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	<title>Olivier Rouvière, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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	<title>Olivier Rouvière, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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		<title>Das Paradies und die Peri de Schumann</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/das-paradies-und-die-peri-de-schumann/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Sep 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec cette radieuse partition, qui marque l’apogée de sa période heureuse – précédant les premières atteintes de la maladie mentale –, Schumann connut l’un de ses plus grands succès publics. Synthétisant l’expérience accumulée au fil des lieder et symphonies, exigeant d’importants ensembles ainsi qu’au moins six solistes, Le Paradis et la Péri (1843) peut être &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec cette radieuse partition, qui marque l’apogée de sa période heureuse – précédant les premières atteintes de la maladie mentale –, Schumann connut l’un de ses plus grands succès publics. Synthétisant l’expérience accumulée au fil des lieder et symphonies, exigeant d’importants ensembles ainsi qu’au moins six solistes, <em>Le Paradis et la Péri</em> (1843) peut être considéré comme le pendant profane et « féminin » des mâles oratorios (contemporains) de Mendelssohn – qui ne lui ménagea pas son admiration. Et si l’œuvre est destinée au concert, elle n’en constitue pas moins, avec ses trois parties contrastées, son surabondant flot mélodique et son caractère pictural accusé, la plus séduisante tentative de Schumann dans le genre opératique.</p>
<p>Son atmosphère mystique et orientalisante avait tout pour séduire le sorcier <strong>Jordi Savall</strong>, dont les excursions dans le répertoire romantique, devenues plus fréquentes, restent toujours finement ciblées (son premier enregistrement schumannien était consacré à la méconnue Symphonie en sol mineur). Qu’on en juge par le sujet de l’oeuvre, tiré du poème <em>Lalla Rookh</em> de l’Irlandais Thomas Moore (qui inspirera aussi un opéra à Félicien David) : pour entrer au paradis, la Péri – une sorte de fée – doit offrir au ciel un cadeau particulièrement agréable. En quête de ce don, elle parcourt l’Inde, l’Égypte et la Syrie ; mais ses premières offrandes (le sang d’un guerrier mort au combat, les derniers soupirs d’amants frappés par la peste) ne sont pas agréés. Ce seront finalement les pleurs d’un criminel repenti qui lui ouvriront les portes célestes…</p>
<p>Ce qui frappe d’abord dans cette nouvelle intégrale (la treizième), c’est la splendeur du chœur et de l’orchestre. Plus encore que par la beauté des sonorités (violoncelles et clarinettes, notamment), on est conquis par la variété des inflexions, de l’agogique que Savall imprime aux pages descriptives. Très sollicité, coloré tout en restant lisible, jamais impersonnel, le chœur convainc autant dans les grandes arches des premier et troisième finales que lorsqu’il se fragmente en divers pupitres (merveilleux chant des houris) ou se réduit soudain au quatuor a cappella. L’orchestre réussit de souples transitions (entre le scherzo des génies du Nil et l’arrivée au pays de la peste), et sait suppléer à l’absence de décors par l’expressivité superlative de ses cordes (le vol de la Péri vers l’Inde ; la descente vers Baalbeck). Bizarrement, Savall semble pourtant se raidir dans les morceaux qui tiennent davantage du lied, comme dans la romance initiale, qui servira de leitmotiv à l’héroïne, ou dans la berceuse qui clôt la seconde partie. On pourra aussi discuter le tempo quasi brucknérien adopté pour flatter les sublimes harmonies du numéro 25 (la fameuse larme)&#8230;</p>
<p>La distribution soliste est homogène mais reste en retrait, surtout du côté des dames. Plus mezzo qu’alto, <strong>Marianne Beate Kielland </strong>chante avec beaucoup de musicalité mais ne peut faire oublier l’autorité d’une Brigitte Fassbaender dans le rôle de l’Ange. À l’inverse d’illustres devancières (Margaret Price, Edda Moser), <strong>Lina Johnson</strong> campe une Péri juvénile, à la voix mince (celle de l’autre soprano, <strong>Johanna Rosa Falkinger</strong>, l’est plus encore), qui a besoin d’être emportée par l’orchestre pour communiquer la fébrilité habitant le personnage : à ce titre, ce sont les passages fiévreux qu’elle réussit le mieux, comme sa seconde aria (« Wo find’ ich sie ? » ) ou le rondo ultime, au terme duquel elle délivre un lumineux contre-ut. Des deux ténors, c’est le second, <strong>Ferran Mitjans</strong>, qui possède le plus beau timbre, corsé et viril, tandis que le disert <strong>Kieran Carrel</strong> semble parfois trop tenté de jouer les évangélistes. Quant au baryton <strong>Manuel Walser</strong>, si son émission est un peu cotonneuse, il pare sa sicilienne d’une poignante émotion.</p>
<p>En somme une lecture très attachante, supérieure à celles d’Harnoncourt et de Rattle (pour nous en tenir aux chefs « historiquement informés »), mais qui cède le pas à notre tiercé gagnant : Giulini (<em>dal vivo</em>, 1974), Armin Jordan (1988) et Gardiner (1997). Notons que le copieux livret en six langues et quadrichromie (comme toujours chez Aliavox) constitue un attrait non négligeable.</p>
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		<title>PERGOLESI, L’Olimpiade</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pergolesi-lolimpiade/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Sep 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bien qu’il s’agisse de l’une des partitions de Pergolèse ayant bénéficié de la plus large diffusion européenne, L’Olimpiade, l’ultime de ses quatre opéras sérias, n’est ni le plus original, ni le plus réussi. Les premiers symptômes de la tuberculose, qui devait emporter le musicien l’année suivante, ont pu causer cette baisse d’inspiration. Mais on l’imputera &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Bien qu’il s’agisse de l’une des partitions de Pergolèse ayant bénéficié de la plus large diffusion européenne, <em>L’Olimpiade</em>, l’ultime de ses quatre opéras sérias, n’est ni le plus original, ni le plus réussi. Les premiers symptômes de la tuberculose, qui devait emporter le musicien l’année suivante, ont pu causer cette baisse d’inspiration. Mais on l’imputera surtout à la hâte avec laquelle il dut écrire, pour une troupe romaine ne possédant pas le lustre de celle qui avait donné <em>Adriano in Siria</em> à Naples – à peine trois mois plus tôt. De fait, le célébrissime livret de Métastase, magistralement traité par Vivaldi en 1734, dut être aménagé (on en supprima les chœurs), et plusieurs pages d’<em>Adriano</em> y furent greffées sans grand discernement.</p>
