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	<title>Luigi CHERUBINI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 26 Mar 2026 08:19:38 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Luigi CHERUBINI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>A Toulouse, une saison 2026-27 riche en retrouvailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-toulouse-une-saison-2026-27-riche-en-retrouvailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 06:35:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au mi-temps d&#8217;un cru 2025-26 déjà riche en réussites (Thaïs de Massenet, la rare Passagère de Weinberg, la reprise de Lucia di Lammermoor de Donizetti mise en scène par Nicolas Joel) et encore porteur de promesses (Verdi et Strauss arrivent, avec Otello et Salome), Christophe Ghristi a présenté à la presse la prochaine saison de l&#8217;Opéra national du Capitole de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au mi-temps d&rsquo;un cru 2025-26 déjà riche en réussites (<em>Thaïs</em> de Massenet, la rare <em>Passagère </em>de Weinberg, la reprise de <em>Lucia di Lammermoor </em>de Donizetti mise en scène par <strong>Nicolas Joel</strong>) et encore porteur de promesses (Verdi et Strauss arrivent, avec <em>Otello </em>et <em>Salome</em>), <strong>Christophe Ghristi</strong> a présenté à la presse la prochaine saison de l&rsquo;Opéra national du Capitole de Toulouse, qui occasionnera plusieurs retrouvailles attendues. Avec le répertoire d&rsquo;abord : la reprise de <em>Rusalka </em>de Dvorak dans la mise en scène somptueusement aquatique de<strong> Stefano Poda</strong> ouvrira les festivités, avec une distribution réunissant <strong>Ruzan Mantashyan</strong>, <strong>Pavol Breslik</strong> et <strong>Ricarda Merbeth</strong> sous la direction de <strong>Giacomo Sagripanti</strong>. Avec des œuvres plus entendues depuis longtemps ensuite : après cinquante ans d&rsquo;absence, le <em>Lohengrin </em>de Wagner fera son retour dans la ville rose, dans une nouvelle production d&rsquo;un habitué des lieux, <strong>Michel Fau</strong>, et avec une distribution que Christophe Ghristi a voulue « méridionale » (<strong>Michele Spotti</strong> dans la fosse, <strong>Airam Hernandez</strong> dans le rôle-titre, <strong>Chiara Isotton</strong> en Elsa, mais aussi la première Ortrud de <strong>Sophie Koch</strong>). <em>Peter Grimes </em>de Britten, n&rsquo;avait, de son côté, pas été joué depuis plus de 20 ans ; il reviendra dans la mise en scène signée <strong>David Alden</strong> pour l&rsquo;English National Opera, et permettra d&rsquo;entendre les débuts de <strong>Nikolai Schukoff</strong> dans le rôle éponyme, ainsi que ceux de <strong>Yolanda Auyanet</strong> en Ellen Orford, tandis que <strong>Frank Beermann</strong> sera à la baguette. Entre un <em>Barbier de Séville </em>mettant en lumière plusieurs étoiles montantes du chant rossinien sous la direction d&rsquo;<strong>Alfonso Todisco</strong> et un nouveau <em>Couronnement de Poppée </em>de Monteverdi confié à l&rsquo;Ensemble I Gemelli de <strong>Mathilde Etienne</strong> et <strong>Emilio Gonzalez Toro</strong>, avec notamment <strong>Adèle Charvet</strong> et <strong>Maximiliano Danta</strong> dans les rôles principaux, on guettera la création <em>in loco </em>du <em>Roi Arthus </em>de Chausson, que chantera pour la première fois <strong>Stéphane Degout</strong>. épaulé par <strong>Catherine Hunold</strong> et <strong>Bror Magnus Todenes</strong> (direction musicale <strong>Victorien Vanoosten</strong>, mise en scène <strong>Aurélien Bory</strong>). Ce dernier ouvrage dialoguera avec son lointain prédécesseur signé Purcell, ce <em>King Arthur </em>joué en version de concert par le Concert Spirituel de <strong>Hervé Niquet</strong>. De même, la <em>Médée</em> de Charpentier (également en concert, avec <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>,<strong> Juliette Mey</strong>, <strong>Frédéric Caton</strong> ou encore<strong> Claire Lefilliâtre</strong> et l&rsquo;Ensemble Les Epopées de <strong>Stéphane Fuget</strong>) fera écho à celle de Cherubini, jouée en fin de saison dans sa version italienne, avec les prises de rôle de <strong>Karine Deshayes</strong> et <strong>Roberto Alagna</strong> &#8211; retrouvailles là encore, et non des moindres puisque la dernière apparition du ténor français dans une production du Capitole date de&#8230; 1997 !</p>
<p>Aux côtés d&rsquo;une saison chorégraphique qui mettra à l&rsquo;honneur <strong>George Balanchine</strong> et <strong>Peter Martins</strong>, <strong>Hans van Manen</strong> et <strong>Edward Clug</strong> et proposera également une création de <strong>Benjamin Pech</strong> (<em>Les Trois Mousquetaires</em>) et un spectacle jeune public autour de la figure du Petit chaperon rouge (musique<strong> Benoît Menu</strong>, chorégraphie <strong>Andreas Heise</strong>), la saison des récitals, proposée à un tarif défiant toute concurrence (20 euros la place, et ça descend même à 5 euros pour les Midis du Capitole, qui permettront tout de même d&rsquo;entendre <strong>Sandrine Piau</strong> et <strong>David Kadouch</strong>, <strong>Jean-François Lapointe</strong> ou <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong>) confirme les ambitions de la maison en la matière : au programme, rien moins que <strong> Rachel Willis-Sorensen</strong>,<strong> Joseph Calleja</strong> ou encore <strong>Asmik Grigorian</strong>, qui se souvient être venue enfant à Toulouse, quand son père, le ténor Gegam Grigorian, y chantait. Encore une histoire de retrouvailles !</p>
<p>La réservation pour les abonnements ouvrira dès le 31 mars sur <a href="https://opera.toulouse.fr/">le site de l&rsquo;Opéra National Capitole de Toulouse</a></p>
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		<item>
		<title>CHERUBINI, Médée &#8211; Paris (Théâtre des Champs Elysées)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cherubini-medee-paris-theatre-des-champs-elysees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Feb 2026 11:19:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Serait-ce enfin une sortie du Purgatoire ? Un an après la série de représentations à l’Opéra-Comique, c’est au tour du Théâtre des Champs Elysées de nous proposer une nouvelle Médée de Luigi Cherubini, en français ici encore, mais cette fois-ci pour un concert unique. On retrouve d’ailleurs deux interprètes en commun, Julien Behr en Jason &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Serait-ce enfin une sortie du Purgatoire ? Un an après la série de représentations <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cherubini-medee-paris-opera-comique/">à l’Opéra-Comique</a>, c’est au tour du Théâtre des Champs Elysées de nous proposer une nouvelle <em>Médée</em> de Luigi Cherubini, en français ici encore, mais cette fois-ci pour un concert unique. On retrouve d’ailleurs deux interprètes en commun, <strong>Julien Behr</strong> en Jason et <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> en Néris.<br />
La distribution réunie sur la scène du Théâtre des Champs Élysées s’est en effet échappée pour un soir de la Seine Musicale où elle enregistre l’œuvre, sous les hospices de la Fondation du Palazzetto Bru Zane. On sent d’ailleurs toute la cohérence née de ces séances de travail commun, et le travail sur la diction qui en découle (notamment chez <strong>Marina Rebeka</strong>, seule non francophone du plateau).<br />
