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	<title>Arcangelo CORELLI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 17 Oct 2025 21:28:37 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Arcangelo CORELLI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Récital Le Consort &#8211; Paris (Gaveau)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-le-consort-paris-gaveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Théotime Langlois de Swarte (violon), Sophie de Bardonnèche (violon), Hanna Salzenstein (violoncelle) et Justin Taylor (clavecin) fêtaient les dix ans de leur ensemble Le Consort à la Salle Gaveau. C’est au départ autour de la sonate en trio que les quatre artistes se sont réunis, une forme instrumentale qu’ils reprendront ce soir à plusieurs reprises. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.forumopera.com/theotime-langlois-de-swarte-je-reverais-de-diriger-don-giovanni-avec-peter-mattei/"><b>Théotime Langlois de Swarte</b></a> (violon), <b>Sophie de Bardonnèche</b> (violon), <b>Hanna Salzenstein</b> (violoncelle) et <b>Justin Taylo</b>r (clavecin) fêtaient les dix ans de leur ensemble <b>Le Consort </b>à la Salle Gaveau. C’est au départ autour de la sonate en trio que les quatre artistes se sont réunis, une forme instrumentale qu’ils reprendront ce soir à plusieurs reprises. Tous mènent avec succès une carrière soliste, comme en témoignent les divers CD publiés en leur nom depuis plusieurs années. Élargissant son effectif, Le Consort a également accompagné en récital plusieurs chanteurs lyriques, certains sont ici ce soir, tout comme <b>Louise Pierrard</b>, viole de gambe, présente à la création de l’ensemble.</p>
<p>Le concert anniversaire est un exercice de style, à la fois excitant et périlleux. Les morceaux instrumentaux font ce soir la démonstration éclatante des qualités à la fois propres à chaque soliste mais également dans l’aspect collectif du quatuor. Quelle merveille d’équilibre dans ces sonates en trio de Vivaldi ou de Dandrieu. Quelle liberté dans ces <i>Follia</i> ou ces quasi-improvisations sur le fil. Quelle beauté enfin dans ces sons frottants et quasi-dissonants de Corelli, compositeur dans lequel Le Consort ferait sans doute merveille.</p>
<p>La partie vocale appelle légèrement plus de réserve, même s’il faut souligner la générosité des chanteurs présents, tout particulièrement celle d’<b>Eva Zaïcik</b>, souffrante, et qui a crânement accepté d’affronter sur scène une toux intempestive. En début de concert, la mezzo française se montre un rien dépassée par les coloratures et la folie de Déjanire dans <i>Hercules</i> de Haende. On fond en revanche dans une mort de Didon (Purcell) bouleversante, et admire chez elle un style de tragédie lyrique royal – port de voix, déclamation, sens du mot – dans le magnifique « Venez chère ombre » de Louis-Antoine Lefebvre. Dans Vivaldi, <b>Adèle Charvet</b> impressionne dans le « Sovvente il sole », extrait de l’<i>Andromeda liberata</i>, avec un superbe dialogue entre la voix et le violon solo : legato souple, ligne tenue, expressivité juste. Elle affronte ensuite avec courage un tempo endiablé dans l’« Alma oppressa » de <i>La Fida ninfa</i>, au risque de négliger parfois la netteté de la vocalise.  Le contre-ténor <b>Paul-Antoine Bénos-Djian</b> s’avère, quant à lui, parfait dans des extraits de Purcell, dont un grisant « Strike the viol ».</p>
