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	<title>Joseph CANTELOUBE - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Joseph CANTELOUBE - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Canteloube : Chants d&#039;Auvergne, par Carolyn Sampson</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Oct 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le paradoxe des Chants d’Auvergne, c’est que l’orchestration en est luxueuse, paysagère, veloutée, versicolore, et que de ses splendeurs elle enveloppe de petites mélodies rustiques, gentilles, sans façons, des chansons de bergère auvergnate. Prenez Jou l’Pount d’o Mirabel. L’orchestre suggère de vastes espaces, imagine des collines ondulantes où le soleil poudroie, avec tenues nasales des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le paradoxe des <em>Chants d’Auvergne</em>, c’est que l’orchestration en est luxueuse, paysagère, veloutée, versicolore, et que de ses splendeurs elle enveloppe de petites mélodies rustiques, gentilles, sans façons, des chansons de bergère auvergnate.<br />
	Prenez <em>Jou l’Pount d’o Mirabel</em>. L’orchestre suggère de vastes espaces, imagine des collines ondulantes où le soleil poudroie, avec tenues nasales des bois, cuivres en demi-teintes, pizzicati des contrebasses, ondulations de la harpe, notes égrenées d’un piano, cor anglais nostalgique, c’est la campagne avec tout le confort de la ville. Ce qu’on  aimerait, pour faire contraste, comme un plan serré sur un visage sans maquillage derrière lequel se déploierait un panorama sans fin, ce qu’on aimerait c’est entendre la voix simplette, sans chichis, voire acidulée, d’une petite jeune fille de St Chely d’Aubrac ou de Montivernoux, qui garderait ses brebis et chantonnerait en tricotant (on est en plein cliché, pardon !)</p>
<p>Or ce sont toujours de grandes dames qu’on y entend (et on les adore, évidemment, Dame Kiri, Frederica, Dawn, Véronique, la lumineuse Arleen – idéale selon nous, et d’ailleurs idéale partout et toujours – et la chère Victoria, si candide et émouvante, par laquelle on découvrit ces mélodies voici pas mal de lustres). Exceptions, Madeleine Grey dans les années 1930 (avec Elie Cohen), d’une savoureuse verdeur, et Netania Davrath (avec un mystérieux Pierre de la Roche *), dont l’ingénuité fruitée, parfois acide, parfois surjouée, approchait d’une chimérique authenticité.</p>
<p><strong>Carolyn Sampson</strong>, qu’on connaît surtout dans le répertoire baroque, Monteverdi, Haendel, Bach et qu’on a souvent entendue avec Robert King, Philippe Herreweghe ou Daniel Reuss, mais qui chante aussi le Lied (elle a consacré un disque à Schumann) et la mélodie (un autre dédié à Verlaine), aborde ce répertoire avec une évidente sincérité, beaucoup de probité, un respect fidèle des indications, un timbre lumineux et une maîtrise impeccable des grandes lignes mélodiques que Canteloube recueillit sur le terrain avant de les sertir dans une instrumentation virtuose.</p>
<p>Est-ce à dire qu’on adhère tout à fait à son interprétation ? Pas vraiment, car on y cherche en vain la simplicité, l’utopique rusticité qu’on aimerait. Petite tendance au portamento, un vibrato parfois excessif, quelque chose de compassé dans l’expression de l’émotion, d’un peu trop <em>cantatrice</em>, un rien affectée dans les pièces humoristiques (<em>Lou boussu</em>), parfois d’une truculence qu’on dirait forcée (<em>Malurous qu’o uno fenno</em>, de toute façon pas facile)… On voit par là combien il est difficile d’être simple, ingénu, quand de surcroît l’écriture de Canteloube demande souvent à la voix d’aller se percher sur les notes hautes.</p>
