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	<title>Stanislaw MONIUSZKO - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stanislaw MONIUSZKO - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Roberto Alagna / Ludovic Tézier &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-roberto-alagna-ludovic-tezier-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2024 05:26:17 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque deux des plus célèbres chanteurs actuels se retrouvent sur la même scène, cela promet une soirée électrisante, riche en émotions et en prouesses vocales. On ne présente plus <strong>Roberto Alagna</strong> et <strong>Ludovic Tézier</strong>, le premier est le ténor français le plus fêté dans le monde depuis près de quatre décennies d’une carrière exemplaire, le second, l’un des meilleurs barytons actuels. Ses interprétations du répertoire verdien notamment, font autorité, les plus grands théâtres le réclament, de New-York à Milan en passant par Londres, Paris, Madrid, Munich ou Vienne ainsi que les grands Festivals d’été. La série Les Grandes Voix les a réunis à la Philharmonie de Paris pour un concert unique sous la direction de <strong>Giorgio Croci</strong>, dans des œuvres d’opéras allemands, français et italiens.</p>
<p>C’est une ovation qui accueille les deux artistes vêtus à l’identique d’un smoking et d’une chemise noire sur laquelle tranche une cravate bleue. Le programme s’articule en deux parties qui comportent chacune deux duos, deux airs, et des pages orchestrales. Peu de raretés dans ce programme rebattu constitué d’ouvrages que les deux chanteurs interprètent depuis longtemps, à l’exception de<em> Halka</em> du compositeur polonais Stanisław Moniuszko dont le ténor a gravé un air dans <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/roberto-alagna-60/">son dernier album</a>. Dès le premier morceau le ton est donné, les deux artistes interprètent le duo de<em> Lucia di Lammermoor</em> « Orrida è questa notte » souvent coupé à la scène, avec une fougue, un investissement dramatique et une forme vocale des grands soirs, soutenus par la direction éminemment théâtrale de Giorgio Croci, à la tête du Belgian National Orchestra. Toute cette partie jusqu’à l’entracte sera de la même eau. Dans l’air de <em>Halka</em>, le ténor exprime avec une grande sensibilité les tourments de Jontek, jeune montagnard éconduit par sa belle. Le baryton répond avec « Nemico della patria » chanté avec l’élégance vocale qu’on lui connaît, loin de tout débordement vériste. Une interprétation sobre et poignante à la fois qui se hisse au niveau des plus grands interprètes du personnage. Tous deux se rejoignent dans la grande scène des retrouvailles de Posa et Don Carlo au premier acte de l’opéra de Verdi. Les deux complices interprètent cet ouvrage depuis de nombreuses années aussi bien en français qu’en italien. On se souvient encore du premier Don Carlos du ténor, qui avait mis Paris à ses pieds au Châtelet en 1996 ou du Posa triomphal de Tézier à Bastille en 2017. Ce soir leur interprétation ne démérite pas et s’ils ont choisi la version italienne ils chantent le second couplet de « Dio che nell’alma infondere » en français déchaînant l’enthousiasme de la salle.</p>
<p>La seconde partie du concert commence par une sorte de gag, Roberto Alagna arrive seul en scène et attend son partenaire qui ne vient pas. Pour faire patienter les spectateurs, il plaisante avec eux et le chef sans parvenir à masquer tout à fait une certaine inquiétude qui grandit à mesure que le temps s’écoule. Finalement Ludovic Tézier fait son entrée et explique qu’il a été victime d’un problème d’ascenseur. Sans plus attendre, le chef lève sa baguette, mais sans doute déconcentré par l’incident, le ténor cherche ses marques au début du duo des <em>Pêcheurs de perles</em> et ne retombe sur ses pieds qu’au bout de quelques mesures. Soutenu par son collègue, tous deux finiront cette scène sous les applaudissements nourris du public. L’air de Lohengrin verra notre ténor trébucher légèrement à la fin de la première phrase et rencontrer quelques difficultés pour arriver au bout. Fatigue passagère ? Roberto Alagna retrouvera sa forme dans le duo de <em>L’Elixir d’amour</em>, un ouvrage cher à son cœur, qu’il fréquente depuis une trentaine d’années et qui lui a permis de rencontrer son épouse au cours d’une série de représentations à Londres en 2012. Entre ces deux pages, Ludovic Tézier aura proposé une version quasi anthologique de l’air de Wolfram, un personnage qu’il a abordé il y a plus de vingt ans et qu’il interprète avec une émotion contenue et un legato impeccable. Après avoir chanté presque tous les rôles de baryton verdiens le voici qui se tourne désormais vers le répertoire wagnérien.  En 2021, son Amfortas a conquis le public viennois et en janvier prochain, il sera Wotan dans <em>L’Or du Rhin</em> à la Bastille.</p>
