<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Janacek - Compositeur - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/compositeur/janacek/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/compositeur/janacek/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 13 Mar 2026 22:15:53 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Janacek - Compositeur - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/compositeur/janacek/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Discothèque idéale  : Janáček &#8211; Jenůfa (Mackerras, Decca &#8211; 1984)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-janacek-jenufa-mackerras-decca-1984/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 17:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=209220</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dès le prélude l’orchestre (les Wiener Philharmoniker, magnifiques) semble tout conjuguer : des textures opulentes, une nervosité frémissante (ce xylophone qui semble l’appel du destin) et une urgence à l’unisson de l’inquiétude de Jenůfa et du lyrisme éperdu de Laca. Sir Charles Mackerras vibre à l’unisson de la nervosité de Janáček, souligne les contrastes de tempo, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-janacek-jenufa-mackerras-decca-1984/"> <span class="screen-reader-text">Discothèque idéale  : Janáček &#8211; Jenůfa (Mackerras, Decca &#8211; 1984)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-janacek-jenufa-mackerras-decca-1984/">Discothèque idéale  : Janáček &#8211; Jenůfa (Mackerras, Decca &#8211; 1984)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dès le prélude l’orchestre (les <strong>Wiener Philharmoniker,</strong> magnifiques) semble tout conjuguer : des textures opulentes, une nervosité frémissante (ce xylophone qui semble l’appel du destin) et une urgence à l’unisson de l’inquiétude de Jenůfa et du lyrisme éperdu de Laca.<strong> Sir Charles Mackerras</strong> vibre à l’unisson de la nervosité de Janáček, souligne les contrastes de tempo, soulève le crescendo de violence de la fin du premier acte (la scène du coup de couteau qui lacère la joue de Jenůfa), plus tard il étirera le temps pendant le long monologue nocturne éperdu de la malheureuse ou fera trépider les danses populaires de la scène du mariage, tout cela est mené avec autant de fougue, de netteté, que d’alacrité dans les sonorités.</p>
<p>Janáček a confié à deux ténors les deux demi-frères : à <strong>Petr Dvorský</strong> échoit le rôle extraverti, la virilité un peu brusque, l’inconséquence de Števa et à <strong>Wieslaw Ochman</strong> la clarté, la candeur, la probité et les effusions du sincère Laca. Les couleurs vocales de l’un et de l’autre caractérisent idéalement les deux personnages.</p>
<p>Mais surtout les deux héroïnes sont tout aussi judicieusement distribuées, et d’abord Kostelnička, la Sacristine, qui dans la pièce de théâtre de Gabriela Preissová était le personnage principal &#8211; et le titre de l’opéra fut d’abord celui de la pièce, <em>Její pastorkyňa</em>, c’est-à-dire « Sa belle-mère ». <strong>Eva Randová</strong> traduit toute la complexité du personnage, qui n’est pas seulement rigoriste et dur. La réintroduction de son monologue du premier acte lui restitue un passé, une histoire personnelle, une épaisseur, explique son amertume, sa rancœur, qu’expriment la véhémence, et les ombres de la voix. Mais c’est surtout son monologue du second acte (« Co chvila…co chvila… »), sa résolution de noyer l’enfant qui prend à la gorge : on pourrait s’émerveiller de la longueur de la voix de Randová, ou de sa compréhension intime de la langue musicale de Janáček, mais c’est surtout la force de son incarnation, sa puissance tragique qui sont cinglantes. Et pétrifiant son cri « načuhovala ! » qui conclut l’acte, l’instant où elle est saisie d’effroi face à son crime.</p>
<p><strong>Elisabeth Söderström</strong> est une Jenůfa d’une limpidité, d’une fragilité, d’une innocence, d’un aveuglement ineffables, que ce soit dans sa supplique à Števa au premier acte ou dans son très long monologue, désemparé et poignant, du deuxième acte, le moment où elle découvre que l’enfant a disparu.</p>
<p>Mackerras est aussi impressionnant dans l’intimité de ce deuxième acte, entièrement focalisé sur les tempêtes intérieures des protagonistes, qu’il est brillant dramaturge au dernier, où interviennent comme au premier de nombreux personnages (et des interprètes pour la plupart tchécophones, d’où la saveur et le naturel des échanges).</p>
<p>Tout commence doucement. Il y a la douleur de Jenůfa abandonnée par celui qu’elle aimait, Števa, il y a l’atmosphère douce-amère du mariage de raison avec Laca, il y a la présence luxueuse de <strong>Lucia Popp</strong> dans le rôle minuscule de Karolka et le chœur acidulé des jeunes villageoises. Et soudain le cri d’une femme au loin : sous la glace de la rivière est apparu le cadavre du nouveau-né.</p>
