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	<title>Guillaume DE MACHAUT - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<title>Guillaume DE MACHAUT - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>MACHAUT, A lover&#8217;s death</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Commencée il y a dix ans, la première intégrale de l’œuvre de Guillaume de Machault (1) se poursuit avec la publication de ce onzième volume. Travail à la fois gigantesque et de longue haleine, comparable à la première intégrale Bach, mais ne faisant appel qu’à une formation : The Orlando Consort, bien connu de tous les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Commencée il y a dix ans, la première intégrale de l’œuvre de Guillaume de Machault (1) se poursuit avec la publication de ce onzième volume. Travail à la fois gigantesque et de longue haleine, comparable à la première intégrale Bach, mais ne faisant appel qu’à une formation : The Orlando Consort, bien connu de tous les amateurs de musique ancienne. Les quatre chanteurs, un contre-ténor, deux ténors et un baryton, rompus à l’exercice, s’emparent de l’œuvre immense du plus grand musicien-poète de son temps.</p>
<p>Le choix a été fait de consacrer chaque CD à un thème, et d’y regrouper des pièces variées, plutôt qu’ une approche traditionnelle où chaque forme serait tour-à-tour abordée. C’est « La mort d’un amoureux » (on aurait plutôt choisi « amant » au XIVe S), qui motive cette dernière publication. Six ballades, quatre motets et autant de virelais, trois rondeaux sont au programme.</p>
<p>Les Orlando connaissent leur sujet : on oublie le <em>tactus</em> imperturbable pour ne retenir que la souplesse et la lisibilité du propos. Cependant, l’option choisie des seules voix, comme la thématique fédératrice, engendrent une forme de monochromie, de monotonie qui ne rend pas pleinement justice aux œuvres. Même si les traités du temps sont muets sur la question de l’interprétation, Machault affirme que telle ballade (« le grand désir que j’ai de vous voir ») pouvait être « mise aux orgues, sur les cornemuses ou instruments ». La littérature contemporaine (ainsi le <em>Décameron</em>), regorge d’exemples où la voix et les instruments se conjuguent. Pourquoi se priver de cette dimension ?</p>
<p>Les motets, d’une facture complexe, sont d’une grande beauté, <em>motetus</em> et <em>triplum</em> se montrent agiles, déliés, sur la teneur en valeurs longues. On retiendra le rare et singulier motet 19 (<em>Martyrum gemma latria</em>) et son triple obsédant. Les contrepoints recherchés des ballades sont savoureux dans l’illustration du sentiment amoureux. Quant aux virelais, dont le chant est exemplaire, on préférera le plus souvent d’autres interprétations, ainsi pour le célèbre « Douce dame jolie ». Le lyrisme du chant, des virelais et ballades en particulier, souffre de la nudité vocale et du retour indifférencié de la mélodie, alorsq ue le texte en appelle une illustration renouvelée. Tout hédonisme semble banni. Malgré les illustrations françaises souvent reparquable, les<span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> Anglo-Saxons, tout particulièrement les Anglais ont été les plus friands de Machault. Appelons de nos vœux une réalisation qui s’inscrive dans la lignée de Julien Skowron /Jean Belliard, Dominique Vellard, Marcel Perès, Emmanuel Bonnardot, Marc Mauillon, où le « sentement » reprenne ses droits (2).</span></p>
<p>La brochure d’accompagnement, trilingue, témoigne du sérieux de l’approche. Elle permet au profane peu familier de l’Ars Nova, de s’approprier chaque pièce, ainsi que les règles musicales et littéraires qui présidèrent à sa création. Si le texte original des pièces est traduit en anglais, sans doute eût-il été opportun de le transcrire en français moderne, pour une compréhension de chacun.</p>
<p>L’amoureux de musique médiévale trouve dans cette intégrale l’occasion de se réjouir, mais il n’est pas sûr que celle-ci permette de toucher un plus large public.</p>
<pre>(1) Dont la famille est originaire Machault (Ardennes), non loin de Vouziers, à une quarantaine de kms de Reims, où il finira chanoine, après une vie aussi aventureuse que riche. Aussi l’orthographe de son nom, très variable au XIVe siècle (Machau, Machaut, que potache nous épelions en souriant...), doit-elle emprunter à son origine, comme le rappelait Armand Machabey, qui lui consacra une vie de recherche. 
