À l’heure des bilans, les festivals ont rarement la dent dure envers eux-mêmes. Pour son cinquantième anniversaire, celui de musique ancienne d’Innsbruck sacrifie au rituel, chiffres à l’appui : selon les organisateurs, l’édition tenue du 24 juillet au 30 août 2026 a accueilli plus de 20 000 visiteurs, avec un taux de remplissage supérieur à 95 %. Les ventes de billets progressent d’environ 9 % et les recettes de 8 %, dans un programme lui-même élargi à 62 événements, dont 23 gratuits. L’autosatisfaction va jusqu’à dénombrer les journalistes présents : 81, très précisément (même nous !)
Au-delà du comptage des fauteuils et des plumes, on retiendra surtout l’ambition d’Il pomo d’oro de Cesti, ouvrage longtemps réputé impraticable, partiellement reconstitué et dirigé par Ottavio Dantone à la tête de l’Accademia Bizantina. Vingt solistes, un chœur et deux compagnies de danse participaient à cette production signée Fabio Ceresa. Le chant était également à l’honneur avec Anna Bonitatibus dans l’hommage à Alan Curtis, tandis que les quatre représentations d’Atalanta, proposées par le programme Barockoper, affichaient complet plusieurs mois à l’avance. La finale du concours Cesti a clos cet anniversaire : une manière de laisser, après les célébrations, le dernier mot aux jeunes voix.