<p>Les cris, la confusion, l’affolement de l’orchestre, qui d’abord se tait, l’aveu <em>a cappella</em> de la Sacristine, puis les contre-chants, tellement insaisissables, des différents pupitres qui ponctuent les réactions de chacun, le déchirement de Kostelnička (Randová sublime), l’effusion de deux voix féminines, la proximité des deux timbres, si proches, et enfin la scène finale (« Odešli »), miraculeusement transparente dans son orchestration originelle, la grandeur de Jenůfa qui pardonne, à Laca son coup de couteau et à sa belle-mère son crime, la générosité de Laca, les appels de trombones, les textures orchestrales qui s’entrelacent, l’ascension ultime vers on ne sait quoi, tout cela est fulgurant, magnifique, puissant, implacable comme la fatalité.</p>
<p><em>Leoš Janáček : Jenůfa, opéra en trois actes. Livret par Gabriela Preissová. </em><br />
<em>Elisabeth Söderström (Jenůfa), Eva Randová (Kostelnička Buryjovka), Marie Mrazová (Stařenka Buryjovka, l’Aïeule), Peter Dvorský (Števa Buryja), Wieslaw Ochman (Laca Klemeň), Václav Zitek (Stárek, le contremaître), Jana Jonasová (Jano), Jindra Pokorná (Barena, la servante), Lucia Popp (Karolka), Věra Soukopová (Pastuchyňa, la vachère, Tetka, une paysanne), Dalibor Jedlička (Rychtář, le juge de paix), Ivana Mixová (Rychtářcka (sa femme). </em><br />
<em>Chor der Wiener Staatsoper (Norbert Balatsch, chef de chœur), </em><br />
<em>Wiener Philharmoniker, Sir Charles Mackerras (direction musicale). </em><br />
<em>Enregistré à la Sofiensaal, Vienne, Avril 1982. Parution : 1983.</em></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><a href="https://www.forumopera.com/dossier/la-discotheque-ideale-de-lart-lyrique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="355" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/vers-la-discotheque-ideale-2-1024x355.png" alt="" class="wp-image-207785"/></a></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-janacek-jenufa-mackerras-decca-1984/">Discothèque idéale  : Janáček &#8211; Jenůfa (Mackerras, Decca &#8211; 1984)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>JANACEK, Kát&#8217;a Kabanová &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-kata-kabanova-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Oct 2024 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=174993</guid>

					<description><![CDATA[<p>La condition sine qua non d’un Janáček réussi, c’est avant tout l’orchestre. Carton plein pour Michael Güttler et les forces de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège qui pourtant n’ont guère fréquenté cet univers opératique ces dernières saisons. La préparation de chaque pupitre donne à entendre l’essentiel : couleurs et timbres consubstantiels ce répertoire, homogénéité et profondeur du &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-kata-kabanova-liege/"> <span class="screen-reader-text">JANACEK, Kát&#8217;a Kabanová &#8211; Liège</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-kata-kabanova-liege/">JANACEK, Kát&rsquo;a Kabanová &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La condition sine qua non d’un Janáček réussi, c’est avant tout l’orchestre. Carton plein pour <strong>Michael Güttler</strong> et les forces de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège qui pourtant n’ont guère fréquenté cet univers opératique ces dernières saisons. La préparation de chaque pupitre donne à entendre l’essentiel : couleurs et timbres consubstantiels ce répertoire, homogénéité et profondeur du son ensuite, netteté des attaques enfin. Voilà qui augure du meilleur pour une phalange qui se prépare à affronter <em>Tristan und Isolde</em> en début d’année prochaine. Le chef allemand épouse la langue de Janáček avec évidence : il en souligne tant la prosodie si particulière que le romantisme sous-jacent. Il s’offre des contrastes très marqués, du fortissimo aux sons confidentiels, tout en ménageant son plateau à chaque instant.</p>
