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	<title>Hans PFITZNER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<lastBuildDate>Tue, 27 May 2025 21:41:17 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Hans PFITZNER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Dietrich Fischer-Dieskau, Complete Lieder &#038; Songs on Warner Classics</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Somptueux hommage à un géant En ces temps où la commercialisation des disques est de plus en plus difficile, face à la concurrence accrue de la diffusion on line, payante ou clandestine, une nouvelle mode est apparue il y a quelques années déjà, celle des coffrets pléthoriques, des intégrales exhaustives et des rééditions mémorielles. Cette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><strong>Somptueux hommage à un géant</strong></h4>
<p>En ces temps où la commercialisation des disques est de plus en plus difficile, face à la concurrence accrue de la diffusion on line, payante ou clandestine, une nouvelle mode est apparue il y a quelques années déjà, celle des coffrets pléthoriques, des intégrales exhaustives et des rééditions mémorielles. Cette tendance est soutenue par la baisse des coûts de production et la volonté de rentabiliser les énormes catalogues dont disposent les quelques labels survivants, accumulés au fil des fusions et acquisitions qui ont conduit à la concentration du secteur que nous connaissons aujourd’hui.</p>
<p>La très forte personnalité de DFD, son rayonnement immense et son impact déterminant dans le monde restreint du Lied, justifient évidemment, à l’heure du centenaire de sa naissance, un hommage que la firme américaine, détentrice du très riche catalogue d’EMI, a voulu somptueux et définitif. Ce sont donc tous les enregistrements dont elle disposait qui se trouvent ici rassemblés. La firme concurrente, Deutsche Gramophone, pour laquelle Fischer-Dieskau a aussi beaucoup enregistré – principalement dans les années ‘70, avait déjà publié un coffret de grande ampleur en octobre 2022 à l’occasion du dixième anniversaire de la mort du chanteur (107 CD incluant aussi les enregistrements réalisés pour Philipps, Polydor ou Decca) dont celui-ci est le parfait complément pour qui voudrait avoir les œuvres complètes (ou presque) du maître dans le domaine du Lied.</p>
<p>EMI avant son absorption par Warner avait aussi édité plusieurs coffrets commémoratifs, tous inclus dans la présente édition, et notamment les introuvables de DFD (6 CD publiés en 1995) et The Great EMI Recordings (11 CD publiés en 2010). Un artiste de cette envergure est aussi, visiblement, un excellent produit commercial Le Lied allemand occupe sans conteste une place majeure dans le répertoire de DFD, il s’y consacra depuis ses premières jusqu’à ses dernières années d’activité, il l’enseigna à de nombreux disciples et accumula dans ce genre une connaissance immense couvrant quasi tout le répertoire existant. C’est ce dont témoigne notre coffret qui reprend tout ce qu’il a enregistré dans ce domaine pour les labels aujourd’hui regroupés autour de Warner, principalement His Master Voice devenu ensuite EMI.</p>
<p>Il est difficile de faire une synthèse de ce qu’il contient tant le contenu est riche. Si la plupart de ces enregistrements étaient devenus indisponibles, aucun n’est totalement inédit, tous ont fait l’objet de parutions sous une forme ou sous une autre au fil du temps. On y trouve des enregistrements de concerts et des réalisations de studio, des prises de son de qualité diverses (dont une part non négligeable en mono), des compositeurs très variés mais avec une prédominance de Schubert, Brahms et Wolf, des œuvres incontournables et des découvertes étonnantes, des pianistes eux aussi divers mais relativement peu nombreux si on considère la variété du répertoire, et parmi lesquels Gerald Moore, compagnon au long cours et partenaire des plus magistrales réussites, domine largement.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5021732475459-Fischer-Dieskau-Complete-Lieder-79CD-3D-2_preview.jpg-1024x1024.webp" alt="" class="wp-image-189915"/></figure>


<h4><strong>Les compositeurs par ordre chronologique</strong></h4>
