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	<title>Darius MILHAUD - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Darius MILHAUD - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>WEILL, Les Sept péchés capitaux &#8211; Lille (Les Nuits d&#8217;été)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Nuits d’été à Lille, les huit et neuf juillet, soirées habituellement finales de la saison, ont démontré avec force que la bouture a pris sur l’arbre lillois : l’adoption du nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lille, Joshua Weilerstein est une réussite. Le jeune chef américain, né en 1987 à Rochester dans l’État &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: revert;">Les Nuits d’été à Lille, les huit et neuf juillet, soirées habituellement finales de la saison, ont démontré avec force que la bouture a pris sur l’arbre lillois : l’adoption du nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lille, <strong>Joshua Weilerstein</strong> est une réussite. Le jeune chef américain, né en 1987 à Rochester dans l’État de New York succède en effet depuis septembre 2024 à Alexandre Bloch. Manifestement, la proposition de sa candidature effectuée par l’orchestre créé par Jean-Claude Casadesus et l’ancien directeur général François Bou </span><span style="font-size: revert;">(parti en 2025 vers de nouvelles aventures) a été assurément mûrement réfléchie ; suffisamment pour garantir un atterrissage en totale sympathie et tout en dynamisme de l’ex chef principal de l’Orchestre symphonique d’Aalborg (Danemark) avec les musiciens lillois (rajeunis car largement renouvelés depuis quelques années).&nbsp;</span></p>
<p>Qu’est-ce qu’un bon chef ? Un inspirateur, un guide d’excellence, un fédérateur, un enthousiaste capable de se faire le passeur des œuvres les plus complexes auprès du public et des musiciens ? Certes. Ajoutons aussi un érudit, capable comme ce trentenaire, violoniste issu d’une famille estimée de musiciens de créer un podcast suivi par six millions d’auditeurs (cherchez «&nbsp;Sticky Notes&nbsp;» sur YouTube) depuis 2017. Car le jeune chef américain, ancien directeur artistique de l’Orchestre de chambre de Lausanne, a un modèle parmi ses maîtres, le plus célèbre des passeurs de passion, Leonard Bernstein. Pour eux, il est d’ailleurs rapidement devenu «&nbsp;Josh, le jeune Bernstein&nbsp;» !<br />
Si Alexandre Bloch, en plus d’une décade, a su renouveler répertoire, formats de concerts et imposer de grands cycles de compositeurs, Joshua Weilerstein ne manque pas d’idées non plus pour son mandat. Il nous les détaillera ici même prochainement.</p>
<p>Pas de doute en tout cas, en 2026, avec le cinquantenaire de l’ONL, ses propositions devraient enflammer le public très fidèle de la phalange dans le contexte difficile de la rénovation de la salle de concert du Nouveau Siècle. Car oui, les concerts sont désormais externalisés pour quelques mois, à l’Opéra de Lille et dans d’autres salles de la région, sans oublier le théâtre du Casino Barrière dans le récent quartier de Lille Europe.<br />
Justement quel meilleur endroit pour Joshua Weilerstein que ce théâtre de casino pour donner l’ultime opéra de Kurt Weill et Bertolt Brecht,<em> Les Sept péchés capitaux</em>, assorti d’une première partie dédiée aux compositeurs «&nbsp;dégénérés&nbsp;» selon les Nazis (dont le jeune chef s’est fait la spécialité) ?<br />
<em>Welcome to the Cabaret !</em> Joshua Weilerstein compte bien inscrire d’autres soi-disant musiciens dégénérés au cœur d’un nouveau répertoire pour l’ONL.<br />
Pour cette avant-dernière soirée lilloise, présentée comme toujours par le fin humoriste et maître de cérémonie <strong>Alex Vizorek</strong>, la soprano <strong>Isabelle Georges</strong> (radieuse liane en costume masculin) a donné avec un talent rare et une fougue irrésistible des extraits de comédies musicales et d’œuvres des années 30 ou imprégnées par elles. De la reprise d’extraits du musical composé en 1966 par John Kander d’après la nouvelle de Christopher Isherwood (« Cabaret » immortalisé à l’écran en 1972 par Bob Fosse avec Lisa Minnelli) à la célèbre chanson au rythme de valse entonnée par Marlène Dietrich dans « L’Ange bleu » de Josef von Sternberg (« Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt“ de Friedrich Holländer) sans oublier les incontournables « Youkali » et « Mack the Knife » du duo Weill &#8211; Brecht, la chanteuse a irradié la scène, bien servie par un chef espiègle et parfaitement connaisseur de cette esthétique allemande ou américaine. C’est à peine si le souffle s’est révélé un peu court sur l’ultime phrase de « Youkali » prise trop haut.<br />
