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	<title>Louise FARRENC - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Louise FARRENC - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Héloïse Luzzati, une artiste au service des compositrices oubliées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Dec 2023 14:03:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Citez-moi cinq noms de compositrices », a coutume de demander Heloïse Luzzati et nous avons bien du mal à les trouver, ces cinq noms. La violoncelliste n’oublie jamais alors d’ajouter qu’en un peu plus de trente ans d’étude de son instrument, on ne lui a pas fait jouer d’œuvres écrites par des femmes. D’ailleurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Citez-moi cinq noms de compositrices », a coutume de demander Heloïse Luzzati et nous avons bien du mal à les trouver, ces cinq noms.<br />
La violoncelliste n’oublie jamais alors d’ajouter qu’en un peu plus de trente ans d’étude de son instrument, on ne lui a pas fait jouer d’œuvres écrites par des femmes. D’ailleurs aucune salle de classe au CNSMD de Paris ou Lyon, il y a dix ans, n’avait pour nom sur sa porte celui d’une compositrice (de compositeurs par contre…). Il y eut même, s&rsquo;est-on laissé dire, encore récemment des professeurs de composition refusant les filles dans leurs cours, un fait avéré aussi invraisemblable que cela puisse paraître.</p>
<p>Saisie par cette injustice d’une histoire de la musique sexiste, par cette certitude décourageante que tout un pan du répertoire a tout simplement fini aux oubliettes, Heloïse Luzzati a imaginé en quelques années la parade en inventant ex nihilo plusieurs actions désormais incontournables grâce à la création de l’association Elles Women Composers, un centre de recherche, de production, de médiation et de diffusion. Le problème qui se posait à Heloïse Luzzati était de trouver les moyens efficaces pour faire connaître et entendre par le plus grand nombre la très bonne musique écrite par des femmes, jouée de leur vivant et disparue depuis. Un problème désormais en voie de résolution, veut-elle espérer.</p>
<p>Raisonnablement optimiste, la violoncelliste (fin visage encadré de cheveux châtains et yeux brillants extraordinairement vifs) a su fédérer les énergies pour faire éclater une vérité que chacun a oubliée (spécialistes ou amateurs) : les grandes salles de concerts et les programmes à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ne manquaient pas de propositions féminines. En effet plus de mille compositrices se partageaient l’affiche, étaient parfois récipiendaires du Prix de Rome, mais leurs noms aujourd’hui ne nous disent plus rien ; alors que leurs manuscrits, papiers et partitions publiées dorment dans les fonds de bibliothèques &#8211; pour celles qui ont eu la chance d’avoir un(e) descendant(e) conscient(e) de sa mission, sauvant leur héritage artistique comme le font leurs collègues masculins.<br />
D’ailleurs ne nous leurrons pas, ne se prive jamais d&rsquo;ajouter l’artiste, nous ne connaissons toujours pas les compositrices de notre temps, à peine 10% sont programmées. Rien n’a changé donc, une étude devrait paraître début 2024 aux résultats accablants.</p>
<p>Alors faut-il rendre justice à ces femmes et faire connaître leurs œuvres ? Évidemment. Éprise de recherches (en bibliothèque ou dans les familles) et de déchiffrage de documents et de partitions, Heloïse Luzzati avec la complicité principalement de sa collaboratrice Clara Leonardi, de la pianiste Célia Oneto Bensaïd, de l’altiste Léa Hennino, exhume de superbes œuvres, les numérise, les fait jouer par une équipe d’artistes fidèles et les diffuse via divers canaux.<br />