<p>Le coffret est plus ou moins structuré par compositeurs, et par ordre chronologique du répertoire abordé, de sorte qu’on commence par un disque consacré à Joseph Haydn et un autre à Mozart, puis 5 CD consacrés à Beethoven. Parmi ceux-ci on trouve de très anciens enregistrements avec <strong>Hertha Klust</strong> au piano, une étonnante figure du monde musical allemand de l’immédiat après-guerre, d’abord formée comme mezzo-soprano, mais qui en raison de problèmes d’audition se tourna vers le rôle de répétitrice à l’opéra à Berlin, et d’accompagnatrice pour toute une génération de chanteurs. On pourra ainsi comparer deux versions de <em>An die ferne Geliebte</em>, l’une avec <strong>Gerald Moore</strong> en mono en 1951, et l’autre avec <strong>Harmut Höll</strong> en 1982.</p>
<p>Viennent ensuite les balades de Loewe, puis 12 CD consacrés à Schubert, avec pas mal de doublons&nbsp;: Deux <em>Schöne Müllerin</em> avec Gerald Moore (1951 et 61), deux <em>Winterreisse</em> avec le même (1955 et 62), six récitals en mono, principalement avec Gerald Moore, échelonnés entre 1951 et 1965, et un superbe récital tardif (CD 21-1992) en live avec Hartmut Höll, sorte de quintessence de l’art du chanteur, un disque absolument superbe, réalisé en toute fin de carrière. Si la voix accuse un peu son âge, la tendresse du musicien pour son répertoire de prédilection, sa connaissance profonde des textes, la liberté de qui n’a définitivement plus rien à prouver et une parfaite entente avec son partenaire pianiste suscitent l’émotion de chaque instant. <em>Schöne welt, who bist du </em>dans <em>Die Götter Griechenlands </em>sonne comme l’appel déchirant d’un homme conscient du chemin parcouru. Quelle simplicité dans l’expression, quelle intensité poétique, quelle délicatesse dans le choix des couleurs, en un mot, quelle maîtrise&nbsp;!</p>
<p>Après Schubert, c’est le tour de Mendelssohn, avec <strong>Wolfgang Sawallisch</strong> au piano puis Schumann, auquel sont consacrés trois CD, dont le plus ancien avec Hertha Klust (CD 24 – 1951, 54 &amp;56) est confondant de sincérité, dès qu’on s’habitue à la prise de son très datée. Ces enregistrements les plus anciens sont aussi les plus émouvants : on y retrouve toute l’ardeur de la jeunesse, un engagement total et une étonnante maturité pour un jeune homme de pas même trente ans. Un disque entier est consacré à Peter Cornelius (1824-74), compositeur aujourd’hui bien oublié, et tout un récital aux contemporains de Schumann, dont Grjeg, la plupart à découvrir. Vient enfin Brahms, auquel pas moins de 9 CD sont consacrés. On y trouve notamment une <em>Schöne Maguelone</em> avec <strong>Sviatoslav Richter</strong> d’une rare intensité, un magnifique récital avec Gerald Moore (CD 29 &#8211; 1964), d’une chaleur, d’une précision, d’une évidence rares. La voix est ici d’une plénitude parfaite, avec des graves profonds à souhait, un enthousiasme, un lyrisme, un engagement, une ardeur qui suscitent l’admiration. Viennent ensuite quatre CD parcourant le répertoire brahmsien enregistrés en 1972 et 1973, en compagnie de Wolfgang Sawallisch ou Daniel Barenboim, (CD 30 à 33) absolument somptueux, et deux disques de <em>Volkslieder</em> avec <strong>Elisabeth Schwarzkopf</strong>, gentiment datés.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="300" height="168" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DFD-Richter.jpg" alt="" class="wp-image-190197"/></figure>


<h4><strong>Mahler, Wolf et Strauss</strong></h4>
<p>On passe ensuite à Mahler et aux Lieder avec orchestre, <em>Das Lied von den Eerde</em>, et les <em>Lieder eines Fahrenden Gesellen</em> avec l’orchestre Philharmonia dirigé par <strong>Wilhelm Furtwängler</strong>, d’une intensité et d’une clarté lumineuse, puis les <em>Knabes Wunderhorn</em> avec le concours de Schwarzkopf dirigés par <strong>George Szell</strong>.&nbsp; Assez curieusement positionnée, figure ici en complément de programme la <em>Bonne Chanson</em> de Gabriel Fauré avec Gerald Moore, extrêmement poétique, l’occasion de goûter l’admirable dicton française de notre héros.</p>
