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	<title>Franco ALFANO - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<title>Franco ALFANO - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Franco Alfano &#8211; Risurrezione</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Apr 2021 04:23:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mary Garden avait créé l’œuvre à Chicago. Magda Oliveiro en a laissé un enregistrement. L’ouvrage a été donné plus de mille fois entre sa création – à Turin en 1904 – et le début des années cinquante, pour disparaître ensuite à de rares exceptions près (Vérone en 1981, Palerme 1990, Montpellier-Radio France en 2001, Wexford 2017 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mary Garden avait créé l’œuvre à Chicago. Magda Oliveiro en a laissé un enregistrement. L’ouvrage a été donné plus de mille fois entre sa création – à Turin en 1904 – et le début des années cinquante, pour disparaître ensuite à de rares exceptions près (Vérone en 1981, Palerme 1990, Montpellier-Radio France en 2001, Wexford 2017 et enfin Florence). Etrangement, le nom d’Alfano reste attaché à son achèvement de la <em>Turandot</em> de Puccini, alors que son œuvre lyrique se distingue le plus souvent du vérisme ambiant qui l’a vu naître. Contemporain de Respighi, Casella et Malipiero, né en 1875, formé à Leipzig et Berlin, influencé par Busoni et Strauss, mais aussi par Debussy et Rimsky-Korsakov, Alfano découvrit à Paris l’adaptation théâtrale de <em>Résurrection</em> de Tolstoï, due à Henri Bataille. La critique sociale et politique de l’écrivain russe est estompée, même si les oppositions de classe, une justice arbitraire, les traitements dégradants de la vie carcérale sont explicites. C’est avant tout un drame sentimental dont la figure essentielle nécessite un grand soprano lyrico-dramatique.</p>
<p>La mise en scène, signée <strong>Rosetta Cucchi</strong>, est reprise de la production du Festival de Wexford. Sa sobriété et la beauté de sa réalisation servent idéalement l’histoire. Les costumes, de <strong>Tiziano Santi</strong>, sont harmonieux, contrastés, variés, leur coupe et leurs couleurs n’appellent que des éloges. Quant aux lumières de <strong>Ginevra Lombardo</strong>, elles sont habilement ménagées.</p>
<p>Construite autour de la figure de Katioucha (diminutif de Caterina), rôle extrêmement exigeant, d’une présence quasi constante, l’intrigue la fait évoluer de la jeune fille amoureuse à la femme abandonnée, déchue, qui connaît une forme de rédemption ultime. Outre les qualités musicales, les capacités dramatiques sont sollicitées tout au long des quatre actes, les deux centraux pouvant être considérés comme les plus intenses. L’histoire est celle de cette jeune fille éprise du prince Dimitri Ivanovitch Nehlyudov (elle est au service de la tante du prince), et qui succombe à son charme. Au deuxième acte, enceinte, elle l’attend, la nuit, dans une petite gare russe où la neige tombe, et le voit arriver avec une autre femme. Le troisième se déroule dans une prison pour prostituées qui attendent leur déportation en Sibérie. Dimitri la visite, implore son pardon et lui propose de l’épouser. Elle s’emporte et délire, se remémorant les moments heureux de son passé. Au dernier acte, en Sibérie, elle refuse de nouveau d’épouser Dimitri, qu’elle aime toujours, pour refaire sa vie avec un prisonnier politique, Simonson.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="187" src="/sites/default/files/styles/large/public/risurrezione_1.jpg?itok=z3Kor4Bh" width="468" /></p>
