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	<title>Claire-Marie Caussin, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Claire-Marie Caussin, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Paris (TCE)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming des Nozze di Figaro (visible jusqu&#8217;au 14 juin 2020), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 26 novembre 2019. Que James Gray – réalisateur, entre autres, des films Little Odessa, The Immigrant ou Ad Astra – s’essaie à la mise en scène d’opéra &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming des<em> Nozze di Figaro</em> (<a href="https://www.france.tv/france-5/passage-des-arts/1121707-les-noces-de-figaro.html">visible jusqu&rsquo;au 14 juin 2020</a>), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 26 novembre 2019</strong><strong>. </strong></p>
<hr />
<p>Que <strong>James Gray</strong> – réalisateur, entre autres, des films <em>Little Odessa</em>, <em>The Immigrant</em> ou <em>Ad Astra</em> – s’essaie à la mise en scène d’opéra avait suscité autant d’espoirs de voir une production novatrice et originale, que de craintes à l’idée d’une relecture iconoclaste.</p>
<p>Quelle n’est donc pas notre surprise lorsque le rideau s’ouvre sur ce qui ressemble plus qu’étrangement à la mise en scène de ces mêmes <em>Noces de Figaro</em> par Giorgio Strehler ! Inspiration ? Hommage ? Copie ? Susanna assise sur les genoux de Figaro, cette corde à linge où pend un vêtement du Comte et que Figaro frappe d’un bâton lors du « Se vuol ballare »<em> </em>; le jaune passé de la chambre de la Comtesse, sa robe rouge ; Susanna se jetant sur Marcelline et rattrapée de justesse par Figaro au finale du II ; mais aussi ces décors, purement décoratifs et n’offrant que peu de possibilités d’action – et quel dommage d’avoir si peu de portes dans une œuvre où elles claquent si souvent !</p>
<p>Au-delà de ces références évidentes à Strehler, c’est définitivement une impression de déjà-vu qui prime : des gestes, des attitudes codifiés hérités d’une longue tradition de mise en scène mais qui semblent aujourd’hui d’un autre temps. James Gray assume en effet l’artificialité du théâtre, et ne cherche aucunement l’illusion théâtrale : les personnages sont le plus souvent face public, les planches ont une importance capitale dans le décor qui autorise les chanteurs à passer de la scène à la salle, le rideau est levé par Figaro au début du spectacle… La notion de quatrième mur est absolument étrangère à cette production qui souffre, par là-même, d’un manque de naturel et de continuité dans l’action dont on n’a plus vraiment l’habitude.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="314" src="/sites/default/files/styles/large/public/20191121-09vp_0.jpg?itok=konjo_UT" title="© Vincent Pontet" width="468" /><br />
	© Vincent Pontet</p>
<p>Après deux premiers actes excessivement classiques apparaît un décor assez graphique et circulaire autour d’un grand escalier sur lequel évoluent les personnages. Quelques chaises achèvent le décor ainsi que des jeux de lumières incongrues, qui ne comblent pas une direction d’acteur limitée. Quant au dernier acte, c’est un jardin qui a le mérite d’offrir nombre d’espaces pour se cacher.</p>
<p>Certes le spectacle est joli et l’on passe un moment agréable – l’enthousiasme de la salle l’a prouvé avec raison. Plus encore, les nostalgiques des mises en scène du passé se sentiront comme à la maison. On craignait une relecture trop franche des <em>Noces de Figaro</em> de la part d’un homme de cinéma ; en réalité, il a comme remis sur l’œuvre un peu de la poussière que plusieurs décennies de metteurs en scène – à tort ou à raison – s’étaient évertuées à faire disparaître.</p>
<p>Le classicisme de cette production n’est évidemment pas un problème en soi, mais plusieurs questions se posent malgré tout – car pour une mise en scène, le « joli » ne sera jamais le gage du « réussi » : a-t-on la tension dramatique inhérente à cet opéra ? A-t-on l’épaisseur psychologique qui caractérise les personnages ? A-t-on, simplement, toute la richesse de l’œuvre de Mozart et Da Ponte sous les yeux ? La réponse est non, car qu’on le veuille ou pas, <em>Les Noces de Figaro</em> sont plus qu’une jolie histoire, plus qu’une comédie légère où aucun protagoniste ne mettrait en jeu ses sentiments.</p>
<p>Les sentiments, voilà précisément ce qui manque dans la direction d’acteur de James Gray : du désir, peu ; de l’amour, moins ; et la reconnaissance de Figaro par ses parents – et l’émotion qu’elle devrait susciter – tombe à l’eau. C’est d’autant plus dommage que le metteur en scène est face à une distribution remarquable, donc chacun révèle un potentiel d’acteur dont il aurait suffi de tirer profit.</p>
<p>Le Figaro de <strong>Robert Gleadow</strong> est impeccable vocalement, naturel, engagé dans le texte et d’une vivacité physique idéale ; la Susanna d’<strong>Anna Aglatova</strong> mêle dans sa voix la délicatesse du personnage et un caractère affirmé ; et le Chérubin d’<strong>Eléonore Pancrazi </strong>semble parfaitement à son aise tout au long de la partition, sans manquer d’un jeu masculin et juvénile.</p>
<p><strong>Stéphane Degout</strong> est un Comte Almaviva d’une remarquable autorité vocale et mène « Hai già vinta la causa » avec un art consommé du récitatif, avant un air superbe où se déploie toute la beauté du timbre. Pourquoi James Gray n’a-t-il rien proposé d’autre qu’un personnage qui donne des coups d’épée dans le vide pendant ce moment de crise et, pire encore, qui mange une feuille de papier à l’acte III ? Par dépit sans doute, d’accord, mais le Comte Almaviva n’évoque-t-il donc rien de plus noble, de plus profond et de plus tragique que de manger du papier ?</p>
<p>Heureusement la Comtesse subit un sort plus sobre, incarnée par <strong>Vannina Santoni</strong>. Une fort belle Comtesse, qui recherche une ligne et un son éthérés au possible : voilà qui donne de la sensibilité au personnage, mais on regretterait presque de ne pas entendre la voix plus pleine tant elle peut être rayonnante.</p>
