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	<title>Alessandro GRANDI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<title>Alessandro GRANDI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Purcell at Prayer – Thiré</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 03:58:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&#160;Dans les jardins de William Christie&#160;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement à la veille, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette deuxième journée de la manifestation «&nbsp;Dans les jardins de <strong>William Christie</strong>&nbsp;» à Thiré en Vendée, le temps s’annonce on ne peut plus clément. Contrairement <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">à la veille</a>, le vent est tombé et le soleil est au zénith. Encore tout émus des découvertes de la veille, les visiteurs se pressent dans les jardins pour se repaître des activités qu’ils n’ont pas eu le temps de pratiquer le jour précédent. Il y a ceux qui se lancent en famille dans un parcours itinérant de danse baroque dans le village et les espaces verts sur le thème des <em>Mémoires</em> de Casanova, quand d’autres se passionnent pour le chant participatif sur le thème des oiseaux guidés par <strong>Sophie Daneman</strong>, celle-là même qui met en mouvement le très beau <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-thire/">Dido and Aeneas</a></em> donné en soirée sur le miroir d’eau, alors que d’autres visitent avec les jardiniers les différents espaces des jardins pensés et conçus par William Christie. De notre côté, nous écoutons avec délectation les <em>Conversations croisées </em>entre l’historien de l’art <strong>Henry-Claude Cousseau</strong> et l’académicien <strong>Erik Orsenna</strong>.</p>
<p>Tout irait pour le mieux dans le plus beau des mondes si l’on n’avait pas appris qu’une bonne partie de l’équipe était sur les dents&nbsp;; en effet, la mezzo Rebecca Leggett est souffrante. La lauréate du Jardin des Voix était membre du quintette prévu le soir même pour le programme de <em>Lamentations </em>de Roland de Lassus. Or, les difficultés de l’œuvre ne permettent pas de trouver au pied levé une remplaçante. Il faut donc trouver un programme de rechange et le répéter avant 20h… Quand on le croise à la pause déjeuner, <strong>Paul Agnew</strong>, à la direction musicale pour ce même concert pour voix seules, ne laisse rien paraître et sourit comme à l’accoutumée. Il se réjouissait de faire découvrir une partie du travail du prolifique Roland de Lassus (1532-1594, également connu sous le nom d’Orlando di Lasso ou encore Roland de Lattre). Un premier motet en appel à la paix aurait dû précéder un cycle de douze motets sur le mystère de la Nativité où intervenaient douze sybilles, dans un entrelacs complexe et étrange, tout en expérimentations chromatiques. Redoutable partition que ces prophéties où s’opèrent des changements de tonalités constants. Puis auraient succédé les <em>Lamentations du samedi saint</em>, chantées durant l’office des ténèbres, avec pour seul éclairage neuf bougies éteintes une par une à la fin de chaque mouvement. Enfin, des «&nbsp;Psaumes de pénitence&nbsp;» auraient conclu l’expérience, avec les œuvres parmi les plus célèbres du compositeur dont l’humaniste Samuel van Quickelberg disait à l’époque&nbsp;: «&nbsp;lorsqu’il lui fallait mettre en accord le mot et la chose, d’exprimer l’intensité des diverses émotions en donnant à voir la chose comme si elle se produisait, que l’on peut se demander si c’est la suavité des émotions qui confère sa beauté à la plainte du chant, ou bien l’inverse&nbsp;». Paul Agnew avait bien l’intention de mettre en valeur le génie et la modernité de l’œuvre, en essayant avec ses partenaires de reproduire la palette chromatique du créateur. Las, il faudra renoncer à cette expérience qui s’annonçait passionnante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_4_005-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171447"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>En attendant, les mini-concerts de l’après-midi dans les jardins ont commencé et