(2) Machault : « ... selonc mon sentement / amoureux et non autrement / Car qui se sentement ne fait / son œuvre et son chant contrefait. »</pre>
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		<title>5 questions a Marc Mauillon sur Guillaume de Machaut</title>
		<link>https://www.forumopera.com/5-questions-a-marc-mauillon-sur-guillaume-de-machaut/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Aug 2022 08:35:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Notre collègue Yvan Beuvard recevait le Machaut de Marc Mouillon en des termes qui n&#8217;y allaient pas par quatre chemins : L’émotion des mots, de la langue et du chant, l’art des musiciens qui entourent Marc Mauillon, font de ce coffret une pépite. C&#8217;est donc grand plaisir que de donner la parole au baryton Français &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Notre collègue Yvan Beuvard recevait le Machaut de Marc Mouillon en des termes qui n&rsquo;y allaient pas par quatre chemins : <em>L’émotion des mots, de la langue et du chant, l’art des musiciens qui entourent Marc Mauillon, font de ce coffret une pépite</em>. C&rsquo;est donc grand plaisir que de donner la parole au baryton Français pour qu&rsquo;il nous raconte « son » Guillaume de Machaut.</strong><br />
 </p>
<hr />
<p><strong>De votre point vue de praticien, quel type d’homme et de compositeur était Machaut ?</strong></p>
<p> <br />
Une très forte personnalité, cela ne fait aucun doute pour moi. Je le vois comme ce genre de personnes avec une force mentale incroyable, qui tracent leur route avec pugnacité. Poétiquement et musicalement son style est très reconnaissable, il a structuré les formes fixes, suivi lui-même la copie de ses œuvres… Si j’avais vécu à son époque, j’ai l&rsquo;intuition qu’il n’aurait pas forcément pu faire partie de mes amis mais j’aurais certainement adoré rencontrer ce personnage fascinant. Car c’est un tel génie !!<br />
 </p>
<p><strong>Qu’est ce que le <em>lai</em> ?</strong><br />
 <br />
Le lai est la forme poétique la plus élevée au Moyen Âge. N’est considéré comme poète que celui qui sait composer un lai car c’est une forme longue, avec une grande richesse de rimes, il faut arriver à tenir sur la durée ! C’est une forme qu’on entend assez peu de nos jours en concert, sans doute à cause de ses proportions, mais c’est regrettable je trouve. Car cette richesse poétique très différente d’un rondeau ou d’une ballade influe grandement sur la musique : on peut véritablement « s’installer » dans l’écoute d’un lai. C’est une expérience magnifique tant du côté du public que de celui de l’interprète.<br />
 <br />
<strong>Ce qui frappe dans cet enregistrement, c’est l’ampleur : ampleur des œuvres mais aussi du souffle qui les traverse.</strong><br />
 <br />
C’est quelque chose qui me touche profondément aujourd’hui en réécoutant ces 3 disques. Avec « l’Amoureus Tourment », je m’entends tomber amoureux de cette lyrique médiévale et je suis frappé à quel point cette ampleur dont vous parlez se déploie et me dépasse largement en tant qu’interprète. C’est là où on voit la puissance de ces textes et de cette musique. Ce premier enregistrement a plus de 15 ans, j’avais très peu de connaissances sur ce répertoire. Cette musique m’a tellement appris ! Pour moi ces pièces sont justement une invitation à prendre toute son ampleur en tant que « performer », à se questionner et à assumer des choix musicaux, esthétiques, vocaux, poétiques. J’ai le sentiment qu’on ne peut pas se cacher derrière la monodie. Elle vous révèle presque malgré vous, je m’en rends compte encore plus depuis que j’enseigne ce répertoire.<br />
 <br />
<strong>Quelles sont les connaissances musicologiques qu’il faut faire siennes pour fidèlement rendre hommage à cette musique ?</strong></p>
<p> <br />