<p>Autre compositeur très largement représenté, Hugo Wolf (9 CD) fut sans doute avec Schubert et Brahms un des préférés de Fischer-Dieskau. Ses interprétations des Goethe Lieder (1960) ou des Mörike Lieder (1957) chaque fois avec Gerald Moore sont de toute beauté, dans une veine assez noire, pleine d’une nostalgie cruelle aux limites de l’expressionnisme et restent sans doute un exemple pour tous les chanteurs de Lieder aujourd’hui encore. Avec le même partenaire, on trouve ensuite 6 CD consacrés à Richard Strauss, 5 enregistrements de studio réalisés en 1968-69 avec Gerald Moore – concurrençant ceux qu’il enregistrera plus tard avec Sawallisch pour la firme concurrente –&nbsp;, et un récital de 1955. Là aussi, comme pour Wolf, l’approche stylistique est parfaitement convaincante, avec une grande liberté dans la veine humoristique, une parfaite réalisation des pages les plus lyriques, et pour seul regret l’absence d’enregistrement de ces Lieder avec orchestre.</p>
<h4><strong>Le Lied encore bien vivant au XXè siècle</strong></h4>
<p>La dernière partie du coffret est moins homogène&nbsp;: elle comprend des œuvres de la première moitié du XXè siècle (Arnold Schoenberg et Alban Berg – 1 CD chacun, avec une grande délicatesse de sentiment, Hans Pfitzner – 2 CD dont un avec orchestre &#8211; ou Othmar Schoeck par exemple) ou de la deuxième moitié, montrant aussi l’intérêt de Fischer-Dieskau pour les compositeurs de son temps (Hanns Eisler, Aribert Reimann, qui fut également son accompagnateur pour la musique contemporaine, Hermann Reutter, etc… ). On y trouve aussi des récitals présentant plusieurs compositeurs, dont une série de récitals enregistrés sur le vif au Festival de Salzbourg dans les années soixante avec Gerald Moore, l’occasion d’une autre <em>Schöne Maguelone</em>, mais aussi de voir comment Fischer-Dieskau construisait le programme de ses récitals, commençant par des œuvres fortes, ménageant des moments de tension et de détente en alternance, finissant ses premières parties par des pages plus virtuoses, plaçant les pages les plus intimes en milieu de deuxième partie par exemple.</p>
<p>Autre curiosité, deux disques d’hommage à Gerald Moore, réalisés à Londres avec le concours de <strong>Victoria de Los </strong><strong>Á</strong><strong>ngeles</strong> et d’Elisabeth Schwarzkopf, datant de 1967 ou un enregistrement live au Queen Elizabeth Hall de Londres avec <strong>Janet Baker</strong> et <strong>Daniel Barenboim</strong>, au style terriblement daté et qui permettent de mesurer à quel point Fischer-Dieskau résiste mieux que les autres à l’évolution de l’interprétation. D’autres incursions dans le répertoire français, Berlioz, Bizet, Chabrier, Chausson, Franck, Gounod, Saint-Saëns et même Hahn, d’Indy, Massenet, Milhaud, et Pierné, réunies en un CD intitulé mélodies de la belle époque, au charme désuet, sont placées tout à la fin du coffret.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/dietrich-fischer-dieskau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190203"/></figure>


<h4><strong>Long et très délectable tête à tête avec un maître absolu</strong></h4>
<p>Ce qui frappe à l’écoute des différents enregistrements de cette somme colossale, répartis sur plus de quarante années de carrière (1951-1992), c’est la constance des qualités du chanteur, remarquables dès ses débuts – il n’a que 26 ans – avec relativement peu d’évolution au cours des ans. Bien sûr, la voix s’est un peu étoffée avec l’âge, les interprétations ont mûri, mais les qualités essentielles, le naturel, la diction parfaitement claire, la transparence des aigus, la sincérité, le lyrisme, la souplesse de la voix et le sens du texte sont perceptibles dès l’entame de sa carrière.</p>
<p>L’impression de dominer parfaitement son sujet, l’aisance technique déconcertante, un sens inné de la phrase, les respirations naturelles toujours placées au bon endroit, la richesse de la palette de couleurs, très large mais sans outrance, jamais démonstrative, un legato sans faille, voilà les principales qualités d’interprétation dont témoignent les enregistrements repris ici. Mais on y retrouve aussi les qualités de l’homme, son insatiable curiosité et son appétit à découvrir de nouveaux répertoires, une grande fidélité à ses partenaires de prédilection, un absolu respect du texte, et une grande générosité dans le partage de ses émotions, avec pudeur, avec modération, certes, mais sans faux-fuyant et sans maniérisme.</p>
