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	<title>Antonín DVOŘÁK - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 25 Jun 2025 18:16:33 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Antonín DVOŘÁK - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Barcelone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dès 1924 que Rusalka a été donnée au Liceo, où elle a été depuis reprise deux fois, alors qu’il a fallu attendre 1982 pour voir la création française (à Marseille), et 2002 pour qu’elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris (avec dans le rôle-titre Renée Fleming, qui a beaucoup contribué à la reconnaissance &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dès 1924 que <em>Rusalka</em> a été donnée au Liceo, où elle a été depuis reprise deux fois, alors qu’il a fallu attendre 1982 pour voir la création française (à Marseille), et 2002 pour qu’elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris (avec dans le rôle-titre Renée Fleming, qui a beaucoup contribué à la reconnaissance internationale de l’œuvre). La coproduction présentée aujourd’hui a déjà été jouée à Madrid en 2020 au plus fort de la crise du Covid (un DVD en a été édité), puis à Dresde en 2022, et à València en 2024.</p>
<p>Le metteur en scène <strong>Christof Loy</strong> ne mérite certainement pas les huées qui ont ponctué son arrivée sur scène aux saluts. Bien sûr, ceux qui sont venus voir une mise en scène traditionnelle risquent d’avoir été déçus. Mais il faut convenir que le parti pris de transposition tient plutôt bien la route. Point de lac, de brumes, de roseaux ni de grenouilles&nbsp;: le décor de <strong>Johannes Leiacker</strong> nous transporte dans le hall d’un théâtre désaffecté, envahi par une sorte de coulée de lave. La sorcières Ježibaba est préposée aux billets&nbsp;: c’est elle qui décide de la place de chacun, c’est-à-dire du déroulement des vies. Les ondines habituelles sont ici des danseuses en tutu, et Rusalka, l’une d’elles, a eu un accident qui l’oblige à marcher au début avec des béquilles. Faire des pointes et perdre la voix, rien n’aura donc été épargné à la malheureuse ! Mais la direction d’acteurs est excellente, très en profondeur, entre désirs inavoués et ombres psychanalytiques. Des scènes comiques peuvent également avoir dérouté les spectateurs, dont au début du deuxième acte le duo entre le garde forestier et le marmiton se disputant une grande échelle façon Laurel et Hardy (<strong>Manel Esteve</strong> et <strong>Laura Orueta</strong>, très drôles et bien chantants). Des chorégraphies vives, nerveuses et sexy de<strong> Klevis Elmazaj</strong>, fort bien dansées, soutiennent l’attention, notamment au deuxième acte.</p>
<p><strong>Asmik Grigorian</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-il-trittico-paris-bastille/">qui vient de triompher à l’Opéra de Paris dans <em>Le Tryptique</em> de Pucccini</a>, reprend aujourd’hui le rôle-titre qu’elle jouait à Madrid en 2020. Elle est devenue une Rusalka de référence, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/comme-un-poisson-dans-leau/">qu’elle défend à travers le monde depuis plus de dix ans</a>. Rien que cette saison, elle le joue dans trois productions différentes, outre le Liceo, au San Carlo de Naples et au Bayerische Staatsoper de Munich. En dehors de ses qualités d’interprétation vocale et scénique, elle joue un personnage blanc et diaphane tout à fait conforme au livret, en particulier au moment le plus célèbre de la partition, «&nbsp;Le Chant à la Lune&nbsp;». Paradoxe d’un morceau que se sont approprié nombre de divas comme air de concert, qu’elles interprètent souvent d’une manière quelque peu grandiloquente tout comme elles le font sur scène le cas échéant, ce qui dénature l’esprit de l’air. Ici au contraire, tout est de simplicité et de retenue, et l’on gagne en sentiment et en pureté. Le résultat est très convaincant, sorte de signature de l’interprétation du rôle entier par Asmik Grigorian, dont la voix ample sait aussi se colorer d’infinies nuances, de notes élégiaques, de diminuendos et de notes filées sans fin.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/7-250617-026©ABofill-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-193203"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Asmik Grigorian, Piotr Beczała et Karita Mattila © Photo Liceu / Antoni Bofill</sup></figcaption></figure>


<p>Le domaine incertain évoqué dans cette production, évoluant entre le monde du réel et celui du rêve sans pour autant jamais refléter une réalité concrète, paraît lui convenir tout à fait. Elle donne au rôle une présence scénique et une intensité dramatique toute particulière. Bien que n’ayant pas pratiqué la danse, elle a travaillé jusqu’à arriver à se fondre dans le personnage voulu par le metteur en scène, ce qui a exigé de sa part un important investissement physique et émotionnel. Au total, sa Rusalka, simple jeune femme d’aujourd’hui et non diva défendant un rôle, qui refuse le carcan familial et choisit la liberté quitte à ne jamais trouver le bonheur, est très touchante, notamment dans sa vaine tentative de gagner le combat perdu d’avance contre la Princesse étrangère. Surtout que celle-ci est interprétée par <strong>Karita Mattila</strong>, un rôle qu’elle a fait sien également depuis de nombreuses années, et qu’elle défend aujourd’hui encore d’une voix radieuse et triomphante, mais aussi d’un jeu grandiose d’une totale perfidie. Vamp vénéneuse préfigurant celles qui vont se multiplier au cinéma au début du XXe siècle, elle domine de sa présence tous les personnages en scène.</p>
<p>Autre protagoniste de poids, <strong>Piotr Beczała</strong> chante le Prince, un rôle qu’il joue depuis bientôt vingt ans (notamment avec <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dans-le-courant-dune-onde-pure/">Camilla Nylund</a> et <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rusalka-comme-un-livre-dimages/">Renée Fleming</a>). C’est la première fois qu’il a pour partenaire Asmik Grigorian dans <em>Rusalka</em>, et le couple fonctionne à merveille. Les deux voix sont très complémentaires, les inflexions musicales du ténor entre forte et douceur répondant parfaitement à celles de la soprano. Et finalement, alors que ce rôle de prince est à la fois antipathique et un peu fade comme tous les princes de contes de fées, il arrive à en extraire une partie plus sentimentale, jusqu’à la scène finale qui voit la mort des deux protagonistes.</p>
<p>Le père tyrannique Vodník est ici chanté d’une somptueuse voix de baryton-basse, par <strong>Aleksandros Stavrakakis</strong>, qui lui confère un côté souvent plus apaisant, moins outré qu’à l’habitude. La sorcière d’<strong>Okka von der Damerau</strong> leur donne la réplique, d’une belle voix de mezzo mais aussi avec beaucoup d’humour et des jeux scéniques bien en place. Les trois sœurs-nymphes de Rusalka, façon Filles du Rhin (<strong>Julietta Aleksanyan, Laura Fleur </strong>et <strong>Alyona Abramova</strong>), ont des voix qui sont à la fois bien accordées et assez différenciées. Les autres figures, traitées d’une manière souvent comique, préfigurent les Italiens d’<em>Ariane à Naxos</em>. Le chef <strong>Josep Pons</strong> tire le meilleur parti possible du bel orchestre du Liceo, dont on apprécie tout particulièrement le velouté des cordes et la clarté sans stridence des cuivres.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-barcelone/">&lt;strong&gt;DVORAK, Rusalka &#8211; Barcelone&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>La Magie Opéra : quand l&#8217;Opéra de Paris réinvente Garnier en réalité virtuelle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/la-magie-opera-lopera-de-paris-reinvente-garnier-en-realite-virtuelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Brane]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2025 21:50:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On croyait avoir tout vu au Palais Garnier. Et pourtant, pour célébrer comme il se doit ses 150 ans, l’Opéra national de Paris propose jusqu’à fin août une expérience aussi inédite qu’ambitieuse : La Magie Opéra, une immersion en réalité virtuelle dans les coulisses de l’imaginaire lyrique, au cœur même de l’Opéra Garnier. Munis d’un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On croyait avoir tout vu au Palais Garnier. Et pourtant, pour célébrer comme il se doit ses 150 ans, l’Opéra national de Paris propose jusqu’à fin août une expérience aussi inédite qu’ambitieuse : <em>La Magie Opéra</em>, une immersion en réalité virtuelle dans les coulisses de l’imaginaire lyrique, au cœur même de l’Opéra Garnier.</p>