D’abord a été créé le festival « Un Temps pour Elles » dans le Val d’Oise et désormais plusieurs concerts par an dédiés aux compositrices sont programmés à la Philharmonie de Paris et à la BNF Richelieu. Puis la chaîne vidéo « La Boîte à pépites » est devenue incontournable &#8211; une chaîne devenue aussi un label de CD monographiques mettant en lumière jusqu’à présent Charlotte Sohy, « Compositrice de la Belle Époque », Rita Strohl « Une compositrice de la démesure » et bientôt en janvier 2024, Jeanne Leleu « Une consécration éclatante ».</p>
<p>Cette Jeanne Leleu, par exemple, un vrai cas d’école : elle crée à onze ans « Ma mère l’Oye » de M. Ravel, est jouée à l’Opéra Garnier. Auparavant elle a été Prix de Rome en 1923, créatrice d’un grand nombre de chefs-d’œuvre (musiques de ballet, de chambre, mélodies…), a été professeure de conservatoire. Elle disparaît en 1979 et ce nom résonne pour la première fois depuis quarante ans grâce à Elles Women Composers. Sur ce CD à paraître la soprano Marie-Laure Garnier interprète avec talent ses beaux « Six Sonnets de Michel-Ange », Alexandre Pascal (violon) a rejoint en outre le trio des musiciennes déjà mentionnées pour interpréter son Quatuor de 1922 tout à fait fascinant.</p>
<p>Mais reprenons, outre un festival digital « Passions » qui en est à sa quatrième édition (diffusion en streaming de février à juillet 2024), l’équipe réunie par Heloïse Luzzati a mis au point un Calendrier de l’Avent, projet emblématique de la chaîne vidéo en tant que festival d&rsquo;hiver numérique (du 1er au 25 décembre), pour promouvoir déjà la 100e des très nombreuses compositrices oubliées. N&rsquo;oublions pas aussi la série des « Compositrices dessinées » &#8211; et arrivera bientôt l’édition de partitions en 2024. Ce qui anime Heloïse Luzzati dans cette quête toujours plus impérieuse ? La curiosité, l’amitié et donc la passion de la découverte afin d&rsquo;être la première à enregistrer telle une archéologue justicière les chefs-d’œuvre disparus. Depuis le début de son aventure huit cent minutes de cette musique ont été enregistrées donc sauvées. Totalement au service de cette formidable entreprise, le travail d&rsquo;Héloïse Luzzati et de son équipe force décidément le respect. Il n&rsquo;est que temps d&rsquo;accorder une grande attention à nos compositrices.</p>
<p>Prochain concert « Jeanne Leleu » le 22 janvier 2024 à la Bibliothèque Nationale de France, site Richelieu (18h30)</p>
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		<title>Compositrices : une anthologie en 8 CD par le Palazzetto Bru Zane</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/compositrices-une-anthologie-en-8-cd-par-le-palazzetto-bru-zane/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Mar 2023 16:26:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En écoutant ces musiques, on repensait à la récente exposition Rosa Bonheur du Musée d’Orsay : de même qu’on oubliait très vite que ces tableaux puissants et ces dessins étaient de la main d’un femme pour n’y voir que des œuvres représentatives de la sensibilité (non genrée !) de leur temps, très vite à l’écoute &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En écoutant ces musiques, on repensait à la récente exposition Rosa Bonheur du Musée d’Orsay : de même qu’on oubliait très vite que ces tableaux puissants et ces dessins étaient de la main d’un femme pour n’y voir que des œuvres représentatives de la sensibilité (<em>non genrée</em> !) de leur temps, très vite à l’écoute de cette anthologie la question du sexe des artistes passe au second plan. C’est un panorama du romantisme et du post-romantisme français qu’on entend là. Il se trouve que ces musiques ont été écrites par des femmes. Et, n’était le libretto, ce qu&rsquo;on entend pourrait être de Gounod, Saint-Saëns, Massenet, Fauré ou Reynaldo Hahn.<br />
Certaines, les Louise Farrenc, Mel Bonis, Augusta Holmès, Cécile Chaminade furent célèbres, jouées, reconnues, avant d’être un peu oubliées, mais il en fut de même, somme toute, pour nombre de leurs collègues mâles.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="760" class="wp-image-126377 aligncenter" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/augusta_holmes-1.jpg" alt="" />Augusta Holmès © D.R.</figure>