<p>Comment ne pas penser au livret de <em>Siberia</em> (de Giordano), pratiquement contemporain, donné au Festival Radio France-Montpellier 2017, avec Sonya Yoncheva ? (<a href="/siberia-giordano-montpellier-festival-un-authentique-chef-doeuvre">un authentique chef-d’oeuvre</a>). Si le cadre et les situations dramatiques sont proches, le traitement musical diffère sensiblement. Certes, comme Giordano, il colore son propos en puisant ponctuellement dans les musiques traditionnelles russes, mais Alfano va user d’un langage bien différent, très raffiné, magistralement orchestré, dont l’écriture vocale s’éloigne du vérisme : une prose rythmée pour un flux musical ininterrompu, contrasté. La plupart des mélodies sont brèves, avec, parfois, des inflexions modales. Peu d’ensembles (trois duos des amants, aux actes I, III et IV et un des deux hommes), mais de quelle qualité, de quelle vérité ! Le finale est poignant, où Katioucha refuse sa grâce (judiciaire) et renonce à épouser Dimitri, pour connaître une forme de rédemption parmi les détenus. Le duo des adieux, empreint de passion, tendre et exaltée, conduit à la « Risurrezione », où le panneau central s’ouvre sur un champ de blé, au travers duquel l’enfant et Katioucha vont se rejoindre pour s’éloigner ensemble vers un ciel rayonnant, associé au chant pascal écouté au début.</p>
<p>« Dio pietoso » arioso de Katioucha au deuxième acte est encore parfois donné en récital et le mérite pleinement. La force émotionnelle est renforcée par un orchestre traité magistralement, jusqu’à l’épuisement final. En évitant les outrances véristes, <strong>Anne Sophie Duprels</strong>  (qui l&rsquo;avait déjà donnée dans cette mise en scène, à Wexford) est cette victime innocente d’une série d’épreuves qui pourraient aisément tourner au mélodrame (séduction trahison, fausses accusations de meurtre qui la conduiront au bagne sibérien). Ici, la dignité comme la déchéance puis la rédemption de l’héroïne, rendus avec justesse, nous émeuvent et forcent l’admiration. Pourquoi ce grand soprano est-elle si rare ? La voix est puissante, bien timbrée, aux graves somptueux, au médium redoutable et aux aigus aisés. Les moyens sont là, comme l’endurance. Sa présence, son engagement sont exceptionnels. Elle défend l’ouvrage avec toute sa conviction. Dimitri, le Prince, est <strong>Matthew Vickers</strong>, solide et athlétique ténor américain, que l’on découvre à l’occasion de cet enregistrement. Noble, passionné, digne et généreux, son jeu et sa voix chaude, puissante et longue lui permettent de donner toute sa vérité au personnage. Outre ses duos, il se voit confier quelques airs, brefs et bienvenus, qu’il caractérise remarquablement (« No, non temer, mia bella tortorella » au I, « Piangi, si, piangi » au III…). Le baryton américain <strong>Leon Kim</strong> incarne Simonson, le condamné politique. Dans ses dialogues avec Katioucha, comme avec Dimitri, il porte le message moral de Tolstoï. Le rôle est relativement modeste et il est d’autant plus difficile de lui donner son épaisseur humaine. Son chant et son jeu y réussissent fort bien. Le timbre sans chaleur (mais sans doute est-ce délibéré : le personnage n’est pas un séducteur) sied bien à cette victime de l’arbitraire. La distribution est exempte de la moindre faiblesse et aucun des très nombreux personnages secondaires ne dépare (19 cités dans la distribution). Voulue par le compositeur, la présence discrète, ponctuelle et muette d’une enfant renforce la continuité et l’émotion entre les quatre actes.</p>
<p>L’orchestre dirigé par <strong>Francesco Lanzillotta</strong> s’y montre sous son meilleur jour : ductile, clair et homogène, avec de brillants solistes. Les évocations sont d’une grande beauté (le printemps de la passion, le froid, le train, la détention, puis l’inexorable désespoir du bagne, avant la rédemption). Certaines pages pourraient sans peine être extraites et figurer au concert tant les qualités d’écriture du jeune Alfano (il n’a pas trente ans à la création) sont manifestes. Les chœurs s’intègrent idéalement à l’action, brèves incises, qui campent un tableau, peignent une ambiance, animent une scène. Ceux du Mai musical florentin sont dignes d’éloges jusqu’à l’apothéose finale, « Cristo è risorto » [Christ est ressuscité !] entendu discrètement dès la première scène.</p>
