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	<title>Roland DE LASSUS - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 04 Nov 2024 17:01:38 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Roland DE LASSUS - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Orlando, a melancholic portrait</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le titre paraît équivoque, en tous cas pour les amateurs de musique ancienne : Orlando renvoie au Roland furieux (Orlando furioso, de l&#8217;Arioste) qui suscita tant d’illustrations musicales. Mais c&#8217;est ici de Lassus qu&#8217;il s&#8217;agit, dont la dénomination italienne n’a été introduite chez nous que récemment : c’est Roland (Orlande) de Lassus, avant et après son &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le titre paraît équivoque, en tous cas pour les amateurs de musique ancienne : <em>Orlando</em> renvoie au Roland furieux (<em>Orlando furioso</em>, de l&rsquo;Arioste) qui suscita tant d’illustrations musicales. Mais c&rsquo;est ici de Lassus qu&rsquo;il s&rsquo;agit, dont la dénomination italienne n’a été introduite chez nous que récemment : c’est Roland (Orlande) de Lassus, avant et après son engagement à Mantoue (1), et ses nombreuses éditions françaises postérieures sont sans équivoque, enfin, son épitaphe, rédigée par son épouse le confirme. <em>A melancholic portrait </em>annonce le sous-titre. La <em>melancholia hypocondriaca</em> qui affecta les vieux jours du compositeur, et seulement eux, était alors répandue et ses illustrations, depuis Dürer, nombreuses. De fait le programme couvre toute la seconde moitié du XVIe siècle, à travers 13 pièces sacrées, le plus souvent des motets (partie la plus abondante de son œuvre), 3 chansons françaises, 3 villanelles ou madrigaux et deux pièces instrumentales (2). On peine à en comprendre la cohérence, d’autant que le chef leur applique indistinctement le même traitement, feignant d’ignorer que les prescriptions du Concile de Trente régentaient l’écriture comme l’interprétation des œuvres sacrées.</p>
<p>La modernité de Lassus offre à <strong>Simon-Pierre Bestion</strong>, le frère de Louis-Noël, un matériau propre à stimuler ses qualités d’arrangeur, d’orchestrateur, et, n’étaient quelques réserves, le résultat est le plus souvent riche en séductions. Cette réalisation fait suite à la commande d’une bande son d’un documentaire consacré à notre musicien, réalisé par Joachim Thome. Le chef et arrangeur (qui lisait alors le roman éponyme de Virginia Woolf) dit avoir « retraversé avec un geste personnel et une oreille contemporaine» l’œuvre du franco-flamand, « mêlant des univers esthétiques, vocaux et instrumentaux très variés ». Ainsi, aux sept chanteurs ajoute-t-il cornet et sacqueboutes, dulciane et flûtes, théorbe et guitare, harpe triple, un consort de violes, mais, plus surprenant, les claviers contemporains dont il joue, un duduk, des saxophones, et une batterie.</p>
<p>Cette réalisation est propre à susciter des réactions extrêmes, d’adhésion enthousiaste ou de rejet pur et simple. La première plage interroge, déjà : le motet <em>Parce mihi Domine</em> (sur un texte emprunté au livre de Job) est confié aux claviers modernes, auxquels s’ajoutent la batterie puis quelques chanteurs. La beauté est là, malgré l’image totalement déformée de l’original. Déconcertant et séduisant. Succède un ample <em>De profundis</em>, non moins surprenant. Passée l’intonation singulière (cantillation hébraïque, influence balkanique ou moyen-orientale ?) se révèle une polyphonie somptueuse, pulpeuse, sensuelle, aux modelés superbes. Les intonations suivantes, renouvelées, comme le <em>sicut erat</em>, surprennent tout autant, orientales, exotiques. Le