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	<title>Enrique GRANADOS - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 31 Jan 2026 08:51:39 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Enrique GRANADOS - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>GRANADOS, Goyescas / DE FALLA, Les Tréteaux de Maître Pierre &#8211; Madrid</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 08:03:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 24 janvier au 1er février 2026, le Théâtre de la Zarzuela de Madrid présente (pratiquement à guichets fermés) un spectacle lyrique intitulé La Edad de Plata (L’âge d’argent) incluant l’opéra Goyescas de Granados, rarement monté depuis sa création en 1916, et les Tréteaux de Maître Pierre de Manuel de Falla. La Edad de Plata, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 24 janvier au 1<sup>er</sup> février 2026, le Théâtre de la Zarzuela de Madrid présente (pratiquement à guichets fermés) un spectacle lyrique intitulé <em>La Edad de Plata (L’âge d’argent)</em> incluant l’opéra <em>Goyescas </em>de Granados, rarement monté depuis sa création en 1916, et les <em>Tréteaux de Maître Pierre</em> de Manuel de Falla. <em>La Edad de Plata</em>, née à la fin du XIXe siècle, fait référence à une période faste de la culture espagnole. Plusieurs mouvements artistiques majeurs se sont ainsi succédé jusqu’à la guerre civile de 1936, dans une sorte de retour aux sources de la culture ibérique et d’ouverture au monde. Le metteur en scène et scénographe andalou <strong>Paco López</strong> a eu l’idée d’évoquer cette époque en inscrivant les œuvres de Granados et de Falla dans leur contexte historique, avec comme point d’ancrage Paris où les deux compositeurs avaient vécu et où ils avaient lié une belle amitié. Manuel de Falla avait ainsi révélé au public parisien l’exceptionnelle profondeur des œuvres pour piano de Granados.  Et la suite pour piano<em> Goyescas</em> avait été créée par Granados lui-même en 1914. Il y exprimait sa passion pour le XVIIIe siècle, pour Scarlatti et surtout Goya qui avait remis à l’honneur, à Madrid, les <em>majos</em> et <em>majas</em> madrilènes dansant fandangos et boléros sur la Pradera de la Florida. C’est sur le conseil d’un pianiste américain de ses amis, que Granados décida d’en faire un opéra dont la création fut programmée à l’Opéra de Paris en 1915 (mais, en raison du conflit mondial, c’est au Metropolitan Opera de New York qu’elle eut lieu en janvier 1916). Manuel de Falla se sentait, lui, plus proche du Siècle d’Or et notamment de Miguel de Cervantes dont le Don Quichotte allait lui inspirer le <em>Retablo de Maese Prado</em>, créé sept ans plus tard à Paris dans le salon de la princesse de Polignac.<br />
Dès le début de la soirée le public ressent qu’il va être entraîné dans un récit dont on il ne va pas sortir tout à fait indemne : la soirée commence par la tragique <em>Marche des Vaincus</em> de Granados interprétée de manière bouleversante par l’orchestre tandis qu’un film, projeté en fond de scène, évoque l’année 1939, les nazis entrant dans Paris et les populations fuyant la barbarie. Dans l’ombre en avant-scène, le personnage du peintre Ignacio Zuloaga, qui a fui la France, évoque le Paris d’avant-guerre et les fêtes organisées dans son salon où il recevait tant d’artistes comme la danseuse flamenca Antonia Mercé dite <em>La Argentina</em> dont l’interprétation de la <em>Danza de los Ojos verdes</em> l’avait bouleversé (elle est incarnée superbement dans le spectacle par <strong>Marina Walpercin</strong>). Il avait même dessiné des décors afin d’y créer <em>Les Tréteaux </em>de Falla et des extraits de l’opéra <em>Goyescas</em>.<br />
L’orchestre attaque alors l’ouverture de l’opéra, la scène entière s’illumine et c’est un éblouissement : Madrid est en fête au bord du fleuve Manzanares, les aristocrates se mêlant aux gens du peuple, les costumes des nombreux choristes et danseurs, conçus par <strong>Jesús Ruiz</strong>, sont flamboyants, la chorégraphie d’<strong>Olga Pericet</strong> spectaculaire et le grand chœur du Théâtre de la Zarzuela impressionnant tant vocalement que par sa présence en scène. L’Orchestre de la <em>Comunidad </em>de Madrid rayonne sous la direction d’<strong>Álvaro Albiach</strong>, chef exceptionnel, qui maintient, avec un rythme saisissant, toute la soirée sous tension. Suit l’entrée des personnages, souvent réduits à de simples archétypes : le personnage historique de Paquiro, torero populaire et fanfaron, interprété vaillamment par le baryton <strong>César San Martín</strong> et sa fiancée, la sensuelle Paquita, campée avec charme et sensualité par la jeune mezzo <strong>Mónica Redondo</strong> au timbre chaleureux. Face à eux, les aristocrates : le capitaine Fernando et sa fiancée Rosario. <strong>Alejandro Roy, </strong>qui a fait ses débuts au Met de New York dans <em>Turandot </em>en 2019, interprète vaillamment le rôle du militaire de sa voix belle et puissante de ténor <em>spinto</em> (un rôle créé au Met par Giovanni Martinelli). Cependant, plus de nuances et de phrasés seraient les bienvenus. La soprano lyrique <strong>Raquel Lojendio</strong>, interprète le rôle de Rosario avec une grande sensibilité et une musicalité sans faille. Dans ce premier tableau le torero invite Rosario au bal « aux chandelles » (<em>baile de candil</em>) : la rivalité entre les deux hommes laisse présager le pire.<br />