Après un «&nbsp;Bœuf sur le toit&nbsp;» aussi enlevé que parfois un peu déséquilibré entre les pupitres (plus de peur que de mal pour cet étrange arrangement raccordant airs de salsa, de tango et de fado composé par Darius Milhaud et joué au Théâtre des Champs-Elysées en 1920 après un séjour brésilien), dirigé avec gourmandise par un chef bien décidé à emmener tous et toutes dans son voyage burlesque, place à l’étrange opéra populaire et politique de Weill et Brecht composé pour Paris en 1933 avant l’embarquement définitif en Amérique des artistes.<br />
Œuvre illustrant l’esthétique brechtienne de la distanciation, censée éduquer les masses afin de les convertir à la critique du capitalisme occidental, son intrigue met en scène les tribulations aux USA d’une jeune girl de cabaret parfois obligée de verser dans la prostitution et son double (ou sa sœur, rien n’est assuré, interprétée par la danseuse Jess Gardolin) afin d’assurer la fortune familiale. C’est la mezzo <strong>Bella</strong> <strong>Adamova</strong> qui interprète (pour sa première en France) Anna 1, plus que convaincante dans ce rôle plutôt exigeant. La sonorité mordorée de son mezzo transcende une partition des plus allègrement dissonantes et rageuses, aux thèmes et accords parfois lancinants. <strong>Guillaume Andrieux</strong> (le Père), <strong>Florent Baffi</strong> (la Mère), <strong>Manuel Núñez Camelino</strong> (Frère 1),<strong> Fabien Hyon</strong> (Frère 2) soulignent avec un à propos parfait les différentes stations de la passion d’Anna, véritable martyrologe ironique. On ne sait trop quelle fortune est faite à l’issue de l’œuvre, mais elle ne fait décidément guère envie. La mise en espace de <strong>Sandra Preciado</strong> et son usage intéressant de la vidéo concourt intelligemment à l’exhumation de cette œuvre aussi rare que fascinante. L’ONL fouetté par l’énergique Joshua Weilerstein, semble plus berlinois que rêvé, ce n’est pas un mince exploit.</p>
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		<title>Boris Vian à l&#8217;opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/boris-vian-a-lopera/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jan 2020 21:24:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>S’il n’avait été fauché à 39 ans par une crise cardiaque, Boris Vian aurait pu être centenaire en 2020. A côté du romancier et de l’auteur de quelque 400 chansons, on oublie souvent qu’il fut aussi à la source de plusieurs opéras. Pour en savoir plus, nous avons rencontré François Roulmann, chargé de l’Introduction et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>S’il n’avait été fauché à 39 ans par une crise cardiaque, Boris Vian aurait pu être centenaire en 2020. A côté du romancier et de l’auteur de quelque 400 chansons, on oublie souvent qu’il fut aussi à la source de plusieurs opéras. Pour en savoir plus, nous avons rencontré François Roulmann, chargé de l’Introduction et de la Bibliographie du volume X, « Opéras et Spectacles », de l’édition des <em>Œuvres </em>chez Fayard (2001), plus récemment coauteur des deux volumes d’<em>œuvres romanesques complètes </em>de Vian en Pléiade (2010) et dernièrement, coauteur avec Christelle Gonzalo d&rsquo;<em>Anatomie du Bison, Chrono-bio-bibliographie de Boris Vian</em> (Editions des Cendres, 2019, Prix du Livre 2019 de l&rsquo;Académie du Jazz).</strong></p>
<hr />
<p>En janvier 1957, dans <em>Nancy Opéra</em>, publication de ce qui allait plus tard devenir l’Opéra national de Lorraine, on pouvait lire les propos suivants. « <em>Ceci peut paraître une idée folle, mais j’en suis fermement convaincu : seul l’opéra peut lutter avec le cinéma en ce qui concerne l’efficacité. Il reste, naturellement, à tâcher de le défaire d’un tas de vieilles guenilles qui lui empêtrent les pieds ; il reste à apprendre aux chanteurs le métier d’acteur ; il reste à accélérer la mise en scène – ou plus exactement le montage – pour éviter les temps morts. Il reste enfin à mettre au service de tout cela les techniques actuelles de l’éclairage et de la sonorisation</em> ». Qui prononçait ces paroles prophétiques, auxquelles allait bientôt donner raison toute une génération de « nouveaux » metteurs en scène ? Boris Vian. Etonnante lucidité de la part d’un homme que l’on associe si peu à l’art lyrique, qui fut pourtant l’une de ses dernières passions.</p>
<p><strong>Du classique au jazz</strong></p>
<p>Le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray, quand naît le deuxième enfant de Paul et Yvonne Vian, après Lélio, le fils aîné, c’est encore un prénom musical qui est choisi, puisque Boris vient tout droit de <em>Boris Godounov</em>. Suivront Alain et Ninon, moins immédiatement lyriques. Si elle avait été issue d’un milieu moins bourgeois, leur mère aurait peut-être pu faire carrière comme harpiste ; elle devra se contenter de pratiquer l’instrument et le chant en famille. Selon François Roulmann, « <em>son surnom de ‘Mère Pouche’, donné par ses enfants, pourrait venir de l’opérette </em>Pouche <em>de Henri Hirchmann,</em> <em>créée en 1925</em> ».</p>