<p><strong>Carlo Lepore</strong> (Bartolo), <strong>Mathias Vidal</strong> (Basilio) et <strong>Jennifer Larmore</strong> (Marcelline) sont parfaits dans leurs rôles de « méchants ». Dommage que ces derniers soient traités comme des caricatures et que la Barberine de <strong>Florie Valiquette</strong>, impeccable, n’ait pas plus d’occasions de briller scéniquement.</p>
<p>Une distribution vocale idéale donc, dirigée par un <strong>Jérémie Rhorer</strong> qui domine la soirée. Ne laissant rien au hasard, dirigeant chaque détail de la partition, il obtient du <strong>Cercle de l’Harmonie</strong> un son superbe, avec un abattage dont seuls les instruments anciens sont capables. Les tempos sont d’une vivacité monstre – entraînant quelques décalages avec les chanteurs – mais le chef n’oublie pas de ménager des temps de respiration, tels que « Dove sono » ou « Che soave zeffiretto ». A noter tout particulièrement, le très bel usage des cors, aussi bien dans les moments dramatiques que dans les moments les plus doux.</p>
<p>Ce soir, c’est l’orchestre qui portait le drame et les passions. Une preuve que la musique de Mozart en dira toujours plus qu’aucun metteur en scène.</p>
<p><a href="https://www.france.tv/france-5/passage-des-arts/1121707-les-noces-de-figaro.html">Voir la vidéo</a></p>
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		<title>Mathieu Romano : « C&#8217;est l&#8217;importance affichée de la culture par les pouvoirs publics qui nous manque aujourd&#8217;hui » —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mathieu-romano-cest-limportance-affichee-de-la-culture-par-les-pouvoirs-publics-qui-nous-manque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2020 16:07:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chef de chœur et chef d’orchestre, Mathieu Romano a fondé et dirige l’ensemble vocal Aedes. Il nous a confié ses craintes et ses espoirs face à la situation culturelle, économique et sociale actuelle. Pouvez-vous nous présenter l’ensemble Aedes, que vous dirigez ? Aedes est un ensemble vocal professionnel français que j’ai créé pendant la saison 2005-2006. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Chef de chœur et chef d’orchestre, Mathieu Romano a fondé et dirige l’ensemble vocal Aedes. Il nous a confié ses craintes et ses espoirs face à la situation culturelle, économique et sociale actuelle.</strong></p>
<hr />
<p><strong>Pouvez-vous nous présenter l’ensemble Aedes, que vous dirigez ?</strong></p>
<p>Aedes est un ensemble vocal professionnel français que j’ai créé pendant la saison 2005-2006. On entre donc dans notre quinzième année très bientôt. C’est un ensemble dont je suis directeur artistique et directeur musical, qui réalise une cinquantaine de concerts par an et tout autant de projets pédagogiques et culturels envers les publics amateurs, les scolaires, les futurs professionnels étudiants, mais aussi des concerts sociaux dans les hôpitaux ou les maisons de retraite. C’est un ensemble indépendant, qui n’est pas rattaché à une maison d’opéra ou quoi que ce soit.</p>
<p><strong>Avez-vous personnellement des activités en-dehors de ce chœur ?</strong></p>
<p>A côté de mes activités de directeur musical artistique d’Aedes je suis chef d’orchestre freelance, on m’appelle pour des projets divers et variés d’opéras, de concerts.</p>
<p><strong>Quels projets ont été annulés pour vous en raison de l’épidémie de Covid-19 ?</strong></p>
<p>Beaucoup de projets ont été annulés. On devait notamment faire la Folle Journée à Tokyo début mai, on avait aussi pas mal de concerts a cappella en mars et en avril. Tous nos concerts de mai et de juin sont pour l’instant maintenus, mais on vit au jour le jour et on craint vraiment qu’ils soient annulés. On doit notamment aller faire deux concerts et une master class au festival de Grenade en Espagne fin juin, mais rien n’est moins sûr. On a aussi pas mal d’annulations de projets avec des enfants : un projet en Bourgogne qui réunissait quatre classes d’école primaire pour un spectacle qu’on devait créer mi-mars et sur lequel on a travaillé depuis le début de l’année ; et une création d’opéra contemporain pour une centaine d’enfants qui doit normalement se faire début juin au théâtre impérial de Compiègne, mais évidemment toutes les répétitions ont été annulées puisque les écoles ont fermé… Pour l’instant on voit au jour le jour, on essaie de garder le contact avec les élèves par des vidéos, des tutos. Ce sont des projets sur le long terme, et c’est évidemment quelque chose qui est très triste pour nous que ces concerts ne puissent pas avoir lieu.</p>
<p><strong>De quelle manière pouvez-vous continuer à travailler durant ce confinement ?</strong></p>
<p>Le cœur de notre métier c’est de répéter ensemble : avec les chanteurs c’est compliqué, on ne peut pas répéter à distance. Ce qu’on peut faire c’est continuer à donner des informations sur les prochains programmes, scanner et envoyer en pdf toutes les partitions maintenant qu’on ne peut plus les envoyer par La Poste, donner des précisions sur les œuvres&#8230; On essaie de faire comme s’il n’y avait pas cette crise, c’est-à-dire continuer à travailler sur les prochains projets tout en sachant qu’ils s’annulent un à un. On essaie de gérer les urgences, de savoir si tel concert annulé peut être reporté, et peut-être trouver des solutions. J’ai la chance d’avoir une équipe très solide pour gérer la crise et ses répercussions financières ; pour Aedes en tant qu’ensemble, tout dépend de combien de temps durera la crise, le nombre de concerts annulés, et plus généralement, comment le secteur dans sa globalité va se porter. Ça risque d’être compliqué. Mais ce qui nous inquiète le plus ce sont les intermittents dont les concerts sont annulés et qui n’ont plus de cachets. Au sein de la Fevis [ndlr. Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés], qui défend les intérêts de tout le secteur (artistes, techniciens, ensembles) et plus généralement au sein de toutes les fédérations et sydicats, il y a un grand travail pour faire bouger le gouvernement. Depuis le 27 mars, on sait que l’activité partielle est possible pour les CDDU. Mais le combat ne s’arrête pas là ! Beaucoup de questions se posent encore, notamment sur la valorisation des indemnités de chômage partiel pour les intermittents auprès de Pôle Emploi.</p>