Par rapport à la <em>Médée</em> présentée l’an passé, une différence saute aux oreilles : ce ne sont pas les dialogues originaux en alexandrins que nous entendons ce soir, mais une nouvelle version avec récitatifs, de la main d’Alain Curtis. On pourra s’étonner de cette entorse à une certaine orthodoxie de la part du Palazzetto Bru Zane, qui défend présenter ici <a href="https://www.forumopera.com/breve/medee-telle-que-la-voulait-cherubini/">la tragédie lyrique dont Luigi Cherubini aurait rêvé</a>. Pourtant, reconnaissons que nos oreilles biberonnées à la version italienne s’y retrouvent davantage que dans la version « opéra comique » (quand bien même on regrettera une moindre efficacité dramatique de cette version française par rapport à la version italienne lors de l’apparition de Médée). Cela modifie également le caractère de l’œuvre, tendant davantage vers un bouillonnement pré-romantique quand la version à l’Opéra-Comique respectait davantage un « tombé » classique.<br />
Cette impulsion dramatique se retrouve dans la direction ébouriffante de <strong>Julien Chauvin</strong>, à la tête de son Concert de la Loge. Elle avance, rue, nous emporte vers l&rsquo;abîme, quitte à précipiter quelquefois les tempos. Il faut entendre la violence de la tempête au début de l’acte 3, tous vents et percussions dehors, décoiffante ! Pour autant, nulle sécheresse dans la texture et les couleurs orchestrales, qui font ressortir des détails inhabituels.<br />
Le chœur Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles est d’une clarté et d’une précision admirables, avec, comme revers de la médaille, un léger manque d’assise dans le grave.<br />
Mais que serait <em>Médée</em> sans une protagoniste hors du commun ? Et la magicienne de <strong>Marina Rebeka</strong> est tout simplement monstrueuse, de colère, de détresse, dès son entrée dans une robe carmin flamboyante. La voix sait se faire velours pour amadouer Créon, mais les griffes affleurent très rapidement. La voix longue et homogène semble infinie, les aigus, dardés, sont autant de gifles adressées au mari volage, et le timbre moiré, aux reflets polaires, semble fait pour révéler les gouffres de noirceur et de folie homicide. Le visage reste fermé, les mains se tordent, et la chanteuse est tellement dans son rôle qu’elle semble encore furieuse au moment des applaudissements à la fin de l’acte 1. Il faudra un incident de tablette récalcitrante après l’entracte (qui provoquera un bis de l’introduction musicale de l’acte 2) pour la troubler et la faire sortir du rôle. Déconcentration ou fatigue tout à fait compréhensible (le rôle est un Everest vocal et émotionnel), la chanteuse semble davantage plongée dans sa partition, un peu moins incarnée, en fin de soirée, mais sans pour autant nuire à l’impact crucifiant du final. Voilà clairement une incarnation majeure dont on est ravi qu’elle soit captée au disque et qu’on a hâte de retrouver dans une version scénique.<br />
Comme à l’Opéra-Comique, Néris a la douceur et le timbre pulpeux de <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong>. Son air « Ah ! Nos peines seront communes » est admirablement modelé, moment suspendu, rayonnant de pudeur et de tendresse, au milieu d’un océan de noirceur. <strong>Mélissa Petit</strong>, Dircé frémissante de juvénilité et de délicatesse, brille également dans son air virtuose de l’acte 1.<br />
<strong>Julien Behr</strong> campe, lui, un Jason ambivalent, à la fois arrogant et pleutre. Il démontre comme l’an passé une grande solidité vocale, et, bien que couvert par sa partenaire dans les duos, il ne plie pas (ce qui est déjà un exploit). Enfin le Créon de <strong>Patrick Bolleire</strong>, à la diction superlative et au légato soigné, manque un peu de mordant dans les éclats et apparait plus monolithique que celui proposé par Edwin Crossley-Mercer à l’Opéra-Comique.</p>
<p>Cette soirée mémorable laisse en tout cas augurer le meilleur pour ce nouvel enregistrement de la <em>Médée</em>, enfin dans sa langue originale.</p>
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		<title>Cinq clés pour&#8230;</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/cinq-cles-pour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 03:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En lien avec L&#8217;Avant-Scène Opéra, cinq angles d&#8217;approche pour aborder une œuvre lyrique souvent méconnue. Thomas Adès The Exterminating Angel par Christophe Rizoud Daniel-François-Esprit Auber La Muette de Portici par Christophe Rizoud Béla Bartók Le Château de Barbe-Bleue par Laurent Bury Vincenzo Bellini Beatrice di Tenda par Christophe Rizoud George Benjamin Written on Skin par &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En lien avec <em>L&rsquo;Avant-Scène Opéra</em>, cinq angles d&rsquo;approche pour aborder une œuvre lyrique souvent méconnue</strong><strong>. </strong></p>
<p><strong>Thomas Adès</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-the-exterminating-angel/"><em>The Exterminating Angel</em> </a>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Daniel-François-Esprit Auber</strong><br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-la-muette-de-portici">La Muette de Portici</a> </em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Béla Bartók</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-chateau-de-barbe-bleue">Le Château de Barbe-Bleue</a></em> par Laurent Bury</p>
<p><strong>Vincenzo Bellini</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-beatrice-di-tenda-en-cours/"><em>Beatrice di Tenda</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>George Benjamin</strong><br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-written-on-skin">Written on Skin</a></em> par Laurent Bury</p>
<p><strong>Georges Bizet</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-le-docteur-miracle/">Le Docteur Miracle</a></em> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Walter Braunfels</strong><br />
<a href="/actu/cinq-cles-pour-les-oiseaux-de-walter-braunfels"><em>Die Vögel</em> (</a><a href="/actu/cinq-cles-pour-les-oiseaux-de-walter-braunfels"><em>Les Oiseaux</em></a>) par Christophe Rizoud</p>
<p><strong style="font-size: 14px;">Benjamin Britten</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-death-in-venice"><em style="font-size: 14px;">Mort à Venise</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Marc-Antoine Charpentier</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-david-et-jonathas/"><em>David et Jonathas</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Ernest Chausson</strong><br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-roi-arthus">Le Roi Arthus</a></em> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Luigi Cherubini</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-medee">Médée</a></em> Par Laurent Bury</p>
<p><strong>Paul Dukas</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-chateau-de-barbe-bleue">Ariane et Barbe-Bleue</a></em> par Laurent Bury</p>
<p><strong>Gaetano Donizetti</strong><br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-anna-bolena">Anna Bolena</a></em> par Christophe Rizoud<br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-don-pasquale">Don Pasquale</a></em> par Christophe Rizoud<br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-la-favorite">La Favorite</a></em> par Christophe Rizoud<br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-lucrezia-borgia">Lucrezia Borgia</a></em> par Christophe Rizoud<br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-roberto-devereux"><em>Roberto Devereux</em></a> </em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Christoph Willibald Gluck</strong><br />