<p>La force et l’efficacité dramatique du propos, la concision, le raffinement de l’écriture supportent sans peine la comparaison avec les qualités de Puccini. Alors, pourquoi ce silence ? Première vidéo de l’ouvrage, cette excellente production devrait convaincre nos programmateurs de la pertinence d’un tel projet.</p>
<p>Note : Par-delà le sous-titrage, en français entre autres, l’auditeur curieux trouvera le livret original sur le site <a href="https://www.flaminioonline.it/Guide/Alfano/Alfano-Risurrezione21-testo.html">https://www.flaminioonline.it/Guide/Alfano/Alfano-Risurrezione21-testo.html</a></p>
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		<title>ALFANO, Cyrano de Bergerac — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/quel-panache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Francois Lesueur]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2009 13:54:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Franco Alfano (1875-1954)   Cyrano de Bergerac Comédie héroïque en 4 actes (Rome 1936)      Cyrano de Bergerac : Placido Domingo Roxane : Nathalie Manfrino Christian : Saimir Pirgu De Guiche : Marc Labonnette Ragueneau : Laurent Alvaro Carbon/Le Vicomte de Valvert : Franco Pomponi  La Duègne/Sœur Marthe : Doris Lamprecht : Le Bret : Christian Helmer Lignière/Le Mousquetaire : Frédéric Goncalves Montfleury (comédien) : &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>Franco Alfano (1875-1954)</strong></p>
<p><strong>  </strong></p>
<p><strong>Cyrano de Bergerac</strong></p>
<p>Comédie héroïque en 4 actes (Rome 1936)</p>
<p> </p>
<p></p>
<p>  </p>
<p>Cyrano de Bergerac : Placido Domingo</p>
<p>Roxane : Nathalie Manfrino</p>
<p>Christian : Saimir Pirgu</p>
<p>De Guiche : Marc Labonnette</p>
<p>Ragueneau : Laurent Alvaro</p>
<p>Carbon/Le Vicomte de Valvert : Franco Pomponi </p>
<p>La Duègne/Sœur Marthe : Doris Lamprecht : </p>
<p>Le Bret : Christian Helmer</p>
<p>Lignière/Le Mousquetaire : Frédéric Goncalves</p>
<p>Montfleury (comédien) : Gérard Boucaron</p>
<p> </p>
<p>Direction musicale : Patrick Fournillier</p>
<p>Orchestre symphonique de Navarre </p>
<p>Chœur du Châtelet</p>
<p> </p>
<p>Mise sen scène, décors et lumières : Petrika Ionesco</p>
<p>Costumes : Lili Kendaka</p>
<p>Maître d’armes : François Rostain</p>
<p> </p>
<p>Théâtre du Châtelet : 19 mai 2009</p>
<p> </p>
<p><strong>Quel panache !</strong> </p>
<p> </p>
<p>A la question « <em>Cyrano de Bergerac</em> a-t-il sa place sur une scène parisienne ? », la réponse est oui. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce grand opéra de Franco Alfano n’avait pas été représenté depuis sa création à l’Opéra Comique, le 25 mai….1936.</p>
<p> </p>
<p>Resté célèbre pour avoir terminé en hâte la <em>Turandot </em>de Puccini en 1924, Alfano est l’auteur de <em>Risurrezione</em> (1904) d’après Tolstoï, de <em>L’ombra di Don Giovanni</em> (1914), de<em> La leggenda di Sakuntala</em> (1921) et de <em>L’ultimo Lord</em> (1930). De culture italo-française, il décide de mettre en musique la pièce de Rostand, Cyrano de Bergerac, avec le concours du librettiste Henri Cain, pour être donné en première mondiale à Paris, à l’Opéra Comique. Les lenteurs de l’institution parisienne l’obligent cependant à en différer la création, l’ouvrage étant proposé à Rome dans une traduction italienne de Meano et Brusa, le 22 janvier 1936, avec José Luccioni et Maria Caniglia dirigés par Tullio Serafin. Ce n’est qu’en mai de la même année que Cyrano voit le jour à Paris et en français, défendu par José Luccioni et Lillie Grandval.</p>
<p> </p>
<p>Tombé dans l’oubli, l’œuvre réapparaît en Italie en 1975 (Turin/Edition Gala, avec William Johns et Olivia Stapp dirigés par Maurizio Arena), à Kiel en 2002 (sous la direction de Markus Grank), avant de susciter l’intérêt de Roberto Alagna (au Festival Radio France de Montpellier en 2003, puis à Monte Carlo et à Montpellier) et de l’infatigable Placido Domingo toujours à la recherche de partitions nouvelles.</p>
<p> </p>