<p>La distribution d’origine, entièrement masculine comme l’exigeait la censure papale, réunissait cinq castrats (trois sopranos, deux mezzos) et deux ténors, dont les rôles s’avèrent également exigeants sans pour autant paraître très caractérisés – rendant la résurrection de l’ouvrage hasardeuse, comme l’ont prouvé ses deux précédents enregistrements (Armiliato, Arkadia, 1993 ; de Marchi, Sony, 2011).</p>
<p>La présente version aurait pu rebattre les cartes, si les contraintes économiques n’avaient fait préférer une captation sur le vif (sur scène, à Jesi, patrie du compositeur) à une véritable intégrale : ce qui occasionna nombre de coupures (trois airs, tous dévolus aux personnages féminins, et quatre <em>da capo</em> passent à la trappe), qui, de façon symptomatique, se voient justifiées, non par le chef, mais par… le metteur en scène ! Le choix du <em>live</em> confère certes un supplément de vie aux récitatifs mais ne flatte guère une distribution fragile, non plus qu’un ensemble instrumental réduit (près de deux fois moins de musiciens que chez de Marchi), relégué au second plan par une prise de son fort sèche.</p>
<p>Bien que privé de son formidable Chœur Ghislieri, <strong>Giulio Prandi</strong> reste l’un des plus intéressants « baroqueux » italiens : au clinquant assez uniforme de ses prédécesseurs, il oppose une direction toute en nuances, qui met en relief, dès l’ouverture mais également au sein de chaque air, les variations dynamiques, modifications de climat et de tempo propres à l’école galante.<br />
L’équipe vocale ne brille pas par sa technique, avec une émission souvent serrée côté sopranos ou qui se réfugie dans le nez côté ténors. Ces derniers, particulièrement <strong>Matteo Straffi</strong>, camouflent néanmoins avec habileté les difficultés que peuvent leur poser des rôles trop graves. Chez les dames, <strong>Theodora Raftis</strong> confirme les promesses faites par le récent <em>Astarto</em> de Bononcini (CPO, 2025) : si son timbre clair n’évoque guère les castrats d’antan, elle affronte avec un incontestable panache l’épineux rôle du <em>primo uomo</em>. Dommage que son grand air pour deux orchestres, initialement conçu pour Caffarelli (« Torbido in volto »), ait été réduit à son premier tiers… En revanche, <strong>Josè Maria Lo Monaco</strong>, chant peu soigné, notes extrêmes effleurées, s’effondre dans les pages de bravoure confiées au anti-héros Licida. <strong>Colombo</strong>, <strong>Frigato</strong>, <strong>Ascioti</strong> ont leurs moments mais aussi des faiblesses que davantage de répétitions et/ou une captation en studio auraient atténuées…</p>
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		<title>LULLY, Proserpine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-proserpine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 03:55:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée au mitan de la carrière de Lully (sept opéras la précèdent, six la suivront), Proserpine fut l’une de ses œuvres scéniques les moins souvent reprises et reste l’une de ses moins fréquentées. C’est sans doute le livret de Quinault qu’il faut en rendre responsable : d’abord intitulé L’Enlèvement de Proserpine, le sujet, propice aux tableaux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée au mitan de la carrière de Lully (sept opéras la précèdent, six la suivront), <em>Proserpine</em> fut l’une de ses œuvres scéniques les moins souvent reprises et reste l’une de ses moins fréquentées. C’est sans doute le livret de Quinault qu’il faut en rendre responsable : d’abord intitulé <em>L’Enlèvement de Proserpine</em>, le sujet, propice aux tableaux spectaculaires (éruption volcanique, incendie, char volant, voyage aux enfers, métamorphoses) relève davantage de la pièce à machines que de la tragédie.</p>
<p>Écarté pendant deux ans à l’instigation de la marquise de Montespan (qui s’était reconnue dans la jalouse Junon d’<em>Isis</em>), Quinault, en reprenant sa collaboration avec le musicien, semble vouloir flatter la nouvelle favorite, Madame de Maintenon, en la peignant sous les traits (ambigus) de Cérès : c’est bien cette dernière qui tient ici la partie principale, tandis que le rôle-titre, celui de sa fille, chantant à peine au premier acte et pas du tout aux actes trois et cinq, se voit longtemps supplanté par un couple secondaire (Aréthuse/Alphée) aux badinages envahissants.</p>
<p>Si ces hésitations dramatiques rendent le début du drame poussif, la musique, elle, reste d’un haut niveau, Lully veillant à brosser d’envoûtants et complexes divertissements, qui font la part belle au chœur comme à l’orchestre, et à multiplier les « airs », d’un lyrisme assez italien.</p>
<p>Après avoir ressuscité l’ouvrage à Versailles, Hervé Niquet le gravait chez Glossa en 2007, y pratiquant une demi-douzaine de microcoupures. <strong>Christophe Rousset</strong> (sur le point d’achever son parcours des opéras de Lully) en donne ici l’intégralité, dans un enregistrement réalisé peu avant le concert du Festival de Beaune, en juillet dernier.<br />
La confrontation entre les deux chefs ne ménage guère de surprises : plus allante, plus contrastée et plus souple (écoutez le second mouvement de l’ouverture), la lecture de Niquet s’avère aussi moins précise, plus bousculée et moins respectueuse (utilisation de doublures aux flûtes) que celle de Rousset. Ce dernier, inhibé par le studio, déçoit dans les récitatifs, par la faute d’un continuo trop janséniste (Niquet laissait plus de licence expressive aux basses d’archet) et d’une battue carrée. Les pages orchestrales sont, elles, ravissantes : langoureux ballet des fleurs de l’acte II, enchanteur début de l’acte IV.</p>