<a href="/actu/cinq-cles-pour-armide-de-gluck"><em>Armide</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Charles Lecocq</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-le-docteur-miracle/"><em>Le Docteur Miracle</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Franz Lehár</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-giuditta-de-franz-lehar/"><em>Giuditta</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Albéric Magnard</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-guercoeur/">G<em>uercœur</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Jules Massenet</strong><br />
<a href="/actu/cinq-cles-pour-cendrillon-de-massenet"><em>Cendrillon</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Pietro Mascagni</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-cavalleria-rusticana">Cavalleria rusticana</a></em> </em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Giacomo Meyerbeer</strong><br />
<em><a href="/actu/cinq-cles-pour-lafricaine">L&rsquo;Africaine</a> </em>par Christophe Rizoud<br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-les-huguenots">Les Huguenots</a> </em></em>par Laurent Bury<br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-prophete">Le Prophète</a> </em></em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Modeste Moussorgski</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-boris-godounov">Boris Godounov</a></em> </em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-cinematographiques-pour-cosi-fan-tutte">Cosi fan tutte</a> </em></em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Jacques Offenbach<br />
</strong><a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-fantasio/"><em>Fantasio</em> </a>par Christophe Rizoud<br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-la-grande-duchesse-de-gerolstein">La Grande-Duchesse de Gérolstein</a></em> </em>par Laurent Bury<br />
<a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-voyage-dans-la-lune"><em>Le Voyage dans la Lune</em></a> par Christophe Rizoud<br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-les-brigands/"><em>Les Brigands</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Sergueï Prokofiev</strong><br />
<em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-lange-de-feu">L&rsquo;Ange de feu</a></em> </em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Giacomo Puccini</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-la-rondine">La rondine</a></em> </em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Jean-Philippe Rameau</strong><br />
<em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-hippolyte-et-aricie">Hippolyte et Aricie</a> </em></em>par Christophe Rizoud<br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-les-indes-galantes"><em>Les Indes galantes</em></a> </em></em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Aribert Reimann</strong><br />
<em><em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-lear">Lear</a></em> </em></em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Wolfgang Rihm</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-jakob-lenz"><em>Jakob Lenz</em></a> </em></em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Nikolaï Rimski-Korsakov</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-snegourotchka"><em>Snégourotchka</em> </a></em></em>par Laurent Bury<br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-le-conte-du-tsar-saltane/"><em>Le Conte du Tsar Saltan</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Gioachino Rossini</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-moise-et-pharaon-de-rossini">Moïse et Pharaon</a> </em>par Maurice Salles<br />
<em><em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-lotello-de-rossini">Otello</a></em> </em></em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Camille Saint-Saëns</strong><br />
<em><em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-samson-et-dalila">Samson et Dalila</a></em> </em></em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Giuseppe Verdi</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-ernani"><em>Ernani</em></a> </em></em>par Laurent Bury<br />
<a href="/actu/cinq-cles-pour-giovanna-darco"><em>Giovanna d&rsquo;Arco</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Richard Wagner</strong><br />
<em><em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-rienzi">Rienzi</a></em> </em></em>par Laurent Bury</p>
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		<title>Médée telle que la voulait Cherubini ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/medee-telle-que-la-voulait-cherubini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Dec 2025 07:45:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis plus d’un siècle, Médée n’a cessé d’être réécrite, traduite et remodelée — au point de devenir un mythe autant qu’un contresens. Entre récitatifs ajoutés, versions italiennes et lectures scéniques souvent brutales, l’opéra de Luigi Cherubini s’est éloigné de son projet initial : une tragédie lyrique française, héritière de Gluck et pensée pour la grande &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plus d’un siècle, <em>Médée</em> n’a cessé d’être réécrite, traduite et remodelée — au point de devenir un mythe autant qu’un contresens. Entre récitatifs ajoutés, versions italiennes et lectures scéniques souvent brutales, l’opéra de Luigi Cherubini s’est éloigné de son projet initial : une tragédie lyrique française, héritière de Gluck et pensée pour la grande scène parisienne.</p>
<p>En restituant récitatifs chantés (composés par Alain Curtis), ballet et orchestration élargie, le Palazzetto Bru Zane propose moins une nouvelle version qu’un retour à la source. Sous la direction de <strong>Julien Chauvin</strong>, avec <strong>Marina Rebeka </strong>dans le rôle-titre, cette <em>Médée</em> recomposée sera donnée en concert au Théâtre des Champs-Élysées le 11 février 2026 (<a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2025-2026/opera-en-concert/medee-2">plus d’informations</a>).</p>
<p>Faut-il y voir l’esquisse d’une vérité retrouvée — ou simplement une strate de plus dans l’histoire mouvante d’une œuvre qui n’a jamais cessé de se dérober. En raison de la monstruosité de son sujet ?</p>
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		<title>CHERUBINI, Medea &#8211; Naples</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cherubini-medea-naples/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 05:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si l’on jauge des ambitions d’un théâtre à son gala d’ouverture, nul doute que le Teatro San Carlo place la barre haut. Medea, version italienne apocryphe de l’œuvre de Cherubini, charrie avec elle les mânes de certaine cantatrice et de représentations entrées dans la légende. La distribution affichée à Naples porte en elle les promesses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si l’on jauge des ambitions d’un théâtre à son gala d’ouverture, nul doute que le Teatro San Carlo place la barre haut. <em>Medea</em>, version italienne apocryphe de l’œuvre de Cherubini, charrie avec elle les mânes de certaine cantatrice et de représentations entrées dans la légende. La distribution affichée à Naples porte en elle les promesses d’une soirée hors du commun.</p>