C’est une excellente question. Nous avons trop peu de sources pour « rendre fidèlement hommage » à cette musique. Nous avons ces merveilleux manuscrits avec une notation qu’on peut assez précisément comprendre mais les conditions d’exécution de ces pièces nous sont inconnues. Étaient-elles même prévues pour être chantées et jouées devant un public ? En tant qu’interprète, on passe son temps à faire des choix guidés par les recherches musicologiques mais aussi souvent par notre instinct musical. Et c’est précisément dans cet interstice entre savoir et connaissance que se situent pas mal de réponses à nos questions. Essayer d’être le plus respectueux d’une œuvre tout en se gardant la liberté interprétative qui est suggérée, sacrée responsabilité ! Alors j’essaie de garder le premier précepte du serment d’Hippocrate en tête :  <em>primum non nocere</em> (premièrement ne pas nuire)<br />
 <br />
<strong>Un petit mot, peut-être sur les collègues instrumentistes qui vous accompagnent ?</strong><br />
 <br />
Le mot de collègue paraît bien fade et peu représentatif de ce que je ressens envers mes partenaires musiciens. Avec Angélique c’est évident car nous sommes frère et sœur mais Pierre et Viva font partie intégrante de ma famille musicale. Ces artistes fantastiques m’inspirent, me nourrissent, me font grandir. J’ai une chance incroyable de travailler avec des personnes qui combinent tant de qualités humaines et artistiques. Je n’oublie évidemment pas les amis instrumentistes et chanteurs qui ont bien voulu venir nous offrir leurs talents multiples pour l’enregistrement de ces disques. Cela est bien sûr très lié à ce dont nous venons de parler au sujet de l’engagement des interprètes dans ces répertoires et toutes ces belles personnalités conjuguées sont autant d’épices délicates et savoureuses qui me mettent en joie !</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Guillaume de Machaut</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/guillaume-de-machaut-joie-liesse-et-douleur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jun 2022 06:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Autant sa Messe Nostre Dame – qui ne fut en aucun cas liée à un sacre – focalise-t-elle l’attention, arbre qui cache la forêt, autant l’essentiel de l’œuvre musicale profane de Machaut (5 volumes de transcriptions de Leo Schrade, 19 lais, 22 rondeaux, 33 virelais, 42 ballades, de 2 à 4 parties, le Rondeau de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Autant sa <em>Messe Nostre Dame</em> – qui ne fut en aucun cas liée à un sacre – focalise-t-elle l’attention, arbre qui cache la forêt, autant l’essentiel de l’œuvre musicale profane de Machaut (5 volumes de transcriptions de Leo Schrade, 19 lais, 22 rondeaux, 33 virelais, 42 ballades, de 2 à 4 parties, le <em>Rondeau de Fortune</em>…) reste-t-il confiné dans nos bibliothèques. Il en va de même de son œuvre littéraire, considérable sinon immense, qui fut un temps accessible en collection de poche. Au croisement le plus fécond de la poésie et de la musique, le plus riche, le plus lyrique et le plus inventif de son siècle, reconnu dans toute l’Europe, Machaut semble méprisé, alors que les tout petits maîtres des siècles suivants sont maintenant illustrés, d’un intérêt le plus souvent documentaire. La familiarité de <strong>Marc Mauillon</strong> au répertoire de la lyrique médiévale et renaissante est ancienne. On regretterait presque le temps du confinement (COVID) où, chaque jour, il nous apportait son rayon de soleil à travers telle ou telle pièce de poésie courtoise ou de chant, de cette première renaissance.</p>
<p>« C’est là aussi que nous fûmes servis d’agréables lais, d’intermèdes et de virelais, appelés chansons balladées, agréablement entendues, parce que bien écoutées, et de tout l’excellent accompagnement instrumental très approprié, si bien qu’on ne savait à quoi accorder sa principale attention. » (traduction en français moderne des vers 3801 à 3807 du <em>Voir Dit</em>). L’ami Guillaume aurait-il écouté la réalisation que nous offrent le chanteur et ses complices ? Perfectionniste, Machaut nous a transmis ses textes et sa musique copiés avec un soin et une précision exemplaires. Leur réalisation a donné lieu à bien des expérimentations, souvent liées à la vogue des musiques traditionnelles, où les percussions et le mode d’improvisation occultaient la beauté, la subtilité et la grâce des lignes mélodiques que déroule le chant. L’art de Machaut est un art savant, d’une prodigieuse virtuosité d’écriture. Cependant, l’angélisme éthéré, désincarné ne sied pas davantage. L’instrumentarium du temps nous est connu, qui autorise le recours à une riche palette de timbres, c’est le choix qu’ont fait Marc Mauillon et <strong>Pierre Hamon, </strong></p>