<p>Ne boudons pas notre plaisir : c’est sur un sentiment véritablement festif que le concert se clôt. D’abord avec le « Pur ti miro » de Monteverdi, chanté à trois, les deux mezzos et le contre-ténor se partageant délicieusement les répliques de Poppée et Néron. Puis, avec l’inévitable « Danse des sauvages » des <i>Indes galantes</i>, et, pour finir, la Gavotte finale de la Sonate en trio RV 73 de Vivaldi, morceau emblématique du Consort. On souhaite aux musiciens dix prochaines années aussi inventives et inspirées que celles qui viennent de s’écouler. Le quatuor s’apprête d’ailleurs à relever un nouveau défi : une première production lyrique en fosse, avec grand orchestre, prévue dans quelques semaines à l’Opéra Comique, l’<i>Iphigénie en Tauride</i> de Gluck.</p>
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		<title>Concert Julia Lezhneva et Franco Fagioli &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/duetti-e-arie-concert-julia-lezhneva-et-franco-fagioli-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Sep 2025 05:32:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pas moins de neuf concerts, outre la production de Pompeo Magno, sont au programme de cette cinquième édition du Festival d’opéra baroque de Bayreuth. Le 10 septembre, le théâtre des Margraves, toujours aussi beau dans ses harmonies de turquoise et d’or, accueillait Julia Lezhneva et Franco Fagioli, accompagnés par l’Orchestre de l’opéra royal de Versailles, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pas moins de neuf concerts, outre la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-pompeo-magno-bayreuth/">production de <em>Pompeo Magno</em></a>, sont au programme de cette cinquième édition du Festival d’opéra baroque de Bayreuth. Le 10 septembre, le théâtre des Margraves, toujours aussi beau dans ses harmonies de turquoise et d’or, accueillait <strong>Julia Lezhneva </strong>et <strong>Franco Fagioli</strong>, accompagnés par l’Orchestre de l’opéra royal de Versailles, placé sous la direction vibrionnante de <strong>Stefan Plewniak. </strong>Le public était au rendez-vous pour ces deux chanteurs qui ont déjà fait les beaux soirs du festival. Etaient-ils émus à la pensée de se confronter à eux-mêmes, comme pourrait l’être un athlète revenant sur les lieux qui l’ont vu naguère triompher ? Et les auditeurs, prêts à accepter que ce concert déçoive leurs attentes ?</p>
<p>Après l’entrée théâtrale de l’orchestre sur une marche empreinte de l’empois Grand Siècle, les musiciens donnent l’ouverture du <em>Polifemo </em>de Porpora, représenté à Versailles en 2024. C’est l’expressionnisme du chef qui retient l’attention, plus que le caractère qu’il imprime à la musique. Puis entre Franco Fagioli, pour le récitatif « Oh volesser gli Dei » et l’air « Dolci, fresche aurette », et on se prend à penser au temps qui passe, à une méforme, à un échauffement insuffisant, parce que la rapidité de l’émission semble moins fluide, alors que la <em>messa di voce </em>initiale a été impeccable et que l’ impact expressif, lorsque la voix sonne à nu, est toujours aussi précis. Julia Lezhneva, dans « Aci, amato bene » et « Smanie d’ affanno, ah, perché mai » plante d’emblée ses banderilles : la maîtrise de l’émission, dans le contrôle de l’intensité sonore, comme la perfection du trille et le pathétique du lamento ont fait de nous des proies qui s’abandonnent à cette ravisseuse au visage angélique. L’air d’ Aci «  Nel attendere mio bene » semble confirmer que la vélocité de l’émission de Franco Fagioli n’est pas, ce soir, aussi stupéfiante qu’on a pu la connaître, mais il monte toujours aisément dans l’aigu et trille brillamment lui aussi. Julia Lezhneva revient pour le récitatif « Se del primo amor mio » et l’air « Ascoltar, no, non ti voglio » ; la douceur plaintive a laissé place à une fermeté qui débouche sur un tourbillon vocal  dont l’ardeur semble