<p>Munis d’un casque VR, les visiteurs suivent Céleste, une jeune chanteuse en quête de sa voix, dans une odyssée sensorielle mêlant passé, présent et futur, mémoire des lieux et puissance évocatrice de la musique. Cette rêverie technologique, conçue par le studio BackLight en coproduction avec l’Opéra de Paris et VIVE Arts, ne se contente pas de faire découvrir les dorures de Garnier : elle les habite, les transforme et les fait vibrer au son de grands classiques du répertoire.</p>
<p>Tout au long du parcours, trois airs emblématiques sont revisités : le <em>Chant à la lune</em> de <em>Rusalka</em> (interprété par Renée Fleming), <em>Vissi d’arte</em> de <em>Tosca</em> (Martina Serafin, captée lors de la production maison de 2014), et bien sûr la <em>Habanera</em> de <em>Carmen</em> (Elīna Garanča, captée en 2017).</p>
<p>En 25 minutes d’immersion, les frontières entre scène et salle s’effacent. Ce n’est plus nous qui venons à l’opéra, c’est l’opéra qui vient à nous. Aussi fascinante que déroutante, cette expérience séduira les plus curieux, à condition de jouer le jeu et de se laisser guider dans la rotonde de la Bibliothèque-musée de l’Opéra de Paris. Ne vous fiez pas à l’apparence sobre des lieux à votre arrivée : car derrière ce cadre minimaliste se cache un voyage riche en surprises, en couleurs et en perspectives.</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-188951" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0496-1024x764.jpg" alt="" width="1024" height="764"></p>
<p>À la fois immersif et participatif, le dispositif propose au visiteur d’endosser le rôle d’un choriste de l’Opéra de Paris, témoin privilégié du parcours intérieur d’une jeune chanteuse lyrique en plein doute existentiel (mi-Gaëlle Arquez, mi-Adèle Charvet). Un scénario un peu attendu, avec un dénouement prévisible, mais qui séduit grâce à la place centrale accordée à ce personnage de fiction. N&rsquo;osant monter sur scène pour interpréter <em>Carmen</em>, elle devra puiser en elle le courage de franchir le pas après une introspection intime dont nous sommes les témoins directs.</p>
<p>C’est une plongée au cœur de sa mémoire et de son psychisme que proposent les scénaristes Karen Hunt et Eric Barbedor et qui invite à de nombreuses réflexions une fois le casque de réalité virtuelle retiré. À quoi ressemble la vie d’une jeune chanteuse d’opéra aujourd’hui ? Quelle place lui accorde le monde professionnel ? Et le public ? Comment se construit-elle en incarnant sans cesse des héroïnes sacrifiées, trahies, bafouées ou contraintes de tuer pour survivre ? Comment pouvoir trouver la force intérieur et s&rsquo;émanciper en montant sur scène ? Autant de questions qui n&rsquo;ont jamais autant collées à l&rsquo;actualité et qui arrivent à point nommées.</p>
<p>À travers le voyage de Céleste, c’est autant l’âme humaine que les entrailles du Palais Garnier qui sont mises à nu. Ce labyrinthe opératique, sans véritable issue, nous entraîne dans une exploration intérieure aussi dense que troublante. Certains aspects techniques laissent encore à désirer — les personnages virtuels restent parfois trop figés, proches de marionnettes (limites technologiques obligent). Mais cette expérience unique dans l’univers de l’opéra réussit l’essentiel : nous faire ressentir de véritables sensations — apesanteur, vertige, frisson — jusqu’à un final lumineux, sous les projecteurs, où l’on se surprend à applaudir… pour de vrai.</p>
<p>Accessible dès 12 ans, disponible en français et en anglais, <em>La Magie Opéra</em> est à découvrir à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, du 7 mai au 31 août 2025. Une manière audacieuse et poétique de célébrer 150 ans de passions lyriques, et peut-être de conquérir un nouveau public sans compromettre l’exigence artistique.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Découvrez LA MAGIE OPÉRA, une expérience VR immersive inédite au Palais Garnier" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/vS5YVl_ciKI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>DVORÁK, Stabat Mater</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dvorak-stabat-mater/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout commence plutôt bien. L&#8217;orchestre (la Philharmonie de Dresde) a de belles couleurs, qu&#8217;il sait varier avec souplesse, et Marek Janoswki maîtrise avec beaucoup de naturel ce mouvement de flus et de reflux qui caractérise la musique. Le choeur de la Radio de Leipzig sait lui aussi doser ses interventions, et son effectif pléthorique (80 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout commence plutôt bien. L&rsquo;orchestre (la <strong>Philharmonie de Dresde</strong>) a de belles couleurs, qu&rsquo;il sait varier avec souplesse, et <strong>Marek Janoswki</strong> maîtrise avec beaucoup de naturel ce mouvement de flus et de reflux qui caractérise la musique. Le <strong>choeur de la Radio de Leipzig</strong> sait lui aussi doser ses interventions, et son effectif pléthorique (80 chanteurs) ne l&#8217;empêche pas de délivrer les <em>pianissimi</em> les plus éthérés lorsqu&rsquo;il faut faire allusion à la douleur de la mère du Christ. On se laisse donc emporter, voire enivrer par l&rsquo;émotion que Dvořák a mise dans cette pièce, qui est sans doute son chef-d&rsquo;oeuvre en musique sacrée. Mais voilà qu&rsquo;arrive la minute 8, l&rsquo;entrée des solistes, et là &#8230; patatras ! <strong>Christian Elsner</strong> chante comme s&rsquo;il avait une pomme de terre chaude coincée au fond du palais. On attend quelques secondes. Peut-être est-ce l&rsquo;effet d&rsquo;une respiration mal placée ? Mais non, la suite le confirme : l&rsquo;émission du ténor est complètement engorgée, il est mal à l&rsquo;aise et n&rsquo;arrive pas à atteindre ses aigus.</p>
<p>Les choses s&rsquo;arrangent un tout petit peu dans le « Qui est homo », même s&rsquo;il est toujours évident que le chanteur est indisposé. Malheureusement, la rechute est indéniable dans le « Fac me vere tecum », où il est impossible de dissimuler quoi que ce soit, et où le naufrage le dispute à la vaillance. Certes, on admire la problité de l&rsquo;artiste qui ne veut pas déclarer forfait, qui tente d&rsquo;assurer jusqu&rsquo;au bout et de sauver la soirée. Mais la nature est la plus forte, et ce que l&rsquo;on entend ressort davantage du râle que du chant. Pire. Comme un dormeur insomniaque qui guette le son de la prochaine goutte d&rsquo;eau, nous sommes comme aspirés par la catastrophe, et l&rsquo;on se surprend à anticiper les interventions suivantes avec une curiosité malsaine. Comme pour aller jusqu&rsquo;au bout du supplice. Qu&rsquo;importent dès lors les innombrables atouts du disque : la baguette lyrique de Marek Janowski, un orchestre qui brille de mille feux, l&rsquo;autorité naturelle de <strong>Tareq Nazmi</strong> ou les aigus cristallins <strong>d&rsquo;Hanna-Elisabeth Müller</strong> ? Nous n&rsquo;entendons plus que le martyr d&rsquo;un ténor qui est pourtant capable de bien d&rsquo;autres choses, comme <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/walter-braunfels-grosse-messe-op-37-il-y-a-place-pour-deux/">dans une certaine Messe de Walter Braunfels</a> publiée en 2017, par exemple. Que la conscience d&rsquo;un artiste l&rsquo;ait obligé à tenir le coup pour un soir, on le comprend aisément, voire on l&rsquo;approuve. Mais qu&rsquo;un label décide de faire paraître un tel témoignage enregistré dépasse l&rsquo;entendement. A oublier au plus vite.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment représenter Rusalka ? Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil ont choisi de transposer ce conte, où un être immortel renonce à sa nature pour connaître les émotions des passions humaines, à notre époque et dans un cadre réaliste. Dans son compte rendu du spectacle donné à Avignon – en coproduction avec Toulon et Nice – Yvan &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment représenter <em>Rusalka </em>? <strong>Jean-Philippe Clarac</strong> et <strong>Olivier Deloeuil</strong> ont choisi de transposer ce conte, où un être immortel renonce à sa nature pour connaître les émotions des passions humaines, à notre époque et dans un cadre réaliste. Dans son compte rendu du spectacle donné à Avignon – en coproduction avec Toulon et Nice – Yvan Beuvard a clairement dit que ce parti pris était une erreur, et nous ne pouvons que souscrire à ses réflexions. Le choix du duo de concepteurs altère et le sens et le charme de l’œuvre, dont ils trahissent la fin, et n’est tenu qu’au prix d’incohérences.</p>