<p>On parlera aussi volontiers des qualités de communication du chanteur, cet art de donner l’impression à chacun qu’il s’adresse directement à lui, personnellement, avec intensité, quels que soient son âge, sa connaissance du répertoire, ou son niveau de culture. Cette simplicité, cette authenticité sont probablement la clé de ses interprétations, l’élément qui fait qu’elles n’ont pas vieilli, qu’elles échappent à toute mode et qu’elles constituent sans doute à jamais le socle du Lied enregistré.</p>
<p>L’énorme quantité des enregistrements disponibles montre aussi l’immense travailleur que DFD fut tout au long de sa vie, cumulant ses très nombreux récitals, ses prestations à l’opéra, son rôle d’enseignant et la préparation de ses disques auxquels il apportait un très grand soin.</p>
<p>On peut sans doute aussi ajouter à cette longue liste de qualités une énorme volonté de bien faire, doublée d’une certaine modestie apparente qui aura pour conséquence, à peu près dans tous les répertoires, que certaines pages sont absentes, que certains Lieder qu’il jugeait plus faibles ou avec lesquels il se sentait moins d’affinité manquent au catalogue, à une époque où on était plus friand de qualité que soucieux d’offrir au public des intégrales complètes.</p>
<p>Qui aura passé plus de trois semaines d’écoute intensive avec délectation et sans aucune lassitude peut tout de même légitimement se poser la question de savoir à quel public ce type de coffret est destiné. Somme de documentation sonore à l’attention des spécialistes, des fans absolus – dont je suis – des jeunes chanteurs (ou pianistes) avides de références du passé, mais sans doute moins le grand public qui risque ici d’être saturé et de n’écouter que quelques pages majeures, toujours les mêmes, en laissant de côté les partitions moins courues ou les enregistrements les plus anciens. Mais pouvais-t-on rendre plus bel hommage à cet immense artiste que de tout publier, tout ce qui est disponible dans cette maison de disques et celles dont elle se trouve être, au fil des fusions et des rachats, l’ultime héritière ? Dans cet immense corpus, l’auditeur fera son choix !</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/?post_type=breve&amp;p=189914"><strong>Remportez ce magnifique coffret Warner Classics de 79 CDs</strong></a></p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/?post_type=dossier&amp;p=189164"><strong>Retour vers le sommaire de notre dossier DFD 100</strong></a></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dietrich-fischer-dieskau-complete-lieder-songs-on-warner-classics/">Dietrich Fischer-Dieskau, Complete Lieder &#038; Songs on Warner Classics</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Hans Pftizner. Complete Lieder vol. 3</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/hans-pftizner-complete-lieder-vol-3-ariane-chez-naxos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jul 2019 19:11:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entreprise courageuse que celle dans laquelle s&#8217;est lancé le label Naxos : enregistrer une intégrale des lieder composés par Hans Pfitzner, compositeur dont même le Palestrina, aujourd’hui son seul titre de gloire, est loin d’encombrer les scènes, même dans le monde germanique. Evidemment, ses convictions conservatrices, voire rétrogrades en art, ne lui ont pas valu que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entreprise courageuse que celle dans laquelle s&rsquo;est lancé le label Naxos : enregistrer une intégrale des lieder composés par Hans Pfitzner, compositeur dont même le <em>Palestrina</em>, aujourd’hui son seul titre de gloire, est loin d’encombrer les scènes, même dans le monde germanique. Evidemment, ses convictions conservatrices, voire rétrogrades en art, ne lui ont pas valu que des amis ; heureusement pour sa mémoire, il ne fut jamais trop en odeur de sainteté sous le Troisième Reich, même si ses relations avec le régime nazi restent assez ambiguës.</p>