<p>Rousset a surtout pour lui une distribution féminine superlative. Si <strong>Véronique Gens</strong> nous avait paru un peu fatiguée lors de son dernier album solo (« Reines », Alpha), elle a retrouvé, dans le « rôle à baguette » plutôt grave de Cérès, une totale égalité des registres, la glorieuse franchise de son élocution, la beauté matte de son timbre et cette autorité si nécessaire à l’exigeant acte III. <strong>Marie Lys</strong> débute de façon discrète : les airs champêtres du deuxième acte réclameraient peut-être une voix plus légère ; mais l’impétueuse soprano, familière des héroïnes haendéliennes, retrouve son incandescence à l’acte IV, dans son monologue comme, surtout, dans ses confrontations avec Ascalaphe et Pluton. Enfin, la voluptueuse <strong>Ambroisine Bré</strong> nous enchante de sa diction gourmande et de ses couleurs profondes de mezzo : son air « Vaine fierté, faible rigueur » est l’un des grands moments du disque.</p>
<p>Les messieurs, hélas, séduisent moins. Les deux ténors (<strong>Laurence Kilsby</strong>, <strong>Nick Pritchard</strong>) font valoir cette aisance dans le registre mixte qui caractérise les voix anglaises mais manquent de personnalité. Défaut plus gênant encore chez <strong>Olivier Gourdy</strong>, qui doit se confronter à la concurrence de Joao Fernandes, formidable Pluton de Niquet. Quant à <strong>Olivier Cesarini</strong>, il peine audiblement dans une tessiture trop grave pour lui. Les petits rôles sont en revanche excellents (mention spéciale à la radieuse nymphe d’<strong>Apolline Raï-Westphal</strong>, qui perd la voix dans une scène assez comique), ainsi que le toujours transparent <strong>Chœur de chambre de Namur</strong>, très sollicité ici.</p>
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		<title>CAVALLI, La Calisto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-calisto-de-cavalli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu’où peut-on adapter un ouvrage sans qu’il perde son identité ? La question se pose pour n’importe quel opéra composé avant, disons, 1840, mais plus crucialement encore pour ceux du XVIIe siècle. Plus spécifiquement encore pour cette délicieuse Calisto (1651), dont on sait qu’elle fut créée dans un théâtre de 400 places, par une troupe &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jusqu’où peut-on adapter un ouvrage sans qu’il perde son identité ? La question se pose pour n’importe quel opéra composé avant, disons, 1840, mais plus crucialement encore pour ceux du XVIIe siècle. Plus spécifiquement encore pour cette délicieuse<em> Calist</em>o (1651), dont on sait qu’elle fut créée dans un théâtre de 400 places, par une troupe majoritairement féminine et une demi-douzaine d’instrumentistes (le continuo et deux violons). Doit-on dès lors en priver le public de nos vastes architectures modernes ? Le « respect » des sources, la philologie, la nostalgie du passé doivent-ils l’emporter sur le désir de faire vivre cette musique ? Non, évidemment. Encore doit-on admettre que les circonstances de la création ont grandement influé sur l’esthétique, les composantes et la tonalité de la partition. Et que l’interpréter dans une salle de semi plein air trois fois plus grande que celle d’origine, avec cinq fois plus de musiciens, risque de porter atteinte à son rythme comme à son esprit.</p>
<p>Passons rapidement sur le problème du diapason (trop bas) et celui de l’instrumentation : les trois précédentes versions discographiques de <em>La Calisto</em> l’ont toutes étoffée – seule la plus modeste, celle de Moretti (Stradivarius, 1988) respectant, à peu près, sa trace écrite. Fallait-il pour autant napper d’un tapis de cordes des pages entières d’arioso (le prologue se voit presque entièrement « orchestré »), empâter davantage les lignes d’inutiles percussions, recourir à des instruments (sacqueboutes, basson, consort de violes) aux couleurs peu italiennes, multiplier les ritournelles, <em>sinfonie</em> et passacailles, au risque d’engourdir l’action ? Pas sûr. On nous objectera que Leppard (Decca, 1972) et Jacobs (HM, 1994) prenaient de semblables libertés, nullement disqualifiantes en elles-mêmes. Du moins le premier avait-il l’excuse d’agir en pionnier et le second bénéficiait-il d’une solide familiarité avec le répertoire vénitien. On n’en dira pas autant de <strong>Sébastien Daucé</strong>, dont nous avons toujours admiré le travail dans les pages sacrées, surtout françaises, mais dont les affinités avec le théâtre semblent moins évidentes.</p>
<p>Quelques exemples. Daucé reprend à son compte deux initiatives de ses prédécesseurs : celle de confier le rôle de Linfea, écrit pour une jeune soprano, à un ténor travesti, sur le modèle des vieilles nourrices montéverdiennes (Hugues Cuénod en faisait un impayable show) ; et celle de faire chanter Giove en <em>falsetto</em> lorsqu’il est grimé en Diane (Cavalli attribuait ces pages à l’interprète de la déesse). Or, ce qui fonctionnait précédemment tombe ici à plat : le<em> falsetto</em> piteux d’<strong>Alex Rosen</strong> (par ailleurs Jupiter on ne peut plus viril) se montre incapable de rendre justice à ses duos avec Calisto. Quant au ténor racé de <strong>Zachary Wilder</strong>, il n’évoque en rien la voix d’une vieille femme, et la <em>vis comica</em> n’étant pas sa qualité première (ses scènes avec le petit satyre sont sinistres), cette transposition perd tout intérêt.</p>
<p>Il y a plus grave : le luxe des moyens employés pousse Daucé à une lecture empesée, peu contrastée, impose une interprétation très <em>legato</em> des airs (« Piante ombrose » ; « Moglie mie ») et aseptise le mouvement théâtral (affrontements mous de Calisto avec Diane et Junon ; étreintes excessivement sucrées de Diane et Endymion). Tout est trop chanté, trop peu joué. Si l’on pouvait reprocher à Jacobs de tirer l’ouvrage vers l’<em>opera buffa</em>, on ne peut que faire à Daucé le grief inverse.</p>
<p>Les chanteurs souffrent peu de ce parti-pris exagérément lyrique : <strong>Lauranne Oliva</strong> incarne une Calisto ardente, rebelle, au riche médium, à l’italien savoureux ; <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong>, en dépit de quelques ports de voix plaintifs, dote Endymion d’une trouble sensualité ; <strong>David Portillo</strong> enlève avec panache ses redoutables rôles de <em>contraltino</em> (superbe lamento de Pan) ; <strong>Théo Imart</strong> campe un Satyre juvénile et piquant ; <strong>Anna Bonitatibus</strong>, malgré une (très) relative usure, est une impériale Junon ; <strong>Giuseppina Bridelli</strong> (à l’émission trop pharyngée) une fière Diane et <strong>Dominic Sedgwick</strong> un Mercure de luxe.</p>