<p>Ainsi la première apparition de Rusalka la montre à l’écart de ses compagnes, dans une baignoire en plastique, dont elle va sortir sur ses deux jambes. Dès lors la métamorphose de la sirène en jeune femme qu’est censée opérer Jezibaba et au cours de laquelle la sorcière, ici « technicienne de surface » à la piscine, lui remet les chaussures à hauts talons qui concrétisent la mutation – et le livret mentionne l’apparition des pieds – devient particulièrement obscure, d’autant qu’entre son apparition et sa consultation chez Jezibaba Rusalka a récupéré une queue de sirène. Par suite des libertés sont prises avec le texte, pour que les surtitres coïncident avec ce que voit le spectateur – « ce bassin » remplace « ce lac » – par ailleurs soumis au bombardement d’images qui font le va et vient entre la nature, illustrée par des vues de paysages lacustres, et le cadre de vie des humains, cette piscine où un chasseur fait son apparition sur les gradins à la recherche d’une biche. Était-il déjà inséré dans les représentations, ce texte court qui surfe sur la vague du « #me too » et oriente le spectateur vers le souvenir des plaintes déposées contre des entraîneurs ? Et associer la brutalité du prince à des photographies de sportives semblant souffrir de leur entraînement, est-ce de bonne guerre, et est-ce pertinent ? L’intention était probablement de ratisser large, mais cette débauche visuelle distrait considérablement et nous a semblé souvent importune, car s’imposant au détriment de l’écoute. Le réalisme pertinent consisterait à voir dans Rusalka le symbole des filles de la campagne qui s&rsquo;illusionnent sur la vie différente des riches citadins et découvrent qu&rsquo;elles n&rsquo; ont pas leur place dans un système qui les renvoie à leur origine, telles les paysannes tchèques tentées de suivre des aristocrates austro-hongrois et promptement abandonnées. Quant à la scène finale, le baiser mortel est remplacé par une blessure au harpon qui pourrait être accidentelle !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1740668-%C2%A9-photo-Christian-DRESSE-2025-scaled-e1739546331879.jpg" />© Christian Dresse</pre>
<p>Alors sans nous appesantir davantage sur les incongruités de l&rsquo;option proposée, revenons à l’essentiel, à ce qui a motivé l’enthousiasme final, en l’absence des concepteurs du spectacle. L’essentiel, c’est une réalisation musicale et vocale qui a manifestement comblé le public. L’orchestre, dès les premières mesures de l’ouverture, captive par les couleurs et les rythmes. Il est conduit de main de maître par son directeur musical honoraire, <strong>Lawrence Foster</strong>, qui voue à <em>Rusalka </em>un amour profond et qui connaît l‘œuvre comme sa poche. Il fait surgir les allusions, ou plutôt les affinités, avec Wagner évidemment, mais d’abord avec Weber, et jusqu’au parfum de Bellini et de Verdi, faisant sauter l’étiquette de « musique régionale », et pourquoi pas folklorique. Sa direction impose ses tempi comme une évidence : la fluidité du discours devient celle de l’élément duquel participe Rusalka et auquel elle reste liée même après l’avoir quitté, et ses soubresauts disent la violence du trouble intérieur. Toujours les mélodies coulent de source et les enchaînements sont constellés de diaprures, sans que jamais la fosse l’emporte sur le plateau, dans une sorte d’équilibre organique, comme si tous respiraient de la même façon. La magie absente sur scène, elle est là, dans la musique et dans le chant, auquel les éléments du chœur participent brillamment.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1730495-%C2%A9-photo-Christian-DRESSE-2025-scaled-e1739546068175.jpg" />© Christian Dresse</pre>
<p>Englobons dans un même hommage <strong>Mathilde Lemaire, Marie Kalinine et Hagar Sharvit, </strong>trio de nymphes qui chantent à ravir les mélodies populaires transfigurées par le compositeur. <strong>Coline Dutilleul</strong> n’est pas en reste, dans le rôle travesti du garçon de cuisine ; elle n’est pas responsable du traitement de la scène, qui devrait être comique et tombe à plat. Dans les rôles du chasseur et du garde-forestier, <strong>Philippe-Nicolas Martin </strong>s’impose sans forcer ni la voix ni le trait. En le réduisant à cette fiction d’entraîneur de l’équipe féminine de natation synchronisée, la mise en scène prive le personnage de l’Ondin, le souverain du monde aquatique, de sa noblesse et de sa bienveillance, mais <strong>Mischa Schelomianski </strong>parvient à lui en conserver un tant soi peu grâce à un chant justement policé. L’enjeu n’est pas simple pour <strong>Sébastien Guèze</strong>, qui doit camper un prince brutal physiquement alors que pour le personnage initial sa quête n’est pas la possession physique en elle-même, mais l’abandon qui ouvre l’accès à l’âme. Il se tire avec les honneurs de ce rôle incommode, seul un aigu tiré trahissant l’effort dans la scène finale, mais la composition est aussi nuancée que possible.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1740089-%C2%A9-photo-Christian-DRESSE-2025-scaled-e1739546215879.jpg" />© Christian Dresse</pre>
<p>Le brelan de dames qui suit est tout aussi extraordinaire de brio et d’efficacité. Efficace Jezibaba, bizarrement affublée d’une gouttière sur une jambe qui se révèlera postiche aux saluts, <strong>Marion Lebègue </strong>joue le jeu de la femme de ménage peut-être faiseuse d’anges ; elle tient plus de l’entremetteuse que de la sorcière, et le personnage prend une teinte malfaisante dont Jezibaba est dépourvue dans l’œuvre originale. Sans doute ne ménage-t-elle pas Rusalka à son retour près du lac, mais ses remarques ne sont qu’un constat sans agressivité : ne te l’avais-je pas dit ? Mais l’interprète se conforme aux directives et on entend dans sa voix de la méchanceté. Sa projection est excellente, tout comme celle de <strong>Camille Schnoor</strong>, voluptueuse et insolente aristocrate qui allie l’arrogance aux bonnes manières et dont l’amour-propre est le sentiment dominant. Tant physiquement que vocalement elle s’impose comme le personnage, mélange de séduction et de cruauté, tant dans les apartés que dans les échanges, où la fermeté de l’émission exprime le caractère entier et la résolution.</p>
<p>Dans le rôle-titre, <strong>Cristina Pasaroiu </strong>déchaînera les ovations au terme d’une représentation où elle aura séduit, ému, ravi, conquis les spectateurs. Sa grâce physique lui confère la fragilité qu’on est enclin à prêter à Rusalka, et sa santé vocale lui permet de conduire à bon port le destin tragique de son personnage en respectant toutes les nuances et variations du son qui correspondent aux vibrations de ses émotions. Paradoxalement, il faut louer cette interprétation hypersensible d’un personnage auquel il est reproché de n’exprimer pas sa sensibilité ! La voix est manifestement très bien contrôlée, la puissance en est dosée impeccablement, l’étendue est idoine et aucune tension n’est perceptible, cette homogénéité et cette émission, où s’allient intensité et subtilité, sans aucune surcharge de pathos, atteint ses cibles en plein cœur. La dernière est ce dimanche !</p>
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		<title>10e Leyla Gencer Vocal Competition — Istanbul</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/10e-leyla-gencer-vocal-competition-istanbul/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 05:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le soleil se couche sur le Bosphore, révélant à contre-jour la silhouette de Sainte-Sophie et parant de reflets dorés les fenêtres des bâtiments situés sur la rive asiatique d’Istanbul. C’est là qu’il y a seize ans ont été dispersées les cendres de Leyla Gencer, dans les eaux du Bosphore près desquelles elle est née. Celle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le soleil se couche sur le Bosphore, révélant à contre-jour la silhouette de Sainte-Sophie et parant de reflets dorés les fenêtres des bâtiments situés sur la rive asiatique d’Istanbul. C’est là qu’il y a seize ans ont été dispersées les cendres de Leyla Gencer, dans les eaux du Bosphore près desquelles elle est née. Celle qui fut l’une des plus grandes interprètes du XXe siècle, surnommée la « fiancée des pirates » car hélas fort peu appelée à enregistrer dans les studios d’enregistrement, consacra la deuxième moitié de sa vie à l’enseignement et à la transmission de son art, qui alliait une technique belcantiste hors pair à un instinct dramatique incandescent.</p>
<p>Après avoir dirigé l’Accademia Teatro alla Scala, une école de jeunes chanteurs à Milan, elle appela de ses vœux la création d’un concours de chant lyrique en Turquie. La première édition de la « Leyla Gencer Voice Competition » eut lieu en 1995. La compétition révéla de nombreux chanteurs, comme Marcelo Álvarez, Pretty Yende, Nino Machaidze ou bien encore Anita Rachvelishvili (troisième prix en 2008 !). Elle est aujourd’hui chapeautée par la Fondation d’Istanbul pour la Culture et les Arts, le Borusan Sanat et l’Accademia Teatro alla Scala. Pour la dixième édition de la compétition, le président du jury est Stéphane Lissner, surintendant du Teatro San Carlo de Naples, entouré de deux chanteurs et de personnalités représentant diverses maisons d’opéra (le Deutsche Oper, la Scala, le Royal Opera House et l’Opéra de Tbilissi).</p>