<p>Les grandes joies viendront ici de l’orchestre, d’autant que la prise de son est somptueuse. Le <strong>Tapiola Sinfonietta</strong> fait des merveilles sous la direction de <strong>Pascal Rophé</strong>. On sait que Canteloube emprunte à la fois à l’impressionnisme debussyste et au lyrisme de Vincent d’Indy, son mentor. Cor anglais et basson, souvent sollicités, rivalisent de fruité (le prélude de <em>La Delaïssádo</em>), un hautbois virtuose est évidemment en charge du pastoralisme, les cordes sont soyeuses et on aime la souplesse voluptueuse de <em>La Brezairola</em> (une berceuse), la rutilance de <em>Malurous qu’o uno fenno</em>, les mélanges acides de <em>Per l’éfon</em>, le pointillisme bondissant de <em>Tchut, tchut</em>, les agaceries bigarrées de <em>Lou coucut</em>. Il faut dire que Canteloube, derrière un visage austère de notable et le monocle du hobereau monarchiste convaincu que « la terre ne ment pas », se délecte de voluptés sonores et prend un évident plaisir à jouer des bigarrures infinies d’un orchestre raffiné et spirituel, et que Pascal Rophé s’en amuse lui aussi.</p>
<p>Au total, un fort joli disque, qu’on écoute avec plaisir, mais qui ne met pas un point final à la discographie de ces pièces fragiles et fleurant bon leur terroir (ou leur territoire, selon la terminologie en vigueur).</p>
<p> </p>
<p>* Pseudonyme derrière lequel se cacherait Pierre Monteux, dit-on.</p>
<p> </p>
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		<title>The Classics Album</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ne-soyons-pas-vache-avec-kiri/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2014 16:42:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Kiri Te Kanawa a eu soixante-dix ans en mars dernier. Elle avait fait ses véritables adieux à l’opéra avec d’ultimes Maréchales à Cologne. Sensiblement amaigrie, sa voix n’avait rien perdu de son singulier frémissement ; la chanteuse portait glorieusement les ans. Ses apparitions désormais sont calculées : parenthèse dans La Fille du Régiment en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Kiri Te Kanawa a eu soixante-dix ans en mars dernier. Elle avait fait ses véritables adieux à l’opéra avec d’ultimes Maréchales à Cologne. Sensiblement amaigrie, sa voix n’avait rien perdu de son singulier frémissement ; la chanteuse portait glorieusement les ans.</p>
<p>			Ses apparitions désormais sont calculées : parenthèse dans <em>La Fille du Régiment </em>en Krakentorp, amusement en Nellie Melba dans <em>Downton Abbey</em> (un « O mio babbino caro » stridulent), rares récitals, un disque de chants maoris. La pédagogie et l’aide aux jeunes artistes ont pris le relais.</p>
<p>			En six disques, DECCA rappelle ce que fut cette artiste : tout simplement la reine de l’art lyrique pendant une bonne vingtaine d’années, de ses débuts fracassants au Covent Garden en Comtesse des <em>Noces</em> jusqu’à la célébration grandiose de ses cinquante ans au Royal Albert Hall en 1994. Suprématie attestée par son Elvira dans le<em> Don Giovanni</em> de Joseph Losey en 1979, son interprétation de « Let the bright Seraphim » au mariage de Charles et Diana en 1981 (coiffée d’une toque bleue électrique du plus bel effet), ou l’enregistrement de <em>West Side Story </em>sous la baguette de Bernstein <em>himself </em>en 1984, ou par sa Desdémone aux côtés de l’Otello de Pavarotti, sorte de hapax discographique.</p>
<p>			Et avec cela, belle. Apprêtée toujours comme si le Président des Etats-Unis allait sonner à la porte. Le méchage auburn façon Sue Ellen associé à des mises en pli impeccables qui n’eurent de rival qu’en Samuel Ramey.</p>