<p>Adepte des coups médiatiques et d’événements musicaux contestables, Jean-Luc Choplin peut être satisfait d’être à l’origine de ce projet qui réhabilite à la fois une œuvre injustement oubliée, tout en célébrant le retour d’une légende du chant dans la capitale, qui ne l’avait pas entendue depuis<em> Parsifal</em> en 2000 (Bastille). Les amateurs de grand spectacle seront ravis, les autres accueilleront la production avec plus de réserve, la subtilité n’étant pas le fort de <strong>Petrika Ionesco</strong>, marqué par l’univers de la comédie musicale, les parcs d’attraction (Disneyland en tête) et les projets donnés au Stade de France (<em>Aida</em> et <em>Nabucco</em>). Son<em> Cyrano</em> est enlevé, malgré de lourds décors qui en ponctuent comme autrefois l’action, coloré, costumé à la façon d’un film de cape et d’épée. Débuté à l’arrière d’un décor de théâtre (une belle idée déjà expérimentée par Carsen ou Pelly pour ne citer qu’eux), il se décline (assez mal) dans les cuisines de Ragueneau, passe sous le balcon de Roxane (le plus beau) avant le siège d’Arras et le couvent des Dame de la Croix. Si l’on déplore une direction d’acteur sans surprise, les scènes de foules et de combats, réglées au cordeau, ainsi que les moments d’intimité (« la » scène du balcon et le finale) sont plutôt réussies.</p>
<p> </p>
<p>Très attendu dans le rôle extrêmement tendu du bretteur gascon, <strong>Placido Domingo</strong> dans une forme vocale insolente, n’a pas déçu. Passée une diction française incompréhensible (combien les surtitres sont précieux), le ténor conserve malgré son âge une fraîcheur de timbre, une ardeur et un enthousiasme communicatifs. Son personnage héroïque dès qu’il s’agit de prendre la parole ou de sortir l’épée, mais à jamais blessé par le fol amour qu’il vit par procuration, est parfaitement interprété, l’aigu de jeune homme s’éclipsant dans les pages d’émotion, jusqu’au déchirant aveu final.</p>
<p> </p>
<p>Auprès de cette gloire, <strong>Nathalie Manfrino</strong> a remporté un triomphe amplement mérité. La Roxane de Roberto Alagna (captée par DG), manquait de souplesse, d’éclat et d’abandon, celle de Placido Domingo surprend par son assurance et sa distinction, la plénitude de son chant et l’épanouissement de moyens radieusement utilisés. Coquette, la manipulatrice succombe lentement à l’amour, avant de se retirer du monde et de réaliser trop tard que « ces lettres » tant aimées et « cette âme » étaient celles du fidèle Cyrano et non de l’insignifiant Christian. Tenu par le jeune et inexpérimenté <strong>Saimir Pirgu</strong>, au timbre aigrelet, à l’aigu métallique et à la prononciation confuse, le bel écervelé manque de présence. <strong>Marc Labonnette</strong> campe en revanche un parfait De Guiche, tout comme <strong>Laurent Alvaro</strong>, Ragueneau plein de verve et <strong>Franco Pomponi</strong> (Carbon et Valvert) talentueux baryton au français aisé. Beau Le Bret de la basse <strong>Christian Helmer</strong>, efficace Lignère de <strong>Frédéric Goncalves</strong>, sans oublier la double prestation de <strong>Doris Lamprecht</strong> (Duègne et Sœur Marthe) toujours juste. </p>
<p> </p>
<p>L’impeccable direction de <strong>Patrick Fournillier</strong> à la tête de l’Orchestre symphonique de Navarre est évidemment pour beaucoup dans la réussite de cette production. Prolixe et généreux, son geste empoigne cette grande fresque théâtrale que tout prédestinait à la scène lyrique et qui oscille entre conversation en musique et grand opéra. Révélant la veine française et l’italianisme du compositeur, ainsi que les beautés d’une orchestration ample et profuse dans un même mouvement aux accents postromantiques, sa lecture dépasse celle de Marco Guidarini, pourtant très attachante.</p>
<p>  </p>
<p>Du panache, rien que du panache.</p>
<p> </p>
<p><strong>François Lesueur</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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<p> </p>
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