<p>Un plateau qui fait montre d’un réel engagement tant scénique que vocal. Les petits rôles se font tous remarquer par leur personnalité, telle <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> dont la Glasa sonore et chaleureuse se détache dans ses quelques répliques. <strong>Daniel Miroslav</strong> procède de même avec le personnage de Kuligin, ombre inquiétante servie par un timbre sombre. <strong>Dmitry Cheblykov</strong> (Dikoj) croque un notable hargneux grâce à une excellente projection et un certain charisme scénique. Des qualités que partagent <strong>Alexey Dolgov</strong> (Vana) et <strong>Magnus Vigilius</strong> (Tichon) deux ténors aux voix bien distinctes. Le premier peut compter sur une couleur « de caractère » et un timbre un peu nasal pour donner vie et légèreté au seul personnage masculin un peu sympathique de l’œuvre, quand le second adoucit sa voix d’<em>heldentenor</em> pour incarner un Tichon veule et amoureux. <strong>Anton Rositskiy</strong> se situe entre les deux : voix puissance et timbre au métal clair, il survole les difficultés du rôle. Le trio féminin principal s’avère tout aussi convaincant. <strong>Nino Surguladze</strong> (Kabanicha) se promène en bourgeoise hautaine sur scène et déploie une voix riche, capiteuse, qu’elle plie dans les accents de la marâtre avec aisance. <strong>Jana Kurucová</strong> offre son parfait pendant : voix claire et fruitée, elle incarne d’emblée la jeune sœur et sa force de vie. <strong>Anush Hovhannisyan</strong> monte crescendo pendant toute la représentation. Si son timbre manque peut-être de séduction immédiate pour coller au portrait de Katia, sa science des mots et des nuances – jusqu’au sons filés – la rendre tout à fait crédible et émouvante en héroïne sacrifiée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ensemble-©-J-Berger_ORW-2-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-174998" width="910" height="605"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J Berger</sup></figcaption></figure>


<p>Défaite des femmes supplémentaire, <em>Katia Kabanova</em>, créé il y a un peu plus d’un siècle, n’a pour ainsi dire pas pris une ride. Cette histoire de femme dans une périphérie géographique, écrasée par le groupe et les convenances semblent faire la une de nos rubriques faits-divers sans discontinuer. <strong>Aurore Fattier</strong> et son équipe opte donc pour un ultra-réalisme sans concession. Tout juste quelques costumes et des smartphones trahissent l’actualisation. Les téléphones épient d’ailleurs sans cesse et donnent à voir les visages et les rictus coupables que les personnages traquent sans cesse chez l’autre. Manière de dire, en plus de narrer l’opéra de Janáček, que si Katia devient la première victime, c’est bien toute la société, notre société, qui est fliquée tant par la technologie que par nos usages.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-kata-kabanova-liege/">JANACEK, Kát&rsquo;a Kabanová &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>JANÁCEK, Jenůfa &#8211; Anvers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-jenufa-anvers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2024 05:39:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=165032</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après vingt ans de tournées dans les théâtres de la France à l&#8217;Espagne en passant par l&#8217;Allemagne et le Japon, cette production de Jenůfa&#160;– initiée par le directeur de l&#8217;époque Marc Clémeur &#8211; retrouve son premier port d&#8217;attache, l&#8217;Opéra-Ballet des Flandres. Dans le programme de salle, le directeur de l&#8217;institution, Jan Vandenhouwe, rend un vibrant &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-jenufa-anvers/"> <span class="screen-reader-text">JANÁCEK, Jenůfa &#8211; Anvers</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-jenufa-anvers/">JANÁCEK, Jenůfa &#8211; Anvers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après vingt ans de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/un-janacek-epure/ 2010 reprise de 2004" data-wplink-url-error="true">tournées</a> dans les théâtres de la France à l&rsquo;Espagne en passant par l&rsquo;Allemagne et le Japon, cette production de <em>Jenůfa</em>&nbsp;– initiée par le directeur de l&rsquo;époque Marc Clémeur &#8211; retrouve son premier port d&rsquo;attache, l&rsquo;Opéra-Ballet des Flandres. Dans le programme de salle, le directeur de l&rsquo;institution, Jan Vandenhouwe, rend un vibrant hommage à ce qui fut pour lui une expérience bouleversante en son jeune âge.</p>
<p>En cette soirée de première, l&rsquo;efficacité théâtrale de la proposition de <strong>Robert Carsen</strong> s&rsquo;avère intacte. Avec des éléments scénographiques réduits et les costumes aux tons sourds de&nbsp;<strong>Patrick Kinmonth</strong>, avec les belles lumières de <strong>Peter Van Praet</strong>, il&nbsp;extrait le parcours des personnages de tout folklore pour leur donner une universalité profondément touchante.</p>