<p>Pas moins de cinq bis viendront conclure ce concert, le duo d’Otello « Si pel ciel » un rien tendu, l’inusable « Parla più piano » de Nino Rota, chanté en sicilien par Alagna et en italien par Tézier,  « Libertà » une jolie mélodie de David Alagna interprétée par son frère, « Les Feuilles mortes » dans une version en demi-teintes par Ludovic Tézier.et pour finir « La Danza » de Rossini, en duo, devant une salle en délire.</p>
<p>Soucieux de respecter le style de chaque compositeur qu’il aborde, <strong>Giorgio Croci</strong>, à la tête du Belgian National Orchestra, adopte des tempos modérés propres à laisser s’épanouir les voix de ses chanteurs. Parmi les pages orchestrales proposées citons un prélude de l’acte trois de <em>La Traviata</em>, lugubre à souhait et une ouverture des <em>Vêpres siciliennes</em> contrastée mais quelque peu tonitruante. Le prélude de <em>Lohengrin</em> brillant et solennel nous aura convaincu davantage.</p>
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		<title>Roberto Alagna 60</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/roberto-alagna-60/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour célébrer son soixantième anniversaire, conjointement à ses quarante ans de carrière, Roberto Alagna publie un nouvel album constitué en majorité de morceaux qu’il enregistre pour la première fois. Un récital au minutage généreux, 85’ de musique, et au programme ambitieux puisqu’il réunit des compositeurs et des répertoires extrêmement variés allant du baroque au début &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour célébrer son soixantième anniversaire, conjointement à ses quarante ans de carrière, Roberto Alagna publie un nouvel album constitué en majorité de morceaux qu’il enregistre pour la première fois. Un récital au minutage généreux, 85’ de musique, et au programme ambitieux puisqu’il réunit des compositeurs et des répertoires extrêmement variés allant du baroque au début du vingtième siècle et se décline en pas moins de huit langues si l’on compte le dialecte napolitain de l’air de Pergolèse. Dans ce programme, l’opéra français et l’opéra italien qui ont constitué le cœur du répertoire de notre ténor, tiennent une place de choix, mais l’on y trouve également des compositeurs allemands, russes et même polonais. Le crossover que Roberto Alagna a régulièrement pratiqué est illustré par des chansons en espagnol, en anglais, en l’occurrence le fameux « Be my love » en hommage à Mario Lanza, en français avec « L’Andalouse », une composition de ses frères et en italien avec « Sognare », chanson que le ténor avait écrite à l’âge de vingt ans, dont la musique évoque les « tubes » transalpins des années 70. Quelques cinéphiles avisés se souviendront que « La Spagnola », ritournelle de la Belle Époque, a été interprétée par Gina Lollobrigida dans le film <em>La Belle des belles</em> où elle incarnait la cantatrice Lina Cavalieri.</p>
<figure style="width: 800px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Roberto-Alagna.-Ania-Fedisz.jpg" alt="" width="800" height="600" /><figcaption class="wp-caption-text">Roberto Alagna © Ania Sedisz</figcaption></figure>
<p>Ce qui frappe d’emblée l’auditeur à l’écoute de ce disque est l’insolence vocale du ténor au service d’une interprétation soignée, respectueuse du style musical de chaque compositeur. Le medium est riche et nourri, le grave sonore et l’aigu toujours présent comme en témoigne le contre-ré du <em>Postillon de Lonjumeau</em>. Seul le léger vibrato sur l’ut de la « Demeure chaste et pure » ainsi que quelques tensions dans le haut medium sur les dernières phrases de « In fernem Land », que la prise de son accentue en plaçant la voix au premier plan, trahissent le passage des ans. Mais ce ne sont que peccadilles au regard des splendeurs que comporte ce programme, le second air de Lohengrin « Mein lieber Schwan » tout en demi-teintes et chargé d’émotion, l’air de Lensky « Kuda, Kuda » absolument bouleversant tout comme celui d’Adorno dans <em>Simon Boccanegra</em> qui ouvre le récital ou le fameux « Ach ! so fromm » extrait de Martha, glorieux, dans son idiome original. Pour le répertoire français, citons les airs de Raoul (<em>Les</em> <em>Huguenots</em>) et de Wilhelm Meister (<em>Mignon</em>) chantés avec une grande sensibilité et une diction impeccable.</p>
