques et envieux. <strong>Maurel Endong</strong> est doté d’un timbre rocailleux aux graves profonds. Son Monterone ne manque pas de noblesse jusque dans sa malédiction aux accents menaçants et poignants à la fois. <strong>Patrick Bolleire</strong> est un Sparafucile inquiétant et froid, au registre grave solide. Maddalena trouve en <strong>Deniz Uzun</strong> une interprète à la sensualité exacerbée, sa voix homogène au timbre cuivré exerce une séduction immédiate, tout comme son costume affriolant, propre à attiser le désir du Duc, ainsi que le montre leur batifolage au début du troisième acte. Duc, dont <strong>John Osborn</strong> propose un portrait subtil et nuancé. Séducteur plutôt que prédateur au premier acte il paraît sincèrement affecté par la disparition de Gilda au deux, ce qui nous vaut un « Parmi veder le lacrime » émouvant, chanté avec élégance et un impeccable legato. Au dernier acte, il apparaît comme un épicurien incapable de résister au charme de Maddalena, prêt à jouir de l’instant présent. Une interprétation intelligente et raffinée de bout en bout. <strong>Sebastian Catana</strong> offre lui aussi vision de son personnage en marge des sentiers battus. Son Rigoletto est avant tout un père déchiré. Dès la malédiction de Monterone le bouffon fielleux cède la place à l’homme inquiet pour son enfant. Sa grande scène du deux face aux courtisans est bouleversante, le baryton roumain est doté d’une voix ample et bien projetée qui lui permet d’interpréter un « Cortigiani, vil razza » percutant. A la fin du trois, ses adieux à sa fille sont particulièrement poignants, cette incarnation est chaleureusement applaudie par le public au salut final. Enfin, <strong>Ruth Iniesta</strong> campe une Gilda de haut vol, bien loin des rossignols mécaniques qui se sont aventurés dans ce rôle. La voix est ronde, le medium fourni, l’aigu brillant. La soprano espagnole maîtrise la grammaire belcantiste, comme en témoignent dans « Caro nome », d’impeccables coloratures, un suraigu assuré et de délicates nuances. Elle convainc tout autant en jeune fille pudique qui vit ses premiers émois amoureux qu’en femme bafouée par un séducteur impénitent. Une grande incarnation.</p>
<p>Les interventions des chœurs, préparés par <strong>Florent Mayet</strong>, sont parfaitement en situation.</p>
<p>A la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Marseille en grande forme, <strong>Paolo Arrivabeni</strong>, en connaisseur de l’ouvrage qu’il dirige depuis des années, propose une battue mesurée qui lui permet de souligner une infinité de détails subtils qui émaillent la partition. Toujours attentifs aux chanteurs, il accélère le rythme lors des passages dramatiques sans jamais tomber dans l’outrance.        </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="610" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/©Camille-Rovera-1-1-1024x610.jpg" alt="" class="wp-image-215036"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Rigoletto © Camille Rovera</sup></figcaption></figure>


<p>Sur scène, l’élément principal du décor, comme l’avait <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-marseille-une-excitante-perspective/">souligné Maurice Salles</a> en 2019, est une marotte géante à tête de bouffon, couchée sur le sol, dont l’apparence se modifie selon les tableaux. Dans la deuxième scène de l’acte un, elle se couvre de feuillage pour évoquer le jardin de Rigoletto. Les personnages évoluent autour de cette marotte, habilement éclairés par <strong>Jacques Rouveyrollis</strong>. La direction d’acteurs, sobre pour ne pas dire sommaire, se limite à quelques jeux de scènes stéréotypés, laissant les voix des artistes s’épanouir librement. L&rsquo;action est située durant les « Années folles » comme en témoignent les magnifiques costumes de <strong>Katia Duflot</strong>, ceux des femmes notamment. </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-marseille/">VERDI, Rigoletto &#8211; Marseille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>HOLMÈS, La Montagne noire &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/holmes-la-montagne-noire-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 06:37:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’origine anglo-irlandaise, Augusta Holmès montre très tôt des dispositions pour la musique. Dès son plus jeune âge, elle étudie le piano et le chant avec d’éminents professeurs de l’époque, avant de devenir l’élève de César Franck. Parallèlement, elle fréquente divers salons dans lesquels elle croise Ambroise Thomas, Charles Gounod, Camille Saint-Saëns et même Rossini. En &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>D’origine