recours à des bourdons, les contrastes entre polyphonie <em>a cappella</em> et ajouts instrumentaux sont spectaculaires, sinon bienvenus. <em>La nuit froide et sombre</em>, bien connue, toujours émouvante, est enlaidie par une introduction électro qui fait fi de la poésie de Du Bellay. Doublures et amplification s’imposent-elles ? Il en va de même de <em>Sine textu 7</em> (partagé entre deux plages), dont la rythmique contemporaine ajoutée, à la batterie, fait frémir le puriste. Jusqu’où ne pas aller ? Par chance, le <em>No giorno</em> (villanelle à 4 parties) ravit, du moins dans sa première partie (luth et chant), puisque la reprise instrumentale y associe encore la batterie, avant le second couplet. L’influence balkanique paraît évidente du <em>Dulcies exuviae</em>, et le résultat séduit. Caricatural est le <em>Super flumina babylonis, </em>totalement revisité dans une articulation délibérément exagérée, spectaculaire, un absolu détournement. Du motet à 6 voix <em>Luxuriosa res vinum</em> (texte des Proverbes) la lecture est provocatrice, ne retenant que l’ébriété&#8230; L’introduction de la prophétie des Sybilles (3), <em>Carmina chromatico</em>, est confiée aux violes puis aux voix, dont les inflexions et la conduite relèvent de l’étrange. Etait-ce nécessaire ? &#8230; Chaque pièce a fait l’objet d’un traitement qui lui est propre. Sans les énumérer toutes, retenons la beauté de <em>Quam pulchra es</em>, de <em>Peccantem me quotidiae</em>, et de <em>In monte oliveti. </em>Les chansons (<em>Si du malheur</em>, <em>Une puce j’ai dedans l’oreille</em>) vont au-delà de tout ce que l’on avait écouté auparavant, mais les inflexions de la première, l’usage de la batterie dans les deux, avec un solo incongru, choquent, au moins autant que la 40<sup>e</sup> en sol mineur, jadis revue et corrigée par Waldo de los Rios (1971). La teneur de <em>Eripe me</em>, transformé en véritable slow, est confiée à une voix de femme et à un ténor à l’octave, comme le choral des hommes d’armes de <em>la Flûte enchantée</em>, étrange. L’introït du <em>Requiem</em> à 5 parties, sur lequel s’achève le CD en constitue le couronnement. La plénitude, la gravité des voix, doublées des instruments, la conduite des parties, sont sans équivalent depuis sa gravure par Bruno Turner, il y a cinquante ans. L’émotion est réelle, la réussite manifeste.</p>
<p>On reste partagé entre l’admiration pour le rendu sonore de ces pièces, le plus fréquemment d’un modernisme assumé, pour leur qualité interprétative, et les réserves relatives à l’usage de la batterie, à des styles vocaux totalement étrangers à Lassus.  Les ajouts sont souvent superflus, altérant même le message délivré par l’oeuvre. Toujours c’est brillant, mais l’artifice qui déforme ou détourne peut aussi alourdir.</p>
<p>Nul doute qu’en concert, ce programme transporte ses publics par sa dynamique et sa diversité. La virtuosité redoutable de chacun des interprètes participe évidemment à cette fascination voulue par le chef.  Pour autant, ne serait-il pas sage de considérer cet enregistrement comme une incitation à revenir aux textes originaux, éclairés du savoir des chercheurs, en leur transfusant l’imagination et l’incroyable énergie qu’impulse Simon-Pierre Bestion à ses musiciens de <em>la Tempête</em> ?</p>
<ul>
<li>
<pre>1. Le <em>New Grove’s Dictionary</em> le signale sous ce nom, mentionnant entre parenthèse la forme italienne, ses deux fils, nés à Munich, dont le patronyme est bien Lassus. <em>The new Oxford History</em> le présente sous cette forme, c’est aussi le cas dans <em>Music in the Renaissance</em>, de Gustav Reese... Laissons les Allemands (MGG, la nouvelle édition monumentale) et les Italiens (<em>La Musica</em>) l’appeler ainsi. 