<p>Mais ces splendeurs sonores (non plus que la captation sur le vif) n’empêchent pas qu’au disque on ne s’ennuie un peu : il est probable qu’un DVD aurait mieux servi cette production…</p>
<pre>Cet enregistrement est le reflet sonore d'un spectacle mis en scène par Jetske Mijnssen, créé à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/">Aix-en-Provence</a>, puis donné à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/">Rennes</a>, à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-nantes/">Nantes</a>, à Paris au TCE et à Caen, avant d'être repris à Luxembourg et Avignon à l'automne 2027 (NDLR)</pre>
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		<title>BEMBO, Ercole amante &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bembo-ercole-amante-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 10:38:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Commençons par deux regrets : qu’on ait donné cet Ercole-ci, et dans cette salle-là. En 1662 est créé l’extraordinaire Ercole amante de Francesco Cavalli et de l’abbé Buti, célébrant, avec deux ans de retard, les noces de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse : donné dans l’incommode Salle des machines des Tuileries et empesé d’interminables ballets dus à &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/bembo-ercole-amante-paris-bastille/"> <span class="screen-reader-text">BEMBO, Ercole amante &#8211; Paris (Bastille)</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Commençons par deux regrets : qu’on ait donné cet <em>Ercole</em>-ci, et dans cette salle-là.</p>
<p>En 1662 est créé l’extraordinaire <em>Ercole amante</em> de Francesco Cavalli et de l’abbé Buti, célébrant, avec deux ans de retard, les noces de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse : donné dans l’incommode Salle des machines des Tuileries et empesé d’interminables ballets dus à Lully, l’œuvre n’a guère de succès et tombe dans l’oubli, précipitant le retour de Cavalli à Venise. Quinze ans plus tard, la Vénitienne Antonia Bembo, née Padoani (c.1640-1720), fait le voyage inverse : fuyant un mari violent, elle trouve refuge à la cour du Roi-Soleil, qui lui accorde une pension et auquel elle dédicace ses <em>Produzioni armoniche</em>. En 1707, Bembo remet en musique l’<em>Ercole</em> <em>amante</em> de l’abbé Buti : voulait-elle rendre hommage à Cavalli, dont elle avait reçu sa première formation musicale ? Se confronter, « en chambre », à la grande forme de l’opéra en cinq actes ? Son ouvrage resta dans les tiroirs et il est d’ailleurs improbable que Bembo ait envisagé de le voir monté à la cour : entretemps, Lully avait dégainé toutes ses tragédies lyriques et seul ce genre avait désormais droit de cité.</p>
<p>En outre, il faut l’admettre: comparé à son modèle, ce second <em>Ercole</em> est médiocre – récitatif poussif, inspiration mélodique et souffle courts. Les seules qualités qui puissent expliquer le choix qu’en a fait<strong> Leonardo García-Alarcón </strong>( ?) sont qu’il est dû à une femme, qu’il n’a jamais été représenté (Il Gusto barocco l’a proposé en concert à Stuttgart en 2023 et enregistré chez CPO dans la foulée) et qu’il opère un étonnant mélange des esthétiques italienne (bel canto) et française (écriture orchestrale). Encore le fait-il malhabilement et dans un style déjà daté en son temps : 1707, c’est l’année du <em>Trionfo del Tempo e del Disinganno</em> de Haendel !</p>
<p>Premier regret, donc : que l’Opéra de Paris continue à bouder l’<em>Ercole</em> de Cavalli &#8211; dont Lyon, Amsterdam et, plus récemment, l’Opéra comique (2019) ont proposé de si stimulantes productions, heureusement pérennisées par le CD ou le DVD. Second regret : qu’on ait programmé l’ouvrage de Bembo à Bastille, plutôt qu’à Garnier &#8211; le <em>recitar cantando</em>, s’accommodant mal d’un vaisseau de béton de 2700 places et d’une vaste fosse d’orchestre.</p>
<p>Car il a bien entendu fallu orchestrer l’oeuvre : Alarcón s’y est attelé avec sa gourmandise coutumière, enrôlant une cinquantaine d’instrumentistes (dont une dizaine de violoncelles et contrebasses, trois sacqueboutes, des percussions, orgue et cloches), qu’il conduit d’un geste large, comme on jouerait du Respighi – ce qui est inévitable, eu égard à l’ampleur de la salle et de la fosse, mais rend l’exécution assez pâteuse (le constat vaut pour le chœur de quarante chanteurs). Par-dessus cet océan harmonique, aux couleurs discutables, les solistes, tous remarquables, doivent s’époumoner dès lors qu’ils ne sont plus à l’avant-scène.</p>
<p>Certains en pâtissent plus que d’autre : la délicate <strong>Sandrine Piau</strong>, que nous apprécions tant d’habitude, peine à se faire comprendre dans un tel contexte. La trompette nasillarde de <strong>Marcel Beekman</strong>, elle, passe sans problème, le ténor néerlandais n’hésitant pas à multiplier les sonorités de palmipède, en gigolette vêtue de rose. On aimerait savourer le chant nuancé de la fondante <strong>Ana Vieira Leite</strong> dans une autre acoustique, tandis que son amoureux, le percutant <strong>Alasdair Kent</strong>, annoncé souffrant, fait applaudir ses aigus adamantins dans un éprouvante partie de haute-contre. <strong>Julie Fuchs</strong> se gargarise avec brio des vocalises de Junon (rôle qui, en son temps, brocardait la reine-mère Anne d’Autriche), persécutant l’Hercule puissant et rocailleux d’<strong>Andreas Wolf</strong>. Naviguant entre tous ces personnages survoltés et caricaturaux, le brillant contre-ténor <strong>Théo Imart</strong> affiche une belle santé vocale, nullement embarrassé par son accoutrement de kiwi en jupette (à moins qu’il ne s’agisse d’un poussin croisé avec un citron vert). Mais seule la chaleureuse mezzo <strong>Deepa Johnny</strong> communique un peu d’émotion, dans un rôle hélas nettement moins poignant que chez Cavalli (on y revient).</p>
<p>Follement théâtral, riche en allusions politiques et en situations rocambolesques, le livet de l’abbé Buti se suffit presque à lui-même – tout y est, le metteur en scène n’a qu’à se laisser guider. C’est ce que fait <strong>Netia Jones</strong> qui, sans proposer de lecture spécialement cohérente ou novatrice, illustre avec, des bonheurs divers, les suggestions oniriques du librettiste, en utilisant fréquemment l’artifice du film réalisé sur le vif. L’action semble débuter dans la datcha d’un atroce mauvais goût de quelque oligarque russe (ou américain ?) : Hercule – amateur d’escrime qui tient à la fois de Poutine et de Depardieu, se voit affublé d’une bedaine à bière et d’une moumoute jaunâtre. Durant l’acte III, il arbitrera un match de tennis organisé dans son ersatz de jardin à la française, avant de tenter de violer Iole en lui injectant du GHB.</p>