<p>Le programme s’articule autour du <em>Remède de Fortune</em>, véritable monodrame où le seul chanteur-conteur donne vie à tous les personnages. L’ouvrage s’inscrit dans une longue filiation qui remonte à Boèce, six siècles auparavant. C’est l’enregistrement diffusé en 2008 que Marc Mauillon et ses amis ont repris pour cet ambitieux coffret. Sans conteste, il relègue au rang de témoin celui de l’Ensemble Guillaume de Machaut (dont Jean Belliard était le soliste, en 1975), daté. Le « bien-dire », la beauté de la langue et la musique des mots, auxquelles nos voisins anglais et allemands n’accèdent que de façon artificielle, auront dû attendre Dominique Vellard et l’Ensemble Gilles Binchois, puis cette gravure (qui inverse l’ordre des deux dernières pièces).</p>
<p>Le premier CD, intitulé <em>L’amoureus tourment</em>, s’ouvre par le lai 1 « Loyauté que point ne delay ». Insurpassable narration chantée : cinquante et une mesures vont nourrir la réalisation de plus de trente cinq minutes, où le chant est accompagné par la vièle et une flûte traversière « bansouri », que joue Pierre Hamon. La ligne vocale, la saveur de la prononciation, l’expression forte, la beauté des entrelacs et doublures, tout participe à cette immersion, où le temps est suspendu (**). Le lai qui suit, d’un anonyme du XVe siècle, accompagné à la flûte double, puis celui de la Pastourelle, où la cornemuse prend place, avec de petites percussions, au rythme accentué, renouvellent l’écoute. La ballade ornée de Lescurel « Comment que par l’éloignance » procède de la même veine que celles qu’illustrera Machaut. Le virelai 3, « Ay ami ! », conclut avec bonheur, où le chant est contrepointé par une flûte dont le timbre se marie idéalement à la voix.</p>
<p>C’est le célèbre « Quand je sui mis au retour » qui ouvre le quatrième CD. Les deux précédents reproduisant <em>le Remède de Fortune</em>, ce dernier regroupe des virelais, un rondeau et des ballades. De toutes les pièces, qu’il serait fastidieux d’énumérer ici, retenons l’ample ballade 19 « Amours me fait désirer », présentée d’abord par la diction du texte sur un discret soutien instrumental, puis donnée dans sa version à quatre parties. Sans oublier le Prologue (« Et musique est une science… », qui introduit les virelais 27 et 16. Le premier, « Liement me deport », réunit les six instrumentistes pour une version qui invite à danser une carole. Enfin, « J’aim sans penser laidure », entonné a cappella, puis rejoint par les mêmes musiciens, est empreint de cette joie que nul mieux que Machaut n’a illustrée.</p>
<p>L’émotion des mots, de la langue et du chant, l’art des musiciens qui entourent Marc Mauillon, font de ce coffret une pépite, qui relègue les grands prédécesseurs (Binkley, avec Andrea von Ramm, Munrow, Pérès, l’Ensemble Guillaume de Machaut, Brüggen…) à l’état de témoins.</p>
<p>Riche en textes pertinents qui éclairent l’œuvre de Machaut et les questions qu’elle pose, le livret comporte l’intégralité des textes chantés, traduits en français moderne et en anglais. Il signale par ailleurs les sources sur lesquelles se fonde l’enregistrement</p>
<p>L’audacieuse entreprise de l’Orlando Consort, qui, depuis 2012, a consacré sept CD à l’œuvre profane de Machaut, appelle un pendant français, où la langue soit restituée avec toute sa saveur, avec tout le talent des partenaires de Marc Mauillon, animés par Pierre Hamon, autre cheville ouvrière de cette réalisation, appelée à faire date. Il est plus que temps que nos interprètes réalisent à leur tour une intégrale de l’œuvre profane de Machaut.  « Qui n’aurait d’autre joie en amour que douce pensée et souvenir avec l’espoir de jouir aurait tort de chercher ailleurs » (début du <em>Remède de Fortune</em> »).</p>