Le rideau tombe et commence alors le célèbre <em>Intermezzo </em>orchestral, souvent joué en concert, dirigé par Albiach de manière particulièrement intense et dramatique. Sur l’écran, l’océan et les nuages s’amoncellent sur un océan déchaîné, le peintre Zuloaga seul dans la pénombre, s’inquiète de la neurasthénie et des prémonitions funestes de son ami Granados.<br />
Le deuxième tableau nous entraîne au <em>baile de candil</em> rutilant et très animé, les chœurs et les danseurs rivalisant de virtuosité. Mais le drame sourd. Des spectres, entièrement couverts d’une bure, tout droit sortis des <em>Caprichos</em> de Goya se mêlent bientôt aux fandangos et séguedilles. La chorégraphie est alors particulièrement désarticulée et les danseurs impressionnants.<br />
L’interlude orchestral qui suit offre un contraste encore plus puissant. C’est, soudain le Granados passionné de musique germanique qui s’exprime quand, sur le rythme implacable des percussions, s’élève aux violons une longue plainte bouleversante. Sur scène, devant l’écran, une danseuse en blanc semble se battre au milieu de l’océan jusqu’à disparaitre au milieu des vagues, rappelant la mort de Granados et son épouse. À leur retour de New York, après le succès remporté par l’opéra au Met, ils avaient péri dans le naufrage du <em>Sussex</em> torpillé par les sous-marins allemands peu après son départ d’Angleterre.<br />
Le troisième et dernier tableau, <em>La maja et le rossignol</em>, contrairement à ce que le titre laisse supposer, est en réalité une sorte de long aria dramatique interprété par Rosario pour qui le chant de l’oiseau n’est qu’un mauvais présage. Elle parvient à retrouver Fernando mais celui-ci, blessé à mort, s’écroule dans ses bras.  Raquel Lojendio y est remarquable et cette fois dans un registre de lirico spinto, d’un grave profond à un aigu dramatique. Le public, enthousiaste tout au long de la représentation, applaudit à tout rompre.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/EdadPlata-2-1294x600.jpg" />© Javier De Real</pre>
<p>Après l’entracte, en prélude aux <em>Tréteaux de Maître Pierre</em> c’est l’Espagne de 1939 qui est à l’écran alors que se mêlent les mains tendues des saluts fascistes. Manuel de Falla se souvient de son départ en exil et les spectres goyesques réapparaissent. Paco López a judicieusement choisi, en introduction, sa <em>Psyché</em>, mélodie avec ensemble instrumental, sorte d’appel au renouveau du printemps, à laquelle la grande voix de Raquel Lojendio aux aigus pianissimi lumineux, donne une tonalité presque tragique que le prélude des Tréteaux de Maître Pierre qui lui succède dissipe à peine. La mise en scène est très astucieuse : le théâtre de marionnettes est remplacé par un film muet comme ceux des années 1920, et cela fonctionne à merveille. La lutte, sur l’écran, du chevalier médiéval pour libérer son épouse, soudain ramené dans la vraie vie par l’idéaliste Don Quichotte, n’est pas étrangère à notre monde actuel. Cette mise en abîme a pu heurter une partie du public mais elle est pertinente. Le jeune ténor <strong>Pablo García López</strong> incarne Maese Pedro et dans le personnage du <em>Trujamán</em> qui raconte l’histoire, la mezzo-soprano <strong>Lydia Vinyes-Curtis</strong> est impayable. Quelle voix claire et sonore et quelle comédienne ! Quant au baryton <strong>Gerardo Bullón</strong>, il est un Don Quichotte émouvant à la voix chaude et à la diction sans faille. Tous deux sont très applaudis aux saluts.</p>
<p>On sort du théâtre particulièrement impressionné. Concevoir un tel spectacle était un défi ambitieux relevé brillamment par le Théâtre de la Zarzuela.</p>
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		<item>
		<title>Carte blanche à Gustavo Dudamel — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carte-blanche-a-gustavo-dudamel-paris-garnier-la-carte-du-monde-de-gustavo-dudamel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Gustavo Dudamel, qui a surgi sur la scène internationale il y a déjà près de 20 ans en électrisant les salles avec le « Mambo » de West Side Story, bis échevelé du Simon Bolivar Youth Orchestra au sein duquel il s’est formé, est bien placé pour connaître les beautés et les subtilités de tout un corpus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Gustavo Dudamel</strong>, qui a surgi sur la scène internationale il y a déjà près de 20 ans en électrisant les salles avec le « Mambo » de <em>West Side Story</em>, bis échevelé du Simon Bolivar Youth Orchestra au sein duquel il s’est formé, est bien placé pour connaître les beautés et les subtilités de tout un corpus issu du nord et du sud du continent américain, et