anglo-irlandaise, Augusta Holmès montre très tôt des dispositions pour la musique. Dès son plus jeune âge, elle étudie le piano et le chant avec d’éminents professeurs de l’époque, avant de devenir l’élève de César Franck. Parallèlement, elle fréquente divers salons dans lesquels elle croise Ambroise Thomas, Charles Gounod, Camille Saint-Saëns et même Rossini. En 1869, elle rencontre Richard Wagner pour qui elle nourrit une grande admiration. Comme lui, elle mettra un point d’honneur à écrire elle-même les livrets de ses opéras et adoptera l&rsquo;usage des leitmotivs. En 1876, elle compose sa première symphonie et devient au fil du temps l’une des rares compositrices à écrire avec succès des œuvres d’une grande ampleur, saluées par la critique. Pour la voix, elle signe une centaine de mélodies et quatre opéras dont seul le dernier connaîtra les honneurs de la scène : <em>La</em> <em>Montagne noire</em> est créé à l’Opéra de Paris en 1895 avec un succès mitigé, notamment de la part des critiques. L&rsquo;ouvrage ne sera jamais repris avant les représentations de Dortmund en 2024, également sous l&rsquo;égide du Palazetto Bru Zane.</p>
<p><span style="font-size: revert; font-weight: inherit;">L’action se situe au milieu du dix-septième siècle dans un village du Monténégro, alors en lutte contre l’invasion ottomane. Aslar et Mirko, deux guerriers revenus vainqueurs d’une bataille, sont liés par une amitié fraternelle indéfectible. Ils ramènent avec eux une prisonnière, Yamina, dont Mirko ne va pas tarder à s’éprendre. Les deux amants décident de fuir le village. Aslar les retrouve et incite Mirko à se repentir. Les deux hommes s’invectivent tandis que Yamina blesse Aslar. Quelque temps plus tard, Aslar, soucieux de l’honneur de son ami qui a quitté sa fiancée, sa mère et sa patrie le retrouve dans un jardin luxuriant en Turquie, se livrant aux plaisirs du vin et de la chair. Après avoir tenté en vain de l&rsquo;arracher à ses vices, pour le sauver de l’infamie il le tue avant de tomber, victime d’une balle perdue.</span></p>
<p>Ce livret qui comporte des thèmes récurrents dans l’opéra du dix-neuvième siècle, comme le conflit entre l’amour et l’honneur, la passion qui trouble la raison, le patriotisme, la trahison, pour efficace qu’il soit, n’est pas exempt de maladresses comme les atermoiements répétés de Mirko ou la redondance entre la fin de l’acte trois et le début du quatre.</p>
<p>La musique, puissante et sensuelle, est influencée par celle des compositeurs qu’Augusta Holmès a côtoyés ou admirés, en particulier Saint-Saëns et Massenet.</p>
<p>Sur la scène de l’auditorium de Bordeaux, <strong>Dominique Pitoiset</strong> montre une répétition de l’ouvrage avec côté cour, des portants où sont accrochés des costumes et côtés jardin un salle de maquillage avec ses miroirs. Petit à petit l’intrigue prends le dessus et après l’entracte c’est un spectacle achevé qui nous est proposé.</p>
<p>&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Montagne-Noire-©FredericDesmesure-5-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-214017"/><figcaption class="wp-element-caption">©FredericDesmesure </figcaption></figure>


<p>Côté masculin, la distribution est d’un niveau artistique élevé. Doté d’une voix homogène et d’un grave profond, <strong>Guilhem Worms</strong> est un Père Sava sobre et bienveillant dont on regrette que ses interventions soient si brèves. <strong>Julien Henric</strong> possède un timbre agréable, un aigu aisé et claironnant mais son bas medium et son grave demeurent confidentiels notamment dans les passages où l’orchestre se déchaîne. <strong>Tassis Chritoyannis</strong> incarne admirablement ce guerrier obstiné, qui veut coûte que coûte, sauver son ami du déshonneur, quitte à y perdre la vie. Son interprétation à la fois vigoureuse et bouleversante capte durablement l’attention. Tous trois possèdent une diction exemplaire.</p>
<p>Côté féminin, <strong>Hélène Carpentier</strong> est une Héléna touchante et résignée en particulier dans son duo du deuxième acte avec Mirko. Cependant, son timbre frais et juvénile n’est pas exempt de dureté dans les aigus <em>forte</em>. <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> possède une voix ample et chaleureuse qui convient tout à fait à ce personnage de mère aimante et de patriote intransigeante à la fois. Enfin, dotée d’un puissant tempérament et d’une ampleur vocale impressionnante, <strong>Aude Extremo</strong> parvient à exprimer avec bonheur tous les affects de son personnage. Elle campe une Yamina à mi-chemin entre Dalila et Ortrud, tour à tour ensorceleuse et sensuelle, notamment dans son air de du deux « Près des flots d’une mer bleue », haineuse et vindicatrice lors de ses imprécations émaillées d’aigus tranchants, après le duo entre son amant et sa fiancée.</p>