<p>Et puis on tente surtout de garder un contact humain avec les chanteurs. Artistiquement et humainement, c’est là qu’on peut continuer et même intensifier : s’échanger des messages, s’envoyer des petits mots, penser à l’avenir, garder le contact pour qu’à la prochaine répétition que nous ferons après le confinement on puisse reprendre le cours de notre vie artistique comme si de rien n’était, même si évidemment beaucoup de choses ont changé. Après, et là on sort de la musique, j’espère au moins que ce temps de confinement pourra faire un peu changer les mentalités, et peut-être faire aboutir à un autre modèle de société. Je crois que je suis un peu trop optimiste, évidemment, mais je pense, j’espère que ça va faire prendre conscience de certaines choses à certaines personnes, parce que sinon on risque de connaître ça à nouveau dans les années à venir. Il y aura sûrement d’autres crises par la suite si on ne repense pas un peu notre manière de vivre. J’espère au moins que le confinement aura ce côté positif.</p>
<p><strong>Que pensez-vous des premières mesures en faveur du secteur culturel annoncées par le gouvernement ?</strong></p>
<p>C’est certes une bonne chose d’avoir débloqué une aide de vingt-deux millions d’euros pour le spectacle vivant (dont onze pour la musique) mais les pertes pour le secteur sont estimées, pour l’instant, à cinq cent millions d’euros. Je pense que ce qui a été fait est un premier pas, mais je pense qu’il faut en faire beaucoup d’autres parce qu’on a besoin de ce soutien financier à tous nos artistes, je parle de la musique mais aussi du théâtre, de la danse, tout le milieu culturel qui est un milieu déjà très précaire et pas forcément très soutenu en temps normal. Mais encore une fois on est tous dans le même bateau. Je me garderais bien de critiquer trop fortement parce que c’est une crise assez nouvelle, je pense que chacun fait ce qu’il peut ; mais il faut en faire plus et j’espère que des mesures encore plus fortes seront annoncées.</p>
<p><strong>Faudrait-il alors repenser le système de l’intermittence ?</strong></p>
<p>Sans le système de l’intermittence, les ensembles comme Aedes ne pourraient pas exister ! Ce système est une chance en France, parce que c’est un système assez avantageux par rapport à d’autres. J’ai des collègues à l’étranger qui sont étonnés quand je leur en parle. Après est-ce qu’il est suffisant ? Je ne sais pas. Je pense que c’est surtout une question de valorisation de la vie culturelle en France. Au niveau des subventions, la masse budgétaire accordée à la culture pourrait être bien plus grande pour faire en sorte que la vie musicale soit encore plus créatrice. Je crois que c’est surtout la place de la culture, et l’importance affichée de la culture par les pouvoirs publics – que ce soit ce gouvernement-ci ou les précédents – qui nous manquent aujourd’hui.</p>
<p><strong>Certains considèrent que le secteur culturel n’est pas une priorité en ces temps de crise sanitaire, qu’il serait même indécent de la part des artistes de prendre la parole en ce moment…</strong></p>
<p>Je peux comprendre ; après parler d’intermittence c’est comme parler du salaire ou du chômage partiel des travailleurs français. Pourquoi parlerait-on de la situation économique de la population française, mais pas de l’intermittence ? Cette crise nous touche tout autant que d’autres, voire plus que d’autres. Beaucoup de salariés peuvent télétravailler et continuer à toucher leur paie ; un chanteur ne peut pas télétravailler. Il ne touche pas ses cachets, parce que ses concerts sont annulés. Par ailleurs, le secteur culturel représente une grande part de l’économie ! A eux seuls par exemple, les adhérents de la FEVIS représentent 47 millions d’euros de masse salariale et 826 équivalents temps plein. Tout le secteur du spectacle vivant représente plusieurs milliards d’euros. Autant de raisons qui font que les artistes ont tout autant la parole que d’autres secteurs en ce moment !</p>
<p>Evidemment il y a des choses beaucoup plus importantes, encore une fois on sort de la crise, mais la situation de tous les mal-logés, de tous les SDF, des pauvres, évidemment que c’est beaucoup plus important. Mais je crois qu’il ne faut pas négliger tous les intermittents, dont la plupart ont une situation assez précaire, et ne sont pas des gens qui vivent bien. Une partie d’entre eux en tout cas. Ils ont un statut extrêmement précaire pour lequel nous, ensemble indépendant, on ne peut pas faire grand-chose. Alors évidemment on tente de sauvegarder tout ce qu’on peut, de mettre en place ce qu’on peut pour répondre à leurs attentes, mais nous-mêmes, si on ne nous donne pas d’argent pour les concerts, on ne peut pas en distribuer aux chanteurs.</p>
<p><strong>Quel impact cette crise risque-t-elle d’avoir sur la saison à venir ?</strong></p>
<p>C’est difficile à dire… je pense qu’il va être assez fort parce qu’il y a certains concerts annulés maintenant qui faisaient partie de tournées. Certains concerts sont reliés entre eux par un équilibre budgétaire global, et bouger l’équilibre d’un impacte l’autre. Et surtout, tout va dépendre de quand on sort de la crise. Parce qu’évidemment il y a le confinement, mais une fois qu’on en sera sortis, je pense qu’il y aura toujours des mesures d’interdiction de regroupement de plus d’un certain nombre de personnes. Pour nous l’arrêt des concerts risque de se poursuivre après le confinement, et moi personnellement je suis assez pessimiste sur les concerts au moins jusqu’en septembre. Je dis ça, c’est une intuition, je n’ai rien entendu d’officiel. Mais je pense que tous les festivals d’été vont être très touchés, ce qui va avoir des répercussions sur les saisons d’après : il va y avoir des annulations, des reports, et il va falloir repenser tout l’équilibre budgétaire.</p>
<p><strong>Si l’on est optimistes, quand pouvons-nous espérer entendre l’ensemble Aedes ?</strong></p>