<p>Quand frappe la crise de 1929, les Vian sont contraints de louer leur demeure et de se replier dans la petite maison du gardien. Les premiers locataires sont une certaine famille Menuhin, et entre 1930 et 1935, le jeune Yehudi partagera parfois les jeux des petits Vian, notamment les parties d’échecs. Mais Boris, déjà « <em>saoulé de musique classique</em> » par sa mère, prend en horreur les grands compositeurs d’autrefois en entendant le jeune violoniste faire ses gammes toute la journée. Paradoxalement, car il souffre de fragilité pulmonaire depuis ses premières années, Boris joue de la trompette. A l’adolescence, le jazz lui apparaît comme un moyen de se rebeller contre la musique de ses parents, contre Mozart (il transformera par la suite la <em>Marche turque</em> en chachacha). En 1937, il adhère même au Hot-Club de France. Après la guerre, il se produit comme trompettiste dans les caves de Saint-Germain-des-Prés. Et à la fin des années 1940, il découvre les classiques du XXe siècle : Stravinsky, qu’il vénère, Ravel ou Bartok.</p>
<p><strong>Quand vient l’opéra</strong></p>
<p>Ecoutons François Roulmann : « <em>En 1952, Boris VIan trentenaire sort d’une période assez difficile : il n’est plus le jeune homme à la trompette, il n’est plus l’auteur de </em>L’Ecume des jours<em>, il n’est plus le pornographe de </em>J’irai cracher sur vos tombes<em>. Il vient de se séparer de sa femme, et il se fait traducteur pour gagner sa vie. Bien qu’ignorant le suédois, il traduit </em>Mademoiselle Julie<em> de Strindberg, montée en septembre 1952 au Théatre de Babylone que dirige Jean-Marie Serreau (et où l’on créera </em>En attendant Godot<em> en janvier 1953). La musique de scène est commandée à un certain Georges Delerue. Cette première collaboration sera décisive</em> ». Né en 1925, Delerue n’est encore qu’un tout jeune compositeur peu connu, et sa carrière pour le cinéma ne décollera que quelques années plus tard. Jo Tréhard, responsable du Festival dramatique de Normandie, fait néanmoins le choix de ces deux jeunes gens pour un ambitieux projet de grand spectacle en plein air.</p>
<p>Il s’agit de concevoir, sur un sujet imposé (les Chevaliers de la table ronde) un grand spectacle de plein air, d’une durée de plusieurs heures, avec figurants et chevaux, qui sera donné sept fois, en août 1953, dans la cour du château de Caen. Il s’agit de théâtre avec une abondante musique de scène dont quelques chansons, les interprètes étant avant tout des acteurs (Sylvia monfort, Michel Piccoli…). « <em>La critique de l’époque s’attendait à un traitement parodique, mais au contraire, Vian a opté pour la poésie</em> » autour du triangle amoureux Guenièvre-Lancelot-Artus.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QYXd97hjn4M" width="560"></iframe></p>
<p>En septembre, dans <em>Paris-Théâtre</em>, Boris Vian se déclare prêt à voir plus grand : « <em>Eh bien, ma foi… nous voilà bien près d’aboutir à l’opéra… au vrai, si l’on se donnait la peine d’écrire pour lui ou plutôt s’il se donnait la peine de nous le demander, ce serait une bien bonne chose… Mais, à moins d’avoir entre cent cinquante et trois cents ans, on n’inspire guère confiance à l’opéra… Tenez, Rameau, ça c’est solide</em> » (allusion probable au succès des <em>Indes galantes</em> à Garnier dans la production Maurice Lehmann).</p>
<p>Ce premier essai suscite bientôt une commande de Marcel Lamy, directeur du Grand Théâtre de Nancy. En neuf mois, Vian et Delerue transforment leur <em>Chevalier de Neige</em> en un véritable opéra, à la distribution pléthorique (une trentaine de rôles !) et prestigieuse, puisqu’on y retrouve le gratin de la troupe de l’Opéra de Paris : Jane Rhodes, Andrée Esposito, Xavier Depraz, Jacques Luccioni, dirigés par Jésus Etcheverry. La création, le 31 janvier 1957, est « <em>l’un des très rares succès publics qu’a connus Vian</em> ». Après les trois représentations nancéennes, l’œuvre aurait dû être donnée à l’Opéra de Lyon, puis à l’Opéra-Comique, dont André Malraux vient justement de confier la direction à André Lamy ! Mais à cause de la guerre d&rsquo;Algérie, elle retirée de l’affiche après quelques répétitions.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ppeV7MmLaAw" width="560"></iframe></p>
<p>
	Interview durant 1&rsquo;38, suivie d&rsquo;un air de la reine Guenièvre chanté par Andrée Esposito</p>
<p><strong>Avec Darius Milhaud</strong></p>