<p>Il convient de saluer également les excellentes interventions des chœurs, remarquablement préparés par <strong>Salvatore Caputo</strong>.</p>
<p>Pierre Dumoussaud s’empare de la partition avec fougue et un enthousiasme communicatif. Aussi à son aise dans les nombreux passages martiaux que dans les scènes élégiaques, il tire de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine des sonorités chatoyantes. Sa direction en tout point rigoureuse et exemplaire lui a valu un grand succès au salut final.</p>
<p>La partition est conforme à celle de la création avec le rétablissement de certaines coupures (l’ouverture) mais sans le deuxième tableau de l’acte quatre. Le Palazetto Bru Zane devrait faire paraître une intégrale de l&rsquo;ouvrage courant 2027 dans la collection « Opéras français ».</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/holmes-la-montagne-noire-bordeaux/">HOLMÈS, La Montagne noire &#8211; Bordeaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Récital Léa Desandre / Huw Montague-Rendall &#8211; Paris (Théâtre des Champs-Élysées)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-lea-desandre-huw-montague-rendall-paris-theatre-des-champs-elysees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 06:15:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un concert sous le signe de la jeunesse qui nous a été proposé dans la série Les Grandes Voix. Deux artistes lyriques et un chef d’orchestre, âgés d’à peine plus de trente ans, ont ébloui le public du Théâtre des Champs-Élysées dans un programme dédié à Mozart et Rossini. Leur choix s’est délibérément porté &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un concert sous le signe de la jeunesse qui nous a été proposé dans la série Les Grandes Voix. Deux artistes lyriques et un chef d’orchestre, âgés d’à peine plus de trente ans, ont ébloui le public du Théâtre des Champs-Élysées dans un programme dédié à Mozart et Rossini. Leur choix s’est délibérément porté sur des extraits d&rsquo;ouvrages, parmi les plus connus de ces compositeurs, les trois opéras écrits par Da Ponte et <em>Le Barbier de Séville</em>, dont ils nous livrent une interprétation renouvelée, empreinte de fraîcheur et d’ingénuité, avec un chic irrésistible au point que l’on a l’impression de redécouvrir ces pages rebattues. Pour chacun des opéras, à l’exception de <em>Don Giovanni</em>, nous sont proposés l’ouverture, un duo, et un air pour chaque solistes. Une seule rareté, l’air de concert « Rivolgete a lui lo sguardo » initialement dévolu à <em>Cosí fan tutte</em>, et remplacé par « non siete ritrose », plus concis.</p>
<p>Issue du Jardin des voix qu’elle avait intégré en 2015, <strong>Lea Desandre</strong> a gravi une a une les marches du succès, choisissant ses rôles avec discernement. « Révélation artiste lyrique » aux Victoires de la musique classique en 2017, elle se spécialise dans le baroque avant d’aborder Mozart avec Despina et Cherubin qu’elle chante notamment à Salzbourg au début des années 2020 et Rossini avec Rosine à Rouen. Parallèlement elle donne de nombreux récitals en particulier aux côtés de Thomas Dunford. Ce sont donc des sentiers connus qu’elle arpente tout au long de la soirée, avec une aisance et une décontraction désarmantes. Aussi convaincante en adolescent qui s’éveille à l’amour qu’en soubrette délurée, ses Mozart témoignent d’un style maîtrisé et d’un art accompli de la nuance. « Non so più cosa son » lui permet de camper un Cherubin éperdu, tandis que « Voi che sapete » interprété avec délicatesse et agrémenté de subtiles ornementations à la reprise, est un modèle de chant mozartien. Chez Rossini, elle incarne une Rosine espiègle et juvénile avec un timbre chatoyant et une technique irréprochable, longueur du souffle, legato exemplaire, vocalises précises et trille impeccable sont un régal pour les oreilles. Dans les duos, sa voix s’unit harmonieusement à celle de son partenaire et leur complicité fait merveille.</p>
