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	<title>Victorin JONCIÈRES - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Victorin JONCIÈRES - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>JONCIÈRES, Lancelot — Saint-Etienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 May 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Tous les ouvrages n’ont paru sur la scène de l’Opéra (…) que pour s’y abimer presqu’aussitôt dans on ne sait quelles oubliettes (…) C’est là que gisent côte-à-côte les opéras mort-nés, dont les érudits de l’avenir exhumeront les restes encore reconnaissables… » lit-on dans un ouvrage de 1925 (*). Le Palazetto Bru-Zane avait ressuscité Dimitri, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Tous les ouvrages n’ont paru sur la scène de l’Opéra (…) que pour s’y abimer presqu’aussitôt dans on ne sait quelles oubliettes (…) C’est là que gisent côte-à-côte les opéras mort-nés, dont les érudits de l’avenir exhumeront les restes encore reconnaissables… » lit-on dans un ouvrage de 1925 (*). Le Palazetto Bru-Zane avait ressuscité <em>Dimitri</em>, le 3e opéra de Victorin Joncières, dont nous conservons l’enregistrement de 2014, déjà conduit par <strong>Hervé Niquet</strong>. C’est de nouveau à lui qu’ont fait appel L’Opéra de Saint-Etienne et la fondation animée par Alexandre Dratwicki, partenaires essentiels, pour la renaissance de cet ultime opéra du compositeur.</p>
<p>Il y a fort à parier que Paul Dessau, en 1969, lorsqu’il écrivit son <em>Lanzelot</em>, sur un livret de Heiner Müller, ignorait que tant d’années auparavant, Victorin Joncières avait illustré le même thème. En effet, 121 ans se sont écoulés depuis sa création à l’Opéra de Paris. L’ouvrage était tombé dans un oubli profond. Chausson avait eu plus de chance avec son <em>Roi Arthus</em>, achevé en 1895, mais qui ne fut donné qu’en 1903 à La Monnaie de Bruxelles. L’œuvre s’achève également sur le pardon du roi, mais ne comportait qu’une figure féminine, celle de Genièvre (ici, Guinèvre). Toutes trouvent évidemment leur source musicale dans <em>Tristan et Isolde</em>, donné à Münich en 1865.</p>
<p>Chez les librettistes, nulle quête du Graal, c’est à Chrétien de Troyes que l’on doit la trame narrative. Lancelot a été enlevé à ses parents par la fée Viviane, la « dame du lac », qui l’élèvera jusqu’à ses dix-huit ans. Ainsi basculerons-nous du mythe à la féérie du 3e acte, rêve de Lancelot, conduit au lac de son enfance, ce qui justifie cet acte de ballet pantomime. Le difficile pari de sa réalisation est ici gagné, avec des chorégraphies idéales. L’ouvrage s’ouvre sur le choix qu’Arthur impose à Lancelot, en lequel sa confiance est absolue : un siège est à pourvoir. Des deux candidats, le Comte Alain et Markoël, le chevalier à la charrette choisira le premier, alors que le second le menace de révéler au roi sa liaison à la reine. Il mettra sa menace à exécution, qui conduira à l’enfermement de Guinèvre au cloître, et à un guet-apens visant à tuer notre héros. Arthus ayant auparavant décidé de marier son chevalier préféré à Elaine, fille du comte Alain, tous les ressorts de l’intrigue sont connus. Les deux femmes, aimantes et rivales, noueront une relation riche et complexe, et c’est sur la mort de la jeune Elaine dans les bras de Guinèvre que s’achève l’ouvrage.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/lancelot_1.jpg?itok=-y7IFJq9" title="Thomas Bettinger (Lancelot) et Camille Tresmontant (Kadio) © Cyrille Cauvet" width="468" /><br />
	Thomas Bettinger (Lancelot) et Camille Tresmontant (Kadio) © Cyrille Cauvet</p>
<p>Imaginer et construire les décors des six tableaux n’était pas une mince affaire. <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> a conçu un ingénieux dispositif qui, avec les lumières adéquates de <strong>Christophe Chaupin</strong>, permet une continuité dramatique bienvenue, propre aux ambiances de chaque scène. Le cadre est classique : l’intérieur d’une riche salle de réception, aux murs percés de larges baies et décorés de fresques pseudo-médiévales (**). Ce qui apparaît aux premières scènes comme un podium central se révélera être un gigantesque cadran, roue de fortune, Table ronde, dont la rotation, plus ou moins rapide, comme l’inclinaison, participeront au renouvellement du décor. Y prennent part, seuls accessoires, de grands candélabres. La partie supérieure du disque, ourlée de jupes de velours, s’ouvrira à l’aide de vérins, pour constituer l’alcôve où gît Lancelot au début du deuxième acte. Dessinés par le metteur en scène et le scénographe, <strong>Bruno de Lavenère</strong>, les beaux costumes des chanteurs comme des danseuses, seyants, contemporains à l’écriture de l’ouvrage, caractérisent bien chacun.</p>
<p>Si la partition témoigne d’un indéniable savoir-faire, elle ne brille pas par son originalité. L’acte de ballet est à cet égard d’un conformisme singulier. L’introduction du quatrième va jusqu’à pasticher la farandole de <em>l’Arlésienne</em> et son ostinato. C’est efficace, sans plus. Rares sont les moments d’émotion, malgré un livret qui les favorise. Seules nous touchent les dernières scènes et l’épilogue, vigoureusement conclu par un large et puissant choral instrumental.</p>