2. Les messes (70), comme les chansons en allemand n’ont pas été retenues, entre autres.
3. Pourquoi n’avoir pas précisé, pour chacune des œuvres, le nombre de parties, le recueil et la datation ? 
4. Les 12 sybilles annoncent la venue du Christ... œuvre ésotérique, à quatre parties, quasi homophones, d’une modernité harmonique singulière.</pre>
</li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Purcell at Prayer – Thiré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-at-prayer-thire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 03:58:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&#160;Dans les jardins de William Christie&#160;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement à la veille, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&nbsp;Dans les jardins de <strong>William Christie</strong>&nbsp;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">à la veille</a>, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour se repaître des activités qu’ils n’ont pas eu le temps de pratiquer le jour précédent. Il y a ceux qui se lancent en famille dans un parcours itinérant de danse baroque dans le village et les espaces verts sur le thème des <em>Mémoires</em> de Casanova, quand d’autres se passionnent pour le chant participatif sur le thème des oiseaux guidés par <strong>Sophie Daneman</strong>, celle-là même qui met en mouvement le très beau <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">Dido and Aeneas</a></em> donné en soirée sur le miroir d’eau, alors que d’autres visitent avec les jardiniers les différents espaces des jardins pensés et conçus par William Christie. De notre côté, nous écoutons avec délectation les <em>Conversations croisées </em>entre l’historien de l’art <strong>Henry-Claude Cousseau</strong> et l’académicien <strong>Erik Orsenna</strong>.</p>
<p>Tout irait pour le mieux dans le plus beau des mondes si l’on n’avait pas appris qu’une bonne partie de l’équipe était sur les dents&nbsp;; en effet, la mezzo Rebecca Leggett est souffrante. La lauréate du Jardin des Voix était membre du quintette prévu le soir même pour le programme de <em>Lamentations </em>de Roland de Lassus. Or, les difficultés de l’œuvre ne permettent pas de trouver au pied levé une remplaçante. Il faut donc trouver un programme de rechange et le répéter avant 20h… Quand on le croise à la pause déjeuner, <strong>Paul Agnew</strong>, à la direction musicale pour ce même concert pour voix seules, ne laisse rien paraître et sourit comme à l’accoutumée. Il se réjouissait de faire découvrir une partie du travail du prolifique Roland de Lassus (1532-1594, également connu sous le nom d’Orlando di Lasso ou encore Roland de Lattre). Un premier motet en appel à la paix aurait dû précéder un cycle de douze motets sur le mystère de la Nativité où intervenaient douze sybilles, dans un entrelacs complexe et étrange, tout en expérimentations chromatiques. Redoutable partition que ces prophéties où s’opèrent des changements de tonalités constants. Puis auraient succédé les <em>Lamentations du samedi saint</em>, chantées durant l’office des ténèbres, avec pour seul éclairage neuf bougies éteintes une par une à la fin de chaque mouvement. Enfin, des «&nbsp;Psaumes de pénitence&nbsp;» auraient conclu l’expérience, avec les œuvres parmi les plus célèbres du compositeur dont l’humaniste Samuel van Quickelberg disait à l’époque&nbsp;: «&nbsp;lorsqu’il lui fallait mettre en accord le mot et la chose, d’exprimer l’intensité des diverses émotions en donnant à voir la chose comme si elle se produisait, que l’on peut se demander si c’est la suavité des émotions qui confère sa beauté à la plainte du chant, ou bien l’inverse&nbsp;». Paul Agnew avait bien l’intention de mettre en valeur le génie et la modernité de l’œuvre, en essayant avec ses partenaires de reproduire la palette chromatique du créateur. Las, il faudra renoncer à cette expérience qui s’annonçait passionnante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_4_005-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171447"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>En attendant, les mini-concerts de l’après-midi dans les jardins ont commencé et il est tout de même possible d’entendre <em>Suzanne un jour</em> de Roland de Lassus, donné dans le Petit bois d’Henry-Claude. Les sopranos <strong>Maud Gnidzaz</strong> et <strong>Juliette