<p>L’amateur de raretés trouvera son bonheur avec le magnifique extrait de <em>Halka</em>, un opéra du compositeur polonais Stanislaw Moniuszko et celui de Sadko « Les diamants chez nous sont innombrables » susurré en français avec une voix suave et caressante ainsi que la sérénade française de Leoncavallo « Au clair de la lune » tout empreinte de nostalgie. L’air « Nymphes attentives » tiré du <em>Polyeucte </em>de Gounod, moins souvent enregistré que « Source délicieuse » et les couplets d’Ascanio dans <em>Lo frate ‘nnamorato</em> de Pergolèse, l’une des rares incursions de Roberto Alagna dans la musique baroque, complètent judicieusement ce bouquet. De nombreuses pépites donc, dans un programme pour le moins électrisant.</p>
<p>Sous la baguette inspirée de <strong>Giorgio Croci</strong>, le Morphing Chamber Orchestra s’adapte avec aisance aux divers styles musicaux présents sur ce CD. Notons que la prise de son le place légèrement en retrait par rapport à la voix comme cela se faisait dans les enregistrements des années 50.</p>
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		<title>Moniuszko : Halka</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/moniuszko-halka-la-fiancee-perdue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jul 2021 04:02:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment de chroniquer cet enregistrement, l&#8217;émotion nous submerge : Il y a six ans, notre si chère Mélanie Defize, victime du terrorisme, tragiquement disparue dans les attentats de Bruxelles le 22 mars 2016, avait dressé pour Forumopera le portrait le plus complet, le plus sensible, le plus érudit aussi, de l&#8217;héroïne du grand opéra &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au moment de chroniquer cet enregistrement, l&rsquo;émotion nous submerge : Il y a six ans, notre si chère <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2016/05/09/melanie-defize-29-ans-enmemoirebruxelles_4915880_3214.html"><strong>Mélanie Defize</strong></a>, victime du terrorisme, tragiquement disparue dans les attentats de Bruxelles le 22 mars 2016, avait dressé pour Forumopera le portrait le plus complet, le plus sensible, le plus érudit aussi, de<a href="https://www.forumopera.com/actu/connaissez-vous-halka"> l&rsquo;héroïne du grand opéra de <strong>Stanislas Moniuszko</strong> (1819-1872) : <em>Halka.</em></a><strong> </strong></p>
<p>On ne fera pas à Mélanie l&rsquo;outrage de paraphraser ou de commenter un texte magnifique où tout est dit sur le rôle singulier du compositeur polonais dans une Europe lyrique dominée par Verdi et Wagner et la figure populaire de <em><strong>Halka</strong></em>, la jeune fille perdue, « antithèse de l&rsquo;héroïne nationale ».</p>
<p>Ce double album est aussi le dernier enregistrement du chef d&rsquo;orchestre <strong>Gabriel Chmura </strong>(1946-2020) que j&rsquo;ai eu la chance de bien connaître et d&rsquo;inviter plusieurs fois à Liège. Gabriel Chmura<strong> </strong>est mort quelques mois après la captation « live » – le 11 novembre 2019 – de <em>Halka</em> dans les murs de l&rsquo;opéra de Poznan (Pologne) dont le chef était devenu le directeur artistique en 2012. </p>
<p>C&rsquo;est à la soprano polonaise <strong>Magdalena Molendowska</strong>, médaille d&rsquo;or en 2013 de la Guildhall School de Londres, qu&rsquo;échoit le rôle titre qui lui est familier depuis une bonne dizaine d&rsquo;années. Aigus maîtrisés, vibrato parfois relâché, elle dépeint avec une même évidence la modestie de sa condition de paysane, ses impossibles rêves, le désespoir abyssal qui va la mener à la folie, comme à l&rsquo;acte I dans son air éploré « Tel un arbrisseau » ou à l&rsquo;acte IV sa plainte inextinguible relayée par le violoncelle solo « Oh mon petit ». </p>
<p>Le cynique Janusz, le seigneur qui délaisse la pauvre Halka, est joué par <strong>Lukasz Gorlinski</strong> qui a débuté dans Le Manoir hanté du même Moniuszko. On l&rsquo;a vu en Escamillo à Rome sous la baguette d&rsquo;Antonio Pappano. Zofia, celle qu&rsquo;il épouse au détriment de la jeune paysanne, est incarnée par le sombre mezzo de Magdalena Wilcynska-Gos</p>