<p>Après avoir épluché la centaine de candidatures reçues cette année, le jury a appelé 42 jeunes chanteurs et chanteuses à se rendre aux quarts de finale pour être entendus <em>dal vivo</em>. Venait ensuite l’étape de la demi-finale, au terme de laquelle 8 chanteurs ont été choisis – cinq sopranos, une mezzo, un baryton et une basse – pour présenter un air devant le jury et un public venu nombreux ce soir-là au Cemal Reşit Rey Concert Hall.</p>
<p>L&rsquo;ordre de passage suivant l&rsquo;ordre alphabétique, c&rsquo;est à la soprano mexicaine <strong>Fernanda Allande</strong> que revient la difficile tâche d’inaugurer la finale de la compétition, avec l’air de <em>Thaïs</em> «&nbsp;Dis-moi que je suis belle&nbsp;». Le matériau vocal est assez impressionnant, le timbre riche, la tessiture maîtrisée, mais elle masque difficilement une anxiété bien compréhensible : la tenue de la ligne s’en ressent et le jeu est affecté. Ses mérites ont tout de même été salués par le jury, qui lui décerne le prix spécial du «&nbsp;Royal Opera House Jette Parker Young Artists Programme&nbsp;».</p>
<p>Lui succède ensuite le belge <strong>Leander Carlier</strong>, le plus jeune chanteur de cette finale, avec l’air de <em>Die tote Stadt</em> « Mein Sehnen, mein Wähnen », choix original si on le compare aux autres airs chantés ce soir-là. Le timbre est celui d’un baryton, mais les graves sont assez peu étoffés, tandis que les aigus sonnent clairs et solides. Son interprétation témoigne par ailleurs d’une musicalité rare : le chanteur colore sa voix de pudiques demi-teintes et conduit son phrasé avec une élégance infinie. Ce moment délicat et suspendu ne semble pas avoir marqué le jury, qui ne lui accorde aucun prix, hélas. On peut se demander s’il ne pourrait pas s’épanouir plus amplement dans le domaine de la mélodie et du Lied, mais une telle finesse est précieuse aussi dans le répertoire opératique.</p>
<p>Seule autre interprète à repartir bredouille de la compétition, <strong>Anna Erokhina</strong> possède une voix de mezzo qui a tendance à s’acidifier dans les aigus, avec une émission pharyngée pas toujours plaisante. Son interprétation de « O mio Fernando », extrait de la version italienne de <em>La Favorite</em> de Donizetti, ne manque pas de caractère, mais le rendu est stylistiquement peu orthodoxe, ce qui a pu déplaire au jury. Les graves sont cependant émis d’une voix de poitrine bien projetée et péremptoire, ce qui laisse penser que des rôles avec un centre de gravité bas pourrait mieux lui convenir.</p>
<p>La soprano géorgienne<strong> Anna Imedashvili </strong>présente, dans l’air extrait <em>d’Un ballo in maschera</em> « Ecco l’orrido campo », une voix plutôt voilée, avec une palette de couleurs assez limitée et peu de variations dynamiques. L’artiste est cependant très émouvante, d’une belle stature, ce qui lui permet de remporter malgré tout le prix spécial de l’Opéra de Tbilissi.</p>
<p>Accueillie par les membres d’un fan club venus nombreux, la soprano turque <strong>Nazlıcan Karakaş</strong> est ici chez elle et c’est avec un aisance non dissimulée qu’elle entame la valse de Juliette issue du <em>Roméo et Juliette</em> de Gounod. Le timbre est charmant, fruité, mais le chant manque de soutien, ce qui donne l’impression qu’elle chante souvent trop bas. Chaque effet vocal est annoncé au public avec une complicité évidente et l’interprétation est vivifiée par son air espiègle, ce qui donne une grande fraîcheur au personnage de Juliette. Sans surprise, elle reçoit le prix du public, mais aussi le deuxième prix du jury, ce qui nous étonne personnellement, mais la décision d’un jury, comme les avis d’un critique, reste amplement subjective.</p>
<p>Les trois derniers interprètes sont justement, pour nous, des révélations. <strong>Maria Knihnytska</strong>, d’abord, soprano ukrainienne de 29 ans qui a toutes les qualités possibles : un timbre séduisant, une présence scénique remarquable, un art du legato consommé et une technique qui lui permet de colorer élégamment son interprétation de « So anch&rsquo;io la virtù magica ». Cet air virtuose et difficile de Donizetti est exécuté, nonobstant les trilles absents, d’une manière proche de l’idéal, d’autant plus que l’interprète incarne son personnage des pieds à la tête. Elle n’obtient que le troisième prix du jury, mais elle est assurément une chanteuse à suivre de près !</p>
<p>Récompensé par plusieurs prix – le prix spécial du Deutsche Oper, le prix spécial de l’orchestre Borusan et surtout le premier prix du jury – <strong>HuanHong Li</strong> est une basse chinoise impressionnante. Il déploie dans l’air de la calomnie du <em>Barbier de Séville</em> une voix riche et ample, solide sur l’ensemble de la tessiture. Ses mimiques faciales sont un peu exagérées pour illustrer la fourberie de Basilio, mais cela fait partie des attendus qui comblent le public. Après avoir reçu le premier prix, il est invité à bisser son air, où il se révèle encore plus à l’aise, maîtrisant superbement son instrument, jusqu’à un aigu final interpolé qui finit de mettre la salle en délire.</p>
<p>Enfin, c’est à la soprano mexicaine <strong>Jennifer Mariel Velasco</strong> de s’avancer, habitée, avant même de chanter, d’une charge émotionnelle renversante. La voix n’est pas des plus belle, car le vibrato est vraiment très présent, mais elle sait conduire son instrument là où elle l’entend et sa version de l’Hymne à la lune de <em>Rusalka</em> est l’une des plus sensibles qu’on puisse imaginer. Avec elle, on a l’impression de comprendre le tchèque, tant elle est pénétrée de la situation du personnage et impose sa présence frémissante. Alors qu’elle devait repartir sans récompense, Stéphane Lissner crée pour elle un prix surprise, le prix spécial du Teatro San Carlo, pour l’inviter à venir chanter un récital à Naples. Grâce lui soit rendue, car de telles personnalités artistiques sont rares et méritent d’être connues.</p>
<p>Le <strong>Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra</strong> n’a rien à envier aux phalanges les plus réputées et peut faire valoir ses qualités dans deux morceaux orchestraux, l’Intermezzo de <em>Manon Lescaut</em> de Puccini et la Sinfonia de <em>La forza del destino</em> de Verdi. Les instrumentistes jouent avec un enthousiasme visible et plusieurs solistes impressionnent, notamment parmi les bois. <strong>Pietro Mianiti</strong>, un de leurs directeurs musicaux, dirige l&rsquo;ensemble de la soirée avec beaucoup de probité mais sa battue se fait parfois trop lente.</p>
<p>Cette soirée pleine de promesses se referme sur la remise des prix, accueillie par un public exalté et comportant de nombreux spectateurs jeunes, ce qui laisse beaucoup d&rsquo;espoir sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;opéra en Turquie et ailleurs, tant du côté des chanteurs que du public. C&rsquo;est à cela que nous invite les compétitions de « voix nouvelles » ou de « jeunes voix » : l&rsquo;espérance d&rsquo;une continuité artistique et d&rsquo;une communion renouvelée autour de cette forme d&rsquo;art plutôt tournée vers le passé mais qui peut aussi être une promesse d&rsquo;avenir.</p>
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		<title>Gala Plácido Domingo &#8211; Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-placido-domingo-salzbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 May 2024 05:38:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Plácido Domingo fait ses débuts au Festival de Salzbourg à 34 ans, le 11 août 1975, dans Don Carlo sous la direction d&#8217;Herbert von Karajan. La distribution donne le vertige : Nicolai Ghiaurov, Mirella Freni, Piero Cappuccilli, Christa Ludwig&#8230; et jusqu&#8217;à José van Dam en simple moine. Depuis, le chanteur aura participé à 73 représentations &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Plácido Domingo</strong> fait ses débuts au Festival de Salzbourg à 34 ans, le 11 août 1975, dans <em>Don Carlo</em> sous la direction d&rsquo;Herbert von Karajan. La distribution donne le vertige : Nicolai Ghiaurov, Mirella Freni, Piero Cappuccilli, Christa Ludwig&#8230; et jusqu&rsquo;à José van Dam en simple moine. Depuis, le chanteur aura participé à 73 représentations sur 23 saisons.  <em>Don Carlo</em> sera repris l&rsquo;année suivante. <em>Les Contes d&rsquo;Hoffmann</em> (avec James Levine, dans la célèbre production de Jean-Pierre Ponnelle) seront donnés trois saisons. <em>Un Ballo in maschera</em> sera finalement confié à Georg Solti suite au décès de Karajan (2 saisons).  Suivront, en version concert, l&rsquo;acte I de <em>Die Walküre</em>, <em>Parsifal</em>, <em>La Dame de Pique</em>, <em>Samson et Dalila</em>, <em>Tamerlano</em>, puis des rôles de baryton pour <em>Giovanna d&rsquo;Arco</em>, <em>Il Trovatore</em> (en version scénique), <em>Thaïs</em>, <em>I Due Foscari,</em> <em>Les Pêcheurs de Perles</em> et <em>Luisa Miller</em>.  <em>I Vespri </em><i>siciliani </i>seront annulées en raison du COVID. Au total, Domingo aura ainsi interprété 14 rôles lyriques au festival sur les quelques 150 revendiqués : c&rsquo;est moins qu&rsquo;au Metropolitan Opera (47 rôles), mais c&rsquo;est plus qu&rsquo;à l&rsquo;ONP (10 rôles). A cet impressionnant palmarès, il faudrait ajouter de nombreux concerts lyriques, le <em>Requiem</em> de Verdi ou encore la <em>Missa solemnis</em>. Domingo n&rsquo;avait plus chanté au festival depuis 2015, pour un gala donné pour le 40e anniversaire de ses débuts. Si l&rsquo;on compte bien, le présent concert ne célèbre donc pas exactement le 50e anniversaire mais plutôt 50 ans de présence (plus ou moins interrompue) de Domingo à Salzbourg. Le popularité du ténor auprès du public du festival est resté intacte : le gala affichait complet et, devant l&rsquo;entrée, plusieurs personnes cherchaient une place, ce qui n&rsquo;est plus si courant à Salzbourg. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/domingo-gala-marco-borrelli_009-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-163845"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Rolando Villazón © SF/Marco Borrelli</sup></figcaption></figure>


<p>La soirée est animée, en anglais par un Rolando Villazón intarissable et sympathique, très à l&rsquo;aise dans ce rôle de maître de cérémonie et peu avare de superlatifs envers son mentor. Chacun de ses collègues, et lui-même, font l&rsquo;objet d&rsquo;anecdotes démontrant l&rsquo;estime des artistes pour leur ainé. Villazón explique ainsi qu&rsquo;après sa victoire à Operalia, Domingo l&rsquo;avait invité, voyage et frais payés, à assister aux répétitions du <em>Cid</em> pour qu&rsquo;il en tire profit. De tous ces témoignages, il ressort une estime générale pour un artiste d&rsquo;une immense bienveillance, toujours à l&rsquo;écoute des plus jeunes et prêt à utiliser sa notoriété pour promouvoir de nouveaux talents. Au delà d&rsquo;exploits dignes du <em>Livre des Records</em>, dont 150 rôles, une longévité exceptionnelle, une reconversion vers les rôles de baryton, l&rsquo;administration simultanée de deux théâtres, la création d&rsquo;un concours, etc. ce sont ces qualités humaines qui nous permettent de nous exclamer, comme Barnaba dans <em>La</em> <em>Gioconda</em> : « O monumento! ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/domingo-gala-marco-borrelli_003-scaled-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-163839"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© SF/Marco Borrelli</sup></figcaption></figure>


<p>Pour ce gala, Plácido Domingo était accompagné de lauréats de son concours <em>Operalia</em>, dont il faut reconnaitre qu&rsquo;il aura permis de révéler un nombre impressionnant d&rsquo;artistes lyriques. Le gala commence avec une ouverture de <em>Nabucco</em> particulièrement excitante : à la tête d&rsquo;un Müncherner Rundfunkorchester « qui claque », <strong>Marco</strong> <strong>Armiliato</strong> démontre l&rsquo;importance d&rsquo;un bon orchestre et d&rsquo;un bon chef dans ce répertoire. Natif de Samarcande en Ouzbékistan, <strong>Bekhzod Davronov</strong> (Operalia 2021) ouvre la soirée avec la scène finale de <em>Lucia di Lammermoor</em>. Le timbre est chaud et l&rsquo;émission laisse entrevoir un lirico-spinto en devenir, mais le chanteur est encore bien trop jeune pour un aussi gros morceau et le si naturel final est à la limite de l&rsquo;accident. <strong>Plácido Domingo</strong> fait alors son entrée, d&rsquo;un pas vif, et sous un tonnerre d&rsquo;applaudissements, pour chanter la scène finale de Macbeth. Le récitatif est prudent, avec un vibrato serré marqué, puis la voix prend de l&rsquo;assurance pour un air de belle tenue. <strong>Sonya Yoncheva</strong> (Operalia 2010) interprète alors le magnifique Chant à la Lune extrait de <em>Rusalka</em> d&rsquo;une parfaite poésie : le soprano bulgare est ce soir dans une forme éblouissante et l&rsquo;air lui convient à merveille. <strong>Aida Garifullina</strong> (Operalia 2013) et Plácido Domingo lui succèdent pour le duo de <em>La Traviata</em>. La voix du soprano russe a pris du corps avec les années (elle est d&rsquo;ailleurs passé avec succès de la Musetta de <em>Bohème</em> à Mimi). Sa Violetta est de toute beauté, très belcantiste, avec des piani évanescents. La voix, d&rsquo;une grande pureté, lui permet de camper une sorte d&rsquo;ange mené au sacrifice : c&rsquo;est une composition remarquable. Face à elle, Domingo a retrouvé ses moyens (on est a des années-lumière du <em>Nabucco</em> de Gaveau en début d&rsquo;année) et leur duo sera un des sommets de la soirée. <strong>René Barbera</strong> (Operalia 2011) chante avec aplomb l&rsquo;air et un couplet de la cabalette d&rsquo;Arnold de <em>Guillaume</em> <em>Tell</em>. La prononciation est impeccable, même si elle n&rsquo;est pas celle d&rsquo;un francophone authentique. Les six contre-ut sont vaillamment assumés (on serait tenté de dire, les doigts dans le nez, vue une certaine nasalité d&rsquo;émission) et avec une belle puissance. Le ténor américain démontre ainsi que les théâtres ont tort de le limiter à des emplois plus légers (Almaviva, Ernesto&#8230;) même s&rsquo;il y est excellent. <strong>Erwin</strong> <strong>Schrott</strong> (Operalia 1998) interprète (et nous insistons sur le choix du terme) un splendide air de Philippe II. Connu pour sa voix de stentor et des effets parfois histrioniques, la basse uruguayenne offre ici un « Elle ne m&rsquo;aime pas » finement ciselé, avec un vrai sens donné aux mots. <strong>Rolando Villazón</strong> (Operalia 1999) abandonne un instant le micro (et ses lunettes !) pour chanter <em>Le Cid</em>. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-une-folle-journee-pasticcio-salzbourg/">Après sa prestation dans <em>Une Folle journée</em></a>, son interprétation de « Ô Souverain, ô juge, ô père » surprend par son intégrité. Certes, l&rsquo;air est abaissé d&rsquo;un demi ton, mais il n&rsquo;est pas le premier à le faire. La technique sent toujours autant l&rsquo;effort avec des sons très ouverts,, mais on tire son chapeau devant cette exécution pleine d&rsquo;émotion. Le public autrichien lui fera une ovation délirante. La première partie s&rsquo;achève par le duo d&rsquo;<em>Il Trovatore</em>, « Mira, di acerbe lagrime » avec une <strong>Elena Stikhina</strong> (Operalia 2016) enthousiasmante et un Plácido Domingo un peu perdu dans les parties rapides. Après une ouverture de <em>Norma</em> toujours parfaitement exécutée mais un peu trop martiale, Aida Garifullina chante le « Casta diva » de <em>Norma. </em>Comme pour sa Violetta, on est tenté de dire que le rôle intégral n&rsquo;est pas pour elle : mais que c&rsquo;est beau ! Plácido Domingo est rejoint par <strong>Dmitry</strong> <strong>Korchak</strong> (Operalia 2004) pour le duo « Au fond du temple saint » des <em>Les Pêcheurs de perles.</em> Le ténor russe a gagné en puissance et a tendance à couvrir un peu son partenaire. Son chant en force ne dégage pas beaucoup de poésie. Rolando Villazón renouvelle son exploit avec l&rsquo;air « Amor, vida de mi vida » extrait de la zarzuela <em>Maravilla</em> de Federico Moreno Torroba, répertoire où il est encore plus à l&rsquo;aise. Elena Stikhina offre un « Io son l&rsquo;umile ancella » d&rsquo;<em>Adriana Lecouvreur</em> avec de magnifiques couleurs pleines de mélancolies. Chantant pourtant son répertoire nationale, Dmitry Korchak affiche les mêmes qualités et les mêmes défauts pour son « Kuda, kuda » d&rsquo;<em>Eugène</em> <em>Onéguine</em>. Enfin, Plácido Domingo et Sonya Yoncheva achèvent le programme avec un « Torero quiero sé » endiablé, extrait d&rsquo;<em>El Gato montes</em>. Sonya Yoncheva y fait preuve d&rsquo;une étonnante affinité avec ce répertoire. Tout au long de la soirée, et malgré la diversité du répertoire, <strong>Marco Armiliato</strong> et le <strong>Müncherner Rundfunkorchester</strong> sont absolument remarquables. Le chef italien sait ici conjuguer l&rsquo;attention aux chanteurs, la maîtrise des styles, tout en laissant s&rsquo;exprimer pleinement l&rsquo;orchestre. Après les standings ovations de rigueur, Plácido Domingo jette ces dernières ressources dans un extrait vibrant de la zarzuela <em>Los Gavilanes</em>, avant d&rsquo;être rejoint par ses collègues pour un ensemble sur le duo de <em>Die</em> <em>Lustige Witwe</em>. Organisatrice de l&rsquo;événement, <strong>Cecilia</strong> <strong>Bartoli</strong> se joindra à la petite troupe pour un dernier bis sur l&rsquo;air du prince Sou-Chong extrait de <em>Das</em> <em>Land des Lächelns</em>.</p>