Perret</strong>, l’alto <strong>Daniel Brand</strong>, le ténor <strong>Michael Loughlin Smith</strong> et la basse <strong>Christophe Gautier</strong> se tirent à merveille des chausse-trapes d’une œuvre moins séduisante que fascinante dans sa complexité formelle. Le contenu des petits concerts est choisi par les artistes. Quelques minutes plus tard, dans un genre très différent, on écoute les chansons originales et les improvisations sur le thème de l’amour de <strong>Douglas Balliett</strong>, contrebassiste et compositeur américain (ancien élève de la Juilliard School, présent à la quasi-totalité des éditions du festival) et <strong>Thomas Dunford</strong>, luthiste fétiche des Arts Florissants dont on se souvient, par exemple, du beau programme <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">«&nbsp;Les recettes de l’amour&nbsp;»</a> donné en 2022 avec Lea Desandre et William Christie. Les deux artistes affichent une évidente complicité et un plaisir de jouer ensemble dans une sorte de jam baroco-jazzy qui électrise l’auditoire. On regrette de ne pouvoir rester toute la semaine jusqu’au terme du festival, car ce serait l’occasion d’entendre une <em>Passion selon saint Marc</em> composée par Douglas Balliett. Cette création a été commissionnée par les Arts Florissants et marque l’un des temps forts du festival.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_3-063-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171450"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>Après dîner, les bénévoles dévoués organisent le transfert à quelques kilomètres de là, dans l’église de Saint-Juire-Champgillon, car l’église de Thiré est en travaux actuellement. Dans le sanctuaire où chaque siège est occupé et l’éclairage réduit à quelques cierges, un parfum capiteux à base de lys émane de deux somptueux bouquets embellissant les pilastres du chœur. Paul Agnew prend la parole pour expliquer au public que le programme annoncé va être remplacé par un autre, en raison de l’absence de Rebecca Leggett, totalement aphone. Une partie de la journée a été consacrée à concocter un nouveau programme cohérent, en privilégiant des solos plutôt que des ensembles, en fonction de ce que les artistes étaient capables de présenter le soir même. Le jeune <strong>Gabriel Rignol </strong>au théorbe a accepté de se joindre aux chanteurs, secondé par <strong>Florian Carré </strong>au clavecin, lequel se trouvait encore à Paris le matin même… Aucune rumeur de protestation dans l’auditoire pour accueillir l’annonce&nbsp;: Paul Agnew sait y faire et l’on se prend immédiatement d’empathie pour lui et les siens. Ce sont finalement des pièces sacrées de Purcell qui sont proposées… Le pédagogue écossais nous rappelle que Purcell serait sans doute surpris de savoir que nous connaissons surtout sa musique profane, lui qui a tant composé pour le domaine sacré. Et curieusement, cette sélection d’œuvres religieuses intitulée «&nbsp;Purcell at Prayer&nbsp;» est une première dans le festival. L’alto <strong>Mélodie Ruvio</strong>, le ténor <strong>Hugo Hymas</strong> et la basse <strong>Edward Grint</strong> devaient interpréter initialement les œuvres de Lassus. Ils s’adaptent parfaitement à l’univers polyphonique du compositeur anglais. Le public retient son souffle. Pour les soutenir, les sopranos Juliette Perret et <strong>Violaine Le Chenadec </strong>complètent avec Paul Agnew un sextette en idéale harmonie. Très vite, le plaisir de chanter ensemble prend le dessus sur la tension des répétitions à l’arrachée de la folle journée (d’autant que Juliette Perret se produisait trois fois de suite au cours de l’après-midi dans les jardins et Paul Agnew deux fois&nbsp;!). Quelque chose de magique se produit et au terme du concert, c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue les artistes. Le moment que nous avons vécu appartient aux grands bonheurs que l’on peut éprouver dans le spectacle vivant&nbsp;: le professionnalisme des artistes, leur capacité d’adaptation et leur connaissance du répertoire leur ont permis de se dépasser et de nous combler.</p>