qui reste, en Europe, largement méconnu. Cette « Carte blanche » donnée au Palais Garnier, et diffusée en direct sur Arte Live Web, affichait clairement une double ambition : combler un peu de cet oubli, grâce à l’aura d’un ambassadeur idéal pour cette tâche, et donner la vedette à de jeunes chanteurs de l’Académie Lyrique de l’Opéra de Paris. Peut-être par souci de présenter différentes facettes de la musique espagnole, argentine ou brésilienne, peut-être pour montrer que ce répertoire ne se résume pas aux maracas et aux rythmes endiablés, Gustavo Dudamel fait le choix, en première partie, de pièces volontiers mélancoliques, qui se succèdent dans le plus grand calme. Commencer par les très chambristes <em>Bachianas brasileiras n°5</em>, où Villa-Lobos réduit l’accompagnement à douze violoncellistes constitue, à cet égard, une entrée en matière très éloquente, à laquelle<strong> Martina Russomanno</strong> prête son soprano souple et soyeux. Si son collègue <strong>Alejandro Balinas Vieites</strong> pâtit, dans le ténébreux « Oblivion » de Piazzolla, d’une sonorisation défectueuse, il montre une intégrité vocale et une projection impressionnante dans la belle et pathétique « barca vieja » de Salvador Codina. <strong>Margarita Polonskaya</strong> montre, dans « La Rosa y es Sauce » de Guastavino, un legato de très belle tenue, et Martina Russomanno revient pour un air des <em>Goyescas </em>de Granados, où la ligne de chant, sans atteindre à l’immatérialité qu’y trouvait naguère la jeune Natalie Dessay, s’épanouit avec délicatesse.</p>
<p>Surprise, cette première partie langoureuse se termine sur le tumulte farceur de l&rsquo;« Ice cream sextett » de Kurt Weill, porté par l’abattage du ténor <strong>Thomas Ricart </strong>et l&rsquo;énergie d&rsquo;<strong>Andres Cascante</strong>. Après l’entracte, la même énergie anime <strong>Marine Chagnon</strong>, nommée parmi les Révélations des prochaines Victoires de la Musique classique : faire s’esclaffer la salle dans la scène de Dinah issue du <em>Trouble in Tahiti </em>de Bernstein est une chose, ne pas perdre son souffle dans cette avalanche de paroles et de sauts d’octaves en est une autre, mais elle réussit les deux. Comme elle réussit, un peu plus tard, un déchirant « A boy like that » en duo avec Margarita Polonskaya. Dudamel accompagne le tout en technicolor, à grands aplats de cordes onctueuses et de bois scintillants. C’est somptueux, mais ça manque quelquefois de nerfs et d’arêtes. Les rugosités de <em>A fuego lento </em>de Salgan et le spectaculaire « Times Square : 1944 » de Bernstein permettent cependant à l’orchestre de retrouver la vedette, avant que toute la troupe se retrouve pour <em>Youkali </em>de Kurt Weill – cette île qui, comme on le sait, n’existe pas, comme un pays qui rassemblerait l’Allemagne des cabarets, le Manhattan de l’entre-deux-guerres, l&rsquo;Espagne de la zarzuela et le tango argentin…</p>
<p> </p>
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		<title>Goyescas</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/goyescas-la-maja-pas-tres-bien-vestida/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 May 2019 05:09:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2016, pour commémorer le centenaire de la mort de son compositeur, on a joué Goyescas aux quatre coins de la planète, avec les difficultés toujours prévisibles dès que l’on programme une œuvre lyrique d’une durée d’une heure à peine. Pour un CD, cette brièveté ne devrait pas être un souci, or les versions discographiques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2016, pour commémorer le centenaire de la mort de son compositeur, on a joué <em>Goyescas </em>aux quatre coins de la planète, avec les difficultés toujours prévisibles dès que l’on programme une œuvre lyrique d’une durée d’une heure à peine. Pour un CD, cette brièveté ne devrait pas être un souci, or les versions discographiques de l’unique opéra de Granados se comptent sur les doigts d’une main. Dans ces conditions, il est encore plus dommage que le nouvel enregistrement, publié par Harmonia Mundi, pâtisse de ce qui ressemble fort à une terrible erreur de distribution.</p>
<p>La belle <strong>Nancy Fabiola Herrera</strong> chante Maddalena de <em>Rigoletto</em> à Paris ou à New York, Fenena dans <em>Nabucco</em>, Eboli ou Herodias : comment a-t-on pu croire un instant qu’elle pourrait revêtir la basquine et la mantille de Rosario ? Cette mezzo à la diction totalement floue – Joan Sutherland elle-même aurait pu lui donne des leçons en matière d’articulation des consonnes – compromet malheureusement ce nouvel enregistrement des <em>Goyescas</em>. Avec ce timbre sombre et ces aigus glapis, la belle Rosario n’est plus l’amante mais la mère de Fernando ; à en juger par l’oreille seule – et au disque, le moyen de faire autrement ? – si l’on n’est pas encore dans <em>Les Vieilles </em>de Goya, on s’éloigne déjà de ses <em>Jeunes</em>, pour reprendre le titre apocryphe des deux célèbres toiles conservées au Musée des beaux-arts de Lille. On peut comprendre que cette nouvelle version ait choisi de se distinguer de la dernière en date (qui remonte quand même à 1996), en prenant le contrepied de ses choix : là où Maria Bayo était une Rosario séduisante mais très légère, on fait ici retour à une certaine tradition qui confiait le personnage à une voix opulente, comme dans la version historique <a href="https://www.forumopera.com/cd/enrique-granados-the-collection-la-colleccion-de-collecciones">dirigée par Ataulfo Argenta</a>. Hélas, n’est pas Consuelo Rubio qui veut, et le dernier tableau n’est guère agréable à écouter.</p>