<p>Si on est très optimistes, on a une nouvelle création, « Lamento », qui mêle le chant choral et le chant flamenco. Tout le répertoire un peu viscéral du cri, de la passion, y compris la passion amoureuse, avec la célèbre chanteuse espagnole de flamenco Rocio Marquez. On crée ce programme en juin à Noirlac et au festival de Grenade, puis en août aux rencontres de Vézelay. C’est un projet qu’on reprendra la saison d’après, donc ça fait partie des choses un peu en balance, mais disons que si on est optimistes, c’est notre prochaine grosse création au programme. Et puis on a une saison très remplie à partir de septembre, notamment à Paris : on participera à un spectacle d’Amos Gitaï au Théâtre de la Ville, on va reprendre <em>Fantasio</em> à l’Opéra Comique en décembre, on va faire un programme autour de <em>Noces</em> de Stravinsky avec Les Siècles et la compagnie de danse de Dominique Brun à la Philharmonie de Paris, qu’on reprendra ensuite sous ma direction dans une petite forme en tournée. On a plutôt une grosse activité à l’automne, évidemment si tout va bien.</p>
<p> </p>
<p>Propos recueillis le 1<sup>er</sup> avril 2020</p>
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		<title>Stéphane Degout : « Ce qui m’inquiète, c’est l’onde de choc qui va se faire sentir pendant plusieurs saisons » —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stephane-degout-ce-qui-minquiete-cest-londe-de-choc-qui-va-se-faire-sentir-pendant-plusieurs-saisons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2020 20:35:22 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/stphane-degout-ce-qui-m-inquite-c-est-l-onde-de-choc-qui-va-se-faire-sentir-pendant-plusieurs-saisons/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alors que la Monnaie devait accueillir son premier Prince Eletski en avril, le baryton Stéphane Degout a accepté d’évoquer avec nous la période de crise traversée par l’art lyrique, mais aussi son dernier album et sa vision du chant et de la mise en scène d’opéra. A quels projets avez-vous été contraint de renoncer en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que la Monnaie devait accueillir son premier Prince Eletski en avril, le baryton Stéphane Degout a accepté d’évoquer avec nous la période de crise traversée par l’art lyrique, mais aussi son dernier album et sa vision du chant et de la mise en scène d’opéra.</strong></p>
<hr />
<p><strong>A quels projets avez-vous été contraint de renoncer en raison de l’épidémie du Covid-19 ?</strong></p>
<p>Principalement à la production de <em>La Dame de pique</em> qu’on avait commencé à répéter à Bruxelles, mais qui a été repoussée à la saison 2022 a priori. Les récitals que je devais donner en mars aussi ont été annulés. Celui de Genève est repoussé au mois de juin, celui de la Monnaie à une date qu’on ne connaît pas encore, et pareil pour Wigmore. Les récitals sont toujours plus faciles à remplacer, ils ne concernent que deux artistes ; il faut juste trouver un moment et une salle libre.</p>
<p><strong>Comment vivez-vous cette période de crise ? Naturellement des questions économiques se posent mais comment vivez-vous, psychologiquement, ce temps où vous ne pouvez pas exercer votre métier ?</strong></p>
<p>Pour l’instant à vrai dire je réalise comme tout le monde la situation parce que je la prends comme tout le monde de plein fouet. Même si je fais partie des quelques artistes qui peuvent supporter le choc financièrement, je me rends compte que toute la profession, pas seulement les chanteurs mais tous ceux qui travaillent dans les théâtres, sont extrêmement fragilisés parce que tout d’un coup tout le système s’arrête. On n’a aucune échappatoire, aucun moyen de s’accrocher à quelque chose d’autre puisque tout est annulé pendant des mois. Personne ne sait combien de temps ça va durer, et ce qui m’inquiète, c’est l’onde de choc qui va se faire sentir pendant plusieurs saisons dans la majorité des théâtres. Ça veut dire moins de travail pour la plupart d’entre nous, et surtout pour les plus fragiles, ce qui est le plus alarmant. «</p>
<p><strong>A long terme, sera-t-il nécessaire selon vous de repenser le fonctionnement de la vie musicale en France ?</strong></p>
<p>Je ne sais pas si on devra, mais on ne peut pas s’empêcher d’avoir ce genre de réflexion. Il y a déjà plusieurs personnalités du monde musical qui se sont exprimées là-dessus, je pense à Peter de Caluwe ou à d’autres directeurs de théâtre en France, à d’autres acteurs de la vie musicale qui ne sont pas des artistes. Je pense qu’on ne pourra pas y couper de toute façon. A mon avis cette onde de choc dont je parle viendra aussi de nos tutelles qui nous diront : « Avec ce qu’on a vécu, maintenant on va vivre à crédit sur plusieurs saisons, il faudra faire avec », et donc on n’aura pas le choix. Oui, ça voudrait dire moins de travail pour beaucoup d’entre-nous ; ça voudrait dire travailler dans d’autres conditions, même s’il me semble que les conditions actuelles sont en général bonnes et bien organisées. Je n’ai aucune idée de comment ça va se passer, mais je crois que c’est une réflexion qui est nécessaire et qui est saine. Il y a eu plusieurs lettres ouvertes qui ont circulé sur les réseaux sociaux ; je trouve que <a href="https://www.forumopera.com/ludovic-tezier-a-mes-collegues-au-public-aux-theatres-lyriques">celle de Ludovic Tézier est la plus complète </a>: il met le doigt là où ça fait mal, et à mon avis de manière très intelligente. Je le suis parfaitement dans son analyse et dans ce qu’il dit de la situation.</p>
<p><strong>Virginie Dejos, chef de chant à l’opéra de Stuttgart, <a href="https://www.forumopera.com/virginie-dejos-je-ne-vois-pas-pourquoi-la-vie-dartiste-devrait-rester-une-vie-precaire">évoquait il y a quelques jours sur notre site la nécessité de « normaliser » la vie des musiciens</a>, ce que permet par exemple le système de troupes en leur donnant un point d’attache…</strong></p>