<p>Doté d’un physique de jeune premier et d’un sens inné de la scène, <strong>Huw Montague-Rendall</strong> s’est imposé en quelques années comme un baryton avec qui il faut désormais compter. Ses illustres parents peuvent être fiers de lui. Il a d’ailleurs travaillé le chant entre autres avec son père, le ténor David Rendall, décédé récemment. Un merveilleux Papageno à Strasbourg et à Londres, un bouleversant Pelléas à Aix et à Paris, une Saint-Jean admirable en tournée et au disque avec Raphaël Pichon, auront suffi pour asseoir solidement sa réputation. Ses incarnations qui sont un modèle d’intelligence et de subtilité, sa ligne de chant d’une rare élégance et sa voix au timbre séduisant et chaleureux sont un régal de chaque instant, sans parler de sa diction exemplaire, notamment en français. De plus le chanteur possède une présence indéniable sur le plateau et un charisme réjouissant. Chez Mozart il incarne un Comte autoritaire, un Don Giovanni irrésistiblement séducteur et un Guglielmo entreprenant et fanfaron. A cet égard, il se tire avec une aisance déconcertante des difficultés parsemées tout au long de son air « Rivolgete a lui lo sguardo ». Dans l’inusable « Largo al factotum », il évite soigneusement d’en faire trop et propose une interprétation qui respire la joie de vivre et la bonne humeur ce qui laisse augurer du meilleur pour son Dandini en juin prochain à Garnier. L’ensemble de sa prestation comme celle de sa partenaire est d’un très haut niveau musical. Avec ces deux-là la relève est assurée.</p>
<p>Trois bis viennent compléter ce concert qui s&rsquo;est donné sans entracte, une délicieuse « Heure exquise » en français, et un émouvant « Non ti scordar di me » qui témoignent de l’éclectisme des deux artistes, ainsi qu’une reprise de « Dunque io son » qui semble annoncer leurs retrouvailles dans <em>Le Barbier de Séville</em> en septembre prochain à l’Opéra Bastille.</p>
<p>A la tête d’un Belgian National Orchestra en bonne forme, <strong>Sasha Scolnik-Brower</strong>, adopte une direction énergique et précise avec des tempi alertes que ne renierait pas un chef baroqueux. Toujours soucieux de ses interprètes, le jeune chef américain excelle également dans les pages orchestrales, comme en témoignent l’ouverture tout en finesse du <em>Barbier</em> et la scène spectaculaire de l’orage.</p>
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		<title>TCHAïKOVSKI, Eugène Onéguine – New-York (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 06:01:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opéra retransmet pour la troisième fois dans les cinémas Eugène Onéguine dans la production de Deborah Warner. Diffusée lors de sa création en septembre 2013, avec dans les rôles principaux Anna Netrebko et Mariusz Kwiecen, spectacle qui a fait l’objet d’une parution en DVD, puis  lors de la reprise de 2017, toujours avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opéra retransmet pour la troisième fois dans les cinémas Eugène Onéguine dans la production de Deborah Warner. Diffusée lors de sa création en septembre 2013, avec dans les rôles principaux Anna Netrebko et Mariusz Kwiecen, spectacle qui a fait l’objet d’une parution en DVD, puis  lors de la reprise de 2017, toujours avec Netrebko face à Peter Mattei dans le rôle-titre, la voici de retour sur les écrans ce samedi 2 mai, sans doute pour mettre à l’honneur l’une des meilleures titulaires actuelles du rôle de Tatiana.</p>
<p>Deborah Warner a déplacé l’action à l’époque de la création de l’œuvre comme en témoignent les superbes costumes de <strong>Chloe Obolenski</strong> notamment lors du bal du dernier acte. En début de soirée, le rideau se lève sur l’intérieur de la propriété des Larina, le décor de <strong>Tom Pye</strong> représente une sorte de grange tout en longueur dans laquelle se trouvent des tables, des chaises, de la vaisselle. Le tableau du duel se situe sous la neige dans une campagne quasi désertique, faiblement éclairé par les premières lueurs du jour. Enfin le décor du troisième acte frappe par sa sobriété : quatre paires de colonnes gigantesques se détachant sur un fond bleuté et quelques chaises disséminées sur le plateau figurent la salle de bal dans laquelle les voix ont tendance à se perdre. Le dernier tableau ne se situe pas, comme à l&rsquo;accoutumée, à l&rsquo;intérieur de la demeure de Tatiana, mais en extérieur, avec toujours les mêmes colonnes au premier plan, derrière lesquelles on devine à nouveau un paysage enneigé dans la nuit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/EUGENE_ONEGIN_EVAN_ZIMMERMAN_8044_v002-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212846"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Eugène Onéguine © Evan Zimmermann / Met</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution, de haute volée, réunit pour les seconds rôles des chanteurs familiers de l’ouvrage. Ainsi, Filipievna et Madame Larina sont incarnées par <strong>Larissa Diatkova</strong> et <strong>Elena Zaremba</strong>, déjà présentes en 2017 dans les mêmes rôles. Les deux chanteuses ont conservé leurs moyens intacts, notamment Zaremba qui affiche une voix riche et pleine. Doté d’un timbre sonore, <strong>Richard