<p>(*) Vers 8621 du Voir Dit.</p>
<p>(**) En 1970, Binkley expédiait le lai I « Loyauté.. » en 6 minutes 40.</p>
<p> </p>
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		<title>DE MACHAUT, Messe de Nostre Dame — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/messe-de-nostre-dame-monte-carlo-le-bon-choix-des-binchois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Mar 2022 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival emblématique de la Principauté de Monaco, le Printemps des arts, effectue cette année un virage aussi important que celui dit « de la Rascasse » dans son Grand Prix automobile. Après avoir été dirigé pendant dix-neuf ans par le compositeur de Marc Monnet, le festival vient d’être confié à son collègue Bruno Mantovani. Celui-ci est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival emblématique de la Principauté de Monaco, le Printemps des arts, effectue cette année un virage aussi important que celui dit « de la Rascasse » dans son Grand Prix automobile. Après avoir été dirigé pendant dix-neuf ans par le compositeur de Marc Monnet, le festival vient d’être confié à son collègue Bruno Mantovani.</p>
<p>Celui-ci est arrivé avec son équipe artistique et musicologique parisienne, dans l’intention de conquérir la Principauté. Le travail est considérable. La conférence d’ouverture du festival n’a réuni qu’une dizaine de personnes et le magnifique premier concert, donné par <strong>l’Ensemble Gilles Binchois</strong>, en présence de la Princesse Caroline, moins d’une centaine !</p>
<p>Bruno Mantovani a offert à son festival une devise peu engageante, issue d’une œuvre de Guillaume de Machaut : « Ma fin est mon commencement ». En matière de communication, on connaît des slogans plus excitants !</p>
<p>C’est avec la célèbre <em>Messe de Nostre Dame</em> dudit Machaut qu’il a ouvert le festival. Pour ce faire il avait fait le bon choix de l’Ensemble Binchois.</p>
<p>Les voix pures, parfaites, presqu’immatérielles de cet ensemble masculin se sont élevées sous les voûtes dorées de l’Église Saint Charles de Monaco. Le trésor de cette musique née dans les nefs sombres des cathédrales gothiques s’est répandu sous la vaste coupole de cette église construite au XIXe. au moment de l’opulente création de la ville de Monte-Carlo.</p>
<p><strong>Dominique Vellard</strong> est le maître irremplaçable de cet ensemble vocal. Il fallait le voir, assis sur sa chaise, diriger ses chanteurs avec des gestes qui faisaient croire, à certains moments, qu’il les bénissait. C’était d’ailleurs peut-être la vérité !</p>
<p>Et alors montaient, comme du fond des siècles, cette messe polyphonique d’un ahurissant modernisme, avec ses dissonances, ses « frottements », ses audacieux glissements, avec, aussi, ses passages isorythmiques et ses jeux d’imitation – toute une alchimie musicale propre au génie des compositeurs de cette ancienne époque. Cette musique si pure, si belle, s’adresse directement au Ciel.</p>
<p> </p>
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		<title>In memoriam Guillaume Machaut</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/de-toutes-les-couleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lars Nova]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Dec 2010 22:01:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Messe de Machaut, monument musical de la fin du XIVe siècle, est loin de nous avoir révélé tous ses secrets. Ce ne sont pourtant pas les versions discographiques qui manquent avec, depuis 1980, plus de sept enregistrements majeurs dont quatre effectués par des ensembles français. La version de Musica Nova et de Lucien Kandel &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          La Messe de