<p>On y tend tous, on en a tous envie parce qu’au bout d’un moment c’est une vie, je ne dirais pas qui nous fatigue, mais qui peut peser ne serait-ce que sur des vies familiales ou de couple. Et puis, des troupes en France, il y en a eu pendant longtemps ! Lorsque j’ai fini mes études au conservatoire de Lyon en 98, j’ai intégré la troupe de l’opéra de Lyon, qui existait encore. D’abord ce système est extrêmement formateur pour les chanteurs, et c’est ce qui m’a permis de poser des bases très importantes de répertoire. On apprend plus facilement parce qu’on est très entouré, qu’on est chez soi. Et effectivement on n’a pas à se soucier de l’organisation, d’où on va vivre pendant deux mois dans une ville qu’on ne connaît pas etc. On est quand même tous amenés à voyager beaucoup. Moi j’ai calculé, depuis vingt ans que je fais ce métier j’ai passé en moyenne trois mois par an chez moi. Et ça commence à me peser, oui ! Je ne sais pas si on doit revenir à ce système-là, parce que le système allemand a aussi ses excès et ses difficultés : des chanteurs qui font cinq, six représentations par semaine avec trois ou quatre rôles différents parfois, ça peut aussi être usant et avoir des conséquences sur la santé vocale. Il faudrait trouver un système qui équilibre parfaitement les deux.</p>
<p><strong>Si les spectacles sont malheureusement annulés, on peut vous entendre dans votre nouvel album paru chez Harmonia Mundi : « Epic : Lieder &amp; Balladen ». Comment est né ce programme, très dense, qui contient des pièces extrêmement sombres et dramatiques ?</strong></p>
<p>Ce sont des Lieder que j’ai chantés il y a quelques années déjà, avec Simon Lepper justement. En fait il y a certaines ballades que je chante même depuis longtemps : le « Belsatzar » de Schumann, le « Zwerg »… On a décidé d’en faire un groupe assez costaud qui durait quand même quarante minutes, en première partie d’un récital qu’on a donné en 2014 ; c’était la première fois qu’on travaillait ensemble d’ailleurs. Et puis on s’était dit à cette époque que ce serait bien qu’on l’enregistre un jour ou l’autre, et l’idée a plu à Harmonia Mundi avec qui je travaille maintenant. On a ajouté quelques ballades que je n’avais pas chantées avant en récital, « Le roi de Thulé » par exemple, pour le compléter un peu, et puis les <em>Trois sonnets de Pétrarque</em> de Liszt : là on est dans un autre domaine, plutôt dans le bel canto. C’est comme une deuxième partie de récital.</p>
<p><strong>D’où vous vient votre affinité avec le texte, que l’on sent chez vous aussi bien dans l’opéra que dans la mélodie ou le Lied ?</strong></p>
<p>Aussi loin que je m’en souvienne, quand j’étais à l’école en primaire, une fois par semaine on avait une poésie à apprendre, et moi c’était un exercice que j’adorais faire. D’abord je l’apprenais très vite, et ensuite j’adorais la réciter en classe, et pour mes parents, ou à n’importe quelle occasion. Je ne sais pas si c’est le goût de la poésie qui a commencé à naître à ce moment-là, mais en tout cas je ne l’ai jamais vraiment perdu. Ensuite, adolescent, j’ai fait du théâtre : on avait toujours un travail sur le texte, sur sa prononciation, sur comment être le plus clair possible pour se faire comprendre à distance quand on est acteur etc. Et puis quand je suis entré au conservatoire en 95, ma rencontre avec Ruben Lifschitz a été primordiale parce qu’il m’a enseigné la musique à travers le texte. J’ai compris que la musique et le texte n’étaient pas deux choses différentes mais fondamentalement la même chose, et que c’était tout à fait sain pour l’esprit et pour la voix d’aller dans le sens du texte plus que dans le sens du chant. C’est quelque chose aussi qui me correspondait vocalement : je dis souvent ça comme une espèce de boutade, mais quand je suis entré au conservatoire, on m’a dit que je n’avais pas la voix ni les épaules pour faire une carrière à l’opéra, mais que je pouvais toujours apprendre quelques mélodies françaises pour passer le temps. De se faire entendre dire ça c’est comme une gifle. Mais en fait ce travail que j’ai fait avec Ruben, pendant mes années au conservatoire et jusqu’à son décès il y a quatre ans, a été fondamental pour moi. Maintenant que je commence aussi un peu à enseigner, je me rends compte que c’est quelque chose qui manque chez beaucoup de jeunes chanteurs. On est davantage dans le son et dans la voix que dans le texte et ce qu’il veut dire, ou dans la musique du texte. Le poète a travaillé sur des sonorités aussi, et c’est très important de respecter ce travail et d’essayer d’aller dans le même sens, quelle que soit la langue.</p>
<p><strong>Justement qu’implique, vocalement, de passer d’une langue à l’autre ? On parlait de l’allemand et de l’italien dans votre album, mais vous chantez également en russe : adapte-t-on sa voix aux différentes langues ?</strong></p>
<p>Je ne dirais pas ça, au contraire. Je me suis rendu compte avec le russe que ça correspond à la voix que j’ai maintenant. Il y a une sorte de maturité dans ma voix, et je crois que ma maturité vocale correspond à cette langue maintenant. Je me dis que c’est le bon moment de l’aborder. Je ne sais pas comment vous expliquer ça, mais c’est un peu comme du vin, ou des choses qui ont besoin de temps pour s’exprimer complètement. La voix en fait partie je pense. Il y a vingt ans je n’aimais pas le Châteauneuf-du-pape, maintenant je trouve ça délicieux… (rires) Le goût s’adapte aussi, l’oreille, tout. Mais le russe c’est quand même très particulier, c’est une langue très éloignée de la nôtre par sa grammaire mais dans le fond les sonorités sont très européennes. On n’est pas perdu totalement.</p>
<p><strong>Trouvez-vous l’exercice du récital périlleux comparé à une représentation à l’opéra, où le chanteur est protégé d’une certaine manière par un rôle, un costume, une mise en scène ?</strong></p>
<p>Je ne sais pas si c’est plus dangereux ; c’est un exercice auquel je suis habitué, je fais ça depuis longtemps et je m’y sens bien. Je n’ai pas peur du récital. Au contraire je me dis que c’est un moment un peu privilégié où on est seulement deux artistes et où on peut, et on doit se concentrer sur la matière qu’on a, c’est-à-dire un texte et une musique. Souvent, à l’opéra, le texte (en tout cas le texte comme matériau, pas seulement par ce qu’il raconte) et la musique passent parfois un peu au second plan. On a une musicale tous ensemble au début des répétitions, on fixe un peu les choses et puis après on a plusieurs semaines de répétitions de scène et là, on oublie les choses fondamentales. Et puis effectivement à l’opéra on est aidés parce qu’on est plusieurs, on a des partenaires sur scène, on a des costumes, il y a un décor&#8230; On peut s’autoriser à un moment d’être un peu en retrait de tout ça. En récital jamais, on n’a pas le droit.</p>