<p>Belle vaillance du ténor Dominik Sutowicz (Jontek) qui s&rsquo;est illustré sur les scènes polonaises en Cavaradossi ou en Pinkerton. On l&rsquo;écoutera avec émotion dans son grand air de l&rsquo;acte IV « Des sapins murmurent sur les cimes » où il pleure son rêve d&rsquo;amour perdu, au son d&rsquo;un hautbois qui figure un joueur de cornemuse. Pas de grand opéra romantique en pays slave sans forces chorales puissantes : celles de l&rsquo;opéra de Poznan font merveille, tout comme l&rsquo;orchestre conduit par un Gabriel Chmura, attentif et précis, qu&rsquo;on aurait peut-être aimé plus engagé.</p>
<p>Même si on ne comprend pas le polonais – ce qui est mon cas – le synopsis détaillé du livret permet de suivre l&rsquo;action, et le langage musical coloré de Moniuszko, mêlant habilement mélodies et rythmes aux tournures populaires, récitatifs et ensembles d&rsquo;une poésie touchante, facilitent l&rsquo;écoute heureuse de cet ouvrage.</p>
<p style="margin-bottom: 20px;padding: 0px;border: 0px;font-size: 13px;vertical-align: baseline;line-height: 20px;font-family: Tahoma, Arial, Helvetica, sans-serif"> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=1qo8_nhpC80">https://www.youtube.com/watch?v=1qo8_nhpC80</a></p>
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		<title>Straszny Dwór</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/straszny-dwor-un-fantome-a-chaque-etage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 May 2019 07:39:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En Russie, il y avait Glinka, qui n’a guère pu composer que deux opéras, auxquels l’Occident n’est pas resté totalement insensible. En Pologne, il y avait Moniuszko, auteur de dix opéras et de presque autant d’opérettes, dont à peu près aucun n’a réussi à s’imposer hors des frontières nationales. Si les artistes internationaux peuvent chanter &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En Russie, il y avait Glinka, qui n’a guère pu composer que deux opéras, auxquels l’Occident n’est pas resté totalement insensible. En Pologne, il y avait Moniuszko, auteur de dix opéras et de presque autant d’opérettes, dont à peu près aucun n’a réussi à s’imposer hors des frontières nationales. Si les artistes internationaux peuvent chanter en russe ou en tchèque, pourquoi ne pourraient-ils pas chanter en polonais ? D’ailleurs, le succès récent du <em>Roi Roger</em> montre bien qu’ils commencent à le faire. Pour Szymanowski, le combat semble gagné. Pour Stanisław Moniuszko, en revanche, tout reste à faire. Mais peut-être aurait-il fallu que les Polonais eux-mêmes soient de meilleurs ambassadeurs de leur compositeur fondateur. En décembre prochain, le Theater an der Wien proposera néanmoins <em>Halka</em>, le tout premier opéra de Moniuszko, avec Piotr Beczała, dont la popularité n’est peut-être pas étrangère à l’opération. Aleksandra Kurzak, autre vedette polonaise de l’art lyrique, avait bien inclus dans son disque « Gioia » un air du <em>Manoir hanté</em>, l’autre titre de gloire de Moniuszko, mais son seul projet dans ce domaine semble être un possible enregistrement de <a href="https://www.forumopera.com/actu/aleksandra-kurzak-je-nai-aucune-envie-de-chanter-turandot"><em>Halka</em> en italien</a> (plus simple pour son époux et peut-être plus facile à exporter).</p>
<p>Ce qui peut surprendre, c’est qu’il n’existait jusqu’ici au catalogue que trois versions du <em>Manoir hanté</em>. La gravure historique, « classique », de 1953-54, dirigée par Walerian Bierdajew à la tête des forces de l’Opéra de Poznan (récemment rééditée par Naxos) ; de Cracovie vient la version de 1978, dirigée par Jan Krenz ; en 2003, EMI publia une version enregistrée à Varsovie par Jacek Kaspszyk, dans laquelle la tante Cześnikowa était déjà incarnée par <strong>Stefania Toczyska</strong>, comme dans le coffret que vient de faire paraître le label Dux, écho d’un concert donné par l’Académie de musique de Gdańsk. </p>
<p>Dans cette œuvre qui semble compter plus d’ensembles que d’airs pour solistes, le public polonais a d’abord le plaisir de reconnaître les rythmes caractéristiques des danses nationales, mazurka ou krakowiak. Le chœur a droit a plusieurs belles scènes, et c’est là qu’il peut être bon de recourir à une troupe déjà constituée, tout comme pour les divers trios et quatuors. Sur ce plan-là, les forces de Gdańsk sont à la hauteur, l&rsquo;orchestre est de qualité, les chœurs ont toute la vivacité souhaitable, et le chef <strong>Zygmunt Richert</strong> sait s’y prendre pour mener à bien ce genre d’opération.</p>
