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	<title>Ondřej ADÁMEK - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<title>Ondřej ADÁMEK - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>ADÁMEK, Seven Stones — Aix-en-Provence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Jul 2018 08:41:52 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La gestation fut longue, mais l’accouchement est triomphal : sept ans après sa conception, <em>Seven Stones</em> voit enfin le jour, et les aléas de la vie font naître ce premier opéra d’Ondřej Adámek après le deuxième, créé à Munich en juin dernier. Et si d’aucuns font la fine bouche, en se demandant si cette œuvre hors normes est vraiment un opéra, on leur répondre que ce spectacle est un opéra bien plus vivant que quantité de partitions qu’on gratifie aujourd’hui de cette appellation et qui ne font trop souvent que réchauffer de vieilles recettes. Le travail d’Adámek sur la voix et sur la décomposition des syllabes rappelle parfois celui d’un Salvatore Sciarrino, mais ce que <em>Steven Stones</em> a de plus étonnant, et de plus envoûtant pour l’auditeur, c’est que la musique en est infiniment variée, jamais inféodée à un courant ou une école. Cette liberté permet au compositeur de varier les atmosphères autant que le justifie le curieux livret dû à l’Islandais Sjón, surréaliste histoire d’un collectionneur de pierres et de sept des plus belles pièces de sa collection. Tout en préservant sa personnalité, qui repose aussi sur le recours à des instruments bizarres dont il est lui-même le concepteur, Ondřej Adámek s’amuse à pasticher différents styles aisément reconnaissables : le baroque, à mi-chemin entre Bach et Haendel, pour l’épisode du Christ et de la femme adultère (arrachée de justesse à la lapidation) ; tango argentin, forcément, pour l’histoire du poète aveugle de Buenos Aires ; pansori coréen – plutôt que musique japonaise – pour l’anecdote situé à Kyoto, et ainsi de suite.</p>
<p>Ce qui surprend aussi dans ce spectacle, c’est l’absence d’instrumentistes au sens traditionnel du terme : ce sont les membres du chœur qui en jouent eux-mêmes, maniant instruments à cordes ou à percussions tout en chantant. Ce chœur-orchestre est dirigé par le compositeur en personne (invisible) et par <strong>Léo Warynski</strong>, dont on connaît la grande familiarité avec les musiques de notre temps. La précision implacable exigée de chacun des intervenants a quelque chose de fascinant, et la prestation des chanteurs d’<strong>accentus / axe 21</strong> inspire le plus profond respect. Au chœur s’ajoutent quatre solistes, eux aussi assez stupéfiants par la maestria avec laquelle ils déploient une palette d’une incroyable diversité, tout en jouant et dansant leur rôle. Ils doivent eux aussi faire preuve d’une polyvalence rare, et l’on sent bien que la réussite du résultat est le fruit de longues heures de travail en étroite collaboration. La soprano <strong>Anne-Emmanuelle Davy</strong> danse le tango aussi bien qu’elle narre l’histoire de certaines des sept pierres. Sa consœur <strong>Shigeko Hata</strong> trouve des accents sauvages pour l’épisode situé dans son propre pays natal. <strong>Landy Andriamboavonjy</strong> est plus impressionnante encore dans les multiples facettes de la femme du collectionneur, tandis que <strong>Nicolas Simeha </strong>utilise tous ses registres pour interpréter le mystérieux pétromane (mais pas seulement, puisqu’il prête même sa voix à la femme adultère), qui finit par lancer à la tête de son épouse l’une des pierres de sa collection.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="199" src="/sites/default/files/styles/large/public/seven-gpiano-20180627a-66vp_72dpi_2720.jpg?itok=WfSmZB4N" title="© Festival d'Aix-en-Provence" width="468" /><br />
	© Festival d&rsquo;Aix-en-Provence</p>
<p>Ce qui contribue enfin à la réussite de <em>Seven Stones</em>, c’est le travail d’<strong>Eric Obersdorff</strong> dont la mise en scène confère fluidité et cohérence à la douzaine de tableaux dont se compose le livret. Sur un plateau nu, seulement occupé par les différents instruments utilisés et par un ou deux meubles (on retiendra la spectaculaire arrivée, par le fond de scène, d’un grand portique soutenant des percussions, sur lequel les artistes eux-mêmes sont juchés), les déplacements sont réglés avec une élégance toute chorégraphique. Malgré la grisaille assumée des costumes, le résultat captive et éblouit. Autrement dit, ne manquez sous aucun prétexte <em>Seven Stones</em> lors de son prochain passage par l’Opéra de Rouen. Ni sa diffusion le 10 juillet sur Arte Concert et France Musique.</p>