<p>A commencer par la réalisation scénique, confiée à un metteur scène déjà recruté par le passé par la concurrente et première scène italienne pour sa Sant’Ambrogio. La proposition de <strong>Mario Martone</strong> convainc avant tout par la qualité de la réalisation scénique plus que par la référence revendiquée au film de Lars Von Trier, <em>Melancholia</em>. Certes, elle reproduit l’élégant Château (Tjolöholm) et les jardins ordonnés du film avant d’en reprendre le final cataclysmique pendant que le chœur horrifié du meurtre des enfants parle de fuir une terre maudite. Cependant, on peine à comprendre le parallèle établi entre Glauce et le personnage de Justine, incarnée par Kirsten Dunst. D’autant que le seul personnage adultère de l’opéra n’est pas le bon (Jason versus Justine) et que le propos dépressif (Schopenhauer et <em>Tristan und Isolde</em> chez Lars Von Trier) est complètement absent du livret de François-Benoît Hoffmann. Bien plus pertinent s’avère le travail autour de l’agora : le conflit d’ordre privé de Médée vient chambouler le royaume de Créon. Aussi l’usage du parterre du Teatro San Carlo comme assemblée du peuple fait mouche à chaque fois : pendant le mariage célébré au centre de la salle et qui voit Médée impuissante et prostrée sur scène ou encore quand cette dernière envahit les rangs du public pour le prendre à parti sur sa résolution meurtrière. L’artifice théâtral pourtant éculé trouve une vigueur nouvelle au service du livret, de ses enjeux et surtout des interprètes dont le charisme scénique se trouve mis en lumière.</p>
<p>Après ses difficultés relatées dans nos colonnes et un retour progressif à la scène depuis Erl et Athènes, c’est avec joie que l’on retrouve une <strong>Anita Rachvelishvili</strong> à l’instrument complètement retrouvé. Sonore et épais, le timbre caractérise sans mal une Neris presque figure tutélaire. <strong>Giorgi Manoshvili</strong> continue de creuser son sillon auprès des plus grands. Il a toute sa place dans cette distribution de haut niveau. Son Creonte s’impose tant par la puissance, le timbre, que par la déclamation châtiée du roi. Venue du chœur, <strong>Désirée Giove</strong> s’en tire avec les honneurs. Il lui manque quelques onces d’ampleur vocale pour trouver tout le dramatisme nécessaire au rôle, mais le phrasé est irréprochable et l’incarnation convaincante. Il en va de même pour <strong>Francesco Demuro</strong> habitué à des emplois de ténor plus légers. Son Giasone trouve sa véhémence dans un aigu souverain, à défaut de faire le poids en termes de volume et de projection. Deux atouts maître de celle qui triomphait encore dans le rôle-titre au Metropolitan Opera en ouverture de la saison 2022. <strong>Sondra Radvanovsky</strong> peut très certainement revendiquer Medea comme une signature vocale : déclamation, couleurs, aisance… elle dresse un portrait monstrueux de la femme bafouée et meurtrière depuis son entrée au parterre jusqu’à une dernière phrase anthologique. Comme à New-York c’est une ovation qui l’accueille aux saluts.</p>
<p>A noter la préparation du chœur dont la qualité va croissant tout au long de la soirée. Leur intervention dans le parterre pendant la noce restera comme un des moments forts d’une soirée qui en aura compté de nombreux. S’en extraient trois solistes tout aussi idoines dans les petits roles de suivantes et de messager. De même, l’orchestre de <strong>Riccardo Frizza</strong> se bonifie tout au long de la soirée. L’ouverture manque encore du mordant nécessaire pour fouetter le drame. Il faudra le premier acte et l’arrivée de la magicienne pour que scène et fosse au diapason brossent une tragédie implacable.</p>
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		<title>CHERUBINI, Requiem &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cherubini-requiem-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si Cherubini fait depuis quelques temps son retour sur les scènes lyriques, grâce à Médée et à plusieurs enregistrements (Les Abencérages, Lodoïska, &#8230; ), il reste rare au concert. Sans doute pâtit-il encore du portrait au vitriol que Berlioz dresse de lui dans ses Mémoires. C&#8217;est très injuste. D&#8217;abord parce que Berlioz lui-même avait à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si Cherubini fait depuis quelques temps son retour sur les scènes lyriques, grâce à <em>Médée</em> et à plusieurs enregistrements (<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-abencerages-dispensable-chainon-manquant/">Les Abencérages,</a> <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Lodoïska</a>, &#8230; ), il reste rare au concert. Sans doute pâtit-il encore du portrait au vitriol que Berlioz dresse de lui dans ses <em>Mémoires</em>. C&rsquo;est très injuste. D&rsquo;abord parce que Berlioz lui-même avait à l&rsquo;endroit de Cherubini des sentiments mélangés. La fugue sur l&rsquo;Amen dans la <em>Damnation de Faust</em> parodie certes son style, mais elle ne peut s&#8217;empêcher d&rsquo;être belle, comme ce qu&rsquo;elle moque. Ensuite parce qu&rsquo;ignorer Cherubini est se priver d&rsquo;un pan essentiel de l&rsquo;histoire de la musique, en gros celui qui va de la fin de la Révolution jusqu&rsquo;aux débuts du romantisme. Dans son <em>Journal</em>, Julien Green écrit après avoir découvert la Symphonie en ré majeur de 1815 qu&rsquo;elle est « inexprimablement belle » .</p>
<p>Est-ce la curiosité qui a poussé le public à remplir la salle Henry Le Boeuf ce mercredi soir jusqu&rsquo;au dernier rang des troisièmes balcons ? Ou est-ce la popularité de<strong> Philippe Herreweghe</strong>, qui s&rsquo;est fait plus rare ces dernières années et qui est toujours admiré par de nombreux mélomanes en Belgique ? Impossible de trancher. Ce qui est certain, c&rsquo;est que le <em>Requiem en do mineur</em> écrit en 1816 pour commémorer la décapitation de Louis XVI a été accueilli dans un silence religieux. L&rsquo;œuvre est de premier ordre : dans un style volontairement dépouillé, qui renonce au chant soliste, Cherubini déploie toute sa science, qui était grande. Homophonie, écriture en imitation, cantilènes, fugues, &#8230; C&rsquo;est tout le grand jeu de l&rsquo;académisme musical qui est mis en scène pour mettre en valeur le chœur, mais Cherubini est à l&rsquo;écoute de son temps, et il n&rsquo;hésite pas à diviser ses violons dans l&rsquo;aigu, à confier des parties très illustratives et virtuoses à ses bois, à faire bondir ses intervalles dans des directions imprévues, à parsemer son « Dies Irae » de trouvailles rythmiques particulièrement savoureuses. Certains moments évoquent directement Berlioz. C&rsquo;est bien le chaînon manquant entre Mozart et le romantisme qui est donné à entendre ici.</p>
<p>L&rsquo;interprétation est de premier ordre. Le <strong>Collegium Vocale</strong> n&rsquo;a rien perdu de sa chaleur, de son fondu, de sa précision. Les départs sur des consonnes sonnent parfaitement à l&rsquo;unisson, le texte est articulé avec clarté, la justesse est irréprochable. Du murmure au tonnerre de l&rsquo;imprécation, toutes les nuances sont là. <strong>L&rsquo;orchestre des Champs-Elysées</strong> est dans la même optique : clarté, transparence, rebond. Les instruments sont vraiment « d&rsquo;époque », avec ce que cela charrie de saveur, de verdeur, de couleurs. Le vibrato est très parcimonieux, les pupitres sont à l&rsquo;écoute les uns des autres et la musique circule avec une vie qui efface ce que ces pages peuvent avoir de convenu ou de solennel. Le silence qui suit les dernières notes est long, chargé de tension, avant une acclamation délirante de joie.</p>