<p>Après l’élève Delerue vient celui qui fut l’un de ses maîtres, Darius Milhaud. « <em>Vian et Milhaud se connaissaient depuis plus années, ils avaient été voisins car Milhaud habitait au 8 boulevard de Clichy, l’immeuble dans lequel Vian s’est réfugié pendant quelques mois en 1951 lorsqu’il a fui le domicile de ses beaux-parents</em> ». Selon la danseuse Ursula Kübler, compagne de Boris Vian, l’opéra est la forme d’art pour laquelle l’écrivain s’est passionné dans les derniers mois de sa vie. Grâce à son emploi de directeur artistique chez Phillips, il reçoit des disques, notamment des intégrales comme <em>Pierrot lunaire</em> ou <em>Le Château de Barbe-Bleue</em>. Il avoue une admiration de toujours pour Stravinski, et Berg le trouble : « <em>Wozzeck</em>, ça m’émeut autant que <em>Echoes of Harlem </em>»<em>. </em></p>
<p>En 1957, répondant lui-même à une commande de Hermann Scherchen pour le Festival de théâtre musical de Berlin, Darius Milhaud commande à Boris Vian un ouvrage lyrique court. Le romancier adapte alors un argument de ballet en livret d’opéra-minute : <em>Fiesta</em>, créé à Berlin en octobre 1958 (Berliner Festwochen) en même temps que trois autres opéras de chambre. La création française n’aura lieu que le 7 avril 1972 à l’Opéra de Nice, pour les 80 ans de Darius Milhaud. Sur un sujet sud-américain, Vian a écrit un texte en vers, très répétitif, sans doute parodique. « <em>Ce n’est pas un très grand succès, mais c’est sa deuxième incursion dans le genre et c’est encore une expérience heureuse : une forme écriture contrainte qui lui permet d’être davantage reconnu qu’avec ses œuvres plus personnelles</em> ».</p>
<p>Dans les brouillons de Vian, on a aussi retrouvé l’esquisse très partielle d’un opéra intitulé <em>Lily Strada</em>, d’après <em>Lysistrata</em> : la pièce d’Aristophane devait être transposée dans le Paris du XXe siècle, entre Pigalle et Montmartre, Athènes et Sparte étant remplacées par « les Corses » et « les Marocains ».</p>
<p><strong>Posthumes</strong></p>
<p>Boris Vian meurt à Paris le 23 juin 1959. Mais son histoire opératique ne s’arrête pas là. Après <em>Le Chevalier de Neige</em> en 1957, Georges Delerue récidive, sur un livret de Vian écrit en janvier 1959, mais cette fois pour un opéra de chambre d’une demi-heure, <em>Une regrettable histoire</em>, créé à la radio le 18 septembre 1961. Le livret s’intitulait <em>Arne Saknussem</em>, nom emprunté à Jules Verne, mais la ressemblance de l’intrigue avec celle de la nouvelle « Une pénible histoire » a inspiré le changement de titre. D’un autre projet, <em>Le Mercenaire</em>, ne nous est parvenu que le plan et le texte d’un « trio des démineurs ». « <em>L’opéra reste associé à des moments heureux dans la courte existence de Boris Vian, mais on ne peut pas dire que cette activité de librettiste ait été au centre de sa carrière. C’est une facette méconnue de sa production, à laquelle il s’est consacré avec la même intelligence rapide que dans tous les domaines</em> ».</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/IAKarUtPHHU" width="560"></iframe></p>
<p>Loin de la France, les textes de Vian ont inspiré plusieurs œuvres lyriques. En 1973, le Russe Edison Denisov (1929-1996) conçoit <em>La Vie en rouge</em>, cycle de sept mélodies pour une voix et neuf instruments, parmi lesquelles figure notamment « La Java des bombes atomiques ». Après ce coup d’essai, Denisov compose entre 1977 et 1981 <em>L’Ecume des jours</em>, opéra en trois actes dans lequel il voyait sa meilleure partition. Denisov a lui-même tiré du roman un livret en français, en puisant ailleurs chez Vian les textes qui lui semblaient nécessaires et en développant l’aspect « spirituel » qu’il juge essentiel. Dans la musique de Denisov, le jazz fait parfois irruption, mais le compositeur avait plutôt comme références <em>Tristan</em> et <em>Pelléas</em>. Très applaudie, la création mondiale de <em>L’Ecume des jours</em> eut lieu à l’Opéra-Comique le 15 mars 1986 ; Olivier Messiaen et Henri Dutilleux sont dans la salle. La création russe (et en version russe) interviendra en octobre 1989, à Perm. C’est ensuite en Allemagne que l’œuvre est donnée, au cours des années 1990, la dernière production en date étant celle de l’Opéra de Stuttgart en décembre 2012, reprise en 2017.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/OrEEjY9S_CU" width="560"></iframe></p>
<p>De son côté, la Polonaise Elżbieta Sykora (née en 1943) a reçu une commande de Radio France pour son troisième opéra, <em>L’Arrache-Cœur</em>, dont une première version de 45 minutes (avec narrateur) a été diffusée par France Musique en 1986. Après une révision, la version longue est créée le 16 septembre 1995 à l’Opéra national de Varsovie, en polonais, puis le 6 juin 1997 au Centre Pompidou, en français.</p>