<p>C’est d’autant plus dommage que pour le reste, tous les ingrédients, ou presque, étaient réunis pour une vraie réussite. Amoureusement dirigée par <strong>Josep Pons</strong>, qui a déjà gravé pour le même label plusieurs enregistrements mémorables à la tête d’orchestres espagnols, l’œuvre est défendue avec une élégance assez irrésistible et un solide sens du théâtre, comme on en jugera à l’audition des interludes séparant les trois tableaux. Dans cette partition élaborée à partir de compositions préexistantes, l’intrigue entre les personnages principaux peut sembler parfois bien mince, mais le chœur est extrêmement présent : absent seulement au dernier tableau, il incarne ces majos et majas que Goya a si souvent représentés. Le BBC Symphony Orchestra est une belle phalange, mais l’on pourrait reprocher aux BBC Singers une familiarité moindre avec le castillan, par rapport aux chœurs présents dans les intégrales concurrentes, et surtout une relative réserve qui rend leur présence moins affirmée : le son est beau, mais un peu moins vivant que ce n’est parfois le cas, fait d’autant plus regrettable qu’il s’agit d’un <em>live</em>.</p>
<p>Pour les trois autres rôles solistes, le rôle de Pepa, en principe destiné à une mezzo, est ici assez logiquement attribué à une voix bien moins épaisse que celle de Rosario, ce qui aboutit à renverser à peu près complètement l’équilibre des voix : comparé à celui de Nancy Fabiola Herrera, le timbre <strong>Lidia Vinyes Curtis</strong> paraît presque acidulé, comme cela se produit lorsque l’on fait chanter Adalgisa à une soprano poids-plume à côté d’une Norma de format wagnérien.</p>
<p>Le baryton <strong>José Antonio López</strong> fait preuve d’une certaine truculence, mais le personnage de Paquiro a somme toute assez peu à chanter. A peu près inconnu au bataillon, le ténor <strong>Gustavo Peña </strong>tire fort bien son épingle du jeu, notamment dans le grand duo qui l’oppose à Rosario : malgré l’étrange partenaire qu’on lui associe, son Fernando reste dans le camp de la délicatesse et de la poésie.</p>
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		<title>Enrique Granados, The Collection</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/enrique-granados-the-collection-la-colleccion-de-collecciones/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jul 2017 16:41:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’année 2016 vit le centenaire de sa disparition, et 2017 correspond au cent-cinquantième anniversaire de sa naissance : le pauvre Enrique Granados risque de ne pas être recélébré de sitôt, donc mieux vaut en profiter tant que cela dure. Cette année, le label Sony a décidé de rassembler en un coffret tout ce qu’il avait à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’année 2016 vit le centenaire de sa disparition, et 2017 correspond au cent-cinquantième anniversaire de sa naissance : le pauvre Enrique Granados risque de ne pas être recélébré de sitôt, donc mieux vaut en profiter tant que cela dure. Cette année, le label Sony a décidé de rassembler en un coffret tout ce qu’il avait à son catalogue. <em>Enrique Granados, The Collection</em> réunit sept CD et met en avant quelques noms prestigieux : « performed by Alicia de Larrocha, Montserrat Caballé, Julian Bream, John Williams, Ataúlfo Argenta and others ». Et le chant occupe deux des sept disques, ce qui n’est déjà pas si mal, le reste étant occupé par des pièces pour piano (n° 1 à 3), pour guitare (n° 5), pour harpe, violon ou violoncelle et piano, ou pour orchestre (n°7).</p>
<p>Le disque n°4 avait déjà été édité en CD en 1994 : <em>Caballé Sings Granados</em> reprend les dix-sept plages de <em>Montserrat Caballé sings Songs of Enrique Granados</em>, avec orchestre (RCA Victor) et y ajoute quatre mélodies avec piano enregistrées en 1978 pour un disque Falla-Turina-Granados. Le disque avec orchestre fut enregistré en janvier 1964, soit plus d’un an avant la fameuse <em>Lucrezia Borgia</em> newyorkaise où Montserrat fut propulsée sous le feu des projecteurs en remplaçant Marilyn Horne. La Superba chante ici dans son arbre généalogique et se montre dans tout l’éclat de ses trente ans. On pourra trouver que d’autres interprètes ont mis plus d’esprit et de piquant dans ce même répertoire (Victoria de Los Angeles, pour ne pas la nommer), mais on s’incline devant tant de pure splendeur vocale. Bien que postérieures de presque quinze ans, les quatre plages avec piano montrent une Caballé encore très loin de son déclin, avec celui qui était alors son accompagnateur attitré, Miguel Zanetti.</p>