<p>La distribution, inégale, n’accuse pas de réelle faiblesse. Les deux seules femmes n’appellent que des éloges.<em> </em><strong>Anaïk Morel </strong>fait preuve d’une belle maîtrise et donne vie à Guinèvre, l’émission est sonore, ronde. La sûreté des moyens, dans sa plus large tessiture de mezzo, lui permet de traduire avec justesse toutes les émotions et les tourments que traverse cette reine déchue. <strong>Olivia Doray</strong>, n’est pas moins remarquable en Elaine. Elle projette fièrement ses aigus et soutient sa ligne. La voix est fraîche, jeune, et sa conduite comme son jeu sont à souligner. Leur duo « Aux espérances délaissées » est des moments forts de la soirée.</p>
<p><strong>Thomas Bettinger</strong>, totalement investi dans son Lancelot, trouve la vaillance et les accents héroïques ou tendres du héros, même si la voix est un peu courte. Ses trois duos avec Guenièvre sont aboutis et justes. Son évolution dramatique et surtout vocale tout au long de l’opéra nous réserve le meilleur à la fin. <strong>Frédéric Caton</strong> campe un beau Comte Alain, sensible, expressif. La voix noble, sûre, correspond idéalement à son personnage, émouvant. <strong>Tomasz Kumiega </strong>s’impose davantage par sa corpulence que par son chant. Il défend honnêtement son rôle, loin de dessiner une incarnation, même si la scène du pardon nous émeut. Son français accuse ses origines, les moyens vocaux sont là, mais il surjoue Arthus, le privant de sa noblesse. <strong>Philippe Estèphe</strong> incarne le méchant Markoël, que la partition prive de tout autre ressort que la jalousie et le désir de vengeance. Le Kadio de <strong>Camille Tresmontant</strong> ne démérite jamais, comme le serviteur de <strong>Frédéric Bayle</strong>, dont l’intervention est brève<em>. </em>La dizaine de chœurs qui animent la scène sont bienvenus, et on retiendra ainsi ceux de l’acte trois, bouches fermées, puis l’intonation du <em>Requiem</em>.  </p>
<p>La direction d’Hervé Niquet<strong> </strong>est animée d’un puissant souffle dramatique.  Elle trouve ses limites dans les passages les plus lyriques, insuffisamment retenus. L’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, que l’on a connu meilleur, paraît massif, dense et compact. Hormis quelques soli instrumentaux et les pages du ballet pantomime, le raffinement, l’élégance font souvent défaut. Particulièrement aux deux premiers actes, l’orchestre, riche en cuivres et aux basses puissantes, couvre souvent les voix. Il faudra attendre les suivants et l’épilogue pour aboutir à l’équilibre. Nul doute qu’au fil des prochaines soirées, la réalisation corrige ces travers. Une entreprise louable et courageuse, servie par une mise en scène remarquable et par des interprètes pleinement engagés. Dans l’attente du DVD qui devrait naturellement suivre.</p>
<p> <br />
<u>(*) Cinquante ans de musique française de 1874 à 1925</u>, sous la direction de L. Rohozinski, Paris, 1925, tome I, p.77<br />
(**) tapisserie du préraphaélite Burnes-Jones, relatant la légende arthurienne.</p>
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		<title>Mer(s)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mers-la-sirene-de-mistassini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 04:00:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir célébré l’heure exquise chère à Reynaldo Hahn et à bien d’autres compositeurs fin de siècle par Verlaine interposé, Marie-Nicole Lemieux chante cette « odeur exquise de lilas » qui flotte sur la mer selon Maurice Bouchor. Mais ce n’est pas tout, puisque ce disque regroupe trois marines, peintes par trois pinceaux bien différents en l’espace &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir célébré l’heure exquise chère à Reynaldo Hahn et à bien d’autres compositeurs fin de siècle par Verlaine interposé, <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> chante cette « odeur exquise de lilas » qui flotte sur la mer selon Maurice Bouchor. Mais ce n’est pas tout, puisque ce disque regroupe trois marines, peintes par trois pinceaux bien différents en l’espace d’une vingtaine d’années. La Canadienne maîtrisant aussi bien l’anglais que le français, Erato a eu l’excellente idée d’ouvrir le programme par les superbes <em>Sea Pictures </em>d’Elgar, trop rarement données chez nous. Enfin, pour compléter, une rareté absolue, en premier enregistrement mondial, <em>La Mer</em>, ode-symphonie de Victorin Joncières créée en 1881. Après la magnifique surprise qu’avait été son opéra <em>Dimitri</em>, ce titre pouvait sembler particulièrement alléchant. Hélas, dans cette œuvre d’à peine un quart d’heure, le poème d’Edouard Guinand (également auteur du texte de la cantate <em>L’Enfant prodigue </em>sur laquelle plancha Debussy) n’a pas aidé Joncières à s’élever au-dessus du charmant, ce qui est peu par rapport au voisinage présent sur le CD. Tout ce qui est écrit pour l’orchestre seul est assez inspiré, mais dès que le chœur entre, le résultat sonne plus convenu. « La voix de la mer » n’intervient pas dans la première des quatre parties mais brille particulièrement dans le moment le plus original et le plus frappant, « La Tempête », où elle énonce sa terrible menace. Cette page fut jusqu’à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle l’apanage des chanteuses wagnériennes, ce que n’est pas (encore ?) Marie-Nicole Lemieux. Son tempérament ne s’en déchaîne pas moins dans le susdit passage tempêtueux, la majesté consolatrice des deux autres interventions ne lui permettant pas la même liberté.</p>