<p>« <em>Maintenant</em>, <em>quelles œuvres de Vian pourrait-on mettre en musique ? </em>s’interroge François Roulmann. <em>La structure de </em>L’Automne à Pékin<em> ne s’y prêterait pas du tout. </em>L’Herbe rouge<em> aurait un côté scénique formidable, avec la machine à manger les souvenirs. En revanche, il y a un texte qui pourrait donner lieu à une sorte opéra-jazz : </em>Vercoquin et le plancton<em>, son premier roman publié (1946), évocation des surprises-parties de l’après-guerre »</em>. Avis aux organisateurs des festivités du <a href="https://centenaireborisvian.com/">centenaire Boris Vian</a>…</p>
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		<title>La Voix humaine / Une Éducation manquée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-voix-humaine-une-education-manquee-double-incongru/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Dec 2018 11:10:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce DVD nous propose un bien curieux attelage : rien de commun en effet entre la tragédie moderne de Poulenc et la fantaisie de Chabrier, si ce n’est que les deux ouvrages étaient montés au Théâtre Impérial de Compiègne, respectivement pour le centenaire de la naissance du premier, et pour celui de la mort du second. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce DVD nous propose un bien curieux attelage : rien de commun en effet entre la tragédie moderne de Poulenc et la fantaisie de Chabrier, si ce n’est que les deux ouvrages étaient montés au Théâtre Impérial de Compiègne, respectivement pour le centenaire de la naissance du premier, et pour celui de la mort du second. A la scène, Compiègne proposait d’ailleurs un autre couplage, avec <em>La Colombe</em> de Gounod. L’avantage du DVD, c’est toutefois que l’on n’est pas obligé de les écouter à la suite !</p>
<p>La composition d’<strong>Anne-Sophie Schmidt</strong> dans <em>La Voix humaine</em>, est tout bonnement remarquable. Le timbre manque un peu de séduction, de couleurs, mais la diction est exemplaire, la musicalité impeccable. L’attention et le soin apportés à ce chanté-parlé, l’accentuation d’une parfaite justesse, le naturel enfin, sont difficiles à atteindre par des chanteurs non francophones. Une interprétation méconnue qui gagnerait à être largement diffusée pour faire comprendre ce qu’idiomatique veut dire. Mal capté, l’orchestre nous laisse un peu sur notre faim, malgré une bonne direction de <strong>Jean-Pierre Tingaud</strong>. La mise en scène de <strong>Pierre Jourdan </strong>est simple et émouvante, très bien filmée par celui-ci.</p>
<p><em>Une Éducation manquée </em>de Chabrier est proposée dans une version arrangée par Darius Milhaud. On doit à celui-ci des récitatifs en remplacement des textes parlés (musicalement un peu en rupture par rapport au style bonhomme de Chabrier) ainsi qu’un air supplémentaire pour Hélène (plus adéquat), inspiré d’une mélodie inédite de Chabrier. Le Théâtre Français de la Musique de Pierre Jourdan a toujours affiché des ambitions musicologiques, bénéficiant de plus de l’incomparable expérience d’<strong>Irène Aïtoff</strong>, véritable mémoire du chant français. On regrettera toutefois que le rôle de Gontran, originellement dévolu à un soprano, soit ici confié à un ténor. On y gagne en crédibilité, mais ce n’est pas ce que l’on doit chercher ici. On y perd cette espèce d’évanescence de deux voix féminines se répondant l’une à l’autre et Gontran n’est plus cette espèce de variation sur le personnage de Chérubin. La mise en scène de <strong>Pierre Jourdan</strong> essaie d’accentuer le côté comique de l’ouvrage, avec une amusante simulation de film muet en ouverture, mais la page la plus drôle, le duo entre Gontran et Pausanias, tombe un peu à plat. Ces réserves posées, <strong>Franck Cassard </strong>est un Gontran bien chantant et amusant. <strong>Mary Saint-Palais </strong>est une Hélène délicieuse, au timbre un peu suranné et d’une remarquable musicalité. En Pausanias, <strong>Philippe Fourcade</strong> est efficace mais le chant manque un peu de rondeur. Malheureusement, la prise de son dessert cette sympathique équipe. Dans ce type d’ouvrage, il faut allier un débit rapide mais toujours compréhensible et un accompagnement orchestral vif, discret mais présent. Or nous entendons plutôt ici une bouillie sonore qui n’est certainement pas le fait de l’excellent <strong>Michel Swierczewski </strong>(nous étions dans la salle). Il faut espérer que les archives du théâtre ont conservé une meilleure prise de son dans leurs caves.</p>
<p>Un DVD bonus propose de retracer l&rsquo;histoire du théâtre au travers de quelques interviews, ainsi que de nombreux extraits de vingt spectacles proposés sous la direction de Pierre Jourdan.</p>