<p><strong>Puisque l’on parle de mise en scène, de plus en plus de spectateurs affirment préférer les versions de concert aux productions contemporaines, sous prétexte que la vue viendrait perturber l’oreille et que certaines mises en scène dénatureraient l’œuvre. Que pensez-vous de ces versions de concert ?</strong></p>
<p>Moi je crois qu’elles sont intéressantes, mais je ne dirais pas qu’elles sont plus intéressantes ni que l’opéra serait amoindri par une mise en scène. Evidemment il y a des spectacles qui sont ratés, j’en ai fait quelques-uns, et malheureusement c’est souvent, et c’est un peu gonflé de le dire, la faute du metteur en scène. Mais la plupart du temps les metteurs en scène arrivent à nous guider dans des choses qu’on ne soupçonne pas vraiment, parce qu’elles ne sont pas nécessairement dans la musique ou dans le texte, parce qu’elles sont d’ordre psychologique, de relations entre les personnages, de rythme à donner – je veux dire un rythme physique, par exemple une façon d’être sur scène, un geste à faire ou à ne pas faire. Je me souviendrai toujours de ce que Chéreau disait des chanteurs d’opéra : il disait qu’ils étaient de bons acteurs, mais des acteurs amateurs. En ce sens où ne va pas au fond des choses parce qu’on est très aidés par la musique, mais on est aussi très limités par elle. On s’arrête à des choses purement techniques, vocales etc. Et quand on a un metteur en scène comme Chéreau, ou comme James Gray récemment pour <em>Les Noces de Figaro</em> au TCE, quand on a affaire à des gens comme ça qui eux ne se soucient pas de la musique mais nous laissent ça en nous disant « c’est votre affaire pas la mienne », qui vont au fond des choses, on peut arriver à des spectacles très riches et vraiment très réussis. Je crois qu’on a besoin d’un metteur en scène, et d’un chef, et de partenaires solides. C’est une alchimie en fait.</p>
<p><strong>Et si cette alchimie existe, peu importe si la mise en scène est classique dans son esthétique, ou très contemporaine ?</strong></p>
<p>Ça dépend des œuvres. Certaines œuvres supportent absolument tout. J’ai fait plusieurs <em>Pelléas</em>, du plus naturaliste au plus abstrait, et tout fonctionnait parce que cela faisait sortir de Pelléas quelque chose de spécial. Par contre j’ai toujours préféré <em>Les Noces</em> dans une version naturaliste, historique, ou en tout cas où l’on fait exactement ce qui est écrit ; parce que dès l’instant où l’on s’en éloigne pour faire dire quelque chose d’autre au texte, on se heurte nécessairement dans la scène d’après, ou même tout de suite, à un mur d’incompréhension et de non-sens.</p>
<p><strong>La mise en scène de James Gray a dû vous rendre particulièrement heureux…</strong></p>
<p>Lui ne voulait surtout pas abîmer l’œuvre, donc il l’a délibérément placée au XVIIIème siècle, au moment de l’histoire qu’on raconte, esthétiquement. Mais toutes ses indications, tous les parallèles qu’il faisait avec d’autres personnages qui existent étaient des personnages contemporains. Pour lui, le Comte, c’est Weinstein. Evidemment il se sert de son monde à lui qui est celui du cinéma pour nous donner des indications, et cela fait sens car le propos des <em>Noces de Figaro</em> est valable à n’importe quelle époque, dans n’importe quel contexte. Effectivement, moi je buvais du petit lait quand même avec lui… Parce que je connais très bien l’œuvre, je l’ai chantée beaucoup, mais quand on fait une nouvelle production et qu’on tombe sur quelqu’un qui nous fait découvrir des choses nouvelles, qui apporte un éclairage nouveau juste en décalant un peu le point de vue, c’est toujours assez jouissif. En tout cas j’ai beaucoup aimé faire ce spectacle.</p>
<p><strong>Que serait pour vous « abîmer l’œuvre », comme vous l’évoquiez dans votre précédente réponse ?</strong></p>
<p>Ça abîme quand on ne comprend pas l’histoire, quand l’attention du public est déviée vers quelque chose qui n’est pas dans la musique ou dans le texte. Je ne sais pas si on abîme l’œuvre, mais en tout cas on abîme sa compréhension et l’effet qu’elle doit avoir sur le public.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets, une fois l’épidémie terminée ?</strong></p>
<p>L’incongruité de la situation c’est que j’avais trois mois de vacances, juin-juillet-août, que je me gardais précieusement et égoïstement, mais là j’ai trois mois de vacances de plus ! (rires) Si tout va bien, je reprends le travail en septembre avec la tournée de <em>Lessons in love and violence</em> qu’on a fait il y a deux ans maintenant et qui continue de tourner. Je serai au Comique en novembre avec <em>Hippolyte et Aricie</em> et Raphaël Pichon. C’est un peu ma famille baroque, Raphaël Pichon et l&rsquo;ensemble Pygmalion, maintenant ! En janvier de l’année prochaine je ferai mon premier Onéguine à Toulouse, et puis encore <em>Lessons</em>, et beaucoup de concerts et récitals. Je vais chanter Ford aussi dans Falstaff, ce sera une prise de rôle importante. C’est une très bonne saison, je suis content.</p>
<p> </p>
<p>Entretien réalisé le 24 mars 2020</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stephane-degout-ce-qui-minquiete-cest-londe-de-choc-qui-va-se-faire-sentir-pendant-plusieurs-saisons/">Stéphane Degout : « Ce qui m’inquiète, c’est l’onde de choc qui va se faire sentir pendant plusieurs saisons » —</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Opéra de Bordeaux : un concert de soutien aux hôpitaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/opera-de-bordeaux-un-concert-de-soutien-aux-hopitaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2020 08:55:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les concerts de soutien aux personnels hospitaliers se multiplient, à l&#8217;instar de l&#8217;Opéra de Bordeaux qui organise cet après-midi deux représentations : une dans les jardins de l&#8217;hôpital Saint-André, l&#8217;autre devant une résidence pour personnes âgées. L&#8217;Opéra a fait venir pour l&#8217;occasion &#8211; mais en respectant les règles de distanciation sociale &#8211; des musiciens de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les concerts de soutien aux personnels hospitaliers se multiplient, à l&rsquo;instar de l&rsquo;Opéra de Bordeaux qui organise cet après-midi deux représentations : une dans les jardins de l&rsquo;hôpital Saint-André, l&rsquo;autre devant une résidence pour personnes âgées.</p>