il est tout de même possible d’entendre <em>Suzanne un jour</em> de Roland de Lassus, donné dans le Petit bois d’Henry-Claude. Les sopranos <strong>Maud Gnidzaz</strong> et <strong>Juliette Perret</strong>, l’alto <strong>Daniel Brand</strong>, le ténor <strong>Michael Loughlin Smith</strong> et la basse <strong>Christophe Gautier</strong> se tirent à merveille des chausse-trapes d’une œuvre moins séduisante que fascinante dans sa complexité formelle. Le contenu des petits concerts est choisi par les artistes. Quelques minutes plus tard, dans un genre très différent, on écoute les chansons originales et les improvisations sur le thème de l’amour de <strong>Douglas Balliett</strong>, contrebassiste et compositeur américain (ancien élève de la Juilliard School, présent à la quasi-totalité des éditions du festival) et <strong>Thomas Dunford</strong>, luthiste fétiche des Arts Florissants dont on se souvient, par exemple, du beau programme <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">«&nbsp;Les recettes de l’amour&nbsp;»</a> donné en 2022 avec Lea Desandre et William Christie. Les deux artistes affichent une évidente complicité et un plaisir de jouer ensemble dans une sorte de jam baroco-jazzy qui électrise l’auditoire. On regrette de ne pouvoir rester toute la semaine jusqu’au terme du festival, car ce serait l’occasion d’entendre une <em>Passion selon saint Marc</em> composée par Douglas Balliett. Cette création a été commissionnée par les Arts Florissants et marque l’un des temps forts du festival.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024-Les-Arts-Florissants-Day_3-063-Jay-Qin-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-171450"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jay Qin</sup></figcaption></figure>


<p>Après dîner, les bénévoles dévoués organisent le transfert à quelques kilomètres de là, dans l’église de Saint-Juire-Champgillon, car l’église de Thiré est en travaux actuellement. Dans le sanctuaire où chaque siège est occupé et l’éclairage réduit à quelques cierges, un parfum capiteux à base de lys émane de deux somptueux bouquets embellissant les pilastres du chœur. Paul Agnew prend la parole pour expliquer au public que le programme annoncé va être remplacé par un autre, en raison de l’absence de Rebecca Leggett, totalement aphone. Une partie de la journée a été consacrée à concocter un nouveau programme cohérent, en privilégiant des solos plutôt que des ensembles, en fonction de ce que les artistes étaient capables de présenter le soir même. Le jeune <strong>Gabriel Rignol </strong>au théorbe a accepté de se joindre aux chanteurs, secondé par <strong>Florian Carré </strong>au clavecin, lequel se trouvait encore à Paris le matin même… Aucune rumeur de protestation dans l’auditoire pour accueillir l’annonce&nbsp;: Paul Agnew sait y faire et l’on se prend immédiatement d’empathie pour lui et les siens. Ce sont finalement des pièces sacrées de Purcell qui sont proposées… Le pédagogue écossais nous rappelle que Purcell serait sans doute surpris de savoir que nous connaissons surtout sa musique profane, lui qui a tant composé pour le domaine sacré. Et curieusement, cette sélection d’œuvres religieuses intitulée «&nbsp;Purcell at Prayer&nbsp;» est une première dans le festival. L’alto <strong>Mélodie Ruvio</strong>, le ténor <strong>Hugo Hymas</strong> et la basse <strong>Edward Grint</strong> devaient interpréter initialement les œuvres de Lassus. Ils s’adaptent parfaitement à l’univers polyphonique du compositeur anglais. Le public retient son souffle. Pour les soutenir, les sopranos Juliette Perret et <strong>Violaine Le Chenadec </strong>complètent avec Paul Agnew un sextette en idéale harmonie. Très vite, le plaisir de chanter ensemble prend le dessus sur la tension des répétitions à l’arrachée de la folle journée (d’autant que Juliette Perret se produisait trois fois de suite au cours de l’après-midi dans les jardins et Paul Agnew deux fois&nbsp;!). Quelque chose de magique se produit et au terme du concert, c’est un tonnerre d’applaudissements qui salue les artistes. Le moment que nous avons vécu appartient aux grands bonheurs que l’on peut éprouver dans le spectacle vivant&nbsp;: le professionnalisme des artistes, leur capacité d’adaptation et leur connaissance du répertoire leur ont permis de se dépasser et de nous combler.</p>