<p>Plácido Domingo remerciera la salle avec un court discours : avec humour, il déclarera que ces cinquante années n&rsquo;avaient pas été si difficiles, et que ce sera sans doute plus dur de d&rsquo;aller jusqu&rsquo;à soixante. « On va d&rsquo;abord essayer cinquante-et-un ! » conclue-t-il. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-dadieux-dantonio-pappano-londres-roh/">Après le succès de l&rsquo;hommage à Antonio Pappano</a>, le triomphe de ce gala pose lui aussi la question de l&rsquo;écart entre les attentes d&rsquo;une partie du public et les choix des décideurs lyriques : l&rsquo;opéra est-il ou n&rsquo;est-il pas d&rsquo;abord une affaire de musiciens ? Une chose est sure, c&rsquo;est qu&rsquo;aussi talentueux soient-ils, à l&rsquo;exception notable de Franco Zeffirelli aux Arènes de Vérone, on n&rsquo;a jamais vu un gala dédié aux metteurs en scène. </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-placido-domingo-salzbourg/">Gala Plácido Domingo &#8211; Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce début d&#8217;année, Rusalka fait son entrée au répertoire à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège dans une version très réussie visuellement qui doit beaucoup au travail d&#8217;équipe de Cordelia Chisholm aux décors, Simon Corder aux lumières et Dick Straker à la vidéo. Tous trois composent un univers onirique propre au conte de fée qui évoque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce début d&rsquo;année, <em>Rusalka</em> fait son entrée au répertoire à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège dans une version très réussie visuellement qui doit beaucoup au travail d&rsquo;équipe de <strong>Cordelia Chisholm</strong> aux décors, <strong>Simon Corder</strong> aux lumières et<strong> Dick Straker</strong> à la vidéo. Tous trois composent un univers onirique propre au conte de fée qui évoque avec délicatesse tant les iridescences sous-marines de l&rsquo;ondine que la munificence du palais du prince. Un immense anneau suspendu en l&rsquo;air à différentes hauteurs symbolise la frontière entre les univers sous-marins et terrestres. Il se fait également alliance brisée pour Rusalka lorsqu&rsquo;elle se trouve rejetée par son amant au dernier acte du drame.</p>
<p>Cette harmonie de gris et d&rsquo;argent est d&rsquo;une grande élégance et les projections, jamais invasives, toujours raffinées, ajoutent à la poésie de l&rsquo;ensemble. Dans ce cadre idéal, la soirée manque toutefois d&rsquo;unité, oscillant entre des moments touchants et des aspects triviaux qui gâchent inutilement l&rsquo;effet général. Le début du second acte, par exemple, se déroule dans les cuisines du château où Rusalka assiste, impuissante au massacre de toute une pêche destinée au banquet de ses noces : le trait est un peu épais. L&rsquo;image de la nymphe des eaux, incarnation de la mélancolie en rocking-chair s&rsquo;avère tout aussi bizarrement incongrue. Les chorégraphies de <strong>Gianni Santucci</strong> tout en danse des sept voiles gagneraient à être plus canalisées, moins brouillonnes&#8230;. En revanche, le bel escalier qui manifeste le lien entre les monde est superbement évocateur.</p>
<p>A vrai dire, la direction d&rsquo;acteur de<strong> Rodula Gaitanou</strong> pêche par manque de précision, tendance au surjeu, et la plupart des personnages, à un moment ou un autre, semblent se déplacer ou agir de manière extérieure, mécanique, comme si leurs motivations n&rsquo;étaient pas claires pour eux. Un retravail plus affûté permettrait aisément de gommer ce défaut qui exclut le spectateur de l&rsquo;histoire et nuit à son plaisir.<br>Le plateau scénique, fort équilibré, fait la part belle à des voix toutes puissamment projetées, bien timbrées qui régalent l&rsquo;oreille.<br><strong>Corine Winters</strong> met un peu de temps à entrer pleinement dans le rôle de Rusalka, gênée manifestement par certains déplacements et accessoires. Son beau soprano à la brillance et aux poitrinés éminement séduisants s&rsquo;épanouit toutefois au fil de la soirée avec de superbes moments. Les duos avec <strong>Anton Rositskiy</strong> sont particulièrement réussis tant les deux timbres s&rsquo;harmonisent. Ce dernier bénéficie d&rsquo;un ténor clair et franc, joliment projeté ainsi que d&rsquo;un joli travail de couleurs. Il est fort touchant dès l&rsquo;air de la fin du premier acte.<br>Les interventions du père de Rusalka, <strong>Evgeny Stavinsky</strong>, sont toutes aussi convaincantes : la voix est puissante et équilibrée.<br>Face à lui, <strong>Nino Surguladze</strong> remporte tous les suffrages en Ježibaba magnifiquement grimée, terrifiante car agitée de tics dont on ne sait si ils sont empruntés aux crabes ou à Tim Burton : elle marche de côté, agite ses doigts comme des antennes&#8230; Ici, le travail du personnage a été suffisamment fouillé, pour le meilleur. Formidable vocalement, elle occupe tout le plateau de sa voix souveraine aux graves tout de velours lustré. <br><strong>Jana Kurucová</strong> en princesse étrangère mérite les mêmes éloges&nbsp;; impérieuse, flamboyante scéniquement comme vocalement, elle ne fait qu&rsquo;une bouchée du prince.<br>Les seconds plans tiennent parfaitement leur rôle, les trois nymphes <strong>Lucie Kaňková, Kateřina Hebelkova</strong> et<strong> Sofia Janelidze</strong>, comme <strong>Hongni Wu</strong> en garçon de cuisine terrifié ou encore <strong>Alexander Marev</strong> prometteur en chasseur plein d&rsquo;aplomb. Notons enfin la belle prestation de <strong>Jiří Rajniš</strong> en garde forestier que l&rsquo;on aurait aimé plus entendre.<br>Sublimement habillés de noir, les chœurs dirigés par <strong>Denis Segond</strong>, sont à la fois précis et riches vocalement. Ils complètent parfaitement la superbe proposition de l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal De Wallonie-Liège</strong> sous la baguette attentive et très maîtrisée de <strong>Giampaolo Bisanti</strong> qui traite l&rsquo;ensemble de la partition, et plus particulièrement les nombreux passages instrumentaux, avec beaucoup d&rsquo;intelligence et de poésie, enrichissant la pâte sonore de nuances tour à tour diaprées, fragiles ou dévastatrices.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/C.-WINTERS-A.-MAREV-c-JBerger-ORW_Liege-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-155202"/><figcaption class="wp-element-caption">                                                                                                 <sup>© JBerger</sup></figcaption></figure>
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		<title>SAARIAHO, Saarikoski Songs &#8211; Paris (Radio France)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/saariaho-saarikoski-songs-paris-radio-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Superbe soirée à l’Auditorium avec un programme à dominante finlandaise diffusé en direct sur France Musique pour le Concert du (vendredi) soir et disponible à la réécoute sur le site de la radio. Fruit de la rencontre féconde entre le chef finlandais Sakari Oramo, issu de la fameuse classe de direction de Jorma Panula à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Superbe soirée à l’Auditorium avec un programme à dominante finlandaise diffusé en direct sur France Musique pour le Concert du (vendredi) soir et disponible à la réécoute sur le site de la radio.</p>
<p>Fruit de la rencontre féconde entre le chef finlandais <strong>Sakari Oramo</strong>, issu de la fameuse classe de direction de Jorma Panula à l’Académie Sibelius d’Helsinki et de l’<strong>Orchestre Philharmonique de Radio France</strong>, le concert a permis de découvrir en création française les «&nbsp;Saarikoski songs&nbsp;» de leur compatriote, <strong>Kaija Saariaho</strong>, dans sa très belle version symphonique donnée ici par sa dédicataire, amie et créatrice, la soprano <strong>Anu Komsi</strong>.</p>
<p>En guise de mise en oreille, le public a eu droit à un somptueux poème symphonique «&nbsp;En saga&nbsp;» de Jean Sibelius (finlandais évidemment), au climat envoûtant souvent coloré aux graves de l’orchestre. Notons une écriture virtuose entre post-wagnérisme et avant-garde prophétisant, pourquoi pas, parfois la musique répétitive. Une partition à laquelle le chef imprime la pulsation attendue (notons aussi les beaux solos de la clarinette de Nicolas Baldeyrou).<br />
Anu Komsi entre ensuite en scène pour le deuxième cycle de mélodies composé par K. Saariaho (après les «&nbsp;Leino songs&nbsp;») entre 2013 et 2020 pour le piano, en 2021 pour la version orchestrale sur des poèmes &#8211; ceux de son compatriote, Pentti Saarikokski. Un moment suspendu entre fascination et émotion avec ces «&nbsp;Saarikovski-laulut&nbsp;» : cinq poèmes écrits dans les années 70, à la fois mélancoliques et politiques (au discours alarmant écologiste).</p>