<p>Mais la piste du prédateur sexuel est vite abandonnée au profit de tableaux plus décoratifs et la direction d’acteurs, paresseuse et parfois confuse, se repose alors sur les effets vidéos et la chorégraphie : la joute entre Vénus et Junon est représentée par un crêpage de chignons entre deux danseuses, la noyade du page et le suicide raté d’Hillo sont platement mimés sur un hypnotique film de mer en mouvement. La scène la plus frappante est celle qui se déroule dans l’antre du Sommeil (adepte du joint), durant laquelle la projection de corps endormis s’enroulant dans les volutes du narguilé créée une envoûtante atmosphère. L’apparition horrifique d’Eutiro (fracassant <strong>Alex Rosen</strong>), sortant de sa tombe tel un vampire de Tim Burton, est aussi assez réussie, bien que longuette, mais la ronde infernale des fantômes, jouée à contre-jour, tombe à plat. En somme, il y a beaucoup à voir, l’œil ne s’ennuie guère et le public, plutôt nombreux pour un soir de finale de foot et de concert d’Aya Nakamura, semble à la fête.</p>
<p>Nos « trois cœurs » sont donc un compromis entre l’incontestable luxe des moyens employés et notre propre ressenti, beaucoup plus mitigé…</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>HAENDEL, Theodora</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-theodora/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mal reçue à sa création, la sublime Theodora (1750), apogée de l’oratorio haendélien, fut pratiquement absente des catalogues jusqu’au début des années 1990 (on ne trouvait jusqu’alors que la très partielle lecture de Somary, gravée en 1973) : depuis sont nées onze intégrales, qui témoignent de la vogue enfin conquise par ce chef-d’œuvre. Leonardo García-Alarcón, qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mal reçue à sa création, la sublime <em>Theodora</em> (1750), apogée de l’oratorio haendélien, fut pratiquement absente des catalogues jusqu’au début des années 1990 (on ne trouvait jusqu’alors que la très partielle lecture de Somary, gravée en 1973) : depuis sont nées onze intégrales, qui témoignent de la vogue enfin conquise par ce chef-d’œuvre. <strong>Leonardo García-Alarcón</strong>, qui a entrepris d’enregistrer plusieurs opus anglais du Saxon chez Ricercar (ont été successivement publiés <em>Samson</em>, <em>Semele</em> et <em>Solomon</em>), s’y attaque à son tour – avec des arguments solides.</p>
<p>Le principal étant sa propre direction : dès l’ouverture pleine d’urgence, il dose parfaitement puissance tragique (avec des récitatifs très théâtraux), lyrisme et mysticisme. S’il joue en virtuose des nuances dynamiques (par exemple, dans le planant « Defend her, Heav’n ! », puis dans les extraordinaires duo et chœur qui suivent) et des contrastes (entre les deux parties des airs <em>da capo</em>), ces fluctuations ne prennent jamais l’aspect de maniérismes mais sont toujours motivées par le texte. D’autres choix pourront être discutés : celui d’un continuo profus (avec un archiluth assez anachronique et des basses d’archet bavardes) ou celui de confier certains tutti à des solistes afin de signifier la solitude des personnages (« Deeds of kindness »). Mais ces libertés prennent sens à mesure que se déroule le drame, implacable, porté par un vrai souffle épique (tout le début de l’acte III). Le <strong>Millenium orchestra</strong> aux couleurs corsées suit son chef avec fougue,  – dommage que les vents soient, comme l’excellent <strong>Chœur de chambre de Namur,</strong> placés en retrait par la prise de son, réalisée dans l’espace toujours problématique du Grand Manège de Namur.</p>
<p>Contrairement à celle de la récente et glamour version Erato, la distribution n’a pas été confiée à des stars mais à des spécialistes du compositeur : avec sa voix tranchante, son ton impérieux et ses vocalises sans appel, <strong>Andreas Wolf</strong> campe le meilleur des Valens, sans avoir besoin de jouer les <em>serial killers</em>. Le choix de <strong>Sophie Junker</strong> s’imposait dans le rôle-titre : n’a-t-elle pas consacré tout un disque à sa créatrice, Elisabeth Duparc (« La Francesina », Aparté, 2020) ? Son timbre dense et son délicieux <em>vibratello</em> en font une Théodora de chair et de sang, à l’émotion toujours palpable, plus à l’aise cependant quand il s’agit de briller dans l’aigu (étincelant « Oh, that I on wings could rise » !) que lorsque le bas registre prédomine. Bonne surprise que l’Irene fervente, aux teintes automnales, au chant souple, noble et gracieusement ornementé de <strong>Dara Savinova</strong>. La voix de <strong>Christopher Lowrey</strong> ne possède ni le velouté de celle de Bénos-Djian, ni la lumière de celle de Daniels, ses meilleurs prédécesseurs : mais, dans une tessiture grave qui lui sied, il compense cette donnée de la nature par un phrasé élaboré, un beau sens des silences et une superbe élocution – ce Didymus tout de pudeur et de dévouement ressemble sans doute à celui de son créateur, le castrat Guadagni. Seule relative déception, le Septimius à l’émission trop droite et peu colorée de <strong>Matthew Newlin</strong> (qui vient d’incarner le Capitaine Vere dans le <em>Billy Budd</em> de Lyon).</p>
<p>Cependant, si le ténor échoue à dessiner une figure hier sublimée par Richard Croft ou Michael Spyres, ce n’est pas entièrement de sa faute : quelle drôle d’idée a eue Alarcón d’omettre son dernier air, le flamboyant plaidoyer « From Virtue springs », dont la disparition déséquilibre et le rôle et le dernier acte ? Certes, les coupures sont ici moins drastiques que celles du <em>Samson</em> qui inaugura le cycle haendélien d’Alarcón &#8211; mais, au disque, guère plus excusables : car, si on se console de la perte des derniers mouvements de l’ouverture, comment renoncer à la première aria d’Irene, « Bane of virtue », si finement écrite, et dont le message éclaire le propos de la pièce ?</p>