<p>Avec le <em>Poème de l’amour et de la mer</em>, on avance un peu dans le temps, puisque Chausson y travailla pendant une dizaine d’années, avant que sa partition soit créée en 1893, par un ténor d’abord (avec piano), puis par une soprano (avec orchestre). Le choix d’une contralto paraît tout à fait judicieux, tant le texte semble appeler une voix sombre, assortie à la souffrance exprimée par ces vers. Point uniformément sombre, cela va sans dire, et Marie-Nicole Lemieux sait admirablement exprimer cette innocence bienheureuse que l’on entend encore au début du premier volet. Si l’on reconnaît la diseuse qui a su se faire un nom dans le domaine de la mélodie française – lorsqu’elle chante « Ce mot fatal écrit dans ses grands yeux : l’oubli », la voix paraît s’estomper imperceptiblement, en écho au sens des mots –, on trouve aussi, à d’autres moments, une approche qu’on pourrait presque qualifier d’ultra-opératique, comme par bouffées de sentiment exacerbé. Par chance, l’orchestre national Bordeaux Aquitaine répond à ce déploiement irréfréné par une grande sobriété, évitant la concurrence sonore pour privilégier les miroitements prédebussystes voulus par Chausson. On admire la chaleur des bois, la beauté des cordes graves.</p>
<p>Pour les admirables <em>Sea Pictures</em> composées par Elgar en 1899, <strong>Paul Daniel</strong> sait également éviter le triomphalisme victorien qu’on a souvent tendance à associer à l’auteur de <em>Pump and Circumstances</em>. Dans cette partition majeure où se sont illustrées les plus grandes mezzos anglophones (depuis la création par Clara Butt jusqu’à Sarah Connolly, en passant par Janet Baker, Della Jones, Felicity Palmer ou même Marilyn Horne), la Québécoise native de Dolbeau-Mistassini sait se faire sirène pour distiller ces cinq poèmes, dont le troisième est quand même signé de la très grande Elizabeth Barrett-Browning. Dans une tessiture qui lui convient parfaitement, avec un vibrato serré qui n’a rien de gênant, la voix s’épanouit dans toute son ampleur. Ah, si Marie-Nicole Lemieux pouvait plus souvent consacrer son talent à défendre ce répertoire fin-de-siècle, que de beaux concerts et de beaux disques cela nous vaudrait !</p>
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		<title>Les cadeaux de Noël de la rédaction</title>
		<link>https://www.forumopera.com/les-cadeaux-de-noel-de-la-redaction-4/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Dec 2014 05:52:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel cadeau de Noël offrir à son meilleur ami ? Et à son meilleur ennemi ? Nos rédacteurs se sont creusé les méninges pour trouver des idées, parfois évidentes, parfois originales, mais toujours judicieuses.   Le choix de : Sylvain Fort A mon meilleur ami, j’offrirai sans aucune hésitation la version magnifiquement repackagée par les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel cadeau de Noël offrir à son meilleur ami ? Et à son meilleur ennemi ? Nos rédacteurs se sont creusé les méninges pour trouver des idées, parfois évidentes, parfois originales, mais toujours judicieuses.  </strong></p>
<p>Le choix de :</p>
<hr />
<p><strong>Sylvain Fort</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/noel0.png?itok=pax3sjyQ" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, j’offrirai sans aucune hésitation la version magnifiquement repackagée par les éditions de la Philharmonie de Berlin de la <em>Passion selon Saint-Matthieu</em> mise en scène par <strong>Peter Sellars</strong>, dirigée par <strong>Simon Rattle </strong>et captée en 2010. Rarement l’intensité de la passion christique aura à ce point marqué les visages, les gestes, les voix, dans un rituel confondant d’intensité et de vérité.<br /><strong>Jean-Sebastian Bach, <em>Passion selon Saint-Matthieu</em>  &#8211; DVD Berliner Philharmoniker</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/francemusique_1.jpg?itok=R_9xm4G6" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A son meilleur ennemi, il est vain d’offrir les nanars discographiques parus cette année ou un abonnement à un théâtre féru de Regietheater : je me contenterai de lui adresser sur une clef USB l’intégrale podcastée des matinées de France-Musique. Machiavélique, non ?</p>
<hr />
<p><strong>Guillaume Saintagne</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/semiramide-anna-bonitatibus_0.jpg?itok=9dy20yBO" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, qui ne comprend toujours pas cette manie baroque de mettre en musique quinze fois les mêmes livrets, j&rsquo;offre le superbe récital d’<strong>Anna Bonitatibus</strong> consacré au personnage de Sémiramis. Non seulement il y entendra la variété de style des différents compositeurs, de Caldara à Paisiello, mais il verra que les romantiques aussi, au premier rang desquels Rossini, ont cédé à cette mode.</p>
<p><strong>Anna Bonitatibus : Semiramide, la signora regale &#8211; CD Sony Music</strong> (<a href="http://www.forumopera.com/cd/anna-bonitatibus-semiramide-la-signora-regale-et-anna-inventa-le-recital">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/written.jpg?itok=9VWfOZZ5" style="width: 100px;height: 133px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, qui est persuadé que l’opéra n’est qu’un ennuyeux musée, j’offre le DVD de <em>Written on Skin</em> qui devrait le convaincre – aussi bien pour la musique que le livret ou les interprètes – , que l’histoire de l’opéra n’est pas close et que la création y a toute sa part.</p>