rivaliser avec celui de l’orchestre. Sur sa lancée, les musiciens interprètent le concerto en ré majeur de Corelli ; l’exécution est impeccable de virtuosité, en dépit du train d’enfer que lui imprime un Stefan Plewniak survolté, et le public applaudit vigoureusement la performance. Vient ensuite le premier duo, toujours du <em>Polifemo </em>de Porpora, « Qual mai più dolce stato » et « Tacito movi e tardo », où se succèdent les vagues de <em>gorgheggi</em>, de trilles, de <em>volate</em>, avec encore la magie du moment où, l’accompagnement suspendu, les voix nues décrivent leurs courbes, se suspendent, et se réunissent pour mourir ensemble.</p>
<p>La seconde partie du concert débute par l’ouverture du <em>Rinaldo </em>de Haendel aussi enlevée que souhaitable.  Franco Fagioli entame alors un de ses chevaux de bataille, le récitatif « E vivo ancora » et l’air « Scherza infida ». Et l’expressivité nous semble manquer de noblesse, exprimer moins la douleur que le ressentiment, jusqu’à la première reprise, et alors nous allons percevoir la justesse, la pertinence de cette interprétation, qui d’une reprise à l’autre, nuance, colore, affine, approfondit, avec une sobriété où le trille splendide n’est que l’exhalaison qui rend encore plus déchirante cette expression dépouillée de la douleur. Le changement de climat est vif, avec l’air d’ Agrippina du <em>Britannico </em>de Graun, compositeur dont elle a enregistré un choix d’extraits, que Julia Lezhneva met régulièrement à ses concerts. C’est un festival de roulades, sauts, volutes, fusées, sans autre fin qu’elles-mêmes, on pourrait dire que c’est l’exploit d’un gosier s’il n’y avait, pour permettre cette orfèvrerie de précision, la conquête d’une technique et la vigilance mentale dont le visage lisse de la chanteuse ne laisse rien paraître, comme si tout cela était sinon naturel du moins facile. Le comble de l’art ! De retour, Franco Fagioli semble à présent libéré et sa voix couler de source, comme celle de sa partenaire, pour le récitatif « Principe in queste soglie » et l’air « Dimmi che m’ami o cara » de <em>Carlo Il Calvo</em>, l’opéra de Porpora recréé sur la même scène en 2020. L’un et l’autre font assaut de notes tremblées, dans un flux qui enivre, et le final a cappella augmente encore le ravissement. La page orchestrale qui suit, signée Henry Purcell, expose la virtuosité des cordes de l’orchestre, exaltée par les reprises et les accélérations, et saluée très chaleureusement par l’auditoire. Retour au <em>Polifemo </em>pour Franco Fagioli, avec l’air « <em>Senti il fato » </em>qui réclame de l’interprète un registre très étendu ; si la vélocité n’est pas éblouissante en revanche les vocalises sont bien liées et les sauts d’octave assortis de plongées dans le grave et d’élans impavides vers l’aigu sont aussi spectaculaires qu’on les espère, déclenchant les ovations. Contrastant avec cette véhémence – à cet égard l’alternance des climats est remarquablement définie – voici l’air de Piacere dans <em>Il trionfo del Tempo e del Disinganno</em>, « Lascia la spina » où l’art de Julia Lezhneva va littéralement nous faire planer. L’air commence par deux injonctions, laisse, cueille, mais alors que la première est énoncée nettement quoique sans aucune brutalité la deuxième, aussi claire, est comme susurrée, et la douceur veloutée de l’émission est une telle caresse qu’on ne songe pas à un instant à y résister. Oui, cette voix est celle du plaisir : c’est un piège parfait car son effet est immédiat. On est aussitôt captif et  on ne souhaite rien que le rester, suspendu aux sons soyeux, à la dentelle des trilles, à l’expansion du souffle, à ce charme si puissant qui a fait des auditeurs les hochets de cette sirène. Après une telle extase, autant l’avouer, nous sommes resté extérieur au récitatif et au duo « Adorato mio sposo » – « Scherzano sul tuo volto » d’ Almirena et de Rinaldo dans l’opéra de ce nom, pour admirablement rendus qu’ils aient été. Est-il nécessaire de dire l’enthousiasme et la ferveur de l’auditoire, enfin libérés ?</p>