<p>En première partie de concert, la <em>Symphonie héroïque</em> de Beethoven confirme que Philippe Herreweghe semble revenir vers une esthétique baroque plus affirmée : tempis ultra-rapides, allègement des textures, rééquilibrage au profit des bois et des cuivres, vibrato presque inexistant. Ce Beethoven vif-argent est plus ancré dans la Révolution française que jamais. Ce n&rsquo;est peut-être pas notre style favori, si nous avons dans l&rsquo;oreille Furtwängler, Giulini ou Barenboim, mais il faut reconnaître que tout ceci est réalisé avec le plus grand soin et un sens de l&rsquo;architecture qui sont la signature des interprètes beethovéniens d&rsquo;exception.</p>
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		<title>CHERUBINI, Médée &#8211; Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cherubini-medee-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En cette journée internationale des femmes, quelle riche idée d’avoir programmé cette Médée de Cherubini, dans sa version française, originale ! Autant Negar, de Kevyan Chemirani, réalisé par Marie-Eve Signeyrole était une incontestable réussite, autant la metteuse en scène, accompagnée de son équipe habituelle, se fourvoie-t-elle avec Médée, hélas. Fidèle à son approche des ouvrages anciens, elle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En cette journée internationale des femmes, quelle riche idée d’avoir programmé cette <em>Médée </em>de Cherubini, dans sa version française, originale ! Autant <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/chemirani-negar-montpellier/"><em>Negar</em></a>, de Kevyan Chemirani, réalisé par <strong>Marie-Eve Signeyrole</strong> était une incontestable réussite, autant la metteuse en scène, accompagnée de son équipe habituelle, se fourvoie-t-elle avec <em>Médée</em>, hélas<em>.</em> Fidèle à son approche des ouvrages anciens, elle transpose et réduit le livret à un fait divers sordide, « fruit d’une société raciste et patriarcale » : l’infanticide, avec un portrait-charge caricatural des hommes, et des altérations constantes des éléments du drame (1). La tragédie en sort défigurée, triviale, la musique de Cherubini servant d’illustration à l’histoire inventée par la réalisatrice. Quel gâchis ! Pourtant, pour la première fois, sauf erreur, le défi de conserver – même tronqués – les dialogues parlés en alexandrins autorisait une plus-value (2). On les disait difficiles à traduire la vie de chacun, voire impossibles. Heureuse surprise, les chanteurs relèvent avec bonheur ce véritable challenge.</p>
<p>Entre Gluck et Spontini ou Berlioz, Mozart et Beethoven, cette <em>Médée,</em> ouvrage « plus dangereux que tous les labyrinthes de Crète », fut admirée par ce dernier (3), Schumann, Brahms et Wagner et bien d’autres. Pourquoi est-elle si rare ? Ce fut un demi-échec à sa création, et n’étaient les scènes germaniques (Berlin, Vienne, puis Francfort et Munich), elle aurait pu disparaître. Si la Scala la reprit en italien, en 1909, un peu plus défigurée encore, c’est à Maria Callas que l’on doit son retour. La version originale reparut tout d’abord à Buxton (1984), puis à Paris l’année suivante. Depuis, elle a retrouvé ses lettres de noblesse, particulièrement à la faveur de la dernière édition de la partition (2006). La production, réalisée avec l’Opéra-comique (ex Théâtre Feydeau) où elle fut créée, a fait l’objet d’un excellent <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/cherubini-medee-paris-opera-comique/">compte-rendu d’Antoine Brunetto</a>, auquel nous renvoyons le lecteur. (Nous ne l’avons délibérément relu qu’après la représentation).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Medee11-1294x600.jpg" alt="" />© Marc Ginot / OONM</pre>
<p>La distribution, en dehors des servantes, issues du chœur, est inchangée. L’Orchestre national Montpellier Occitanie et le chœur associé prennent la relève d’Accentus. C’est <strong>Jean-Marie Zeitouni</strong> qui succède à Laurence Equilbey. Le décor est unique (c’est-à-dire pas de décor : une cage noire) modelé par les éclairages. Un système de rideaux coulissants du fond de scène, bienvenu, autorise les vidéos (regard des enfants, de Médée, live, et des éléments de leur vie, balançoires, bols&#8230; ainsi que le cadre naturel, une mer houleuse). Signés <strong>Yashi</strong>, les costumes, intemporels sont bien dessinés. Avant que retentissent les premiers accords de l’ouverture, la chute régulière des gouttes d’eau de la cellule où croupit l’infanticide nous introduit dans le drame. Le procédé sera repris avant le troisième acte. Le parti pris de la metteuse en scène la conduit à confier à une comédienne le double de Médée, dès la cellule d’isolement du centre pénitentiaire où elle est détenue. Ses réflexions, son témoignage – ajoutés &#8211; vont accompagner le déroulé de l’action. Le rappel de l’histoire précédant le lever du rideau est effectué durant cette ouverture. Le ton est donné : l’accouplement de Jason et de Médée, puis de Jason et de Dircé, sous le regard des deux enfants jouant aux toreros résument le parti pris de transposition. Les vidéos sont efficaces, sinon envahissantes (caméra mobile qui scrute les visages des enfants), essentielles pour traduire le propos de la réalisation, mais apportent-elles une plus-value à la tragédie ? Il en va de même des bruitages ajoutés en temps réel. L’insertion de courts passages, triviaux, sans rapport aucun avec le drame (le chat de la <em>Mèr’ Michel</em> etc.), ni avec la musique, fait plus que surprendre : il relève de la provocation.</p>
<p>Alors que les enfants du livret original sont muets, Marie-Eve Signeyrole impose leur regard constant, leur donne même la parole (voix off) pour dénoncer la violence de leur père, pourtant visuellement manifeste. S’ils constituent un des ressorts du drame, ils prennent ce soir la première place, évacuant toutes les autres composantes (les enjeux de pouvoir, les dieux et les sortilèges etc.). Ajoutez un pope et ses servants pour célébrer l’union de Jason à Dircé, conduite par son royal père, Créon, puisque ce sera dans une église qui accueille les réfugiées, brutalisées, violentées par les sbires à la scène précédente&#8230; Rien ne nous est épargné, la violence et le sexe semblent les seuls moteurs de cette pitoyable aventure. Ce n’est même plus un manifeste féministe, c’est un incroyable brûlot, parfois confus, surchargé, où l’on cherche péniblement les restes de la <em>Médée</em> originale. Tout est noir, la lumière et la couleur étant distribuées avec parcimonie. La violence des hommes prédateurs fait oublier celle du drame original. Plus de poignard pour le sacrifice des enfants, le poison ; à l’embrasement et au tonnerre final, se substitue un suicide silencieux dans l’eau&#8230; pourquoi s’être privé de cette dimension essentielle ? On espère que la perpétuité de cette <em>Médée</em> sera incompressible, et qu’elle ne sortira jamais du cachot où l’a confinée la mise en scène.</p>