<p>Si les versions des <em>Goyescas</em> pour piano sont pléthore, c’est loin d’être le cas de l’opéra que Granados tira de ses propres compositions, sur un livret également inspiré de l’œuvre de Goya. L’enregistrement que repropose Sony dans son coffret est l’un des rares existants, réalisé en 1957 (et non 1975, comme indiqué dans le livret d’accompagnement). Evidemment, depuis, Maria Bayo et Ramon Vargas ont été réunis pour une version parue chez Auvidis en 1996 (aujourd’hui épuisé), mais il est permis de dire que les intégrales ne se bousculent pas.</p>
<p>Le nom de <strong>Consuelo Rubio</strong> (1927-1981) ne dira pas forcément grand-chose aux jeunes générations, mais cette artiste espagnole au timbre opulent eut son heure de gloire entre 1955 et 1965. Avant de décider de mettre fin à sa carrière, elle eut le temps de laisser quelques enregistrements : des extraits de <em>Carmen</em> en 1956 aux côtés de Leopold Simoneau, Marguerite de <em>La Damnation de Faust</em> enregistrée par Igor Markevitch en 1958, des extraits d’<em>Alceste</em> en 1962 sous la direction de Georges Prêtre. C’est donc une Rosario grand format, qui livre une capiteuse version de « La maja y el ruiseñor » et une scène finale puissamment dramatique. </p>
<p>La mezzo <strong>Ana María Iriarte</strong>, son exacte contemporaine, se spécialisa très tôt dans la zarzuela ; elle participa à de très nombreux enregistrements de ce répertoire, mais fut également la soliste d’une version d’<em>Alexandre Nevski</em> gravé par l’Orchestre de l’Opéra de Vienne. Le baryton catalan <strong>Manuel Ausensi</strong> enregistra avec Teresa Berganza plusieurs duos de zarzuela, mais fut également Figaro face à sa Rosine dans une intégrale du <em>Barbier</em> <em>de Séville</em> dirigée par Silvio Varviso, où Fernando Corena était Bartolo et Nicolai Ghiaurov Basile. Sans doute le membre le moins prestigieux du quatuor de solistes, <strong>Ginés Torrano </strong>n’était hélas qu’un ténor de caractère dont la voix n’est pas vraiment celle qu’on attendrait d’un personnage de premier plan. Il est le point noir de cette intégrale qui, sans lui, avait tout pour devenir une référence, grâce à la direction amoureuse d&rsquo;<strong>Ataúlfo Argenta</strong>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Maria del Carmen &#8211; Granados</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/maria-del-carmen-granados-verisme-a-lespagnole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2017 06:43:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cavalleria rusticana  : c’est l’opéra qui revient sans cesse à l’esprit quand on découvre cette Maria del Carmen, écrite par Granados en 1898, et presque jamais représentée hors d’Espagne depuis. Même intrigue amoureuse marquée par une lutte implacable entre un ténor et un baryton, culminant dans un duel, même cadre rural et religieux, mêmes personnages taillés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify"><em>Cavalleria rusticana</em>  : c’est l’opéra qui revient sans cesse à l’esprit quand on découvre cette <em>Maria del Carmen,</em> écrite par Granados en 1898, et presque jamais représentée hors d’Espagne depuis. Même intrigue amoureuse marquée par une lutte implacable entre un ténor et un baryton, culminant dans un duel, même cadre rural et religieux, mêmes personnages taillés à la hache mais palpitants de vie, même musique efficace, cherchant l’émotion la plus directe possible. La similitude est renforcée par la sonorité de la langue espagnole qui, lorsqu’elle est captée de loin comme ici, ne se différencie guère de l’italien. Bref, on se croirait en pleine période post-verdienne quelque part dans le sud de la péninsule, si Granados n’avait eu la bonne idée de semer dans sa partition des thèmes populaires espagnols, qui reviennent comme de discrets leitmotivs, et si la fin n’était pas heureuse. A noter d’ailleurs qu’ici la soprano finit par préférer le baryton (Pencho) au ténor (Javier), ce qui est rarissime à l’opéra, à mettre en parallèle avec<a href="http://www.forumopera.com/edito/et-les-barytons-dans-tout-ca"> le récent éditorial de Sylvain Fort.</a></p>
<p class="rtejustify">Qu’on n’aille pas s’imaginer qu’il s’agit de l’œuvre d’un épigone. <em>Maria del Carmen</em> tient la route, indépendamment de son modèle, et l’auditeur est très vite happé par ce tourbillon d’émotions, rendues dans une veine musicale à la fois effusive et raffinée.  