<p>L&rsquo;Opéra a fait venir pour l&rsquo;occasion &#8211; mais en respectant les règles de distanciation sociale &#8211; des musiciens de son orchestre ainsi que son directeur général <strong>Marc Minkowski</strong> et le baryton <strong>Florian Sempey</strong>. Au programme, le premier mouvement de la cantate de Bach <em>Ich habe genug</em>, la « Petite musique de nuit » de Mozart et la sérénade de Don Giovanni.</p>
<p>Une captation vidéo de l&rsquo;événement sera disponible dès 20h sur le Facebook de l&rsquo;Opéra National de Bordeaux.</p>
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		<title>Aria, l&#8217;Opéra de Paris toujours plus virtuel</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/aria-lopera-de-paris-toujours-plus-virtuel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2020 07:03:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Paris poursuit son virage numérique : après la « 3e scène » et ses courts métrages à visionner en ligne, l’ONP lance ce jeudi 9 avril « Aria », une application pédagogique à destination, notamment, du jeune public et permettant aux utilisateurs de découvrir le monde de l’opéra et du ballet. Des questionnaires, mais aussi des vidéos, des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Paris poursuit son virage numérique : après la « 3<sup>e</sup> scène » et ses courts métrages à visionner en ligne, l’ONP lance ce jeudi 9 avril « Aria », une application pédagogique à destination, notamment, du jeune public et permettant aux utilisateurs de découvrir le monde de l’opéra et du ballet.</p>
<p>Des questionnaires, mais aussi des vidéos, des extraits audios, des anecdotes historiques, des informations sur les spectacles de la saison… Le contenu de l’application devrait d’ailleurs évoluer et s’enrichir au fil des semaines.</p>
<p>Une porte d’entrée ludique dans l’univers lyrique et chorégraphique qui parviendra, peut-être, à ouvrir l’opéra à de nouveaux publics.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/NSI4elqtJyc" width="560"></iframe></p>
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		<title>Andrea Bocelli en direct de la cathédrale de Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/andrea-bocelli-en-direct-de-la-cathedrale-de-milan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2020 00:35:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré les restrictions liées au Covid-19, la cathédrale de Milan ne sera pas complètement vide ce dimanche : Andrea Bocelli a en effet été invité à y chanter, à l’occasion des fêtes de Pâques, accompagné par l’organiste Emanuele Vianelli. Le concert sera retransmis en direct sur la chaîne Youtube du ténor. La Fondation Andrea Bocelli &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré les restrictions liées au Covid-19, la cathédrale de Milan ne sera pas complètement vide ce dimanche : <strong>Andrea Bocelli</strong> a en effet été invité à y chanter, à l’occasion des fêtes de Pâques, accompagné par l’organiste <strong>Emanuele Vianelli</strong>. Le concert sera retransmis en direct sur la chaîne Youtube du ténor.</p>
<p>La Fondation Andrea Bocelli collecte également des fonds : plus de cent mille euros ont ainsi déjà été récoltés pour venir en aide au personnel médical et fournir du matériel aux hôpitaux italiens.</p>
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		<title>L&#8217;opéra de Sydney veille sur ses fantômes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-sydney-veille-sur-ses-fantomes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2020 13:46:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une vieille tradition théâtrale que de laisser une lumière allumée sur scène entre deux représentations, alors que la salle est plongée dans l’obscurité ; appelée « servante » en français, « Ghost light » en anglais, cette lampe permet autant aux techniciens de se repérer dans le noir que d’apaiser les fantômes qui rôderaient dans les coulisses… Fidèle à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une vieille tradition théâtrale que de laisser une lumière allumée sur scène entre deux représentations, alors que la salle est plongée dans l’obscurité ; appelée « servante » en français, « <em>Ghost light</em> » en anglais, cette lampe permet autant aux techniciens de se repérer dans le noir que d’apaiser les fantômes qui rôderaient dans les coulisses…</p>
<p>Fidèle à cette tradition, l’Opéra de Sydney n’a pas éteint toutes ses lumières en cette période de confinement, mais a laissé une ampoule briller sur scène – une LED bien entendu : « Nous voulions être une lueur d’espoir pour toute la communauté artistique australienne » explique Ange Sullivan, chef du service éclairage. Un geste symbolique, en soutien à tous les artistes en cette période de crise, et qui exprime l’espoir du théâtre de rouvrir bientôt ses portes.</p>
<p>Ce qui n’empêche pas Ange Sullivan de penser aux fantômes qui hantent les lieux : « S’ils veulent jouer dans le théâtre il n’y a pas de problème – mais laissons une lumière pour qu’ils ne se cognent pas dans les décors ».</p>
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		<item>