<p>Il est moins sûr, en revanche, que l’équipe de solistes soit également source de satisfactions. On a mentionné plus haut Stefania Toczyska, artiste polonaise bien connue du public occidental, puisqu’elle se produit très régulièrement en France, en Suisse ou en Allemagne. Le temps semble ne pas avoir de prise sur cette artiste qui, malgré une carrière déjà longue, conserve une voix miraculeusement exempte de ce vibrato large qui frappe tant de ses collègues. Cependant, la tante Cześnikowa n’est jamais qu’un personnage assez secondaire, et <em>Le Manoir hanté</em> a pour les premiers rôles de tout autres exigences.</p>
<p>Au cœur de l’intrigue se trouve un quatuor de jeunes amoureux (les spectres du château n’étant en fait que les deux demoiselles déguisées pour jouer un tour à leurs galants), et il fut un temps où la distribution de ce <em>Strazny Dwór </em>se construisait apparemment sur la renommée du ténor incarnant Stefan. Dans l’intégrale des années 50, le rôle incombait à Bogdan Paprocki dans le rôle de Stefan ; vingt ans plus tard, c’était le tour de Wiesław Ochman. Pour incarner le personnage, Gdańsk n’a guère à offrir que <strong>Paweł Skałuba</strong>, auquel une vilaine tendance à pousser la voix arrache quelques aigus à la justesse assez approximative. Le grand air de Stefan au troisième acte a notamment été enregistré par Piotr Beczała, et la comparaison semble d’abord s’annoncer cruelle, mais passé le récitatif, les choses se passent bien mieux qu’on ne pouvait le craindre. Vient au 4<sup>e</sup> acte le tour de la jeune héroïne, Hanna, dont l’air virtuose sert de cheval de bataille à toutes les grandes sopranos polonaises, à condition d’en maîtriser l’agilité. <strong>Anna Fabrello</strong> se tire de l’épreuve avec beaucoup de brio, grâce à une voix fraîche et souple. On remarque les graves impressionnants de l’authentique basse de <strong>Piotr Lempa</strong>, invité plusieurs fois par l’Opéra de Clermont-Ferrand pour les rôles comme Sarastro ou le Commandeur. En Damazy, <strong>Ryszard Minkiewicz</strong> est un amusant ténor de caractère, tandis que le baryton <strong>Leszek Skrla</strong> prête au propriétaire du manoir tout le relief voulu.</p>
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		<title>Bonne nouvelle pour Piotr Beczala</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bonne-nouvelle-pour-piotr-beczala/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jul 2017 05:04:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ténor de nationalité polonaise, Piotr Beczala a toujours eu à cœur de défendre la musique de son pays. En témoignait dès 2009, Slavic opera arias un album enregistré chez Orfeo où l&#8217;on découvrait des extraits d&#8217;ouvrage composés par Anton Arenski (1861-1906), Feliks Nowowiejski (1877-1946) ou encore Stanislaw Moniuszko (1819-1872). C&#8217;est justement un des opéras de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ténor de nationalité polonaise, <strong>Piotr Beczala</strong> a toujours eu à cœur de défendre la musique de son pays. En témoignait dès 2009, <em>Slavic opera arias</em> un album enregistré chez Orfeo où l&rsquo;on découvrait des extraits d&rsquo;ouvrage composés par Anton Arenski (1861-1906), Feliks Nowowiejski (1877-1946) ou encore Stanislaw Moniuszko (1819-1872). C&rsquo;est justement un des opéras de ce dernier compositeur, <em>Halka</em>, qui sera représenté au Theater an der Wien en 2019 dirigé par <strong>Łukasz Borowicz</strong> dans une mise en scène de <strong>Mariusz Treliński</strong>. Piotr Beczala se réjouit sur <a href="https://www.facebook.com/PiotrBeczala/">sa page Facebook</a> de cette nouvelle à laquelle il a grandement contribué. Première œuvre lyrique d&rsquo;envergure de Stanislaw Moniuszko (1819-1872), Halka est considérée comme l&rsquo;étendard des opéras polonais tels, chronologiquement, <em>Der Freischütz</em> de Weber en Allemagne (1821), <em>La Muette de Portici</em> d’Auber en Belgique (1831), <em>Ivan Soussanine</em> de Glinka en Russie (1836), <em>Nabucco </em>de Verdi en Italie (1842), <em>La fiancée vendue</em> de Smetana en Tchèquie (1866), etc – dixit notre regrettée Mélanie Defize dans <a href="https://www.forumopera.com/actu/connaissez-vous-halka">l&rsquo;article qu&rsquo;elle consacrait à cet ouvrage en mai 2015</a>.</p>
