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	<title>Paul MISRAKI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Paul MISRAKI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>MISRAKI, Normandie — Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Feb 2019 06:35:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son compte rendu de l’enregistrement de 1956, Laurent Bury souligne « cette diction impeccable qui laisse rêveur de nos jours – comment faisaient donc ces artistes pour être à tout instant compréhensibles lorsqu’elles chantaient ? ». Eh bien ne rêvons plus, car les Frivolités parisiennes relèvent haut la main le défi de la diction, que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son <a href="https://www.forumopera.com/cd/normandie-elle-etait-swing">compte rendu de l’enregistrement de 1956</a>, Laurent Bury souligne « cette diction impeccable qui laisse rêveur de nos jours – comment faisaient donc ces artistes pour être à tout instant compréhensibles lorsqu’elles chantaient ? ». Eh bien ne rêvons plus, car les <strong>Frivolités parisiennes</strong> relèvent haut la main le défi de la diction, que l’on a le grand plaisir ce soir de qualifier d’impeccable. Mais ce n’est pas tout, et la troupe sait aussi s’identifier de manière confondante au style de l’époque, comme elle le fait à chaque nouvelle production. Ici, ça swingue, le rythme est effréné, jamais un temps mort, et alors que l’enregistrement ne nous offrait qu’une heure et demie, ce spectacle de deux heures et demie avec tous les couplets des airs, et des textes parlés parfaitement joués, passe comme un éclair, au milieu des rires (des spectateurs), des nombreux applaudissements, et de la bonne humeur générale.</p>
<p>Il faut dire que l’œuvre a été créée sous le Front populaire après d’importantes luttes sociales, période qui n’est pas sans rappeler les moments que nous vivons aujourd’hui (air « On n’est jamais content de ce qu’on a… »). Mais en même temps, elle surfe sur l’un des grands évènements de l’époque, le lancement et les premières traversées du Normandie, le plus grand paquebot du monde et parangon des Arts décoratifs. De son côté, la musique est bien dans l’air du temps, Frank Churchill n’est jamais loin, ni Oscar Straus et ses <em>Trois valses</em>, alors que <em>My Fair Lady </em>perce déjà…. Mais les chanteurs-comédiens-danseurs ne forcent pas sur la connivence et évitent  les effets appuyés, leur préférant une certaine distanciation qui replace au second degré beaucoup d’effets comiques, réjouissant d’autant plus l’assistance. Même si peu de jeunes dans la salle en possèdent toutes les clés, comme par exemple que le Sphinx dont on parle souvent dans le spectacle était la grande et luxueuse maison close de Montparnasse ouverte en 1931. La mise en scène de <strong>Christophe Mirambeau</strong>, d’une redoutable efficacité, s’appuie sur des éléments scéniques simples – de grandes lettres qui composent des mots pour désigner soit un lieu, soit le sens d’une scène – et des costumes féminins de <strong>Casilda Desazars </strong>d’une classe digne des passagères de première classe du Normandie.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/normandie_-_photo_lauralie_blenet_11bd.jpg?itok=sIOiiaih" title="© Photo Lauralie Blenet" width="468" /><br />
	© Photo Casilda Desazars</p>
<p>Le trio féminin, héritier des trois cousines de La Périchole et des trois petites écolières du Mikado, campe trois personnages bien différenciés selon les règles du genre, qui coursent respectivement le télégraphiste, le professeur d’éducation physique du bord, et un garçon d’ascenseur passager clandestin. <strong>Mylène Bourbeau </strong>(Betty), <strong>Marion Tassou</strong> (Barbara) et <strong>Caroline Michel </strong>(Margaret) ont des voix lyriques délicieuses et une technique vocale bien assurée. Dans un genre tout différent, <strong>Sandrine Buendia</strong> (Catherine) est une éblouissante croqueuse de diamants dont les attitudes parodient Rita Hayworth (<em>Gilda</em>) tandis qu’elle tisse avec humour une solide toile d’araignée pour attraper les pigeons de passage. La voix est charnue et sensuelle, la comédienne irrésistible, un régal. Les autres personnages féminins sont tout aussi bien campés, que ce soit l’amusante et autoritaire mère du pasteur (<strong>Caroline Roëlands</strong>) ou le quatuor d’affriolantes jeunes filles.</p>
<p>Côté masculin, les jeunes prétendants Roland (<strong>Guillaume Paire</strong>), Georges (<strong>Pierre Babolat</strong>) et Petit Louis (<strong>Guillaume Beaujolais</strong>) maintiennent un excellent équilibre vocal avec leurs soupirantes, tout en apportant un contrepoint comique aux pères milliardaires de ces jeunes femmes, Jim (<strong>Jeff Broussoux</strong>), Ralph (<strong>Denis Mignien</strong>) et John (<strong>Richard Delestre</strong>), qui ont bien fait d’éviter l’accent américain. Tous savent parfaitement, tout comme leurs consœurs, chanter, danser et jouer la comédie, ce que font également très bien <strong>Halidou Nombre</strong>, très élégant barman, et <strong>Guillaume Durand</strong>, amusant et bondissant pasteur habitué à jouer des claquettes au Sphinx (un peu comme Sim dans une boîte de nuit avec sa <em>Jolie petite libellule</em> dans <em>Elle Boit pas…</em>!), sans oublier <strong>Patrick Laviosa</strong>, le chef-Commandant qui en plus du piano et de l&rsquo;accordéon, assure la bonne marche du navire transatlantique… et celle d’un orchestre sensationnel. Bref, un spectacle vraiment épatant, d’où l’on sort avec le sourire aux lèvres et des refrains entraînants plein les oreilles. Avec en prime une maxime philosophique : rien n’a trop d’importance, et au total, <em>Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine</em> !</p>