Machaut, monument musical de la fin du XIVe siècle, est loin de nous avoir révélé tous ses secrets. Ce ne sont pourtant pas les versions discographiques qui manquent avec, depuis 1980, plus de sept enregistrements majeurs dont quatre effectués par des ensembles français. La version de <strong>Musica Nova</strong> et de <strong>Lucien Kandel</strong> doit sa principale originalité aux conseils avisés du musicologue <strong>Gérard Geay</strong>. Celui-ci propose une lecture inédite et particulièrement riche dans l&#8217;emploi de la <em>musica ficta</em> (c&rsquo;est-à-dire, de façon simplifiée, des altérations accidentelles à l&rsquo;exception du Sib qui fait partie du domaine de la <em>musica recta</em>) parfois notée dans les manuscrits, souvent ignorée et laissée à la discrétion des interprètes. Le résultat sonore est proprement inouï, les interprètes ne reculant pas devant des dissonances de passage et des mouvements mélodiques relativement inhabituels pour nos oreilles modernes. En vérité, c&rsquo;est notamment en comparaison avec les autres enregistrements disponibles de la même œuvre que cette version se distingue, ce dès les premières secondes du Kyrie. L&rsquo;ensemble Musica Nova utilise systématiquement, dans un contexte mélodique donné (voir livret pages 6 à 9), les accidents Do#, Fa# et Sol#. La lecture horizontale prime souvent sur l&rsquo;aspect vertical et les intervalles augmentés ou diminués ne sont pas rares (par exemple dans le <em>Kyrie, </em>dès la mesure 8, où les notes Fa et Fa# sonnent simultanément dans un contexte cadentiel). D&rsquo;autres ensembles ont sporadiquement utilisé une approche similaire mais jamais de façon aussi systématique et fréquente. Les nombreuses couleurs « harmoniques » (sonorités verticales) inédites qui en découlent apportent littéralement un nouvel éclairage sur l&rsquo;œuvre. Or la diversité des approches, tant que celles-ci sont justifiées et argumentées, est un atout précieux pour ce répertoire dont il nous reste tant à découvrir sur le plan de l&rsquo;interprétation. Même si nous ne partageons pas toutes les options retenues, nous félicitons les interprètes pour leur cohérence dans l&rsquo;usage de la <em>musica ficta</em>.</p>
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<p>La prononciation du latin gallican est également originale dans cet enregistrement avec, en particulier, la voyelle « e » parfois transformée en « a » comme dans le terme « potens » prononcé « potans » ou encore « amen » prononcé « aman », le « a » étant nasalisé en raison de la consonne « n » subséquente (voir à ce sujet le livret aux pages 10 à 12). Néanmoins, si la <em>musica ficta</em> et la prononciation justifient à eux seuls la pertinence de cette nouvelle version de la messe de Machaut, nous sommes moins convaincus par certains aspects, esthétiques autant que musicologiques, à commencer par le choix des voix.</p>
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<p>La messe est écrite à quatre parties avec deux voix supérieures égales (partageant une tessiture similaire) et deux voix inférieures égales. Dans l&rsquo;hypothèse, tout à fait plausible, d&rsquo;un diapason proche du diapason moderne (La=440 Hz) et celle, très probable, d&rsquo;une interprétation soliste (un chanteur par voix) par des hommes uniquement, nous obtiendrions idéalement un effectif composé de deux contreténors et de deux ténors. Or, Lucien Kandel choisit au contraire des voix de femmes pour le <em>triplum</em> (voix supérieure qui est le plus souvent, mais pas toujours, la plus aiguë) et des contreténors (dont lui-même comme interprète) pour la voix de <em>duplum</em>. Si l&rsquo;équilibre des timbres est généralement bien maintenu, certains passages voient les contretenors « étouffer » les voix de femmes lorsque la ligne du <em>duplum </em>passe au dessus de celle du <em>triplum</em>. En outre, la présence de plusieurs chanteurs par voix apporte un « grain » sonore moins convaincant, selon nous, qu&rsquo;une interprétation