<p>			Etonnant comme tout cela a vite périclité. Demandez à n’importe quel amateur aujourd’hui quelles chanteuses il retient des années 70 à 90 : il est peu probable que Kiri Te Kanawa figure sans la liste. Julia Varady (née en 1941), Teresa Berganza (née en 1935), Grace Bumbry (née en 1937), Lucia Popp (née en 1939), Ileana Cotrubas (née en 1939), Margaret Price (née en 1941), Jessye Norman (née en 1945), pour ne citer que quelques-unes de ses contemporaines immédiates, auront conquis nos cœurs plus sûrement, et occupent aujourd’hui un rang élevé dans nos références, alors que leur présence médiatique et discographique fut bien moindre que celle de Dame Kiri.</p>
<p>			Pourquoi ? Le présent coffret se charge de nous offrir la réponse. Pour la résumer en un trait, disons qu’on ne fait plus de musique ainsi. Et qu’en un sens, la période pendant laquelle on en fit ainsi fut assez brève. L’approche qui prévaut ici est celle d’un hédonisme sonore de tous les instants. Les enregistrements furent réalisés dans les années 80, à l’exception des lieder de Strauss, enregistrés en 1990. On y entend une recherche constante du bien-chanter, de la ligne propre, chatoyante, d’une sorte de satin vocal qui surprend par sa permanence : ce n’est pas simplement une technique, c’est un style ; ce n’est pas simplement un style, c’est une esthétique.</p>
<p>			Car les orchestres sont à l’avenant – rutilantes machines aux mille reflets. On se love dans ce son avec un frisson d’aise. Aucune aspérité ne viendra troubler ce confort – qui bientôt devient un ennui. Proximité sidérante, avec le recul, entre cette esthétique et l’émergence dans ces mêmes années 80 d’un rock synthétique polissant ses sonorités. Il semble qu’en ce temps-là, on considéra que le progrès naissait de l’uniformité. Hé bien, non, c’est bel et bien l’ennui qui en naît – hélas.</p>
<p>			Le disque consacré aux airs sacrés est presque renversant de ce point de vue. Je ne me souvenais plus qu’on ait pu enregistrer de manière aussi léchée et dévitalisée. L’English Chamber Orchestra sonne comme un harmonium électrique. La voix de Kiri est lisse et douce et fleurie comme une toile cirée.</p>
<p>			Les airs d’opéra et les airs de Mozart passent et se ressemblent d’une manière préoccupante. Jamais un accent pour les singulariser. C’est bel et bien toujours « Kiri chante… » &#8211; nom du compositeur ajouté à la demande.</p>
<p>			De là le naufrage du disque 4, consacré à la mélodie, Purcell côtoyant Liszt et Ravel mais aussi Granados dans une indifférence complète. Trop de glamour tue le glamour.</p>
<p>			Ce qui survit à cela, ce sont les Canteloube : la rusticité délibérée de l’orchestration contraste heureusement avec cette voix si sophistiquée et disciplinée. Et ce sont, surtout, les Strauss : les<em> Quatre derniers lieder </em>et des mélodies avec Solti dirigeant les Wiener Philharmoniker puis se mettant au piano (quel luxe). Evidemment parce que tout ce qui fait l’art de Te Kanawa trouve là son plein régime et son meilleur emploi, mais aussi parce que Solti est le seul à pouvoir lui offrir une sonorité opulente sans être chiquée, somptueuse mais substantielle, animée, vivante. Alors la voix de la chanteuse s’insère naturellement dans un bain sonore qui l’enveloppe et pour ainsi dire l’exhausse, faisant d’elle le premier instrument d’un orchestre superlatif. On ne peut s’empêcher du reste de noter qu’à ce même élément sonore constitué par Solti, Renée Fleming offrira une réponse autrement riche et caractérisée.</p>
<p>			La vocalité de Kiri Te Kanawa restera comme l’artiste-témoin de l’espèce de sidération jouissante provoquée par l’irruption de la stéréophonie et l’apogée de l’ingénieur du son comme confectionneur en chef de la musique enregistrée. Cela ne diminue en rien l’impressionnante qualité de sa voix, la discipline absolue de son chant et l’éclat d’une carrière hors-norme ; mais cela les remet en perspective.</p>
<p>			 </p>
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