<p><strong>George Benjamin, <em>Written on skin</em> – DVD Opus Arte</strong> (<a href="http://www.forumopera.com/dvd/sur-les-ailes-dun-desir-ecorche-vif">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Laurent Bury </strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/206_0.jpg?itok=bikkh3kL" style="width: 100px;height: 99px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Mon meilleur ami a bon goût, sinon il ne serait pas mon meilleur ami, mais sa culture musicale ne remonte pas au-delà des cinq dernières années. Sans le moins du monde lui servir la rengaine du « C’était mieux avant », je lui offrirai les disques de la série <em>La Troupe de l’Opéra de Paris</em>, dans laquelle le label Malibran ne cesse de nous proposer d’éblouissantes pépites, grands noms restés dans les mémoires (Bacquier, Crespin, Vanzo) ou immenses artistes scandaleusement oubliés, comme Denise Scharley.</p>
<p><strong>Denise Scharley, <em>La Troupe de l&rsquo;Opéra de Paris</em> &#8211; CD Malibran</strong> (<a href="http://Mon meilleur ami a bon goût, sinon il ne serait pas mon meilleur ami, mais sa culture musicale ne remonte pas au-delà des cinq dernières années. Sans le moins du monde lui servir la rengaine du « C’était mieux avant », je lui offrirai les disques de la série La Troupe de l’Opéra de Paris, dans laquelle le label Malibran ne cesse de nous offrir d’éblouissantes pépites, grands noms restés dans les mémoires (Bacquier, Crespin, Vanzo) ou d’immenses artistes scandaleusement oubliés, comme Denise Scharley.">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/51avsfwj7pl1.jpg?itok=6XN1Ktq9" style="width: 100px;height: 156px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Cette année, je serai bon avec mon meilleur ennemi. Pour les fêtes, je lui suggère de ne plus faire ses courses de Noël au BHV, mais au PBZ (Palazzetto Bru Zane, alias Centre de musique romantique française). Au lieu des abominables « disques de Noël », il y trouvera des cadeaux sortant vraiment des sentiers battus : ouvrages rares de compositeurs connus (<em>Le Mage</em> de Massenet, <em>Les Barbares </em>de Saint-Saëns) et exhumations totales, comme <em>Les Bayadères</em> de Catel ou l’admirable <em>Dimitri</em> de Victorin Joncières. Aucun risque de doublon : il n&rsquo;existe aucune version concurrente de ces oeuvres.</p>
<p><strong>Victorin Joncières, <em>Dimitri</em> &#8211; 2 CD Palazzetto Bru Zane</strong> (<a href="http://www.forumopera.com/cd/le-tsar-malgre-lui">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Nicolas Derny</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/foi_cadeau_1.jpg?itok=TxeiABiP" style="width: 100px;height: 95px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Fais-toi beau, mon ami, je te sors ! Et pas n’importe où : à La Monnaie, fleuron culturel de la capitale de l’Europe. Comme tu le lisais <a href="http://www.forumopera.com/breve/le-gouvernement-belge-frappe-la-monnaie">ici</a> fin octobre, le gouvernement fédéral belge voudrait supprimer l’eau qui accompagne son pain sec – le ministre « compétent » a néanmoins assuré, avec un temps de retard, qu’on s’est ému pour rien et qu’il ne laissera pas faire ; on ne demande qu’à le croire. J’accompagne pour ma part le champagne de ton réveillon d’un chèque-cadeau à valoir sur les spectacles de la maison. De 5 à 739 euros, on en trouve pour toutes les hottes.</p>
<p><strong>La Monnaie, chèques cadeaux, abonnements Duo, Maestro, Donna.</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/foi_cadeau_2.jpg?itok=ma1Nduao" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Kitsch, la pochette ultra-photoshopée de ce cadeau de saison ? Tu as beau aimer Renée Fleming avec passion, mon pauvre ennemi, tu n’es pas au bout de ta déconvenue. Car n’est pas Ella qui veut. Arrangements en toc et swing douteux (ou l’inverse), Papa Noël t’a manifestement sur sa grosse dent. A moins qu’il ne devienne dur la feuille, c’est de son âge. Non parce que, franchement, ce duo « popopéra » avec Rufus Wainwright…</p>
<p><strong>Renée Fleming , </strong><strong><em>Christmas in New York &#8211;</em></strong><strong> CD Decca</strong> (<a href="/breve/lhiver-avec-renee-fleming-na-rien-de-lyrique">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Christophe Rizoud</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/stelladinapoli_0_0.jpg?itok=JvBB1t4y" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Nous avons, avec mon meilleur ami, écumé les théâtres du monde entier afin d&rsquo;applaudir ces opéras italiens du premier <em>ottocento </em>que Paris n&rsquo;aime pas représenter. En souvenir des moments de joie et d&rsquo;émotion alors partagés, je lui offre <em>Stella di Napoli</em>, l&rsquo;album que Joyce DiDonato consacre à ce répertoire, trop souvent dédaigné, et qui en vaut d&rsquo;autres quand il est comme ici chanté dans les règles de l&rsquo;art.</p>