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		<title>Connaissez-vous Halka ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/connaissez-vous-halka/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Melanie Defize]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2015 14:05:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ce mois de mai, la Pologne met à l’honneur Halka, son premier « grand opéra » et la première oeuvre lyrique d&#8217;envergure de Stanislaw Moniuszko (1819-1872). Aimée du public polonais, Halka est représentée en sa patrie d&#8217;origine tout au long de cette saison. Mais ailleurs dans le monde, et plus particulièrement en Europe occidentale, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">En ce mois de mai, la Pologne met à l’honneur <em>Halka</em>, son premier « grand opéra » et la première oeuvre lyrique d&rsquo;envergure de Stanislaw Moniuszko (1819-1872). Aimée du public polonais, <em>Halka </em>est représentée en sa patrie d&rsquo;origine tout au long de cette saison. Mais ailleurs dans le monde, et plus particulièrement en Europe occidentale, l&rsquo;œuvre reste méconnue. A tort ou à raison ?</p>
<p><strong>Connaissez-vous <em>Halka</em> ?</strong></p>
<p class="rtejustify">Prête à tout donner pour obtenir l’amour tant espéré de l’indifférent Janusz, père de son enfant mais sur le point d’épouser Zofia, la fille du Sénéchal Stolnik, Halka tente de se venger en mettant le feu à l&rsquo;église lors de la cérémonie de mariage, se ravise et, finalement, se jette dans la rivière sous les yeux du pauvre Jontek qui l’aime.</p>
<p class="rtejustify">Pionnière des <em>Roussalka</em> de Dargomyjski et de Dvořák, <em>Halka</em> évoque d’ores et déjà les légendaires <em>roussalki</em>, ces êtres fantastiques de la mythologie slave qui, en hiver, se retirent dans leur palais de glace au plus profond des eaux douces.</p>
<p class="rtejustify">Si les références au servage et à la souveraineté des classes dominantes y sont évidentes<sup>*</sup>, le personnage d’Halka est l’antithèse de l&rsquo;héroïne nationale à la mode telle Marianne. Certes, tout comme Ivan Soussanine dans l&rsquo;opéra du même nom de Glinka, Halka est de condition paysanne. Néanmoins, contrairement au célèbre moujik, elle ne réalise aucune action glorieuse ni même patriotique. C’est d’ailleurs ce qui distingue <em>Halka </em>de la plupart des opéras « nationaux ». Sa réussite tient davantage à l’édification du pathétique et de l’injustice puisée dans le quotidien de tout un chacun. Ainsi, sous le couvert d’un réalisme social ébouillanté par le « Printemps des Peuples », <em>Halka</em> devient rapidement le porte-drapeau de l&rsquo;« Insurrection polonaise ».</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="352" src="/sites/default/files/styles/large/public/attack_of_polish_krakusi_on_russians_in_proszowice_1846.jpg?itok=H7nnV9vV" title="Juliusz Kossak, Cracoviens chargeant sur les Russes (1846) © DR" width="468" /><br />
	Juliusz Kossak, <em>Cracoviens chargeant sur les Russes</em> (1846) © DR</p>
<p><strong>Genèse du drame polonais</strong></p>
<p class="rtejustify">A l&rsquo;époque de composition d&rsquo;<em>Halka,</em> la Pologne est sous tutelle de la Russie impériale et tiraillée entre les grandes puissances parmi lesquelles l’Empire autrichien. <em>Halka </em>voit le jour dans une version en deux actes suite au « Soulèvement de Cracovie » de 1846 dont l’échec affecta le jeune Moniuszko. Immédiatement, la partition est acceptée par l’Opéra de Varsovie pour une création initialement prévue en 1847. Toujours est-il que la programmation est différée jusqu’à nouvel ordre, sans motif précis. Un tel livret n&rsquo;aurait certainement pas pu résister à la censure russe avant la tentative de conciliation initiée par le Tsar Alexandre II en 1856. <em style="line-height: 1.5;">Halka</em> est donc créée, à Wilno – ville du célèbre poéte et dramaturge Juliusz Slowacki – en version de concert (1848) et en version scénique (1854). Dix ans plus tard, lorsque Moniuszko est informé de sa création à Varsovie, il décide de remanier l’œuvre en profondeur en ajoutant deux actes supplémentaires. C&rsquo;est sous cette forme qu&rsquo;en 1858 <em style="line-height: 1.5;">Halka</em> reçoit un immense succès devenant «<em> le favori de la nation polonaise </em>» selon Hans von Bülow, pianiste du roi de Prusse.</p>