<p>Malgré tout, il devrait être possible d’examiner à présent sa musique indépendamment des considérations historiques et politiques. C’est ce qu’a notamment permis de faire le label CPO en publiant récemment une captation de <a href="https://www.forumopera.com/cd/die-rose-vom-liebesgarten-il-ny-a-pas-que-palestrina">son opéra <em>Die Rose vom Liebesgarten</em></a> ou, il y a un peu plus longtemps, un magnifique <a href="https://www.forumopera.com/cd/quelque-part-entre-mahler-et-strauss">récital de lieder avec orchestre</a>. Pour les lieder avec piano, Naxos fait donc paraître un troisième volume, et l’on peut déjà annoncer qu’il y en aura deux autres, puisque CPO, toujours, a déjà proposé naguère une intégrale de lieder de Pfitzner en cinq CD. Y a-t-il vraiment place pour une deuxième interprétation de ces mêmes mélodies ? Dans l’absolu, oui, sans doute, et tant pis si le marché en décide autrement : ne vaut-il pas mieux deux intégrales Pfitzner plutôt qu’une énième version des lieder de tel ou tel compositeur déjà maintes fois honoré par le disque ?</p>
<p>Passionné par la musique allemande de cette première moitié du XX<sup>e</sup> siècle, le pianiste et chef d’orchestre <strong>Klaus Simon</strong> est celui sur les épaules duquel repose l’opération, puisqu’il a jusqu’ici été l’instrumentiste attitré des trois premiers volumes ; on ne voit pas pourquoi Naxos ne lui ferait pas confiance pour les derniers, d’autant que la sobriété de son jeu est à même de faire ressortir cette étonnante modernité qui surgit parfois au détour d’une des mélodies de Pfitzner. Dans les deux plages sur lesquelles s’ouvre le disque, l’oreille est surprise par un accompagnement pianistique imprévisible ; dans les six <em>Liebeslieder</em> de 1924, on se rapproche de Poulenc à certains moments, tandis que le dépouillement de tel autre nous rapproche étonnamment de la seconde école de Vienne. Même si ces lieder avec piano seul n’ont pas la séduction straussienne de ceux qui furent orchestrés, le mélomane peut donc y trouver de quoi retenir son intérêt, même si une écoute en continu n’est pas forcément la meilleure façon d’apprécier cette musique. Pfitzner ne se situe pas toujours aux mêmes hauteurs, et l’inspiration ne lui sourit pas également dans tous les lieder ici retenus.</p>
<p>Vedette du premier volume (le deuxième était confié au ténor Colin Balzer), la soprano <strong>Britta Stallmeister</strong> revient pour queques plages de ce troisième disque. Egalement protagoniste chez Naxos d’une possible intégrale des mélodies de Korngold qui semble ne pas avoir dépassé le volume 1, cette soprano allemande n’est pas dénuée de qualités, mais l’on se prend à rêver ce qu’un aigu plus généreux aurait pu faire de ces œuvres.</p>
<p>Cependant, la voix que l’on entend surtout sur ce disque, c’est celle de la mezzo <strong>Tanja Ariane Baumgartner</strong>, qui commence sérieusement à faire parler d’elle, que ce soit en France (<a href="https://www.forumopera.com/il-prigioniero-a-kekszakallu-herceg-vara-le-chateau-de-barbe-bleue-toulouse-debuts-aleatoires"><em>Le Château de Barbe-Bleue</em> à Toulouse</a>) ou l’été dernier <a href="https://www.forumopera.com/the-bassarids-salzbourg-la-demesure-sortie-du-purgatoire">à Salzbourg</a>. « <em>Voix immense qui arde son timbre riche et agréable même dans les </em>forte<em> les plux extrêmes</em> », écrivait notre collègue à propos de sa prestation dans <em>Les Bassarides</em> de Henze. Pas de <em>forte</em> extrême ici, pas d’orchestre à surmonter, mais on retrouve ce timbre enveloppant, cette opulence de la voix dont l’effet est indéniable.</p>
<p>En toute fin de programme, un inédit au disque : la révision en 1933 d’un chant de Noël composé en 1902, qui fait intervenir un chœur d’enfants (il n’est pas sûr toutefois que ce supplément suffira à persuader ceux qui posséderaient déjà l’intégrale CPO de se jeter sur le disque Naxos).</p>