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		<item>
		<title>Sonya Yoncheva chante Noël &#8211; Versailles (Chapelle Royale)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sonya-yoncheva-chante-noel-versailles-chapelle-royale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sacrifier au récital d’airs de Noël relève presque du passage obligé, pour tout chanteur d’opéra ayant acquis une certaine renommée. Avec des résultats divers : il y a ceux qui agrémentent les grands classiques du genre d’une touche de couleur locale, comme Anne Sofie von Otter dans le très réussi « Home for Christmas », &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sacrifier au récital d’airs de Noël relève presque du passage obligé, pour tout chanteur d’opéra ayant acquis une certaine renommée. Avec des résultats divers : il y a ceux qui agrémentent les grands classiques du genre d’une touche de couleur locale, comme Anne Sofie von Otter dans le très réussi « Home for Christmas », ceux qui, comme Roberto Alagna ou Juan Diego Flórez, ajoutent à leurs programmes quelques compositions personnelles, et ceux, comme la très jazzy Renée Fleming, qui goûtent sans arrière-pensées aux délices du <em>cross-over. </em>Pour une soirée versaillaise captée par France Télévisions, <strong>Sonya Yoncheva</strong> trouve d’emblée, entre toutes ces propositions, un équilibre plutôt heureux. Solennité des lieux oblige, la première partie du concert fait honneur à des œuvres qui ne jurent pas sous la grande voûte de la Chapelle Royale. Un <em>Messie </em>de Haendel était encore donné en ces lieux la veille&nbsp;; «&nbsp;I Know that my Redeemer Liveth&nbsp;» offre à la soprano bulgare l’occasion d’une entrée en matière à la sobriété recueillie, et rappelle fort à propos que ses premières amours musicales, au tout début de sa carrière, furent baroques. L’opulence capiteuse du timbre, la puissance de la projection l’ont naturellement orientée vers les héroïnes romantiques, mais ce torrent vocal est d’emblée à sa place dans le langage haendelien, comme un grand voyageur retrouve avec plaisir sa terre natale. On change de monde, avec les parfums néo-gothiques du «&nbsp;Repentir&nbsp;» extrait de la <em>Messe solennelle de Sainte-Cécile </em>de Gounod, mais la ferveur de l’interprète reste la même, et c’est avec un lyrisme à peine plus débridé que se termine la première partie, sur deux notes véristes&nbsp;: le rare «&nbsp;Sogno d’or&nbsp;», mélodie écrite par Puccini en 1912 et qu’il reprendra, quelques années plus tard, dans <em>La Rondine</em>, et l’&nbsp;«&nbsp;Ave Maria&nbsp;» de <em>Cavalleria Rusticana</em> qui sonne, en cette soirée, plus recueilli qu’opératique. Auparavant, le très fameux «&nbsp;Intermezzo&nbsp;» issu de la même œuvre donnait le ton d’une interprétation éloignée de toute emphase, <strong>Stefan Plewniak</strong> choisissant d’embarquer ses musiciens de de l’Opéra Royal dans une lecture nerveuse, aux tempi vifs, aux nuances ciselées.</p>