soliste. L&rsquo;effectif utilisé permet néanmoins de ménager quelques beaux effets de dynamique comme dans le <em>Sanctus</em> (plage 13) dont un passage (à partir du <em>benedictus</em> à 4&rsquo;10) est chanté à un par voix ce qui forme un charmant contraste avec le « tutti » initial et final. Nous aurions cependant préféré, notamment pour la transparence des lignes et l&rsquo;équilibre des voix, une version intégralement soliste. Soulignons par ailleurs le tempo parfois excessivement lent de cette version. Si nous pouvons apprécier, de la sorte, toute l&rsquo;originalité des sonorités verticales, les passages en hoquet et en homorythmie manquent de dynamisme et de vie. Selon nous, le tempo choisit reste convaincant pour le <em>Kyrie</em> et le <em>Sanctus</em> mais pas pour les sections centrales du <em>Gloria</em> et du <em>Credo</em>. Enfin, et tout aussi charmantes que soient les diminutions jouées à l&rsquo;orgue entre les différentes parties du <em>Kyrie</em>, nous ne leur voyons pas d&rsquo;autre intérêt que celui de rompre artificiellement le discours musical de la messe de Machaut.</p>
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<p>Pour les personnes ne connaissant pas la messe de Machaut par d&rsquo;autres interprétations, nous ne conseillerions pas en premier la version de Musica Nova. Elle semble s&rsquo;adresser davantage à des amateurs qui pourraient apprécier pleinement l&rsquo;originalité de la <em>musica ficta </em>sans se laisser perturber par un tempo souvent trop lent et un effectif vocal selon nous partiellement inadéquat. Néanmoins, soulignons le fait que cet enregistrement contient de très grandes qualités musicales à commencer par les six autres pièces chantées dont le tempo est généralement plus allant et pour lesquels le choix des voix est moins problématique. À cet égard, la pièce initiale de Philippe de Vitry, interprétée de façon dynamique et rayonnante, est de toute beauté dans cet enregistrement.</p>
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<p><strong>Lars Nova</strong></p>
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		<title>Ballades</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/promenade-au-pays-des-ballades/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lars Nova]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 02:09:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Guillaume de Machaut (c. 1300 &#8211; 1377)Ballades Ensemble Musica Nova Lucien Kandel, direction Christel Boiron et Marie-Claude Vallin, cantus Thierry Peteau, ténor Marc Busnel, bassus Lucien Kandel, ténor et direction Birgit Goris et Pau Marcos, vièles à archet Julien Martin, flûtes à bec Marie Bournisien, harpe gothique Machaut : De Fortune me doi pleindre et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>Guillaume de Machaut (c. 1300 &#8211; 1377)<br /><em>Ballades</em><br /></strong></p>
<p></p>
<p>Ensemble Musica Nova </p>
<p>Lucien Kandel, direction</p>
<p>Christel Boiron et Marie-Claude Vallin, cantus</p>
<p>Thierry Peteau, ténor</p>
<p>Marc Busnel, bassus</p>
<p>Lucien Kandel, ténor et direction</p>
<p>Birgit Goris et Pau Marcos, vièles à archet</p>
<p>Julien Martin, flûtes à bec</p>
<p>Marie Bournisien, harpe gothique</p>
<p><strong>Machaut :</strong></p>
<p>De Fortune me doi pleindre et loer (B23)</p>
<p>Dame, se vous m&rsquo;estes lointeinne (B37)</p>
<p>Esperance qui m&rsquo;asseüre (B13)</p>
<p>Phyton, le mervilleus serpent (B38)</p>
<p>Se quanque amours puet donner à amy (B21)</p>
<p>De triste cuer / Quant vrais amans / Certes, je di (B29)</p>
<p>Il m&rsquo;est avis qu&rsquo;il n&rsquo;est dons de Nature (B22)</p>
<p>Sans cuer m&rsquo;en vois / Amis, dolens / Dame, par vous (B17)</p>
<p>Hoquetus David</p>
<p>Amours me fait desirer (B19)</p>
<p>Quant Theseus / Ne quier veoir (B34)</p>
<p>Je ne cuit pas qu&rsquo;oncques à creature (B14)</p>
<p>Anonyme :</p>
<p>Pour vous revoir (Instrumental) &#8211; Sois tard tempre</p>
<p>1 CD aeon AECD0982</p>
<p>Durée totale : 75&rsquo;17</p>
<p><strong></p>