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		<title>Die Rose vom Liebesgarten</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-rose-vom-liebesgarten-il-ny-a-pas-que-palestrina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2017 05:31:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si Palestrina est une œuvre relativement austère, au moins par son sujet, il est regrettable qu’aux yeux de la postérité, Hans Pfitzner se réduise à cette seule facette. Il y a donc tout lieu de se réjouir que le label Capriccio publie enfin un enregistrement de sa deuxième œuvre lyrique, La Rose du jardin d’amour, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si <em>Palestrina</em> est une œuvre relativement austère, au moins par son sujet, il est regrettable qu’aux yeux de la postérité, Hans Pfitzner se réduise à cette seule facette. Il y a donc tout lieu de se réjouir que le label Capriccio publie enfin un enregistrement de sa deuxième œuvre lyrique, <em>La Rose du jardin d’amour</em>, réalisé en 2009, dans la foulée des représentations donnée à l’Opéra de Chemnitz. Pourquoi a-t-il fallu attendre près de dix ans pour que cette intégrale soit commercialisée ? Mystère, mais l’essentiel est que le résultat soit là.</p>
<p>Bien qu’assez rarement programmé, même en terres germaniques,<em> Die Rose vom Liebesgarten</em> n’a jamais tout à fait quitté l’affiche. Créé au tout début du XX<sup>e</sup> siècle dans ce qui est aujourd’hui Wuppertal, l’opéra fut très bien accueilli à Vienne en 1905 ; Pfitzner lui-même le dirigea à Strasbourg lorsqu’il fut placé à la tête de l’opéra et du conservatoire de cette ville. Après la guerre, on en recense notamment une interprétation en 1950, avec Wolfgang Windgassen dans le rôle-titre, personnage que Francisco Araiza campa en 1998 à l’Opéra de Zurich.</p>
<p>Pourquoi cette relative désaffection ? Le livret y est sûrement pour quelque chose. James Grun, condisciple de Pfitzner, l’élabora à partir d’une œuvre de Hans Thoma, peintre symboliste allemand qui, par les sujets qu’il traitait, apparaît un peu comme un sous-Böcklin, avec sirènes, harpies et autoportrait au squelette (le Musée d’Orsay possède de lui une <em>Siesta</em>, et l’on recommande une visite au musée de Karlsruhe pour admirer les panneaux formant son incroyable <em>Chapelle</em>). Symbolisme, le mot est lâché, mais n’est pas Maeterlinck qui veut, et le livret de Grun est surchargé de tableaux plus ou moins vivants, avec un prologue qui représente un tiers de la durée totale de l’œuvre ! Trop de paroles et pas assez d’action, et l’on ose à peine parler d’intrigue devant cette resucée de <em>Parsifal</em> où le beau chevalier Siegnot (!) s’éprend de Minneleide qu’il tente de ramener au pays du printemps. Capturé en même temps qu’elle par le Sorcier de la Nuit, Siegnot invoque la déesse de l’amour pour faire s’écrouler le royaume souterrain du sorcier…</p>
<p>Revisitée par un metteur en scène particulièrement ingénieux, cette histoire aurait peut-être des chances de fonctionner au théâtre. Au disque, l’essentiel est que la musique soit d’une belle hauteur d’inspiration, avec notamment de superbes moments orchestraux, d’une somptuosité toute post-wagnérienne que traduit fort bien la Robert-Schumann-Philharmonie dirigée par <strong>Franck Beermann</strong>, chef habitué aux raretés de toutes sortes, comme les opéras de Schreker, dans un univers esthétique assez proche.</p>
<p>Quant à la distribution, elle repose sur au moins un interprète tout à fait à sa place : le ténor <strong>Erin Caves</strong>. Si des prestations récentes ont fait apparaître des problèmes techniques, peut-être liés à la soudaine fréquentation de rôles lourds comme Tristan, cela ne s’entendait pas encore en 2008, et son Siegnot séduit dans les grands monologues que Pfitzner destine à son héros. La voix semblait alors de belle étoffe, et aux dimensions requises pour un rôle assez wagnérien. A ses côtés, la Minneleide d’<strong>Astrid Weber</strong> affronte vaillamment une partition exigeante, mais le timbre n’est guère plaisant, et l’aigu a quelque chose de désagréablement tranchant qui rend le personnage encore plus antipathique que ne le prévoyait le livret. Quant au troisième pilier, <strong>Kouta Räsänen</strong>, il a en fait beaucoup moins à chanter que les deux autres, et on ne peut guère lui reprocher qu’une voix pas tout à fait aussi terrifiante qu’on pourrait s’y attendre. Autour d’eux, on signalera surtout le baryton <strong>Andreas Kindschuh</strong>, qui livre une fort belle prestation dans le prologue. Et il faut souligner la qualité des chœurs de l’Opéra de Chemnitz, qui rend possible une telle entreprise : bien peu de maisons d&rsquo;opéra de nos régions françaises seraient capable de mener à bien une entreprise aussi lourde que la résurrection d&rsquo;une œuvre aussi ambitieuse. </p>