<p class="rtejustify">Il faut reconnaître que, jusqu’alors, le drame à l’opéra était chose rare au royaume de Pologne. En 1790, Boguslawski, précurseur du genre, le reconnait : « <em>l’opéra polonais est aussi différent de l’opéra italien qu’une tour gothique est différente d’un édifice d’architecture moderne </em>». Cinquante ans plus tard, dans sa <em>Pologne historique, littéraire, monumentale et illustrée</em>, l&rsquo;orientaliste Chodźko constate que les voix polonaises ont pendant longtemps redouté le répertoire dramatique de peur d’être maladroitement comparées aux prestigieuses voix italiennes. Soumises aux goûts et au bon vouloir d&rsquo;une aristocratie avide d&rsquo;opéras italiens, ces voix polonaises se consacraient à l’opéra <em>buffa </em>traduit en polonais, au vaudeville, à l’opéra-comique et à l’opéra de mœurs. Il faut attendre l’impulsion et l’activité des premiers conservatoires, lors des quinze années de paix et d’émulation artistique entre 1815 et 1830, pour voir changer la tendance.</p>
<p><strong>Quelques mots sur Stanislaw Moniuszko</strong></p>
<p class="rtejustify">Né en 1819 à Ubiel près de Minsk, Stanislaw Moniuszko grandit dans une famille de petite noblesse où il commence le piano sous l&rsquo;oreille attentive de sa mère, Elizabeth. Il poursuit sa formation musicale à Varsovie, à Minsk et finalement à Berlin auprès du directeur de la <em>Singakademie, </em>Carl Friedrich Rugenhagen. Organiste et compositeur, le jeune Moniuszko débute avec des œuvres de musique de chambre, des cantates dramatiques, de la musique orchestrale, mais aussi des vaudevilles, des opérettes, etc. <em>Halka</em> est son premier grand succès auquel il doit sa nomination de directeur de l’Opéra de Varsovie. Autre grand succès d’opéra du compositeur, <em>Le Manoir hanté</em> est créé à Varsovie en 1865. Ses nombreux voyages l’amènent à rencontrer notamment Glinka, Dargomyjski, Liszt, Rossini, Auber, Gounod, Smetana. Aujourd&rsquo;hui, Moniuszko est particulièrement célèbre pour avoir légué une extraordinaire richesse d’inventions et d’orchestrations de mélodies directement inspirées de la culture orale polonaise, à l’instar du <em>Groupe des Cinq</em> en Russie.</p>
<p><strong><em>Halka</em> à la loupe</strong></p>
<p class="rtejustify">Si Moniuszko réussit un coup de maître, le livret d&rsquo;<em>Halka, </em>signé Wlodzimierz Wolski, est pourtant loin d’être un chef-d’œuvre. Wolski scinde explicitement l’action entre une noblesse grisée d&rsquo;indifférence et de conventions formant le stéréotype de l&rsquo;ignominie théâtrale et de modestes victimes immuables n’inspirant que la pitié. Ainsi, l&rsquo;action y est déjà toute tracée. Certes, socialement efficace dans le contexte du « Printemps des peuples », le manque de nuance et de profondeur dans l’écriture de Wolski nuit cependant à la portée d’<em>Halka</em> tout autant qu’à la teneur et à l’esthétique habituelle des livrets dramatiques. Est-ce à Moniuszko qu&rsquo;il revient d&rsquo;en dessiner les traits humanistes les plus attachants, ces universaux qui forgent la perennité de toute chose ? </p>
<p class="rtejustify">Musicalement, <em>Halka</em> regorge de mélodies et d’harmonies telles un entonnoir de traditions musicales à la fois populaires et savantes. Outre l’ouverture magistrale sur les motifs du drame à venir, l’opéra débute avec une polonaise (acte I) et se clôture sur une mazurka (acte IV). Halka fait son entrée sur une mélodie populaire d’un chant folklorique de Cracovie « <em style="line-height: 1.5;">Jako od wichru krzew polamany</em> » (I, 2). Coup de théâtre au coeur d&rsquo;un drame romantique, une danse du folklore – la <em style="line-height: 1.5;">Danse des Montagnards</em> où modalité badine avec tonalité – sied au centre de l’oeuvre. Et que dire de l’élégante <em style="line-height: 1.5;">Doumka</em> de Jontek (<em>Szumią jodły na gór szczycie </em>», IV, 2) ? D&rsquo;inspiration polonaise mais pleine d’italianité, elle est l&rsquo;écho des plaintes de la cornemuse de Dudarz le Cornemuseur. Evoquée à travers le hautbois, la cornemuse (symboliquement diabolique) adhère volontiers aux mouvements réalistes et naturalistes inspirés du folklore d&rsquo;alors. </p>
<p class="rtecenter">
<iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/iVN2YnwwAaQ?rel=0" width="420"></iframe></p>
<p class="rtejustify">Un ensemble de motifs lyriques évoquent pleinement de célèbres voix romantiques. Outre la similitude du sujet entre <em>Halka</em> et <em>La Muette de Portici</em> d’Auber, le thème de la folie dans l’air d’Halka « <em>Gdyby rannym slonkiem</em> » (III, 1) offre un clin d’œil fulgurant à l’incontournable <em>Lucia di Lammermoor</em> de Donizetti, sans compter la bouleversante <em>Traviata</em> de Verdi. L’évocation de la mort prochaine dans le duo d’amour d’Halka et Janusz (I, 4) rappelle la mélodie wébérienne de Max dans <em style="line-height: 1.5;">Der Freischütz</em>. </p>