<p>Après l’entracte, place à des pièces plus légères, encore que ce soit de nouveau une œuvre d’inspiration religieuse, certes signée par le compositeur de <em>musicals </em>Andrew Lloyd Webber, qui ouvre le bal. Pour ce <em>Pie Jesu</em> faisant dialoguer une soprano et une soprano enfant, Sonya Yoncheva est rejointe sur scène par<strong> Isaure Brunner</strong>, fille du directeur des lieux, qui montre déjà une maîtrise vocale et une projection prometteuses. On retrouve sans surprise, mais avec plaisir, le «&nbsp;White Christmas&nbsp;» d’Irving Berlin, dans une orchestration quelque peu sirupeuse, et le «&nbsp;Minuit Chrétien&nbsp;» d’Adam, où Yoncheva, en français et en anglais, s’éloigne habilement de toute tentation kitsch, préférant miser sans excès sur les diaprures naturelles de sa voix fauve. Un air du Honduras fait attendre encore un peu l’inévitable «&nbsp;Stille Nacht, heilige Nacht&nbsp;», avant des bis aussi attendus que jubilatoires&nbsp;: «&nbsp;l’Ave Maria&nbsp;» de Schubert, puis un «&nbsp;Petit Papa Noël&nbsp;» d’une candeur qui ferait pâlir Tino Rossi lui-même, avec reprise en chœur du refrain par le public. Incontestablement réussie, la soirée doit autant au charisme naturel de Sonya Yoncheva qu’à l’énergie de son accompagnateur&nbsp;: dès le «&nbsp;Joy to the World&nbsp;» introductif, Stefan Plewniak embarque avec énergie <strong>l’Orchestre et les Chœurs de l’Opéra Royal</strong>, d’une parfaite intégrité musicale dans «&nbsp;For unto us a child is born&nbsp;», et rappelle, dans un brillant concerto de Corelli en duo avec son premier violon, quel soliste il est. En sortant de la Chapelle, le public a le sourire aux lèvres et ne se sent même pas gavé de sucrerie avant de partir à l’assaut des réveillons&nbsp;: le pari est tenu&nbsp;!</p>
<p>Programme à revoir sur <a href="https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-musique-classique/6757999-sonya-yoncheva-un-noel-a-versailles.html">le site de France Télévision</a></p>
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		<title>Andreas Scholl et ses amis — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/andreas-scholl-et-ses-amis-beaune-a-beaune-andreas-scholl-defie-le-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Aug 2022 04:00:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand « le contre-ténor fétiche » du festival de Beaune depuis 1996, pour reprendre les mots d’Anne Blanchard, lui a proposé de donner une soirée de gala à l’occasion des quarante ans de la manifestation, elle ne pouvait qu’acquiescer avec joie. Le 31 juillet, la basilique accueillait Andreas Scholl et quelques amis déjà présents dans la cité &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand « le contre-ténor fétiche » du festival de Beaune depuis 1996, pour reprendre les mots d’Anne Blanchard, lui a proposé de donner une soirée de gala à l’occasion des quarante ans de la manifestation, elle ne pouvait qu’acquiescer avec joie. Le 31 juillet, la basilique accueillait Andreas Scholl et quelques amis déjà présents dans la cité bourguignonne pour d’autres concerts : Mari Eriksmoen et Paul-Antoine Bénos-Djian, protagonistes de <a href="https://www.forumopera.com/giulio-cesare-beaune-le-sacre-de-paul-antoine-benos-djian"><em>Giulio Cesare</em> </a>deux jours plus tôt ; Sarah Traubel, applaudie en Amenaide dans le<em>Tancredi </em>joué le 16 juillet et, pour les accompagner, les musiciens de l’Accademia Bizantina, partenaires de longue date de la star allemande qui, au demeurant, célèbrent également vingt ans de présence assidue dans ce haut lieu du baroque.</p>