		<title>A Berlin, une « allocation Corona » pour les artistes indépendants</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-berlin-une-allocation-corona-pour-les-artistes-independants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2020 04:23:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une excellente surprise que les artistes berlinois ont reçue : la banque publique de Berlin a d’ores-et-déjà versé aux travailleurs indépendants qui en ont fait la demande une « allocation Corona », afin de les aider à traverser cette période de crise. Cette allocation, pouvant s’élever jusqu’à 15 000 euros, concerne tous les travailleurs indépendants et petites entreprises &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une excellente surprise que les artistes berlinois ont reçue : la banque publique de Berlin a d’ores-et-déjà versé aux travailleurs indépendants qui en ont fait la demande une « allocation Corona », afin de les aider à traverser cette période de crise.</p>
<p>Cette allocation, pouvant s’élever jusqu’à 15 000 euros, concerne tous les travailleurs indépendants et petites entreprises – pas seulement dans le secteur culturel ; il suffisait aux personnes éligibles de remplir un formulaire en ligne, et l’argent leur était transféré moins de quarante-huit heures plus tard.</p>
<p>Plus de 900 millions d’euros auraient déjà été distribués : une gestion de crise exemplaire de la part du Land de Berlin, qui devrait permettre aux artistes d’envisager plus sereinement l’avenir.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les bons conseils de Dame Kiri</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-bons-conseils-de-dame-kiri/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2020 04:20:53 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/les-bons-conseils-de-dame-kiri/</guid>

					<description><![CDATA[<p>A ceux qui se demanderaient quelles activités peuvent bien occuper les journées d’une soprano à la retraite en confinement, cette interview de Kiri te Kanawa pourrait leur apporter des éléments de réponse ! Malheureusement, la vie ne semble pas plus palpitante pour elle,  que pour le commun des mortels… Bloquée en Nouvelle-Zélande faute de pouvoir prendre &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/les-bons-conseils-de-dame-kiri/"> <span class="screen-reader-text">Les bons conseils de Dame Kiri</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A ceux qui se demanderaient quelles activités peuvent bien occuper les journées d’une soprano à la retraite en confinement, cette interview de <strong>Kiri te Kanawa</strong> pourrait leur apporter des éléments de réponse !</p>
<p>Malheureusement, la vie ne semble pas plus palpitante pour elle,  que pour le commun des mortels… Bloquée en Nouvelle-Zélande faute de pouvoir prendre l&rsquo;avion pour regagner la Grande-Bretagne, Dame Kiri dessine, coud des masques, fait des gâteaux et des confitures, grâce aux fruits qui poussent en abondance dans sa propriété, notamment les <em>feijoas, </em>ces « goyaves du Brésil » typiquement néo-zélandaises. Elle pêche aussi, malgré le manque de poissons sur le rivage où le confinement l&rsquo;autorise encore à mettre les pieds – car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est une activité très appréciée par la soprano.</p>
<p>Mais bien plus important, Dame Kiri te Kanawa tente d’apporter une aide financière à ses étudiants par le biais de sa fondation, créée en 2004, et qui vise à aider les jeunes chanteurs à lancer leur carrière, ces derniers ayant été frappés de plein fouet par les annulations liées au Covid-19. Espérons pour eux qu’un soutien pourra leur être apporté.</p>
<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/B-bWPFMhnm8/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="12" style="background:#FFF;border:0;border-radius:3px;margin: 1px;max-width:658px;min-width:326px;padding:0;width:99.375%;width:-webkit-calc(100% - 2px);width:calc(100% - 2px)">
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<p><a href="https://www.instagram.com/p/B-bWPFMhnm8/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style="background:#FFFFFF;line-height:0;padding:0 0;text-align:center;text-decoration:none;width:100%" target="_blank" rel="noopener">View this post on Instagram</a></p>
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<p style="color:#c9c8cd;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;line-height:17px;margin-bottom:0;margin-top:8px;overflow:hidden;padding:8px 0 7px;text-align:center"><a href="https://www.instagram.com/p/B-bWPFMhnm8/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style="color:#c9c8cd;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;font-style:normal;font-weight:normal;line-height:17px;text-decoration:none" target="_blank" rel="noopener">A post shared by Dame Kiri Te Kanawa Fan Page (@kirionline)</a> on Mar 31, 2020 at 11:32pm PDT</p>
</blockquote>
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		<title>A l&#8217;Opéra Comique, le retour de l&#8217;Opéraoké</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-lopera-comique-le-retour-de-loperaoke/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2020 10:57:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/a-lopera-comique-le-retour-de-loperaoke/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Vous aviez peut-être participé à l’« Opéraoké » organisé par l’Opéra Comique lors de l’Euro de football 2016, ou encore de la Nuit Blanche 2019 : la salle Favart relance son karaoké consacré à l’opéra à l’occasion du confinement. Il suffit de choisir l’un des morceaux de la playlist (extrait de Carmen, de Ciboulette ou encore des Contes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Vous aviez peut-être participé à l’« Opéraoké » organisé par l’Opéra Comique lors de l’Euro de football 2016, ou encore de la Nuit Blanche 2019 : la salle Favart relance son karaoké consacré à l’opéra à l’occasion du confinement.</p>
<p>Il suffit de choisir l’un des morceaux de la playlist (extrait de <em>Carmen</em>, de <em>Ciboulette</em> ou encore des <em>Contes d’Hoffmann</em>, entre autres), de le travailler grâce aux tutoriels en ligne, puis de se filmer et de poster la vidéo sur les réseaux sociaux… voilà qui suscitera peut-être des vocations ?</p>
<p><a href="https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2020/l-operaoke-reprend-service">https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2020/l-operaoke-reprend-&#8230;</a></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/2bU7r0Gev18" width="560"></iframe></p>
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