<p><strong>Joyce DiDonato, Stella di Napoli &#8211; CD Erato</strong> (<a href="/cd/joyce-didonato-stella-di-napoli-pistes-aux-etoiles">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/belair.png?itok=j5fwy1nf" style="width: 100px;height: 156px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" />Pour enterrer la hache d&rsquo;une guerre somme toute infructueuse, j&rsquo;invite mon meilleur ennemi à voir et revoir l&rsquo;<em>Elektra</em> du Festival d&rsquo;Aix (bien) captée en DVD par BelAir Classiques. A l&rsquo;issue de deux heures d&rsquo;un spectacle sans concession, les dernières images de Patrice Chereau acclamé au milieu des artistes par un public enthousiaste nous précipiteront dans les bras l&rsquo;un de l&rsquo;autre, réconciliés.</p>
<p><strong>Richard Strauss, <em>Elektra</em> &#8211; DVD BelAir Classiques<em> </em></strong>(<a href="http://www.forumopera.com/dvd/mythologique">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Christian Peter</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cosi_1.jpg?itok=qdkyeUZ2" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami qui a été impressionné par <em>Les Noces de Figaro</em> dirigées par Teodor Currentzis, j’offrirai sans hésiter le nouvel enregistrement Mozartien du chef grec, <em>Così fan tutte</em>, qui d’après les extraits que nous en avons entendus, promet d’être aussi spectaculaire que le précédent.</p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart<em>, Così fan tutte</em> &#8211; 3 CD Sony Classical</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trovatore_0.jpg?itok=cDBRLx8z" style="width: 100px;height: 131px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi qui apprécie au plus haut point les productions modernes, voire le <em>regietheater </em>le plus abscons dont il se pique d’avoir compris le message caché du metteur en scène, j’offrirai le DVD du <em>Trovatore</em> de Tcherniakov, ou comment transformer une intrigue complexe où se mêlent rivalité amoureuse et conflit politique sur fond de guerre civile en une sorte de jeu de rôle familial où les personnages s’affrontent autour d’une table. Il va adorer.</p>
<p><strong>Giuseppe Verdi, <em>Il Trovatore</em> &#8211; Théâtre Royal de la Monnaie &#8211; 1 DVD BelAir Classiques</strong>  (<a href="http://www.forumopera.com/dvd/il-trovatore-un-cluedo-qui-vire-au-drame">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Maurice Salles</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/aida_0.jpg?itok=DQyBhsrK" style="width: 100px;height: 103px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami j’offre un bon pour un week-end à Rome où la trinité Jonas Kaufmann, Anja Harteros et Ludovic Tézier devrait faire de l’<em>Aïda</em> en version de concert sous la direction d’Antonio Pappano un moment d’élection !</p>
<p><strong>Giuseppe Verdi, <em>Aida</em> &#8211; Accademia de Santa Cecilia, Roma, le 27 février 2015 à 19h30</strong></p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rameau_1.jpg?itok=P-ggg6VQ" style="width: 100px;height: 159px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, qui bâille au seul nom de Rameau, j&rsquo;offre la somme savante mais pétrie d’amour que  Sylvie Bouissou a consacrée à ce génie encore trop rare sur nos scènes !</p>
<p><strong><em>Jean-Philippe Rameau</em>, par Sylvie Bouissou, aux Editions Fayard, 1024 pages, 39 euros</strong></p>
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<p><strong>Fabrice Malkani</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/nozze.jpg?itok=ZrlL6h_9" style="width: 100px;height: 97px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />À mon meilleur ami, je voudrais offrir, pour le réconforter en cette morne fin d’année, la transparence et la folle allégresse de l’interprétation des <em>Noces de Figaro</em> par Theodor Currentzis. Il ne devrait pas se lasser d’écouter et de réécouter ce fantasque printemps au cœur de l’hiver, avec la Comtesse inattendue de Simone Kermes, le Comte magistral d’Andrei Bondarenko, le Figaro léger de Christian van Horn et la juvénile Suzanne de Fanie Antonelou, sans omettre le charme de Mary-Ellen Nesi en Cherubino.</p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart<em>, Le Nozze di Figaro</em> – coffret CD Sony </strong>(<a href="/cd/du-genie">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/parsifal.jpg?itok=Jaso6MRE" style="width: 100px;height: 133px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Mon meilleur ennemi feint d’ignorer Wagner, mais apprécie les épopées en moyen-haut-allemand. Je me réjouis donc de lui offrir le DVD du <em>Parsifal</em> dirigé par Daniele Gatti au Met dans la mise en scène de François Girard tout en lui parlant du <em>Parzival</em> de Wolfram von Eschenbach : sa curiosité n’y résistera pas. Le spectacle est tellement grandiose et l’interprétation tellement exceptionnelle (Jonas Kaufmann, René Pape, Peter Mattei) qu’il pourrait bien réviser son jugement sur Wagner. En tout cas, c’est tout le mal que je lui souhaite.</p>
<p><strong>Richard Wagner,<em>Parsifal</em> &#8211; 2 DVD Sony</strong> (<a href="/dvd/le-graal-nouveau-est-arrive">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Brigitte Cormier</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/coote.jpg?itok=90CC9__Q" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, dont je partage l’amour des opéras de Haendel, j’offre un délicieux récital par la mezzo anglaise Alice Coote. Une merveille d’équilibre entre virtuosité, précision, et douceur extrême. Ce partenariat exemplaire entre un chef et une chanteuse a pour sommet la scène de folie de Dejanira dans <em>Hercules.</em> Cerise sur le gâteau : un cor confondant de naturel.</p>