Bernstein</strong> ne passe pas inaperçu en témoin de Lenski. Fine comédienne, <strong>Maria Barakova</strong> est une Olga à la voix fluide et juvénile qui évolue sur scène avec grâce et légèreté. Grand habitué du rôle, qu’il incarne depuis 2009, <strong>Tony Stevenson</strong> est un Monsieur Triquet délicieux à la diction française impeccable et au phrasé élégant. Ses couplets à l’attention de Tatiana sont chaleureusement applaudis. Le Prince Grémine trouve en <strong>Alexander Tsymbalyuk</strong> un interprète de choix, la noblesse de sa ligne de chant, la profondeur de son timbre et l’émotion qu’il insuffle à son air du dernier acte lui valent une ovation méritée. <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> campe un Lenski sanguin aux moyens imposants. Sa jalousie vis-à-vis d’Onéguine éclate de façon spectaculaire au cours de la fête chez les Larina mais c’est son grand air « Kouda, kouda, vy oudalilis » chanté tout en nuances, dans lequel transparait l’ampleur de son désespoir, qui déclenche l’enthousiasme du public. <strong>Iurii Samoilov</strong> possède un physique de jeune premier et un timbre onctueux qui ne manque pas de séduction, autant de qualité qui font de lui un Onéguine de choix. On pourrait cependant lui reprocher un excès d’arrogance au cours du premier acte. En revanche durant le bal à Saint-Pétersbourg et tout le duo final avec Tatiana, il exprime sa passion ardente et son tourment avec des accents poignants. <strong>Asmik Gregorian</strong> est sans conteste la grande triomphatrice de la soirée. Son incarnation traduit avec subtilité l’évolution psychologique du personnage, de la jeune fille naïve et un peu gauche du premier acte, à la femme élégante et maîtresse d’elle-même de la scène finale. Même si elle n’a plus tout à fait l’âge de la jeune Tatiana elle parvient à rendre convaincante la scène de la lettre en exprimant avec une sincérité désarmante l’intensité du premier amour. Lors du dernier tableau, c’est avec des accent déchirants qu’elle repousse les avances d’Onéguine. Une incarnation magistrale de bout en bout.</p>
<p>Au pupitre, le jeune chef <strong>Timur Zangiev</strong> propose une direction extrêmement dramatique avec des tempos retenus, notamment dans les airs, qui laissent s’épanouir les voix des protagonistes. Oublions quelques légers décalages dans le quatuor qui ouvre le premier acte et soulignons les splendeurs orchestrales qu’il déploie dans les danses et la polonaise du troisième acte.</p>
<p>Le 30 mai prochain, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live, <em>Le</em> <em>Dernier Rêve de Frida et Diego</em> de Gabriela Lena Frank, avec Isabelle Leonard dans le rôle de Frida Khalo.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-new-york-streaming/">TCHAïKOVSKI, Eugène Onéguine – New-York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Liège 2026-27, sous le signe du pouvoir et du désir</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/liege-2026-27-sous-le-signe-du-pouvoir-et-du-desir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 08:09:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Pouvoir, désir », telle est la thématique dans laquelle s’inscrit la prochaine saison de l’Opéra Royal de Wallonie concoctée par Stefano Pace et son équipe. Une saison brillante qui se décline en dix spectacles, dont une création mondiale, et huit nouvelles productions, essentiellement des ouvrages du dix-neuvième et du début du vingtième siècle où quelques raretés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Pouvoir, désir », telle est la thématique dans laquelle s’inscrit la prochaine saison de l’Opéra Royal de Wallonie concoctée par <strong>Stefano Pace</strong> et son équipe. Une saison brillante qui se décline en dix spectacles, dont une création mondiale, et huit nouvelles productions, essentiellement des ouvrages du dix-neuvième et du début du vingtième siècle où quelques raretés côtoient des œuvres majeures des répertoires italiens, français, allemand et même tchèque.</p>
<p>C’est <em>Macbeth</em> qui ouvre le bal dans une mise en scène de <strong>Stefano Poda</strong> avec <strong>Luca Micheletti</strong> et <strong>Ewa Plonca</strong>, sous la baguette du Directeur Musical de la maison, <strong>Giampaolo Bisanti</strong>. Le belcanto est à l’honneur avec <em>Roberto Devereux</em>, défendu par un quatuor de luxe, <strong>Maxim Mironov</strong>, <strong>Nino Machaidze</strong>, <strong>Vittorio Prato</strong> et <strong>Karine Deshayes</strong>, toujours sous la direction de Bisanti dans une production de <strong>Jacopo Spirei</strong>. Dernier opéra de la saison, <em>Turandot</em> verra s’affronter <strong>Luciano Ganci</strong> et <strong>Saioa Hernández</strong>. <strong>Daniele Squeo</strong> dirigera l’orchestre et <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> assurera la mise en scène. L’œuvre sera présentée avec un final inédit d’<strong>Andrea Battistoni</strong>, compositeur en résidence qui en signera également le livret.</p>