<p>Après la pause d’une demi-heure et le traditionnel chocolat chaud offert par les paroissiens, tout le monde revient s’installer dans l’église pour la «&nbsp;Méditation à l’aube de la nuit&nbsp;», conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil. Les règles sont rappelées par Paul Agnew&nbsp;: il s’agit de laisser infuser la musique à l’issue de la journée et pour cela, s’abstenir d’applaudir. La soprano Violaine Le Chenadec est accompagnée de son époux <strong>Adrien Mabire</strong> au cornet à bouquin, le couple étant soutenu par Gabriel Rignol au théorbe, tout jeune, mais merveilleusement doué. Nous entendons cette fois Monteverdi et ses contemporains. Le couple Mabire/Le Chenadec fonctionne particulièrement bien. La voix, bien timbrée, ample et émouvante, est magnifiée par le jeu inspiré du cornettiste, dont on goûte avec délices la virtuosité exceptionnelle (et en plus, il chante parfaitement bien…). Du coin de l’œil, on aperçoit Paul Agnew, installé dans le public, visiblement ému et soulagé, les yeux mi-clos, qui se repaît des sonorités idéalement réverbérées dans la petite église.</p>
<p>On quitte à grand regret ce festival enchanteur, avec une petite pointe d’envie pour les bienheureux qui peuvent rester jusqu’au bout. Eux entendront les <em>Lamentations de Lassus</em> le lendemain, puis l’extraordinaire violoniste Théotime Langlois de Swarte et son complice William Christie qu’on avait eu la chance d’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">entendre par le passé</a>, mais également <em>Orphée et Eurydice</em> de Gluck en version de concert dirigée par Paul Agnew sur le miroir d’eau et bien sûr, la création déjà évoquée&nbsp;: la <em>Passion selon saint Marc</em>. Au bout de quatre jours, le taux de remplissage était de 99&nbsp;%&nbsp;! Il faudra s’y prendre tôt pour les réservations l’année prochaine…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="&quot;O come sei gentile&quot; (Monteverdi) - Violaine Le Chenadec &amp; Adrien Mabire" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/53KDkXTM1zw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Salve Regina - Doug Balliett" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/btIewTK3d5I?list=PL8ltSP2mqeAg9rZKO00Kecz5cbGxObl-k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>DE LASSUS, Le lagrime di San Pietro — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-larmes-de-saint-pierre-paris-philharmonie-saint-pierre-pour-sourds-et-malentendants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 May 2019 05:22:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaissait le goût de Peter Sellars pour des versions scéniques d’œuvres toutes plus surprenantes les unes que les autres : après les Passions de Bach vinrent les œuvres chorales de Stravinsky ou la Messe en ut de Mozart. Renouvelant perpétuellement l’exercice de la transposition à la scène d’une musique souvent faite pour le concert, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On connaissait le goût de <strong>Peter Sellars</strong> pour des versions scéniques d’œuvres toutes plus surprenantes les unes que les autres : après les Passions de Bach vinrent les œuvres chorales de Stravinsky ou la <em>Messe en ut</em> de Mozart. Renouvelant perpétuellement l’exercice de la transposition à la scène d’une musique souvent faite pour le concert, l’homme de théâtre persiste et signe.</p>
<p>L’opus ultime que sont <em>Les larmes de Saint Pierre</em> occupe une place à part dans la production d’Orlando di Lasso. Le compositeur qui ne cache plus sa mélancolie et son détachement du monde se fait plus austère, et plus ramassé que jamais. Si le cycle appartient bien au genre des madrigaux, sa rigueur et son économie de moyens font bien écho aux polyphonies religieuses de la Renaissance. <strong>Peter Sellars</strong> affirme avoir retenu le caractère « <em>sculptural </em>» de cette douce ascèse, avis derrière lequel on se rangerait volontiers, si les propositions scéniques n’allaient pas systématiquement contre ce premier constat. Le metteur en scène se sert de chaque légère inflexion dans le discours pour nous vendre l’évènement du siècle : tout est souligné, grossi et entouré d’un stabilo jaune fluorescent qu’aucune redondance ne fera reculer. Parasité par des gestes d’une subtilité d’image d’Epinal, le spectacle perd nettement de sa saveur, et s’enfonce peu à peu dans une mièvrerie où le kitsch n’est jamais très loin : quand c’est joyeux, on lève les bras, quand c’est triste, on se roule par terre.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="442" src="/sites/default/files/styles/large/public/01_lagrime_-_credit_tao_ruspoli_marie_noorbergen_0.jpeg?itok=dUtA3xEm" title="© Tao Ruspoli, Marie Noorbergen" width="468" /><br />