Alors qu’on connait Granados surtout comme pianiste, la générosité avec laquelle il traite les voix ne laisse pas d’étonner. Trois grands rôles, qui requièrent panache et endurance, structurent la partition : Maria del Carmen et ses deux soupirants. Le festival de Wexford de 2003, qui offrait les premières représentations de l’œuvre hors d’Espagne depuis sa création, a comme à son habitude fait appel à des chanteurs peu connus, mais prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes. <strong>Diana Veronese</strong> a le volume requis pour lancer les imprécations de Maria, comme pour fondre d’amour dans les bras de son Pencho, révélant des ressources de timbre qui semblent illimitées. Voilà de plus une héroïne vériste qui n’est jamais vulgaire, et dont le soin apporté à sa ligne de chant en remontrerait à bien des sopranos plus connues. En ténor éconduit, <strong>Dante Alcala</strong> offre une voix juvénile et pleine de santé. On comprend que Maria hésite entre lui et son rival. Jamais couvert par un orchestre pourtant riche, Alcala caractérise en outre son personnage de riche antipathique avec beaucoup de subtilité. Il doit pourtant s’effacer devant la mâle autorité de <strong>Jesus Suaste</strong>, qui triomphe dans l’intrigue comme dans son chant, stylé, noble et d’une autorité à toute épreuve. Dès ses premières phrases, le baryton impose une présence qui ira crescendo, rendant chacune de ses répliques incontestables. Une myriade de seconds rôles complète l’affiche. Si cela sent parfois un peu la province, rien de rédhibitoire cependant.</p>
<p class="rtejustify">La vraie faiblesse de l’enregistrement vient plutôt du côté de la fosse. Malgré le volontarisme du chef <strong>Max Bragado-Darman</strong>, on sent <strong>l’orchestre philharmonique du Belarus</strong> complètement dépassé par les exigences de la partition au Ier acte. Cela part un peu dans tous les sens, au point de gêner les chanteurs. Les choses s’arrangent au II, et la mise en place n’appelle plus autant de réserves. On reste cependant très en deçà de ce qu’une telle partition pourrait offrir avec un orchestre plus subtil, et davantage au niveau des solistes. Cette première mondiale au disque constitue donc une version d’attente, en espérant qu’elle attirera l’attention des éditeurs sur une perle du répertoire ibérique, bien négligée jusqu’à présent.</p>
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		<title>Granados : Dante &#8211; Symphonic Poem / La nit del mort / Intermezzo from Goyescas</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/granados-dante-symphonic-poem-la-nit-del-mort-intermezzo-from-goyescas-la-tournee-des-centenaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Aug 2016 05:04:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Max Reger, Granados. Ne vous demandez plus pourquoi on a, cette année, monté Goyescas un peu partout dans le monde : c’est tout simplement parce que le compositeur catalan est mort en 1916 (il périt en mer, le bateau à bord duquel il revenait de la première de Goyescas à New York ayant été torpillé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="http://www.forumopera.com/cd/songs-by-max-reger-inchantables-et-invendables">Max Reger</a>, Granados. Ne vous demandez plus pourquoi on a, cette année, monté <em>Goyescas</em> un peu partout dans le monde : c’est tout simplement parce que le compositeur catalan est mort en 1916 (il périt en mer, le bateau à bord duquel il revenait de la première de <em>Goyescas</em> à New York ayant été torpillé par un sous-marin allemand). Le label Naxos s’est lancé dans ce qui deviendra peut-être une intégrale de la musique pour orchestre de Granados. Après un premier volume, déjà confié à <strong>Pablo González</strong> à la tête de l’Orchestre symphonique de Barcelone, le nouveau disque associe à un « tube » comme l’intermezzo de <em>Goyescas</em> plusieurs pages en premier enregistrement mondial : deux danses pour orchestre de 1915 et 1916, et surtout une pièce intitulée <em>La Nit del mort</em> (1897), dix minutes de musique avec ténor et chœur. Le texte en catalan intervient dans le dernier tiers de l’œuvre : le soliste déclare sur un ton détaché « Je suis la mort, ma belle », puis le chœur se déchaîne en un vibrant tourbillon patriotique, où le pays appelle ses enfants à le défendre au champ d’honneur. <strong>Jesús Álvarez Carrión</strong> n’a donc que trois phrases à chanter, ce dont il s’acquitte correctement, d’une voix assez peu séduisante au demeurant.</p>
<p>Quant à l’œuvre principale (33 minutes de musique pour un disque d&rsquo;une durée inférieure à une heure), ce n’est pas un inédit, mais quand même une rareté : le poème symphonique <em>Dante </em>(1908), en deux volets (les deux autres prévus ne furent jamais composés), inspiré autant par le texte de <em>La Divine Comédie</em> que par les œuvres préraphaélites de Dante Gabriel Rossetti. Les extraits chantés par la mezzo dans la deuxième partie, « Paolo et Francesca », reprennent quelques vers célèbres, notamment le « Quel giorno più non vi leggemmo avante » par lequel Francesca da Rimini avoue avoir succombé au charme de Paolo, et le « Nessun maggior dolore che ricordarsi del tempo felice nella miseria », devenu chanson du gondolier à l’acte II de l’<em>Otello </em>de Rossini. <strong>Gemma Coma-Alabert</strong> y déploie un superbe timbre de mezzo pour déclamer le texte du Florentin, conçu par Granados comme une sorte de paisible récitatif, à peine contrarié par une note plus amère ici ou là, le wagnérisme de l’orchestre (l’accord de Tristan passe distinctement dans les dernières mesures) étant alors tempéré pour ne pas exiger de la soliste un étalage de pure force vocale.</p>