<p>Après la pause d’une demi-heure et le traditionnel chocolat chaud offert par les paroissiens, tout le monde revient s’installer dans l’église pour la «&nbsp;Méditation à l’aube de la nuit&nbsp;», conçue comme un moment privilégié qui permet de se préparer au sommeil. Les règles sont rappelées par Paul Agnew&nbsp;: il s’agit de laisser infuser la musique à l’issue de la journée et pour cela, s’abstenir d’applaudir. La soprano Violaine Le Chenadec est accompagnée de son époux <strong>Adrien Mabire</strong> au cornet à bouquin, le couple étant soutenu par Gabriel Rignol au théorbe, tout jeune, mais merveilleusement doué. Nous entendons cette fois Monteverdi et ses contemporains. Le couple Mabire/Le Chenadec fonctionne particulièrement bien. La voix, bien timbrée, ample et émouvante, est magnifiée par le jeu inspiré du cornettiste, dont on goûte avec délices la virtuosité exceptionnelle (et en plus, il chante parfaitement bien…). Du coin de l’œil, on aperçoit Paul Agnew, installé dans le public, visiblement ému et soulagé, les yeux mi-clos, qui se repaît des sonorités idéalement réverbérées dans la petite église.</p>
<p>On quitte à grand regret ce festival enchanteur, avec une petite pointe d’envie pour les bienheureux qui peuvent rester jusqu’au bout. Eux entendront les <em>Lamentations de Lassus</em> le lendemain, puis l’extraordinaire violoniste Théotime Langlois de Swarte et son complice William Christie qu’on avait eu la chance d’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-recettes-de-lamour-thire-la-vie-en-roses/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1692738954&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-91226&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">entendre par le passé</a>, mais également <em>Orphée et Eurydice</em> de Gluck en version de concert dirigée par Paul Agnew sur le miroir d’eau et bien sûr, la création déjà évoquée&nbsp;: la <em>Passion selon saint Marc</em>. Au bout de quatre jours, le taux de remplissage était de 99&nbsp;%&nbsp;! Il faudra s’y prendre tôt pour les réservations l’année prochaine…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="&quot;O come sei gentile&quot; (Monteverdi) - Violaine Le Chenadec &amp; Adrien Mabire" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/53KDkXTM1zw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Découverte dansée - Festival Dans les Jardins de William Christie" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/9zWTsONpnQY?list=PL8ltSP2mqeAg9rZKO00Kecz5cbGxObl-k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Salve Regina - Doug Balliett" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/btIewTK3d5I?list=PL8ltSP2mqeAg9rZKO00Kecz5cbGxObl-k" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Celesti Fiori – Motetti – Alessandro Grandi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2019 19:06:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis ses prémices médiévales jusqu’à son acmé baroque, le motet vénitien connut bien des métamorphoses au fil des siècles. Un monde sépare les œuvres de circonstances, parfois brillantes, mais souvent pompeuses écrites dès le Trecento pour célébrer les grands événements de la Sérénissime, tels que l’investiture d’un doge ou l’annexion d’un nouveau territoire, et les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis ses prémices médiévales jusqu’à son acmé baroque, le motet vénitien connut bien des métamorphoses au fil des siècles. Un monde sépare les œuvres de circonstances, parfois brillantes, mais souvent pompeuses écrites dès le Trecento pour célébrer les grands événements de la Sérénissime, tels que l’investiture d’un doge ou l’annexion d’un nouveau territoire, et les sommets d’expressivité atteints par Alessandro Grandi dans certaines pièces de <em>stile moderno </em>qui soutiennent parfaitement la comparaison avec celles de Monteverdi. Leurs contemporains le considéraient d’ailleurs comme son