<p><strong>ALice Coote, <em>Handel Arias</em> &#8211; CD Hyperion </strong>(<a href="http://www.forumopera.com/cd/alice-coote-handel-arias-haendel-dans-un-fauteuil">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/hoff_0.jpg?itok=gGPUHvIz" style="width: 100px;height: 133px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Que cela lui plaise ou non, je ne renonce pas à convaincre mon meilleur ennemi des vertus théâtrales du genre « opéra »<em>.</em> Je lui offre <em>Les </em><em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em> par Laurent Pelly. Comment pourrait-il être insensible à l’incarnation de Michael Spyres, Hoffmann criant de vérité ; rester de marbre devant l’extraordinaire présence de Laurent Naouri dans chacun des quatre diables ; ne pas être fasciné par la poupée Olympia de Kathleen Kim ; enfin, se montrer indifférent au pétillant Nicklaus androgyne de Michèle Losier ?</p>
<p><strong>Jacques Offenbach, <em>Les Contes d&rsquo;Hoffmann</em> &#8211;  DVD Virgin</strong> (<a href="http://www.forumopera.com/dvd/les-trois-femmes-coupees-en-deux-plus-une">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Clément Taillia</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/staatstheater-wiesbaden-03.jpg?itok=5ZhsMtiu" style="width: 100px;height: 59px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Mon meilleur ami aime l’opéra, probablement, mais aussi la nature, les promenades, l’air frais, le confort bourgeois des cités thermales désuètes et la politique monétaire. Je m’attacherai son indéfectible reconnaissance en lui offrant quelques jours à Wiesbaden au moment des <em>Maifestspiele </em>qui s’y déroulent chaque printemps. A quelques encablures de Francfort et de la Banque Centrale Européenne, il s’installera dans le petit théâtre où il pourra entendre des récitals d’Anja Harteros et de Christian Gerhaher, la Norma d’Edita Gruberova, la Tosca d’Adina Aaron, le Lohengrin de Klaus Florian Vogt ou l’Ortrud de Waltraud Meier. Sauf si je décide de conserver ce beau cadeau pour moi…</p>
<p><strong>Maifestspiele, Wiesbaden, du 1<sup>er</sup> au 31 mai 2015</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/netrebko_strauss.jpg?itok=WyVQgRVx" style="width: 100px;height: 91px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Mon meilleur ennemi n’aime pas Anna Netrebko. Les quelques cheveux gras qui parsèment encore son crâne épais se hérissent à l’évocation même de la chanteuse. Sa popularité le scandalise. Son glamour l’horripile. Sa beauté l’indiffère. Alors, comme il est parfois utile de complaire même à ceux qui vous sont le plus odieux, j’offrirai à mon meilleur ennemi un plaisir lâche et facile en déposant, sous son sapin de plastique vert, un exemplaire du dernier album d’Anna Netrebko consacré aux <em>Quatre derniers Lieder </em>de Strauss. Il reviendra vers moi, heureux de dire tout le mal qu’il pense de son interprétation, soulignant une par une chaque erreur de prononciation, conscient que, cette fois-ci, je ne pourrai que lui donner raison…</p>
<p><strong>Richard Strauss, <em>Vier letzte Lieder</em> par Anna Netrebko – 1 CD Deutsche Grammophon</strong> (<a href="/richard-strauss-anna-netrebko-a-cote-de-la-plaque">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Jean-Marcel Humbert</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/91l9tmjmmsl_sl1500__0.jpg?itok=PEg8xwKQ" style="width: 100px;height: 155px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, contraint de remettre sans cesse son prochain voyage en Égypte et qui ne s’en remet pas, j’offre un charmant livre-disque, <em>La Caravane du Caire</em>, de Grétry. Non seulement il s’agit d’une très bel objet, joliment présenté, mais les thèmes orientalisants et la Marche égyptienne apporteront du baume à son cœur meurtri. Couché sur des coussins, fumant le narguilé, il ne lui restera, à l’écoute de cette musique à redécouvrir, qu’à se laisser porter par les vapeurs d’encens.</p>
<p><strong>André Ernest Modeste Grétry, <em>La Caravane du Caire</em>, 2 CD Ricercar</strong> (<a href="/cd/la-caravane-du-caire-au-serail-du-turc-genereux">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/81kmwqs-iqlbd.jpg?itok=Qvjmvve9" style="width: 100px;height: 146px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, fan de Maria Callas, j’offre le roman d’Alain Duault, <em>Dans la peau de Maria Callas</em> : écrit à partir de souvenirs déjà édités et cent fois ressassés, ce nouvel ouvrage n&rsquo;apporte rien de nouveau ni d&rsquo;intéressant à la biographie de la diva. Mon plus cher ennemi devra donc y superposer ses propres souvenirs et connaissances pour y trouver le moindre intérêt. Nul doute qu’à l’arrivée il ne soit gagné d’une migraine bien méritée.</p>
<p><strong>Alain Duault, <em>Dans la peau de Maria Callas</em>, éd. Le Passeur, 2014 </strong>(<a href="http://www.forumopera.com/breve/moi-maria-c-53-ans-trompee-abandonnee">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<hr />
<p><strong>Bernard Schreuders</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/zamponi.jpg?itok=XOmBRfsu" style="width: 100px;height: 154px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />Vous pensez sans doute que mon meilleur ami doit être le plus ardent des belgicains. Loin de là ! Si j’ai choisi de lui offrir l’enregistrement d’<em>Ulisse all’Isola di Circé </em>de Gioseffo Zamponi, ce n’est pas parce qu’il s’agit du premier opéra composé et créé à Bruxelles (1650), mais bien d’un superbe spectacle de cour dont Leonardo Garcia Alarcón et sa fine équipe savent exalter la magnificence et la théâtralité.</p>