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		<title>Darius Milhaud fête Noël à Rio</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/darius-milhaud-fete-noel-a-rio/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Dec 2015 14:30:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les 18 et 19 décembre derniers a été créé à Rio de Janeiro le ballet L&#8217;Homme et son Désir que Darius Milhaud et Paul Claudel avaient concocté en 1917, quelques mois après leur arrivée au Brésil, entre Rio et les hauteurs de Teresópolis. Ce ballet créé à Paris en 1921 n&#8217;avait jamais été joué au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les 18 et 19 décembre derniers a été créé à Rio de Janeiro le ballet <em>L&rsquo;Homme et son Désir</em> que Darius Milhaud et Paul Claudel avaient concocté en 1917, quelques mois après leur arrivée au Brésil, entre Rio et les hauteurs de Teresópolis. Ce ballet créé à Paris en 1921 n&rsquo;avait jamais été joué au Brésil. C&rsquo;est <strong>Manuel Corrêa do Lago</strong>, de l&rsquo;Académie  Brésilienne de Musique, qui en a proposé l&rsquo;idée au Consulat Général de France à Rio, puis à l&rsquo;Orchestre Symphonique Brésilien et enfin au directeur de la salle de concerts <strong>Cecília Meireles</strong>, une salle mythique de la scène carioca récemment rénovée et dont l&rsquo;acoustique claire et chaleureuse est remarquable. Tous ont répondu présents avec enthousiasme et un séminaire de deux jours a été organisé, en amont, à la Maison de France réunissant des intervenants brésiliens et français.</p>
<p>Le public est venu en nombre et a réservée chaque soir une standing ovation aux artistes. Un public, toutes couleurs et générations confondues, qu&rsquo;on ne connaît que sous ces latitudes et qui fait chaud au cœur.</p>
<p>Au programme il y a avait aussi <em>La Création du Monde</em> et les six petites symphonies de Milhaud dont la première  a été composée à Rio. Et enfin l&rsquo;impressionnant chef d&rsquo;œuvre de Villa-Lobos, son <em>Nonetto</em>, où les musiciens brésiliens semblaient pendre un plaisir évident et donnaient le meilleur d&rsquo;eux- mêmes.</p>
<p>Beau retour aux sources que la création de <em>L&rsquo;Homme et son Désir</em> à Rio : les musiciens de l&rsquo;OSB dirigés par <strong>Marcelo Ramos</strong> et les superbes chanteurs de l&rsquo;Ensemble Calíope, si connu au Brésil, ont interprété l&rsquo;œuvre avec ce supplément d&rsquo;immédiate sensualité et de flexibilité rythmique tellement naturels, que Milhaud avaient tant aimé chez le peuple brésilien.</p>
<p>Quel beau cadeau en cette saison, alors  que d&rsquo;énormes papas Noëls enneigés vous accueillent, stoïques, a l&rsquo;entrée de la plage de Copacabana par 40° à l&rsquo;ombre!</p>
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		<title>Darius Milhaud</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/darius-milhaud-chanteurs-francais-a-vous-de-jouer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2014 06:42:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par quel mystère la production lyrique d’un des principaux compositeurs français a-t-elle pu disparaître presque entièrement ? Associé à l’avant-garde du premier XXe siècle, dont il côtoya les plus grands représentants, dans la littérature, la musique et les arts visuels, Darius Milhaud ne serait-il mémorable que pour son œuvre symphonique, et son travail pour la scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Par quel mystère la production lyrique d’un des principaux compositeurs français a-t-elle pu disparaître presque entièrement ? Associé à l’avant-garde du premier XXe siècle, dont il côtoya les plus grands représentants, dans la littérature, la musique et les arts visuels, Darius Milhaud ne serait-il mémorable que pour son œuvre symphonique, et son travail pour la scène devrait-il se réduire à ses ballets ? Ou s’agit-il plutôt d’une désaffection générale dont pâtit encore l’opéra français des années 1920 à 1950 ? Heureusement, des signes de réchauffement se manifestent ici et là : <em>Bolivar </em>a été remonté à Caracas en 2012 (voir brève), le Theater an der Wien accueillera en mai prochain Mireille Delunsch dans <em>La Mère coupable </em>(1966), dont on a pu récemment entendre quelques fascinants extraits en banlieue parisienne (voir brève). Au disque, la firme Naxos vient de publier le tout premier enregistrement intégral de la musique pour l’<em>Orestie</em> d’Eschyle, et l’on croit savoir que Gérard Mortier avait caressé le rêve de monter cette dernière œuvre à l’Opéra de Paris. De fait, on imagine assez bien l’Opéra-Bastille accueillant cette partition, composée entre 1913 et 1924, et tout directeur de notre première scène nationale s’honorerait en y montant <em>Christophe Colomb</em>.</p>