<h3 style="text-align: left"><strong>Certaines hardies, certaines cachées</strong></h3>
<p>Ce n’est pas que le statut de « femme compositeur » (le mot <em>compositrice</em> mit du temps à être accepté) fût facile. Issues pour la plupart de milieux bourgeois, on attendait d’elles qu’elles fussent d’abord épouses et mères de famille, et on aurait considéré comme peu convenable qu’elles fissent profession d’écrire de la musique. Même si à partir des années 1840, elles eurent accès aux classes théoriques du Conservatoire, harmonie, contrepoint, fugue ou composition, il fallut attendre 1903 pour qu’elles pussent briguer le Prix de Rome de composition musicale (et Lili Boulanger en fut la première lauréate en 1913).</p>
<p>Dans ces conditions, il est évident que leurs domaines de prédilection furent le piano ou la mélodie, et que l’opéra ou la musique symphonique furent réservées aux plus hardies ou aux plus libres.<br />
Dans l’anthologie de 8 disques (soit plus de dix heures de musique) que propose le Palazzetto Bru Zane, si on entendra beaucoup de mélodies, admirablement servies par Aude Extremo et Cyrille Dubois, la musique de chambre et la musique symphonique sont bien présentes.</p>
<h3 style="text-align: left"><strong>Celles qui osent l’orchestre</strong></h3>
<p>L’orchestre de <strong>Mel Bonis</strong>, élève de Guiraud et Franck, penche volontiers vers l’exotisme ou l’orientalisme (<em>Salomé</em>), mais la richesse voluptueuse de sa palette hérite de celle de Charles Koechlin, qui lui enseigna la composition orchestrale. Datés aussi de 1909, son <em>Rêve de Cléopâtre</em> ou son <em>Ophélie</em> sont superbes d’ampleur et de couleur dans l&rsquo;inerprètation de l&rsquo;<strong>Orchestre national du Capitole de Toulouse</strong> dirigé par <strong>Leo Hussain</strong>.<br />
La suite de ballet <em>Callirhoé</em> (1887) de <strong>Cécile Chaminade</strong> est d’une finesse d’écriture dans la tradition de Delibes et son <em>Concertino</em> pour flûte et orchestre op. 107 (1902), son œuvre la plus fameuse peut-être, rayonne d’une lumière printanière dans l’interprétation de <strong>Claire Le Boulanger</strong>, avec l&rsquo;<strong>Orchestre national de Metz</strong> dirigé par <strong>David Reiland</strong>.<br />
Il y a une sombre grandeur qui évoque César Franck dans la Symphonie en<em> ut</em> dièse mineur de <strong>Charlotte Sohy</strong> (qui signait Ch. Sohy, pour cacher sa féminité) et les quelques passages plus vifs n’en atténuent guère le caractère dramatique (elle fut composée en 1917). L’<strong>Orchestre National de France</strong> dirigé par <strong>Débora Waldman</strong> restitue toute sa puissance à cette œuvre que la compositrice n’entendit jamais de son vivant.</p>
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" class="wp-image-126468" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/Mel_Bonis_6-1024x768.jpeg" alt="" />Mel Bonis © D.R.</figure>
<figure></figure>
<figure class="wp-block-image size-large">Quant à <strong>Augusta Holmès</strong>, son interlude <em>Ludis pro patria</em> a un charme à la Massenet et son poème symphonique <em>Andromède</em> (1899) pourrait être de Saint-Saëns, ou du premier Wagner.</figure>
<p>De <strong>Louise Farrenc</strong>, la Symphonie n° 3 en <em>sol</em> mineur datée de 1847 a déjà été enregistrée à plusieurs reprises. Belle lecture de l’Orchestre national de Metz et  David Reiland de cette œuvre elle aussi parfaitement de son époque, dont le romantisme fraternise avec celui de Schumann et Mendelssohn : la forme est savante, l’inspiration haute, le caractère noble, le discours orchestral puissant et clair.<br />