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		<title>Orchesterlieder</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/quelque-part-entre-mahler-et-strauss/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jun 2011 18:55:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La veille de sa mort, Bruno Walter écrivit : « Je reste convaincu que Palestrina perdurera. Cet opéra offre tous les éléments de l’immortalité ». Des cinq opéras de Hans Pfitzner (1869-1949), seul a survécu Palestrina – dont Walter avait dirigé la création en 1917 à Munich –, et encore, sur les scènes germanophones presque exclusivement (à Paris, l’œuvre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          La veille de sa mort, Bruno Walter écrivit : « Je reste convaincu que <em>Palestrina </em>perdurera. Cet opéra offre tous les éléments de l’immortalité ». Des cinq opéras de Hans Pfitzner (1869-1949), seul a survécu <em>Palestrina</em> – dont Walter avait dirigé la création en 1917 à Munich –, et encore, sur les scènes germanophones presque exclusivement (à Paris, l’œuvre fut imposée par les nazis en avril 1942, en français, avec José de Trévi et José Beckmans). Les reprises récentes d’autres titres sont restées sans lendemain : en 1999, Zurich avait ainsi redonné sa chance à <em>Die Rose vom Liebesgarten</em> (1901), dirigé à la création par Gustav Mahler, qui mettait cette œuvre sur le même plan que <em>La Walkyrie</em> ou <em>Tristan</em>.</p>
<p> </p>
<p>A l’écoute de ce disque, on se dit que Pfitzner était peut-être mieux fait pour les formes brèves, où il excelle (la firme cpo a déjà enregistré l’intégrale des mélodies avec piano de Pfitzner, un coffret de cinq CD réunissant le gratin des <em>Liedersänger</em> allemands – Iris Vermillion, Christoph Prégardien, Andreas Schmidt, entre autres). On entend ici une musique toujours en mouvement, riche en changements d’atmosphère, forte, capable de paroxysmes éclatants comme de légèreté rêveuse. On croit parfois avoir affaire à du Strauss, à du Mahler, à du Zemlinsky. L’expressionnisme halluciné et les bribes de ritournelles militaires de <em>Der Trompeter</em> évoque inévitablement le « Revelge » du <em>Knaben Wunderhorn </em>; pour dépeindre les lutins de <em>Die Heinzelmännchen</em>, l’orchestre se fait narquois, avec glissandos sarcastiques et autres effets cocasses. <em>Nachts </em>commence sur le même mode sombre que le premier des <em>Quatre derniers lieder</em> et se termine sur le même apaisement que « Im Abendrot », composé sur un poème du même Eichendorff par un contemporain de Pfitzner, l’un peu moins « nazillard » Richard Strauss.</p>
<p> </p>
<p>Le baryton <strong>Hans Christoph Begemann</strong>, qui se produit surtout sur les scènes provinciales allemandes, a fait la couverture de <em>Opernwelt </em>en mars dernier et vient d’aborder Jochanaan. Le timbre est agréable, la voix est souple, avec de beaux graves et des facilités dans l’aigu ; l’interprète, expressif, accorde tout leur relief aux mots sans jamais tomber dans le maniérisme. Il sait incarner les quatre personnages de <em>Herr Oluf</em>, superbe variation sur le Roi des Aulnes, sur un poème de Herder, où un chevalier est tué par la fille de l’Erlkönig pour avoir refusé de danser avec elle la veille de ses noces. <em>Lethe</em> est une autre réussite, qui permet d’imaginer le beau Wozzeck que Begemann pourrait être. Le disque se clôt sur trois superbes lieder d’après des poèmes de Goethe, mis en musique puis orchestrés à des périodes diverses de la carrière de Pfitzner, entre 1906 et 1938. Mieux qu’une découverte, la double révélation d’un interprète et d’un compositeur.</p>
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