<p>Promenade au pays des ballades</strong></p>
<p>Après son excellent enregistrement des 23 motets de <strong>Machaut</strong> (CD Zig Zag 021002), l&rsquo;ensemble <strong>Musica Nova</strong> explore, dans ce nouvel opus, 11 des 42 ballades mises en musique par le chanoine de Reims. La réussite est de nouveau au rendez-vous, tant du point de vue esthétique que technique. Les chansons choisies témoignent toutes du génie expressif de Machaut, ce maître incontesté de la chanson française du 14ème siècle. La prononciation des paroles est extrêmement soignée, convaincante dans ses sonorités (nasalisation de certaines voyelles, prononciation des consonnes finales par exemple) et permet une excellente compréhension du texte chanté. Le livret contient les paroles des chansons (traduites en français moderne et en anglais) dont la lecture présente en soi un grand intérêt car elle témoigne de la richesse et de la force des images poétiques. Les chanteurs semblent « habités » par le texte et confèrent une grande expressivité aux lignes mélodiques si caractéristiques de Machaut. La seule réserve que nous formulerions concerne quelques chansons dans lesquelles l&#8217;emploi des instruments, au lieu d&rsquo;apporter une variété de couleur agréable à l&rsquo;oreille, vient gâcher quelque peu l&rsquo;expression musicale. Aussi, et pour ne citer qu&rsquo;un exemple, regrettons-nous l&rsquo;utilisation de diminutions à la flûte pour la plage 3 alors que les trois premières minutes de cette ballade sont très réussies (l&rsquo;ajout d&rsquo;une troisième voix, un triplum, non composée par Machaut, pour cette même chanson est par contre non seulement légitime musicologiquement mais s&rsquo;avère également être une réussite du point de vue esthétique). Plus généralement, l&rsquo;interprétation des pièces en faisant intervenir un nombre croissant de voix et d&rsquo;instruments pour permettre une sorte de crescendo qui renouvelle le discours musical lors des reprises est trop systématique. Nous préférons, le cas échéant, la première strophe des ballades, plus épurée, aux derniers vers souvent plus chargés musicalement. Néanmoins une telle construction peut également être convaincante comme en témoigne la très belle interprétation de « De Fortune me doi pleindre et loer » (plage 1). La variété des timbres et des instruments est par ailleurs très plaisante. La voix est parfois seule, parfois accompagnée d&rsquo;un instrument, parfois doublée par une autre voix ou un instrument et certaines chansons sont interprétées de bout en bout a cappella sans que la justesse en pâtisse. Bien souvent, le texte poétique est ajouté aux voix inférieures par monnayage rythmique. Cette pratique est tout à fait légitime mais nous regrettons que les interprètes n&rsquo;aient jamais retenu une option supplémentaire qui consisterait à vocaliser sur une voyelle choisie les parties inférieures tandis que seul le cantus prononcerait le texte poétique.</p>
<p>Ces quelques remarques, d&rsquo;ordre esthétique et sujettes à discussion, ne doivent pas cacher l&rsquo;essentiel : l&rsquo;ensemble Musica Nova nous offre une promenade sonore très réjouissante au pays des ballades. Grâce à cette interprétation, le génie de Guillaume de Machaut et la richesse de ses lignes mélodiques sont rendus plaisamment accessibles à tout un chacun alors même que ce compositeur peut occasionnellement sembler froid et ardu dans d&rsquo;autres versions discographiques pour les non-médiévistes. Soulignons enfin la grande cohérence dans l&rsquo;usage de la <em>musica ficta</em>, la justesse irréprochable des chanteurs très rarement mise à défaut et la bonne complémentarité des timbres vocaux. Cet enregistrement est une réussite indubitable à mettre entre toutes les mains, même et peut-être surtout entre celles qui n&rsquo;ont jamais eu l&rsquo;occasion de s&rsquo;immiscer dans le monde de la musique du bas Moyen-Âge. </p>
<p><strong>Lars Nova<br /></strong></p>
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