<p>Tout cela est bel et bon, mais encore faut-il disposer des interprètes ad hoc. Car malgré toute leur bonne volonté et toute leur science, c’est là où le bât blessait dans l’<em>Orestie</em> sortie cet automne chez Naxos : pour faire revivre cette musique, il faut plus que des artistes de bonne volonté mais au français hésitant, il faut de grands chanteurs à la diction magistrale, comme ceux de l’historique version des <em>Choéphores</em> qu’on retrouve sur le premier disque de ce coffret : un <strong>Heinz Rehfuss</strong> magistral en Oreste, une <strong>Hélène Bouvier</strong> envoûtante en Electre, dirigés par <strong>Igor Markevitch</strong>. Directeur du label Malibran, Carlo Ciabrini a préparé pour Forlane ce bouquet d’enregistrements réalisés entre 1951 et 1963 (à l’exception d’un document d’archive permettant d’entendre <strong>Claire Croiza</strong> à la création partielle à Anvers en 1928). Pour <em>Les Euménides</em>, de grandes voix sont là (<strong>Jacqueline Brumaire, Michèle Vilma</strong>), mais c’est la prise de son qui laisse à désirer, comme c’est hélas inévitable avec ce genre de captations. Malgré une restauration soigneuse, l’écoute est difficile, le chœur passe mal et le son se réduit parfois à un cliquetis métallique.</p>
<p>Pourtant, dans le parcours chronologique que proposent ces dix CD, les belles découvertes sont légion. Quelle oeuvre admirable que <em>Le Retour du fils prodigue</em>, superbement servie par <strong>Gabriel Bacquier</strong> et l’omniprésent <strong>Bernard Demigny</strong>, entre autres. Car c’est aussi l’un des grands mérites de ce coffret, que de rappeler à notre souvenir toute une génération d’interprètes qui auront su servir avec dévouement des œuvres qui n’avaient rien de facile. Les trois « opéras-minutes » permettent ainsi de savourer la voix haut-perchée de <strong>Raymond Amade</strong>, dans des tessitures proches de celle d’une haute contre à la française. A l’autre extrême, <strong>Xavier Depraz</strong> brille dans divers emplois de basse, notamment dans la délicieuse pochade intitulée <em>Le Mariage de la feuille et du cliché</em>, qui unit à des chanteurs lyriques une actrice (Simone Renant) et une chanteuse de variété (Léo Marjane). <strong>Robert Massard</strong> prouve que <em>Christophe Colomb  </em>exige un interprète de premier plan. Créé A Berlin en 1930, sur un livret de Claudel, dont Milhaud avait été le secrétaire, voilà une œuvre qui aurait toute sa place à l’Opéra-Bastille, avec sa masse chorale impressionnante et son style théâtral proche du <em>Soulier de satin</em>. Olivier Py à la mise en scène, Ludovic Tézier dans le rôle-titre, voilà qui ferait de nos jours une belle affiche…</p>
<p>Plus difficile s’avérera peut-être le retour des deux œuvres créés à l’Opéra de Paris, <em>Maximilien</em> (1932) et <em>Bolivar </em>(1950). Leur intrigue latino-américaine autorisa Milhaud à employer ces rythmes qui lui avaient si bien réussi dans <em>Saudades do Brasil </em>ou <em>Le Bœuf sur le toit</em>, mais ce type d’opéra historique nous parle-t-il encore ? Seule l’épreuve de la scène pourrait le dire, à condition de pouvoir réunir des distributions comparables à celles d’il y a un demi-siècle, qui alignaient <strong>Denise Scharley</strong> en princesse Salm-Salm ou en Précipitacion, <strong>Liliane Berton</strong> en Manuela Saenz, <strong>René Bianco</strong> en Bolivar, <strong>Jean Giraudeau</strong> en colonel Lopez et en Nicanor. Souvent lui-même à la tête d’orchestre plus ou moins identifiés, Darius Milhaud pouvait en son temps compter sur une <strong>Janine Micheau</strong> pour être la reine Isabelle dans <em>Christophe Colomb</em>, ou pour interpréter, dans un registre moins grandiose, ses mélodies sur des poèmes de Francis Jammes ou Robert Desnos. Qui, parmi les chanteurs français d’aujourd’hui, relèvera le gant ?</p>
<p> </p>
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		<title>La Colombe&#124;Le Pauvre Matelot — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-colombe-le-pauvre-matelot-paris-athenee-verite-en-deca-des-pyrenees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jun 2014 14:05:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce même théâtre de l’Athénée, Stéphane Vérité nous avait éblouis avec sa production des Enfants terribles de Philip Glass (voir compte rendu). Le revoici avec un diptyque français, où ce qui apparaît comme sa signature personnelle semble nettement moins bien fonctionner. La maestria dans l’usage de la vidéo est indéniable, et avec son complice &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	En ce même théâtre de l’Athénée, <strong>Stéphane Vérité </strong>nous avait éblouis avec sa production des <em>Enfants terribles</em> de Philip Glass (voir <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/le-jeu-de-lamour-et-de-la-mort">compte rendu</a>). Le revoici avec un diptyque français, où ce qui apparaît comme sa signature personnelle semble nettement moins bien fonctionner. La maestria dans l’usage de la vidéo est indéniable, et avec son complice <strong>Romain