Farrenc enseigna le piano au Conservatoire de Paris où elle succéda à <strong>Hélène de Montgeroult</strong>, dont la Sonate en <em>fa</em>mineur datée de 1811 est la pièce la plus ancienne de cette anthologie. Se promenant entre classicisme et premier romantisme, elle n’est pas sans faire penser à Clementi. Là encore, une musique qui parle davantage de son époque que du genre de qui l’écrivit. Interprétation sensible et brillante quand il le faut par <strong>Mihály Berecz</strong>.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" class="wp-image-126466" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/1200x680_marie_jaell_gallica_bnu_strasbourg_vers_1876_.jpg" alt="" />Marie Jaëll © D.R.</figure>
<h3 style="text-align: left"><strong>Une matinée chez Mme de Villeparisis</strong></h3>
<p>Encore un mot sur la musique de chambre avant d’en venir à la voix. Là encore, Mel Bonis impose sa personnalité. C’est à Fauré que fait penser sa Sonate pour violoncelle et piano (1904), toute en surprise et bifurcations inattendues, en chromatismes capricieux, où le violoncelle velouté de <strong>Victor Julien-Laferrière</strong> et le beau toucher de <strong>Théo Fouchenneret</strong> rivalisent d’intimité. Une sonate qui devrait être constamment au programme des violoncellistes s’il y avait une justice en musique.<br />
Les mêmes qualités d’élégance des deux interprètes illuminent les trois pièces pour violoncelle et piano (1914) de <strong>Nadia Boulanger</strong>, prestes et drolatiques.</p>
<p>De la même Nadia Boulanger, <em>La Sirène</em> (1908) est une vaste chose en trois scènes pour trois voix et un large orchestre, dont les évocations maritimes font penser à Guy-Ropartz ou à Magnard. Là encore, qui songerait à parler d’écriture féminine, à entendre ces houles orchestrales, ces cors profonds, ces harmonies sombres, cette écriture vocale très tendue et, avouons-le, cette touche de pompiérisme sur la fin, mais il est vrai que cette cantate fut écrite pour le Concours de Rome 1908…</p>
<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" class="wp-image-126465" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/CS-1024x763.jpg" alt="" width="910" height="678" />Charlotte Sohy © D.R.</figure>
<h3 style="text-align: left"><strong>La mélodie, domaine d’élection</strong></h3>
<p>La mélodie est bien sûr le domaine privilégiés de toutes ces femmes. Évidemment que les salons leur ouvraient naturellement leurs portes (et d’ailleurs plusieurs d’entre elles organisaient des concerts ou des festivals), et cela semble un trait commun à elles toutes que de se plier à l’esprit des poèmes qu’elles choisissent de mettre en musique.</p>
<p><strong>ForumOpéra</strong> avait salué comme il le méritait<a href="https://forumopera.improba.eu/cd-dvd-livre/lili-et-nadia-boulanger-melodies-avec-un-grand-enthousiasme-interieur/"> le disque consacré il y a trois ans à <em>Nadia et Lili Boulanger</em></a> par <strong>Cyrille Dubois</strong> et <strong>Tristan Raës</strong>, merveilleuse réussite de clarté vocale, de diction limpide en complicité avec un piano poète suggérant d’impalpables atmosphères.<br />
On retrouve ces qualités, cruciales pour le répertoire de la mélodie française, dans leurs nombreuses contributions ici. Cyrille Dubois se montre à nouveau ici parfait diseur, mais jamais au détriment de la beauté de la ligne vocale. <em>Prima la musica</em> ou <em>prime le parole</em> ? Les deux ensemble sans aucun doute.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" class="wp-image-126464" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/lili-et-nadia.jpg" alt="" />Nadia et Lili Boulanger © D.R.</figure>
<p>On avouera un coup de cœur pour les lignes flexibles des <em>Petits poèmes au bord de l’eau</em> (1910) d’<strong>Hedwige Chrétien</strong>, allusifs, subtils, élégants (avec un sens de la prosodie digne de Reynaldo Hahn) et Tristan Raës met en valeur toutes les subtilités de la partie de piano.<br />