<p>La scène en pente recouverte d&rsquo;une épaisse couche de terre rouge évoque un monde en déséquilibre, où il est malaisé de se mouvoir, de trouver sa place, et qui délaisse le policé pour s&rsquo;attacher aux instincts les plus bruts.<br>Des portes blanches ajourées, dépareillées, animent cet espace abstrait composant d&rsquo;abord une sorte d&rsquo;arène où Jenufa est seule tandis que tous le village l&rsquo;épie de l&rsquo;extérieur. Les spectateurs sont également placés dans cette posture de voyeurs puisque l&rsquo;avant-scène est obstruée. Puis ce quatrième mur disparaît pour nous permettre d&rsquo;entrer au cœur du drame qui se joue.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="934" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/JENUFA_jenufadeuren_1999-2000_cAnnemieAugustijns-1024x934.webp" alt="" class="wp-image-165129"/></figure>


<p>Au second acte, l&rsquo;espace est à nouveau recomposé, à vue, pour créer ce qui semble d&rsquo;abord un labyrinthe – celui de la situation inextricable où se trouve l&rsquo;héroïne – avant de se lire comme les deux pièces de la cabane où la jeune femme cache sa grossesse : l&rsquo;espace se restreint, étouffant les aspirations de l&rsquo;héroïne. Cet abri de fortune explose littéralement sous le coup des révélations du meurtre de l&rsquo;enfant par la sacristine et les portes toutes inclinées vers le centre de la scène semblent autant de flèches accusatrices pointant vers la coupable.</p>
<p>Par contraste, l&rsquo;image finale s&rsquo;en trouve plus puissante encore : le plateau surpeuplé est désormais totalement vide à l&rsquo;exception des deux protagonistes principaux, Jenůfa et Laca. Dans cet espace désolé, la pluie vient transformer le désert en terreau, en champs labouré. L&rsquo;image du vide fertile, de la douleur transcendée par l&rsquo;espoir et le pardon n&rsquo;a jamais semblé plus évidente que dans cette apothéose.</p>
<p>La distribution vocale sert avec autant de talent que de conviction un choix scénique qui va à l&rsquo;os des choses.<strong> Agneta Eichenholz</strong>, tout d&rsquo;abord, s&#8217;empare de la figure de Jenůfa à bras le corps avec une sincérité et une intelligence proverbiales. Elle dessine une héroïne parfaitement crédible, aimante, douce, au timbre de miel ambré, au legato enveloppant; elle émeut sans effort apparent. <strong>Maria</strong> <strong>Riccarda Wesseling</strong> est une grand-mère faite du même bois mêlé de tendresse et d&rsquo;autorité vocale sans faille.</p>
<p>Face à elle, la Sacristine se trouve confrontée à une partie plus délicate, éminemment ambitieuse : <strong>Natascha Petrinsky</strong> se drape d&rsquo;abord dans une élégance glacée qui fait merveille avant de frôler dangereusement le surjeu lorsque sa raison vacille, qu&rsquo;elle se trouve « hors d&rsquo;elle ». La mezzo compose un Janus qui bascule d&rsquo;une foi fervente mais rigide, à un meurtre effroyable avant que les remords ne la déchirent. Son approche très rythmique donne une énergie singulière à la ligne vocale conduite toujours avec soin et enrichie de nuances raffinées.</p>
<p>Celui par qui le malheur arrive – le Števa de Ladislav Elgr –&nbsp;lutte avec une tessiture un peu tendue pour son instrument mais est tout à fait convainquant scéniquement. Le ténor tchèque est un excellent comédien; il campe un séducteur au charme dépenaillé qui se complaît dans sa veulerie, sa superficialité. Ces caractéristiques en font un personnage bien moins intéressant que Laca auquel <strong>Jamez</strong> <strong>McCorkle</strong> offre une stature de colosse qui rend d&rsquo;autant plus bouleversante l&rsquo;évolution de son personnage entre pulsions violentes et tendresse infinie. Le ténor américain bénéficie d&rsquo;une large assise, accrochée haut, d&rsquo;un grand sens de la mélodie, de la ligne et des couleurs.</p>
<p>Les seconds plans sont excellents, tant les lumineuses <strong>Zofia Hanna</strong> et <strong>Bianca Van Puyvelde&nbsp;</strong>(respectivement Jana et la fiancée)&nbsp;que le maire plein d&rsquo;autorité de <strong>Reuben Mbonambi</strong> où encore le contremaître à la belle projection de <strong>David Stout</strong>. Soulignons également l&rsquo;important travail de diction du tchèque chez l&rsquo;ensemble des chanteurs, y compris le chœur très investi de<strong> l&rsquo;Opera Ballet Vlaanderen</strong>.<br>Tous bénéficient du soutien d&rsquo;<strong>Alejo Pérez</strong> – qui connait bien ce répertoire – et dont la direction ferme, précise, emporte <strong>l&rsquo;Orchestre symphonique Opera Ballet Vlaanderen</strong> d&rsquo;un souffle large et puissant capable également des plus grandes délicatesses pour laisser chaque ligne musicale s&rsquo;épanouir. Les parties de violon, en particulier font montre d&rsquo;une remarquable sensibilité.</p>
<p>Un programme à découvrir les 8, 11, 14, 16 juin à Anvers avant une fin de tournée à Gand du 30 juin au 9 juillet.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-jenufa-anvers/">JANÁCEK, Jenůfa &#8211; Anvers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