<p><strong>Gioseffo Zamponi, <em>Ulisse all’Isola di Circé</em>. 2 CD Ricercar </strong>(<a href="http://www.forumopera.com/cd/quand-les-petits-maitres-ont-du-genie">plus d&rsquo;information</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/bjork.jpg?itok=zeDWVexP" style="width: 100px;height: 93px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, séparatiste rabique, qui en sabrant dans le budget de la Monnaie s’attaque au glorieux symbole d’une Belgique honnie, j’offre une place pour <em>Medúlla</em>. Des solistes aguerris, dont Roberta Alexander et Frode Olsen, revisiteront avec des enfants et adolescents issus des chœurs de l’Opéra l’album du même nom que Björk publiait en 2004. Interpellée par le regain de nationalisme et de racisme apparu après les attentats du 11 septembre, l’artiste cherchait à renouer avec une humanité païenne et ancestrale qui ignorait encore les tensions ethniques, religieuses et politiques.</p>
<p><strong>Björk<em>, Medúlla</em>, intergenerational opera. Théâtre royal de la Monnaie, les 4, 5, 7 et 8 février 2015</strong></p>
<hr />
<p><strong>Claude Jottrand</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/goerne.jpg?itok=7gsZvB5g" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, j’offre l’enregistrement du <em>Winterreise</em> de Schubert, chanté par Matthias Goerne avec Christoph Eschenbach au piano. Ultime volume de la série enregistrée par le baryton chez Harmonia Mundi, cet album d’une surprenante intensité vient en concurrencer deux autres faits par le même chanteur mais avec des pianistes différents (Alfred Brendel et Graham Johnson) plus tôt dans sa carrière. Il les surpasse largement : sans effets et sans manières, d’une parfaite sobriété, sombre et muri par le temps, Goerne creuse en lui même et explore les limites de la raison, du côté de ceux qui ont tout compris parce qu’ils ont accepté de tout perdre.</p>
<p><strong>Franz Schubert, <em>Die Winterreise</em>, Matthias Goerne, Christoph Eschenbach &#8211; CD Harmonia Mundi</strong></p>
<p>	<img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/votter.jpg?itok=8XeCF7m-" style="width: 100px;height: 113px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, j’offre deux places pour le  prochain récital de Anne-Sofie von Otter à la Monnaie, le 15 décembre.  Ne lui dites pas que la mezzo-soprano suédoise a annulé !</p>
<p> </p>
<hr />
<p><strong>Thierry Bonal</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/anita.jpg?itok=utJmAHKG" style="width: 100px;height: 75px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami j&rsquo;offre deux places à l&rsquo;une des représentations d&rsquo;<em>Aïda </em>de Verdi à la Scala de Milan en février prochain dans laquelle se produit dans le rôle d&rsquo;Amnéris ma nouvelle égérie : Anita Rachvelishvili.</p>
<p><strong>Giuseppe Verdi, <em>Aida</em>, Scala de Milan, du 15 février au 15 mars 2015</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/miel2.jpg?itok=o-_TmcOO" style="width: 100px;height: 96px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi j&rsquo;offre ce miel, soi-disant récolté dans les ruches placées sur le toit du palais Garnier à Paris, afin d&rsquo;adoucir les vilains propos qu&rsquo;il tient au sujet de mes artistes de prédilections.</p>
<p> </p>
<hr />
<p><strong>Julien Marion </strong></p>
<p>Puisque partout l’heure est à la morosité, mes cadeaux de Noël auront cette année en commun le même répertoire heureux, léger et avenant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/cd_jk_du_bist_die_welt_copie_0.png?itok=-MVW5rqt" style="width: 100px;height: 88px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ami, j’offre sans hésiter le dernier récital de Jonas Kaufmann, <em>Du bist die Welt für mich</em>, consacré à la musique légère allemande des années 1925-1935. En CD ou DVD, comme il lui plaira, c’est un festival qui trouve le beau Jonas à son meilleur, enjôleur comme rarement, prodiguant de sa voix de bronze mille caresses dans ce répertoire si attachant, servi ici dans son jus, pour une fois débarrassé de ses oripeaux kitchissimes. C’est irrésistible, cela irradie d’une bonne humeur conquérante : ce récital devrait être remboursé par la sécurité sociale.</p>
<p><strong>Jonas Kaufmann, <em>Du bist die Welt für mich</em> &#8211; Sony Classical</strong> (<a href="http://www.forumopera.com/cd/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-donnons-lui-notre-coeur">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/vogt_2_0_0.jpg?itok=qMxFvP27" style="width: 100px;height: 100px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" />A mon meilleur ennemi, j’offre, chez le même éditeur, dans un répertoire similaire (quoique bien moins intelligemment composé) le récital guimauve de Klaus Florian Vogt, intitulé (on se demande pourquoi) « Favorites ». Il devra ainsi subir, tout au long de ce programme sans queue ni tête, une débauche de mièvrerie, à grand renfort de sons blanchis et de poses faussement langoureuses. On veut bien croire qu’en scène, l’intéressé puisse séduire par sa prestance, mais enfin, tout ceci ne doit pas rendre sourd.</p>