<p class="rtejustify">Point culminant dans ce drame polonais et ce malgré la maigreur émotionnelle du livret, la cantilène d&rsquo;Halka dédiée à son enfant mort de faim «<em> O moj malenki, ktoz do trumienki </em>» (IV, 4) est un dialogue constant entre la voix et le violoncelle, digne de Chopin. Si son opéra<em style="line-height: 1.5;"> Le Manoir hanté </em>l’emporte souvent sur <em style="line-height: 1.5;">Halka</em>, Moniuszko triomphe surtout dans l’écriture chorale et l’orchestration imbibée du folkore slave suite à ses rencontres avec Glinka et Dargomyjski lors d&rsquo;un séjour à Saint-Pétersbourg en 1848.</p>
<p class="rtejustify">La dramaturgie du compositeur tente de récupérer les faiblesses du livret à travers un équilibre formel et structurel judicieux et une répartition des airs aussi efficace que possible. Moniuszko est finalement reconnu à l’unanimité comme fondateur de l’opéra national polonais non seulement par le public mais aussi par ses pairs. Et Dargomyjski de déclarer « <em>toutes les œuvres musicales de la Pologne ne valent pas l’ombre d’</em>Halka », et de signer en 1856 la création de sa<em> Roussalka</em> sur un livret inspiré de Pouchkine. Ainsi, <em>Halka</em> rejoint la série des « nationaux » tels, chronologiquement, <em>Der Freischütz</em> de Weber en Allemagne (1821), <em>La Muette de Portici</em> d’Auber en Belgique (1831), <em>Ivan Soussanine</em> de Glinka en Russie (1836), <em>Nabucco </em>de Verdi en Italie (1842), <em>La fiancée vendue</em> de Smetana en Tchèquie (1866), etc.</p>
<p class="rtecenter">
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<p><strong>Un opéra à faire chanter une polonaise sur une mazurka</strong></p>
<p class="rtejustify">Actuellement, si la Pologne lyrique connait son <em>Halka</em> sur le bout des doigts, le reste du monde semble l&rsquo;ignorer. Parcourir <em>Halka </em>est probablement à l’image d’un des défis de notre temps. En effet, se poser au coin de chaque trait musical d’<em>Halka</em> c’est se poser au coin de chaque inspiration venue d’une quantité de cultures européennes. L’orchestration amplement polonaise – et c’est une grande première dans l’histoire du drame polonais – dessine l’âme de tout un peuple friand de vocalités italienne, allemande et russe, toutes très présentes. Pour un auditeur doté d’une oreille inaccoutumée à la langue polonaise, le voile italo-russo-allemand sera probablement encore trop épais pour saisir sans ambages les spécificités vocales de la langue polonaise. Néanmoins, l&rsquo;oreille curieuse et le fin connaisseur sauront ôter ce voile et faire apparaître la « polonaisité » d&rsquo;<em>Halka </em>dans toute sa splendeur.</p>
<p class="rtejustify">Si vous aimez les romantiques, l’héroïne de Moniuszko vous séduira : d’une rare humilité au moment le plus intense de l’opéra, Halka est une braise qui, au lieu de mettre le feu à l’église pour faire acte de vengeance, choisit de plonger là où tout feu se meurt : la rivière, symbole du désespoir amoureux. Contrairement à l’opéra verdien auquel on le compare souvent à tort mais aussi à raison, <em style="line-height: 1.5;">Halka</em> n’a guère l’ambition de la prouesse dramatique hors du commun si ce n’est celle d’émouvoir – de manière la plus réaliste possible – le peuple à un moment crucial de son histoire. Et quelle histoire !</p>
<p class="rtejustify">Pour n’avoir donné à son icône nationale ni air patriotique, ni acte glorificateur si ce n’est celui d’aimer à la folie, pour savoir danser à « chœurs » ouverts avant de s’éteindre dans l’indifférence, comment ne pas apprécier l&rsquo;originalité de <em>Halka</em> ? La langue polonaise n&rsquo;est pas la plus répandue dans le monde lyrique. Pourtant, <em>Halka </em>est à découvrir en version originale, la plus apte à exprimer l&rsquo;identité culturelle d&rsquo;une oeuvre au lyrisme profondément cosmopolite. </p>
<p>* L&rsquo;abolition du servage est proclamée en 1861 par le Tsar Alexandre II dit « Le Libérateur », empereur de Russie, grand-duc de Finlande ainsi que roi de Pologne jusqu&rsquo;à l&rsquo;annexion globale du royaume Pologne à l&rsquo;Empire russe en 1867.  <br />
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