<p>Dommage, dommage – car nous étions bien près de tenir enfin l’enregistrement de référence de <em>Theodora.</em> Pour une version plus complète, on en restera à la première lecture de Christie (Glyndebourne, 1996), ainsi qu’à celles d’Emelyanychev (Erato, 2022) et de McCreesh (Archiv, 2000).</p>
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		<title>Xavier Sabata, « Furioso »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/xavier-sabata-furioso/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 06:34:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la Chanson de Roland (XII° siècle) à l’Orlando furioso de l’Arioste (1532), en passant par l’Orlando innamorato de Boiardo (1483), le paladin Roland n’a cessé de fasciner les gens de lettres – avant d’envoûter les compositeurs, jusqu’au fantasque Orlando paladino de Haydn (1782), qui initie une veine plus caricaturale. Sur la scène lyrique, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De la <em>Chanson de Roland</em> (XII° siècle) à l’<em>Orlando furioso</em> de l’Arioste (1532), en passant par l’<em>Orlando innamorato</em> de Boiardo (1483), le paladin Roland n’a cessé de fasciner les gens de lettres – avant d’envoûter les compositeurs, jusqu’au fantasque <em>Orlando paladino</em> de Haydn (1782), qui initie une veine plus caricaturale. Sur la scène lyrique, le « fou d’amour » s’impose durant la première moitié du XVIIIe, alors même que les livrets tendent à se rationaliser : cette figure <em>bigger than life</em> permet de faire éclater la forme stéréotypée du drame sous l’afflux d’une musique « déréglée », métaphorisant le délire affectif – le même prétexte servira, au XIXe, à la multiplication des scènes de folie pour soprano, riches en acrobaties vocales…</p>
<p>Dans l’opéra d’ascendance italienne, Orlando a souvent été campé des castrats altos, ce qui explique la popularité de ce rôle auprès des actuels substituts de ces castrats : les contre-ténors. <strong>Xavier Sabata</strong> n’est pas le premier d’entre eux à consacrer tout un album à Roland : en 2020, Filippo Mineccia faisait paraitre un disque au programme fort proche (« Orlando : amore, gelosia, follia », Glossa), qui, déjà, piochait chez Haendel, Steffani et Porpora.</p>
<p>Le présent programme (confrontant au moins trois grandes « scènes de folie »), nous semble cependant plus cohérent que le précédent. En outre, les voix des deux falsettistes sont très dissemblables : au timbre mince et à l’émission nerveuse de Mineccia s’oppose la voix plus chaude, sombre, lourde et riche en harmoniques de Sabata. Le chant de ce dernier est en outre plus soigné, particulièrement dans les passages contemplatifs.</p>
<p>Sur ce plan, l’interprétation de Sabata apparaît en phase avec celle du <strong>Concert de L’Hostel Dieu</strong>, poignant dès qu’il s’agit d’exprimer la nostalgie ou la plainte : écoutez les inflexions suppliantes des cordes sur le vers « Parlami allora » du premier air de Porpora ou l’imitation des pleurs du « Care pupille » de Haendel. La si fameuse scène haendélienne « Ah ! Stigie larve » (<em>Orlando</em>, 1733) nous a rarement parue aussi réussie, grâce à l’usage bien compris du rubato (dont les musiciens baroques ont si peur, d’habitude), qui n’obère pas l’effet glaçant de l’ostinato. Même constat concernant le « sommeil » qui suit (« Già l’ebbro mio ciglio ») – en dépit de l’absence des violes d’amour auxquelles se substituent altos et violons –, dont les teintes brunes siéent au chanteur. En revanche, celui-ci ne fait guère d’étincelles dans le virtuose « Fammi combattere », que sa grande capacité pulmonaire lui permet d’affronter sans vraiment l’enlever. Mais, ici, la faute incombe également à l’orchestre, qui manque de panache et d’incisivité.<br />
En 1720, treize ans avant l’<em>Orlando</em> de Haendel, l’<em>Angelica</em> de Porpora (dont la création vit les débuts de Farinelli aux côtés de son « cher jumeau » Métastase) propose une vision plus classicisante du délire amoureux, à travers la grande <em>scena</em> « Ove son ? Chi mi guida ? », où deux <em>accompagnatos</em> s’insèrent entre les trois sections d’une aria <em>da capo</em>. Dans cette mini-cantate se fait sentir toute la science du professeur de chant qu’était Porpora, habile à ne jamais mettre en péril la voix – ce qui permet à Sabata de faire valoir l’élégance de son phrasé, plus séduisant que celui de Robert Expert dans la semi-intégrale gravée par Juan Battista Otero (K617, 2005).</p>
<p>Les choses se gâtent chez Steffani et Vivaldi. On aurait en effet pu se passer du « Nel profondo cieco mondo » du second (<em>Orlando furioso</em>, 1727), d’ailleurs écrit pour une cantatrice, où se disjoignent les registres du contre-ténor. De même, le rôle-titre d’<em>Orlando generoso</em> de Steffani (1691), extrêmement grave, met souvent en difficulté le falsettiste, qui peine à « passer » comme à faire sonner son timbre, et doit aborder avec moult précautions des vocalises il est vrai fort incommodes – mais Kai Wassel, dans l’intégrale de Bernward Lohr (MDG, 2008), ne se montrait pas plus à l’aise. Encore une fois, on préfère Sabata dans la mélancolie désolée du dernier monologue (« Io dunque senz’armi »).</p>
<p>En sus de l’unique inédit du disque (un air martial assez convenu issu de <em>L’Angelica vincitrice di Alcina</em> de Fux, 1716), diverses ouvertures et danses d’inspiration française, dans lesquelles on peut savourer les couleurs de bois guère sollicités ailleurs, émaillent ce portrait raffiné &#8211; mais plus lisse que ne le laissait espérer son titre…</p>
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		<title>Francesca Aspromonte, « Vieni, o notte »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/francesca-aspromonte-vieni-o-notte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 06:03:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ses albums en soliste, Francesca Aspromonte n’a jamais choisi la facilité : après un disque voué aux prologues d’opéras et d’oratorios (en compagnie d’Il Pomo d’oro, Pentatone, 2018), elle a enrôlé Bononcini, Caldara, Lulier et autres Perti dans un hommage aux figures de Marie et de Madeleine (déjà aux côtés du formidable violoniste Boris Begelman &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour ses albums en soliste, <strong>Francesca Aspromonte</strong> n’a jamais choisi la facilité : après un disque voué aux prologues d’opéras et d’oratorios (en compagnie d’Il Pomo d’oro, Pentatone, 2018), elle a enrôlé Bononcini, Caldara, Lulier et autres Perti dans un hommage aux figures de Marie et de Madeleine (déjà aux côtés du formidable violoniste <strong>Boris Begelman</strong> ainsi que d’I Barocchist<strong>i</strong>, Pentatone, 2021), pour finalement se pencher sur cet illustre inconnu qu’est/était Giulio Sandoni (avec La Floridiana, DHM, 2022). Aujourd’hui, elle s’attaque au divin mais intimidant Scarlatti père, maître incontesté de la cantate (on lui en attribue plus de 600), au fil d’un langoureux parcours nocturne.</p>