<p><strong>Klaus Florian Vogt, <em>Favorites</em> – Sony Classical</strong> (<a href="http://www.forumopera.com/cd/favorites-pacotille">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
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		<title>Dimitri</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-tsar-malgre-lui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Mar 2014 11:11:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Après s’être intéressé à des œuvres méconnues de compositeurs célèbres (Thérèse ou Le Mage de Massenet), ou à des titres historiquement importants mais rarement entendus (Renaud de Sacchini), le Palazzetto Bru Zane ose maintenant s’attaquer à des titres dont pratiquement plus personne n’a entendu parler, hors milieux musicologiques, et ce faisant, il joue plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Après s’être intéressé à des œuvres méconnues de compositeurs célèbres (<em>Thérèse </em>ou <em>Le Mage</em> de Massenet), ou à des titres historiquement importants mais rarement entendus (<em>Renaud </em>de Sacchini), le Palazzetto Bru Zane ose maintenant s’attaquer à des titres dont pratiquement plus personne n’a entendu parler, hors milieux musicologiques, et ce faisant, il joue plus que jamais sa mission de défense de la musique française. On doit à Victorin Joncières (1839-1903) plusieurs opéras, <em>Dimitri </em>étant son seul vrai succès, dont la popularité est attestée par son inclusion dans une série d’image populaire comparables aux fameuses vignettes Liebig (voir <a href="http://www.medici.tv/#!/jenufa-janacek-theatre-monnaie-brussels-ludovic-morlot-alvis-hermanis">notre brève</a>). Tout en préservant la formule de l’opéras découpés en airs, duos, ensembles, Joncières sut accueillir une certaine modernité dans son orchestration, et la partition de <em>Dimitri </em>évoque souvent les audaces harmoniques et rythmiques de son ami Emmanuel Chabrier. C’est grâce à Victorin Joncières que <em>Le Roi malgré lui</em> put être créé à l’Opéra-Comique, et <em>Dimitri</em> n’est pas sans parenté avec le chef-d’œuvre de Chabrier. Joncières aurait voulu traiter le sujet (on ignore ce qu’il aurait pu donner dans le genre comique, qu’il ne pratiqua jamais) mais il y renonça au profit de son camarade. Avait-il senti que <em>Le Roi malgré lui</em> aurait constitué un retour, sous la forme de farce, de la tragédie qui se joue dans <em>Dimitri </em>? Bien plus que de <em>Boris Godounov</em> – dont il reprend l’intrigue, mais en se focalisant sur le prétendant au trône – <em>Dimitri</em> sonne souvent comme du Chabrier un rien moins novateur. C’est en tout cas un opéra tout à fait réussi, dont la disparition du répertoire relève de l’injustice, malgré un livret sans doute contestable.</p>
<p>
			Alors qu’il vient de brillamment révéler <em>Herculanum </em>de Félicien David (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=6252&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">compte rendu</a>), <strong>Hervé Niquet</strong> prouve une fois de plus ses affinités avec ce type de musique, et peut-être serait-il temps qu’une maison d’opéra lui confie la direction d’une œuvre lyrique hors répertoire baroque. L’éloge du <strong>Brussels Philharmonic</strong> et du <strong>chœur de la radio flamande</strong> n’est plus à faire, et il est heureux que la Palazzetto Bru Zane puisse s’appuyer sur une telle formation dans son indispensable entreprise de réhabilitation. Quant à l’équipe de solistes, on y retrouve des noms qui commencent à nous être familiers. <strong>Philippe</strong> <strong>Talbot</strong>, récemment entendu dans <em>Les Danaïdes</em> de Salieri, participe pour la première fois à une des résurrections du Centre de musique romantique française, où ses qualités de diction lui assurent une place éminente. La voix est claire, très juvénile, avec peu de vibrato, et rappelle parfois celle d’un Klaus Florian Vogt, ce qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Lauréate 2008 du prix Reine Elisabeth de Belgique, <strong>Gabrielle Philiponet</strong> semble prendre une ampleur nouvelle avec les années et son timbre s’enrichit sans rien perdre de sa virtuosité, comme il se doit pour cette Marina qui est ici soprano, contrairement à chez Moussorgski. <strong>Nora Gubisch</strong> ne chante que dans la deuxième moitié de l’ouvrage, mais son incarnation vibrante convainc à chaque instant. Quant à <strong>Andrew Foster-Williams</strong>, seul non-francophone à tenir un des rôles principaux, il a heureusement laissé au placard certaines intonations trop appuyées qui avaient pu entacher quelques-unes de ses prestations antérieures. <strong>Jennifer Borghi</strong> est une belle Vanda, dans le timbre contraste agréablement avec les deux autres interprètes féminines. Autour d’eux, c’est le très grand luxe pour les personnages un peu moins développés : <strong>Nicolas Courjal</strong> ne se lâche pas autant que dans son récent Nicanor-Satan versaillais mais campe un austère archevêque Job, l’admirable <strong>Jean Teitgen</strong> est sous-employé en roi de Pologne, et <strong>Julien Véronèse</strong> s’impose d’emblée parmi les très bons jeunes barytons français dans un rôle qui est l’équivalent du Pimène de Boris. Avec de tels disques, on se dit que l’enregistrement d’opéras en studio a encore un très bel avenir devant lui.</p>
<p>			 </p>
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