<p>A tout seigneur tout honneur, commençons par le héros du jour : la leçon de musique et plus encore la leçon de chant délivrée par <strong>Andreas Scholl</strong> nous laisse pantois d’admiration. Brigitte Maroillat avait déjà mis en exergue <a href="https://www.forumopera.com/andreas-scholl-maarten-engeltjes-prjct-amsterdam-airs-et-duos-de-purcell-paris-gaveau-le-poete-et-le">la constance de l’artiste</a> au fil d’une carrière exemplaire, mais nous ne nous attendions pas à une telle fraîcheur chez un falsettiste qui aura bientôt cinquante-quatre ans. Au sein de sa génération, seul Bejun Mehta peut se targuer d’une telle longévité et affiche une maturité aussi rayonnante. Non seulement le timbre d’Andreas Scholl a conservé son intégrité et son enivrante beauté, mais le temps n’a en rien entamé la pureté de l’émission ni la qualité de la projection. La voix de contre-ténor est une plante fragile, aime à dire James Bowman, qui ne cache pas avoir failli perdre la sienne dans les années 70. Andreas Scholl a limité ses apparitions à l’opéra et il ne s’est jamais aventuré dans des emplois qui risquaient de le mettre en danger. Et ce soir encore, le florilège dans lequel il se produit a manifestement été choisi, voire remanié à la dernière minute pour lui permettre de donner le meilleur de lui-même. Il interprète de mémoire chacune des pièces, toutes tirées de son répertoire et les souvenirs d’affleurer en nombre chez le mélomane. </p>
<p>Tube inusable, à l’entraînante gaité, « Sound the trumpet » (Purcell) nous met en appétit et ravive notre intérêt au sortir d’une lecture probe, mais modérément inspirée du <em>concerto grosso</em> Opus 6 n° 4 de Corelli. Après l’avoir chanté en compagnie de Christophe Dumaux, Philippe Jaroussky ou encore Maarten Engeltjes, Andreas Scholl forme un duo visiblement très complice avec Paul-Antoine Bénos-Djian. Il enchaine sans transition avec le célèbre « Dove sei » de Bertarido (<em>Rodelinda</em>), donné <em>ex-abrupto</em>, sans l’<em>accompagnato </em>qui l’introduit (« Pompe vane di morte ! ») : l’effet est, certes, saisissant, mais la portée dramatique de l’air s’en trouve amoindrie et Haendel doit se retourner dans sa tombe, lui qui a remis son ouvrage sur le métier à quatre reprises avant de parvenir à ce fondu enchainé quasi organique. Heureusement, tout est en place et le lyrisme de Scholl nous ramène au Met, en 2006, dans ce spectacle miraculeux et immortalisé par les caméras où il donnait la réplique à la Rodelinda de Renée Fleming. L’impétueux « Vivi, tiranno », annoncé dans le programme de salle, aurait-il exposé une (relative) perte d’agilité ? Toujours est-il que nous ne perdons pas au change. « Confusa si miri », l’<em>aria di furore</em> de Bertarido qui conclut le premier acte de <em>Rodelinda</em>, est moins virtuose, mais peut-être plus intéressante sur le plan théâtral et Andreas Scholl en souligne l’amertume, osant une plongée, inattendue mais habilement négociée, dans ses graves de baryton. Il avait déjà gravé <em>Cessate, omai cessate</em> (Vivaldi) – une des cantates favorites des contre-ténors, de Lesne à Cenčić. Il nous offre une version alerte et finement ciselée de sa première <em>aria</em> (« Ah, ch’infelice sempre »), l’ornementation de la reprise dépassant le décoratif pour assumer la dimension rhétorique du <em>Da Capo</em>.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="374" src="/sites/default/files/styles/large/public/andreas_scholl_2.jpeg?itok=LjwUWjOQ" title="Andreas Scholl© Impetto filmproduktion" width="468" /><br />
	Andreas Scholl© Impetto filmproduktion</p>