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		<title>Seize opéras à célébrer en 2016</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/seize-operas-a-celebrer-en-2016/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jan 2016 01:12:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’aube de cette nouvelle année, nous ajoutons à nos meilleurs vœux de santé et de prospérité, seize opéras à célébrer particulièrement en 2016 : 1 –Angelica, vincitrice di Alcina, opéra en trois actes de Johann Joseph Fux dont 2016 marquera le tricentenaire de la première représentation à Vienne sur le bassin de la villa impérial &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’aube de cette nouvelle année, nous ajoutons à nos meilleurs vœux de santé et de prospérité, seize opéras à célébrer particulièrement en 2016 :</p>
<p>1 –<em>Angelica, vincitrice di Alcina</em>, opéra en trois actes de Johann Joseph Fux dont 2016 marquera le tricentenaire de la première représentation à Vienne sur le bassin de la villa impérial « la Favorite » (rien à voir évidemment avec l’opéra de Donizetti).</p>
<p>2, 3, 4 et 5 – <em>Il barbiere du Siviglia</em> et <em>Otello</em> de Gioachino Rossini, <em>Undine</em> de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann ainsi que <em>Faust</em> de Louis Spohr qui, eux, souffleront leur 200 bougies.</p>
<p>6 – <em>Goyescas</em>, le dernier opéra d’Enrique Granados, et aussi le plus célèbre, qui aurait dû être monté à Paris mais, à cause de la guerre, fut créé à New York il y aura un siècle le 28 janvier. Son succès triomphal valut au compositeur une invitation à la Maison Blanche. Granados périt dans le naufrage du paquebot qui le ramenait en Espagne, coulé par un sous sous-marin allemand.   </p>
<p>7 – <em>Ariadne auf Naxos</em>, opéra de Richard Strauss, dont la création date de 1912 mais dont la version révisée, qui aujourd’hui prévaut sur les scènes, de 1916.</p>
<p>8 – <em>La Ginevra, infanta di Scozia</em>, un des onze opéras de Giovanni Battista Bassani dont on célèbrera en 2016 le bicentenaire de la mort</p>
<p>9 – <em>La Juive</em> de Fromental Halevy, qui occupera le haut de l’affiche au moins <a href="http://www.forumopera.com/breve/2016-annee-de-la-juive">quatre fois</a> dans les mois à venir, et notamment ce printemps à Lyon mis en scène par <strong>Olivier Py</strong> et cet été à Munich avec <strong>Roberto Alagna</strong> dans le rôle d’Eléazar.</p>
<p>10 – <em>Lohengrin </em>qui verra <strong>Anna Netrebko</strong>, du 19 au 29 mai à Dresde, interpréter pour la première fois un opéra de Richard Wagner.</p>
<p>11 – <em>Il trovatore</em> de Giuseppe Verdi qui, au cours du premier semestre 2016, sera représenté sur au moins 16 scènes différentes dont 13 fois à l’Opéra de Paris du 31 janvier au 15 mars.</p>
<p>12 – <em>La senna festeggiante</em> qui, à ce jour, est le seul opéra d’Antonio Vivaldi annoncé au programme en 2016, à Londres au Wigmore Hall le 3 mai.</p>
<p>13 – <em>La Wally</em> de Catalani universellement connu depuis que le grand air de son héroïne, « Ebben? Ne andró lontana » a servi de musique au film <em>Diva</em>, mais rarement représenté sauf à Monte-Carlo du 21 au 30 janvier.</p>
<p>14, 15, 16 – <em>Manon Lescaut</em> et <em>Tosca</em> de Giacomo Puccini ainsi que <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em> de Richard Wagner parce que tout opéra dans lequel chante <strong>Jonas Kaufmann</strong> sera, cette année comme la précédente, incontournable (<a href="http://www.jonaskaufmann.com/en/5/schedule.html">plus d’informations</a>).</p>
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		<title>Goyescas&#124;Gianni Schicchi — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/goyescas-gianni-schicchi-recital-de-placido-domingo-madrid-contre-mauvaise-fortune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2015 06:10:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Placido Domingo traverse une période difficile sur le plan personnel : sa sœur est hospitalisée aux Etats-Unis et l’ex-ténor, reconverti baryton, annule régulièrement ses participations prévues de longue date. Au Teatro Real de Madrid, il devait interpréter Gianni Schicchi, le personnage bouffe du dernier opéra complet de Puccini. La situation actuelle l’en a dissuadé. L’histoire aurait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Placido Domingo</strong> traverse une période difficile sur le plan personnel : sa sœur est hospitalisée aux Etats-Unis et l’ex-ténor, reconverti baryton, annule régulièrement ses participations prévues de longue date. Au Teatro Real de Madrid, il devait interpréter Gianni Schicchi, le personnage bouffe du dernier opéra complet de Puccini. La situation actuelle l’en a dissuadé. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais par égard pour le public de sa ville natale, le baryton offre un petit récital entre la version concert de<em> Goyescas</em> (Granados) et de la farce puccinienne mise en scène par le cinéaste américain <strong>Woody Allen</strong>.</p>