	© Tao Ruspoli, Marie Noorbergen</p>
<p>Pourtant, vers le dernier tiers de l’œuvre, on sent poindre une esthétique différente. Les chanteurs s’asseyent, et les évènements scéniques se font plus rares, plus mesurés. C’est dans ces moments que la musique de Lasso repasse au premier plan, retrouvant cet esprit sculptural dont on l’avait privée jusqu’à présent. Les six derniers numéros sont la preuve que l’on pouvait tout à fait se passer d’une illustration caricaturale de l’œuvre pour un public loin d’être sourd.</p>
<p>On ne peut pas reprocher aux membres de la <strong>Los Angeles Master Chorale </strong>un manque d’investissement : chaque geste pensé par Sellars est interprété jusqu’au bout, avec une extrême concentration, et sans aucune réserve. Pourtant, les propositions musicales mettent du temps à trouver un point d’équilibre. Les deux premiers numéros sont ceux d’un ensemble cherchant encore ses marques, et accusant de nombreux défauts d’intonation et de couleurs criardes (pas nécessairement à dessein). Si la justesse finira par s’installer peu à peu au fil de la soirée, les voyelles ouvertes dans le<em> forte</em> seront souvent plates et acides.<br />
	Néanmoins, la direction de <strong>Grant Gershon</strong> privilégie une synthèse et une homogénéité, tout en ménageant des contrastes bienvenus entre différents groupes vocaux. Le chemin vers le point culminant de chaque madrigal est conduit avec maîtrise, et n’est brisé que par les soubresauts de la mise en scène.</p>
<p>Accueillis par une ovation tonitruante, les acteurs de ce spectacle peuvent au moins se targuer d’avoir rapproché le public de la musique de Lasso. Nous ne cacherons pas pour autant notre réserve quant à une bonne partie du spectacle, où la scène tente vainement de souligner une musique qui s’en passerait volontiers.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-larmes-de-saint-pierre-paris-philharmonie-saint-pierre-pour-sourds-et-malentendants/">DE LASSUS, Le lagrime di San Pietro — Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Lassus, quelle histoire !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lassus-quelle-histoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Hondermarck]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Apr 2016 16:58:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fin d&#8217;une aventure discographique comme seuls les éditeurs de musique ancienne savent entreprendre aujourd&#8217;hui. Grâce soit rendue au label Musique en Wallonie pour cette « biographie musicale » de Roland de Lassus, dont le cinquième tome orchestré par Vox Luminis nous parvient. Après quatre volumes strictement chronologiques (les années de jeunesse, le succès en Bavière, les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Fin d&rsquo;une aventure discographique comme seuls les éditeurs de musique ancienne savent entreprendre aujourd&rsquo;hui. Grâce soit rendue au label Musique en Wallonie pour cette « biographie musicale » de Roland de Lassus, dont le cinquième tome orchestré par <strong>Vox Luminis</strong> nous parvient. Après quatre volumes strictement chronologiques (les années de jeunesse, le succès en Bavière, les oeuvres tardives) défendus par la fine fleur de la prosodie Renaissance, l&rsquo;ensemble de <strong>Lionel Meunier</strong> nous conduit sur les pas du Lassus européen &#8211; on ne saurait déjà l&rsquo;appeler cosmopolite. Roland de Lassus, Orlando di Lasso, Roland de Lattre, Orlandus Lassus : ses différents avatars résonnaient alors aux quatre coins de l&rsquo;Europe musicale. Dans le livret, la biographe du natif de Mons, Annie Coeurdevey, nous les fait découvrir tour à tour, nous guidant dans ce XVIe siècle si foisonnant. D&rsquo;où vient peut-être à ce disque un seul défaut, celui de mêler pièces de langues et de registres fort différents (à une messe en latin succède une chanson française gentiment paillarde), sans que l&rsquo;intention musicale nous renseigne d&#8217;emblée sur ce que l&rsquo;on est sur le point d&rsquo;entendre. Pour le reste, Vox Luminis confirme sa place de grand ensemble vocal de musique ancienne, exposant ses qualités stylistiques et ses couleurs au long de ce chemin historique autant que mélodique.</p>
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