<p>Si son Amenaide (<em>Tancredi</em>) a conquis <a href="https://www.forumopera.com/tancredi-beaune-intelligence-de-la-virtuosite">Fabrice Malkani,</a> la brève incursion de <strong>Sarah Traubel </strong>chez Monteverdi et Haendel nous laisse perplexe. Le soprano colorature semble s’avancer en terres inconnues, avec une prudence qui confine souvent à la raideur et nous avons peine à croire qu’elle ait déjà abordé <em>Giulio Cesare</em>, comme l’indique sa biographie. D’entrée de jeu, « Tornami a vagheggiar » (<em>Alcina</em>) dévoile l’ampleur des moyens, la précision des notes piquées, mais la puissance du suraigu détonne, l’interprète se montre plus appliquée qu’impliquée et l’imagination, en berne. Du reste, la nôtre ne parvient pas à concevoir que Sarah Traubel ait pu se produire dans le <em>Stabat Mater </em>de Pergolesi aux côtés d’Andreas Scholl&#8230; Son chant manque par trop de nuances dans les adieux de Rodelinda et Bertarido (« Io t’abbraccio ») et si elle réduit la voilure dans « Pur ti mirò, pur ti godo » (<em>L’Incoronazione di Poppea</em>), elle reste à la surface des notes et des syllabes, seules les suavités du contre-ténor évoquant la tendre dilection et la félicité des amants. </p>
<p>Auparavant, <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> aura retrouvé Didymus (<em>Theodora</em>), qu’il incarnait <a href="https://www.forumopera.com/theodora-paris-tce-nous-nous-reverrons-au-ciel">au TCE</a> l’automne dernier, le temps d’un duo : « Streams of Pleasure », extatique et fusionnel, dans une symbiose idéale avec Mari Eriksmoen. Nous n’avions plus entendu un alto masculin prodiguer une telle lumière depuis David Daniels.  Las !<strong> Ottavio Dantone</strong> récidive et brise l’unité dramatique de la grande scène de <em>Tolomeo</em>, « Inumano fratel ! … Stille amare ». Privé du récitatif qui le prépare, cet <em>arioso</em>, écrit dans l’étrange tonalité de si bémol mineur, perdrait de son impact si l’engagement, à la fois viscéral et subtil, de l’interprète ne lui restituait pas sa puissance d’évocation. A l’image de son aîné, Paul-Antoine Bénos-Djian a opté pour des pages qu’il a déjà, magnifiquement, défendues. Comme l’agonie du pharaon, la grisante <em>aria di tempesta</em> de Rinaldo, « Venti, turbini, prestate » figurait déjà au programme de son <a href="https://www.forumopera.com/recital-paul-antoine-benos-djian-beaune-la-voie-du-coeur">récital beaunois</a> l’été dernier, mais il a surtout déjà <a href="https://www.forumopera.com/rinaldo-bruges-et-si-le-beau-sexe-etait-aussi-le-sexe-fort">endossé le rôle</a> et n’a nul besoin de la partition : son abattage nous régale. </p>
<p><strong>Mari Eriksmoen</strong> ne s’éloigne pas non plus de ce qu’elle connaît : Cléopâtre et Agilea (<em>Teseo</em>), qu’elle abordait à Vienne en 2018 sous la direction de René Jacobs. Son « Da tempeste », honnête, mais dépourvu de fantaisie, nous laisse toujours sur notre faim, mais son <em>lamento</em> nous touche à nouveau (« Piangerò ») tout comme la plainte dépouillée d’Agilea (« Amarti si vorrei »), dont elle restitue l’insondable tristesse. Précédant ce numéro relativement peu couru, le <em>concerto grosso</em> de Geminiani constitue l’un des moments forts de cette soirée au point d’éclipser ceux de Corelli et de Haendel. Ottavio Dantone et ses musiciens en détaillent les tensions et les microclimats avec un sens aigu de la caractérisation dramatique, car cette page sombre a tout d’un drame miniature. Alors que nous nous demandions quelle configuration prendraient les <em>bis </em>– peut-être un arrangement de l’un des rares quatuors de Haendel – nous avons vite déchanté. Les rappels du public auront réussi à faire revenir les instrumentistes puis les chanteurs, mais uniquement pour d’ultimes saluts, une rumeur de désapprobation parcourant les travées de la basilique. Un banquet, organisé en soutien au festival, attendait une partie de l’auditoire, ceci expliquant probablement cela… </p>
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