Tout aussi personnelle, l’invention mélodique de <strong>Marie Jaëll</strong>, toujours inattendue. Cyrille Dubois distille les lignes serpentines de la <em>Rêverie</em> extraite des <em>Orientales</em> de Victor Hugo et l’<em>entre chien et loup</em> de <em>Quatre heures du matin</em>, extrait de <strong><em>La Mer</em></strong> de Jean Richepin.</p>
<h3 style="text-align: left"><strong>Une attention particulière à la prosodie</strong></h3>
<p>Et comment ne pas penser à Moussorgsky en entendant les <em>Mélodies russes</em> (1866) de <strong>Pauline Viardot</strong> (sur des textes de Pouchkine ou de Lermontov, que sans doute lui fit connaître son vieil amoureux Tourgueniev). Particulièrement belle et émouvante, portée par la voix enivrante d’<strong>Aude Extremo</strong>, dont le timbre est sans doute assez proche de celui de la créatrice de Dalila et de la <em>Rhapsodie pour alto</em> de Brahms, la pathétique <em>Berceuse cosaque</em>.</p>
<p>D’autres personnalités semblent d’un tempérament plus convenu telle <strong>Clémence de Grandval,</strong> pourtant élève de Chopin pour le piano et de Saint-Saëns pour la composition : on ne risque guère de surprise avec les mélodies ici choisies ni avec son <em>Andante et intermezzo</em> pour trio.</p>
<p>En revanche il y a quelque chose d’ingénu et de sincère dans les mélodies de <strong>Marie-Foscarine Damaschino</strong>. Compositrice cachée, qui fit éditer quelques-unes de ses œuvres à compte d’auteur et sous pseudonyme masculin (Mario Foscarina…). Cyrille Dubois semble se jouer de la tessiture immense d’<em>A une femme</em> (poème de Victor Hugo) ou de « J’ai dans mon cœur ».</p>
<h3 style="text-align: left"><strong>Douceurs et confidences</strong></h3>
<p>On trouvera aussi dans cette anthologie des berlingots musicaux comme <em>Du cœur aux lèvres</em>, ou <em>L’amour s’éveille</em>, deux valses 1900 de <strong>Jeanne Danglas</strong>, très café-concert et divette, aussi charmeuses que le « Je te veux » de Satie ou <em>Les Chemins de l’Amour</em> de Poulenc, dont Cyrille Dubois distille avec humour le charme penché.</p>
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" class="wp-image-126376" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/chaminade-1024x538.jpg" alt="" />Cécile Chaminade © D.R.</figure>
<p>Cyrille Dubois, très en verve décidément, restitue aussi bien la tendresse délicate des mélodies de Cécile Chaminade, <em>Rêve d’un soir</em> et <em>Veux-tu ?</em> que <em>L’Amour</em>, confidentiel puis farouche, d’<strong>Augusta Holmès</strong> ou, d’elle aussi, <em>Le Vin</em>, spectaculaire chanson à boire). Il se joue des lignes insinuantes, très Art nouveau, de la <em>Bilitis</em> de <strong>Rita Strohl</strong> (poème de Pierre Louÿs), non moins que des arabesques sensuelles de son <em>Sonnet</em> (Charles Sinnoir).</p>
<p>Et on imagine le plaisir des interprètes à faire découvrir des pièces aussi originales que les <em>Méditations</em> (1922) de Charlotte Sohy, dont, après avoir cherché à qui elles font penser (Fauré, Lili Boulanger ?), on finit par conclure qu’elles ne ressemblent qu’à Charlotte Sohy (autrice aussi des poèmes, d’ailleurs).</p>
<p>Quelle émotion enfin de retrouver la voix plus charnue, aux fragilités touchantes, de <em>Yann Beuron</em> dans sept mélodies de Mel Bonis, denses, secrètes, profondes.</p>
<p>Le dixième et dernier disque s’achève délicieusement par l’album <em>Pour les tout-petits</em> de Mel Bonis (1913), inventif, ludique, inattendu, léger et drôle, rappelant son intérêt pour la pédagogie musicale, et qui pourrait être posé sans rougir à côté de l’<em>Album für die Jugend</em> de Schumann et de l’<em>Album pour la jeunesse</em> de Tchaïkovski.</p>
<p>Une anthologie indispensable, dont on espère qu’elle donnera des idées aux programmateurs&#8230;</p>
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