<p><strong>Battistoni</strong> est également l’auteur de la musique et du livret de <em>Zombie Opera</em> en création mondiale.<strong> Claire de Monteil</strong>, <strong>Ivan Thirion</strong>, <strong>Krešimir Špicer</strong> et <strong>Patrick Bolleire</strong> seront dirigés par <strong>Alessandro Cadario</strong> pour la musique et <strong>Marta Eguilior</strong> pour la scène.</p>
<p>L’opéra français est présent avec deux spectacles, le diptyque <em>L’heure espagnole</em> / <em>L’Enfant et les sortilèges</em> confié à <strong>Jean-Louis Grinda</strong> pour la mise en scène et <strong>Jean-Louis Ossonce</strong> pour la direction musicale. <strong>Anne-Catherine Gillet</strong>, <strong>Ivan Thirion</strong>, <strong>Patrick Bolleire</strong>, <strong>Aya Wakizono</strong> et <strong>Loïc Felix</strong> font partie de la distribution, et <em>Thaïs</em> qui aura les traits de <strong>Nina Minasyan,</strong> entourée de <strong>Lionel Lhote</strong> et <strong>Valentin Thill</strong> sous la direction de <strong>Pierre Dumoussaud</strong>. <strong>Olivier Lepelletier-Leeds</strong> qui avait signé une somptueuse<em> Chauve-Souris</em> en décembre 2025, assurera la mise en scène.</p>
<p><em>Hubička</em> (<em>Le Baiser</em>) de Bedřich Smetana, dans une production d’<strong>Éric Chevalier </strong>ravira les amateurs de raretés.</p>
<p>Deux œuvres majeures du répertoire allemand complètent cette luxueuse programmation, <em>Lohengrin </em>dirigé par <strong>Giampaolo Bisanti</strong> et mis en scène par <strong>Jean-Claude Berutti</strong>, et <em>Capriccio</em> avec la comtesse de <strong>Liana Haroutounian</strong>, <strong>Robert Treviňo</strong> au pupitre et <strong>Rodula Gaitanou</strong> à la direction d’acteurs.</p>
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		<title>DONIZETTI, Lucrezia Borgia &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucrezia-borgia-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 05:22:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis ce fameux soir d’avril 1965 qui a marqué le début de la carrière internationale de Montserrat Caballé, remplaçant au pied levé Marilyn Horne dans Lucrèce Borgia au Carnegie Hall de New-York, l’ouvrage connaît un regain d’intérêt qui ne s’est jamais démenti. Dans la foulée du concert New-yorkais, la Diva espagnole a repris le rôle &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis ce fameux soir d’avril 1965 qui a marqué le début de la carrière internationale de Montserrat Caballé, remplaçant au pied levé Marilyn Horne dans <em>Lucrèce Borgia</em> au Carnegie Hall de New-York, l’ouvrage connaît un regain d’intérêt qui ne s’est jamais démenti. Dans la foulée du concert New-yorkais, la Diva espagnole a repris le rôle sur les plus grandes scènes et en a réalisé <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-donizetti-lucrezia-borgia/">la première version discographique</a> qui fait encore autorité aujourd’hui. A sa suite, d’autres donizettiennes émérites ont tenté avec plus ou moins de bonheur de se mesurer à cette partition qui réclame de véritables moyens de soprano dramatique d’agilité, ce qui implique, outre une maîtrise sans faille de la grammaire belcantiste, une assise solide dans le grave et un registre aigu puissant. Si Joan Sutherland, Leyla Gencer ou Mariella Devia ont rendu justice, chacune à leur manière, à ce personnage vénéneux, d’autres n’en ont donné qu’une vision parcellaire. Pour cette nouvelle production, l’Opéra Royal de Wallonie a fait appel à Jessica Pratt, grande spécialiste actuelle du bel canto romantique.</p>
<p>La réalisation a été confiée à <strong>Jean-Louis Grinda</strong>, resté fidèle à la maison qu’il a dirigée pendant dix ans (1996 – 2007). Le principal élément du décor réalisé par <strong>Laurent Castaingt,</strong> est un grand escalier central, flanqué de part et d’autre par des panneaux de tailles croissantes sur lesquels sont projetées les vidéos d’<strong>Arnaud Pottier</strong>, en rapport avec l’intrigue. Au fond du plateau, se découpent sur un ciel rougeoyant durant le prologue, les monuments les plus emblématiques de Venise auxquels succèderont ceux de Ferrare au tableau suivant. Au début du deux, le fond de scène est occupé par une immense reproduction de La Vierge de Lucques de Jan van Eyck, évocation de la mère protégeant son enfant, tandis qu&rsquo;un angelot, incarné par un petit garçon, semble veiller sur Gennaro tout au long de l&rsquo;action. Lors de la dernière scène, un immense voile noir descend sur le plateau. L’arrivée de Lucrèce à bord d’une embarcation au cours du prologue est particulièrement réussie tout comme la scène du festin chez la Negroni dominée par la couleur rouge. Il convient également de mentionner les élégants costumes de <strong>Françoise Raybaud</strong>. Dans cet écrin esthétiquement très abouti, la direction d’acteur, sobre est efficace, est d’une grande lisibilité.</p>