Sosso</strong>, le metteur en scène domine cet outil. A moins que ce ne soit l’outil qui les domine, car autant le travail sur la métamorphose du décor avait un sens profond et contribuait au malaise qui caractérisait l’atmosphère des <em>Enfants terribles</em>, autant le même procédé paraît un peu gratuit dans <em>La Colombe</em> de Gounod. Certes, l’intrigue se situe dans une chaumière délabrée, mais cela justifie-t-il que le fond de scène se transforme constamment, sans une seule seconde de répit, alternant murs lépreux et colombariums en décrépitude ? Est-ce par manque de confiance en l’œuvre, comme s’il fallait à tout prix distraire l’œil du spectateur, qui autrement risquerait de s’ennuyer à suivre une intrigue certes simplette, mais pas pire que bien d’autres ? Quelques gags tentent bien de rendre comique cet opéra qui l’est uniquement parce qu’on y parle entre les morceaux chantés, mais il ne se passe grand-chose sur scène. Horace se voit imposer un comportement frénétique de fou amoureux, et Sylvie une certaine brusquerie, soit. On rit de bon cœur au moment que le XIXe siècle concevait sans doute comme le plus émouvant, celui où l’oiseau est servi comme dîner. La sauce a néanmoins du mal à prendre. Heureusement, pour cette production destinée à l’Opéra Studio de l’Opéra national du Rhin, les rôles ont été confiés exclusivement à des francophones, ce qui était indispensable compte tenu de la place accordée aux dialogues parlés. La distribution est dominée par le magnifique Mazet de <strong>Lamia</strong> <strong>Beuque</strong>, qui peut mettre le public dans sa poche avec l’air « Ah, les femmes ! » (qui devient « Ah, les hommes ! » à la fin du premier acte). Il est heureux que la typologie vocale ait été respectée, car ce personnage travesti est parfois confié à un ténor, comme l’avait fait Pierre Jourdan à Compiègne en 1994, ce qui revient à détruire tout l’équilibre de la partition. <strong>Gaëlle Alix </strong>fait bonne impression dans un rôle très virtuose, conçu pour Mme Carvalho, mais l’extrême aigu est assez strident et gagnerait beaucoup à être désacidifié. Bien qu’il n’ait guère à chanter, <strong>Sévag Tachdian </strong>semble parfois trop peu sonore dans la partie grave de son rôle. <strong>Jean-Christophe Born </strong>est un ténor encore trop vert pour être toujours agréable à écouter : quand il ne sont pas émis en voix de tête, ses aigus paraissent bien véhéments. Dans l’œuvre de Gounod, les treize musiciens de l’orchestre <strong>Lamoureux </strong>dirigé par <strong>Claude Schnitzler </strong>offrent une sonorité souvent maigrelette : la fosse de l’Athénée n’est pas immense, on le sait, et il est permis de penser qu’à la création française en 1866, l’orchestre de l’Opéra-Comique était un peu plus fourni.</p>
<p>	<img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="343" src="/sites/default/files/styles/large/public/p150154_10.jpg?itok=tcPmRNTi" title="S. Tachdian, G. Alix, J.-C. Born et L. Beuque © Stéphane Vérité " width="468" /><br />
	S. Tachdian, G. Alix, J.-C. Born et L. Beuque © Stéphane Vérité</p>
<p>
	Rien à redire en revanche quant à la prestation des instrumentistes dans la deuxième partie de la soirée. Le choix, chronologique mais curieux, avait été fait de donner l’œuvre de Milhaud après celle de Gounod. Bien sûr, la « complainte » de 1923 est écrite dans un langage truffé de dissonnances, plus proche de notre époque, mais elle se termine sur une absence de dénouement qui nous laisse plongés dans une ambiance fort sombre. Cette fois, Stéphane Vérité laisse le décor en paix, se contentant de montrer un entassement de containers où seuls les éclairages changent (de façon à vrai dire assez dénuée de sens). Les acteurs paraissent un peu plus dirigés, cette fois, dans l’atmosphère lourde de ce drame portuaire. Et comme il n’y a pas un seul mot de parlé, les membres non francophones de l’Opéra Studio devraient pouvoir y tirer leur épingle du jeu. La soprano slovène <strong>Kristina Bitenc </strong>s’exprime dans un très bon français et affronte avec aplomb une tessiture très large. Le Madrilène <strong>David Oller </strong>est plus effacé, et la prononciation des e, é et è lui pose problème. Malgré de très solides moyens, le ténor coréen <strong>Sunggoo Lee </strong>nous oblige à garder les yeux sur les surtitrages et la voix semble parfois trop couverte. Aux côtés de ces jeunes artistes, <strong>Fernand Bernadi </strong>fait figure de vétéran, avec un timbre de basse d’une belle noirceur, au vibrato assez marqué. Dans le relatif désert des commémorations nationales réservées à Darius Milhaud, voilà qui nous rappelle opportunément que le compositeur aixois est mort il y aura tout juste quarante ans le 22 juin prochain.</p>
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