<p>La distribution, avec prise de rôle de chacune et chacun, fait une large place aux artistes « canucks » (canadiens) et c’est tant mieux, car aucun ne démérite ce soir.  Non seulement la direction, mais trois des principaux protagonistes leurs sont confiés (Médée, Créon, Dircé). Médée, noble et monstrueuse, blessée, désespérée et vengeresse, est avant tout une femme amoureuse, au point de quitter son pays, trahir son père, tuer son propre frère, pour aimer sans limite. Le rôle, écrasant, est confié à <strong>Joyce El-Khoury</strong>, voix sonore et assurée, généreuse, au solide médium, d’un legato exemplaire. Elle porte l’ouvrage, belle et déchirante, farouche et humaine. Son combat intérieur est traduit avec justesse. Dès son air d’entrée, elle s’impose comme le personnage le plus attachant. Une grande tragédienne dont on admire tout autant la déclamation naturelle des textes parlés. Le dernier acte, à lui seul, suffit à justifier l’ouvrage et l’interprète. Le Jason de <strong>Julien Behr</strong> est ce soir une sorte d’Ottavio lubrique et violent, alcoolique. La mise en scène lui refuse le statut de guerrier héroïque, dévoré par l’ambition du pouvoir, soit, mais on regrette que l’émission souple, la ligne élégante de la voix soient sacrifiés au postulat que les hommes sont tous des brutes obsédées par le sexe. <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong> est Créon. Aussi détestable que son futur gendre, le colérique souverain n’a pas la noblesse, l’autorité ni la rouerie attendues, faute au parti pris de la production. C’est bien dommage car les moyens sont incontestables<a href="https://www.opera-orchestre-montpellier.fr/intervenants/edwin-crossley-mercer/">,</a> comme le jeu. L’émission est sonore, bien timbrée, et le dévoiement du personnage nous prive du vrai Créon. On attendait une Dircé (<strong>Lila Dufy</strong>) plus lumineuse sinon éblouissante. La conduite de la ligne, déliée, d&rsquo;une voix quelque peu serrée à plusieurs reprises, en dehors de « Hymen, viens dissiper une vaine frayeur ». Les récitatifs sont vivants et la diction irréprochable.  La noblesse du chant de <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> (Néris) lui vaudra des applaudissements nourris après son « ah ! nos peines seront communes », avec un beau basson concertant. Le timbre, l’expression de la mezzo suscitent une admiration pleinement justifiée. Les servantes font leur travail, sans plus (<strong>Jennifer Michel et Natalia Ruda</strong>). Les ensembles (les duos et les finales de chaque acte, tout particulièrement) sont également réussis, et on oublie le cadre et la transposition pour en apprécier les réelles qualités.</p>
<p>Le chœur se montre le plus souvent puissant et précis, dès la Marche célébrant le belle Dircé. L’orchestre conduit par Jean-Marc Zeitouni gagnera en puissance comme en engagement tout au long de la soirée, pour un troisième acte bouleversant. Si l’ouverture paraissait convenue, le chef et ses musiciens s’approprieront vite une partition frémissante, flamboyante, pour nous bouleverser au dénouement, malgré une mise en scène qui en réduit singulièrement le format. A signaler, la flûte, puis le basson solos qui avaient remarquablement tissé leur ligne pour se conjuguer à la voix.</p>
<p>Une soirée où la déception le dispute au bonheur de retrouver un tel chef-d’œuvre servi par de belles voix. Que n’a-t-on fait appel à un juge des affaires matrimoniales ? Cela aurait invalidé le détournement de l’ouvrage, et sauvé deux innocents !</p>
<pre>(1) Pour avoir eu le privilège de voir plusieurs productions de la version originale de <em>Médée</em>, point n’est besoin de tordre le cou aux didascalies pour rendre son humanité attachante à l’héroïne. La partition et le livret de 1797 se trouvent sur le net. Relisez Corneille, puis le livret de Hoffman ! Cessons de prendre le public pour inculte, et de penser le répertoire ancien de l’opéra à la lumière de séries télévisées, trop souvent racoleuses et sordides. 
(2) Pourquoi persister à classer <em>Médée</em> comme opéra comique ? Le livret original de la création la signale comme « tragédie ». Quant à la partition, de peu postérieure, elle l’intitule « opéra en trois actes ». De fait c’est une tragédie lyrique. Seuls les dialogues parlés, et le lieu de création, peuvent formellement appeler l’usage d’opéra-comique.
(3) « De tous les compositeurs d’opéra vivants, Cherubini est celui que je respecte le plus ».</pre>
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		<title>CHERUBINI, Médée — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cherubini-medee-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Feb 2025 14:13:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une véritable rareté que propose l’Opéra Comique avec cette Médée de Cherubini, en français. La dernière représentation de l’œuvre à Paris date de 2012 avec la production iconoclaste de Krzysztof Warlikowski au Théâtre des Champs-Élysées, et son héroïne en clone d’Amy Winehouse. Mais la proposition du Comique est d’autant plus alléchante que, quand Warlikowski &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une véritable rareté que propose l’Opéra Comique avec cette <em>Médée</em> de Cherubini, en français. La dernière représentation de l’œuvre à Paris date de 2012 avec <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bad-romance/">la production iconoclaste de Krzysztof Warlikowski</a> au Théâtre des Champs-Élysées, et son héroïne en clone d’Amy Winehouse. Mais la proposition du Comique est d’autant plus alléchante que, quand Warlikowski avait réécrit les dialogues, ce sont ceux en alexandrins originaux de François-Benoît Hoffman qui sont présentés ici.</p>
<p>Le passage à la version originelle telle que présentée au Théâtre Feydeau en mars 1797 change la tonalité de l’œuvre par rapport à la <em>Medea</em> (version italienne avec récitatifs) que l’on a plus l’habitude d’entendre, remise en lumière, et de quelle façon, par Maria Callas et Leonard Bernstein en 1953 à La Scala. Comme si l’on revenait à une tragédie classique quand la version italienne tend par certains aspects vers un pré-romantisme, les récitatifs maintenant davantage une tension qui s’exacerbera dans le final.</p>
<p>Si certains effets de la version italienne s’avèrent dramatiquement bien supérieurs, en particulier l’entrée de Médée, ici relativement anodine, sans le suspense et l’effet spectaculaire du « &#8211; Chi sei tu ? – Io ? Medea ! », les alexandrins (ici raccourcis) ne sonnent jamais pompeux, d’autant que les interprètes ont audiblement travaillé sur le texte et la scansion.</p>
<p>En accord avec la forme « opéra comique », <strong>Joyce El-Khoury</strong> n’est pas la Médée torche vive qu’on entend habituellement, c’est une tragédienne qui ménage ses effets : on est dans une combustion lente mais qui n&rsquo;en sera pas moins dévastatrice. La tessiture est d’ailleurs parfaitement maitrisée, des graves nourris et sonores aux aigus dardés et le timbre, singulier, avec ces aspérités qui accrochent l’oreille, sied à la magicienne. C’est la douceur qui prédomine d’abord, même si les tumultes intérieurs affleurent déjà : le personnage retient ses griffes, tente d’enjôler les hommes, Jason et Créon, la chanteuse osant des <em>piani</em> sur certains points d’orgues. Mais les éclats prendront rapidement le dessus. Il manque juste pour parachever le portrait, le lâcher prise hystérique dans les dernières scènes, à notre goût un peu trop sages (la chanteuse étant peu aidée il est vrai par le traitement scénique sans éclat du dernier acte). Gageons que cet abandon viendra au fur et à mesure des représentations.</p>
<p>Avec Jason, <strong>Julien Behr</strong> se réinvente avec bonheur en fort ténor. Si la voix sonne d’abord un peu engorgée, on ne peut qu’admirer l’aplomb vocal sans faille, le métal inaltérable, qui conviennent parfaitement au personnage monolithique, particulièrement détestable dans cette production (nous y reviendrons).</p>
<p><strong>Lila Dufy</strong> convainc moins en Dircé (Glauce dans la version italienne), ne serait-ce qu’au niveau de la diction, d’une parfaite limpidité chez ses collègues, ici plus floue. Par ailleurs, le timbre n’a pas toute la pureté et le brillant qu’on aurait pu rêver pour ce personnage lumineux et innocent.</p>