<p>Les trois pièces regroupées ici sont toutes des plaintes amoureuses (deux masculines, une féminine), suscitées par l’arrivée de la nuit, qui rend plus amère l’absence. Elles datent probablement de la fin du 17° siècle, la plus ancienne étant peut-être « All’hor che stanco il sole », la seule inédite au disque et la seule à débuter dans le mode majeur : en atteste sa forme très libre, où toute une série d’airs brefs s’enchainent sans récit intermédiaire, jusqu’à une ravissante berceuse proche d’une chaconne (« Aure placide e serene »), à laquelle répond l’ultime et inattendu arioso (« Mora tra l’ombre »). Plus classique structurellement, « Notte ch’in carro d’ombre », fait alterner moments de révolte et sublimes <em>lamenti</em>, tandis que « Silenzio aure volanti », avec son étonnante <em>scena</em> initiale (mêlant <em>sinfonia</em>, récitatif et air) et sa façon d’insérer la voix dans le tissu serré des cordes, tient le milieu entre les deux styles.</p>
<p>Si l’attention ne se relâche jamais durant cette mélancolique errance, on le doit à tous les interprètes ensemble, et à chacun en particulier. La voix d’Aspromonte n’est ni très large, ni très longue (certains aigus sont même un peu aigres), mais son timbre latin et nostalgique, la flexibilité de sa ligne et, surtout, sa façon de colorer les mots, de porter les vers et de leur insuffler de l’émotion (« Quetati pur, cor mio ») sont uniques. Dans « Notte ch’in carro d’ombre », on pourra comparer sa prestation à celle d’Elisabeth Scholl, dirigée par Federico Maria Sardelli (CPO, 2004) : le registre de tête de Scholl est plus lumineux, mais son émission droite et son élocution atone prouvent que, dans ce répertoire, une Italienne est irremplaçable.</p>
<p>Il faut cependant faire la part des « accompagnateurs » &#8211; qui sont beaucoup plus que cela. La direction de Begelman affiche une constante sensibilité, notamment dans les morceaux lents, dotés d’une grande élasticité par le choix d’allonger/raccourcir certains temps : voluptueux « Vieni, o Notte », épandu, suspendu ; déchirant « Con l’idea d’un bel gioire », aux silences angoissés.<br />
Ici, chaque instrument chante : le violoncelle d’<strong>Alessandro Palmeri</strong> s’avère particulièrement remarquable au long de « Silenzio aure volanti » (écoutez ce jeu sur le <em>forte</em> et le <em>piano</em> dans « Ombre cieche »), les violons de Boris Begelman et <strong>Rossella Croce</strong> semblent étinceler dans la nuit tandis que le luth sonore de <strong>Giangiacomo Pinardi</strong> joue les arbitres (en revanche, on regrette que <strong>Federica Bianchi</strong> ait préféré le clavecin à l’orgue &#8211; au contraire de Sardelli &#8211; dans l’ouverture de « Notte ch’in carro d’ombre »).</p>
<p>Deux superbes partitions instrumentales complètent le programme : dans ces « sonates » qui tiennent le milieu entre le madrigal, la suite et le quatuor à cordes, où se côtoient fugues virtuoses, menuets et <em>gravi</em> mystiques (celui de la Sonate en<em> sol</em> mineur est un must !), le génie de Scarlatti et l’enthousiasme des interprètes transparaissent à chaque mesure.</p>
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		<title>Médée, fille des enfers (Eugénie Lefebvre)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/medee-fille-des-enfers-eugenie-lefebvre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 04:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cavalli, Lully, Charpentier, Caldara, Haendel, Benda, Cherubini, Mayr, Pacini, Dusapin – tous ont cédé aux enchantements de Médée. Cette dernière, loin d’être « fille des enfers », était, comme Ariane, Phèdre et Circé, de la race du Soleil. Or, depuis que le Soleil avait dévoilé les amours illicites de Vénus avec Mars, la déesse de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cavalli, Lully, Charpentier, Caldara, Haendel, Benda, Cherubini, Mayr, Pacini, Dusapin – tous ont cédé aux enchantements de Médée. Cette dernière, loin d’être « fille des enfers », était, comme Ariane, Phèdre et Circé, de la race du Soleil. Or, depuis que le Soleil avait dévoilé les amours illicites de Vénus avec Mars, la déesse de la beauté vouait à sa descendance une haine implacable : « C’est Vénus tout entière à sa proie attachée », dira Racine… Médée sera donc malheureuse et coupable par amour. Si elle s’éprit de Thésée (et le persécuta), c’est surtout par son aventure avec Jason qu’elle s’est imposée à l’imaginaire collectif : pour le bel Argonaute, elle trahit son père, démembra son frère puis, abandonnée, finit par massacrer ses propres enfants.</p>
<p>Cet album retrace leur déplorable relation à la façon d’un podcast ou d’un feuilleton radiophonique, impression accrue par les élégantes interventions de la productrice <strong>Dominique Boutel</strong>, lisant de brefs extraits des auteurs anciens nous ayant transmis la légende (dommage qu’il y manque Sénèque).</p>
<p>Médée se présente d’abord en jeune princesse phrygienne frappée par la flèche d’Amour : délicieuse aria <em>da capo</em> du <em>Jason</em> de Kusser (1697), conduite par un hautbois gouleyant, où la voix d’<strong>Eugénie Lefebvre</strong> manque d’un rien d’ « ouverture » ; exquis duo des deux amants venu du <em>Giasone</em> (1649) de Cavalli, dans une interprétation moins orchestrée et plus tendre que celle de René Jacobs (HM, 1988).<br />
Médée en appelle aux Enfers afin que Jason puisse s’emparer de la toison d’or : fameuse invocation de Cavalli, toujours, moins théâtrale mais plus mystérieuse que chez Jacobs, dans laquelle Lefebvre affiche un vrai tempérament. Jason, reconnaissant, épouse la belle, et ils font voile vers la Grèce : exquise aria richement ornementée d’Agostino Steffani, aux cordes enveloppantes (<em>Le Rivali Concordi</em>, 1698), où la voix de haute-contre de <strong>Paco Garcia</strong>, souple, lumineuse et émue, fait merveille.</p>