égal, plusieurs historiens soupçonnant des relations tendues, sinon une rivalité à San Marco où Alessandro fut <em>cantor </em>sous la direction du divin Claudio avant d’occuper, à partir de 1620, le poste de vice-maître de chapelle. Si de nombreux interprètes ont inclus l’un ou l’autre motet de Grandi dans des florilèges de divers compositeurs, les disques qui lui sont exclusivement consacrés se comptent véritablement sur les doigts de la main. Cette nouvelle parution mérite donc toute notre attention, a fortiori quand elle nous dévoile des inédits d’une excellente facture et servis par des artistes désarmants de sincérité et de générosité.  </p>
<p>René Jacobs signait pourtant, en 1993, un enregistrement gorgé de vie et superbement chanté qui aurait dû éveiller la curiosité de ses pairs (Deutsche Harmonia Mundi) mais auquel ne succédèrent que des projets inaboutis (une collection de motets chez Supraphon l&rsquo;année suivante et des Vêpres chez Carus en 2010). Le contre-ténor belge s’était entouré d’une poignée de jeunes chanteurs qui avaient suivi son enseignement à la Schola Cantorum Basiliensis, tous promis à un bel avenir (Elisabeth Scholl, Maria Cristina Kiehr, Andreas Scholl ou Gerd Türk). L’indifférence des baroqueux à l’endroit du maître du motet surprend d’autant plus qu’ils sont parfois prompts à exhumer d’obscurs inconnus au talent discutable alors que Alessandro Grandi exerça une influence considérable au-delà même de la péninsule comme en témoigne, par exemple, la parodie de « Lilia » réalisée par Schütz dans ses <em>Symphoniae Sacrae</em>. Les pages retenues par l’<strong>Accademia d’Arcadia </strong>et l’<strong>UtFaSol Ensemble </strong>placés sous la conduite raffinée d’<strong>Alessandra Rossi Lürig </strong>explorent les huit recueils publiés entre 1610 et 1630 et embrassent aussi bien les polyphonies de <em>stile antico </em>que la monodie accompagnée et comprennent même un dialogue éminemment théâtral.</p>
<p>Les C<em>elesti fiori </em>rassemblées par l’équipe transalpine partagent cinq pages avec l’anthologie gravée par René Jacobs, ce qui ne surprend guère vu leur puissance d&rsquo;évocation  (« O quam tu pulchra es », « Plorabo », « Bone Jesu », « Domine ne in furore tuo », « Heu mihi »). Les timbres trop uniment plaintifs des ténors privent d&rsquo;ardeur l’extase amoureuse tirée du Cantique des Cantiques (« O quam tu pulchra es »), les chromatismes de « Plorabo » manquent peut-être de relief mais la confrontation peut également se révéler passionnante entre les interprètes d’hier, plutôt extravertis, mais parfois aussi un rien pressés, et ceux d’aujourd’hui, plus subtils et attentifs aux fluctuations du sentiment comme aux fréquents et parfois abrupts changements de climat qui caractérisent l&rsquo;écriture de Grandi. L’affliction de Marie (« Plorabo ») nous touche directement, la supplique du fidèle repenti se fait plus pressante et nous émeut davantage (« Domine ne in furore tuo »). L’acoustique propitiatoire de la Basilica Palatina di Santa Barbara à Mantoue autorise une autre mise en scène sonore tout en permettant aussi aux ingénieurs de capter avec une précision remarquable et un tout autre naturel les moindres inflexions de musiciens prodigues en nuances. Vocalement, cependant, le tout est plus que la somme des parties et les ensembles affichent une plénitude (découvrez ce « Nisi dominus » richement contrasté) qui fait défaut à certains solistes. Talon d’Achille de cette louable entreprise, la plupart des parties de <em>cantus </em>échoient au même soprano, cotonneux et pointu, dont l’élocution prive de clarté comme de force l’expression individuelle du croyant (les carences sont particulièrement flagrantes dans le « Surge propera » pour <em>cantus </em>et <em>bassus</em>). La parure instrumentale, sans violons et limitée aux vents, nous éloigne davantage encore des fastes de San Marco au profit d’une lecture par moments presque méditative, mais pétrie d’intentions justes et qui nous étreint plus profondément, plus intimement que celle, techniquement supérieure, de Jacobs et de ses chantres. </p>
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