<p>La partition retenue inclut à la suite de « Com’è bello », la cabalette « Si volli il primo a cogliere » composée pour Giulia Grisi à l’occasion de la création de l’œuvre au Théâtre des Italiens et enregistrée par Caballé dans son intégrale, ainsi que l’air de Gennaro au début du deuxième acte « Partir degg’io », écrit pout Nicola Ivanov en 1840, qui figure dans la version Bonynge.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/J.-PRATT-M.-MIMICA-D.-KORCHAK-©J.Berger_ORW-Liege-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211766"/><figcaption class="wp-element-caption">J<sup>. PRATT &#8211; M. MIMICA &#8211; D. KORCHAK ©J.Berger_ORW-Liège</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution comporte un bon nombre de personnages secondaires, tous admirablement campés, qui contribuent à la réussite de l’ensemble : <strong>Luca Dall’Amico</strong>, <strong>Rocco Cavalluzzi</strong>, <strong>Roberto Covatta</strong> et <strong>Marco Miglietta,</strong> les joyeux amis de Maffio et Gennaro; <strong>Francesco Leone</strong>, solide baryton, fidèle serviteur de Lucrezia; <strong>William Corró</strong> et <strong>Lorenzo Martelli</strong>, obséquieux à souhait, les sbires du Duc. <strong>Marko Mimika</strong> incarne un Alfonso cruel et cynique. La noirceur de son timbre, l’impact de son registre grave, impressionnent dès son air « Vieni : la mia vendetta » au début du premier acte, et rend les menaces qui ponctuent son duo avec Lucrezia d’autant plus inquiétantes. Seule son attitude relativement statique en scène demeure perfectible. <strong>Julie Boulianne</strong> à l’inverse, est tout à fait crédible en jeune homme débordant d’énergie. Parfaitement à l’aise sur le plateau, elle porte avec conviction le costume masculin et capte durablement l’attention. Son style irréprochable et son impeccable legato font merveille dans sa ballade du deux « Il segreto per esser felice ». Cependant, son volume vocal relativement confidentiel déséquilibre quelque peu son duo avec Gennaro. Il faut dire que <strong>Dmitry Korchak</strong> chante sa partie avec une voix de stentor, trop large pour l&rsquo;air mélancolique « Di pescatore ignobile », en dépit des rares nuances dont il parsème sa ligne. Son second air « Partir degg’io » s’accommode à peine mieux de ce traitement sans pour autant satisfaire pleinement. Dommage, car son personnage, tant sur le plan vocal que scénique est tout à fait convaincant. En vingt ans de carrière, <strong>Jessica Pratt</strong> s’est imposée comme une des plus remarquables belcantistes de sa génération. Elle a admirablement servi Rossini, Bellini et surtout Donizetti : <em>Linda di Chamonix</em>, <em>La Fille</em> <em>du régiment</em>, <em>Don Pasquale</em>, <em>Rosmonda d’Inghilterra</em> ainsi que <em>Lucia di Lammermoor</em>, le rôle de ses débuts européens en 2007, dans lequel elle vient encore de triompher en février dernier à Toulouse. Mais avec <em>Lucrèce Borgia</em>, la soprano australienne se mesure à un personnage qui demande des moyens d&rsquo;une autre envergure. Dès son entrée elle se montre prudente, chantant sur un fil de voix, puis gagne en assurance jusqu’à sa romance « Com’è bello », en tout point séduisante grâce à son art du legato et ses notes filées. La cabalette qui suit, doublée et parsemée de vocalises, de notes piquées et de trilles lui permet de briller. Tout à fait à son affaire dans le duo avec son fils, elle parvient à s’imposer lors de son affrontement avec Alfonso. En revanche, son exclamation « Presso Lucrezia Borgia » au dernier tableau est privée de l’impact dramatique attendu, tout comme son cri « E’ spento ! » lorsque Gennaro meurt. Les ornementations précises de « Era desso il figlio mio » et la contre-note finale longuement tenue lui valent une ovation somme toute méritée. Une Lucrezia en demi-teinte qui parviendra probablement à trouver ses marques au fil des représentations. Notons que celle du 18 avril sera enregistrée par la chaine Mezzo.</p>