<p>La remarquable chanteuse finlandaise (épouse à la ville du chef), met son impressionnant registre dramatique colorature au service d’une écriture compositionnelle subtile, entre hommage aux maîtres anciens (Strauss, Debussy…) et modernes avec ses textures spectrales. Ce qui permet à la soprano finlandaise de montrer l’étendue de sa tessiture, la variété de ses styles de chant (scats faciles pour une chanteuse habituée aux incursions dans le jazz et sauts d’octaves raffinés, fondus voluptueux des timbres dialoguant avec les pupitres de bois ou de cordes, notes égrenées façon rossignol où s’entend la leçon de Mady Mesplé, qui fut son professeur), et son intense expressivité lui permettant de suggérer des atmosphères contrastées : du drame au rêve, du combat spirituel à l’extinction funèbre. Ces mélodies écrites pour sa voix sont réellement très belles.</p>
<p>Le charisme, l’engagement et l’impeccable technique de la chanteuse font donc mouche dans ce superbe cycle doux et poignant. Anu Komsi est par ailleurs bien servie par un orchestre aux riches couleurs, aux harmonies transparentes comme attendu, servant une partition qui évoque donc parfois les lieder de Richard Strauss mais aussi l’école de mélodie française. La soirée se termine sur une huitième symphonie du tchèque A. Dvořák enlevée (grâce à une parfaite agogique du récit) et brillante. L’entente parfaite entre le chef Sakari Oramo et le Philharmonique pour cette première collaboration fait rutiler une invention d’écriture constante, entre joie, solennité et éclats de fanfares. Certaines boucles quasi répétitives de thèmes et de structures font même écho aux audaces du poème initial de Sibelius.</p>
<p>On aimerait décidément voir et entendre plus souvent en France ce chef et cette chanteuse vraiment excellents.</p>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 07:08:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rusalka est entré tard au répertoire des théâtres français (1982 à Marseille) ; il a fallu attendre cette saison pour que le Grand Théâtre de Bordeaux fasse à l’ondine mystérieuse les honneurs de ses lustres. C’est donc chose faite avec cette co-production (Marseille, Nice, Avignon, Toulon) due à Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeil, et déjà &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rusalka est entré tard au répertoire des théâtres français (1982 à Marseille) ; il a fallu attendre cette saison pour que le Grand Théâtre de Bordeaux fasse à l’ondine mystérieuse les honneurs de ses lustres. C’est donc chose faite avec cette co-production (Marseille, Nice, Avignon, Toulon) due à <strong>Jean-Philippe Clarac</strong> et <strong>Olivier Deloeil</strong>, et déjà chroniquée <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-avignon/">en Avignon</a>. Le prérequis indispensable pour apprécier ce spectacle consiste à faire son deuil de toute la poésie du conte qui en est à l’origine. Jaroslav Kvapil, jeune écrivain tchèque et futur directeur du Théâtre National à Prague avait écrit un texte, que Dvořák allait reprendre quasiment tel quel, à l’occasion d’un de ses voyages à l’île de Bornholm, au pays d’Andersen. Les contes quelque peu fantastiques d’Erben et de Božena Němková avaient fortement impressionné le jeune poète qui eut l’idée de cette ondine Rusalka qui rêve de découvrir l’amour des hommes.</p>
<p>Mais ici, point de lac mystérieux, de sorcière, de bois enchantés, de princesse étrangère, d’esprit des eaux. A la place un fond de piscine vidée de son eau, les gradins pour les spectateurs, des nageuses de natation synchronisée, dont l’héroïne elle-même, l’entraîneur bourru (Vodnik en l’occurrence) qui tient plus de Michel Polnareff ou de Philippe Lucas (l’entraîneur de Laure Manaudou) que de l’esprit des eaux, et enfin une femme de ménage en guise de sorcière. Le tout assorti de projections vidéos constantes qui illustrent le propos (parfois lourdement comme à l’entame du deuxième acte où nos jeunes nageuses sont filmées se préparant à entrer dans l’eau et expliquant  en voix enregistrées combien il leur pèse de devoir se faire belles avant chaque compétition).</p>
<p>Dit comme ça, il n’est pas sûr que cela donne envie, et pourtant ! Une fois fait abstraction de l’histoire originelle et si l’on accepte d’entrer dans celle, parallèle en quelque sorte, voulue par les deux metteurs en scène, on découvre un projet intéressant et plutôt dans l’air du temps, consistant à dévoiler les dessous des sports de haute compétition et particulièrement pour les jeunes femmes. La compétition, le devoir de perfection, l’injonction à la féminité, la violence, l’influence, l’emprise (le Prince ici est le propriétaire du club et va quasiment violer Rusalka sur le bord du bassin), autant de travers savamment mis en scène dans une histoire qui se tient d’un bout à l’autre. En voici un rapide digest : Rusalka veut quitter le milieu d’ultra compétition ; amoureuse du propriétaire du club, elle se fait conseiller par la femme de ménage (Ježibaba), donne rendez-vous au jeune homme au bord de la piscine mais se fait violenter par lui. Celui-ci la délaisse très vite pour la princesse étrangère qui le quitte tout aussi rapidement. Voulant séduire à nouveau Rusalka (acte III), il se fait harponner (!) par celle-ci et meurt peu glorieusement.</p>
<p>Les décors ultra réalistes des metteurs en scène (on est loin de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rusalka-toulouse-lopera-cest-dabord-la-negation-du-reel/">l’univers fantastique de Stefano Poda</a>) sont très habilement utilisés et servent un jeu d’acteurs probant et, au final, contribuent à une démonstration efficace et finalement convaincante du propos.</p>
<h6><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rusalka_ONB2023_©EricBouloumie-06112023-1215-1294x600.jpg" alt="" width="738" height="342" />                                                                                  © Eric Bouloumié</h6>
<p style="text-align: left;">On retrouve l’orchestre National de Bordeaux Aquitaine dans une belle forme. Le chef vénézuélien <strong>Domingo Hindoyan</strong> s’implique avec énergie, écoute ses chanteurs. On apprécie la diversité de l’orchestre de Dvorak et particulièrement des bois élégants. La poésie qui manque sur scène resplendit dans la fosse et c’est tellement appréciable.</p>
<p>Le quintette vocal est dans l’ensemble de bonne tenue, avec des nuances à apporter. La soprano arménienne <strong>Ani Yorentz Sargsyan</strong> remplace Critina Pasaroiu, initialement programmée dans le rôle-titre. La grande instabilité de sa voix rend le jugement délicat. Son entrée fait craindre une puissance insuffisante et il s’avèrera que c’est le bas de la gamme qui pèche. La reprise (<em>piano</em>) de la prière à la lune est presque détimbrée et l’entame du III trop peu chantée. En revanche les <em>forte</em> sont aisés, clairs et le timbre possède de jolis reflets. La technique est donc encore perfectible ; louons en revanche la présence sur scène et un jeu convaincant. Le Prince est tenu par le ténor croate <strong>Tomislav Mužek</strong> et c’est une belle découverte ; le ténor est clair, lumineux parfois, la descente vers les graves plus incertaine et la projection convient dans une salle aux dimensions limitées comme celle de Bordeaux. La Princesse étrangère fait figure également de belle surprise. <strong>Irina Stopina</strong> recueillera des applaudissements enthousiastes et mérités. Son entrée au II est particulièrement réussie et spectaculaire, lorsqu’elle parvient à surmonter les flots de l’orchestre. Elle joue magnifiquement les femmes fatales…curieusement affublée d’un bonnet de natation qui sied très peu avec les deux robes de soirées qui la mettent particulièrement en valeur. Vodnik-Polnareff-Lucas est le Polonais <strong>Wojtek Smitek</strong> qui réussit à nous émouvoir dans son « Běda ! Běda ! » au II. La basse est fournie et solide. Enfin il faut saluer la Ježibaba de <strong>Cornelia Oncioiu</strong> qui, en guise de sorcière, campe une femme de ménage énergique et à la voix bien placée. Il est important de noter que les seconds rôles n’ont pas été négligés. Il n’y a à dire que du bien de l’engagement et de l’authenticité de <strong>Mathilde</strong> <strong>Lemaire</strong>, <strong>Julie</strong> <strong>Goussot</strong> et <strong>Valentine</strong> <strong>Lemercier</strong> (les trois nymphes) ainsi que de <strong>Clémence</strong> <strong>Poussin</strong> et <strong>Fabrice Alibert</strong>, respectivement cuistot et chasseur. Un coup de chapeau également aux chœurs qui réalisent, sous la direction de <strong>Salvatore Caputo</strong>, justement salué, un sans-faute dans une langue peu habituelle.</p>