<p>On applaudit en revanche sans réserve le magnifique Créon d’<strong>Edwin Crossley-Mercer</strong>. La voix puissamment projetée sait tour à tour se faire caressante et chaleureuse puis cinglante et menaçante. La bonté rayonne naturellement du mezzo capiteux de <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> en Néris. Dommage que le tempo précipité de son air « Ah ! nos peines seront communes » gâche quelque peu la magie de ce moment suspendu, lui conférant un côté sautillant voire presque « guilleret » tout à fait hors de propos.</p>
<p>On touche ici la limite de certains choix de <strong>Laurence Equilbey</strong> à la tête de l’Insula orchestra, privilégiant la progression de l’action avec des tempi plutôt vifs. Cette pulsation va de pair avec une sonorité instrumentale plutôt sèche, mettant en avant la rythmique et les percussions au détriment des cordes.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2-Medee-DR-S.Brion_-1294x600.jpg" />Lila Dufy (Dircé), Julien Behr (Jason), chœur accentus © Stefan Brion</pre>
<p>On a gardé pour la fin l’élément le plus clivant du spectacle. On connaît le goût de la provocation de <strong>Marie-Ève Signeyrole</strong> (en charge de la mise en scène, et de la conception et la réalisation vidéo), qui est accueillie aux saluts par un mélange de bronca et d’applaudissements. Les intentions de mise en scène sont claires : Médée est « une femme sous l’emprise d’un système patriarcal », qui plus est une étrangère. Elle est donc la victime de l’histoire.</p>
<p>La metteuse en scène semble craindre d’ennuyer ou que le public actuel ne comprenne pas bien les résonnances du mythe avec l’époque actuelle. Elle superpose donc au livret l’histoire d’une femme emprisonnée pour voir tué ses enfants, et l’on verra en vidéo les images d’une balançoire abandonnée avec force grincements ou des bols vides d’une table de petit déjeuné désertée, marquant les regrets de la mère infanticide. Si cela ne suffisait pas, le nouveau personnage interviendra à plusieurs reprises pendant le spectacle, notamment en reprenant la comptine du Chat de la Mère Michel, ce qui est plutôt inattendu sur la scène de l’Opéra Comique. Ce n’est pas la seule adjonction : les enfants de Médée prennent également à plusieurs reprise la parole pour dénoncer leur père violent. Au-delà du fait qu&rsquo;elles nous ont semblé surnuméraires et n’apporter que peu au mythe, ces interventions viennent parasiter l’action, voire se surimprimer sur la musique.</p>
<p>Un autre reproche serait l’hystérisation et le manque de nuances dans le propos : les hommes sont ici tous des porcs, que ce soit Jason, Créon ou leur suite. Pêle-mêle, on assiste à des viols en direct à l’acte 2, dont celui de Néris (bien que l’on n&rsquo;ait pas forcément toujours l’image, nous avons droit au son). De même, Jason et Créon ne semblent pas capables de réprimer leurs pulsions, pelotant ou violentant systématiquement tout personnage féminin à leur portée. Le message est clair : tous des ordures !</p>
<p>Cependant, au-delà du caractère (très) appuyé des messages, on reconnaît l’intelligence et la finesse de la direction d’acteurs. Pour ne citer qu’un exemple, l’image de Médée, tournant sur elle-même et jetant à la figure de Dircé et de Jason les pétales de fleur à la sortie de leur mariage à la fin de l’acte 2 est d’une grande puissance. De même le fait de montrer l’acte 1 au travers du regard des enfants (grâce notamment aux caméras filmant en direct) est original et apporte une perspective nouvelle sur les rapports des personnages.</p>
<p>Cela étant dit, courez à l’Opéra Comique, ou à l’Opéra de Montpellier du 8 au 13 mars 2025, qui coproduit le spectacle, ne serait-ce que pour découvrir la version originale de la <em>Médée</em> de Cherubini et pour écouter la distribution de haut vol.</p>
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		<title>Récital Sonya Yoncheva, Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-sonya-yoncheva-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Reconnaissons à Sonya Yoncheva une curiosité constante pour les œuvres rares. Même au sommet de sa carrière, elle n&#8217;a cessé d&#8217;interpréter des opéras quasi inconnus, à coté des grands rôles dans lesquels elle est très attendue. Ce concert n&#8217;en est que partiellement une nouvelle illustration : avec pour thème la musique au temps de Marie-Antoinette, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Reconnaissons à <strong>Sonya Yoncheva</strong> une curiosité constante pour les œuvres rares. Même au sommet de sa carrière, elle n&rsquo;a cessé d&rsquo;interpréter des opéras quasi inconnus, à coté des grands rôles dans lesquels elle est très attendue. Ce concert n&rsquo;en est que partiellement une nouvelle illustration : avec pour thème la musique au temps de Marie-Antoinette, il propose à coté d&rsquo;airs célèbres (qui ne sont pourtant pas ses meilleurs moments), quelques autres difficilement accessibles, même au disque (Cherubini et Piccinni). On déplore toutefois la disparition des Grétry, Sacchini et Salieri annoncés.</p>
<p>La soirée commence par un tube, « Divinités du Styx », et le compte n&rsquo;y est pas. La diva qui n&rsquo;a jamais eu peur de poitriner façon Callas peine toutefois à faire sonner ses graves tandis que le medium insuffisamment chauffé réponds mal ; la déclamation est maladroite, on cherche les consonnes. L&rsquo;accompagnement n&rsquo;aide guère. Etrange et trop long silence après « force nouvelle », trombones étonnamment doux quand les cors sont éclatants, et harpe (!) surexposée à cour. Une Alceste bien exotique. « O malheureuse Iphigénie » est dans ses cordes mais c&rsquo;est le ton qui gêne : poses appuyées, postures compassées, voyelles enflées, ce manque de simplicité empêche toute émotion et semble ignorer l&rsquo;évolution de l&rsquo;interprétation de cette musique ces cinquante dernières années. A l&rsquo;inverse, Médée est un rôle qu&rsquo;elle a souvent interprété et on entend tout de suite une aisance dramatique supérieure. Si la prononciation reste très perfectible, l&rsquo;aigu puissant au vibrato bien contenu fait mouche sur des « ingrats » cinglants et rayonnants. Elle tient par ailleurs parfaitement la rampe de l&rsquo;accélération du tempo aux dernières strophes. C&rsquo;est cependant avec l&rsquo;aria de la <i>Didon</i> de Piccinni qu&rsquo;elle emporte la mise. Sans personne à imiter, l&rsquo;artiste laisse libre cours à son tempérament et cela change tout. L&rsquo;articulation est enfin au rendez-vous du drame et on est captivé par les répétitions variées de ces « d&rsquo;effroi je me sens mourir » finaux.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants20241101-16-Vincent-Pontet-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-176177"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Vincent Pontet</sup></figcaption></figure>


<p>Après l&rsquo;entracte, place à la romance : singeant une entrée de la reine de France, elle entonne « C’est mon ami » de Chardin de manière caricaturale. S&rsquo;ensuit un dialogue comique avec le chef qui l&rsquo;invite à davantage de sobriété et à doubler les consonnes. On sourit de la pertinence du propos en pensant que le chef vise également sans doute la première partie du concert. « Plaisir d’amour » est réputé être la romance favorite de Marie-Antoinette, Sonya Yoncheva l&#8217;embrasse avec autant de gourmandise que de mélancolie.</p>