<p>Hélas, Jason s’éprend de la fille du roi de Corinthe… D’abord incertaine de son sort, Médée cède à une jalousie de plus en plus féroce. Se succèdent alors divers extraits de la <em>Médée</em> de Charpentier (1693) : non seulement l’ineffable récit « Quel prix de mon amour » (là encore, l’émission de la chanteuse paraît trop couverte), mais également un dialogue rendu avec beaucoup de sensibilité. Une trêve est offerte par un envoûtant « sommeil » (avec flûte) à nouveau emprunté à Cavalli, dans lequel les époux ne s’avèrent plus capables de s’adorer &#8211; qu’en songe.</p>
<p>Mais Médée, convaincue de la trahison de son mari, passe à l’action et décide d’empoisonner sa rivale : les extraits du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/salomon-medee-et-jason/"><em>Médée et Jason</em> de Salomon (1713)</a>, décidément à la mode, succèdent à ceux de l’opéra de Charpentier. Dans ces cinq pages, Garcia et Lefebvre, pour posséder des voix plus légères que celles de Mechelen et de Bouchard-Lesieur, ne s’en montrent pas moins éloquents, d’autant qu’ils sont soutenus par un continuo allant, mélodieux (« Soyez témoin des pleurs ») et réactif. Les violons planants de <strong>Louis Créac’h</strong> et <strong>Simon Pierre</strong> enveloppent d’une trompeuse douceur le dernier monologue de Salomon (subtilement ornementé par la soprano), avant que le Jason de Charpentier n’assiste, dévasté, à la fuite de la magicienne infanticide.</p>
<p>Cette conclusion pleine de feu clôt un parcours parfaitement soutenu, construit, haletant, où seuls les extraits purement instrumentaux (ouverture, danses) manquent de corps, pour des raisons d’effectif instrumental.</p>
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		<title>Discothèque idéale : Dvorak – Rusalka (Chalabala, Supraphon – 1961)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-dvorak-rusalka-chalabala-supraphon-1961/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né avec le XX° siècle, le neuvième opéra de Dvořák, qui marie si fiévreusement lyrisme éperdu et ivresse symphonique, devint vite l’un des emblèmes de la culture tchèque, au même titre que La Fiancée vendue de Smetana. Mais si on l’entend aujourd’hui d’un bout de la planète à l’autre, il éprouva d’abord quelques difficultés à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="172" data-end="851"><strong>Né avec le XX° siècle, le neuvième opéra de Dvořák, qui marie si fiévreusement lyrisme éperdu et ivresse symphonique, devint vite l’un des emblèmes de la culture tchèque, au même titre que <em data-start="365" data-end="384">La Fiancée vendue</em> de Smetana. Mais si on l’entend aujourd’hui d’un bout de la planète à l’autre, il éprouva d’abord quelques difficultés à passer les frontières : en France, sa création scénique (à l’Opéra de Marseille) n’eut lieu qu’en 1982 ! Sa diffusion se fit par le disque : riche d’une bonne dizaine de versions, la discographie de <em data-start="709" data-end="718">Rusalka</em> s’avère d’une haute qualité. Mais reste dominée par la mythique lecture de Zdeněk Chalabala, qui devait décéder l’année d’après.</strong></p>
<p data-start="853" data-end="2279">La battue du chef est plutôt soutenue, allante, voire très dramatique à l’acte II, le seul à se dérouler dans le monde cruel des hommes. Les moments contemplatifs semblent pourtant suspendus dans une temporalité légendaire, qu’il s’agisse du chant du chasseur à l’acte I ou du sylvestre monologue de Rusalka au début du III. L’héroïne n’a rien ici d’un être désincarné : si la voix de <strong data-start="1238" data-end="1250">Šubrtová</strong> est mince (moins opulente que celle de Renée Fleming, dans la version Mackerras), elle reflète une personnalité indomptable, capable de passer de la rêverie à la plus brûlante passion en quelques mesures (« Ode à la lune »). <strong data-start="1405" data-end="1414">Žídek</strong> est un vrai prince de conte de fée : timbre de miel, crémeuse voix mixte, il n’est qu’émoi et cœur ouvert – sa poursuite de la biche blanche et sa mort dans un baiser sont des extases. L’instrument d’<strong data-start="1615" data-end="1624">Haken</strong> apparaît plus fatigué (couleurs mates, vibrato large) que sous la baguette de <strong data-start="1703" data-end="1716">Krombholc</strong>, neuf ans plus tôt, mais a-t-on jamais entendu prière plus paternelle que celle qu’il entonne au cœur de l’œuvre ? Les autres rôles sont à l’unisson : dans cet opéra qui confronte les quatre éléments naturels, l’inquiétante Sorcière d’<strong data-start="1952" data-end="1966">Ovčačíková</strong>, très en voix dans un rôle ardu, et la féroce Princesse de <strong data-start="2026" data-end="2036">Míková</strong>, incarnent le feu, quand la terre est représentée par le tendre Forestier de <strong data-start="2114" data-end="2123">Joraň</strong> et le craquant Marmiton de <strong data-start="2151" data-end="2161">Mixová</strong>. Et, toujours, la forêt frissonne au vent et le lac scintille à travers les sonorités boisées de l’orchestre pragois…</p>
<p data-start="2281" data-end="2635"><strong data-start="2281" data-end="2300">Milada Šubrtová</strong> (Rusalka), <strong data-start="2312" data-end="2325">Ivo Žídek</strong> (le Prince), <strong data-start="2339" data-end="2355">Eduard Haken</strong> (l’Ondin), <strong data-start="2367" data-end="2387">Marie Ovčačíková</strong> (la Sorcière), <strong data-start="2403" data-end="2419">Alena Míková</strong> (la Princesse étrangère), <strong data-start="2446" data-end="2460">Jiří Joraň</strong> (le Garde forestier), <strong data-start="2483" data-end="2499" data-is-only-node="">Ivana Mixová</strong> (le Marmiton), <strong data-start="2515" data-end="2532">Václav Bednář</strong> (un chasseur), Orchestre et Chœur du Théâtre national de <strong data-start="2590" data-end="2600">Prague</strong>. Direction : <strong data-start="2614" data-end="2634">Zdeněk Chalabala</strong>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dossier/la-discotheque-ideale-de-lart-lyrique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="355" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/vers-la-discotheque-ideale-2-1024x355.png" alt="" class="wp-image-207785"/></a></figure>
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