<p>Et ce qui passe pour politesse devient électrisant dès le premier air. « Nemico della patria », extrait d’<em>Andrea Chenier</em>, tombe parfaitement bien dans la voix du madrilène. Le style est forgé par des décennies de chant, la ligne se développe irréprochable et assise sur un souffle impressionnant ; enfin la présence scénique laisse pantois, car même en costume trois pièces le personnage est là, dans l’instant. D’autant que le timbre s’est assombri un chouïa depuis les<em> Due Foscari </em>de Londres en novembre 2014 (<a href="http://www.forumopera.com/breve/vu-au-cinema-i-due-foscari-en-direct-de-covent-garden">où l’auteur de ses lignes l’entendit <em>live </em>pour la dernière fois</a>). La salle exulte dès ce premier air. Ce n’est rien en comparaison de l’interprétation qu’il donnera quelques minutes plus tard de l’air de Macbeth : « Pietà, rispetto, amore », très intérieur et recueilli puis enflé dans un crescendo de puissance et d’intensité phénoménales ! En guise de conclusion, le chanteur invite<strong> Maite Alberola</strong> à le rejoindre pour donner toute la scène entre Germont Père et Violetta à l’acte II de la Traviata. On retrouve les mêmes qualités que précédemment mais c’est peut-être là que le timbre trahit davantage  l’Alfredo qu’il fût. Sensible, la soprano lui donne une réplique touchante où la différence d’âge est d’autant plus troublante. On passera plus rapidement sur <strong>Bruno Pratico</strong> au vibrato incontrôlé, aux vocalises à la traine et aux effets malcantistes rondement menés. <strong>Luis Cassino</strong> est honorable en Falstaff malgré un manque de soutien dans le medium.    </p>
<p>Cet interlude réveille une salle que la version de concert de <em>Goyescas</em> avait quelque peu laissé de marbre. Il faut dire que l’œuvre brille plus par son orchestration (adaptée de la partition initiale au piano) que par son livret (écrit pour coller à l’existant). En conséquence c’est l’orchestre très bien préparé de <strong>Guillermo García Calvo</strong> qui l’emporte par le lyrisme et la suavité notamment dans les interludes entre les tableaux. Sur une écriture complexe rythmiquement, le chœur, très sollicité, n’est pas en reste pendant les deux premiers tableaux. Les solistes sont au global décevants. La Rosario de <strong>María Bayo</strong>, fâchée avec la justesse, déploie un chant monocolore plutôt acide qui ne parvient pas ne serait-ce qu’à esquisser l’amoureuse. A l’opposé, le ténor <strong>Andeka Gorrotxategi</strong> bénéficie d’un timbre chaleureux et de beaux aigus. En Pepa, <strong>Ana Ibarra</strong> rend crédible son personnage au prix de graves forcés et poitrinés. Son compagnon de scène <strong>César San Martín </strong>(Piquero) est assez transparent.</p>
<p>Au retour de l’entracte, c’est <strong>Woody Allen</strong> qui présente en Europe le dernier volet du Triptyque qu’il a mis en scène pour le Los Angeles Opera. Presque classique si l’on oublie l’écran de cinéma qui introduit la représentation avant le début de la musique, l’américain traite la farce par l’hyper-réalisme. La maison, un peu décatie, fourmille de détails et de babioles, et l’on aperçoit les toits de Florence au loin entre sous-vêtements et autres frocs qui sèchent sur les cordes à linge. Seul l’habit indique que ces personnages ne feraient pas tâche dans un Chicago des années de la prohibition. Le costume raillé blanc et noir de Schicchi, laisse peu de doute sur la vision que s’en fait le cinéaste : c’est un truand. D’ailleurs il déclame son adresse au public en agonisant, poignardé par une Zita vengeresse cependant que le petit Gherardo pleure sur son corps. Quelques idées comiques sont du plus bel effet : le testament est retrouvé dans une casserole de spaghetti que Zita sème aux quatre vents à mesure qu’elle en prend connaissance. L’ironie mordante, est, bien entendu un autre ressort de Woody Allen. Aussi il fait placer le corps de Buoso devant la porte d’entrée de la maison avec un chapeau miteux. Chacun des visiteurs (docteur, notaire) lui laissera une aumône en partant. La direction d’acteur navigue entre réalisme et grand boulevard pour le plus grand plaisir des interprètes. On retrouve dans des emplois à leur mesure les deux clés de fa du récital, de même que <strong>Maite Albertola</strong> en Laureta sémillante tant scéniquement que vocalement. Le Rinuccio d’<strong>Albert Casals</strong> est juvénile à souhait même si l’on aimerait un peu plus de générosité à l’aigu. Enfin, ce dernier soir c’est <strong>Lucio Gallo</strong> qui remplace Placido Domingo. <a href="http://www.forumopera.com/lelisir-damore-zurich-un-elixir-evente">Entendu la semaine précédente à Zurich en Dulcamara aphone</a>, l’interprète surprend par une voix saine et franche, doublée d’une roublardise scénique particulièrement jubilatoire. </p>
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