<p>Les airs qui suivent en sont un peu éclipsés : <i>Démophoon</i> de Cherubini a le mérite de la rareté mais cet air a du mal à exister pris isolément. « Ah! Si la liberté » d&rsquo;Armide manque de personnalité pour être mémorable, contrairement à « Non più di fiori ». Son italien sonne moins ampoulé à nos oreilles que son français et son large ambitus ajoutés à l&rsquo;audace de son investissement théâtral font merveille. On regrettera simplement que l&rsquo;orchestre soit trop hésitant, notamment les vents ; dommage car l&rsquo;on pouvait entendre une étonnante clarinette (ou cor de basset?) d&rsquo;amour lui donner la réplique, et les Arts florissants dirigés par William Christie se sont montrés ailleurs très équilibrés voire plus audacieux qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée (la danse des Furies).</p>
<p>En bis l&rsquo;aussi mélodique que douloureux « O del mio dolce ardor » est plus rêveur qu&rsquo;incarné, mais le public applaudit chaleureusement la reprise de &nbsp;« Plaisir d’amour ».&nbsp;</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-sonya-yoncheva-paris-philharmonie/">Récital Sonya Yoncheva, Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Bruno de Sá, Mille Affetti</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bruno-de-sa-mille-affetti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;époque est décidément des plus curieuses pour l&#8217;industrie discographique de la musique classique. Alors que l&#8217;on continue de déplorer le manque d&#8217;intégrales lyriques, malgré les efforts récents de certaines maisons de disques, les récitals, eux, se multiplient à un rythme effréné. À titre d&#8217;exemple, depuis 2018, Jakub Józef Orliński sort un opus chaque année, et, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;époque est décidément des plus curieuses pour l&rsquo;industrie discographique de la musique classique. Alors que l&rsquo;on continue de déplorer le manque d&rsquo;intégrales lyriques, malgré les efforts récents de certaines maisons de disques, les récitals, eux, se multiplient à un rythme effréné. À titre d&rsquo;exemple, depuis 2018, Jakub Józef Orliński sort un opus chaque année, et, dans le cas présent, </span><b>Bruno de Sá </b><span style="font-weight: 400;">publie déjà, deux ans après </span><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bruno-de-sa-roma-travestita-de-ci-de-sa/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">« Roma Travestita »</span></a><span style="font-weight: 400;">, un second récital chez Erato. Si l&rsquo;on comprend que ces parutions peuvent servir de cartes de visite, elles arrivent peut-être trop tôt dans la carrière de jeunes artistes encore en pleine maturation. Ce « Mille affetti » en est la plus parfaite illustration.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le CD cherche à mettre en lumière la richesse des sentiments et des émotions véhiculés dans certains airs d&rsquo;opéra <em>seria</em> de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Avec six morceaux en première mondiale, le récital brille avant tout par la rareté de son programme, dévoilant les trésors d&rsquo;une époque où les castrats, bien que toujours sollicités, étaient en plein déclin. On se réjouit ainsi de découvrir le </span><i><span style="font-weight: 400;">Mesenzio, re d’Etruria</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Cherubini, composé pour </span><a href="https://www.quellusignolo.fr/castrats/porri.html" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Francesco Porri</span></a><span style="font-weight: 400;"> et créé à Florence en 1782, ou encore la grande scène de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Andromeda</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Johann Friedrich Reichardt (Berlin, 1788). La redécouverte d’un </span><i><span style="font-weight: 400;">Turco in Italia</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Franz Seydelmann, antérieur d&rsquo;une vingtaine d’années à celui de Rossini, se révèle également savoureuse. Ici, le personnage de Selim – authentique basse bouffe chez Rossini – est confié à un castrat soprano ! Dans ce florilège de découvertes, l&rsquo;inclusion de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Exsultate, jubilate</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mozart, déjà enregistré plus de 150 fois au disque, et accompagné d&rsquo;une vidéo de promotion dont on laissera le lecteur juger de la pertinence, interroge. Fallait-il vraiment ajouter cette œuvre à un programme si original, d’autant qu’elle constitue l’un des moments les moins inspirés du disque ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l&rsquo;écoute de cet opus, on ressort avant tout impressionné par la performance technique du chanteur, plutôt que véritablement conquis ou ému. L&rsquo;investissement de Bruno de Sá est indéniable : il parvient à retranscrire les crescendos émotionnels des grandes scènes d’opéra, et rend palpable l’ambiguïté entre théâtralité et dévotion dans le </span><i><span style="font-weight: 400;">Salve Regina</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Zingarelli. Sa voix de soprano est fascinante à bien des égards : le registre aigu est d&rsquo;une facilité déconcertante et d&rsquo;une grande brillance, bien que parfois un rien strident et utilisé de manière excessive. On peut s’interroger sur l’opportunité de ce contre-ut tenu à la fin de l’aria de Cherubini, ou encore d&rsquo;un contre-mi bémol bien inutile dans la cadence de l’aria du </span><i><span style="font-weight: 400;">Turco in Italia</span></i><span style="font-weight: 400;">. Par ailleurs, si la maîtrise de la vocalise est remarquable, l&rsquo;équilibre entre les registres est parfois précaire, comme en témoigne l&rsquo;aria d&rsquo;</span><i><span style="font-weight: 400;">Andromeda</span></i><span style="font-weight: 400;">. De même, la partie grave de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Exsultate, jubilate</span></i><span style="font-weight: 400;"> semble échapper au chanteur, dévoilant une certaine fragilité dans ce registre. Plus gênant, </span><span style="font-weight: 400;">la voix un peu mince et légèrement acide de Bruno de Sá manque sensiblement de diversité dans les couleurs. Dans l&rsquo;aria « Lungi da te », extrait de </span><i><span style="font-weight: 400;">Mitridate</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mozart et avec cor obligé, là où, en dix minutes, Cecilia Bartoli bouleversait en explorant toute une palette d&rsquo;émotions, la version de Bruno de Sá, qui semble interminable, laisse une impression d’uniformité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;accompagnement orchestral, assuré par le vaillant </span><b>Wrocław Baroque Orchestra</b><span style="font-weight: 400;"> sous la direction de </span><b>Jaroslaw Thiel</b><span style="font-weight: 400;">, est quant à lui irréprochable. Les musiciens soutiennent le sopraniste avec finesse, et illustrent à merveille la fougue de l&rsquo;ouverture très </span><i><span style="font-weight: 400;">Sturm und Drang</span></i><span style="font-weight: 400;"> du </span><i><span style="font-weight: 400;">Tobia</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mysliveček. Au final, cet album, bien que fascinant par son audace, reste inabouti. Mais Bruno de Sá, qui se prépare par exemple à incarner … Donna Elvira en 2025 au Komische Oper de Berlin, n’a sans doute pas dit son dernier mot…</span></p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="EXSULTATE, JUBILATE ⎜ MILLE AFFETTI - BRUNO DE SA [OFFICIAL VIDEO]" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/5-XF7DTGVqM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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