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		<title>Kaija Saariaho, True Fire &#8211; Festival Présences — Paris (Radio France)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/kaija-saariaho-true-fire-festival-presences-paris-radio-france-presences-bienveillantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Feb 2017 06:47:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Le problème de la musique contemporaine, c’est que personne ne s’y intéresse, car elle ennuie autant qu’elle fait peur. » affirme volontiers une grande majorité du public mélomane, « Des commandes d’état à des compositeurs sinistrement inconnus sont financées par le contribuable (une fois de plus !) pour être jouées une seule fois, applaudies tièdement, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">« <em>Le problème de la musique contemporaine, c’est que personne ne s’y intéresse, car elle ennuie autant qu’elle fait peur. </em>» affirme volontiers une grande majorité du public mélomane, « <em>Des commandes d’état à des compositeurs sinistrement inconnus sont financées par le contribuable (une fois de plus !) pour être jouées une seule fois, applaudies tièdement, puis soigneusement rangées dans un tiroir de la SACEM, car il ne faudrait tout de même pas grignoter sur les parts de marché des symphonies de Brahms, des concerti de Mozart ou des poèmes symphoniques de Strauss</em> ». Face à un tel constat, il n’y a rien de mieux que le Festival Présences pour venir redorer l’image de la musique dite contemporaine (terme qui aurait probablement plus de sens dans son emploi au pluriel). Avec une quarantaine d’œuvres jouées en une semaine et demi, c’est comme si toute la programmation de concerts en France prenait un bain de jouvence, permettant d’innombrables créations (françaises comme mondiales) servies par des ensembles et orchestres d’exception.</p>
<p class="rtejustify">Festival Présence signifie donc « musique contemporaine version premium », et l’effectif présent sur la scène de l’auditorium de Radio-France montre que l’on a mis les petits plats dans les grands pour l’occasion.</p>
<p class="rtejustify">La première pièce, signée Ondřej Adámek, s’intitule <em>Polednice</em>, reprenant le nom d’une sorcière du folklore tchèque et composée sur un poème de Karel Jaromír Erben. L’instrumentation loufoque (orchestre, chœur, mais aussi casserole remplie d’eau, klaxon pour enfants et autres curiosités) crée une atmosphère à la fois ludique et angoissante. Le Chœur de Radio France, admirablement préparé par <strong>Martina Batič</strong>, ne fait qu’une bouchée de la prononciation tchèque et des difficultés rythmiques de la partition.</p>
<p class="rtejustify">Avec<em> True Fire</em>, nous retrouvons la compositrice à l’honneur de ce festival, à savoir Kaija Saariaho. Le cycle de six pièces pour baryton et orchestre nous rappelle avec quelle aisance la compositrice finlandaise manie l’orchestre, mêlant les lentes évolutions de cellules rythmiques aux recherches de timbre et d’orchestration. Mais ces six numéros permettent aussi de découvrir la voix du baryton <strong>Davóne Tines</strong>, l’un des interprètes favoris de la compositrice. Outre une présence apaisante et une diction soigneusement travaillée, c’est le timbre chaleureux et rond qui impressionne, se glissant sans efforts au travers des nombreuses vocalises propres à l’écriture vocale de la partition.</p>
<p class="rtejustify">Avec <em>Extinction des choses vues</em>, la compositrice estonienne Helena Tulve nous déploie une généreuse toile orchestrale, faisant penser à une pièce de Ligeti composée au ralenti. Le début nous fait craindre une grisaille systématique, mais en fait non, l’orchestre possède une riche palette de couleurs. Arrivés au climax, un glissando aux basses figure cette « extinction » et nous abandonne dans une atmosphère suspendue et méditative.</p>
<p class="rtejustify"><em>Orion</em> est annoncé par le programme comme « <em>la plus grande page produite par Kaija Saariaho</em> » jusqu’à présent. Et il est vrai que l’on est pris de vertige par la densité de la masse orchestrale. Outre l&rsquo;Orchestre national de France au plus grand complet s’ajoute une section percussion particulièrement touffue et surtout l’orgue de <strong>Thomas Ospital</strong>. Le premier mouvement, sorte de grand crescendo spectral nous apporte l’atmosphère planante du second, perché dans l’aigu, figurant la constellation éponyme, tandis que le troisième semble être une grande course-poursuite à travers les pupitres de l’orchestre. </p>
<p class="rtejustify">Saluons pour cette dernière pièce la direction du chef <strong>Olari Elts</strong>, faisant preuve de la précision des rythmes et des balances et de la retenue nécessaire pour chaque pièce. Au vu de la réaction du public comblé, les compositeurs peuvent se rassurer et continuer à écrire la musique d’aujourd’hui.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/kaija-saariaho-true-fire-festival-presences-paris-radio-france-presences-bienveillantes/">Kaija Saariaho, True Fire &#8211; Festival Présences — Paris (Radio France)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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