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		<title>DVORAK, Rusalka -Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2023 07:14:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Le corps d’un homme décédé après avoir été frappé au thorax par un harpon a été retrouvé dans le grand bassin de la piscine d’Avignon. Les témoignages abondent affirmant que la victime y aurait commis un viol avec violences peu de temps auparavant. Une enquête est en cours.&#160;» Ainsi aurait pu commencer la note d’intention &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Le corps d’un homme décédé après avoir été frappé au thorax par un harpon a été retrouvé dans le grand bassin de la piscine d’Avignon. Les témoignages abondent affirmant que la victime y aurait commis un viol avec violences peu de temps auparavant. Une enquête est en cours.&nbsp;»</p>
<p>Ainsi aurait pu commencer la note d’intention des metteurs en scène. Faisant fi de l’essence du conte – intitulé délibérément choisi par le compositeur et son librettiste – ils en réduisent la portée en le confinant dans une piscine, et, accessoirement, « aux berges boueuses d’un étang du Médoc » (sic.), projetées. Pourquoi refuser l’évidence, la féérie, le conte ? L’opposition entre deux mondes, celui de Rusalka, Vodnik et Jezibaba, et celui des humains, leur incommunicabilité, est ainsi gommée au profit d’une histoire incroyable, prosaïque, triviale que les réalisateurs appellent « une invitation à tester le présent ». Le contraste visuel et sonore entre les actes, entre l’univers des profondeurs et le monde des conventions humaines, entre la nature, à laquelle appartient Rusalka et le factice construit par et pour l’homme, ce contraste est évacué. Les didascalies projetées ont été expurgées des notations ancrant l’histoire dans un univers fantastique (ainsi, la confection des philtres par Jezibaba). Les sonneries de la chasse dans le cadre de la piscine où le prince cherche la blanche biche accusent ainsi cruellement les contradictions d’une transposition arbitraire. A la poésie, à la fraîcheur, au mystère, on a préféré l’hyperréalisme teinté d’une modernité en toc, dont les références sont vaines. La scène du viol de Rusalka s’imposait-elle, à moins que #Metoo soit passé par là, avec la dénonciation des perversions du milieu de la natation ? La narration n’y gagne rien. Nous touchons le fond. Prosaïsme, vacuité de la démarche, rejet systématique du contexte du livret et de la musique. Le ballet, en toute logique est confié à l’équipe de natation synchronisée, filmée dans la piscine de la Cité des papes.</p>
<p>La direction d’acteur est quasi inexistante, à moins que les gesticulations nautiques en tiennent lieu. Même la seule scène souriante, où le marmiton couard et le garde forestier vont intercéder auprès de Jezibaba, demeure scéniquement banale, le chant seul véhiculant les oppositions. Difficile d’adhérer à telle ou telle situation, de s’identifier à un personnage tant l’artifice prévaut, déjanté sans humour (le bassin gonflable rouge, la baignoire verte où Rusalka se réfugie), ou hors de propos, cassant le climat attendu (précédé d’une vidéo en gros plan, le Prince en costume, les yeux bandés, le ventre et la queue d’un poisson sortant de sa bouche…).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/384233117_6391499640959628_4324311373317421738_n-1294x600.jpg">© DR</pre>
<p>L’opéra est le miroir de nos questionnements, de nos joies comme de nos angoisses, de nos fantasmes, mais il est tout autant évasion du quotidien pour le domaine de la magie, de l’ailleurs, du passé comme de l’au-delà, particulièrement avec des ouvrages dont c’est l’essence. Le Lab, <strong>Clarac</strong> et <strong>Deloeuil</strong> nous ont habitué à des approches renouvelées des livrets, qui les conduisent à des actualisations le plus souvent intelligentes, fouillées, ambitieuses, voire virtuoses. Entre autres, on se souvient de la trilogie Mozart.Da Ponte à la Monnaie, du <em>Trouvère</em> et de <em>Serse</em> à Rouen. Leur professionnalisme n’est pas en cause. L’habileté à combiner un plateau ingénieusement agencé à des projections sur le voile d’avant-scène, assorties d’autres sur une des parois du décor, de mêler ainsi la vie quotidienne d’une équipe de six jeunes filles pratiquant la natation synchronisée à l’action de l’œuvre de Dvořák&nbsp;est indéniable, même si l’insertion de voix, de bruitages, dérange plus qu’elle explicite. Là où le bât blesse, c’est l’écran opaque imposé à chacun, entre l’action à laquelle invitent le livret et la musique et une traduction dramatique dévoyée, pénible à supporter. Seules les voix et l’orchestre portent l’émotion.</p>
<p>Pour cette <em>Rusalka </em>qui sent l’eau de Javel, une belle distribution a été rassemblée. Nous découvrons <strong>Ani Yorentz Sargsyan</strong>, chanteuse arménienne dont la carrière se déroule hors de France. C’est une très grande voix, charnue, colorée, égale, dont l’expression ira s’épanouissant au fil de l’action. L’Ode à la lune, évidemment attendue, pêche un peu par un orchestre quelconque, dépourvu de délicatesse. Malgré les postures imposées dans ce cadre singulier, le &nbsp;chant est habité, à la ligne admirable, l&rsquo;émotion au rendez-vous. Dommage qu’il faille fermer les yeux pour croire à son ultime duo avec le Prince. Familier de ce répertoire, <strong>Misha Didyk</strong> incarne ce dernier, &nbsp;inconstant, jouisseur. S’il n’est plus un jeune premier, la voix demeure crédible, barytonnante, parfois engorgée et couverte (fin du I). Il convainc davantage au dernier acte, même si la séduction reste de surface. <strong>Irina Stopina </strong>chantait déjà la Princesse étrangère la saison dernière à Metz. La voix est somptueuse, vénéneuse, pour un personnage tout sauf sympathique<strong>. </strong>Le Vodnik de&nbsp;<strong>Wojtek Smilek</strong> a l’émission sonore, aux graves assurés, avec un grain traduisant son âge. Il nous bouleverse au dernier acte, père tendre et douloureux. Alors que le personnage interroge, fantastique et complexe, à la fois Ulrica et Minerve, l&rsquo;étrangeté fabuleuse de Jezibaba est réduite à son expression vocale : elle est agent d’entretien de la piscine. <strong>Cornelia Oncioiu </strong>vaut pour une voix solide, profonde, chaleureuse, convaincante, d’une large tessiture. Chacune de ses interventions est un bonheur si on en oublie le contexte. Les nymphes infantiles, espiègles, et leurs jeux, mêlés à ceux des nageuses de natation synchronisée, sont peu crédibles, dès leurs taquineries de Vodnik. Et c’est fort regrettable, car les interventions vocales sont admirables, particulièrement au dernier acte. <strong>Mathilde Lemaire, Marie Kalinine, Marie Karall</strong>, chacune nous ravit avec ses couleurs propres et leur trio, homogène, n’appelle que des éloges. <strong>Clémence Poussin</strong> campe un marmiton honorable. <strong>Fabrice Alibert </strong>a chanté le rôle du garde forestier au Capitole et s’investit pleinement dans cet emploi correspondant idéalement à sa voix.</p>
<p><strong>&nbsp;</strong>La partition fait de l’orchestre un acteur essentiel. Elle nous vaut des pages somptueuses comme intimes, chambristes, du meilleur Dvořák. <strong>Benjamin Pionnier</strong> a beaucoup dirigé dans l‘Est européen et apprécie ce répertoire. Sous sa baguette, l’orchestre national Avignon-Provence fait preuve de belles qualités, tant stylistiques que techniques. Le premier acte n’était pas dépourvu d’imperfections (imprécision, justesse des vents) mais permettait aux bois de belles textures avec des cordes soyeuses, dès avant que Jezibaba confectionne ses philtres. La magie, fluide, transparente, est venue progressivement pour un finale enflammé du II. Les accents, le caractère passionné et dramatique du dernier acte sont traduits avec bonheur par une formation engagée, qui joue alors pleinement le jeu. Les chœurs, dont la participation est réduite, comme l’effectif, sont confiés à ceux d’Avignon et de Toulon, desservis par une mise en scène qui fait ainsi accomplir aux chanteurs des mouvements de natation hors de propos, notamment sur les gradins…</p>
<p>Il y a fort à parier que l’essentiel du public découvrait <em>Rusalka</em>. Méconnaissance, inculture, absence de références&nbsp;? Les interprètes sont chaleureusement applaudis, s’amorce même une standing ovation. L’apparition des réalisateurs n’en altère pas l’intensité. &nbsp;On s’interroge sur les raisons de l’adhésion à un tel projet de quatre maisons d’opéra (Avignon, Toulon, Marseille, Nice) qui nous ont habitué à des choix moins discutables (*).</p>
<pre>(*) En comparaison, les dernières productions hexagonales de l’ouvrage, signées Nicola Raab (Strasbourg, 2019), Stefano Poda (Toulouse, 2022) et Paul-Emile Fourny (Metz, 2023), apparaissent comme exemplaires, chacune excellant à entrainer le spectateur dans l’univers magique et tragique du conte.</pre>
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