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		<title>Normandie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/normandie-elle-etait-swing/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jan 2019 12:03:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Début février 2019, à Compiègne et à Paris, l’ensemble Les Frivolités Parisiennes présentera l’opérette Normandie, œuvre de Paul Misraki. Immortel compositeur de tubes comme « Tout va très bien, madame la marquise » ou « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », parmi tant d’autres titres, Paul Misraki est mort il y a exactement vingt ans, et il aurait &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Début février 2019, à Compiègne et à Paris, l’ensemble Les Frivolités Parisiennes présentera l’opérette <em>Normandie</em>, œuvre de Paul Misraki. Immortel compositeur de tubes comme « Tout va très bien, madame la marquise » ou « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », parmi tant d’autres titres, Paul Misraki est mort il y a exactement vingt ans, et il aurait eu 110 ans cette année. Double anniversaire qui est passé un peu inaperçu, même si le monde la chanson et de la musique de film lui doit évidemment plus que celui de l’art lyrique. Malgré tout, Paul Misraki composa plusieurs opérettes et comédies musicales, dont <em>Le Chevalier Bayard</em> (1948), qui fut créé par Yves Montand, Henri Salvador et Ludmilla Tcherina. En 1936, <em>Normandie</em> fut sa première œuvre scénique, sur un livret dû au cinéaste Henri Decoin, les lyrics étant signés André Hornez, co-auteur du <em>Chevalier Bayard</em> avec Bruno Coquatrix. Grand succès aux Bouffes-Parisiens, <em>Normandie</em> inclut l’une des chansons qui continuent de faire la gloire du compositeur « Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine », et l’on comprend que Radio-Lille ait eu l’idée de recréer, vingt ans après la création, cette opérette bien troussée qui, au fil de ses onze tableaux, promenait les spectateurs dans tous les recoins du célèbre paquebot, du pont supérieur jusqu’à la salle des machines…</p>
<p>La partition de Paul Misraki laisse entendre ce qu’aurait pu devenir l’opérette si le destin l’avait voulu. A côté d’un hommage à un passé révolu (« Ah comment pouvez-vous douter de ma tendresse ? » est explicitement désigné comme « Valse 1900 »), on y entend surtout des rythmes hispaniques (la rumba « Le vent du large me frôle », par exemple) et surtout américains, tendance Gershwin et déjà swing. Bien sûr, l’humour du livret a parfois un peu vieilli : l’intrigue repose sur la présence à bord de trois milliardaires américains, trois « rôles à accent », façon René Koval dans <em>Pas sur la bouche</em> ou dans <em>Passionnément</em>, ce qui n’est hélas pas très crédible quand il s’agit de déclamer des textes truffés de jeux de mots… La gaieté revendiquée par les chansons peut aujourd’hui sonner comme de l’inconscience dans le contexte des années 1930, mais il est difficile de juger le texte d’après la version nécessairement très réduite qui en était proposée à la radio. On relèvera malgré tout quelques chansons délicieusement coquines, comme l’excellent « Je voudrais en savoir davantage » confié à l’innocente Betty (« j’enrage / Quand je pense aux jeunes mariées / Qui connaissent les derniers outrages / Quand moi j’ignore même les premiers… »).</p>
<p>Pour ce genre d’ouvrage, on s’en doute, pas question de faire appel à de grandes voix, et l’on entend ici plutôt trois catégories d’artistes : des comiques, pour les trois Américains et pour Catherine la « femme d’affaires » ou plutôt poule de luxe ; des divettes d’opérette pour les trois jeunes filles ; des chanteurs de charme pour leurs trois galants. Pour les trois jeunes hommes, si <strong>René Lenoty </strong>faisait déjà carrière en 1926, et n’avait donc plus tout à fait l’âge d’un jeune premier en 1956 (d’autant qu’en 1936, Petit-Louis était apparemment interprété par un adolescent), <strong>Aimé Doniat </strong>et <strong>Dominique Tirmont </strong>entrent tout à fait dans ce cadre, barytons légers alors idoles des jeunes filles. Du côté des demoiselles, les voix sont plus ou moins pointues, plus ou moins acidulées, mais elles ont ce charme et ce chien qu’a la grande Mireille dans <em>Phi-Phi</em>, et cette diction impeccable qui laissent rêveur de nos jours &#8211; comment faisait donc ces artistes pour être à tout instant compréhensibles lorsqu’elles chantaient ? A <strong>Gabrielle Ristori </strong>échoit le tube de <em>Normandie</em>, dont elle s’acquitte avec brio. Quant aux trois barbons, <strong>Duvaleix </strong>(le père, Albert, et non le fils, Christian) était surtout un acteur de cinéma, mais <strong>Robert Burnier</strong> avait également fait une belle carrière dans l’opérette, créant notamment le rôle de Kermao dans <em>Coups de roulis </em>; <strong>Numès fils</strong> retrouve ici le personnage qu’il incarnait en 1936, tout comme <strong>Marcel Cariven</strong> qui dirigeait l’orchestre des Bouffes-Parisiens lors de la création.</p>
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