<p>Mentionnons enfin les interventions irréprochables du Chœur préparé par <strong>Denis Second.</strong></p>
<p>Nommé Directeur musical de la maison en 2022, <strong>Giampaolo Bisanti</strong> a effectué depuis lors un parcours jalonné de succès. Cette <em>Lucrezia Borgia</em> ne fait pas exception à la règle, bien au contraire. Le chef italien propose une direction énergique et précise avec des tempos alertes qui créent l’impression d’une course inexorable vers le dénouement tragique. La manière dont il fait monter progressivement la tension après l’entrée de Lucrèce au dernier tableau est particulièrement remarquable.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucrezia-borgia-liege/">DONIZETTI, Lucrezia Borgia &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Messa da Requiem &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-messa-da-requiem-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 06:55:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux ans après la création d’Aïda, Verdi eut la douleur de perdre son compatriote et ami, Alessandro Manzoni. Il proposa alors à la municipalité de Milan de composer un Requiem destiné à être exécuté pour le premier anniversaire de la mort de l’écrivain. L’ouvrage fut donc créé à l’église San Marco de Milan le 22 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux ans après la création d’Aïda, Verdi eut la douleur de perdre son compatriote et ami, Alessandro Manzoni. Il proposa alors à la municipalité de Milan de composer un Requiem destiné à être exécuté pour le premier anniversaire de la mort de l’écrivain. L’ouvrage fut donc créé à l’église San Marco de Milan le 22 mai 1874, avant d’être repris à la Scala puis donné huit jours plus tard à Paris, à l’Opéra-Comique, sous la direction du compositeur lui-même. Le succès fut considérable et gagna rapidement toute l&rsquo;Europe.</p>
<p>Ce dimanche 22 mars c’est devant une salle comble que <strong>Gianandrea Noseda</strong> dirige le Requiem de Verdi pour la seconde fois à la Philharmonie. Il l’avait déjà proposé voici dix ans, en février 2016, à la tête de l’Orchestre de Paris.  C’est une distribution globalement homogène qui a été réunie pour l’occasion. Lauréat de la Fondation des arts de New-York, <strong>David Leigh</strong> a fait ses débuts en France au Festival d’Aix dans le rôle du Commandeur qu’il repropose ensuite à Nancy, avant d’incarner Hagen dans <em>Le Crépuscule des Dieux</em> sous la direction de Noseda à Zurich. Dès les premiers mots du « Mors stupebit » on est frappé par la profondeur de cette voix sombre dont la projection lui permet de se faire entendre en dépit d’un volume relativement modéré. Son « Confutatis maledictis » témoigne d’une belle autorité et d’un superbe legato. <strong>Joseph Calleja</strong> aborde le Kyrie avec une voix puissante qui emplit toute la salle mais force est de reconnaître que le timbre a perdu son moelleux d’autrefois. On admire les délicates nuances dont il pare son « Ingemisco » poignant, mais le ténor compense un aigu défaillant par un passage inopiné en voix de tête qui dénature la ligne de chant. Dommage car sa prestation demeure tout de même d’un haut niveau dans l’ensemble. <strong>Agnieszka Rehlis </strong>offre une interprétation remarquable de bout en bout. Cette mezzo-soprano verdienne qui a Amneris, Ulrica et Azucena à son répertoire, possède un timbre cuivré et homogène jusque dans les notes les plus graves. Sa voix se marie idéalement à celle de sa partenaire, Ensemble, elles nous offrent des duos absolument magnifiques, notamment un « Recordare » qui touche au sublime. <strong>Marina Rebeka</strong> illumine la partition de sa voix pure et de son aigu radieux. Les infinies nuances dont elle pare sa ligne de chant, la splendeur de ses sons filés font merveille. Elle aborde le « Libera me » avec une voix implorante teintée de crainte et le conclut dans un murmure avec un timbre quasi fantomatique. Une interprétation majeure qui vaut à la soprano lettone un accueil triomphal au salut final.</p>
<p>Saluons également les remarquables interventions des chœurs préparés par <strong>Ernst Raffelsberger</strong>, aussi impressionnant dans les passages recueillis que dans le déferlement terrifiant du « Dies irae ».</p>
<p>A la tête de son Orchestre de l’Opéra de Zurich, <strong>Gianandrea Noseda</strong> propose une direction d’une intensité inouïe, à la fois précise et contrastée. Le chef italien adopte des tempos généralement rapides -le Santus est mené à un train d’enfer- tout en ménageant des passages « planants », propices au recueillement, tels le « Recordare » déjà cité. Un véritable travail d’orfèvre.</p>
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